Archives mensuelles : décembre 2015

Il y a 100 ans: une CORRESPONDANCE d’un POILU GRENOBLOIS dans un carton trouvé à LA VOULTE.

Trouvé lors du marché aux puces mensuel de La Voulte de novembre dernier, ce bloc de lettres enveloppé d’une feuille de kraft attachée par une ficelle.

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Ces lettres, ce sont des écrits d’un poilu à ses parents. Un Poilu ayant fait des études qui  écrit régulièrement d’août 1914 à août 1917 soit plus de 250 lettres. Il les a postérieurement numérotées. Elles y sont presque toutes. Comme on peut le voir ci-dessous, il a utilisé toutes formes de supports, petits plis, lettres, cartes militaires…

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Belle écriture, phrases soignées… une volonté  d’écrire pour que les lettres témoignent et survivent à leur auteur. Un auteur nommé Pierre Gautier dont on retrouve la trace aux Archives Numérisées de l’Isère, avec sa fiche matricule. Né le 16 mars 1893, il avait donc 21 ans 1/2 quand débuta la guerre. Il avait manifestement fait des études de dessinateur industriel dans la domaine de la menuiserie pour travailler dans la fabrique de son père Eugène Gautier. Il devint par la suite, après-guerre, gérant d’immeubles. Sa guerre et sa période militaire ne s’arrêtèrent pas en août 1917 comme le lot de lettres mais en 1919. On apprend qu’il était brancardier, travail difficile et énormément dangereux . Il fut d’ailleurs gazé sans trop grande gravité le 13 juin 1918.

Nous allons essayer de vous en présenter quelques uns de ses écrits dans les semaines et mois qui viennent….

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 12 décembre 1915

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(JOUR 496 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Un général russe à la une du Miroir, Le général Alexeieff qui vient de recevoir la Légion d’Honneur française. Un vieux général qui, nous dit-on se battit déjà en 1877 contre les Turcs.

Ce numéro du Miroir comporte un supplément de 8 pages dans lequel…

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Emilienne Moreau raconte ses Mémoires. Cette jeune habitante de Loos (Nord) aidera les troupes britannique lors d’une avancée notoire. La suite de ses mémoires seront lisible dans Le Petit Parisien qui doit appartenir au même éditeur que Le Miroir.

On en avait déjà parlé récemment, le naufrage d’un navire-hôpital « Anglia » qui a heurté une mine est fortement médiatisé par la presse anglo-saxonne. Deux pages sont consacrées par Le Miroir à ce drame qui fit un peu moins de 100 victimes:

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Vue d’une guerre tranquille avec ce cagna confortablement aménagé:

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ou ces paysages enneigés des Vosges dans lequel avance une colonne de Chasseurs Alpins.

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Plus dramatique le dessin de Carrey qui raconte la mort gelée de 2 aviateurs (allemands bien sûr) dans les glaces du lac sur lequel leur aéronef s’était abîmé:

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Scène se passant sur le front russe.

Une double page intéressante montrant un camp de prisonniers civils en Allemagne, des personnes déportées des régions occupées par l’armée allemande ou des Alsaciens-Lorrains, peu sûrs.

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Il s’agit du camp d’Holzminden, au centre de l’Allemagne. Les photos doivent dater de la fin de l’été mais le message que souhaite véhiculer l’article veut parler des humiliations subies par les prisonniers et prisonnières exhibés au regard de la population civile allemande.

Pour terminer, les nouvelles tenues hivernales des Tommys  pour lutter contre le froid de l’hiver…

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et les masques à gaz des petites anglaises en cas d’attaque chimique d’un Zeppelin.

La préparation des barbelés pour défendre le front…

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avec plein d’inventions géniales pour retarder l’avance des ennemis.

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Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 11 décembre 1915

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(JOUR 495 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Encore une vue de manoeuvres qu’on nous présente comme une scène réelle: le sauvetage d’un observateur blessé dans un arbre par un tir ennemi. Certes, ce genre d’observation existait et était particulièrement dangereux mais on peut penser que cette photo correspond plutôt à des manoeuvres. Le médecin monté au chevet du blessé était lui aussi en grand danger et les images suivantes prouvent que le nombre d’hommes engagés dans ce sauvetage et intervenant plutôt tranquillement ne fait pas penser à une véritable scène de guerre:

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Photographie bien plus réelle que celle-ci trouvée sur un aviateur allemand fait prisonnier en Afrique du Sud:

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Le bombardement par l’aviatik du prisonnier du camp du général Botha. Par contre Sur le Vif parle d’exclusivité pour la publication de cette photo. Sauf que dans Le Miroir du lendemain, on trouvera la même vue !

Les Balkans et l’intervention française au secours de la Serbie en grand danger. Une page entière de photos:

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et une interrogation dans la légende de cette photo montrant des unités grecques en marche

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Que feront les troupes Grecques ? C’est un des points noirs de la situation balkanique.

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Le roi Constantin de Grèce et son état-major le savent-ils eux-mêmes ?

Même remarque que pour l’article de la une, cette attaque à découvert, présentée comme une scène de guerre:

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On a du mal à y croire !

En Champagne des officiers allemands faits prisonniers:

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et en Artois, un fortin repris aux Allemands sur la route de Givenchy:

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Ces 2 vues plus plausibles semblent montrer que les troupes des premières lignes ont bien reçu les casques Adrian, distribués depuis septembre dernier.

Plus léger pour terminer ! Un peu d’exotisme que ces constructions africaines…

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réalisées par les troupes coloniales… en Argonne !

Inquiétude pour ces hommes car un éclat d’obus vient… de percer un tonneau de vin dont le précieux liquide s’écoule dans le boyau !

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Enfin, sous le titre Un roti aux frais du Kaiser, en 4 photos, des braconniers (accompagnés tout de même d’un photographe !) venant de se saisir d’une biche prise à un piège posé dans  une propriété du Kaiser en Alsace à Reichackerkopf.

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Comme pour d’autre sujets de cette revue, on n’y croit pas du tout !

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Il y a 100 ans jour pour jour: J’AI VU du 11 décembre 1915

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(JOUR 495 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

On nous annonce un numéro spécial de J’ai vu ce 11 décembre 1915 sur la situation des Balkans dans lesquels les troupes françaises sont engagées autant du côté de la péninsule de Gallipoli contre les Turcs qu’en Serbie contre les Bulgares. Et tout cela aux côtés de Grecs indécis.

Des cartes pour que les lecteurs comprennent la situation:

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Une première pour donner du baume au coeur des lecteurs de J’ai vu:  les Allemands et les Austro-hongrois entourés de toute part…

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Une grande Bulgarie, un rêve des dirigeants de ce pays qui les a poussés à s’engagerl;;;;k:mllllllllzé aux côtés des Allemands pour le réaliser.

Des Bulgares qu’on nous présente avec ce vieux berger…

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moitié pasteur, moitié brigand… sans en dire plus.

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La Grèce telle qu’elle est et telle qu’elle souhaite devenir… Oui mais, en rejoignant quel camp ?

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La famille royale grecque, à table, se pose des questions.

Pour en venir aux hommes sur le terrain, les troupes serbes font l’admiration de leurs ennemis bulgares:

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Comme les Grecs, les Roumains hésitent de s’engager.

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Le roi de Roumanie, Ferdinand 1er entouré de ses enfants Elisabeth et Charles.

Sans oublier l’Empire Ottoman , les Turcs, maîtres de la situation dans les Balkans depuis qu’ils mettent en difficulté les Alliés. Une photo de tourisme que cette Corne d’Or prise depuis une fenêtre dominant les détroits:

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des Turcs dotés de matériel moderne distillé par le grand frère allemand:

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Mitrailleuse dans les rues de Constantinople.

Le petit Monténégro s’est rangé du côté de la Serbie:

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tandis que les troupes françaises débarquent du côté de Salonique sous la protection de la Marine de guerre française:

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En bas à droite, le général Sarrail, chef du corps expéditionnaire français en Orient.

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CADEROUSSE: OCTOBRE 1942: La FABRIQUE de BALAIS MATHON.

Caderousse fut longtemps la Capitale du Balais, le vrai, celui utilisé par les sorcières pour voler au-dessus de l’île de la Piboulette quand elles s’échappaient du château aujourd’hui détruit.

Plus sérieusement, le balai en paille de sorgho, celui des balayeurs des grands boulevards de Paris ou de Marseille. On comptait de nombreuses fabriques et il n’est pas rare de trouver sur delcampe, une facture plus ou moins ancienne datant de l’âge d’or du balai caderoussier.

Mes parents travaillèrent dans des fabriques et, à sa retraite de la Poste, mon grand-père, lui aussi fit quelques extras dans un atelier.

Voici deux photos de l’atelier MATHON où mon père travailla en 1942. Au dos de la photo est écrit octobre 1942 mais avec un petit doute tout de même tant la tenue des travailleurs fait plutôt penser au mois d’août qu’à un quelconque été indien:

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Mon père a bien entendu donné un nom aux visages de la photo. En partant de la gauche vers la droite:

Gonner- Rossi (second plan)- Adrien Guérin- Yvette Chalas- Robert Berthet- Paul Mathon le patron avec l’âne Pomponne (surement une ânesse)- Paule Roche et Jacques Chaume- De Fever.

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Sur cette seconde photo prise au même moment et au même endroit, dans un champ où se ramassait la paille…, on peut reconnaître, toujours de gauche à droite, debout:

Rossi (au regard lointain)- Albert Deyren- Gonner- Marguerite Constance (Chauvet)- Berthet- Paul Mathon et Pomponne l’âne- Yvette Chalas- Jacques Chaume (casque colonial) et Mathon le patron.
Au premier plan Adrien bien sûr avec un autre vrai casque colonial qui est à la maison, aujourd’hui utile pour les Carnavals et De Fever, un ancien pâtissier.

Mon père était âgé de 17 ans à l’époque si la date au verso est exacte. Le groupe semblait vivre dans une bonne ambiance, loin des tourments de l’époque !

Il reste à Mornas et Lapalud une dernière fabrique de balais vauclusien qui eut l’honneur de reportages de presse tant cela semble appartenir au passé.

voir le site http://www.j-aime-le-vaucluse.com/-les-balais-de-lapalud avec d’intéressantes photos de jadis.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 09 décembre 1915

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(JOUR 493 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La une est une photo prise à Marseille, dans le port de commerce de la Joliette montrant l’embarquement sur un paquebot de troupes et de matériel partant en aide au vaillant peuple serbe. Sur les caisses en haut de la grue, on peut lire: AVIATION MILITAIRE. Des pièces d’avions ou des avions à monter sur place ?

A la dernière page de cette revue, cette carte

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va permettre aux lecteurs lyonnais de comprendre la situation (inextricable) des Balkans, situation toujours explosive 100 ans après ces lignes.

A l’intérieur, un article sur les transports par camions automobiles…

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dus à des journalistes locaux (Ergé, un dessinateur et Paul Auloge-Duvivier qui conduit des camions après avoir été directeur du Tout Lyon et chef de cabinet du préfet du Rhône). On peut penser que la présence à Lyon des usines Berliet n’est pas étrangère à cet article, bien que la marque ne soit pas citée. Dans quelques mois, le camion sera indispensable dans la défense de Verdun.

Toujours des photos de propagande avec une nouvelle fois cette tranchée remplie de cadavres allemands…

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ou ce lanceur de grenade…

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qui ne met vraiment pas du sien pour prouver que son geste est bien pris sur le vif !

Enfin, des innovations technologiques avec…

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ce périscope pour observer en sécurité l’ennemi et le téléphone de tranchée indispensable lien entre l’avant et l’arrière.

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EPILOGUE de l’histoire d’EULALIO FERRER: le MEXIQUE

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Eulalio Ferrer est un républicain espagnol, natif de Santander, réfugié en 1940 au Mexique où il fit carrière et devint un grand publiciste reconnu aux Etats-Unis. Il raconta son passage dans les camps français de la Retirada par l’écriture d’un journal qui fut publié en France sous le titre Derrière les Barbelés chez L’interdisciplinaire, une maison d’éditin de Limonest, en 1993. Suite…

L’Epilogue.

Eulalio Ferrer a écrit en octobre 1988 l’épilogue de son livre Entre Alambradas titre original de son oeuvre.

Le travail au camp de La Ferté-Imbault était très dur. A l’humiliation des camps avait succédé l’esclavage de la Compagnie. Travail de 7 heures du matin à 19 heures, à creuser des tranchées et des chemins dans un froid glacial jusque là inconnu par la plupart des hommes. Ils allumaient des feux pour réchauffer leurs mains martyrisées par les outils, la pelle et la pioche. Pour Eulalio, il n’était plus possible d’écrire son journal. Par contre, le soir venu, il écrivait tard dans la nuit, des lettres pour lui et pour les autres.

La nourriture était devenue plus correcte. C’était la ration des soldats, abondante mais mauvaise. Face à toutes les difficultés connues par les travailleurs forcés,  l’amitié et la solidarité sans faille du groupe des 5 (6 avant la mort de Gustavo) étaient la chose la plus importante. Les hommes gagnaient 1 franc par jour soit l’équivalent du prix d’un affranchissement d’une lettre en France !

Le séjour à La Ferté-Imbault ne dura pas longtemps puisque la Compagnie déménagea au début de l’année 1940 à la Ferme de la Morillère près de Cerdon, non loin d’Orléans. Le froid était encore plus terrible et Eulalio se rappelle que l’encre et le vin gelaient les nuits. Pour tout vêtement supplémentaire, les hommes avaient reçu une nouvelle paire de chaussettes. La neige s’ajoutant au froid, les pneumonies atteignaient de plus en plus de détenus. Quant à la nourriture, elle n’avait pas changé de goût mais elle était à nouveau moins abondante. Les problèmes intestinaux avaient repris.

Le travail à Cerdon consistait à élargir un chemin menant à une centrale cachée au milieu des bois, une usine de poudre. Au côté des Espagnols travaillaient des Indochinois comme maçons et manoeuvres. C’est en poussant un wagonnet sur une voie qu’Eulalio le fit dérailler. Comme dans le même temps, l’interprête venait de décéder, on le nomma à sa place, vu son peu d’aptitude à la chose manuelle. Mais la solidarité était toujours sans faille entre les amis.
Un dimanche, il fut demandé des volontaires pour aller décharger des wagons de charbon. Les amis y allèrent par solidarité avec le chef de section. Cela leur ferait aussi gagner 10 francs. Le travail dura la journée et Eulalio ne s’aperçut pas que la rugosité des morceaux avaient râpé ses mains au sang. Devant son état, il resta dans une pension de Cerdon pour se guérir, la logeuse Mme Reynié lui offrant même l’hospitalité au bout de quelques jours. Devant cette attitude proche d’une désertion, il dut rentrer au camp en promettant à Mme Reynié de venir la voir quand il sera marié. Ce qu’il fit 15 ans plus tard, en septembre 1955 avec son épouse, moment d’une grande émotion.

La vie continua ainsi jusqu’en avril 1940. Son père avait pu rejoindre sa femme et ses filles et avait obtenu le droit d’émigrer pour Saint-Domingue. Le bateau était prévu pour le 30 avril au départ du Havre. Eulalio quitta donc ses amis et la Compagnie de Travail après 15 mois de captivité. A l’émotion de la séparation succéda la joie des retrouvailles familiales sur le quai de la gare Saint-Lazare à Paris.

Tout semblait bien se passer quand un incident arriva au moment d’embarquer sur le « Lassalle ». La petite désertion d’Eulalio à Cerdon l’empêcha de pouvoir monter à bord. Toute la famille, solidaire, décida de ne pas partir. Retour de tous à l’hôtel rue de Budapest à Paris.

Le père obtient une nouvelle place dans un bateau pour un nouveau départ pour les Amériques, toujours pour Saint-Domingue, départ prévu à Bordeaux à la mi-juin. La famille attendit donc cette date à Paris.

On comprend que, par malchance, le jour du départ pour Bordeaux correspondait à la débâcle et à l’exode de la population française. Il y avait foule sur les quais de la gare d’Austerlitz où ils resteront pendant 2 jours, le train était bondé de civils fuyant les Nazis et de soldats en retraite. A Bordeaux, il fallut attendre encore plusieurs jours, le « Cuba » étant retardé par les mines posées par les Allemands dans l’estuaire de la Gironde.

Enfin, la famille put embarquer pour un voyage vers les Amériques. Non sans danger car le bateau étant sous les ordres de Pétain, il était sous la menace des sous-marins britanniques… D’autres navires de ce convoi furent d’ailleurs coulé. Le « Cuba » naviguait sans arrêt en faisant des zig-zags. 800 passagers s’entassaient dans tous les recoins du paquebot avec du beau monde et beaucoup de dignitaires de la défunte République Espagnole.

Nouveau contretemps en arrivant aux Antilles. Le dictateur Trujillo de Saint-Domingue, admirateur d’Hitler, refusa l’accueil des migrants. Le bateau se dirigea alors vers la Guyane Française. On frôla la mutinerie et la prise de contrôle du bateau par les passagers, il y avait à bord la présence de l’ancien amiral de la flotte républicaine. Il fallut que le négociateur des Républicains obtienne du Mexique l’autorisation d’accepter les nouveaux arrivants. Ils changèrent de bateau à la Martinique et débarquèrent quelques temps après dans l’isthme de Tehuantepec au Mexique, à Coatzacoalcos, après 41 jours de mer. On était le 26 juillet 1940.

La famille s’installa à Oaxaca et fut très bien accueillie par la population locale. Pour les remercier, Eulalio leur lisait des poésies de Lorca et Machado.

Eulalio Ferrer passa sa vie au Mexique et rendit par son oeuvre de designer l’accueil que le pays lui avait réservé. Il fit ouvrir un musée Don Quichotte à Guanajuato.

Quant à ses amis laissés à la 168 ème Compagnie de Travail, certains ont survécu, d’autres sont morts dans la Résistance française ou au camp de concentration de Mathausen.

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7 décembre 1939: EULALIO FERRER raconte sa vie au CAMP de SAINT-CYPRIEN

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Eulalio Ferrer est un républicain espagnol, natif de Santander, réfugié en 1940 au Mexique où il fit carrière et devint un grand publiciste reconnu aux Etats-Unis. Il raconta son passage dans les camps français de la Retirada par l’écriture d’un journal qui fut publié en France sous le titre Derrière les Barbelés chez L’interdisciplinaire, une maison d’éditin de Limonest, en 1993. Suite…

7 décembre 1939.

Le jour tant attendu pour Eulalio et ses amis est arrivé: celui du départ du camp pour une Compagnie de Travail. Il va mieux bien qu’un peu affaibli.Il se lève dans la joie malgré la fatigue. Ses amis l’ont aidé à faire sa valise et à la porter.
L’ambiance est bizarre dans le camp. Ceux qui ne partent pas sont venus saluer les partants. Les adieux sont émouvants et les larmes ne sont pas loin. L’un d’eux adresse un encouragement à Eulalio pour qu’il continue à écrire.

Ce sont des camions militaires qui emmènent la Compagnie jusqu’à Elne pour rejoindre d’autres compagnies et c’est là qu’un train les attend. Il lit sur la pancarte de celui-ci le fameux: 40 hommes-8 chevaux. C’est bien à 40 qu’ils sont entassés dans des wagons à bestiaux. Ainsi serrés, le froid les atteint moins mais le confort n’existe pas. Le train part et passe à Perpignan, Rivesaltes. Premier arrêt à Narbonne, second arrêt à Carcassonne pour manger de la viande en conserve. Puis Baziège et enfin Toulouse où ils peuvent se dégourdir les jambes. Un groupe de réfugiées espagnoles les salue de loin.

Suite du voyage par Montauban, dernière gare reconnue puis la nuit tombe et chacun essaie de s’installer au mieux pour dormir. C’est une véritable lutte de pieds pour se faire une place comme dans un match de football.

La nuit passe puis une nouvelle journée commence par un café en gare de Châteauroux. Vient ensuite Vierzon puis Selbris pour prendre une correspondance jusqu’à La Ferté-Imbault.

Les hommes y découvrent un paysage militaire au coeur d’une forêt qui cache des bâtiments. A côté des militaires se trouvent des ingénieurs espagnols, réfugiés comme eux. L’un d’eux leur explique leur présence en ce lieu. Ils vont participer à un travail important pour que la France rattrape son retard technologique sur l’Allemagne. Ils n’en sauront pas plus.

On les conduit à leur logement, une grange dans laquelle on leur a réservé les écuries, remplies de paille. Pour eux, c’est comme s’ils se retrouvaient dans un hôtel de première catégorie tant le lieu est plus confortable que les baraques des  camps du Roussillon. Le petit déjeuner est abondant. Le froid est vif mais ils peuvent réchauffer de l’eau.

Le 9 décembre est leur premier jour de travail à La Ferté-Imbault: une pelle, une pioche et creusement de tranchées.

C’est cette nuit-là que finit le journal d’Eulalio. Il représente 2 grands cahiers et 5 petits carnets qu’il aimerait conserver malgré l’encombrement qu’ils représentent.

Il ne peut continuer à écrire tant le travail physique demandé à tous mais particulièrement à lui, l’intellectuel, est rude. Bien qu’aidé par les autres, sa main qui écrit est déchirée par le maniement de la pelle et n’est qu’une plaie.

Par dessus tout, il espère en un avenir radieux pour atteindre un monde meilleur.

 A suivre l’Epilogue…

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JEUX: RENCONTRE inter-association à VALENCE le 5 décembre 2015

Seconde rencontre entre les Associations de Valence (au Petit Charran), Romans et les Ludivores. C’était la première rencontre à Romans au printemps dernier que j’avais manquée par incompréhension de l’évènement mais qui m’avait permis de visiter avec Ennio le Musée de la Chaussure.

On monte avec Fred pour le début de l’après-midi et on rentre assez tôt, Fred ayant des obligations amicales le soir. Le temps de faire deux jeux tout de même.

Tout d’abord, un variante de LEWIS & CLARK: DISCOVERIES. Comme je ne connais ni l’un, ni l’autre, c’est une découverte agréable. Les connaisseurs disent que le jeu de base est beaucoup plus long et calculatoire.

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C’est certes, un jeu de dés… donc forcément aléatoire, mais pour tous, la réussite des itinéraires en dépend… mais ça reste intéressant. Quelque peu interactif (les cartes prises par les autres, les dés aussi rejetés ou pris), un petit oubli d’une règle par le joueur expliquant qui aurait pu (un tout petit changer les choses)… mais globalement, un résultat logique et une partie sympa.

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Agréable et (re)jouable sans problème.

Seconde partie d’une courte après-midi, BOOMERANG, acheté il y a quelques années à Cannes avec dédicace et un look de coffret différent ! Bizarrerie du design !

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le couvercle de ma boîte.

L’histoire est la même, le jeu identique, le matériel itou… C’est agréable de retrouver un jeu… BOOMERANG est un jeu d’enchères (de boomerangs) pour obtenir des cartes dont les familles (quand on est majoritaire) rapportent des points de victoire. Les boomerangs restants aussi !

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Mon bilan final qui me rapporta 11 points, battu par le règlement, par un ludivore valentinois qui obtint le même score… avec plus de boomerangs !

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5 décembre 1939: EULALIO FERRER raconte sa vie au CAMP de SAINT-CYPRIEN

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Eulalio Ferrer est un républicain espagnol, natif de Santander, réfugié en 1940 au Mexique où il fit carrière et devint un grand publiciste reconnu aux Etats-Unis. Il raconta son passage dans les camps français de la Retirada par l’écriture d’un journal qui fut publié en France sous le titre Derrière les Barbelés chez L’interdisciplinaire, une maison d’éditin de Limonest, en 1993. Suite…

5 décembre 1939.

Le temps s’est amélioré mais Eulalio est tombé malade. Il souffre d’un rhume pris à la pompe où a continué de se laver à l’eau froide doublé d’une diarrhée qui le fait courir à tout moment de la baraque aux WC. Ses voisins lui ont dit qu’il avait déliré dans la nuit et tous s’occupent beaucoup de lui.

Il essaie de lire « L’année terrible » de Victor Hugo mais s’assoupit. Il entend dans son demi-sommeil les autres parler du départ de Balsa pour l’Espagne rejoindre sa femme qui le réclame et de l’accident de camion qui s’est produit ce matin qui a coûté la vie à quelques hommes du camp qui allaient travailler à Perpignan.

On a appris la mort d’un militant Miguel Pacheco à Santander, exécuté au garrot. D’ailleurs, en ce moment, la Phalange terrorise l’Espagne à l’occasion du transfert des cendres de Primo de Rivera. De son côté, à Rome, Alfonso XIII se dit prêt à retourner en Espagne si le peuple le lui demande. Ce sera plutôt Franco qui le fera !

Les hommes ont aussi appris que l’URSS vient d’attaquer la Finlande. Où s’arrêtera l’impérialisme soviétique ?

Le correspondant très au fait des décisions de l’Autorité Française annonce à Eulalio que sa Compagnie de Travail va partir dans 2 jours. L’information est sûre et la destination connue: le Loiret pour construire une usine d’armes chimiques. Le camp de Saint-Cyprien va devenir un camp pour prisonniers de guerre.

Pour Eulalio, c’est la moment de vite se soigner pour partir avec les autres. Il espère sur sa jeunesse pour se rétablir.

 A suivre le 5 décembre…

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