Archives de Tag: Première Guerre Mondiale

Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 24 février 1916

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(JOUR 570 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Un crime allemand de plus pour les rédacteurs du journal de cette semaine: l’incendie du bâtiment du Parlement canadien à Ottawa que l’on a imputé à des hommes des services secrets allemands. Cet événement date du 03 février dernier et, contrairement à ce que nous montre la photographie, le Palais a été entièrement détruit. Le feu avait pris dans la bibliothèque qui abritait plus de 100 000 ouvrages anciens. La responsabilité des Allemands n’a jamais été formellement prouvée. Le bâtiment réhabilité a réouvert ses portes le 26 février 1920.

En double page centrale, Metz et sa gare, sous toutes les coutures…

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Des vues de Metz et un texte rappelant l’investissement allemand dans la ville, surtout pour la défense des lieux contre les Français.

3 photos et 2/3 d’une page pour parler comme d’autres journaux des incidents de Lausanne…

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 sue l’on a déjà évoqué. Pas seulement les incidents mais aussi l’assassinat d’un dignitaire turc et la mise en service de la ligne ferrée Berlin-Breslau-Budapest-Sofia-Constantinople… qui ne servira pas longtemps.

Les obsèques des victimes du bombardement de Paris par un zeppelin:

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D’autres journaux l’ont déjà montré. Celui-ci parle de 100 000 personnes le long du cortège funèbre.

Comme pour se consoler de ce drame, La Guerre Photographiée a listé les Zeppelins détruits depuis le début du conflit:

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Pas moins de 24 dirigeables abattus depuis août 1914: 4 en 1014, 23 en 1015 et 1 en 1916. En dernier de cette énumération, le fameux L-19 perdu en mer du Nord dont la presse nous a parlé les jours derniers.

 A Lyon, un nouvel arrivage de blessés arrivant à la gare des Brotteaux à Lyon.

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Comme il y a quelques mois, ils sont en provenance des camps allemands ce qui va faciliter le retour à leur nouvelle existence.

Une page entière consacrée aux Chasseurs Alpins dans les Vosges.

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6 photos de groupes qui posent devant l’objectif, ce qui ne nous amène pas grand chose de la situation du secteur. Ces vues sont-elles de saison ou d’archives  ?

Pour terminer et comme on a pu le lire récemment, un portrait en buste de Guynemer, cet aviateur  que l’on nous présente comme un roi des airs avec ses nombreuses victoires dans les cieux:

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Georges Guynemer comptabilisait 5 victoires le 03 février dernier qui lui ont valu autant de citations écrites à gauche du portrait. Il était crédité de 53 victoires quand il fut abattu le 11 septembre 1917 dans des circonstances prêtant à confusion, officiellement abattu par un ennemi Kurt Wissemann qui connaîtra le même sort 17 jours plus tard. D’autres parlent d’un tir venu du no man’s land. L’avion de Guynemer s’abattit dans les lignes allemandes et l’aviateur sera inhumé avec respect et cérémonial  par les Allemands.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 20 février 1916

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(JOUR 566 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une prise d’arme présidée par le Général Gouraud, le glorieux mutilé de Gallipoli. Une scène du front occidental, qui ne doit pas être très récente.

Plusieurs vues en plusieurs endroits de la revue sur cette fameuse chute d’un Zeppelin en mer, le L-19 pour ne pas le citer !

Tout d’abord, le patron du navire de commerce qui le vit s’abîmer en mer…

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fit un croquis de la situation qu’il vécut:

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Ce dessin servit au dessinateur du Miroir, le célèbre Carrey dont on a déjà vu les oeuvres, pour nous présenter la scène avec tout le dramatique de la situation:

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Ce Zeppelin était dirigé par le commandant F. Wenk.

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Cette catastrophe fut largement exploitée par les médias alliés.

Pour continuer sur ce même sujet…

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les obsèques des victimes du passage du Zeppelin à Paris. Dans un premier temps, les journaux n’avaient parlé que de destructions… Il y eut finalement quelques malheureuses victimes.

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Les destructions (avec certainement des victimes) après l’attaque d’un Zeppelin allemand sur le camp retranché de Salonique.

Sur le front italien, les aviateurs ont forcé un appareil autrichien de bombardement à atterrir:

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Pas de dégât pour l’avion ni le pilote mais le bombardement n’a pas eu lieu et l’appareil a été capturé.

Scènes de désolation et de mort dans ces tranchées où se sont déroulés de violents combats en septembre puis en février:

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Il s’agit du secteur de Saules près d’Arras, de Lorette dans le Pas-de-Calais.

A Salonique, on nous présente les travaux défensifs pour protéger le camp retranché:

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Beaucoup de travaux et de terrassements sur la ligne de chemin de fer Salonique-Monastir.

Des terrassements de partout où la guerre fait rage. Une double page pour nous présenter les aménagements des abris des hommes dans les tranchées:

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ces cannas dans lesquels quelque peu d’humanité était re-créée !

Pour terminer, un portrait de l’aviateur Guynemer…

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un as des airs qui, à 21 ans, en est déjà à 7 victoires en duels singuliers.

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À LYON, une CARTE INDIVIDUELLE de PAIN à PRIX RÉDUIT en 1920

A la fin puis au sortir de la Grande Guerre, la Mairie lyonnaise d’Edouard Herriot mit en place un certain nombre de mesures pour aider la population et en particulier mis en place des cartes de ravitaillement sur le sucre, le pain, le charbon. On l’a vu dans des articles précédents qui présentaient ces cartes.

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Voici une carte instaurée dans le même ordre d’esprit d’aide aux nécessiteux: une CARTE INDIVIDUELLE DE PAIN À PRIX RÉDUIT.

Pas tout à fait une carte de rationnement, plutôt une carte de prioritaire. En quatrième page, on nous indique qui va pouvoir bénéficier de pain à prix réduit.

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Il s’agit des chefs de famille ayant au moins 3 enfants en charge, enfants de moins de 16 ans; les femmes ayant au moins 2 enfants en charge des mêmes âges; les invalides de guerre avec une pension au moins 50% et les vieillards, infirmes et incurables. Soit certainement pas mal de personnes à l’époque.

Il faut dire que le prix du pain doit avoir considérablement augmenté, la farine devenant comme le sucre ou le charbon, une matière rare donc chère.

Comme on le voit avec les tickets restant à l’intérieur de la carte…

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la propriétaire de la carte ne s’en ait plus servi à partir du 30 avril 1920, le rationnement du pain ayant dû cesser à cette date-là.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 17 février 1916

 

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(JOUR 563 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Sur la couverture, des navires de guerre au large du camp retranché de Salonique. Ils veillent nous dit-on sur la position franco-britannique. Il faut dire que le ravitaillement par mer est vital pour les opérations dans les Balkans.

Encore des vues du passage du Zeppelin au-dessus de Paris et des destructions causées par le bombardement.

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Alors que dans un premier temps, la presse n’avait pas fait état de décès après cette attaque, voilà qu’on apprend qu’un brigadier a été tué dans la maison de gauche ! A suivre dans Le Miroir de cette semaine.

Un tirailleur sénégalais en train de nettoyer sa baïonnette…

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et cette légende… DSCN0487 dans le plus pur style « Banania ».

Une autre vue d’un dignitaire africain recevant la Croix de la Légion d’Honneur aux Invalides:

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Il s’agit comme le dit la légende du fils du roi de Nalous, le lieutenant Dinah Salifou. Il s’agit d’Ibrahima qui fit ses études à Alger. Pour mieux connaître le destin tragique du roi de Nalous, lire:

http://kababachir.com/2014/10/04/dinah-salifou-roi-nalous/

Une série de 3 vues de prisonniers allemands en France:

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En haut dans une ferme de Bretagne, au milieu corvée de lavage de linge et en bas le travail du bois dans un  massif français.

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Des vues d’Alsace, pour faire comprendre aux lecteurs que le re-conquête est en cours. Un train à voie métrique, une vue du col du Bonhomme vers Sainte-Marie-aux-Mines et cet hôtel du Lac Blanc dont le tenancier et son fils furent fusillés par les Français pour intelligence avec l’ennemi.

Parlant de train, en voici un qui transporte des canons pour le front (en bas)…

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mais protégé lui-même par un imposant canon de 155.

Pour terminer, sur ce thème des canons, un télémètre pour régler le tir et affiner les impacts:

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RATIONNEMENT après la GRANDE GUERRE: le SUCRE manque à LYON

La même carte de rationnement que celle présentée il y a quelques jours: une CARTE INDIVIDUELLE D’ALIMENTATION

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Seule différence des J aux 4 angles des pages de couverture ont remplacé des A. Elle est destinée à des jeunes, des moins de 16 ans qui n’ont pas les mêmes besoins que les plus âgés. Pourtant, la quantité de sucre, car c’est le sucre qui manque beaucoup à l’époque, est la même que pour la carte A: 750 grammes par mois soit 25 grammes par jour. On en consomme beaucoup moins de nos jours en tant que petits dominos mais certainement beaucoup plus avec les sucres cachés de l’alimentation préparée.

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Les tampons de la quatrième de couverture font apparaître les mots CHARBON et SUCRE comme sur la carte A mais également PAIN, le blé manquant aussi à  la fin de la Grande Guerre.

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A suivre bientôt d’autres cartes de rationnement datant de la Première Guerre Mondiale.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 13 février 1916

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(JOUR 559 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

A la une, des soldats tchèques à l’honneur avec cette remise de médailles pour leurs faits d’armes lors de la bataille de Champagne. Ces combattants tchèques sont engagés dans la Légion Etrangère.

Une famille rémoise pose avec les masques à gaz que l’autorité militaire française leur a procuré.

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Lunettes pour protéger les yeux et gros tampon d’ouate pour filtrer les gaz. Pas le top mais la preuve pour le lectorat que l’armée s’occupe aussi de la santé des populations civiles.

Tout d’abord, une offensive allemande du côté de Givenchy le 27 janvier 1916.

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Deux photos prises sur le vif avec des Allemands surgissant de leur tranchée en haut et des Français qui viennent réoccuper des territoires perdus dans la première offensive. La qualité de l’image accrédite de vraies images de guerre. Givenchy-sur-Gohelle  est une commune proche de Lens, en direction d’Arras. C’est sur son territoire que se trouve le Mémorial canadien de Vimy. Mais les combats et les victimes qu’honore ce monument, ce sera pour l’année prochaine !

Un petit tour d’Europe (et même du monde) à travers les images qui suivent.

Tout d’abord, sous le titre Les survivants de l’Emdem à Constantinople, Le miroir raconte à ses lecteurs une histoire qui s’est passées… le 23 mai 1915. Quelques dates et quelques repères auraient certainement aidé les lecteurs en 1916… comme en 2016 !

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Il s’agit d’un petit navire de guerre allemand, le SMS Emdem qui causa pas mal de tracas aux marines alliés dans l’Océan Indien et au large de l’Australie. Il fut coulé par les Australiens vers les îles Coco le 9 novembre 1914. Ses survivants partirent sur un navire de commerce le 27 novembre 1914 pour atteindre Constantinople le 23 mai 1915 après un périple maritime puis à travers le désert à partir du Yémen. Une vraie histoire pour le cinéma !

Toujours dans le monde ottoman, cette page nous explique que des soldats et officiers turcs acceptent de plus en plus difficilement à obéir aux ordres de leurs instructeurs allemands.

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Ici, après des mouvements d’insubordination, les Turcs rejoignent une caserne disciplinaire de Matchka après leurs condamnations.

En Suisse, en Lausanne, ce sont des mouvements anti-allemands qui ont secoué la ville…

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suite à la provocation allemande d’avoir pavoisé le consulat allemand le jour de l’anniversaire de l’Empereur Guillaume II. Un militant francophile Marcel Hunziker l’arrache et c’est le début de manifestations hostiles au Reich. Il faut dire que la Suisse est partagée entre courants germanophiles et courants francophiles. Cela se passait le 27 janvier 1916.

Au Luxembourg, d’autres manifestations francophiles, chez les mineurs d’Esch-sur-Azette particulièrement:

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Enfin, à Marseille, ce sont des travailleurs annamites qui arrivent en bateau pour venir travailler dans des usines affectées à la Défense Nationale.

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Outre des Annamites, des Chinois vinrent aussi travailler et certains mourir bien loin de chez eux, au Havre, à Brest ou à Marseille, comme coolies pour décharger les bateaux. Il existe des tombes chinoises près de la colonne de Mazargues, à Marseille. Décidément, cette guerre est vraiment mondiale même si les combats furent localisés dans quelques régions bien précises.

La « visite » des lieux de Paris qui furent bombardés le 29 janvier par un Zeppelin. Une double page avec quelques  16 photos pour montrer ces destructions d’habitations parisiennes qui ne firent heureusement pas de victimes.

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Le Zeppelin fut poursuivi par un avion français pendant 2 heures. Mais le brouillard et la nuit aidèrent le fuyard.

Le fameux trou du Métro qu’a réussi à faire ce bombardement de Paris.

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Même le Président de la République Poincaré vient se rendre compte des dégâts !

Pour terminer, des photos de routes pratiquement impraticables et comme le dit le titre, transformées en marécages.

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Nous sommes dans le secteur du Linge, dans les Vosges. Cet hiver 1915-16 fut décidément froid et humide.

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Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 12 février 1916

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(JOUR 558 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Sur la une de ce numéro en piteux état, les soldats russes sur le front de l’est essaient de résister au froid. Au second plan, un homme manifestement mort. La légende parle que les hommes résistent victorieusement au froid et peuvent dormir sur la neige. Alors mort ou endormi ?

En seconde de couverture, on reste en Russie avec la tsarine et 2 de ses filles déguisées en infirmières dans une salle d’opération:

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soit, de plus près:

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Une belle photo, une belle histoire mais difficile à y croire !

On retrouve ces soldats permissionnaires à Paris dont la presse a déjà parlé, qui ne peuvent se rendre chez eux car leur région est occupée par les Allemands et que l’Armée promène en autocar touristique.

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Exactement la même vue que dans La Guerre Photographiée.

Pour rester dans le domaine de la santé et de l’aide aux blessés, des ambulances un peu particulières  adaptées au terrain:

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un wagonnet-ambulance sur rail pour évacuer 4 blessés en douceur, beaucoup plus confortablement q’en charrette sur des chemins caillouteux. Encore faut-il qu’il y ait des rails près du front et que l’artillerie adverse ne bouleverse pas le terrain. Trop aléatoire.

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Dans les Vosges, un traîneau-ambulance tiré par un équidé. Là aussi un transport plus doux que d’ordinaire.

Deux vues panoramiques de tranchées dont on voit les zig-zags depuis une colline dominant les lieux.

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Sur la seconde photo, on aperçoit au loin la fumée de l’explosion d’un obus. Les lieux comme la date de ces photos ne sont nullement mentionnés.

Dans les Balkans, des combats dans la Montagne Noire, en Macédoine.

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Pour terminer, les dégâts occasionnés par le passage d’un Zeppelin au-dessus de Paris avec des destructions sur des bâtiments…

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et sur les arbres (photo de droite)…

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mais aussi une bombe qui a troué la voûte du Métro laissant un important cratère:

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Cet évènement et ce trou original seront repris dans d’autres médias, on le verra bientôt. Cette attaque date du 29 janvier 1916.

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La correspondance du Poilu Grenoblois- Lettre du 05 septembre 1914.

Nouvelle lettre du Poilu grenoblois Pierre Gautier en date du samedi 5 septembre 1914. Nous sommes en pleine bataille de la Marne. Le soldat écrit sur une petite lettre à l’encre violette, lettre dont le tour est gommé pour pouvoir être collée, lettre plus courte qu’à l’accoutumée.

Mes chers parents.

J’étais encore endormi quand Setallier m’a donné une carte de Gap du 29 août et une carte de Marguerite. Depuis samedi, nous sommes dans le même village en nous déplaçant chaque jour très peu et dans tous les sens. Mais c’est la nuit surtout que nous faisons le plus gros travail. Les obus ont réussi à nous déloger du pays, nous avons emballé notre cantonnement sur la voie du chemin de fer derrière un talus protecteur. C’est dans des abris construits par nous que nous couchons maintenant et depuis deux jours, notre compagnie a eu plusieurs blessés. Les Grenoblois vont bien. Le beau temps continue à nous encourager, la santé est bonne et la nourriture abondante. DSCN0254Comme en guerre nous avons des privations mais c’est tout de même malheureux de voir des paysans et en particulier le maire de la commune demander 2 francs pour un litre de vin et 10 francs pour un litre d’eau de vie. C’est paraît-il une grande faveur qu’ils nous font et les caves sont pleines ! Nous ne pouvons leur souhaiter qu’une seule chose: l’envahissement de ce village par les Allemands. Impossible de trouver lait, oeufs, vin, etc… Nous préférons nous priver plutôt que de nous laisser exploiter, à notre retour, nous aurons le temps de nous rattraper.

Setallier et Petut écrivent à leurs parents, ils vont bien.

Les aviateurs allemands nous ennuient journellement par leurs reconnaissances trop fréquentes. Enfin, voilà bientôt un mois que nous sommes continuellement en lutte, les hommes commencent à être fatigués et très énervés par le bruit de ces canons qui tonnent jour et nuit !

Avez-vous vu mes deux dernières lettres ?  Vous n’avez reçu jusqu’à présent que peu de nouvelles. Les premiers jours, j’étais tellement fatigué que souvent, je négligeais d’écrire. Avec ça, la correspondance marche lentement, le retard est long à rattraper. Je vous promets de vous écrire plus souvent, mais tranquillisez-vous sur mon sort, je m’ennuie que peu. Mais les pères de famille sont plus à plaindre et ils sont nombreux dans notre compagnie ! Je me console en recevant de vos nouvelles et en pensant aux bons moments que je passerais avec vous à mon retour. 

DSCN0253La fatigue de la petite Andrée m’ennuie beaucoup, souhaitons son prompt rétablissement pour le bonheur de tous !

Depuis 2 jours nous sommes sans nouvelles sur la marche de nos armées. Nous sommes inquiets et je vous souhaite d’être plus favorisés. 

Avec ces déplacements fréquents, les services sont moins réguliers. Depuis 2 jours, les lettres n’ont pas été ramassées.

Recevez chers parents et chère famille les baisers de votre fils qui ne vous oublie pas.

Pierre  Gautier fils 

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 10 février 1916

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(JOUR 556 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une bien triste photographie en couverture que cette cérémonie qu’on imagine dans un froid humide et sombre d’une matinée couverte à Lyon, sur le cours du Midi, le bien mal nommé en l’occasion. Une remise de décoration à un petit enfant, fils d’un Poilu tué au front, pour son père, devant sa mère, veuve sous un habit noir de rigueur qu’elle ne quittera certainement pas de sa vie. Quelle tristesse !

Comme les noms des Poilus est mentionné dans le légende, voici les fiches matricules telles qu’on peut les lire dans le site Mémoire des Hommes. Il s’agit donc…

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de la femme et enfant de Marie Jean-Baptiste Parizet, mort le 20 septembre 1914 dans l’Oise et…

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de la famille d’Henri Jules Perrotin, capitaine mort le 31 octobre 1914 dans l’hôpital de Commercy des suites de blessures de guerre.

La Guerre Photographiée a bien pris des faits réels pour sa une. La ville de Lyon alla jusqu’à éditer des souvenirs individualisés en l’honneur des soldats locaux morts pour la France.

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Toujours à Lyon, une page pour nous montrer les souverains monténégrins réfugiés dans la ville:

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Il n’y a pas les puissants mais de simples soldats sont aussi accueillis dans une caserne lyonnaise.

Une promenade de soldats au repos à Paris. Ces hommes ne peuvent rentrer chez eux car ils vivent dans des régions occupées par les Allemands. Hébergés à Paris dans une caserne on les promène en voiture pour les photographes et pour les distraire.

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On la reverra dans d’autres revues. Une photo quasi touristique…

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celle du Lac Noir dans les Vosges, un Lac Noir où les Alpins ont construit un pont sur le déversoir…

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La guerre est partout !

Des soldats de différentes armes sur le « Duguy-Trouin », un paquebot devenu navire hôpital. Ils fraternisent nous dit le commentaire. Il ne manquerait plus qu’ils en viennent aux mains !

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Un dessin humoristique au service de la propagande officielle…

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avec des Poilus français et des prisonniers allemands. La caricature sortit lessivée et décrédibilisée de la guerre car elle servit les pouvoirs en place pour leur propagande. Ce fut le cas dans nombre de guerres et les dictatures exercent aussi la censure à l’encontre des dessinateurs. Pour ces derniers, pour survivre, soit ils collaborent au système, soit ils cessent de vivre de leur art. N’oublions pas que le Canard enchaîné est né pendant la première guerre mondiale, en réaction à la censure et à une information complètement aux mains des gouvernants.

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RATIONNEMENT pendant la GRANDE GUERRE: une CARTE INDIVIDUELLE D’ALIMENTATION…

Il n’est pas rare de trouver dans les vide-greniers des cartes de rationnement qui avaient cours pendant la Seconde Guerre Mondiale et les années qui suivirent. On en trouve aussi dans les affaires des anciens et je vous en présenterai dans quelques temps pour ma famille proche. A cette époque, TOUT manquait !

Plus rares car plus reculées dans le temps à une moment où l’exode rural ne venait que juste de commencer, les cartes de rationnement datant de la Première Guerre Mondiale ! En voilà 2 datant de 1920 et distribuées à Lyon, présentées ici et plus tard.

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Deux considérations avant d’aller plus loin.

La France de 1914-18 n’était pas complètement occupée et sous le joug ennemi (allemand). Donc la production française dans les territoires éloignés du front bénéficiait totalement à la France, ce qui ne fut pas le cas 20 ans plus tard, les occupants se servant de celle-ci pour leurs besoins.

La France de 1914-18 était beaucoup plus rurale qu’en 1940 et la production locale auto-suffisait plus facilement au ravitaillement des gens habitant en marge des grands agglomérations.

Toutefois, on le lit très bien sur la quatrième de couverture de cette carte de rationnement, 2 matières premières vitales (ou considérées comme telles) manquaient à la France des grandes villes:

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le SUCRE et le CHARBON.

 Pourquoi ? Car ces deux produits venaient en grande partie des régions sous la botte allemande ou proche du front. Les champs de betteraves du nord et l’est de la France étaient dévastés par la guerre et les combats. Nombre de sucreries avec leurs grandes cheminées étaient détruites. Car le sucre utilisé à l’époque était du sucre de betterave plus que du sucre de canne. Les Antilles étaient loin et les sous-marins allemands redoutables !

Quant au charbon, les mines des bassins du Nord de la France comme celles de l’Est étaient sous le joug allemand ou sur la ligne de front et ne bénéficiaient à personne car bien  des infrastructures  étaient à reconstruire. Ce seront les réparations des dommages de guerre que devront verser les vaincus aux vainqueurs, clauses prévues par le Traité de Versailles qui s’en chargeront.

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Voici donc l’intérieur de cette carte avec les coupons du dernier trimestre 1920 qui n’ont pas été utilisés. La crise du sucre était certainement terminée dans l’agglomération lyonnaise… Pas dans l’esprit des gens car, par la suite, à chaque crise internationale importante, le sucre était dévalisé des magasins. Ainsi dans les années 70, la guerre du Kippour avec son choc pétrolier eut pour conséquence  des rayons « sucre » de supermarchés français faisant grise mine, alors que, logiquement, c’était plutôt l’essence qui était susceptible de manquer !

La carte présentée ci-dessus était une carte adulte (les A des angles) valable dans l’agglomération lyonnaise.

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