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CAPA, L’ÉTOILE FILANTE, une BD de Florent Silloroy

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Une biographie en bandes dessinées sur Robert Capa, le célèbre photographe qui fit la non-moins célèbre photo de la mort  du milicien républicain sur le front de Cordoba en septembre 1936. D’ailleurs, on retrouve cette scène sur une des pages, au début de l’histoire…

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de la courte vie mais si dense existence de ce réfugié hongrois, Emdre Friedmann de son vrai nom. Une scène que certains remettent en cause aujourd’hui, pensant qu’à l’instar du « baiser de l’Hôtel de Ville » de Robert Doisneau, il s’agissait d’un montage !

C’est sa compagne Gerda Taro…

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une réfugiée allemande antifasciste qui lui trouvera ce nom d’artiste, mélange de Robert Taylor et Frank Capra, à la suite d’une soirée au cinéma.

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Elle pensait, à juste raison, qu’en se faisant passer pour un photographe américain, ses clichés se vendraient beaucoup mieux.

Les grèves de 1936 puis après le pronunciamiento de Franco et le début de la guerre civile, direction l’Espagne et cette arrivée à Barcelone par l’estacion de França pour couvrir les événements.

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Une Espagne qui lui prendra Gerda Taro, écrasée sous les chenilles d’un char républicain à Brunete et qu’il fera enterrer au Père Lachaise. Breda Taro qui se révéla être aussi une photographe de génie, peut-être supérieure à Capa, prenant tous les risques, le poussant à la perfection et vendant sous son nom ses clichés, pour qu’ils soient mieux payés par les agences.

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Sans Gerda, Capa continua de couvrir aux 4 coins de la planète les conflits les plus dangereux, en essayant de rester fidèle à ses principes, donner toujours des vues les plus vraies des événements…

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17 euros dans toutes les bonnes librairies, éditée chez Castermann.

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VISITE du TOUEUR « CONSERVÉ » au port de L’ÉPERVIÈRE à VALENCE

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Jusqu’à il y a une vingtaine d’années, ce toueur était entreposé dans les chantiers fluviaux de la Coucourde, au nord de Montélimar. Puis, on le déplaça dans le port de la capitale (de la Drôme), sûr qu’il allait être restauré et mis en valeur  et qu’il deviendrait la pièce emblématique d’un futur hypothétique musée de la batellerie du Rhône. Raté ! Les crédits espérés ne vinrent jamais et voilà le fier bateau, mis à l’écart, abandonné au bord de l’eau, devenant peu à peu un tas de ferraille rouillée, tagué de dessins d’aucune valeur, au sud du port de l’Epervière, à demi-immergé  dans les eaux irrespectueuses du fleuve. Les joggeurs, promeneurs avancent sur la digue, juste à côté sans même le voir et ce n’est pas le panneau explicatif que plus personne ne regarde qui va raviver l’intérêt du passant pour cet ancien maître du Rhône. Qui aurait envie de visiter une casse automobile ? Sans compter le danger que peut représenter une épave dans cette position si l’on s’en rapproche trop… Quel gâchis !

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Sur le panneau en question, on nous le présente ainsi, tel qu’il avait été photographié il y a plus d’un siècle, pour les besoins d’une carte postale, au port du Pouzin. Voilà ce qu’il est devenu avec en toile de fond, le nouveau pont des Lônes sous lequel il n’est jamais passé dans sa jeunesse.

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Comme on peut le lire,

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8 toueurs (9 au début en 1896) se partageaient le passage le plus pentu du Rhône de Glun à Pont-Saint-Esprit, par tranches de 12 à 15 km. 8 ports d’attache et 8 secteurs sur lesquels les joueurs se relayaient pour remonter 2 barques chargées de 300 tonnes de marchandises.

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8 étapes à la remonte: Pont-Saint-Esprit- Bourg-Saint-Andéol; Bourg-Saint-Andéol- Viviers; Viviers- Le Teil; Le Teil- Cruas; Cruas- Le Pouzin; Le Pouzin- Etoile-Chamfort; Etoile-Chamfort- Valence; Valence- Glun. A chaque étape, il fallait donc détacher les barques du toueur arrivant du sud pour les rattacher au toueur descendant du nord… et ainsi de suite. Comme ici le passage de relais à Bourg-Saint-Andéol (1)..

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Certainement un peu fastidieux ! A la descente, les barques étaient attachées de part et d’autre du toueur pour éviter qu’elles ne poussent celui-ci, étant plus lourdes que lui. (1).

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Celui de l’Epervière a d’ailleurs gardé ses câbles d’attache des barques, presque encore enroulés sur leur treuil…

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ainsi que les guides vers le cul aval du bateau (pas une grossièreté, on appelait aussi les toueurs « bateaux à 2 culs »!)

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Décomposons un peu cette antiquité à partir de cette vue latérale:

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L’avant…

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d’où le cable fixé au port en amont, sortait de l’eau et venait coulisser sur des poulies et guides qui le conduisait jusqu’au grand tambour sur lequel il s’enroulait. On en reparlera.

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Voici donc le dessus de la salle…

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dans laquelle se trouve le grand tambour sur lequel le câble venait s’enrouler. En s’approchant, on constate que câble comme tambour sont encore bien présents…

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baignant dans l’eau du fleuve qui est entrée dans tout le bateau. Quelle tristesse ! Ce tambour fait tout de même 1,50 mètre de diamètre et 3,50 mètres de largeur ! C’est la pièce essentielle du bateau puisque c’est ce tambour qui en tournant fait avancer le bateau qui remonte le fleuve. D’autres vues de cette salle du tambour:

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A l’arrière de celle-ci, presque au dessus, la passerelle sur laquelle se trouvait le capitaine qui conduisait le bateau:

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On y accédait par un escalier dont les marches ont disparu.

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Il ne reste plus que la carcasse de cette cabine de pilotage, les côtés comme le toit, en matériau périssable (du bois et de la toile) ayant disparu. On peut le constater ci-dessous sur cette vue d’un toueur à l’arrêt au port de Viviers, en face du défilé de Donzère (1).

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Continuons notre descente du bateau avec la salle des machines dans laquelle se trouvait un moteur de 200 CV…

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surmontée de la cheminée par laquelle sortaient les fumées.

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Une cheminée dont on remarque en bas l’articulation qui lui permettait de se plier quand le bateau passait sous les ponts.

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On peut le constater sur cette vue ancienne d’un toueur arrêté au port de Montélimar, après qu’il soit passé sous le pont du Teil, la hauteur d’eau étant assez importante à cet endroit (1).

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Une salle des machines elle-aussi envahie par les eaux du Rhône.

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Les aérations sont toujours là…

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avec leur gueule semblant hurler toute la détresse de leur situation.

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Nous sommes quasiment à l’extrémité du bateau, reste l’arrière dont on a déjà parlé où étaient attachées les barques remplies de marchandises.

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Le Rhône ne fut pas le seul fleuve à connaître les toueurs comme on peut le lire sur ce panneau explicatif.

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Mais seuls les mariniers du Rhône devaient veiller à ce que le cable ne passe la nuit dans l’eau sous peine d’être recouvert par les graviers que chassait régulièrement le fleuve. Ainsi le toueur devait obligatoirement rejoindre son port d’attache (c’est le cas de le dire !) avec le cable enroulé au tambour.

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Toueur à l’arrêt au port de Montélimar (1).

Les mariniers de la Seine ou de la Loire ne connaissaient pas ce problème.

Il existe un dernier toueur en activité dans le tunnel de Riqueval dans l’Aisne. Il est utilisé pour tirer les péniches dans ce tunnel non ventilé. Il est lui-même mû par l’électricité ce qui évite émanations et intoxications. Sur le Rhône, le touage a disparu au moment où les péniches, automoteurs ou autres remorqueurs à roue à aubes furent assez puissants pour remonter le Rhône dans ce secteur le plus pentu, un dénivelé de 70 mètres entre Glun et Pont-Saint-Esprit. C’était en 1936.

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Le château de Crussol qui domine le Rhône en face de Valence

et veille sur les derniers jours du dernier toueur du fleuve.

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La seule inscription moderne digne d’intérêt !

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Une barque que l’on pouvait guider et son toueur au fond, au port de Montélimar (1).

(1) les cartes postales font partie de la collection de Marc Durand qui nous les a prêtées pour illustrer cet article . Qu’il en soit remercié !

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L’ancien PONT de ROQUEMAURE détruit en 1944.

Paul Marquion, vous l’avez lu hier, parlait ainsi de la traversée du Rhône en empruntant l’ancien pont de Roquemaure avant la Première Guerre Mondiale:

Le vieux pont suspendu était étroit ; les sabots des chevaux faisaient résonner désagréablement les planches du tablier et du haut de l’impériale le fleuve paraissait profond. Disons-le sans ambages : nous n’étions pas tellement fiers ! On respirait quand on arrivait à une pile ; pendant quelques mètres où on se retrouvait sur le dur et où le Rhône était masqué. Mais on n’était vraiment rassuré qu’en arrivant à la dernière.

Car comme il le précisait juste avant… Au bout de la route, c’était le pont suspendu de Roquemaure  à plusieurs arches, détruit pendant la dernière guerre et qui a été remplacé par un pont magnifique qui franchit le Rhône d’une seule enjambée.

Ce pont effectivement enjambe le Rhône et est situé à cheval sur les communes de Roquemaure côté Gard et… Orange côté Vaucluse, la Cité des Princes s’avançant jusqu’au Rhône par une bande de territoire entre Caderousse et Chateauneuf-du-Pape.

Voici deux vues prises immédiatement après la Seconde Guerre mondiale par ma tante Paulette qui pose d’ailleurs avec une amie devant ce qu’il reste du pont qui a perdu ses tabliers tombés dans le fleuve.

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On voit bien que le pont comptait une pile au milieu du fleuve et 2 piles sur les berges. On verra cela plus loin.

Sur cette seconde vue ayant la même origine et certainement prise le même jour, on voit bien le tablier détruit.

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La photo été prise sur la culée côté Orange et comme le faisait remarquer Paul Marquion, on note l’étroitesse de la chaussée au niveau des piles. Ce ne devait pas être très facile de se croiser à leurs niveaux !

Un bac permettait aux véhicules et piétons de traverser le Rhône avant la réparation du pont après la guerre. Son fonctionnement dura assez longtemps car je me souviens très bien de voisins habitant au fond de l’andrône Jean Jaurés à Caderousse chez le docteur dont le père travaillait à la construction du nouveau pont de Roquelaure. Ce devait se passer dans les années 60. Cela évita au pont de Roquemaure de connaître les mêmes problèmes que celui du Teil avec ces câbles fabriqués en un acier de mauvaise qualité et qui durent être remplacés au début des années 2000, entraînant de gros problèmes de circulation entre Drôme et Ardèche au niveau du Teil-Montélimar.

Le nouveau pont de Roquemaure…

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a été construit une centaine de mètres en amont de celui qui existait avant guerre. Il reste côté Roquemaure (Gard) les traces de l’entrée de l’ancien pont…

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avec la pile d’entrée au premier plan et la pile posée sur une petite île du Rhône à une vingtaine de mètres de l’entrée:

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Vous avez noté une plaque mémorielle posée à l’entrée de l’ancien pont; La voici:

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Le 18 août 1944, les Allemands alors en pleine débâcle dans le sud-est continuèrent pourtant de s’acharner sur leurs prisonniers entassés dans ce train fantôme parti du camp de Gurs en Navarre. Comme le train ne pouvait continuer sur la rive droite, des ponts étant détruits, les déportés furent débarqués en gare de Roquemaure pour rejoindre celle de Sorgues sur la rive gauche, distantes l’une de l’autre de 10 à 12 kilomètres. Ces 700 malheureux furent dans les derniers à traverser le Rhône sur ce pont avant sa destruction. Et leur calvaire continua ainsi jusqu’à Auschwitz Dachau.

De nos jours, le pont routier de Roquemaure a été rejoint par le pont autoroutier de l’A9 dans les années 70 puis par le pont de la ligne ferroviaire à grande vitesse au début du millénaire. Voici ces 3 ponts…

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au premier plan le plus récent (la LGV), au second celui de l’A9 et au fond, les piles du pont suspendu.

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Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 1er avril 1916

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(JOUR 609 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Verdun tient une place très importante dans ce numéro du 1er avril 1916. La une est bien sûr faite des gradés commandant la défense de la cité.En premier lieu, Pétain, encore général, qui est en train de commencer à forger sa légende en tant que vainqueur de Verdun… ce qui historiquement est complètement faux.

Des pages entières sont consacrées à la bataille… sans pour autant montrer grand chose de celle-ci.
Tout d’abord, une page avec 6 vues de la ville, photos qui doivent dater d’avant-guerre certainement.

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Puis les environs de Verdun comme le dit le titre « Autour de Verdun ».

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Quelques destructions comme à Fresnes en Woëvre mais pas le carnage qu’ont causé (et que causent) les bombes alliées.

La double page centrale est elle-aussi consacrée à la gigantesque bataille qui se déroule dans le Meuse.

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Des tranchées… alors que justement il fut assez difficile d’en creuser à Verdun à cause de la géologie des lieux et des hommes, qui contrairement à ce qu’on a lu il y a peu, ne portent pas tous le casque réglementaire. Des photos bien trop paisibles pour avoir été prises près de la ligne du front.

Le reste de l’actualité de la guerre a bien de mal à se faire une place à côté de cette information.

Toutefois, une page montre la fin d’un cargo hollandais détruit par une mine flottante allemande.

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En 2 photos avec la fumée de l’explosion des machines envahies par les eaux sur la seconde.

Retour sur l’aviateur Navarre aux 10 victoires…

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qui pose près de son cantonnement.

Le reste est plus féminin dans un monde presqu’exclusivement masculin avec…

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une photo d’une héroïne de l’armée serbe faite prisonnière par les Allemands…

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et la fille du ministre anglais des munitions, Lloyd George vendant des cartes postales au profit des blessés de guerre, accoutré d’un costume de paysanne du Pays de Galles.

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Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 25 mars 1916

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(JOUR 602 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une vue impressionnante des aiguilles suisses pour illustrer la surveillance exercée par l’armée helvète sur ses frontières, ici, les vertigineux rochers du Pitz Gallina.

Ce numéro du 25 mars est en mauvais état et rien ne dit que l’intérieur correspond bien à la date.

En double page centrale, la guerre en Mésopotamie, en Irak dirait-on de nos jours avec 5 vues montrant en action les troupes britanniques:

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Voyons en détail:

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Sur l’Euphrate, une cheminée d’un vapeur coulé volontairement par les Turcs apparaît. Les Ottomans ont agi ainsi pour ralentir l’avance britannique dans ce secteur.

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Des batteries flottantes sur ce même fleuve, une canonnière artisanale.

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Sous l’uniforme britannique, une colonne de cipayes, une peuplade hindou réputée pour l’attitude belliqueuse de ces hommes…. « une race des plus belliqueuses de l’Hindoustan » dit le journaliste. Le mot « spahi » vient directement du mot « cipayes ».

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C’est par les fleuves (le Tigre et l’Euphrate) que les armées britanniques progressent. C’est par le même chemin inverse que les blessés sont évacués vers l’arrière.

Sur un autre front opposant les Turcs aux Alliés, les tirs du cuirassé Canvallis contre des positions ennemis aux Dardanelles.

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A Paris certainement (bien que l’article n’en dit rien), une remise de décoration présidée par le Président de la République, Raymond Poincaré:

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A quelques dizaines de kilomètres de là, sur le front de l’est, des ruines, des ruines, des ruines !

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Les localités ne sont pas citées mais il est évident qu’il faudra du temps et de l’argent pour faire à nouveau vivre ces villages. S’ils revivent un jour….

Des nouveautés militaires pour terminer.
Sur le front russe, une arme tout à fait nouvelle trouvé dans les lignes allemandes: l’ancêtre d’un lance-flammes.

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On nous dit que le soldat allemand fut carbonisé en utilisant cette arme dont il ne maitrisait pas totalement l’utilisation.

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Sous le titre « Élégance militaire pour 1916 », la tenue des fantassins français devant se protéger des tirs adverses (le casque), du froid (bustier et guêtres en peau et laine) et des gaz de combat (masque- un tampon d’ouate- et lunettes).

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 19 mars 1916

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(JOUR 596 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La bataille de Verdun apparaît enfin en première page et est largement évoquée dans les pages intérieures. Les photos les plus dures sont réservées à ces dernières. A la une, un épisode somme toute anodin avec le visage de l’aviateur Jean Navarre, as des airs de la Grande Guerre. On nous dit qu’il a abattu 9 avions allemands dont 6 dans les lignes. Il sera surnommé « la sentinelle de Verdun ».
Verdun qui subit les bombardements allemands avec le lot de destructions que cela entraîne:

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Maisons éventrées dont la façade du collège Bivignier. La population a dû fuir comme on le voit ci-dessous….

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emportant comme elle le peut les biens les plus précieux. Les derniers habitants de la ville et des villages avoisinants sont partis le 8 mars dernier. On va retrouver les Verdinois(es) dans le Jura et le Puy-de-Dôme. Ici des réfugiés de passage à Souilly, au début de leur périple.

Car la bataille fait rage même si Le Miroir s’exprime comme si tout cela était du passé et non pas le début de la grande bataille qui va encore durer longtemps.

Le bois des Caunes dans ce secteur avec l’explosion d’une bombe française sur une tranchée allemande:

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tranchées que l’on découvre tout au fond de cette vue panoramique:

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Moins soft, ces images du champ de bataille après un combat…

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avec toute sorte de matériel hétéroclite abandonné sur la plaine, casques, équipements, ustensiles de cuisine.
Quant aux hommes, deux vues trouvées sur des prisonniers adverses montrant des montagnes de morts que ramassent les hommes dédiés à cette terrible tache:

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Le Miroir affirme la perte par les Allemands de 100 000 hommes, tués, blessés ou fait prisonniers. Une hécatombe pas moins importante que celle qu’ont connu les Français sur cette même période.

Tout cela n’empêche pas le magazine de continuer son grand concours photo…

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et comme la guerre perdure un peu trop, un prix intermédiaire est créé pour récompenser le meilleur cliché de la période 1er avril 1915-1er avril 1916 ! Et il y aura un 1er avril 1917, un 1er avril 1918 de guerre… Le prix spécial de 30 000 francs récompensant la meilleure photo de toute la guerre n’est pas prêt d’être décerné !

On nous apprend la blessure en vol de l’aviateur italien Gabriele d’Annunzio, connu pour être un grand poète, un grand défenseur de l’unification de l’Italie mais aussi un grand amateur de vitesse. La photo annonçant cette nouvelle est celle du départ de l’aviateur

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pour aller lâcher des tracts sur Trente. Il perdit donc un oeil suite à cet accident mais continua tout de même une grande carrière artistique et publique.

Toujours dans le domaine aérien, un immense projecteur…

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fouillant le ciel la nuit et pouvant y détecter avions et zeppelins ennemis.

Après l’aviation, la Marine avec les rescapés du Provence II…

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ce paquebot transformé en transport de troupes qui sera coulé au sud de la Grèce ce qui causera la mort de 1 100 militaires et matelots. Il y eut environ 600 rescapés dont on voit ici une partie de ceux-ci arrivant à Milo, une île grecque de l’archipel des Cyclades.

Double page centrale avec le blocus maritime de l’Allemagne imposé par la Marine britannique…

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qui entraîne en représailles des attaques allemandes contre des navires civils alliés dont on voit quelques drames ci-dessus:l’explosion de « Maloja » ou une attaque contre les docks de Brooklyn.

Autre catastrophe, en France celle-ci…

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avec l’explosion du fort de Double-Couronne à Saint-Denis, en proche banlieue parisienne, une explosion qui fit 23 morts et pas mal de destructions.

Autre terrible scène, cette pendaison…

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d’opposants de la minorité roumaine de Hongrie, image qui fait penser à ce qui allait se passer, 20 ans plus tard sur le front de l’est.

Pour terminer une scène plus douce.

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Des officiers allemands du secteur de l’Hartmannwillerkopf partant puis revenant de la chasse pour améliorer leur ordinaire. Une nouvelle hécatombe mais chez le gibier local !

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Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 11 mars 1916

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(JOUR 586 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Le lancement d’un cuirassé américain, le Wyoming, à la une de Sur le Vif du jour. Les machines à vapeur du gros navire crache une fumée noire comme sur les locomotives. Une belle pollution atmosphérique dirait-on de nos jours. Mais les préoccupations de l’époque n’allaient pas à la défense de l’environnement mais aux Etats-Unis en marche vers la guerre.

On n’en est pas encore là ! Sur le front de l’est, des soldats russes fêtent à leur manière la chute de la ville turque d’Erzeroum dont on a parlé récemment.

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Ils projettent vers le haut leurs couvre-chefs.

Autre brève: une grosse saucisse sur le front français…

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un ballon captif français pour observer les mouvements allemands.

La météo est à la pluie (ou l’était ces derniers temps puisque les reportages ne collent pas toujours à l’actualité) et la Marne a débordé de son lit.

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Seule la croix de la tombe d’un soldat enterré là dépasse des eaux qui recouvrent la plaine, laissant là un décor un peu surréaliste.

Quatre vues de Salonique sur cette page:

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En haut , les consulats de Bulgarie et d’Allemagne de la ville sont fermés et occupés respectivement par les Français et les Britanniques. En bas, à gauche, une route en réfection avec l’emploi de personnels grecs et serbes.

En Afrique, le magazine annonce dans la légende…

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la fin du rêve colonial allemand. Dans l’est africain, les Allemands sont en débandade devant la puissance des troupes alliées qui, elles, reçoivent des renforts des métropoles.

En Albanie, une route de montagne avec une épingle à cheveux périlleuse pour les camions militaires de l’armée serbe en retraite…

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et sur ce même front oriental, une nouvelle invention pour protéger les fantassins allemands quand ils tirent:

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Encore une nouveauté qui fera long feu !

Nous sauvons les pirates… tel est le titre des 2 photos de cette page…

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sur lesquelles on peut voir un sous-marin britannique sauvant des marins allemands venant d’un navire coulé par eux. La légende se termine par cette phrase qui n’est pas forcément exacte mais partisane: Si les rôles avaient été renversés, tous les marins anglais eussent péri. 

Une page sur le front des Vosges à la gloire des troupes alpines.

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Les diables bleus comme ils ont été surnommés.

Une page sur l’Angleterre avec en haut…

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un bateleur sur Trafalgar Square à Londres qui harangue la foule et exhorte les jeunes gens à s’engager.

En bas,…

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le premier panneau certainement pour demander aux véhicules de ralentir à l’approche d’un hôpital. Celui de gauche demande à l’attelage de ralentir, celui de droite le remercie de l’avoir fait. La première version du petit bonhomme actuel du radar posé à l’entrée des villes qui fait la grimace pour les voitures qui vont trop vite et se met à sourire quand celles-ci ont passé en dessous du seuil maximum autorisé.

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Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 29 janvier 1916

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(JOUR 544 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Des troupes d’Afrique à la une de Sur le Vif cette semaine. Des tirailleurs africains, dans le Nord de la France posent avec leur gradé tandis que d’autres se reposent. Vues leurs tenues, la scène se déroule bien dans le Nord de la France ! Ou à Salonique.

Des photos de la guerre dans les Balkans avec la déroute des Serbes devant les troupes bulgares et allemandes…

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ce qui entraîne la fuite des populations civiles. Ici comme ailleurs, hier comme aujourd’hui, des vues de femmes et d’enfants dans des camps de réfugiés:

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Un camp de toiles de tente et des enfants y posant devant ou…

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des orphelins serbes arrivant à Marseille pour trouver de nouvelles familles.

Dans ce même secteur des Balkans, des prisonniers de guerre turcs qui doivent veiller à la propreté de leur camp…

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ou cette photo de comitadjis, ces partisans bulgares redoutés par les Serbes dont Albert Londres va parler plus tard, dans un livre paru en 1932.

Des photos originales… d’une messe en plein air dans le décor champêtre d’un bois en plein hiver:

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d’une caverne artificielle, ancienne carrière, devenue abri souterrain

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peut-être la fameuse caverne du Dragon (?) ou encore, ces canons factices allemands…

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destinés à tromper les aviateurs alliés.

Une photo du chanteur Fédor Chaliapine, le plus grand chanteur d’opéra de Russie qui ici vient égayer le quotidien des blessés de guerre dans un hôpital à Moscou:

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Fédor Chaliapine fut aussi acteur et dessinateur de talent. Il quitta la Russie Bolchévique en 1922 avec l’autorisation des autorités et… n’y revint plus ! Il résida en France et ses restes furent rapatriés en Russie en 1984.

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Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 22 janvier 1916

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(JOUR 537 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une tranchée française en Champagne où des hommes miment dans une position de tireur ou de guetteur. Rien de bien original si ce n’est la pelure de mouton de l’homme au premier plan, des caissons en bois pour protéger les tireurs, les entailles dans le côté de la tranchée pour faciliter l’installation de l’homme et tout devant, le départ d’une évacuation des eaux de pluie pour assécher le boyau. Du grand luxe ! On verra dans Le Miroir de demain que cela peut s’avérer très utile !

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A Salonique et dans la Balkans, c’est l’exode des populations civiles serbes, grecques et turques devant l’avance des armées bulgares et allemandes. On voit ces pauvres gens patauger dans la boue des chemins emportant sur des charrettes leurs biens qu’ils veulent sauver. L’hiver est terrible aussi car on imagine que leurs nuits se passent à la belle étoile.

La situation est beaucoup plus confortable pour ces troupes suisses, des Alpins à l’entraînement dans l’éventualité de la fin de la neutralité de leur pays:

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A noter que dans la légende, on écrit  les skis: skys ! Original !

Autres skieurs, Autrichiens ceux-là, qui se servent de leurs planches en bois pour construire des abris dans les Carpates:

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 Autre originalité, en Allemagne, on inaugure une statue géante d’Hindenburg dans le plus pur (futur-)style soviétique, sur la Koenigsplatz de Berlin.

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Statue en bois dans laquelle les berlinois peuvent venir planter un clou moyennant finance. Comme dans certains lieux de pèlerinage actuels tel Rocamadour !

En Allemagne, c’est également la chasse au cuivre, matière première qui fait cruellement défaut pour la confection des douilles d’obus, de balles.

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Sur cette image, on voit des enfants ramener des ustensiles de cuisine de leur famille, une collecte nullement caritative. On a déjà dit que cette carence en cuivre faisait que l’industrie de guerre allemande récupérait les douilles des obus tirés, empêchant tout artisanat de tranchées pour les Poilus allemands.

Une vue d’aviation déjà présentée il y a quelques semaines, celle d’un avion allemand abattu après un combat aérien.
L’engin est en miettes…

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et l’on expose les corps des malheureux aviateurs:

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Retour sur les conditions météorologiques très difficiles sur le front de l’est et du nord de la France avec des pluies importantes suivant un épisode neigeux. Comme on peut le voir…

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l’eau est partout et les hommes marchent dans de véritables marécages… glaciaux !

En quatrième de couverture, le canal de l’Yser en Belgique, avec…

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pour protection des arbres abattus et des sacs de sable. Dans ce secteur où l’eau est proche de la surface, creuser des tranchées doit être impossible et les défenses sont hors de terre.

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Une TABLETTE LUMINEUSE pour négatifs, positifs, diapositives, photos sur plaque de verre…

Un autre cadeau de cette fin d’année, une tablette lumineuse pour numériser les anciens négatifs…

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et quel travail à venir comme la numérisation des 450 plaques de verre sur l’Algérie et Laghouat, la porte du désert au début du XXème siècle (quelques unes présentées en fil rouge pendant l’été 2014 dans unmondedepapiers.com) ou encore les 5 000- 6 000 diapos originales retraçant la carrière du toréador nîmois Nimeno II alias Christian Montcouquiol prises par un amateur éclairé qui avait accès à la contre-piste. On en reparlera !

Ci-dessous, la numérisation de vues sur Laghouat, ville située en bordure du désert.

Première série avec des négatifs de paysages:

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et dans cette même série, 3 vues de la « patache », ce courrier reliant la ville au pays:

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Seconde série de positifs particulièrement animés…

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Arrivée du bataillon Bousquière 1908 (très pâle comme sur les plaques)

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Officiers visitant les abattoirs de la ville en 1907.

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Arrivée du capitaine Tesson en 1909 et départ en 1910.

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Arrivée des tirailleurs en 1906…

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les mêmes suivant le positionnement des plaques de verre par rapport à la lumière…

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idem…

Ce qui revient à dire qu’il y a des expériences à mener pour trouver la juste position pour les numérisations !

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