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Il y a 100 ans jour pour jour: Adrien-Gabriel Guérin et la 5ème Escouade se faisaient photographier à LA POMPELLE

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(JOUR 149 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Pas sur cette photo annotée par son fils Séraphin mais en meilleur état que celle déjà présentée. A noter la baïonnette qui se confond avec le poteau.

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Il ne s’agit pas de cette autre photo prise le 21 octobre 1914 à Bellefond près de Dijon, elle aussi mieux conservée que celle présentée dans les articles Adrien-Gabriel Guérin Mort pour la France en 1915. 

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Voici donc la photo montrant les hommes de la 5ème Escouade de la 5ème Compagnie du 118ème Régiment d’Infanterie Territoriale…

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posant devant le fort de la Pompelle qui défendait Reims. Ce régiment composé de militaires de la région d’Avignon, des réservistes plus âgés venaient de creuser des galeries souterraines et des puits pour protéger l’ouvrage d’art de la guerre des mines qui faisait rage.

Mais ce qu’il y a de très intéressant, c’est que sur un autre tirage un peu passé de cette même photo,

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on ajouta au dos les noms des 16 hommes de l’Escouade.

Le moteur de recherche internet ne ciblant pas encore des mots écrits sur des images, voici donc la liste de ces hommes:

1- Henri Bouvarel, caporal, d’Orange

2-Fortuné Callet de Rognonas

3-Bernard Elpide de Buisson

4-Félix Saïn de Montfavet

5-Jean-Baptiste Boiron de Chateaurenard

6-Gustave Clément de Vaison

7-Marius Clément de Vaison

8-Martial Bonifacy de Goult

9-Trézal du Thor

10-Elie Gérard de la Bastide des Jourdan

11-Gustave Bayol de Saint-Andiol-de-Berg

12-Emile Tourrette d’Avignon et Paris

13-Marius Bisol de Saint-Rémy

14-Adrien Guérin de Caderousse

15-Albert Rigaud de Rio-Salado-Bédarrides

16-Gaétan Argelier de Chateauneuf-de-Gadagne

On le voir, ce sont des Vauclusiens et des gens des Bouches-du-Rhône.

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De ce groupe, Jean-Baptiste Voiron connaîtra la même fin, le même jour au même endroit que Gabriel, le 21 octobre 1915, suite à une attaque allemande au gaz.

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PHOTOGRAPHIE: un DÉFILÉ MILITAIRE sur la place du PALAIS DES PAPES d’AVIGNON vers 1900

Faisons cela sous forme de charade.
Mon premier est un groupe de musiciens

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avançant gaillardement au son des tambours accompagnés d’enfants joueurs.

Mes seconds sont des bourgeois abrités du soleil par une ombrelle, se promenant dans les parages, un peu dérangés par tout ce tintamarre.

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Mon troisième est ce château, là-bas, tout au fond, aux créneaux exagérés et cette statue qui a connu bien des soucis…

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Mon quatrième est ce bâtiment sur lequel on peut lire Conservatoire de Musique et qui 110 ans plus tard n’a pas pris une ride.

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Mon tout est donc cette parade militaire, joyeuse et un peu désordonnée

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qui traverse la place du Palais des Papes, pour se rendre sur la place de l’Horloge et la rue de la République. En quelles circonstances? L’absence de légende ne nous permet pas de le savoir.

Revenons sur quelques éléments du décor.

Le Petit Palais ( ancien Palais des Archevêques) tout au fond de la place qui n’a guère changé.

Le Conservatoire aux brusques accès de colère quand on touche à ses occupants…

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Banderole d’une manifestation des intermittents du spectacle, juin 2014,

citation extraite d’un discours de François Hollande en 2012.

La statue de Crillon que l’on voit devant le Petit Palais connut bien des soucis… Le personnage, c’est ce Brave Crillon dont un village du Vaucluse porte son nom (Crillon-le-Brave au pied du Ventoux) et qui acquit ce qualificatif en combattant les protestants au XVIème siècle. La statue, elle fut d’abord installée place de l’Horloge puis déplacée au Palais des Papes en 1891. On la voit donc sur la photo. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les Allemands la déboulonnèrent pour la fondre mais n’allèrent pas au bout de leurs idées. Elle fut miraculeusement retrouvée intacte à la fin du conflit et remise à sa place. Mais voilà que la Mairie d’Avignon décida de construire le parking que l’on connaît de nos jours, sous la place du Palais, dans les années 70. Nouveau déménagement du Brave Crillon pour… Crillon-le-Brave où il trône aujourd’hui place de la Mairie ! Prochaine étape ?…

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MONUMENT AUX MORTS d’ANCONE (Drôme): les MORTS pour la FRANCE de la GRANDE GUERRE

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Ancone en 1914 était une toute petite commune de mariniers et paysans. Elle était peuplée seulement de 342 habitants suivant le recensement de 1911. C’est pour cela que la liste des Morts pour la France ne comporte que 23 noms. Mais si l’on transpose cela en pourcentage, c’est considérable puisque cela représente pas moins de 6,7% de la population alors que la moyenne nationale doit tourner autour de 3% et que dans les communes rurales les plus touchées, ce pourcentage monte à 4%, 4,5%.

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Toutefois, après des recherches dans les listes des Morts pour la France des Archives militaires du fort de Vincennes mises en ligne depuis 2003, seulement 17 noms apparaissent de manière sûre avec un petit doute pour Romain Chareyre. Yvon Faure, Philippe et Victor Hilaire, Abel Landreaud, Raoul Martin et Paul Perrin n’ont pas de fiche ou s’il en existe une, elles ne semblent avoir aucun rapport avec Ancone et la région. A l’instar de Philippe Hilaire:

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qui correspond à un ardéchois du Cros-de-Géorand.

Cette recherche complétée par un petit tour dans le cimetière d’Ancone va permettre  de réduire cette liste de 2 unités: Yvon Faure et Abel Landraud ont bien leurs noms inscrits sur des tombes, le premier correspondant à cette fiche…

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sur laquelle Ancone n’apparaît pas,

le second, mort longtemps après la fin de la guerre (1932), n’ayant peut-être pas été pris en compte par l’Armée.

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On peut constater à la lecture de la liste que le graveur a eu quelques petits problèmes… d’ordre alphabétique… Brun-Bonnet, Cheynet-Chareyre, Jules-Henri, J-H-G…

De plus, n’oublions pas que les listes du fort de Vincennes ne sont pas forcément complètes (pour preuve les 95 000 fiches ajoutées pour le 11 novembre 2014), que des erreurs peuvent s’être produites ici et là. Cette recherche sera affinée dans les prochaines semaines.

Donc ces petites considérations se feront sur 19 noms: Alcide Bonnet, Paul-Joseph Brun, Etienne-Clovis Cheynet, Baptiste-Romain Chareyre, Georges Decoux, Yvon Faure, Paul Genest, Gabriel Gourjon, Adrien, Henri-Jules;, Jules Hilaire, Gustave James, Abel Landraud (sur le peu de chose que l’on connaît de lui), Victor Malosse, Joseph Merlin, Gabriel Perrin, Marcel Quézel-Crasaz, Jean-Philippe Louis Salomon et Fortuné Vernet. Ce qui donne un taux de morts de 5,5%, ce qui est très important.

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Baptiste Romain Chareyre sur lequel un doute persiste mais qui a été comptabilisé.

Première remarque, le lieu de naissance des Poilus.

9 sont d’Ancone (ou 10 si l’on compte Abel Landraud) et 4 de Montélimar, 1 de Savasse et 1 de Chateauneuf-du-Rhône soit 15 ou 16/19 de l’Agglo. Baptiste Romain Chareyre et  Victor Malosse viennent d’Ardèche, le premier de Lachamp-Raphaël et le second du Cros-de Géorand en Ardèche, près du lac d’Issarlès, où l’exode rural doit l’avoir poussé vers notre  village de la vallée du Rhône. Yvon Faure est né à Saint-Etienne.

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Les classes d’âge des tués. 

Assez également répartis, les Morts d’Ancone appartiennent à 13 classes différentes échelonnées de 1876 à 1898 (personnes âgées de  16 à 38 ans en 1914). Seule la classe 1882 eut à déplorer 3 morts et celles de 1880, 1893, 1896 et 1897, 2. Les autres disparus sont nés en 1876, 1884, 1885, 1887, 1888, 1889, 1892 et 1895.

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Fortuné Vernet, le doyen des Morts d’Ancone, tué à l’âge de 38 ans et 2 mois… et les benjamins

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Marcel Quézel-Crasaz qui, lui, n’eut pas la chance de fêter ses 20 ans, fauché par la tuberculose pulmonaire à 19 ans et 6 mois.

Les dates des décès. Bizarrement, c’est en début et surtout en fin de guerre que les Anconais tombèrent au front: 6 au début, 12 sur la fin.

Les 6 premiers mois du conflit virent donc partir 6 enfants d’Ancone: 2 en août 1914, lors des grands massacres du début de guerre, 1 en novembre 1914 puis 3 en janvier 1915.

Puis pendant 2 ans, de mi-janvier 1915 à mi-janvier 1917, aucun funeste télégramme ne parvint au Maire de l’époque. L’année 1917 vit partir 6 soldats et la reprise de la guerre de mouvement fut fatale à 6 autres. A noter que 3 d’entre eux disparurent à moins d’une semaine de l’Armistice. Toutefois, dans cette période et on le verra plus loin, plus de la moitié succomba suite à des maladies, ce qui fait moins de tués-disparus-suite à des blessures en 1917-18 qu’en 1914-15.

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Gabriel Perrin décéda de maladie 1 semaine avant l’Armistice.

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Gustave James succomba à ses blessures 2 jours plus tard, à 5  jours du 11 novembre… deux jours avant Romain Chareyre (fiche ci-dessus) qui décéda le 8 novembre.

Enfin comme on l’a lu plus haut sur sa plaque, Abel Laudraud décéda suite à ses blessures en 1932.

Les lieux et causes des décès.

6 soldats moururent de maladie et 5 des suites de leurs blessures soit plus de la moitié des Morts anconnais: en hôpital ou ambulance (7) et 3 chez eux (Marcel Quézel-Crasaz à Ancone, Romain Chareyre à Montélimar et Abel Landraud probablement chez lui). Hôpitaux près des combats (illisible dans la Somme, à Nancy, à Giromagny -Territoire de Belfort-, à Chatel -Ardennes-, à Royallieu -Oise-) ou plus éloigné (hôpital de Saint-Mandé -près de Paris- ou à Béziers)…

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Georges Decoux à Toulon où il avait été rapatrié suite à une maladie contracté sur le front d’Orient (camp retranché de Salonique, les Dardanelles).

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Jean-Philippe Louis Salomon est mort à Saint-Mandé d’une double pneumonie en 1918.

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Sur sa plaque au cimetière, son prénom devient Louis-Jean.

Les maladies ne sont indiquées que pour 3 d’entre eux (double pneumonie pour Louis Salomon, tuberculose pulmonaire pour Marcel Quézel et cirrhose et épistaxie pour Fortuné Vernet). On peut penser que parmi les autres, la grippe espagnole doit avoir frappé.

8 Poilus sont donc morts lors des combats, 6 fiches partant la mention « Tué à l’ennemi » comme celle de Paul Genest

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tué à Lihons dans la Somme lors de l’épisode de la « course à la mer » et la stabilisation du front.

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Quant à Paul Joseph Brun et Adrien Hilaire, leurs restes n’ont pas été retrouvés et leurs fiches portent la mention « disparu »…

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Paul disparut dans l’Aisne à Berry-au-Bac fin mai 1917. C’est dans cette commune que furent utilisés pour la première fois les chars de combat, un mois avant la mort de notre concitoyen ( le 16 avril 1917)… ce qui ne fut pas franchement une réussite.

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 Adrien disparut du côté de Saint-Dié dans les Vosges 3 semaines après le début de la guerre, le jour où la ville fut occupée par les Allemands.

Ces Anconnais sont morts sur un peu tous les fronts de l’est et du nord de la France: 1 en Alsace près de Colmar, 1 dans les Vosges, 2 dans la Meuse (le ravin de la Couleuvre près de Verdun et la célèbre Cote 304), 1 dans la Marne (au Mont sans nom), 1 dans l’Aisne (au nord de Vauxaillon) et 1 dans la Somme.

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Les fiches des 2 Anconnais morts du côté de Verdun.

Les unités dans lesquelles ont servi ces hommes…

Comme pour ceux de Caderousse, c’est essentiellement de la chair à canon qu’a produit la terre d’Ancone: 11 dans l’infanterie dont 2 chez les Chasseurs à pied et 1 chez les Tirailleurs de Marche. 3 hommes ont servi dans l’artillerie, 1 chez les Chasseurs Alpins et 3 dans le même 4ème régiment du Génie comme sapeur-mineur:

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Gabriel Gourjon et Joseph Merlin ont tout deux servi comme Marcel Quézel-Crasaz dans le Génie, leurs fiches ayant été rédigées par le même scribe.

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La plaque tombale de Merlin Joseph très abîmée mais que tout le monde peut voir quand il passe rue Delpech devant le Monument aux Morts puisqu’elle est adossée à l’arrière de la chapelle, à côté de celui-ci (hors cimetière). La lecture du nom est délicate, on devine le mieux l’inscription « Mort pour la France ».

…et leurs grades.

Pas d’officiers chez les anconnais, les hommes du rang étant les plus nombreux: 14 2ème classe ou chasseur (9) ou cannonier (2) ou sapeur-mineur (3), 1 1ère classe. 3 sous-officiers: 1 homme est devenu caporal, Jules Hilaire (ci-dessous) sergent et Gustave James adjudant-chef.

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La saignée de la Grande Guerre et la grippe espagnole firent perdre 31 habitants au village entre les recensements de 1911 (342) et 1921 ( 311). La population du village stagna dans ces chiffres bas jusqu’aux années 50. C’est alors que l’aménagement du Rhône amena un premier apport de population nouvelle. Le nombre d’habitants décolla vraiment dans les années 60 en bénéficiant de la proximité du village avec  Montélimar.

Les Visages de 2 Poilus anconnais

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Adrien Hilaire (à gauche) et Henri Hilaire (à droite)

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certainement des frères.

Revenons au Poilu Alcide BONNET.

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Françoise Keledjian nous a indiqué qu’il appartenait à sa famille, du côté de sa mère, Mme Goujon, épouse de l’ancien maire d’Ancone. La famille est originaire de l’Île Blanc, commune de Rochemaure mais sur la rive gauche du Rhône, ancienne ferme qui n’a pas été gommée par les travaux d’aménagement de la CNR dans les années 50.

On voit que ce soldat a été tué en Alsace au début de la guerre, pendant ce terrible mois d’août 1914. Son unité prit part aux combats victorieux qui permirent un moment de reprendre une partie de l’Alsace. Dans le site:

http://www.chtimiste.com/batailles1418/alsace1914.htm#alsaceoffensive2

on nous raconte le combat où il perdit la vie le 22 août, à quelques kilomètres de Colmar, à Ingersheim:

Le 22 août, ils livraient le sanglant combat d’Ingersheim.

Ce dernier village, situé à 3 kilomètres de Colmar, est protégé au sud par le cours de la Fecht. La route de Colmar à Ingersheim franchit la rivière sur un pont de pierre. Puis elle longe la rive sud de la Fecht, bordée par une sapinière. Ensuite, des vignes touffues s’étendent jusqu’à Logelbach, faubourg de Colmar.

Dès 7h heures du matin, une batterie allemande de 210 bombarda le front d’Ingersheim et les rives de la Fecht.

A 11 heures, les colonnes allemandes débouchèrent de Colmar par la route clé Kaiserberg. Elles se heurtèrent devant Turckheim aux 2e et 3e compagnies du 30e bataillon, et ne purent forcer le barrage. Mais l’attaque gagna par le nord. L’ennemi, sous le couvert des sapins, s’infiltra jusqu’à Ingersheim.

La lutte fut meurtrière. Les 12e, 5e et 28e bataillons contre-attaquèrent furieusement les troupes bavaroises.

Ingersheim fut pris et repris à trois reprises. Les 5e et 28e bataillons culbutaient enfin l’aile droite ennemie et la rejetaient sur Colmar. Ingersheim flambait. A l’aube, le 28e bataillon atteignait la barrière de l’octroi de Colmar. Nous organisions défensivement la vallée de la Fecht.

Ainsi, à l’extrême gauche, nous nous trouvions aux abords mêmes de Colmar; à l’extrême droite, au sud d’Altkirch, les cavaliers de la 14e brigade de dragons et les fantassins du 242e régiment d’infanterie étaient installés à Hirsingen et à Ilirtzbach. De lIll au Rhin, la voie semblait ouverte à l’Armée d’Alsace.

 Malheureusement, le 22 août, la 2e Armée brisait ses efforts sur les défenses de Morhange; sa retraite entraînait le repli de la 1e Armée, qui abandonnait le 23 août le Donon et le col de Saales. L’Armée d’Alsace ne pouvait plus rester en flèche. La bataille des frontières était finie ; nous l’avions perdue.

Un sacrifice inutile puisque les Français durent se replier sur une ligne de front plus à l’ouest, ligne qui ne bougera presque plus jusqu’au 11 novembre.

Alcide Bonnet fut dans un premier temps enterré sur place puis son corps fut ramené à l’arrière avant d’être inhumé définitivement au cimetière militaire du Wettstein, au coeur de la forêt vosgienne à Orbey.

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Petite RADIOSCOPIE du MONUMENT aux MORTS de la GRANDE GUERRE de CADEROUSSE (Vaucluse)…

… à partir des fiches des Poilus telles qu’elles sont mises en ligne par les Archives Militaires du fort de Vincennes depuis 2003.

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Construit à partir du 27 juin 1937 et inauguré le 11 novembre 1937, le Monument aux Morts de Caderousse porte les noms de 106 soldats tombés pendant la Grande Guerre, ce qui est un chiffre assez conséquent pour une population à l’époque de 2 529 âmes au recensement de 1911. C’est donc 4,2% de la population qui a disparu dans le conflit. C’est plus que la moyenne nationale qui doit tourner autour de 3%. C’est ce que connurent en gros les communes agricoles alors que le monde urbain était plus épargné (hommes plus qualifiés donc moins exposés militairement car utiles ailleurs, usines principalement).

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Tout d’abord, il a été assez facile de retrouver les fiches des Poilus dans le long listing national. Seules 4 personnes n’apparaissent pas: Bacchini Orfeo, Millet Maurice, Moutte Henri et Raynaud Louis. Une cinquième est douteuse: Pellegrin Fernand sur la fiche duquel Caderousse n’apparaît pas mais est un voisin de Laudun, commune séparée seulement par les 2 bras du Rhône. On peut considérer que c’est bien cette personne. Tout à fait arbitraire !

C’est donc 102 poilus dont on connaît les renseignements transmis par les autorités militaires qu’on va décortiquer.

Première remarque, le monument prend ses aises par rapport à l’état-civil militaire (ou l’inverse) puisque pas moins de 18 prénoms sont inexacts, correspondant souvent au second prénom mais pour 2 ne correspondant pas du tout:

Le Redon Achille du Monument est prénommé Paul Claudius à l’Armée, Tardivier Louis devient Tardivier François-Claude. Enfin, une faute s’est glissée dans le nom de Ouvrier qui s’appellerait plutôt Ouvier. On voit bien à la lecture de la liste que le graveur a dû reprendre son écrit puisque des noms viennent s’ajouter hors-ordre alphabétique en haut ou bas de pages.

Seconde remarque plus intéressante, 87% des Morts caderoussiers sont nés à Caderousse: (87/102) au XIXème siècle. Les autres ne viennent pas de très loin: du proche Nord-Vaucluse (Orange: 4; Piolenc, Mornas, Sorgues, Lapalud: 1) ou du proche Gard (Saint-Victor-la-Coste, Rochefort-du-Gard, Laudun, Montfaucon: 1). Seul, Paul Melon né à Codognan a dû faire environ 80 km pour rejoindre le village. Il est d’ailleurs mort à Craonne célèbre pour sa chanson pacifiste.

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Autre élément important, les pertes subies par les classes.

Chez les plus anciens, ceux de la Territoriale, on trouve 2 morts en 1872 (dont Adrien-Gabriel Guérin, on en a parlé dans 2 articles, qui est  le plus âgé- à 18 jours près- Mort pour la France à Caderousse) et 2 autres en 1873.

A partir de la classe née en 1877 jusqu’à la classe 1899 (ceux qui avaient de 15 à 37 ans lors de la déclaration de guerre), il y a toujours eu au moins 1 victime par classe. La classe d’âge la plus touchée fut celle de 1888 (27 ans en 1914) avec 10 victimes (ce qui est énorme !), la classe de 1892 avec 8, celle de 1882 avec 7, celles de 1883, 1886, 1887, 1894, avec 6. Voir le petit tableau exel ci-joint.

Caderousse Grande Guerre

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L’année de décès des 102 Caderoussiers Morts pour la France.

Là, les propos de Gilles Vergnon, conférencier dont on peut lire un petit résumé par ailleurs, étaient tout à fait pertinents. Le début de la guerre fut une véritable hécatombe, à Caderousse comme dans toutes les communes de France: 15 morts en août, 13 en septembre, 5 en octobre pour 36 morts pour 1914 ! Soit 1/3 des pertes de cette guerre en 5 mois !

Par la suite, le nombre de victimes décroit régulièrement: 25 en 1915, 16 en 1916, 7 en 1917. Les hommes sont terrés dans les tranchées et tant qu’il n’y a pas d’attaque d’un côté ou de l’autre, la vie est plus sûre. Et cela malgré Verdun en 1916 dont on a fait finalement à tort le symbole de la boucherie que fut la Grande Guerre.

La reprise de la guerre de mouvement en 1918 voit le nombre de victimes enfler à nouveau avec 16 pertes dont 6 en août et 4 en octobre. A noter qu’André Paul Mandon fut tué à Oisy (Aisne) une semaine jour pour jour, avant l’Armistice.

Enfin, 2 malheureux moururent après le 11 novembre et sont tout de même inscrits comme Morts pour la France: Joseph-Louis Berbiguier mort des suites de ses blessures le 4 décembre 1918 à l’Hôpital de Coltzéa (?) en Roumanie et  Fernand Pellegrin (dont on a déjà parlé) le 14 août 1919 en gare de Blainville-la-Grande (Meurthe-et-Moselle) suite à un tamponnement de trains.

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Les lieux des décès.

C’est dans la Meuse que 27 Caderoussiers rendirent l’âme dont 6 à Saint-Mihiel dont on connaît le saillant tenu par les Allemands et 3 à Montcourt.

En second lieu, la Marne bien entendu avec 16 morts dont 3 à Lagarde. L’Aisne et la Somme ont vu disparaître 7 hommes chacun, le Pas de Calais et la Moselle 5, la Meurthe-et-Moselle et les Vosges 4, l’Oise 3, le Haut-Rhin et la Haute-Saône 2, les Ardennes 1.

3 Caderoussiers sont morts en défendant la Belgique et 2 en Allemagne.

Certains sont partis dans des terres bien éloignées des digues de Caderousse: en Roumanie on l’a vu, Marius Bernard en Palestine (Ludd en arabe, Lod en hébreu), Ange Perrin à la Redoute Bouchet à Gallipali presqu’île turque dans le détroit des Dardanelles, Albert Robert à Moudros en Grèce, Paul Ruat à Leonica en Albanie.

D’autres se sont éteints dans des hôpitaux éloignés en Haute-Vienne, à Rennes, à Nevers, à Saint-Etienne ou proche: Privas (2) et Orange. Enfin Auguste Bruguier est mort des suites de ses blessures au Panier, à Caderousse.

Un lieu de décès n’est pas mentionné sur une fiche.

Les causes des décès.

Elles sont faciles à trouver: la guerre directement, les suites des blessures ou la maladie.

Ainsi, 46 Caderoussiers ont sur leur fiche la référence « Tué à l’ennemi » dont 2 avec cette précision: un balle ennemi dans la tête pour Martial Dardun et par un éclat d’obus pour Raphaël Ouvier.

Plus difficile pour les familles, 21 victimes sont des « Disparus » dont le corps n’a pas été retrouvé, soit 1/5ème des morts caderoussiers.

17 fiches font mention de « Morts des Suites de ses blessures », 8 à l’hôpital , 9 à l’Ambulance (dont 1 canonnier décédé des suites de brûlures à Ludd). 8 Poilus sont morts de maladie dont manifestement 2 de la redoutable grippe espagnole: 3 en début de guerre 1914-15, 5 en fin 1917-18).  1 est décédé chez lui, on l’a vu, 1 en captivité, 1 par accident on l’a aussi vu et une fiche ne mentionne que « Mort pour la France ».

Enfin, juste un petit mot sur l’aïeul Adrien-Gabriel Guérin, victime des gaz allemands à la Pompelle. Un autre caderoussier, du même 118ème Régiment d’Infanterie Territoriale, l’adjudant Emile Sauvage a connu la même fin le même jour au même endroit (voir écrit sur ce sujet dans l’article ADRIEN-GABRIEL GUÉRIN MORT POUR LA FRANCE en 1915 (2/2))

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Pour finir, les unités dans lesquelles servaient ces hommes et leurs grades.

Comme on peut s’en douter, c’était en majorité de la chair à mitraille peu gradée.

Ainsi, 57 Poilus était dans un Régiment d’Infanterie, 10 en Infanterie Coloniale,  4 en Infanterie Territoriale, 9 chez les Chasseurs à Pied, 3 chez les Zouaves, 2 chez les Tirailleurs Algériens, 1 dans un Régiment de Marche d’Afrique.

11 hommes étaient dans l’Artillerie dont 1 dans l’Artillerie de Montagne.

2 servaient au Génie et 1 portait la belle tenue des Dragons (il me semble me souvenir de sa tombe au cimetière quand j’étais petit avec la photo en couleur de cet homme en tenue de Dragon en médaillon; près du dépositoire).

Les fiches d’Albert Robert et Raphael Ouvier ne sont pas lisibles à cet endroit et vous pouvez chercher de vous même.

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Quant aux grades de ses garçons, les 3/4 sont des 2ème classe ou soldat (77), 2 ont été honorés de la distinction de  1ère classe. On trouve 6 caporaux (dont 1 caporal fourrier), 1 sergent et 2 adjudants.

Dans les grades inférieurs, il doit y avoir aussi 5 canonniers conducteurs, 2 maîtres pointeur, 1 maréchal des logis, 1 maître ouvrier, 1 sapeur et 1 brancardier (Louis Roche).

Il n’y eut que 3 sous-lieutenants disparus au milieu de leurs hommes: Ernest Aubépart, Norbert Brichet et Raphael Marcellin.

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L’impressionnante liste des victimes sur le monument aux Morts situé au coeur du cimetière.

La conséquence de ce désastre humain se fit lourdement sentir à Caderousse. Alors que la commune comme on l’a dit comptait 2 529 habitants au recensement de 1911, celui de 1921 ne dénombrait plus que 1 911 personnes soit un effondrement de 621 personnes ou 24%. Considérable !

Aux 106 morts de cette guerre, des jeunes gens qui ne prirent pas femmes pour certains et ne firent plus d’enfants pour tous, on doit ajouter les ravages de la grippe espagnole dans la population civile. Le déficit de population doit bien s’élever à 350/400 personnes en conséquence de ces 2 catastrophes. Pour le reste, c’est l’exode rural qui s’accéléra à l’époque, pour preuve le grand-oncle Séraphin Guérin qui, au retour de la guerre, quitta Caderousse pour aller travailler dans une banque à Orange puis Avignon.

Il fallut attendre l’an 2000 pour que la population caderoussienne retrouve le niveau de 1911 !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE PETIT MARSEILLAIS du dimanche 1er novembre 1914.

Jour de Toussaint 2014.

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Les quelques jours sans presse (en ce qui concerne les journaux gardés ou trouvés) du mois d’octobre ont fait que l’on retrouve la guerre décalée vers le nord (la fameuse « course à la mer ») et les combats font rage dans les Flandres belges après la chute d’Anvers (voir l’article sur Le Miroir publié le même jour).

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(JOUR 90 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Des nouvelles militaires de la bataille de l’Yser, la première bataille de l’Yser car la guerre y reviendra régulièrement dans les 4 années qui suivent.

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communiqués optimistes loin de la réalité.

On y parle même de désertions en masse de soldats allemands….

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…conte bien éloigné de la mentalité du soldat allemand… qui même vaincu en novembre 1918 ne se débandera pas.

Une carte en page 2 accompagne la narration de la bataille des Flandres

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front qui fait fi des frontières des pays !

L’autre illustration du journal montre en page 4, Odessa où des combats navals ont eu lieu, avec la participation de navires français.

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Autre fait d’arme: la prise d’un village par les Dragons à cheval après une charge héroïque. Certainement l’une des dernières charges de cavalerie de l’histoire militaire française, la guerre des tranchées puis l’apparition de la cavalerie blindée (les chars) faisant disparaître cette glorieuse pratique militaire.

Dans les brèves locales, deux textes intéressants:

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Un vétéran avignonnais de la Guerre de 1870 se plaint qu’il voit bien trop de jeunes gens valides planqués qui ne font pas leur devoir élémentaire de citoyen: combattre l’ennemi. Et oui, dans toutes les guerres, on trouve des planqués, des fils de bonnes familles bien souvent ! ou des anciens dénonçant de virtuels planqués !

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A Montpellier, deux enfants de l’Assistance Publique de la maison de correction d’Aniane (près de Lodève) amenés à la Préfecture pour être incorporés ont pris la poudre d’escampette pour éviter l’Armée…. sans succès. La maison de correction d’Aniane ne fermera ses portes qu’en 1994.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE ILLUSTRÉE du 29 octobre 1914

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(JOUR 87 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une nouvelle publication offerte aux lecteurs… LA GUERRE ILLUSTRÉE dont c’est le n°1 ce jeudi 29 octobre, une publication lyonnaise.

Et il est prévu que cette revue paraisse tous les jeudis. En page 2, la rédaction s’adresse au public pour expliquer ce qui l’attend:

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La Une du magazine montre la cathédrale d’Arras, chef-lieu du Pas-de-Calais…

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avant les destructions causées par les bombes allemandes.

On y reparle de ponts détruits à Meaux et Lagny, faits vieux de presque deux mois, au plus fort de l’avancée allemande…

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et des combats des 75 français lors de la bataille de la Marne.

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Pas de nouvelles vraiment très fraîches !

Comme annoncée, la page humoristique reprenant les meilleurs dessins de la presse alliée.

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où on se gausse de l’âge de François-Joseph et des défaites austro-hongroises.

Et pour faire moderne, les monoplans sensés protéger la capitale (le Deperdussin affecté à la lutte contre les avions allemands) ou espionner les ennemis (l’avion de Védrines bâptisé La Vache).

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Dans le même ordre d’idée, cette rubrique

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destinée aux Parisiens principalement ou aux habitants des villes proches du front, pour reconnaître les aéroplanes et dirigeables allemands.

Pour terminer, cette consigne que reproduit le titre:

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rappelant ce dont on avait parlé il y a peu, l’interdiction de vendre les journaux et magazines à la criée dans les rues, gares et stations pour éviter les surenchères dans le sensationnel.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 25 octobre 1914

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(JOUR 83 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Un numéro bisounours, tout en douceur. 16 pages sur la Guerre mais pas de morts, même allemands, des blessés qui ont le sourire et des infirmières heureuses, pas de scène guerrière…

La guerre proprement dite: les Russes avancent partout (le nez du rédacteur en chef s’allonge) derrière le Tsar Nicolas II

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Les soldats sont prêts à attaquer, là le Tsar n’y est pas!

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Vraiment original, les Allemands creusent des tranchées pour se protéger, les couards… Une page entière est consacrée à cette forme de combat originale

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la conclusion de la dernière photo est sans appel…

En fait, ces tranchées servent avant tout aux Allemands à enterrer leurs morts! La suite de la guerre sera bien différente!

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Les nouvelles armes: les balles Dum-Dum qu’utilisent les Allemands bien sûr alors que c’est interdit par les accords internationaux… alors ils modifient leurs balles traditionnelles pour les rendre plus « performantes ».

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Les automobiles blindées qu’on baptisera automitrailleuses dans le futur et que les Allemands ont inventées. Là, le journaliste ne peut que reconnaître l’efficacité de la chose… même si l’on sait que les véhicules blindés ne seront utilisés massivement qu’à la fin du conflit.

Les blessés vont être soignés par des femmes courageuses:

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Madame Macherez qui négocia avec les Allemands dans l’Aisne

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Madame Winterbottom, femme d’un général anglais, qui vient soigner les blessés.

Tout autant anecdotique, les coiffeurs de Montpellier qui coiffent gratis les soldats blessés à la demande de leur syndicat… Ils vont avoir du travail et vont peu gagner s’ils tiennent leur engagement 4 ans!

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On parle à nouveau du camp des Hindous à Marseille

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manifestement installé sur l’hippodrome du Parc Borély.

Enfin pour finir et montrer l’inconséquence de l’Armée, ces jeunes recrues âgées de 15 et 16 ans.

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Est-ce de l’héroïsme, de l’inconscience ou de l’inconséquence?

L’image d’Epinal qui pourrait résumer ce numéro:

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Elle est pas belle cette Guerre! Les lecteurs du Miroir savent bien que non.

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ADRIEN-GABRIEL GUÉRIN MORT POUR LA FRANCE en1915 (1/2)

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Adrien-Gabriel Guérin (père de Gabriel Guérin, grand-père d’Adrien Guérin mon père et quadrisaïeul de mes petits-enfants) est mort pour la France le 21 octobre 1915 à l’âge de 43 ans. Il appartenait au 118ème Régiment territorial, composé de militaires plus âgés du Midi de la France. Cette photo de groupe a été prise 1 an jour pour jour avant son décès, certainement à Belfort (sur le caisson circulaire est écrit Belleforte) à Bellefond, à quelques kilomètres au nord de Dijon, comme le confirme le livre sur Emile Sauvage (voir article Petite radioscopie du Monument aux Morts de la Grande Guerre de Caderousse…). Adrien est 5ème à partir de la gauche.

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Mais avant d’aller plus loin, revenons sur le parcours militaire d’Adrien, tel qu’on peut le suivre sur son livret militaire bien garni:

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Comme on peut le lire, il appartenait à la classe 1892 puisque né le 5 mars 1872.

Sa première carrière militaire est résumée dans ces pages.

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Oui, vous avez bien lu, Adrien est resté sous les drapeaux du 16 novembre 1893 au 22 septembre 1896! soit 3 ans à quelques jours près. A cette époque, le service militaire pour tous (sauf les élèves des grandes écoles et les séminaristes) durait 3 ans (loi Freycinet du 15 juillet 1889). Dire que certains trouvent bien longue la Journée Citoyenne de Chirac! 3 ans au 168ème Régiment d’Infanterie en Avignon et même pas un long voyage!

Adrien ne parvint pas à devenir caporal…

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mais il retourna à ses champs de Caderousse avec ce joli diplôme…

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attestant qu’il ne posa pas problème. Par contre, en 3 ans, l’Armée n’avait pas trouvé les moyens de lui apprendre à nager.

Comme cette période initiale n’avait pas suffi, Adrien fut rappelé pour entretenir ses capacités guerrières à 2 reprises

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un petit mois à la fin de l’été 1899 au 58ème Régiment d’Infanterie puis 9 jours fin juillet 1908 au 118ème Régiment Territorial, l’unité où il retournera en 1914 et dans laquelle il trouvera la mort en 1915.

Voici la carte reçue pour la seconde période de rappel

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Il faut dire, qu’en prévision de la revanche contre l’Allemagne, les conscrits restaient à disposition des Armées 25 ans après leur premier appel, durée passée à 28 ans par la nouvelle loi militaire de 1913 que combattit Jaurès.

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A suivre .

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ADRIEN-GABRIEL GUÉRIN MORT POUR LA FRANCE en 1915 (2/2)

Suite de l’article précédent…

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Dans le livret militaire d’Adrien avait été ajouté, tenu par des agrafes parisiennes, un document de 4 pages, ce Fascicule de Mobilisation:

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dans lequel il est expliqué les modalités pour rejoindre son unité le jour où la funeste affichette de Mobilisation sera apposée sur tous les murs de France.

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Ainsi, le 3 août 1914 (ou le 4, le mobilisé avait 24 heures pour réagir), au moment où il aurait dû moissonner ses champs, Adrien prit le PLM en gare de Bédarrides pour rejoindre le 118ème Régiment Territorial en Avignon.

Les régiments territoriaux étaient occupés pour des tâches de seconde ligne ou à la défense des forts mais devant les pertes subies, on les rapprocha des premières lignes.

C’est au fort de la Pompelle, dévoué à la défense de Reims qu’Adrien fut au plus près des lignes ennemis.

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Ci-dessus une vue prise depuis le fort où le paysage est lunaire après les combats et la couverture d’un carnet de cartes postales édité après le conflit.

Pour l’épisode du 20 octobre 1920, le carnet ne dit plus rien, pas le temps d’écrire quoi que ce soit. Par contre, très émouvant, ce petit bout de papier qui dût accompagner Adrien lors de son transfert vers l’arrière, vers l’ambulance militaire, pendant son agonie.

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Cet hôpital militaire était situé à Damery dans la Marne, au sud-ouest de Reims, où Adrien rendit l’âme le 21 octobre, il y a 99 ans aujourd’hui. A la 5ème ligne du billet, se lit un petit mot gaz. Il devait s’agir d’un lâché d’un nuage de chlore par les Allemands , nuage poussé par un vent d’est sur les lignes françaises qui dût causer de nombreuses pertes dans les rangs des soldats français dépourvus de masques à gaz, inexistants en 1915. Ce qui est faux à la lecture du livre suivant sur Emile Sauvage, un Poilu caderoussier (de naissance) et sorguais (d’adoption), paru chez Elan Sud, une maison d’édition orangeoise, que m’a indiqué Jean-Paul Masse de Caderousse:

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Dans ce livre illustré de photos du 118ème RIT, on voit ceci:

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et on peut lire en légende:

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Les soldats étaient bien équipés de masques rudimentaires. Encore fallait-il correctement le positionner, bien l’imbiber -après avoir trouvé l’officier porteur du produit- et la protection n’était pas garantie à 100%… pour preuve les décès d’Adrien et d’Emile le même jour pour les mêmes causes…

voir Petite radioscopie du Monuments aux Morts de la Grande Guerre de Caderousse (Vaucluse)… paru le 11/11/2014.

Le corps d’Adrien fut inhumé dans ce village. C’est Séraphin, son fils ainé (lui- aussi mobilisé en 1916 -on verra plus tard), qui, par ses relations, put obtenir la photo de la tombe de son père (la croix de droite).

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En effet, Séraphin qui étudiait au petit séminaire d’Avignon, écrivit au curé de Damery. Celui-ci lui envoya ce cliché, un peu passé maintenant, accompagné d’une lettre pour sa mère.

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En quelques mots, le prêtre rassure qu’il ne risque pas d’y avoir erreur de tombe quand viendra le moment du retour de la dépouille d’Adrien à Caderousse, le cimetière étant bien surveillé et les tombes clairement identifiées et que pour l’instant le front se trouvant à 20 ou 30km de là, les bombardements ne peuvent pas l’atteindre. Il parle des « aéros » qui présentent un danger mais « viseront surtout la gare… qui est loin du cimetière ». Damery ne connaîtra jamais la ligne de front.

Voici la page qui lui est consacrée sur le site internet des Archives du Ministère de la Défense géré par le service du fort de Vincennes.

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Quelque temps après, Léonie, la veuve d’Adrien, reçut ce rouleau cartonné…

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contenant un diplôme officiel.

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En dessous de la Marseillaise de Rude de l’Arc-de-Triomphe de l’Etoile,

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le texte rappelait le sacrifice d’Adrien

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et l’Hommage de la Nation.

Adrien laissait derrière lui Léonie, 3 enfants Séraphin, Gabriel et Léonce et ne connut pas ses petits-enfants Georgette, Adrien et André. La tombe familiale du cimetière de Caderousse porte son nom.

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Au moment de sa mort, il avait l’honneur et la malchance d’être « le doyen » des morts pour la France du Vaucluse, comme l’atteste ce petit article paru dans le Petit Provençal de l’époque. Je pense qu’il ne le resta pas à la fin de la guerre.

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Sur le Monument aux Morts de Caderousse, au coeur du cimetière, le nom d’Adrien apparaît entouré des 106 autres enfants de Caderousse sacrifiés pendant la Grande Guerre. Une hécatombe !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE PETIT MARSEILLAIS du mercredi 30 septembre 1914

le dernier quotidien de la série des Petit Marseillais gardés par mes aïeuls. Avaient-ils compris que la guerre prévue pour être courte serait bien plus longue?

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(JOUR 58 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

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La bataille de l’Aisne s’enlise… et la guerre des tranchées commence. D’ailleurs, la rédaction publie cet article

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Les Allemands qui se sont retranchés souffrent de la météo très défavorable car l’eau de pluie s’accumule dans les fossés et ils sont ainsi trempés, dans l’eau qui ne s’écoule pas et obligés de soulever leurs fusils… Sauf que les fantassins français sont à quelques centaines de mètres de là, dans la même position aussi inconfortable!

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Cette brève confirme le mécontentement du Kaiser qui tablait sur une victoire éclair et en impute la responsabilité de l’échec au Kronprinz responsable de ce front ouest.

La guerre s’internationalise

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la Roumanie est prête à attaquer l’Autriche…

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la Turquie à former ce qu’on appellera la Triple Entente

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et dans les Colonies, le conflit tourne à l’avantage des Alliés.

A l’Etat-Major, on a aussi compris qu’on ne serait pas à Noël à Berlin comme on se le disait début août.

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Aussi demande-t-on aux nouvelles recrues de se munir de vêtements chauds, que l’on a listé et que l’Armée leur remboursera. On n’avait pas prévu qu’il ferait froid en hiver dans le nord de la France!

Un nouvel hôpital fournit la liste de ses blessés

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Enfin on apprend que les troupes britanniques venues des Indes ont défilé à Marseille après avoir débarqué et avant de rejoindre le front.

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