Archives de Tag: Première Guerre Mondiale

Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 2 janvier 1916

DSCN2522

(JOUR 517 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Les obsèques d’un commandant serbe. Manifestement cette photo ne date pas d’hier, mais de l’été dernier comme en atteste la végétation qui n’a rien d’hivernale, un hiver particulièrement rude dans les Balkans.

Un front sur lequel les Serbes reculent comme en atteste ces 2 pages.

DSCN2524

Ici aussi, la vue de la page de gauche, en bas, semble aussi être particulièrement estivale !

Original ! Dans les régions occupées, les Allemands constituent des fichiers anthropométriques et dans ce but, photographient les habitants de celles-ci.

DSCN2526

Mêmes les soeurs de Saint-Vincent de Paul passent par cette obligation administrative militaire.

DSCN2525

Du côté de la presqu’île de Gallipoli, Turcs comme Australiens se sont accordés pour une trêve qui leur permettra de ramasser leurs morts.

DSCN2527

Le retrait des Britanniques de la presqu’île leur permet de renforcer la défense de l’Egypte comme on le voit sur cette vue des troupes amassées de l’autre côté du canal de Suez.

DSCN2529

Un feu d’artifice ?

DSCN2530

Non, des clichés obtenus mettant en pose les appareils photo pendant plusieurs minutes sur le front. On y voit les fusées éclairantes illuminant le ciel.

Un concert près du front…

DSCN2531

interrompu par l’éclatement proche d’un obus.

Deux photos de prisonniers français:

DSCN2532

A gauche, la punition du « poteau » dont on déjà parlé il y a peu. A droite, d’autres prisonniers déchargent des sacs postaux remplis de lettres et colis qui arrivent par milliers.

Enfin, ce numéro du Miroir contenait une feuille intitulée « Lettres à tous les français ».

DSCN2523

Patience, Effort, Confiance, tel est le titre de ce propos appelant les gens à continuer de supporter les souffrances de cette guerre qui date depuis maintenant depuis 17 mois alors qu’on prévoyait que tout serait réglé en 3 mois.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: J’AI VU du 01er janvier 1916

DSCN2513

(JOUR 516 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La une montre le vieux roi de Serbie Pierre 1er qui monte sur son cheval. Malgré le fait d’avoir laissé son trône à son fils, il est toujours présent au plus près de la guerre dans l’adversité et est surnommé « Oncle Pierre » par son peuple.

DSCN2514

Une page consacrée à l’expédition en Serbie avec en haut des infirmières et des soldats dans le camp de Zeitenlik. En bas à droite, un groupe de combattants représentant Français, Serbes, Britanniques et Grecs. A gauche et en bas à gauche, les gorges de Guevgheli par où vont se retirer les troupes aliées. Au centre, une maison paysanne locale.

Cette autre photo montre toutes les difficultés des troupes françaises dans cette région avec à des problèmes de langue s’ajoutant à des populations qui ne coopèrent pas autant qu’espéré.

DSCN2515

Entre désinvolture et soutien aux Turcs pour beaucoup d’origine ottomane. Il ne faut pas oublier que Salonique ne vient devenir Grec que récemment.

Un plan du golfe de Salonique pour permettre aux lecteurs de comprendre ce qui leur est raconté…

DSCN2516

mais où le rédacteur a oublié de placer le camp retranché de Zeitenlik !

Une photo nous rappelle que la bataille continue dans la presqu’île de Gallipoli.

DSCN2517

L’explosion d’une mine devant Seddul-Bahr. On nous dit quelques mots de l’évacuation de Suvla mais on nous assure que le front est bien tenu au bout de la presqu’île… alors que nous sommes à 7 jours de l’abandon définitif des lieux (suivant la chronologie de la guerre) !

Retour en métropole avec la neige dans les Vosges rendant la vie difficile pour les combattants.

DSCN2521

Metzeral le Linge, l’Hartmannweilerkopf, autant de lieux où la bataille continue sous la neige.

DSCN2518Le problème du charbon dont les mines de l’est et du nord de la France qui sont sous contrôle allemand. On a vu dans La Guerre Photographiée du charbon arrivant au port de la Croix Rousse à Lyon, un dessin nous montre l’arrivée du minerai gallois au Havre où le problème de la main d’oeuvre (les hommes sont au front) a été réglé par des pelles mécaniques. On sait aussi qu’on a fait venir des coolies de Chine avec par exemple ces tombes chinoises au cimetière de Mazargues (Marseille) datant de cette époque.

La cathédrale d’Amiens a été protégée des obus allemands par de véritables murs de sacs de sables, dans l’espoir qu’elle ne connaisse pas le même sort que celle de Reims.

DSCN2519

Enfin, en ce début d’année 1916, en cette période des étrennes, J’ai Vu n’hésite à faire de la publicité pour ses publications relatives à l’histoire de ces 2 premières années de guerre.

DSCN2520

Des ouvrages que l’on retrouve quelquefois 100 ans plus tard sur les vide-greniers et autres Emmaüs.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 1er janvier 1916

DSCN2499

(JOUR 516 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La psychose de l’espion allemand qui vient sur le sol américain pour détruire, attenter aux usines d’armements qui travaillent pour les Britanniques et les Français ou s’en prendre aux navires qui transportent le matériel. La une nous montre l’arrestation d’un espion. Ici c’est un espion déguisé en ouvrier qui s’apprêtait à mettre une bombe dans un navire transportant des munitions. Un siècle plus tard, on appellerait cette personne un terroriste…

Une double page pour expliquer cela:

DSCN2508

Le jugement d’espions allemands coupables d’une attaque menée contre une usine d’armement.

DSCN2510

Une usine d’armement particulièrement visée: la fabrique Remington qui travaille pour les Alliés.

DSCN2509

La véritable valise de l’espion aux Etats-Unis, tout pour passer inaperçu et pour fabriquer des bombes.

DSCN2511

La surveillance des tonneaux avant leur embarquement sur un cargo.

Les adversaires et les méthodes changent mais le problème est le même 100 ans après !

Une autre vue de cet avion (un Caudron) exposé dans la cour de l’hôtel des Invalides:

DSCN2500

La légende nous parle de la seule-femme soldat de l’Armée française

DSCN2503

et il s’agit d’une Marocaine, Mme Fatima, qui, armée, suit au combat les intrépides tirailleurs marocains. Mais pourquoi donc une femme dans cette unité ? On en parle dans ce site: http://httpdupuyblogspotcom.unblog.fr/2014/02/02/larmee-dafrique-pendant-la-guerre-14-18-suite-2/ sans donner beaucoup de détails.

La guerre en Serbie avec 2 vues sur une page:

DSCN2504

En haut, un abri creusé dans le sol et caché par la végétation. Là encore face au déluge d’acier, les hommes s’enterrent.

En bas, les Français viennent de s’installer dans une tranchée conquise aux Bulgares.

La guerre dans les Vosges, dans les sous-bois et les pentes rudes:

DSCN2505

4 vues montrant un canon de 65, le travail des Territoriaux en seconde ligne, une mitrailleuse en place, le transport difficile d’un blessé.

De nouvelles armes:

DSCN2506

Un fusil à périscope pour éviter de se montrer, en haut et une catapulte lance-grenades qui demande pas mal de dextérité, en bas.

Enfin, un journal aborde le rôle essentiel du rail dans l’approvisionnement en hommes et matériel des premières lignes.

DSCN2507

Un rail qui avait un rôle encore plus important du côté allemand où les rails arrivaient au plus près des lignes.

En avant-dernière page, Sur le Vif propose un numéro spécial de la revue consacré aux Chansons des poilus. Et cela sur une page entière !

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 30 décembre 1915

DSCN2461

(JOUR 514 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une couverture légère avec cette photo du coiffeur-barbier à l’arrière, peut-être un ancien mécanicien ou horticulteur, installé dans un camion où les clients sont assis sur des bidons d’essence. Son nom: Salon de Tonsure. Et la présence de l’auteur Ergé à droite dont le nom sera moins retenu que celui du père de Tintin.

Un numéro sans grande ligne directrice mais quelques vues inyéressantes.

DSCN2462

Une remise de décoration dans les Vosges où l’on voit que le mauvais temps s’est installé.

DSCN2463

Une page avec 4 photos d’un orphelinat à Saint-Jean-Cap-Ferrat, bien loin de la guerre.

DSCN2464

Des destructions, celles du village de Xivray-en-Woëvre, de son vrai nom Xivray-Marvoisin, détruit à 100% au début de la guerre.

DSCN2465

Un coin de repos des Poilus que ce bistrot pompeusement appelé « Hôtel du Crapaud faisandé ».

DSCN2466

Un avion type Caudron dans la cour des Invalides, présenté au public. Cet appareil a vu un de ses moteurs touché par un obus allemand mais a pu se poser sans dommage pour les hommes.

Pour terminer, sous le titre Du charbon pour l’Armée de jolis tas de charbon près de la gare de la Croix-Rousse…

DSCN2467

sur lesquels s’activent des centaines de soldats, certainement des Territoriaux.

DSCN2468

Le charbon était vital puisqu’il représentait l’énergie principale de l’époque. Mais les mines du nord était bien souvent derrière les lignes allemandes… et les puits souvent détruits.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: une autre lettre d’un POILU GRENOBLOIS à ses PARENTS.

DSCN2399

Chers parents.

Je suis absolument navré. Entre hier et aujourd’hui je n’ai pas trouvé le temps de faire trois lettres que je devais expédier demain matin: vous savez lesquelles !

Je sais bien que vous vous rendez parfaitement compte de notre situation  mais tout de même, j’aurais été content de pouvoir faire ce que je m’étais proposé. Demain vous aurez la lettre promise, celle-ci ne compte pas, c’est simplement pour ne pas vous laisser dans l’inquiétude !

Si mon camarade Challon est arrivé à Grenoble comme il le pensait, en ce moment, vous devez avoir mon petit envoi.

Rassurez-vous tout à fait. J’ai le plaisir de vous annoncer que depuis mon entrevue avec le Capitaine Rivoire, tout va pour le mieux. Je suis très content et ne désire qu’une chose: rester ici le plus longtemps possible.

Chaque jour, j’ai un ou deux malades à conduire à la visite. Aussi, depuis que je m’en occupe, je n’ai plus eu de temps disponible. Ce n’est pas un travail, une aimable corvée qui dure généralement toute la matinée ! Nous devons être présents dès le commencement  et naturellement, nous passons en dernier lieu. Tous mes après-midi sont consacrés à mes dessins auxquels je m’intéresse plus qu’avant. Vous comprenez pourquoi. J’ai demandé au Capitaine Rivoire toutes les explications complémentaires. Mon chef a compris qu’il valait mieux me laisser travailler à ma façon. Je n’aime pas recommencer plusieurs fois. Je suis toujours très content de recevoir de vos nouvelles, mais au cos où Maman manquerait d’écrire comme l’autre jour. Je ne voudrais pas qu’elle se tourmente pour cela. Nous avons tous des soucis trop grands pour attacher de l’importance à si peu de chose. En attendant ma prochaine lettre, je vous demande de vouloir bien accepter ces quelques mots et tous les baisers qui les accompagne. 

Mes amitiés à tous,

votre fils

Pierre

PS J’ai reçu le 28 −1 lettre de Maman le 21

                                    −1 lettre de Tante Marie le 26

                                     -1 lettre Zizi le 24

                        le 29- 1 lettre de René Desrayaud

DSCN2400

Poster un commentaire

Classé dans Vieux papiers

Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 26 décembre 1915

DSCN2446

(JOUR 510 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une vue d’un camp de prisonniers français en Allemagne. On y voit des indisciplinés (un Russe à gauche, un Français à droite) attachés à un arbre comme punition. On nous précise qu’ils restent ainsi attachés plusieurs heures, quel que soit le temps. Mais la photo semble si débonnaire qu’on a du mal à croire au tragique que peuvent présenter de telles scènes… quand elles sont réelles !

La suite du Miroir nous emmène à Salonique à l’instar de J’ai vu hier. Des vues du camp de Zeitenlick (ici appelé Zeinitlik) où les avions français côtoient les réfugiés serbes.

DSCN2447

Plusieurs pages sont consacrées à cette expédition d’Orient et de l’avancée des troupes en Macédoine, en aide aux Serbes et Macédoniens en déroute.

DSCN2448 DSCN2449 DSCN2450 DSCN2451 DSCN2454

Des Français, des Serbes, des Britanniques en retraite devant les Allemands, Bulgares à Vardar, à Doiran ou dans les gorges du Rajec… Une campagne d’Orient bien mal engagée.

En Champagne, en double page centrale cette vue…

DSCN2452

des blessés français côtoient des prisonniers allemands valides dans leur marche vers l’arrière, pour l’ambulance pour les uns, la captivité pour les autres.

Pour ce soldat allemand retrouvé une année après sa mort, c’est à une sépulture digne qu’il aura droit:

DSCN2453

Plus légères, ces vues d’une DCA avant l’heure avec des mitrailleuses tournées vers le ciel prêtes à tirer sur d’éventuels avions allemands…

DSCN2455

ou ce fortin autrichien repris par les Italiens, le fort du Pozzacchio:

DSCN2456

La Guerre Photographiée d’il y a 3 jours en a fait sa une, Le Miroir en parle sur une page illustrée de 6 photos: la chasse aux rats !

DSCN2457

avec des tableaux de chasse impressionnants:

DSCN2458 DSCN2459

Pour terminer ce petit tour du Miroir du 26 décembre 1916, un peu d’auto-publicité que cette vue de soldat au front lisant Le Miroir à un moment de repos.

DSCN2460

Un Miroir qui date toutefois du 19 septembre 1915, plus de 3 mois avant la publication de la photo. Mais… c’est loin, la Russie !

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: J’AI VU du 25 décembre 1915

DSCN2406

(JOUR 509 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Un numéro spécial de J’ai vu pour présenter l’intervention alliée dans les Balkans, à Salonique. On ne parle presque plus de Gallipoli que les troupes s’apprêtent à quitter. On se concentre sur l’intervention montée pour venir en aide aux Serbes dans les Balkans, à partir du camp retranché de Salonique. Pour commencer une carte de Salonique…

DSCN2411

et pour continuer une autre carte plus générale de Salonique jusqu’au front serbe, à travers la Grèce jusqu’à ce jour neutre.

DSCN2412

Sur la couverture, on voit le général Sarrail débarquer dans un canot à vapeur. Mais on débarque aussi des hommes…

DSCN2413

et des munitions en quantité. Certaines viennent d’ailleurs de l’évacuation de Gallipoli.

DSCN2410

Le souk de Salonique…

DSCN2414

car la ville n’a retrouvé la Grèce que depuis quelques mois. Reprise à la Turquie (à l’Empire Ottoman) une partie importante de la population a traversé le détroit pour s’installer à Constantinople.

Les hommes et le matériel débarqués se regroupent dans le camp de Zeitenlick situé au proche nord-ouest de la ville portuaire. Une photo en double page centrale nous fait découvrir ce lieu:

DSCN2415

une plaine malsaine, désertique, semi-marécageuse, bossuée et sans aucun arbre (http://84eri.canalblog.com/archives/2007/04/24/4728348.html). Dans ce camp, on y retrouve…

DSCN2417

des réfugiés serbes…

DSCN2419

des hommes faisant la chaîne pour préparer la défense du camp retranché…

DSCN2420

d’autres hommes jouant au « saucisson vadrouilleur » (??? !!!)…

DSCN2418

un camp d’aviateurs…

DSCN2421

et des montagnes de munitions qu’on a vu débarquer plus haut.

Les Britanniques sont également présents, en nombre (près de 90 000) commandés par le général Munro.

DSCN2422

Beaucoup reviennent de Gallipoli.

Non loin de là, la vie continue, une vie pastorale… La Paix.

DSCN2423

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 25 décembre 1915

DSCN2431

(JOUR 509 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Pour un journal publié le jour de Noël, une couverture peu ragoûtante avec les photos de « prises de guerre » de Poilus dans les tranchées: des rats, des guirlandes de rats !

DSCN2432 DSCN2433

On retrouvera des scènes semblables dans le Miroir de demain !

Des vues déjà montrées ailleurs:

DSCN2434

un abri déjà photographié à de nombreuses reprises…

DSCN2435

ou cette remise de médailles publiée dans la Guerre Photographiée d’avant-hier avec Mlle Moreau, l’héroïne de Loos.

DSCN2436

Un cadavre allemand abandonné dans des fils de fer barbelés. Une scène également déjà présentée même s’il ne s’agit pas exactement de cette photo.

La neige est arrivée dans les Vosges, pas en abondance mais suffisamment pour faire souffrir les hommes qui passent leur vie dehors, sans chauffage.

DSCN2437

les gradés supervisent le front avant d’aller se réchauffer tandis que…

DSCN2438

les hommes doivent user d’artifices pour ne se protéger. Et que dire des conditions nocturnes !

DSCN2439

Certains abris son confortables mais ce sont des exceptions.

Manifestement, c’est le sujet de la semaine, cette offensive de l’hiver. Une autre page montre des vues hivernales tandis qu’on comprend qu’il n’y a pas que les hommes qui souffrent du froid.

DSCN2444 DSCN2445

Le matériel automobile se teste aussi dans des conditions extrêmes.

Sur le front russe, c’est également la même chose:

DSCN2441

l’offensive de l’hiver et du froid.

Ce n’est pas le cas en Italie dans les Dolomites…

DSCN2440

mais ne s’agit-il pas de photos prises il y a quelques semaines.

Enfin, dans une tranchée, une arme nouvelle:

DSCN2442

une batterie de crapouillots qui lance des bombes à de courtes distances. Une arme redoutable car bien plus précise que l’artillerie classique.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 23 décembre 1915

DSCN2424

(JOUR 507 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une photo d’une statue du tsar russe Alexandre II qui donna son indépendance à une partie de la Bulgarie à la fin du XIXème siècle. Pourquoi cette photo ? Pour reprocher à l’actuel roi de Bulgarie sa « félonie » et son renversement d’alliance en 1915, un roi Ferdinand qui se fait aussi appeler tsar depuis qu’il a institué un régime autoritaire à Sofia.

DSCN2430

Des troupes russes au repos, des troupes russes dont le journaliste écrivant la légende de la photo reconnaît à postériori les armements rudimentaires, principalement au début de la guerre.

 4 vues d’hommes dans les tranchées et les abris, d’une guerre bien tranquille semble-t-il…

DSCN2425

avec comme il est dit des tranchées faites avec le confort maximum. L’Histoire retiendra autre chose. Des tranchées où quelquefois…

DSCN2427

il faut pomper comme les Shadocks pour enlever l’eau !

Des tranchées proches de villes détruits comme Mesnil-les-Hurlus ou Perthes-les-Hurlus…

DSCN2428

2 villages rayés de la carte et qui ne seront pas reconstruits !

Pendant ce temps, à l’arrière, on demande aux épargnants leur aide pour qu’ils prêtent de l’argent pour l’effort de guerre.

DSCN2426

Une page entière consacrée à l’emprunt dont on a déjà parlé dans le Miroir.

A l’arrière où on décore des héros…

DSCN2429

des invalides de guerre et Mlle Moreau, cette pasionaria de Loos qui laissera son nom dans l’Histoire des deux guerres mondiales.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: une autre lettre d’un POILU GRENOBLOIS à ses PARENTS.

Une autre lettre du Poilu grenoblois Pierre Gautier, datée du 20 décembre 1915, il y a 100 ans jour pour jour.

DSCN2403

Depuis deux jours, je voulais faire cette lettre et seulement ce soir, je dispose d’un moment avant d’aller me coucher. A peu près à la même heure avant hier soir, je m’étais installé  au réfectoire pour écrire, quand subitement toutes les batteries environnantes se mirent à cracher pendant dix minutes sans interruption. Les éclairs illuminaient le ciel et tout remuait dans le village. Bien entendu, au lieu de m’occuper de ma correspondance, j’ai voulu me rendre compte de ce qui se passait et d’un petit monticule sur lequel j’étais monté avec quelques camarades, je n’ai rien vu du tout ! Le brouillard était opaque. Je ne parle pas des éclairs qui se voient toujours de très loin mais des éclatements qui se produisirent sur les tranchées ennemies jusqu’à onze heures. Trois fois, nos artilleurs ont recommencé ce concert bruyant et certainement peu agréable pour les Boches. Deux jours avant, un des leurs, un sous-officier s’était rendu  et avait donné des indications précises sur les mouvements des troupes qui devaient se produire le jour de la relève. C’était sur des colonnes que nos artilleurs tapaient si courageusement. Les habitants des tranchées s’en mêlaient aussi car, en entendant la fusillade et la mitrailleuse de temps en temps. Enfin c’était parfait.

 Tant mieux pour nous si nous avons pu démolir des Boches. Nous sommes en guerre mais je pense encore à la lâcheté de cet homme qui a fait tuer ses camarades. C’était paraît-il un embusqué débusqué. Il n’avait que trois jours de tranchées.

Avec tout cela, je n’avais pu faire. Aussi, je m’étais promis de bien employer la soirée d’hier pour rattraper le temps perdu. On dit bien que le temps perdu ne se rattrape pas mais en guerre, on rattrape tout sauf les obus qu’on laisse passer. C’est plus prudent ! Toujours dans le même local, car je n’ai pas le choix. Je m’étais mis pour faire ma lettre hier soir et, de huit heures à onze heures, trois amis sont restés à ma table. Déjà bien énervé par mon travail de la journée, je ne pouvais absolument pas écrire en écoutant discuter à côté de moi. J’étais furieux. Ne sachant plus où aller, je suis resté avec eux, tout naturellement, je me suis mêlé à leur conversation tout en pensant qu’ils feraient bien de me laisser tranquille. Je suis comme toi, je n’aime pas vivre seul mais quand j’ai quelque chose à faire, je voudrais pouvoir le faire: tu me comprends.

Enfin, aujourd’hui, je suis à peu près certain de ne pas être ennuyé. Tous les sapeurs sont allés se coucher et je reste seul  toujours dans le fameux réfectoire ajouré. Nous avons du brouillard maintenant. Il fait beaucoup moins froid que ces derniers jours mais il ne fait pas chaud pour cela. Je sens l’air qui passe sous la toile et tout à l’heure, je serai complètement gelé; c’est une habitude.

Les Boches, les obus et le froid, tout cela n’est rien à côté de ce qui m’inquiète depuis plusieurs jours. Le travail ne me fait pas peur mais je suis navré d’être tombé avec un chef absolument incapable, presque un imbécile. Je me trouve placé dans une situation très délicate entre un Commandant qui me connaît et ce pauvre garçon qui ne comprend absolument rien. Il ne m’ennuie pas mais m’énerve tellement que j’arrive à ne pas pouvoir le supporter. Ce soir encore, il a fait une grosse bêtise. Aussi dès demain matin, je vais lui expliquer ce qu’il en est. Pauvre France ! Enfin, je n’en dis pas plus long. Dans une lettre officielle, j’expliquerai tout cela à Papa. Je regrette le temps où j’étais avec le Capitaine C. ou l’adjudant Chapelain. On faisait du travail utile intéressant.
En fait de repos, j’ai travaillé toute la journée d’hier et pour rien du tout.

J’insiste pour que tu me comprennes bien, Chère Maman, d’un côté, je dis tout va bien et d’un autre, tout va mal. Je m’énerve de voir travailler de la sorte surtout en temps de guerre. Je prétends que ce n’est pas le moment de faire des choses à la légère. Autrement, je me plairais ce soir ici. Je suis bien installé, en bonne santé et suis avec de bons camarades.

 Tout à l’heure, j’étais tellement surexcité que si je n ‘avais pas eu ce retard, je serais presque allé me coucher aussitôt. Je me suis raisonné et surtout, je tenais absolument à ce que ma lettre arrive avant la Fête de Noël qui ne sera pas encore très agréable pour nous cette année. Mon ami Glachet est venu à quatre heures rejoindre notre vieille équipe installée avec le quartier général de la Compagnie dans le village où j’étais pendant le mois qui a précédé ma permission. Il y aura certainement une belle messe de minuit dans l’église du village. Eugène Schaller prêtera son concours je crois. Enfin, je m’ennuierai toujours moins qu’ici. Je serai avec de vieux amis. 

DSCN2404

Tout de même, j’en arrive au sujet principal de cette lettre puisque tu veux bien t’occuper de mes photos, Chère Maman. Je vais d’abord te remercier du petit envoi et ensuite te demander quelques renseignements qui m’intéressent. C’est pourquoi je m’adresse directement à toi.

1er J’envoie toutes les photos pour que Tante Marie et M. Tillon puissent les regarder car je suppose que tu n’en as fait tirer qu’une collection.
2ème Avec toutes celles que j’avais ici, je les ai placées dans un petit carnet-album que je suis content de regarder. Je serais très heureux que tu me les renvoies toutes pour les mettre à leur place. Pour éviter d’en faire un envoi spécial, tu pourrais en mettre 3 ou 4 dans chacune des lettres. Tu mettras de côté dans la serviette celles qui ne font pas partir de la petite collection. Je les ai en double.

3ème Puisque Mme Oddoux a été si aimable, je saurai m’en rappeler. Dorénavant  tu voudras bien porter mes bobines au fils Martinotto, je lui en avais parlé, il le fera volontiers.
D’abord, je ne sais pas si ces taches ne sont que sur les épreuves mais j’ai trouvé que les marques de doigts ne manquaient pas  sur les photos de Papa en particulier et sur d’autres encore ! Si ces pellicules sont marquées ainsi, je ne suis pas content du tout.

4ème Mme Oddoux a numéroté les épreuves en pensant peut-être que nous en commanderions des douzaines. Je crois qu’il n’en a jamais été question.

Dis-moi ce qu’elle t’a pris pour ce travail et, si tu as l’intention d’en faire tirer d’autres. Je suis trop content de regarder ces photos. C’est pourquoi je te demande de me les envoyer.

5ème C’est peut-être un oubli, mais tu ne m’as pas dit comment tu les avais trouvées. Etant donné le temps qu’il faisait, je ne suis pas mécontent du résultat. Celles tirées par Lisi sont bien tirées, tu lui feras des compliments. Celles d’Allevard sont superbes. Il en manque une que j’avais tirée avec M. Tillon. Est-elle mauvaise ou s’est-elle égarée ?

En parlant des ces photos je pense encore à Allevard mais malheureusement la vie est moins calme ici. A l’instant nos artilleurs viennent de sonner l’extinction des feux aux boches. Hier, j’ai entendu la canonnade toute la journée. Je dessinais et chaque coup tiré par une grosse pièce placée assez près me faisait dévier la main. A la fin, on n’y fait plus attention du tout. Jour et nuit, c’est toujours la même musique.

Béquet doit m’apporte une ou deux bobines. Le premier jour de soleil, je pourrai faire des choses intéressantes.

Pour compléter ma lettre concernant les petits colis, il me reste à te demander de joindre à chaque colis deux ou trois bougies au lieu d’une et quelques petits pains. Ce que nous appelons le pain K.K!

Tu voudras bien faire de toutes mes amitiés à Monsieur Tillon et communiquer à tante Marie mes lettres écrites depuis mon retour de permission. Je voudrais pouvoir faire mieux mais j’espère que tout le monde comprend bien notre situation.
Je n’ai pas encore trouvé un moment pour aller voir Monsieur Bret.
J’espère que la chance continuera à me favoriser pour me permettre d’être avec vous pour Noël 1916 !

Mes amitiés à toute la famille.

Reçois Chère Maman les remerciements et meilleurs baisers de ton fils.

Pierre

DSCN2405

Poster un commentaire

Classé dans Vieux papiers