Archives de Catégorie: Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 04 mai 1916

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(JOUR 642 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une nouveauté pour ce numéro du début d’avril 1916 de La Guerre Photographiée. A l’instar des autres hebdos, le magazine lyonnais passe au bistre. Seconde nouveauté, les textes sont écrits sur 2 colonnes au lieu d’une seule, ce qui fait un peu bizarre pour les légendes des photos.

Sur la couverture, les gaz, le moyen de lutter contre eux. A gauche, une cloche, à droite une sirène actionnée comme une dynamo de vélo par un pédalier. Un peu artisanal, comme les masques qu’on nous montre sur d’autres clichés.
Une page sur les soldats d’Afrique, qu’ils soient à l’observation (en haut) ou en prière dans un cimetière ( en bas)….

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Des tombes avec des pierres vraiment soignées !

Sur la page des brèves, on a retenu…

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un abri creusé 6 mètres sous le sol…

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le mur du cimetière ouvert pour permettre aux hommes de rejoindre la tranchée sans passer par un secteur à découvert.

Une page complète pour nous montrer les Russes à Erzeroum, en Turquie, une ville jadis arménienne.

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Mais ça, c’était avant le nettoyage ethnique perpétré par les Ottomans et toujours pas reconnu en 2016, 101 ans plus tard !

Un Fokker allemand posé derrière les lignes françaises…

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va devenir objet d’exposition, dans la cour des Invalides certainement.

Une remise de décorations tout près du front:

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tout près aussi du champ de bataille de Verdun.

De la page humoristique Les meilleurs dessins de la presse française, on a retenu celui-ci, une oeuvre de Ray Ordner (le grand frère de Paul Ordner, gazé sur le front en 1915 et qui, une fois démobilisé, gagna sa vie avec le dessin de presse- voir http://paul-ordner.blogspot.fr-) qui fait sourire en disant des choses vraies…

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pour le Poilu, au front, ce sont surtout des immenses moments d’ennui ! Pour les jeunes autant que les vieux d’ailleurs !

Pour terminer, des images de destructions à Betheny…

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l’église, la mairie… tout est logé à la même enseigne !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 30 avril 1916

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(JOUR 580 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Cette une ne présente pas un grand intérêt: une remise de décoration (la Légion d’Honneur) entre gradés de haut rang: Joffre honorant ainsi Hamilton sur le front occidental pour son commandement à Gallipoli. Sauf que Gallipoli fut un grave échec des Alliés face aux Turcs ! Qu’à cela ne tienne ! Cela mérite la Légion d’Honneur tout de même !

Seconde de couverture avec de l’aviation:

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Les acrobaties de Navarre sur son Nieuport au-dessus de Verdun dans les premiers jours de l’offensive allemande (daté  du 26 février 1916 par une écriture en surimpression)

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Un Drachen, un de ces ballons captifs allemands d’observation, tombé dans les eaux, certainement aidé par un tir allié.

Ce Miroir du 30 avril va nous montrer Verdun dans toute sa brutalité, des images du front jusque là soigneusement évitées par la presse. Des images de Douaumont labouré par le tir incessant des artilleries.

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Des ruines, une végétation détruite, un paysage bouleversé, Damloup, Douaumont, Vaux…. l’enfer sur terre !

Outre ces 3 pages consacrées à Verdun, on nous présente l’équipage du Zeppelin L-15 abattu non loin de Londres et qui tomba dans l’estuaire de la Tamise.

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L’équipage n’a pas subi de pertes et les hommes ont été fait prisonniers par les Britanniques.

Le front d’Orient maintenant avec les troupes russes qui progressent en Turquie en libérant des territoires qui furent jadis peuplés d’Arméniens…

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troupes russes qui avancent aussi en perse (actuellement Irak) et progressent vers Bagdad.

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Le début de la désagrégation de l’Empire Ottoman !

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Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 29 avril 1916

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(JOUR 637 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Un numéro de Sur le Vif en très mauvais état avec première et quatrième de couverture séparées du corps de la revue. Ce corps d’ailleurs qui n’est pas celui de ce numéro. On y reviendra.

Sur cette couverture, on voit des hommes dans une tranchée attendant dit-on l’attaque allemande. Une tranchée bien intacte alors qu’après les préparations d’artillerie, il ne restait pas grand chose debout dans les tranchées françaises de première ligne au moment de l’attaque. On voit les hommes préparer les mitrailleuses de la riposte. On ne le dit pas mais on est à l’évidence à Verdun.

En seconde de couverture, une page pédagogique sur l’aviation.

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En haut un avion allemand (pardon boche) le Fritz. Au milieu, les écussons dessinés sur les avions et qui permet de reconnaître leur camp… sauf quand des couleurs ennemies sont remplacées par des couleurs amies pour tromper l’adversaire. De gauche à droite: Français, couleurs utilisées par les Belges et les Serbes également; Britanniques; Russes; Allemands et Autrichiens; Turcs. Enfin en bas sont listés les points faibles des avions: hélice, moteur, réservoir à pétrole, longerons des ailes, siège du pilote, tendeur, bas de caisse faiblement cuirassé.

Les troisième et quatrième de couverture semblent aussi dater du 29 avril 1916. En effet sur cette page  Sur le front,

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on y voit en bas à gauche la visite d’Alexandre de Serbie à Verdun…

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qui date bien de cette période d’avril 1916.

En dernière page, des oiseaux….

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avec cette légende: Nuée de corbeaux s’abattant sur des restes de nourriture que nos poilus leur jettent. Espérons que ce soit des restes de nourriture comme dit et non d’autres restes…

Rapidement, l’intérieur de la revue qui doit dater de février 1916 car on y voit cette scène macabre…

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datée du 29 janvier correspondant à la chute d’un Zeppelin venu bombarder des civils.

En page centrale, l’armée suisse surveillant ses frontières et se préparant militairement à toute éventualité.

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Enfin, cette tombe collective abritant les restes de 2 soldats français et 5 Allemands. Une date: le 9.9.14 correspondant à la bataille de la Marne.

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Comme le dit la légende, des hommes unis dans la mort.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 27 avril 1916

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(JOUR 635 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

A la une de ce numéro du 27 avril de La Guerre Photographiée, une photographie assez connue d’un troupeau de chevaux se désaltérant dans la Meuse. Tous montés par des soldats chaudement habillés, ce qui fait penser que cette vue date de l’hiver dernier. Pas des bêtes de cavalerie, plutôt des bêtes de trait amenées à tirer les canons vers l’enfer de Verdun. Les chevaux subiront aussi un lourd tribut au premier conflit mondial.

En double page centrale, la convalescence de soldats prisonniers de guerre en Suisse, à Leysin…

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dans le canton de Vaud… où cette situation est plutôt agréable, bien loin des camps de prisonniers en Allemagne.

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Il s’agit de prisonniers de guerre évadés d’Allemagne qui espéraient rentrer en France par la Suisse. Mais pris par l’armée ou la police suisse, ils sont gardés prisonniers dans ce pays en raison des conventions de guerre internationales.

Rien à voir avec ces vues de destructions de villes proches du front:

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En haut Sommeilles dans la Meuse où l’on voit ce qu’il reste de la Mairie datant de 1836: le péristyle qui fait penser à un temple grec. Le village peuplé de 365 habitants en 1911 n’en avait plus que 269 en 1921 et 203 en 2013, ce qui tend à prouver qu’il ne s’est jamais remis de ce cataclysme.
En dessous, Semaize(-les-Bains) qui connut aussi une forte exode entre 1911 et 1921 avec la population passant de 2 718 âmes à 2 054.

La chute du Zeppelin L-15 dans la Tamise traité par le dessin dans ce magazine:

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avec en encart, le portrait du Lieutenant d’aviation Brandon qui abattit la grosse saucisse. D’autres versions avaient dit que c’étaient des mitrailleuses au sol (la future DCA) qui avaient réussi cet exploit.

Des cartes des fronts d’Orient, celui d’Irak pour commencer où les Britanniques s’opposent aux Turcs.

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Fronts des Balkans avec 2 lignes, en Albanie et dans le réduit de Salonique et son camp retranché:

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Un camp vers lequel des troupes fraîches s’embarquent depuis Toulon sur des paquebots réquisitionnés et transformés en transports.

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Ce qu’il y a d’original et amusant sur cette dernière photo, c’est la légende…

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dans laquelle on a gommé le mot Toulon par To..l..n, ce qui ne rend guère plus difficile la lecture, et on a enlevé le nom du navire alors…

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qu’il suffit de le lire sur la coque !

Pour terminer, une autre vue des munitions en attente à Verdun…

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Ici des calibres assez impressionnants.

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PAUL MARQUION parle du MILIEU PHYSIQUE de CADEROUSSE … en 1971

Dans ce numéro 44 du bulletin des amis d’Orange,…

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Paul Marquion parle de Caderousse dans une série d’articles sur le Bulletin des Amis d’Orange et pour ce numéro 44 du second trimestre 1971 du milieu physique et humain de cette commune du Vaucluse, avant 1914. Il s’agit d’un long article qui sera présenté en 3 fois sur le blog. Tout d’abord une  description commentée des lieux.

Le Rhône est évidemment le grand responsable de cet état de choses (que le village ait conservé son aspect ancestral) : quoi que l’on fasse à Caderousse, il a toujours fallu compter avec le Rhône et ce n’est qu’après la construction de la dérivation du fleuve qui mettra le territoire à l’abri des inondations et dont les premiers travaux viennent d’être entrepris que le visage de Caderousse  risque d’être entièrement modifié. Or si rien pour le moment n’a bien changé, c’est le Rhône lui-même qui a subi les plus grandes modifications. Avant la guerre de 1914, comme en témoignent les photographies de l’époque, son cours était large et relativement profonde. Plus anciennement, il était navigable. Le chemin de halage qui le bordait, le «caladat », s’il est aujourd’hui enfoui sous l’épaisseur des sables est encore visible en certains points, notamment à proximité du village, en bordure de la digue, où l’on voit encore les anneaux scellés dans la pierre qui servaient à l’amarrage des bateaux. L’accès de l’île de la Piboulette se faisait par un bac à traille, le premier aux abords du village même, l’autre au quartier des cabanes qui restait en service toute l’année. Ce n’est qu’en été, aux très basses eaux, que l’on pouvait traverser à gué (à la gaffe). Aujourd’hui , à Caderousse, le Rhône s’est considérablement rétréci, son lit s’est encombré de gravier et de sable sur lesquels a poussé une végétation exubérante de saules et de peupliers, formant de véritables îlots. Les anciens ne reconnaissent plus le Rhône de jadis.

A noter que les travaux de la CNR de la chute de Caderousse sont en train de commencer quand Paul Marquion écrit cet article. A cette époque, mon grand-père Gabriel se plaisait d’aller voir travailler les scrappers et autres mastodontes construisant les berges du canal mais détruisant l’île de la Piboulette dont Paul Marquion va parler. Il ne verra pas la mise en eau du canal puisqu’il décèdera en 1973.

Dernièrement, la grande île de la Pirouette s’est, elle aussi, profondément modifiée. C’était encore, il n’y a pas bien longtemps, avant tout un terrain de chasse, avec des bois très touffus, parfois impénétrables, où les champignons « de matte » et les cèpes poussaient à profusion et où le gibier, lapins et surtout faisans, pullulaient. Seules quelques fermes, installées au milieu de clairière exploitaient un sol de limon particulièrement fertile. C’était le grand terrain de chasse de Monsieur de Lafarge, qui avait fait bâtir un pavillon appelé le château, avec chapelle attenante où certains dimanches de grande chasse, le curé de Caderousse ou son vicaire venait célébrer la messe. De nos jours, l’île a été en grande partie déboisée et défrichée par les pieds-noirs et les vastes étendues forestières ont fait place à des terrains de culture et de vergers. La construction du canal du Rhône, qui doit traverser l’île du nord au sud par son milieu va de nouveau bouleverser la topographie.

Le village lui-même dans sa ceinture de digues, n’a subi aucune transformation importante. Le goudron a remplacé l’ancien pavage en galets du Rhône de la plupart des rues, solide et même inusable, où l’on se tordait facilement la cheville et où les roues cerclées de fer des charrettes cahotaient avec un beau vacarme. Mais les eaux usées s’écoulent toujours par les rigoles et les lônes et l’ancestrale coutume pour les ménagères de balayer chaque matin la rigole devant leur porte est toujours en usage, faute de tout-à-l’égout. Il n’y a même pas l’eau courante qui est considérée pourtant comme un minimum de confort moderne. Peut-être n’en a-t-on jamais senti l’impérieux besoin dans un pays où la nappe et peu profonde et où il n’y a qu’à creuser n’importe où pour trouver de l’eau. On trouve dans certaines rues des pompes à main publiques, fort anciennes, avec bassin. (J’en ai noté une, rue Vénasque, sur le trajet entre l’EHPAD et la place Jean Jaurès) C’est encore avec une pompe à main que se fait dans chaque maison l’alimentation en eau, à moins que le propriétaire ait fait installer un moteur électrique. Avant la guerre de 1914, les maisons aussi bien dans le village que dans la campagne, n’avaient pas toutes leurs pompes et l’eau était puisée directement dans le puits.

Un certain nombre d’immeubles qui menaçaient ruine ont été rasés, comme ont disparu plus anciennement certaines demeures de notables et co-seigneurs de Caderousse qui, d’après les vestiges qui restent, avait dû être spacieuses et confortables. Peu de constructions nouvelles : en tout cas aucun de ces immeubles modernes, dit « cage à l’appel » qui tendent à devenir le mode d’habitat courant de notre époque. A Caderousse, il n’existe que des maisons individuelles. Il serait pourtant injuste de ne pas signaler un effort récent mais tangible de modernisation de nombreuses vieilles demeures et le ravalement de nombreuses façades, ainsi que le nettoyage de certains quartiers, tel celui dit de Médecin, qui fut longtemps une sorte de dépotoir public et qui ne méritait pas cette disgrâce, car il s’agit d’un cours ombragé de très beaux platanes qui borde l’ancien rempart. On peut dire que le village tend à perdre ce visage terne et vétuste qu’il avait il n’y a pas encore beaucoup d’années.

Rien n’a été modifié au tracé des rues dont la caractéristique commune à toutes les villes et villages de jadis, est d’ignorer la ligne droite. Il convient d’ajouter qu’à Caderousse les rues sont en général relativement larges, même quand il s’agit des rues adjacentes qui aboutissent à l’artère principale qui traverse le village du nord au sud, qui a été baptisé à la fin de la dernière guerre « rue du Docteur Guérin », en souvenir d’un bienfaiteur du village mais qu’on continue à appeler « la grand’ carrière ».

Les noms des rues du quartier n’ont pas changé, à de rares exceptions près et sont tels qu’ils figurent sur les anciens cadastres : nom de saints, Saint-Louis, Saint-Michel, nom dont on devine l’origine ancienne par suite de leur situation ou de leur destination : rue du Fond du Sac, rue Juterie (ou devait être cantonné les Juifs), rue de l’Escurier (qui desservait les anciennes écuries du château), quartier de la Pousterle (voisine une des anciennes poternes du rempart), quartier du Pilori (où se trouvait le pilori). Mais sur le nom d’autres rues et quartiers : rue Pied-Gaillard, rue du Puits des Voûtes, quartier du Boulégon… on se perd en conjoncture. (Je suis sûr que Jean-Paul Masse peut expliquer l’origine de ces noms…)

Enfin il faut noter qu’au pied de la digue et à l’intérieur, là où se trouvaient jadis les remparts et des fossés, se développe, tout autour du village, un vaste espace planté de platanes qui, côté levant est dénommé « le cours », bien dégagé et qui, depuis 1 siècle, est devenu le lieu de toutes les festivités foraines et, côté couchant est dénommé «Lou Barri », en souvenir du rempart et qui sert à tout usage – ce n’est pas peu dire – aux riverains…

Suite de l’article avec une description de la campagne:

Ce qui a peut-être le plus modifié le paysage, c’est la disparition du mûrier, devenu inutile avec la disparition totale de l’élevage des vers à soie qui était jadis très florissant à Caderousse, (300 quintaux de cocons avant la Révolution), qui était encore pratiquée sur une grande échelle avant la guerre de 1914, pour décliner entre les deux guerres et disparaître complètement depuis la dernière. Avant la guerre, le mûrier était roi. La plupart des champs avait leur allée de mûriers qui étendaient leurs vertes et épaisses frondaisons et qu’il formait sous le nom de «pourreto » des haies en bordure des chemins. Ils ont presque tous été arrachés, car non seulement ils n’avaient plus d’utilité, mais constituaient avec la traction mécanique, une gêne pour l’exploitation des terres. Le paysage, de ce fait, est beaucoup plus dépouillé que jadis. (Tout a fait exact, il reste dans le grenier familial des clayettes et une couveuse destinées à l’éducation des vers à soie. A quand une expo -si cela n’a pas été fait- sur la sériciculture  ?)

Indépendamment du mûrier, d’autres arbres, d’essences méditerranéennes, tendent à disparaître  ou ont complètement disparu. À Caderousse, on cultivait jadis, avant la Révolution, le figuier, incomparablement plus abondant que de nos jours et qui donnait lieu à un important commerce : cette culture est aujourd’hui abandonnée et le figuier ne se retrouve que dans les cours des granges et des maisons. Avant la guerre de 14, on voyait de nombreux grenadiers et jujubiers dont les fruits étaient vendus dans les épiceries ou même simplement pillés par les gosses qui s’en régalaient. Les enfants d’aujourd’hui ont d’autres friandises à se mettre sous la dent, que des jujubes (ginjouris) ou des grenades (miougran) et ne s’aviseraient pas, comme le faisaient les enfants de notre âge à se barbouiller le visage en suçant la pulpe douceâtre de la cosse du caroubier (carobi). L’écarlate floraison du grenadier a disparu du décor ; rares sont les jujubiers ; disparus complètement les caroubiers. Le cognassier poussait en général sous forme de haies en bordure des chemins, comme d’ailleurs le néflier et le prunellier et c’était là une sorte de domaine public que chacun, et notamment les enfants, mettaient au pillage. Et le coing était utilisé de différentes façons, depuis le pan-coudoun jusqu’à la délicieuse boisson du coudoyant  dont on a perdu le goût, en passant par la gelée, la patte et la confiture de coing….

à suivre…

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 23 avril 1916

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(JOUR 631 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

En couverture, dinette sur l’herbe pour le généralissime français Joffre et quelques uns de ses adjoints en visite dans un secteur. N’est-elle pas touchante cette vue bucolique… loin de la souffrance des hommes sur le front, à Verdun ou ailleurs ? Honteuse, 100 ans plus tard, quand on connaît plus précisément ce qui se passa !

Des vues de destructions sur la ville de Verdun, le théâtre, les rues et sur un train resté dans le secteur, criblé d’éclats d’obus.

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Mais la scène de désolation la plus impressionnante est cette vue de Vérone en Italie.

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Des cadavres civils sur une place devant la Pizza elle Erbe suite aux passages d’avions autrichiens. Ce sont des personnes qui s’étaient réfugiés sous les arcades. Terrible scène de guerre d’une étonnante actualité.

Retour à Verdun avec cet hommage au colonel Driant…

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premier et vrai (avec ses hommes) héros de Verdun.

La nouvelle tenue de grenadiers allemands sous leurs masques…

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à gaz et les célèbres grenades à manche.

Ailleurs, ce sont des autres armes non conventionnelles allemandes qui sont détruites…

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des liquides inflammables pour lance-flammes, suite à un coup de main d’un commando français derrière leurs lignes. Scène prise en Argonne.

Une double page centrale avec des vues de combats et de bombardements aériens.

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Des photographies exceptionnels obtenues par Le Miroir ? Non, des dessins très réalistes du peintre Henri Farré d’après des documents de l’aviation militaire ! Aviateur, observateur, il fut nommé par le général Niox comme le dessinateur officiel des armées. Ses oeuvres furent exposées aux Etats-Unis où il décédera en 1934.

Le Portugal est prêt pour la guerre et la population est enthousiaste…

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comme on le voit sur la photo du bas, ci-dessus. Sur celle du haut, une flottille de patrouilleurs à Lisbonne, une goutte d’eau dans l’océan du matériel nécessaire pour aller à la Victoire. Le Portugal perdra 7 222 hommes et 13 751 blessés. Par contre ce n’est pas moins de 82 000 civils qui perdront la vie dans cette fol engagement. Les visées africaines sur des territoires colonies allemandes explique cela.

Une petite photo pour nous présenter le nouveau casque britannique…

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le casque Brodie du nom de son inventeur appelé aussi casque Tommy ou casque shrapnel. Il apparut sur le front sur les têtes des combattants britanniques en avril 1916 donc quelques mois après le casque Adrian sur les têtes des soldats français. Les Britanniques prirent le temps d’étudier les défauts du  fameux casque français pour sortir leur « assiette à soupe « ou « plat à barbe ». Ce casque traversera les temps pour n’être remplacé que récemment.

Des instruments de musique près du front…

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 avec ces 4 vues en Woëvre: un tambour allemand récupéré près du front, des prisonniers dans un boyau, une musique ayant joué la Marseillaise près du front a vu ses instruments atteints par des éclats d’obus, à l’arrière, des enfants portent une grosse caisse défoncée du régiment.

Enfin pour terminer, deux pages évoquent l’incident de Porrentruy, c’est-à-dire le bombardement par les avions allemands d’une commune du Jura suisse.

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Des traces tangibles de ce bombardement avec des obus non explosé, des traces d’explosion, des vitres de train brisées.
Dans ce secteur où  Suisses, Français et Allemands sont très proches, des combats éclatent quelquefois.

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Il y a (presque) 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 22 avril 1916

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(JOUR 630 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLITS)

Sur la couverture de ce numéro, un homme dans une tranchée. Dans ses mains, le ravitaillement pour les Poilus de première ligne, « l’homme de soupe » dit la légende. Elle précise que, surpris par le bombardement, il se terre au sol pour éviter les éclats d’obus. Vrai ou faux, on ne sait pas mais toujours est-il que cette vue, pour une fois, justifie totalement le nom de cette revue: Sur le Vif ! si ce n’est pas une photo posée.

D’autres images de tranchées, tout aussi intéressantes:

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La réparation d’une mitrailleuse enrayée, l’inspection des bandes de cartouches pour une telle mitrailleuse.

Des innovations pour lutter ici et là…

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Sur la photo de gauche, des cerfs-volants sur des bateaux ancrés en rade pour explorer l’horizon et prévenir l’arrivée de sous-marins allemands… Comment s’y prend-on ?
Sur celle de droite, un ballon captif pour observer les lignes ennemis et les éventuels déplacements des troupes adverses… Même question ?

Un dessin pour explique ce qu’une photo ne peut expliquer:

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Des micros immergés pour déceler la présence de sous-marins, ici près des côtes mais également dans les parages de navires en mer. Ici le principe est plus facile à comprendre !

Des dessins également pour dévoiler un obusier de fort calibre autrichien:

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Un obusier de 305.
En dessous 6 dessins pour donner la recette de la fabrication d’explosifs à haute puissance.

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des dosages chimiques… A ne pas mettre dans toutes les mains, par les temps qui courent… !

Pour terminer, la bataille de Verdun qui se poursuit:

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Une carte des lieux, encore une, pour que les lecteurs de journaux puissent suivre l’évolution de la situation en lisant la presse quotidienne. Cette carte ne donne aucune indication précise de l’endroit où passe le front à ce jour.

La page autour de Verdun…

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avec des destructions, des hommes émergeant de leurs abris pour les besoins de l’objectif, un hommage aux camions qui sont le lien ombilical avec Verdun.

En quatrième de couverture, un paysage de guerre avec ce territoire particulièrement dévasté…

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des arbres décapités, des fumées sur la crête au loin correspondant à des explosions d’obus et cette énorme marmite au premier plan démontre la violence et la puissance des tirs allemands.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 20 avril 1916

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(JOUR 628 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La première de couverture rend hommage (pour une fois) à des personnes très utiles pour les Poilus: le service de santé des Armées. Ici dans une oeuvre de prévention avec cette vaccination contre le choléra, traitement utile à cause de la promiscuité des hommes et un environnement souvent souillé par les déjections, les cadavres d’hommes et d’animaux en décomposition et la présence de rats.

Des munitions, des montagnes de munitions, des munitions impressionnantes…

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comme cet obus de 400 français… des munitions à perte de vue…

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mais aussi originales comme…

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ces torpilles aériennes destinées aux attaques au-dessus des tranchées ou des usines allemandes.

Puisqu’on parle d’aviation, un biplan de chasse atteint au-dessus de l’ennemi…

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mais qui a pu rentrer sans dommage derrière les lignes françaises. On voit des traces d’huile sur la calandre.

Cet autre avion a également connu un atterrissage difficile…

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pour se retrouver ainsi, le nez planté dans l’herbe. Sur le Vif nous précise qu’il n’y a pas eu de casse pour les aviateurs ni pour le grand oiseau, si ce n’est l’hélice légèrement égratignée. mais ce qu’il y a d’intéressant pour cet avion, le « Jeanne d’Arc » suivant la légende, c’est qu’il a été offert à l’armée par les lecteurs du Nouvelliste, un quotidien de Lyon qui  fut publié jusqu’en 1944 et qui disparut à la Libération pour faits de collaboration. Un avion offert à l’armée par les lecteurs d’un journal… Assez original !

Sur mer, le cuirassé américain « Vermont » patrouillant près de la Turquie « pour assurer la sécurité des sujets de l’oncle Sam » a été photographié par un reporter militaire.

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Fait original, il est doté de 2 mimi-Tour Eiffel pour capter les ondes de la TSF.

Plus dramatique fut le sort de cet autre bateau, le navire-hôpital « Portugal » que l’on voit ici avant l’attaque d’un U-boat allemand.

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Cet ancien paquebot des Messageries Maritimes fut réquisitionné en début de guerre pour servir de navire-hôpital. Cette attaque causa de nombreuses victimes dont 19 français disparus.

Des vues de tranchées. Tout d’abord, un boyau que l’on couvre pour en faire un abri plus sûr:

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Dans une tranchée, un tireur d’élite en pleine action…

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avec un fusil doté d’une lunette d’approche. Un sniper  ?

Le théâtre aux armées sur cette vue de 2 comédiens, certainement des Poilus,…

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s’efforçant de distraire leurs compagnons d’infortune.

Pour terminer, monté sur un camion, une étrange machine.

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On nous dit qu’elle est destinée à produire de la glace pour conserver aux frais les viandes destinées aux soldats. Un ancêtre des réfrigérateurs ?

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 16 avril 1916

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(JOUR 624 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La une est faite des généraux Sarrail et Mouchopoulos à Salonique, regardant une attaque des avions allemands qui bombardent le camp retranché d’où les canons anti-aériens se déchaînent en défense. Bien sûr, pas de vue de ce que les hommes regardent, juste une description écrite de la scène. Dommage !

L’intérieur fait la part belle à Verdun avec des images de villages dévastés, quasiment rayés de la carte.

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On parle des villages de Forges et Savonneux dont il ne reste pas grand chose, Avocourt et Malancourt dans l’église duquel une messe est célébrée au milieu des ruines. Si le village de Forges a été complètement détruit et fait partie des villages « morts pour la France », les 3 autres se sont relevés malgré les terribles destructions qu’ils ont subi à l’époque.

Verdun voit aussi des visites de personnalités comme ici celle du généralissime italien, le général Cadorna.

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 Autres visites narrées dans ce Miroir:

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celle de Herbert Henry Asquith, le premier ministre anglais sur les champs de bataille de la Marne…

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et celle des anciens ministres français Stephen Pichon (ancien ministre des Affaires Etrangères) et Louis Barthou (ancien premier ministre) sur l’Argonne. Louis Barthou sera tué sur la Canetière à Marseille lors de l’attentat du 9 octobre 1934 contre le roi Alexandre 1er de Yougoslavie qui sera lui-aussi tué. On en reparlera un jour.

Image insolite…

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celle d’un sapeur écoutant le sol pour essayer de détecter l’éventuels travaux de sapeurs allemands venant poser des mines. Cette terrible et tellement traître guerre des mines qui fit tant de victimes.

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La guerre sur mer avec le torpillage sur la Manche du paquebot français « Sussex » par un U-Boat allemand. On voit ci-dessus sa poupe fortement endommagée. Cette attaque eut lieu le 22 mars 1916 suivant le Miroir, le 24 suivant les sites internet qui en parlent.

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Si le bateau ne coula pas et regagna le port de Boulogne puis du Havre, cette attaque fit tout de même un nombre important de victimes. Les chiffres vont de 50 à 100 morts sur 378 passagers (dont 53 membres de l’équipage). Parmi les victimes: le compositeur catalan Enrique Granados et l’ancien tennisman américain Manliff Goodbody. Après cette attaque, les Etats-Unis protestèrent vigoureusement et demandèrent au Reich l’arrêt de cette guerre maritime. « La promesse du Sussex » a été retenue par l’Histoire, promesse allemande de ne plus attaquer les navires civils.

La guerre dans les airs maintenant  avec des destructions de Zeppelins. Par le dessin tout d »abord avec Carrey…

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qui essaie de faire comprendre aux lecteurs ce qui se passa lors de l’attaque du dirigeable et le sauvetage de l’équipage, scène nocturne dans l’estuaire de la Tamise.
Puis par la photo,

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 avec la tentative de remorquage du dirigeable L-15 en mer du nord, tentative britannique qui échoua puisque les restes du dirigeable coulèrent.

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Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 15 avril 1916

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(JOUR 623 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

C’est la famille d’un maire d’un village proche du front qui fait la une de ce Sur le Vif du 15 avril 1916. On les voit posant devant l’objectif du photographe militaire protégés de ces masques à gaz rudimentaires qui leur donne un air d’extraterrestres. Est-ce au moins efficace faute d’être esthétique?

Une page pédagogique pour commencer cette revue, en page 2:

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Des dessins pour présenter les obus lumineux, ce dispositif pour éclairer les côtes ou ce pistolet projetant des fusées éclairantes qui redescendent lentement avec un parachute.

Verdun maintenant, longuement évoqué dans ce numéro.

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Un impressionnant obusier allemand lourd construit dans les usines Skoda en Autriche.

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Sur la première page « Autour de Verdun », des paysages de forêts détruites par les tirs allemands.

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Sur cette seconde page, on s’aperçoit que la neige s’est invitée dans la bataille. En haut à droite, les ruines de ce village montrent l’ampleur des destructions. Et ce n’est pas fini !

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Un résumé de tout cela dans cette double page centrale: le bois détruit, la neige, les gourbis et une parade militaire à l’arrière pour célébrer comme le dit le titre « les vainqueurs de Verdun ». 

Encore une page pédagogique avec 2 dessins…

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pour montrer les relais de commandement entre les premières lignes et l’arrière. Un véritable travail de taupes pour relier les divers postes, qui fut la marque de fabrique de cette guerre de la fin de 1915 au printemps 1918. D’ailleurs, la quatrième de couverture rend hommage à ces sapeurs qui travaillent sous terre pour créer galeries, magnats et autres puits.

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