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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 23 mars 1916

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(JOUR 600 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Sur la couverture, une batterie de mitrailleuses de la défense antiaérienne contre les attaques des avions allemands et des Zeppelins. Le rédacteur écrit : « Rien n’y manque, mitrailleuse sur pivot, canon vertical lançant des obus incendiaires, télémétreurs, poste téléphonique, etc. Les Allemands sont attendus, ils seront reçus… À canons ouverts ! ! ! »

Ce numéro de La Guerre Photographiée  parle à plusieurs reprises d’aviation.

Ainsi sous le titre : « d’autres aviateurs : une course de vitesse »…

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on voit cette photo aérienne avec un Farman volant en-dessous d’un Chaudron depuis lequel la photo a été prise.

Plus loin, sur un aérodrome dont le nom n’est pas mentionné…

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des avions s’apprêtent à décoller pour aller bombarder la gare de Metz – Sablon. 17 appareils au total. N’oublions pas que Metz est allemande à ce moment de la guerre et présente un noeud de communication important.

Voilà pour l’aviation française. Du côté allemand, c’est moins glorieux :

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« un magnifique Albatros avec ses croix de fer sur les ailes, qui est tombé dans nos lignes. L’avion est intact et le pilote a été fait prisonnier ».

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Pas la même chance pour le pilote de ce Taube, abattu par l’adjudant Navarre. Il ne reste que des débris et les aviateurs allemands ont été tués. Un tantinet chauvin, le journal précise que Navarre est originaire d’Oullins, à côté de Lyon.

Autres sujets quelques nouveautés :

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une série de bombes aériennes assez impressionnantes.

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Une mitrailleuse montée sur une moto (un side-car écrit sud-car) et capable de se déplacer sur les terrains les plus difficiles. Du tout-terrain avant la mode.

Une page nous parle du « casque de nos poilus »…

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pour faire comprendre aux lecteurs (et les rassurer) que tous les Poilus en sont dotés et que tous le mettent sur leur tête, en toutes circonstances.

La guerre photographiée ne parle toujours pas de la bataille de Verdun. Par contre on nous présente une carte de la région de Mulhouse – Cernay…

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où semble-t-il les Allemands ont lancé une attaque secondaire.

Enfin pour terminer, la reproduction d’une affiche apposée par les Allemands semble-t-il à Lille…

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et sur laquelle on lit que quatre personnes (un marchand de vin, un sous-lieutenant, un commerçant et un ouvrier) ont été condamnées et exécutées pour espionnage, pour avoir aidé un aviateur anglais. Une information pas très fraîche toutefois car ces faits remontent au 22 septembre 1915.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 19 mars 1916

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(JOUR 596 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La bataille de Verdun apparaît enfin en première page et est largement évoquée dans les pages intérieures. Les photos les plus dures sont réservées à ces dernières. A la une, un épisode somme toute anodin avec le visage de l’aviateur Jean Navarre, as des airs de la Grande Guerre. On nous dit qu’il a abattu 9 avions allemands dont 6 dans les lignes. Il sera surnommé « la sentinelle de Verdun ».
Verdun qui subit les bombardements allemands avec le lot de destructions que cela entraîne:

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Maisons éventrées dont la façade du collège Bivignier. La population a dû fuir comme on le voit ci-dessous….

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emportant comme elle le peut les biens les plus précieux. Les derniers habitants de la ville et des villages avoisinants sont partis le 8 mars dernier. On va retrouver les Verdinois(es) dans le Jura et le Puy-de-Dôme. Ici des réfugiés de passage à Souilly, au début de leur périple.

Car la bataille fait rage même si Le Miroir s’exprime comme si tout cela était du passé et non pas le début de la grande bataille qui va encore durer longtemps.

Le bois des Caunes dans ce secteur avec l’explosion d’une bombe française sur une tranchée allemande:

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tranchées que l’on découvre tout au fond de cette vue panoramique:

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Moins soft, ces images du champ de bataille après un combat…

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avec toute sorte de matériel hétéroclite abandonné sur la plaine, casques, équipements, ustensiles de cuisine.
Quant aux hommes, deux vues trouvées sur des prisonniers adverses montrant des montagnes de morts que ramassent les hommes dédiés à cette terrible tache:

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Le Miroir affirme la perte par les Allemands de 100 000 hommes, tués, blessés ou fait prisonniers. Une hécatombe pas moins importante que celle qu’ont connu les Français sur cette même période.

Tout cela n’empêche pas le magazine de continuer son grand concours photo…

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et comme la guerre perdure un peu trop, un prix intermédiaire est créé pour récompenser le meilleur cliché de la période 1er avril 1915-1er avril 1916 ! Et il y aura un 1er avril 1917, un 1er avril 1918 de guerre… Le prix spécial de 30 000 francs récompensant la meilleure photo de toute la guerre n’est pas prêt d’être décerné !

On nous apprend la blessure en vol de l’aviateur italien Gabriele d’Annunzio, connu pour être un grand poète, un grand défenseur de l’unification de l’Italie mais aussi un grand amateur de vitesse. La photo annonçant cette nouvelle est celle du départ de l’aviateur

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pour aller lâcher des tracts sur Trente. Il perdit donc un oeil suite à cet accident mais continua tout de même une grande carrière artistique et publique.

Toujours dans le domaine aérien, un immense projecteur…

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fouillant le ciel la nuit et pouvant y détecter avions et zeppelins ennemis.

Après l’aviation, la Marine avec les rescapés du Provence II…

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ce paquebot transformé en transport de troupes qui sera coulé au sud de la Grèce ce qui causera la mort de 1 100 militaires et matelots. Il y eut environ 600 rescapés dont on voit ici une partie de ceux-ci arrivant à Milo, une île grecque de l’archipel des Cyclades.

Double page centrale avec le blocus maritime de l’Allemagne imposé par la Marine britannique…

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qui entraîne en représailles des attaques allemandes contre des navires civils alliés dont on voit quelques drames ci-dessus:l’explosion de « Maloja » ou une attaque contre les docks de Brooklyn.

Autre catastrophe, en France celle-ci…

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avec l’explosion du fort de Double-Couronne à Saint-Denis, en proche banlieue parisienne, une explosion qui fit 23 morts et pas mal de destructions.

Autre terrible scène, cette pendaison…

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d’opposants de la minorité roumaine de Hongrie, image qui fait penser à ce qui allait se passer, 20 ans plus tard sur le front de l’est.

Pour terminer une scène plus douce.

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Des officiers allemands du secteur de l’Hartmannwillerkopf partant puis revenant de la chasse pour améliorer leur ordinaire. Une nouvelle hécatombe mais chez le gibier local !

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Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 18 mars 1916

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(JOUR 595 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

L’information de la couverture: une réunion sur le terrain où un général de Brigade fait la critique des manoeuvres ordonnées pour repousser l’ennemi par le général Bubail. Un monde bien tranquille loin des violents combats qui se déroulent dans ce secteur depuis 3 semaines, combats meurtriers comme on peut le voir ci-dessous:

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Des morts ennemis, bien entendu !

Quant à la page Sur le Front

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rien de bien méchants, un bateau en paille pour franchir un cours d’eau, le travail du Génie, des tranchées bien proprettes !

Plus spectaculaire, cette ambulance qui a été prise pour cible par des tireurs allemands…

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Preuve irréfutable de leur infamie, commente la légende.

Un joli mur de paille…

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véritable pare-balles construit dans les rues du village de X… En quelle saison ?

Une page plus intéressante avec 4 photos sur l’arraisonnement d’une jonque arabe par la Marine britannique dans le Golfe persique.

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 L’intervention de Britanniques sur la première photo, des armes trouvées à l’intérieur du bateau à destination des Turcs très certainement sur la seconde, la sanction immédiate sur la troisième avec la destruction du bateau et celle du village d’où venait la jonque sur la quatrième, village où étaient construits d’autres bateaux.

Enfin, une page revient sur la destruction du Zeppelin près de Brabant-le-Roi, événement dont la presse a déjà parlé dernièrement.

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La batterie  montée sur automobile d’où est parti le tir victorieux.

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La carcasse métallique calciné du dirigeable.

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Son avant.

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Ce qu’il reste de la nacelle…

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et des malheureux aérostiers allemands.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 16 mars 1916

 

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(JOUR 593 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Sur la couverture, une photographie montrant une visite médicale au front… ! Cette scène est si peu plausible à tous les points de vue que le rédacteur de la légende n’hésite pas à avouer qu’elle date d’août 1915 ! Soit une demie-année avant ! Quant aux visites médicales dans les tranchées, elles ne furent certainement pas très nombreuses quand on sait le nombre de maladies infectieuses que la promiscuité occasionna et le nombre important d’hommes qui mourut de maladies entre 1914 et 1918 ou revint en mauvaise santé, maladies qui les accompagnèrent jusqu’à le fin de leurs jours, comme ce fut le cas d’Abel Landraud à Ancone par exemple !

Ce numéro va traiter comme les autres de la guerre mais il a réservé la double page centrale à l’inauguration de la foire de Lyon, le 1er mars dernier.

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Une foire d’échantillons comme le dit le titre de l’article. Une foire qui semble disséminée dans plusieurs lieux de la ville: au Conservatoire, au Palais de la Bourse.

Petite promenade dans des fronts lointains:

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Sous la neige les tranchées austro-allemandes en Pologne face aux Russes.

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Ces mêmes autrichiens sur le front italien avec une tranchée abritée sous une infrastructure de bois et une colonne de ravitaillement sur un sentier escarpé.

Chez nous, des prises de guerre:

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des mitrailleuses enlevées à l’ennemi allemand.

Un canon de 155….

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avec des roues anti-enlisement ! Photo prise en Champagne. A quelle époque ?

Des obus vraiment gigantesque…

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comparés à la taille des hommes posant à leur côté et certainement debout sur des caisses.

Pour terminer, une carte dessinée et un dessin.

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La carte illustrée de la région de Verdun, où, pour la première fois, La Guerre Photographiée avoue que des combats importants se déroulent. Le commentaire mérite d’être reproduit:

On voit l’entêtement obstiné des Allemands et le peu de cas que fait de ses hommes l’état-major du Kaiser. Les Allemands veulent Verdun et se font tuer par milliers pour arriver à leur but. Réussiront-ils ? Nous ne le pensons pas. Car les nôtres se battent avec tant de courage que la victoire doit leur sourire. Au prix de 400 000 morts de chaque côté sur 8 mois d’intenses bombardements.

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Un dessin de P. Gilelli ou Giletti ou Vitelli pour illustrer ce que la photographie n’a pu faire: la fin d’un Zeppelin allemand, détruit par les tireurs de la section d’autocanons de Révigny et qui s’abattit près de Brabant-le-Roi (près de Bar-le-duc). Sur le site de la commune, il semblerait que ce soit des mitrailleuses posées au sol qui aient détruit le gros dirigeable. Les assises de celles-ci sont toujours présentes à l’extérieur du village.

On peut voir un petit film de moins d’une minute sur des hommes fouillant les restes de la carcasse du dirigeable, en février 1916:

http://www.cnc-aff.fr/internet_cnc/Internet/ARemplir/parcours/EFG1914/pages_FR/212007.html

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Une BORNE SEIGNEURIALE entre ORANGE et CADEROUSSE

  Une borne seigneuriale, c’est un petit bloc de pierre, ici de 1,05 mètre de haut, 37 cm de large et 25 cm d’épaisseur qui a pour vocation de séparer 2 seigneuries. C’est le bornage du temps jadis… car celle-ci date de 1302 suivant le rédacteur de l’article: Paul Marquion.

 Paul Marquion était originaire de Caderousse, érudit, homme de théâtre en provençal et militaire de carrière à la retraite à l’époque où il signa cet article dans le Bulletin des Amis d’Orange au 3ème trimestre 1968.

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 Paul Marquion, c’était aussi un copain d’enfance et de jeunesse de mon grand-père Gabriel qui pose ici à ses côtés, peu de temps après la fin de la Grande Guerre.

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Paul Marquion assis, mon grand-père à gauche et Antonin Roche à droite.

Paul Marquion, c’était donc la cheville ouvrière de cette revue patrimoniale orangeoise et dans les années 60, 70, il y écrivit une série d’articles sur Caderousse sous le prétexte de décrire la vie d’avant 1914. Comme il connaissait très bien celle de Caderousse pour y être né et y avoir longtemps vécu, il raconta le village de son enfance. On en reparlera.

Revenons à la borne seigneuriale. Dans cet article, Caderousse n’est pas un prétexte mais bien au centre de cet article avec cette borne délimitant jadis les seigneuries d’Orange et de Caderousse. Pas de photo comme il est de coutume dans ce Bulletin mais un dessin reproduisant les armes des seigneurs gravées de part et d’autre de la borne.

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D’un côté le cornet d’Orange, de l’autre les clés toujours présentes dans les armes de la ville de Caderousse.

Cette borne trouvée dans un champ fut vite déplacée dans la cour d’une ferme voisine où elle put être observée… chose complètement interdite ! les bornes seigneuriales ne pouvant en aucun cas être déplacées, sauf cas de force majeure, pour éviter leur destruction par exemple. Il en est de même pour les repères de crue.

L’article nous dit que c’est la 3ème qui était connue car cette découverte quand elle se sut, réveilla les mémoires de locaux qui indiquèrent aux membres de l’Association des Amis d’Orange, 2 autres bornes, l’une dans un champ dont les armoiries ont disparu et une autre dans un bois mieux conservée. Que sont-elles devenues presque 50 ans après ?

On sait d’après les textes qu’il existait 37 bornes. Il en restait donc 34 à découvrir en 1968. Et de nos jours ?

Voici le texte complet de cet article où vous pourrez lire toutes les recherches des Amis d’Orange en 1968…

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et une vraie borne seigneuriale dont on reparlera certainement un jour prochain…

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La 4ème de couverture du Bulletin des Amis d’Orange.

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Voici ce que vient de me préciser Jean-Paul Masse sur ces bornes seigneuriales faisant la limite Orange-Caderousse qu’il connaît  bien.

je connais bien ces bornes!!
il en existe encore une au quartier du prince doc joint
une à la maclarde a été déplacée
une aux mians a été volée
une se trouve au musée d’Orange
il faudrait que caderousse aille sauver une de ces bornes !!

avec cette image de la borne du Prince:

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 12 mars 1916

 

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(JOUR 587 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

En première page, encore une photo d’une réception militaire. En pleine bataille de Verdun, on nous montre la remise de la croix de guerre à un régiment de chasseurs à pied. Avec une photo et une cérémonie qui semblent dater de l’été dernier ou de l’automne !

Par contre, à l’intérieur, plusieurs pages qui relatent cette grande bataille qui vient de s’engager. En double page centrale, enfin une carte des lieux:

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Une carte sur laquelle on peut lire des noms qui deviendront célèbres: Vaux, Douaumont… comme sur ce détail agrandi:

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Une page à l’italienne de Quelques unes des localités attaquées du 23 au 27 février:

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Malancourt, la côte de Talon, Manheulles, Beaumont, Hennemont, Eix-Abaucourt, Eix. Des images d’archives des temps heureux. Malancourt qui abritait 723 habitants avant guerre n’en comptait plus que 101 en 1921, une saignée dont le village ne se remettra plus jamais: 75  habitants de nos jours !

Les autres villages ont connu le même sort:

Manheulles: 311 habitants en 1911, 134 en 1921 (143 à notre époque)

Hennemont: 337 habitants en 1911, 96 en 1921 (114 à notre époque)

Eix: 623 habitants en 1911, 132 en 1921 (257 à notre époque)

Beaumont en Verdunois: 186 habitants en 1911, « village mort pour la France »

Le hameau de Eix-Abaucourt fait partie du village de Abaucourt-Hautecourt.

Un paysage panoramique et 2 photos de destructions importantes sur cette autre page:

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Les ruines impressionnantes de Fresnes-en-Woevre dont la population passera de 655 habitants en 1911 à 393 en 1921 (726 à notre époque ce qui tend à prouver que le village s’est remis de cette catastrophe).

 Toujours Verdun avec une page sur les Allemands qui ont dirigé l’attaque. 

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Entre les 2 militaires peu attentifs à l’étiquette: de gauche à droite, le Kaiser Guillaume, le Kronprinz son fils avec son casque des hussards de la mort un peu ridicule et le fils de ce dernier, le prince Oscar. En dessous:

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des chefs militaires: le général Deimling, le feld-maréchal von Haeseler  et von Beseler.

Le titre semble sous-entendre que l’attaque est terminée alors que les combats vont durer 9 mois encore.
Autres sujets hors-Verdun: des parlementaires monténégrins et autrichiens se rencontrent…

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Pour mieux préparer la suite, les monténégrins s’apprêtent à signer un armistice tandis que les paysans se livrent à des actions de guérilla.

Le croiseur auxiliaire « Provence-II » vient d’être coulé en Méditerranée:

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Des vues du croiseur, de l’embarquement le 23 février 1916 à Toulon, à bord et pas d’image de cette attaque qui fit 1 100 victimes sur 1 700 hommes. Cet ancien paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique avait été transformé en transport de troupes. Les hommes appartenaient au 3ème Régiment Colonial qui partait pour Salonique. L’attaque d’un sous-marin allemand U-35 stoppa le voyage et la vie d’un millier d’hommes le 26 février 1916 au large du cap Matapan, à l’extrême sud du Péloponnèse. Le grand navire sombra en 17 minutes ce qui empêcha bon nombre d’hommes de s’échapper. Des hommes qui n’avaient pas de gilets de sauvetage car ceux-ci manquaient cruellement.

Pour terminer sur du plus léger, encore une vue des chiens d’Alaska pour tirer des traineaux dans les Vosges:

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Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 11 mars 1916

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(JOUR 586 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Le lancement d’un cuirassé américain, le Wyoming, à la une de Sur le Vif du jour. Les machines à vapeur du gros navire crache une fumée noire comme sur les locomotives. Une belle pollution atmosphérique dirait-on de nos jours. Mais les préoccupations de l’époque n’allaient pas à la défense de l’environnement mais aux Etats-Unis en marche vers la guerre.

On n’en est pas encore là ! Sur le front de l’est, des soldats russes fêtent à leur manière la chute de la ville turque d’Erzeroum dont on a parlé récemment.

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Ils projettent vers le haut leurs couvre-chefs.

Autre brève: une grosse saucisse sur le front français…

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un ballon captif français pour observer les mouvements allemands.

La météo est à la pluie (ou l’était ces derniers temps puisque les reportages ne collent pas toujours à l’actualité) et la Marne a débordé de son lit.

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Seule la croix de la tombe d’un soldat enterré là dépasse des eaux qui recouvrent la plaine, laissant là un décor un peu surréaliste.

Quatre vues de Salonique sur cette page:

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En haut , les consulats de Bulgarie et d’Allemagne de la ville sont fermés et occupés respectivement par les Français et les Britanniques. En bas, à gauche, une route en réfection avec l’emploi de personnels grecs et serbes.

En Afrique, le magazine annonce dans la légende…

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la fin du rêve colonial allemand. Dans l’est africain, les Allemands sont en débandade devant la puissance des troupes alliées qui, elles, reçoivent des renforts des métropoles.

En Albanie, une route de montagne avec une épingle à cheveux périlleuse pour les camions militaires de l’armée serbe en retraite…

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et sur ce même front oriental, une nouvelle invention pour protéger les fantassins allemands quand ils tirent:

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Encore une nouveauté qui fera long feu !

Nous sauvons les pirates… tel est le titre des 2 photos de cette page…

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sur lesquelles on peut voir un sous-marin britannique sauvant des marins allemands venant d’un navire coulé par eux. La légende se termine par cette phrase qui n’est pas forcément exacte mais partisane: Si les rôles avaient été renversés, tous les marins anglais eussent péri. 

Une page sur le front des Vosges à la gloire des troupes alpines.

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Les diables bleus comme ils ont été surnommés.

Une page sur l’Angleterre avec en haut…

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un bateleur sur Trafalgar Square à Londres qui harangue la foule et exhorte les jeunes gens à s’engager.

En bas,…

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le premier panneau certainement pour demander aux véhicules de ralentir à l’approche d’un hôpital. Celui de gauche demande à l’attelage de ralentir, celui de droite le remercie de l’avoir fait. La première version du petit bonhomme actuel du radar posé à l’entrée des villes qui fait la grimace pour les voitures qui vont trop vite et se met à sourire quand celles-ci ont passé en dessous du seuil maximum autorisé.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 09 mars 1916

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(JOUR 584 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Un canon gigantesque à la une, en Champagne. Alors que la bataille de Verdun fait rage, l’hebdomadaire ne va insérer que 2 photos noyées dans la masse. En tout cas, pas quelque chose d’essentiel pour la rédaction.

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Débarquement de troupes fraîches à Verdun sans parler de la bataille.

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Une autre vue de cette même gare avec de nouvelles troupes. Par contre, on insiste sur la soupe ou le jus qui attendent les Poilus ! Incroyable !

Le reste de la revue, soit la majorité de celle-ci, est intemporelle avec des tombes de héros:

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dont celles de musulmans à Louvois dans la Marne et de métropolitains au même endroit, d’autres à Beaumont-sur-Vesle en Champagne.

Des photos sur la ligne de feu:

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avec une photo d’avions, une autre de troupes en route pour Verdun et une dernière en cantonnement à Ranzières dans la Meuse. Bien calme cette ligne de front…

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comme au Linge dans les Vosges, pourtant théâtre de terribles combats.

On a longuement parlé du dessinateur humoristique hollandais De Raemaekers la semaine dernièrereçu en mairie de Paris, dans La Guerre Photographiée. Une page de dessins de lui parus dans divers journaux dans le magazine de cette semaine:

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Une arme vraiment imposante que ce très long fusil !

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Pas du tout ! C’est une illusion d’optique de 2 fusils superposés et orientés dans le même axe !

Pour en revenir aux Vosges, on a essayé les chiens d’Alaska pour tirer des traîneaux:

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Anecdotique !

Une vue prise depuis une tranchée nous dit-on pour expliquer cette photo:

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Les chevaux de frise ne sont pas nécessaires ont est inextricable ce fouillis de troncs !

Pour terminer, des réfugiés de guerre en Corse:

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Près de 300 blessés serbes sont hospitalisés à Piana. A Ajaccio, c’est un mariage serbe qui a été célébré. Hospitalité corse !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 05 mars 1916

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(JOUR 580 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

  Histoire de Zeppelin pour ce Miroir du 5 mars 1916 avec pas moins de 4 pages sur la chute d’un de ces gros ballons, le « L-Z-77 » près de Brabant-le-Roi. La couverture, bien sûr, est de loin la plus horrible avec le corps d’un aviateur, celui d’un adjudant allemand tombé en même temps que l’engin qu’il occupait. Dans la légende, le rédacteur se demande s’il est tombé accidentellement ou s’il s’est jeté de la nacelle. Le « L-Z-77 » étant tombé suite à un combat, la chute accidentelle est forcément la solution !

En double page centrale, on nous explique avec forces schémas et dessin, le pourquoi et le comment de cette destruction.

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Le passage tout feux éteints du gros cigare, le tir des mitrailleuses montées sur des automobiles, tirs qui font mouche et le lendemain, les restes avec cette infrastructure en métal en 2 tas distincts puisque l’engin s’est coupé en 2 avant de chuter.
En quatrième de couverture, les vainqueurs et les vaincus, les vivants avec le projecteur et la mitrailleuse, les corps des victimes allemandes de cette catastrophe.

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  C’est bien sûr dans la zone de Verdun (entre Reims et Verdun) que s’est produit la chute de ce Zeppelin. Verdun où depuis 2 semaines exactement, a commencé la grande attaque allemande. Une page de photos bien paisibles du coin… des vues d’archives.

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On y voit des champs de barbelés et de frises en excellent état alors que les Allemands firent pleuvoir un véritable tapis de bombes sur les défenses françaises. On nous montre toutefois un village rasé, celui d’Ornes, village qui sera déclaré « Mort pour la France » car jamais plus reconstruit à l’instar de Bezonvaux, Douaumont et Vaux-devant-Damloup. Mais nous aurons certainement l’occasion d’en reparler.

Un Poilu peu ordinaire…

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en tenue de fantassin avec le casque de chasseur à pied sur la tête, un peu trop âgé pour être un territorial ! Il s’agit tout simplement du Président de la République…

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en visite en Woëvre: un tour dans une tranchée, un transport avec un genre de traîneau sur voie ferré tiré par des chevaux.

En Turquie, à Constantinople, les funérailles de 3 officiers allemands présents dans ce pays pour instruire et commander des unités ottomanes:

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des officiers dont le présence est mal acceptée par la population locale. Si bien que ce ne sont que des étrangers qui assistent au passage de ce cortège. C’est tout du moins ce dont parle la légende de cette page.

Pour rester dans le secteur, à l’autre extrémité du pays, on nous apprend que les armées russes viennent de délivrer l’Arménie.

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 Des vues de villes « libérées » par les Russes: Erzeroum, Tchanly-Kilissa, Bitlis, Ketchi-Kali et Trébizonde. Aucun mot des massacres des Arméniens, juste les succès foudroyants de nos Alliés. A Erzurum il ne reste qu’une centaine d’Arméniens sur les 20 000 qui vivaient dans la ville avant les massacres ! A Tilbis, ce sont 15 000 Arméniens qui ont été massacrés dans un action que le général Vehib Pacha décrivit ainsi: « un exemple d’atrocité qui ne s’est jamais produite dans l’histoire de l’islam ». C’est tout dire ! Quant à Trébizonde devenu Trabzon après 1922, les massacres commencèrent entre 1894 et 1896 et firent 30 000 victimes arméniennes (massacres hamidiens). En 1915, ce furent 10 000 Arméniens qui furent assassinés ainsi que les Grecs Pontiques, si bien que cette ville qui jusque là était à majorité chrétienne, devint totalement musulmane. Il est toujours bon de rappeler ces horreurs en espérant que la Turquie, un jour, fasse amende honorable !

 Autre lieu et autres souffrances, celles des civils qui fuient devant l’avancée des armées autrichiennes.

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Il s’agit des enfants orphelins serbes que l’on voit ci-dessus, protégés par les restes de l’armée de leur pays. On en retrouvera… en Corse !

Pour terminer cette page: L’étrange capture du paquebot « Appam ».

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Un paquebot anglais considéré comme perdu qui réapparut aux Etats-Unis avec des passagers allemands sur la passerelle et des anglais gardés par des militaires allemands. ce navire sera restitué à ses propriétaires par un tribunal américain de Virginie le 29 juillet 1916.

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L’INCENDIE du REICHSTAG dans le MIROIR DU MONDE du 4 mars 1933.

Un petit mois après la prise de pouvoir d’Hitler, l’incendie du Reichstag, le parlement allemand, donna prétexte aux Nazis au pouvoir de faire disparaître les libertés individuelles et par la même occasion de faire de même avec tous leurs opposants de gauche: communistes, socialistes, démocrates, libéraux.

C’est quelques jours après l’incendie que le Miroir du Monde paraît.

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La couverture de la revue est faite du départ du Japon de la S.D.N. mais la une de l’intérieur ne se trompe pas d’actualité:

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avec 3 photos de la coupole brisée, les ruines fumantes et les pompiers éteignant les derniers foyers.
Dans la seconde page relatant cette catastrophe, la presse reprend la version officielle que s’empressa de diffuser le gouvernement nazi:

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l’acte isolé d’un pyromane néerlandais, proche du Parti Communiste qui sera rapidement condamné à mort et décapité.

Le magazine commence à détailler la répression officielle lancée par le ministre de l’Intérieur de Prusse, Goering, à l’égard de tous les opposants. En effet des élections législatives devaient se tenir le 5 mars 1933 et les sondages n’étaient pas bons pour les Nazis. En faisant disparaître légalement, toute forme d’opposition, cela allait leur faciliter considérablement la tache.

On y voit des ruines fumantes…

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et des policiers essayer de sauver ce qui pouvait encore l’être.

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Si ces 2 pages semblent avoir été imposées par l’actualité, les 2 autres pages écrites avant l’incendie par Andréas Patzenhofer…

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sont bien loin de l’angélisme du journaliste relatant la prise de pouvoir par Hitler dans ce même  Miroir du Monde il y a quelques semaines qui présentait le dictateur comme un homme hésitant et indécis. Pas un mot sur l’incendie mais la narration de la situation politique depuis l’avènement des Nazis et les violences commises par ceux-ci en toute impunité contre leurs opposants, les assassinats impunis puisque commis par des nazis devenus des (tout ce qu’il y a de plus officiels) policiers, on le voit sur cette photo.

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Seule cette caricature d’Hitler…

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montré en enfant terrible du Reich fait un peu désordre. Car les autres photos vont dans le sens d’une machine infernale en marche:

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les discours enflammés,

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les saluts imposés,

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la propagande efficace.

On est 6 ans 1/2 avant le déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale, mais le rattachement de Dantzig à l’Allemagne  est, déjà, un motif  de propagande tel le prouve cet avion parti de la ville portuaire pour rejoindre Magdeburg lors d’un meeting nazi:

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Le journaliste, là, devient presque prophète puisqu’il annonce qu’après le 5 mars les libertés individuelles et politiques seraient supprimées par un coup d’Etat qui porterait Hitler au pouvoir. L’incendie du Reichstag dont il aurait pu parler si on lui avait permis de retoucher son article lui donnait raison.
Un incendie du Reichstag qui de nos jours est attribué à un groupe de S.A. sous les ordres de Röhm par tous les historiens sérieux. Le malheureux communiste néerlandais Marinus Van der Lugge n’aurait jamais pu rentrer tout seul le matériel nécessaire à l’incendie, équivalent à la cargaison d’un camion ni avoir pu allumer simultanément plus de 20 foyers disséminés dans l’immense bâtiment, tout cela sans que personne ne s’en aperçoive ! Il a d’ailleurs été réhabilité le 10 janvier 2008 par la  justice allemande qui annula le verdict prononcé 75 ans plus tôt !

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