Archives de Tag: militaire

Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 02 mars 1916

DSCN0594

(JOUR 577 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

En couverture, la photographie d’un croiseur anglais, le « Bacchante », qui va arrêter un voilier grec pour le contrôler. Tout cela pour faire comprendre aux lecteurs la suprématie de la présence alliée sur les mers et la Méditerranée en particulier. D’ailleurs, en double page centrale, une étude sur le croiseur (super-dradnought) « Provence » avec un plan de 3 croiseurs du même type, outre le « Provence », le « Bretagne » et le « Lorraine ».

DSCN0595

Une autre page sur la fabrique de canons et obus en Allemagne, les usines Krupp ou Ehrhardt (à Düsseldorf) qui manifestement tournent à plein régime, elles aussi:

DSCN0596

Une autre page avec 4 photos de Salonique…

DSCN0597

ce camp retranché qui est maintenant une forteresse imprenable contre laquelle viendront se briser les efforts des armées assaillantes. Au large, les navires de guerre protègent et ravitaillent les troupes à terre.

Enfin, une vue de la réception à l’Hôtel de Ville de Paris, du dessinateur hollandais Louis Raemaekers…

DSCN0598

dessinateur de presse qui aura un rôle non négligeable sur l’opinion publique avec une propagande anti-allemande primaire comme on peut le voir avec quelques-uns de ses dessins:

DSCN0599

On prête à Raemaekers un rôle non négligeable dans le retournement du peuple américain dans son adhésion à la guerre.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 24 février 1916

DSCN0511

(JOUR 570 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Un crime allemand de plus pour les rédacteurs du journal de cette semaine: l’incendie du bâtiment du Parlement canadien à Ottawa que l’on a imputé à des hommes des services secrets allemands. Cet événement date du 03 février dernier et, contrairement à ce que nous montre la photographie, le Palais a été entièrement détruit. Le feu avait pris dans la bibliothèque qui abritait plus de 100 000 ouvrages anciens. La responsabilité des Allemands n’a jamais été formellement prouvée. Le bâtiment réhabilité a réouvert ses portes le 26 février 1920.

En double page centrale, Metz et sa gare, sous toutes les coutures…

DSCN0513

Des vues de Metz et un texte rappelant l’investissement allemand dans la ville, surtout pour la défense des lieux contre les Français.

3 photos et 2/3 d’une page pour parler comme d’autres journaux des incidents de Lausanne…

DSCN0512

 sue l’on a déjà évoqué. Pas seulement les incidents mais aussi l’assassinat d’un dignitaire turc et la mise en service de la ligne ferrée Berlin-Breslau-Budapest-Sofia-Constantinople… qui ne servira pas longtemps.

Les obsèques des victimes du bombardement de Paris par un zeppelin:

DSCN0514

D’autres journaux l’ont déjà montré. Celui-ci parle de 100 000 personnes le long du cortège funèbre.

Comme pour se consoler de ce drame, La Guerre Photographiée a listé les Zeppelins détruits depuis le début du conflit:

DSCN0520

Pas moins de 24 dirigeables abattus depuis août 1914: 4 en 1014, 23 en 1015 et 1 en 1916. En dernier de cette énumération, le fameux L-19 perdu en mer du Nord dont la presse nous a parlé les jours derniers.

 A Lyon, un nouvel arrivage de blessés arrivant à la gare des Brotteaux à Lyon.

DSCN0516

Comme il y a quelques mois, ils sont en provenance des camps allemands ce qui va faciliter le retour à leur nouvelle existence.

Une page entière consacrée aux Chasseurs Alpins dans les Vosges.

DSCN0517

6 photos de groupes qui posent devant l’objectif, ce qui ne nous amène pas grand chose de la situation du secteur. Ces vues sont-elles de saison ou d’archives  ?

Pour terminer et comme on a pu le lire récemment, un portrait en buste de Guynemer, cet aviateur  que l’on nous présente comme un roi des airs avec ses nombreuses victoires dans les cieux:

DSCN0518

Georges Guynemer comptabilisait 5 victoires le 03 février dernier qui lui ont valu autant de citations écrites à gauche du portrait. Il était crédité de 53 victoires quand il fut abattu le 11 septembre 1917 dans des circonstances prêtant à confusion, officiellement abattu par un ennemi Kurt Wissemann qui connaîtra le même sort 17 jours plus tard. D’autres parlent d’un tir venu du no man’s land. L’avion de Guynemer s’abattit dans les lignes allemandes et l’aviateur sera inhumé avec respect et cérémonial  par les Allemands.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 17 février 1916

 

DSCN0484

(JOUR 563 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Sur la couverture, des navires de guerre au large du camp retranché de Salonique. Ils veillent nous dit-on sur la position franco-britannique. Il faut dire que le ravitaillement par mer est vital pour les opérations dans les Balkans.

Encore des vues du passage du Zeppelin au-dessus de Paris et des destructions causées par le bombardement.

DSCN0485

Alors que dans un premier temps, la presse n’avait pas fait état de décès après cette attaque, voilà qu’on apprend qu’un brigadier a été tué dans la maison de gauche ! A suivre dans Le Miroir de cette semaine.

Un tirailleur sénégalais en train de nettoyer sa baïonnette…

DSCN0486

et cette légende… DSCN0487 dans le plus pur style « Banania ».

Une autre vue d’un dignitaire africain recevant la Croix de la Légion d’Honneur aux Invalides:

DSCN0489

Il s’agit comme le dit la légende du fils du roi de Nalous, le lieutenant Dinah Salifou. Il s’agit d’Ibrahima qui fit ses études à Alger. Pour mieux connaître le destin tragique du roi de Nalous, lire:

http://kababachir.com/2014/10/04/dinah-salifou-roi-nalous/

Une série de 3 vues de prisonniers allemands en France:

DSCN0488

En haut dans une ferme de Bretagne, au milieu corvée de lavage de linge et en bas le travail du bois dans un  massif français.

DSCN0490

Des vues d’Alsace, pour faire comprendre aux lecteurs que le re-conquête est en cours. Un train à voie métrique, une vue du col du Bonhomme vers Sainte-Marie-aux-Mines et cet hôtel du Lac Blanc dont le tenancier et son fils furent fusillés par les Français pour intelligence avec l’ennemi.

Parlant de train, en voici un qui transporte des canons pour le front (en bas)…

DSCN0491

mais protégé lui-même par un imposant canon de 155.

Pour terminer, sur ce thème des canons, un télémètre pour régler le tir et affiner les impacts:

DSCN0492

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 12 février 1916

DSCN0400

(JOUR 558 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Sur la une de ce numéro en piteux état, les soldats russes sur le front de l’est essaient de résister au froid. Au second plan, un homme manifestement mort. La légende parle que les hommes résistent victorieusement au froid et peuvent dormir sur la neige. Alors mort ou endormi ?

En seconde de couverture, on reste en Russie avec la tsarine et 2 de ses filles déguisées en infirmières dans une salle d’opération:

DSCN0402

soit, de plus près:

DSCN0401

Une belle photo, une belle histoire mais difficile à y croire !

On retrouve ces soldats permissionnaires à Paris dont la presse a déjà parlé, qui ne peuvent se rendre chez eux car leur région est occupée par les Allemands et que l’Armée promène en autocar touristique.

DSCN0414

Exactement la même vue que dans La Guerre Photographiée.

Pour rester dans le domaine de la santé et de l’aide aux blessés, des ambulances un peu particulières  adaptées au terrain:

DSCN0418

un wagonnet-ambulance sur rail pour évacuer 4 blessés en douceur, beaucoup plus confortablement q’en charrette sur des chemins caillouteux. Encore faut-il qu’il y ait des rails près du front et que l’artillerie adverse ne bouleverse pas le terrain. Trop aléatoire.

DSCN0419

Dans les Vosges, un traîneau-ambulance tiré par un équidé. Là aussi un transport plus doux que d’ordinaire.

Deux vues panoramiques de tranchées dont on voit les zig-zags depuis une colline dominant les lieux.

DSCN0416DSCN0417

Sur la seconde photo, on aperçoit au loin la fumée de l’explosion d’un obus. Les lieux comme la date de ces photos ne sont nullement mentionnés.

Dans les Balkans, des combats dans la Montagne Noire, en Macédoine.

DSCN0420

Pour terminer, les dégâts occasionnés par le passage d’un Zeppelin au-dessus de Paris avec des destructions sur des bâtiments…

DSCN0431

et sur les arbres (photo de droite)…

DSCN0432

mais aussi une bombe qui a troué la voûte du Métro laissant un important cratère:

DSCN0433

Cet évènement et ce trou original seront repris dans d’autres médias, on le verra bientôt. Cette attaque date du 29 janvier 1916.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 10 février 1916

DSCN0386

(JOUR 556 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une bien triste photographie en couverture que cette cérémonie qu’on imagine dans un froid humide et sombre d’une matinée couverte à Lyon, sur le cours du Midi, le bien mal nommé en l’occasion. Une remise de décoration à un petit enfant, fils d’un Poilu tué au front, pour son père, devant sa mère, veuve sous un habit noir de rigueur qu’elle ne quittera certainement pas de sa vie. Quelle tristesse !

Comme les noms des Poilus est mentionné dans le légende, voici les fiches matricules telles qu’on peut les lire dans le site Mémoire des Hommes. Il s’agit donc…

archives_I600711R

de la femme et enfant de Marie Jean-Baptiste Parizet, mort le 20 septembre 1914 dans l’Oise et…

archives_M251144R

de la famille d’Henri Jules Perrotin, capitaine mort le 31 octobre 1914 dans l’hôpital de Commercy des suites de blessures de guerre.

La Guerre Photographiée a bien pris des faits réels pour sa une. La ville de Lyon alla jusqu’à éditer des souvenirs individualisés en l’honneur des soldats locaux morts pour la France.

DSCN0394

Toujours à Lyon, une page pour nous montrer les souverains monténégrins réfugiés dans la ville:

DSCN0395

Il n’y a pas les puissants mais de simples soldats sont aussi accueillis dans une caserne lyonnaise.

Une promenade de soldats au repos à Paris. Ces hommes ne peuvent rentrer chez eux car ils vivent dans des régions occupées par les Allemands. Hébergés à Paris dans une caserne on les promène en voiture pour les photographes et pour les distraire.

DSCN0389

On la reverra dans d’autres revues. Une photo quasi touristique…

DSCN0390

celle du Lac Noir dans les Vosges, un Lac Noir où les Alpins ont construit un pont sur le déversoir…

DSCN0391

La guerre est partout !

Des soldats de différentes armes sur le « Duguy-Trouin », un paquebot devenu navire hôpital. Ils fraternisent nous dit le commentaire. Il ne manquerait plus qu’ils en viennent aux mains !

DSCN0392

Un dessin humoristique au service de la propagande officielle…

DSCN0393

avec des Poilus français et des prisonniers allemands. La caricature sortit lessivée et décrédibilisée de la guerre car elle servit les pouvoirs en place pour leur propagande. Ce fut le cas dans nombre de guerres et les dictatures exercent aussi la censure à l’encontre des dessinateurs. Pour ces derniers, pour survivre, soit ils collaborent au système, soit ils cessent de vivre de leur art. N’oublions pas que le Canard enchaîné est né pendant la première guerre mondiale, en réaction à la censure et à une information complètement aux mains des gouvernants.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 05 février 1916

DSCN0276

(JOUR 551 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Dans un décor enneigé, une tranchée comme tant d’autres et des hommes qui se contorsionnent pour progresser. En regardant de plus près,…

DSCN0277

on voit que le boyau est rempli d’eau et que c’est en prenant appui sur les côtés que ces hommes peuvent progresser sans se mouiller les pieds. Une gymnastique vitale qui semble les amuser tout de même. Photo d’amateur car on voit l’ombre du preneur de vue sur le cliché complet !

On était resté, il y a 2 jours dans La Guerre Photographiée sur le départ des Bleus de la classe 1917 à la gare Montparnasse. Voici une autre vue sur ce même sujet…

DSCN0278

avec ces jeunes qui n’ont pas l’air de s’en faire. Combien reviendront intact de cette boucherie ?

En Italie, dans les Dolomites, théâtre du front italo-autrichien, on enlève la neige à la pelle.

DSCN0279

L’hiver est toujours là et les hommes en souffrent et certains en meurent. Ailleurs, en France, dans le Nord de la France, ce sont les inondations et l’eau recouvre les plaines que l’on prend en photo…

DSCN0283

comme cette automobile au milieu d’un lac artificiel ! Ceci explique aussi la vue de la première de couverture.

Quant aux Balkans, où l’on pourrait croire à un temps plus clément, c’est aussi une tempête de neige qui sévit et frigorifie ces militaires cyclistes britanniques, semble-t-il.

DSCN0286

Dans cette page Faits de Guerre, on nous montre aussi une manifestation féministe à Paris.

DSCN0281

Que veulent ces suffragettes ? Partir sur le front pour assurer  les services de seconde ligne. Elles sont constituées en « Corps Volontaire des Femmes ». Voilà une manifestation tolérée par le pouvoir malgré l’état de guerre qui empêche tout mouvement de protestation.

Des autobus parisiens en Alsace servant au transport des troupes.

DSCN0282

Une autre version des « Taxis de la Marne ».

Ou encore, cet objet abandonné par les Allemands dans un secteur qu’ils viennent de perdre.

DSCN0280

Il s’agit d’un lance-flammes, ou du moins son ancêtre de 1916.

Toujours sur cette page, l’équivalente photographique des brèves des journaux, la maison (le château) plutôt du Maire de S… complètement détruite:

DSCN0285

Encore des destructions de guerre attribuées généreusement aux Allemands.

La destruction d’un attelage militaire…

DSCN0284

dont les pauvres animaux de trait ont été pulvérisés par l’obus.

Autre page Faits de guerre et ce ruisseau qu’il faut bien défendre et sur lequel on a posé des clayonnages.

DSCN0287

Ou cet immense entonnoir formé après l’explosion d’une mine qui vient de détruire un fortin ennemi, nous dit-on.

DSCN0288

Un véritable cratère. Est-ce une vue de la butte de Vauquois ?

En Angleterre, tel est le titre de cette page avec 2 photos dont la première nous montre une imposante manifestation:

DSCN0289

Les gens enthousiasmes se sont réunis devant le Parlement britannique qui vient de voter la conscription. Ainsi tous les jeunes anglais vont être concernés par la guerre alors que jusque là, ils devaient contracter un engagement pour partir au conflit.
La seconde photo concerne des oeuvres philanthropiques (des Quakers ?) qui…

DSCN0290

ravitaillent les soldats dans les gares qu’ils empruntent pour partir sur le continent.

Enfin, en 4ème de couverture, une véritable pyramide de caisses:

DSCN0291

Ce sont des vivres pour l’armée d’Orient, transportés par les Anglais semble-t-il.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 03 février 1916

DSCN0263

(JOUR 549 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une photo à la une de 2 frères présentés comme de redoutables combattants albanais.

DSCN0265

L’Albanie vient de déclarer la guerre à l’Autriche et on vente donc les mérites de ces guerriers alliés, les Albanais.

Comme on célèbre ces Russes…

DSCN0266

anciens prisonniers de guerre qui ont pu rejoindre les tranchées françaises en Lorraine.

En Alsace, dans ce village, on fête…

DSCN0266_2

 le passage d’autres prisonniers, allemands ceux-là en route pour la France et la captivité.

DSCN0266_3

Photo de groupe de dragons…

DSCN0267

devenue fantassins dans la région proche du canal de l’Yser où les tranchées sont parallèles à celui-ci. Près de Nieuport, les hommes campent sous le tente pour se protéger du froid:

DSCN0268

Les destructions à Ypres…

DSCN0271

les ruines de la cathédrale que les barbares allemands ont bombardé, ne respectant ni l’art, ni la beauté. On le sait maintenant et on est fixé sur leur kultur. Tel est le commentaire de cette photo !

Une page avec 6 photos sur d’autres ruines…

DSCN0273

celles laissées par les combats de ces derniers mois.

Un avion allemand abattu par la chasse française mais qui a pu se poser est exhibé comme trophée de guerre.

DSCN0269

On distingue nettement la Croix de Fer sur l’empennage de vilain oiseau détruit.

La première fois que l’on peut lire de tels propos au-dessous de cette photographie qui nous vient du front d’Orient:

DSCN0270

L’évacuation des Dardanelles

Voici le commentaire de cette photo: Lorsque fut décidée cette opération qui pouvait être dangereuse, nos précautions furent tellement bien prises que les troupes alliées en se retirant n’eurent aucune perte à déplorer. Voici à Gallipoli le camp où était concentré tout le matériel, vivres et munitions et le réembarquement des canons e chevaux qui commence sous la protection de l’escadre et des troupes.

Ou comment minimiser une défaite !

Une vue de civils fuyant devant l’avance allemande, en Lorraine…

DSCN0272

en nous précisant que depuis, le village qu’ils ont dû quitter à la hâte en tout abandonnant, a été repris par les Français. Pas sûr !

En dernière page, la tombe d’un héros, …

DSCN0274

celle de l’aviateur Mendès qui fut fusillé par les Allemands au camp de Chalons le 24 août 1914. Sa tombe est ornée de 2 canons allemands. La vue de cette tombe si particulière sera l’objet de nombreuses cartes postales.

Pour terminer, (on en a déjà parlé), le départ des jeunes recrues des premiers contingents de 1917, appelés en anticipation.

DSCN0275

Une vue du train en gare Montparnasse à Paris et des jeunes gens partant rejoindre les unités où ils sont affectés pour commencer leur formation.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 30 janvier 1916

DSCN0016

(JOUR 545 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Un berger allongé au sol ainsi que quelques moutons, eux-aussi tués par un bombardement allemand sur le camp retranché de Salonique. Ce drame entraîna l’arrestation des consuls des pays de l’Entente en Grèce.

Plusieurs pages sur cette guerre en Orient.

DSCN0018

Tout d’abord des luttes de pouvoir entre des généraux (pacha) turcs à la tête de l’armée ottomane.

DSCN0019

Après l’évacuation de la presqu’île de Gallipoli, les sous-marins alliés (britanniques et français) continuent la lutte en mer de Marmara en coulant des navires turcs. Sur ceux-ci, on voit ci-dessus des vigies surveiller les flots dans le but de découvrir des sous-marins.

DSCN0025

Les troupes bulgares occupent la Serbie avec leurs lots de massacre et de destruction comme celle d’une statue du roi de Serbie.

DSCN0026

On a vu dans Sur le Vif l’arrivée d’orphelins serbes à Marseille. Ici c’est en Corse que sont amenés des réfugiés serbes et des israélites syriens fuyant les massacres perpétrés pas les  Turcs. Ainsi, 714 syriens sont arrivés à Ajaccio en décembre 1915 et 758 Serbes ont suivi le même chemin en janvier 1916. Les guerres et leurs lots de réfugiés !

La guerre continue dans les Vosges et Le Miroir nous présente des tranchées allemandes sous la neige:

DSCN0017

Guère différentes des lignes françaises !

Des Vosges, il en est encore question en cette double page centrale.

DSCN0021

Ce sont des photos de la visite récente de Joffre dans les Vosges en compagnie du général Serret. Ce général qui vient d’être tué lors des combats à l’Hartmannswillerkopf. Blessé le 28 décembre 1915 à une jambe ce qui lui valut une amputation, il décéda de la gangrène le 6 janvier 1916. Il est l’un des 42 généraux tués pendant la Grande Guerre.

Deux pages pour montrer les mauvaises conditions de détention des prisonniers de guerre en Allemagne:

DSCN0023

les français dont on nous dit qu’ils n’ont même pas des ustensiles pour faire leur cuisine et qu’ils vivent dans des baraquements insalubres…

DSCN0024

les russes que l’on désinfecte pendant leur détention. Des images qui font penser avec leurs commentaires à d’autres scènes de « désinfection » qui se produiront 20 ans plus tard.

Pour terminer, une photo nocturne prise sur le vif lors d’un tir d’un canon de gros calibre:

DSCN0020

et une page pour expliquer au lectorat les bienfaits du port de casque Adrian en acier pour les Poilus:

DSCN0022

Les dommages aux casques comparés aux blessures sur les cuirs chevelus des hommes qui les portaient. Avec des képis, ces blessures eussent été mortelles est-il écrit en commentaires. On calcule que le casque d’acier sauve environ 40% des blessés atteints à la tête. L’état-major aurait peut-être pu y penser avant !

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 29 janvier 1916

DSCN0009

(JOUR 544 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Des troupes d’Afrique à la une de Sur le Vif cette semaine. Des tirailleurs africains, dans le Nord de la France posent avec leur gradé tandis que d’autres se reposent. Vues leurs tenues, la scène se déroule bien dans le Nord de la France ! Ou à Salonique.

Des photos de la guerre dans les Balkans avec la déroute des Serbes devant les troupes bulgares et allemandes…

DSCN0015

ce qui entraîne la fuite des populations civiles. Ici comme ailleurs, hier comme aujourd’hui, des vues de femmes et d’enfants dans des camps de réfugiés:

DSCN0010

Un camp de toiles de tente et des enfants y posant devant ou…

DSCN0010 - Version 2

des orphelins serbes arrivant à Marseille pour trouver de nouvelles familles.

Dans ce même secteur des Balkans, des prisonniers de guerre turcs qui doivent veiller à la propreté de leur camp…

DSCN0010 - Version 4

ou cette photo de comitadjis, ces partisans bulgares redoutés par les Serbes dont Albert Londres va parler plus tard, dans un livre paru en 1932.

Des photos originales… d’une messe en plein air dans le décor champêtre d’un bois en plein hiver:

DSCN0011

d’une caverne artificielle, ancienne carrière, devenue abri souterrain

DSCN0012

peut-être la fameuse caverne du Dragon (?) ou encore, ces canons factices allemands…

DSCN0013

destinés à tromper les aviateurs alliés.

Une photo du chanteur Fédor Chaliapine, le plus grand chanteur d’opéra de Russie qui ici vient égayer le quotidien des blessés de guerre dans un hôpital à Moscou:

DSCN0014

Fédor Chaliapine fut aussi acteur et dessinateur de talent. Il quitta la Russie Bolchévique en 1922 avec l’autorisation des autorités et… n’y revint plus ! Il résida en France et ses restes furent rapatriés en Russie en 1984.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

La CORRESPONDANCE du POILU GRENOBLOIS- LETTRE du lundi 31 août 1914

Petite lettre de 4 pages mais très dense et difficile à lire. On va présenter ci-dessous quelques extraits les plus intéressants pour les opérations militaires de cette fin août 1914.

Aujourd’hui, la lutte s’annonce moins orageuse. Nous avons passé une nuit excellente tranquillement étendus sur la paille. Ce matin, nous attendons l’ordre qui nous indiquera le travail de la journée. En guerre, on ne sait jamais ce qu’on fera 1 heure après. C’est tout de l’imprévu. On déménage sans interruption, le mobilier est peu encombrant et le loyer bon marché (c’est le système de Mr. Cochon)…

Plus loin, petit flash-back pour raconter la nuit de samedi à dimanche qui a été bien employée.

D’abord par les sapeurs qui ont travaillé jusqu’au matin. Nous, les brancardiers sommes allés chercher un blessé étendu seul sur le champ de bataille. C’était 11 heures du soir, nous étions au plus à 500 mètres de l’ennemi mais nos fusils étaient prêts à bien fonctionner. Nous avons transporté ce pauvre fantassin sur un parcours de plus de 5 kilomètres et sur un brancard au milieu du brouillard. A chaque instant les sentinelles nous arrêtaient. La route était criblée de trous d’obus (4 mètres de diamètre et 2 mètres de profondeur). A son arrivée, le pauvre garçon était dans un piteux état mais nous étions heureux d’avoir atténué ses souffrances et surtout celles de l’isolement.

Suite de récit sur les destructions de la guerre.

J’ai vu toutes les tristesses de la guerre. C’est terrible, il faut le voir pour s’en faire une idée exacte: villages complètement incendiés, d’autres abandonnés, les maisons soumises au pillage, les habitants fuyant  sur les routes pour échapper au massacre, etc… etc… Les Allemands se conduisent comme des sauvages, malheureusement les nôtres en sont les victimes mais ce qu’il faut voir, c’est la victoire certaine qui procurera à la France une tranquilité tant désirée depuis longtemps.

Suite du récit avec celui du dimanche.

Hier dimanche, nous devions avoir repos en compensation de la nuit précédente. Après une course de 4 kilomètres, nous arrivons dans un village à 7 heures du matin. Aussitôt, nous nous couchons dans le foin mais à 8 heures, l’ordre de partir rapidement nous déloge du cantonnement. Nous repartons aussitôt pour faire 5 kilomètres et c’est au bord de la route et sous une pluie d’obus que nous avons pris notre repos. Malgré cela, résultat heureux pour la Compagnie, 2 fusils mis hors d’état et un homme légèrement blessé. Nous sommes bien favorisés par le beau temps, 3 jours seulement nous avons marché sous la pluie et une fois sous la grêle et sans pouvoir se mettre à l’abri. Nous étions à l’arrivée complètement traversés…

Suivent des considérations d’hygiène, de santé, de nutrition et de petits tracas personnels. Reprise de la narration militaire un peu plus loin:

Tous les jours et surtout vers 5 heures du soir, les aéroplanes allemands viennent survoler nos batteries et nos troupes. Ils signalent exactement nos emplacements en laissant tomber des boules lumineuses repérées par leur artillerie. C’est le moment de se méfier. Sitôt après les obus se mettent à pleuvoir jusqu’à 7 heures ou 8 heures pour recommencer de bon matin avant le jour. Mais nous ne sommes pas trop simples: les artilleurs couvrent leurs canons avec des branches et dès qu’ils entendent le moteur, ils cessent le feu. Souvent aussi et plusieurs fois chaque jour, nous voyons nos aviateurs militaires. Deux fois déjà, en passant à une faible hauteur au-dessus de la Compagnie, ils nous ont lancé des dépêches…

Pierre Gautier est toutefois conscient que son unité est moins exposée que d’autres, celles de fantassins. Ainsi…

Aujourd’hui, nous sommes logés avec un bataillon du 160ème de ligne. Tous les officiers sont morts ou blessés. Comme chef de bataillon, c’est un sous-lieutenant de Saint-Cyr seul survivant ou valide…

Par la suite, l’auteur donne des consignes à ses parents en ce qui concerne le courrier puis parle des rencontres qu’il a pu faire, ici et là, de gars de Grenoble et des environs qu’il connaît. Retour sur sa condition militaire:

… Si la guerre a de bons moments, il y en a qui sont bien pénibles. Plusieurs fois déjà, nous avons fait des étapes de 20 à 25 kilomètres dans la journée avec travail en arrivant. Il faut vraiment faire preuve de beaucoup d’énergie et force de caractère pour ne pas s’arrêter dans le fossé. C’est malheureux de voir quelquefois des pauvres militaires obligés de rester au bord de la route. C’est la gendarmerie qui les ramasse. D’autres abandonnent le sac….

Nouvelles considérations épistolaires, tout cela dans un écrit un peu désordonné, on va comprendre pourquoi. Fin de lettre un peu nostalgique.

31 août 4h45. Enfin, je termine ma lettre. Depuis ce matin, nous sommes dans le même village où nous resterons 2 ou 3 jours, mais pour écrire cette pauvre lettre, je m’y suis mis à plusieurs reprises. Toute la journée les obus ont dégringolé. A la fin, on finit par être tellement énervé qu’il est difficile d’écrire deux mots de suite. En lisant ma lettre, vous en aurez la preuve. Excusez-moi, on est en guerre. Mon seul désir après la guerre, c’est de passer quelques jours avec vous et le reste à Allevard où tranquillement je pourrai me reposer. J’espère que mon rêve se réalisera. 

Y croit-il vraiment quand il écrit ces mots ?

Poster un commentaire

Classé dans Vieux papiers