Archives de Tag: 1917

Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 17 juin 1917

(JOUR 1050 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Marat assassiné dans son bain par Charlotte Corday le 13 juillet 1793 ? Non un soldat et son chien blessés par la même balle ! Image larmoyante et totalement montée !

Ce numéro du Miroir, à la différence du précédent, va nous faire voyager à travers le monde.

En Russie tout d’abord.

Retour sur les festivités de Petrograd du 1er mai dernier.

La foule sur le Champ de Mars, on l’a lu abondamment la semaine dernière et le témoignage d’un Poilu russe ayant perdu un bras. Ressemblant à Lenine, il appelle à continuer la guerre. Pas sûr !

Aux Etats-Unis ensuite.

Plusieurs pages sur ce sujet.

Une base pour l’entraînement des futurs aviateurs a été ouverte à Plattsburgh, dans l’Etat de New York, non loin d eta frontière canadienne. L’ébauche du futur aéroport de Plattsburgh.

Du personnel de santé américain arrive à Londres, en haut. En bas, des ambulancières défilent devant le Président Wilson.

La conscription n’existant pas en Amérique, les hommes, à l’instar des Britanniques au début de la guerre, sont enrôlés volontaires. Il faut battre le pavé pour en trouver. Ci-dessus un Peau-Rouge harangue les Yankees en les incitant à rejoindre l’Armée.

Un première unité française a rejoint le front français. Il y reçoit la bannière étoilée envoyée par Wilson.

La Grèce maintenant.

Les supporters du Premier Ministre Elefhéros Venizélos prêtent serment au drapeau, le 20 mai à Argostoli.

La Grèce toujours au bord d’une guerre civile doublant la guerre contre Allemands et Bulgares.

En Italie enfin.

Deux vues du front italien, du côté des Dolomites.

En haut, le bombardement du Monte Santo par les troupes alpines italiennes. En bas, des volontaires italiens (arditi) près à attaquer (peut-être).

Un peu de front français pour terminer.

Le Miroir se gargarise après la destruction d’un point d’observation allemand par l’artillerie franco-britannique. On dirait pourtant qu’il s’agisse d’un château ancien. Un acte de barbarisme gratuit ?

Une avancée de chars d’assaut avec cette originale photo prise depuis l’ouverture d’un char et montrant un char voisin.

Pour finir, le travail d’un observateur depuis sa nacelle suspendue à un ballon captif. Ce à quoi il faut veiller:

Noter ses observations sur les cartes et les transmettre, mais aussi…

…veiller à ce que le parachute soit fin prêt à servir. Un Taube peut surgir à tout moment !

1 commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 10 juin 1917

 (JOUR 1043 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une vue qui date d’un bon mois en arrière. Le 1er Mai, le Ministre Russe de la Guerre, Kerensky, leader de la Révolution de Février s’adresse aux ouvriers sur le Champ de Mars à Petrograd. On nous dit que par moins de 90 tribunes ont été édifiées pour permettre aux tribuns de s’exprimer. Mais qui doit pouvoir l’entendre dans ces conditions.
Car il est vrai que la place est noire de monde:

Au même endroit que Kerensky, c’est un ministre français, Albert Thomas, ministre des munitions qui s’adresse à la foule !

Après ces images paisibles de Petrograd, la revue fait une large part aux combats sur le front français, avec bien entendu l’interrogation de savoir s’il s’agit de vraies images de guerre ou des vues de manoeuvres présentées comme de vraies photos du front.

Tout d’abord, Laffaux, partie ouest du Chemin des Dames.

Tout n’est que ruines et destructions après l’attaque du Moulin de Laffaux des 5 et 6 mai 1917.

A l’autre extrémité est du Chemin des Dames, Juvincourt, au nord de Berry-au-Bac et une attaque réelle ou simulée.

Si l’image du haut semble plausible, celle du bas ne le paraît pas surtout à la lecture de la légende: …les hommes ont atteint la limite de leur avance. Les mitrailleuses ennemies les arrêtent et, sous la protection des nôtres, ils commencent à creuser rapidement une tranchée.

Entre les 2, plus près de Juvincourt que de Laffaux, Craonne:

En 3 images une attaque et des instantanés pris à 4 heures 20 du matin. Le Miroir insiste sur la prise de Craonne ce que les feuilles allemandes s’entendent à travestir les résultats (de l’attaque française).

 Après la terre et les luttes pour quelques dizaines de m2 de territoire, les airs.

Dans les cieux, sous les yeux des photographes, la 11ème victoire de l’adjudant Madon…

…et la chute de son adversaire, un Albatros tombé derrière les ligne françaises.

Plus tard, l’as des airs victorieux est fêté à son atterrissage. Georges Madon terminera la terre avec 41 victoires officielles et 64 non homologuées mais probables. Il se tuera le 11 novembre 1924 à Bizerte lors d’un meeting aérien à la mémoire de Roland Garros.

La guerre d’observation par ballon. Bien souvent l’observateur en était réduit à redescendre sur terre en parachute.

La démonstration par l’image.

Pensé depuis bien longtemps et testé à la fin du XVIIIème siècle, le parachute ne prit son essor que lors de la Première Guerre Mondiale pour les observateurs et à la fin de la guerre, les pilotes d’aéroplane. C’est d’ailleurs le parachute qui sauva la vie à l’aviateur Hermann Goering, as de la Grande Guerre et futur dignitaire nazi.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 03 juin 1917

 (JOUR 1036 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La guerre sous-marine fait rage. De nombreux bateaux sont coulés par les U-boats. Les scènes de sauvetage telles que celle présentée se multiplient par toutes les mers et océans de la terre. Sans oublier les pirates qui agissent pour les Allemands comme les sous-marins. L’insécurité maritime est totale.

En seconde de couverture, on parle d’un transport, le « Gard » qui a lutté 2 heures contre 2 sous-marins qui l’attaquaient au canon.

Après s’être échappé de ce piège, l’équipage pose avec son capitaine Robert Etienne.

En Italie, l’offensive italienne se déroule du pied des montagnes jusqu’à la mer, de Talmino à la côte vers Trieste.

Une petite carte pour comprendre la situation, la flèche indiquant Talmino.

En Russie, la Révolution bourgeoise a décidé de faire ôter toutes les traces de l’ancien régime.

On enlève des aigles impériaux…

…par tombereaux entiers.

Au Chemin des Dames, le vaguemestre fait ses affaires aux milieux des cadavres.

Cadavre allemand bien entendu, en atteste le casque à côté de celui-ci.

Les tanks maintenant, qui ont fait leur réapparition après une première tentative infructueuse en 1916.

On ne dit pas encore chars mais tanks.

Des équipages posent devant leurs engins.

Même en Orient, en Mésopotamie, des chars d’assaut sont là et ont surpris les Turcs.

Pour terminer, retour en France à la gare du Nord, …

les femmes s’occupent de l’entretien des appareils. Une photo qui fait penser aux ouvriers travaillant à l’édification des buildings de Manhattan.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 27 mai 1917

 (JOUR 1029 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une image d’un thème qu’on a déjà vu plusieurs fois: la protection contre les gaz. L’homme…

…comme le chien…

…portent le même engin à travers lequel il est si difficile de respirer. Quant à que cela soit bien réel… Une belle photo montée surtout quand on voit en arrière-plan des brancardiers à l’oeuvre. Bof !

Une nouveauté: des abris bétonnés construits par les Allemands pour protéger leur artillerie.

On n’avait pas encore vu cela et ces constructions doivent être restées particulièrement limitées.

Une vue de tirs d’artillerie sur la Scarpe, une rivière du nord de la France dans un paysage bouleversé:

A noter au premier plan des tombes de Poilus toutes proches des tranchées.

A Reims, en Champagne, les bombes tombent sur la ville et l’Hôtel-de-Ville a été détruit par ces tirs d’artillerie.

A rapprocher de la vue de la semaine dernière de la cathédrale cachée par les volutes de fumée.

En Champagne où on peut enfin voir une attaque avec un mouvement de chars d’assaut.

 

S’il s’agit de l’attaque du Chemin des Dames du 16 avril 1917, à Berry-au-Bac, les chars Schneider engagés connurent un échec important et ce qui n’encouragea pas les vieux généraux à approfondir cette stratégie militaire. Plus tard, les chars Renault, plus petits et maniables, eurent plus de succès !

Une vue d’ailleurs de ce secteur du Chemind des Dames avec les destructions de Crayonne après la bataille.

Craonne, la ville de la chanson pacifiste écrite suite à ces attaques meurtrières et inutiles.

Premiers américains en Europe utilisant une méthode d’observation totalement désuète.

On se croirait revenu en 1914 !

Par contre, à l’opposé, on nous présente une nouvelle technique pour creuser les tranchées avec ce matériel de travaux publics particulièrement moderniste.

On n’a pas inventé mieux un siècle plus tard pour creuser des tranchées. Ce ne devait pas être les Poilus qui se plaignaient de cette invention…. même si elle ne fut certainement guère utilisée en vrai… l’engin de terrassement étant une cible facile pour ceux d’en face.

Allons en Orient. Première étape la Macédoine où l’on voit une fanfare française jouer la Marseillaise nous fait-on croire ou la Madelon plus certainement au pied d’un minaret.

Cela fait penser au roman graphique en 5 volumes Quintett se déroulant dans cette partie du front.

Seconde étape plus à l’est, la Mésopotamie où les Britanniques ont beaucoup progressé et fait régressé l’Empire Ottoman.

Les prisonniers turcs sont légion tout comme en Palestine où, de partout, les Turcs ne sont pas capables de défendre un empire aussi vaste.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 20 mai 1917

 (JOUR 1022 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Les Etats-Unis sont entrées en guerre contre l’Allemagne le 6 avril 1917. Une mission française arrive à New York pour discuter de ce que sera le contenu de l’intervention américaine sur le sol français.

 Des vues d’une Amérique entrée en guerre.

Les soldats américains défilent sur la 5ème Avenue à New York. Il s’agit de marins, les premiers concernés pour l’acheminement des hommes et du matériel vers l’Europe.

La même parade ou un autre sur cette même mythique avenue new-yorkaise. Ici la jeunesse américaine défile devant les drapeaux des Alliés: anglais, français, russe, italien mais aussi cubain et panaméen.

Les premières troupes s’embarquent pour l’Europe accompagnées de jeunes femmes enthousiastes.

116 708 soldats américains mourront en Europe ou sur le chemin de celle-ci et 205 690 autres seront blessés. Moins enthousiasmant !

Ces Américains s’adressent aux Allemands par l’envoi de tracts écrits en Allemand et largués par ballon. Tout cela pour informer leurs ennemis justement…

Comme si la guerre n’était pas avant tout une affaire de propagande.

Pour d’autres anglo-saxons, les Australiens, c’est le moment de voter pour les élections fédérales. Les soldats et infirmières peuvent voter autant à l’arrière, à Londres que sur le front.

La guerre sur mer avec une double page sur le torpillage d’un navire par un sous-marin allemand.

Tandis que le bateau commence de s’enfoncer, l’équipage s’en éloigne dans des chaloupes. Vraie photo retouchée.

A Reims, le bombardement de la ville et au second plan, la cathédrale, pas épargnée par les bombes.

Cela permet de parler à nouveau de Barbares pour la presse française.

En caricature, des As aériens de la Guerre sur deux pages:

C’est le peintre officiel de l’aviation qui a croqué ci-dessous: Alfred Heurtaux, René Dorme, Albert Deullin et Mathieu Tenant de la Tour. Ils comptent à eux quatre 74 victoires reconnues plus 96 non homologués (il fallait que la victoire soit attestée par 3 témoins pour qu’elle soit homologuée). Deux perdront la vie pendant cette guerre: Dorme abattu 5 jours après la parution de la revue, le 25 mai 1917 et de la Tour, le 17 décembre 1917.

Bien entendu le capitaine Georges Guynemer qui aura 53 victoires plus 35 non homologuées le jour de sa disparition le 11 septembre 1917.

Pour terminer, le Poilu qui redevient paysan pour sauver l’arbre coupé par l’obus, se doit de le greffer.

On le voit ci-dessus en plein travail.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 13 mai 1917

(JOUR 1015 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La Révolution russe reçoit toujours un accueil clément et bienveillant dans la presse français. Pour l’heure, les Révolutionnaires ne sont pas d’affreux Bolcheviks et ils continuent d’être nos Alliés contre les Allemands. Après la Révolution d’Octobre, ce sera beaucoup moins cordial.
Pour l’heure, on voit le gardien du Palais de Tsarkoie-Selo dans lequel est retenue prisonnière la famille impériale de Russie fièrement montrer un drapeau qu’on présume être rouge recouvrant les insignes tsaristes.

 D’autres vues de cette révolution russe:

Des policiers de l’ancien régime tsariste sont arrêtés et enfermés dans des prisons semble-t-il assez confortables.

Plus violente la destruction par le feu du bâtiment abritant la cour d’assises à Petrograd et un régiment russe prêtant serment au nouveau régime, la République démocratique comme il est écrit sur le drapeau rouge.

Restons en Orient et le front du même nom, à Salonique.

Des prisonniers allemands et bulgares sont transformés en bête de somme par les Alliés. Dans ce cas, le Miroir est moins indigné que quand il s’agit de parler de la condition des prisonniers français en Allemagne.

Plus loin vers l’Est, en Extrême-Orient, la Chine vient  de mettre sous tutelle les biens allemands.

Le Miroir consacre une double page centrale à cet événement qui s’est tout de même passé le 16 mars dernier (il y a 2 mois) et qui ne va guère nuire aux intérêts du Reich.

Revenons plus près de chez nous, sur le front oriental français.
Les Allemands n’ont pas lésiné avec le bois pour blinder une position à Ville, à 6 kilomètres de Noyon:

La guerre des mines et cet énorme cratère de mine, à Fontaines-lès-Cappy, dans la Somme.

On ne le remarque plus sur Google Maps en 2017 au contraire du Lochnagar Crater de La Boisselle.

Après la bataille de Champagne….

des montagnes de douilles d’obus tirés par le camp français.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 10 mai 1917

(JOUR 1012 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

En première de couverture, la photo du Premier Ministre d’Espagne, le Comte de Romanonès favorable à une entrée en guerre de son pays au côté de l’Entente. On parle même d’humiliante neutralité espagnole.

L’humidité partout, d’où cette vue d’un soldat belge montant la garde bien au sec, les pieds sur un parquet.

On est au printemps mais avec le retard de parution des articles et photos, ce n’est pas étonnant d’avoir des images hivernales. Ainsi, en double page centrale, c’est l’hiver en Alsace !

Beaucoup de neige, des chasseurs alpins et autres soldats congelés.

Même chose avec cette vue des Alpes italiennes…

….où les Alpini luttent contre les Autrichiens.

 Encore de la neige pour ces hommes enterrant des fils téléphoniques.

Arras en ruines comme on peut le voir sur ces vues des destructions dans la préfecture du Pas-de-Calais.

La guerre des mines quelque part sur le front…

Les sapeurs au travail où à l’écoute des travaux adverses.

Les prisonniers allemands quelque part en France…

La corvée de pluche des patates pour ces hommes pour qui la guerre est finie !

Pour terminer, une vue originale d’une ancienne voiture transformé en bureau par des Poilus.

Le premier mobilhome de l’Histoire !

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 06 mai 1917

(JOUR 1008 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

En couverture, l’as de l’aviation Guynemer en discussion avec un adversaire qu’il vient de forcer à atterrir derrière les lignes françaises. En chevalier du ciel, les Anciens adversaires s’entretiennent courtoisement avant que l’Allemand ne parte en captivité.

Deux vues intéressantes de tranchées occupées par les troupes canadiennes.

Plat pays du nord de la France, nuages de fumée des combats s’estompant, terrain dévasté….

…mais hommes se promenant à découvert a mépris du danger. Un moment de trêve pour enlever des morts… ou scène d’entraînement loin du front ?

D’autres tranchées, françaises, où se déroule une prise d’arme.

On y décore des hommes qui se sont distingués pour faits de guerre. En contrebas de la tranchée, d’autres héros qui ne recevront que des récompenses posthumes !

 Autres cimetières:

Une tombe ouverte par les Barbares…. bien entendu ! Ici près de Péronne.

Des Barbares qui ne se gênent pas de prendre des statues d’église pour décorer les tombes de leurs amis tombés au front, nous dit l’article. Un peu surréaliste ! Là à Courcy.

La Révolution russe pour commencer, la Révolution bourgeoise de février bien entendu.

En haut, des victimes de la Révolution à Petrograd. En bas, des miliciens révolutionnaires, des étudiants qui remplacent la Police.

Une page d’affiches de propagande pour la Révolution russe.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 03 MAI 1917

(JOUR 1005 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

A la une, Sarah Bernhardt devant la cathédrale de Reims pour protester contre les destructions… sous entendue allemandes. On verra que la guerre ce mois-ci continuera de frapper durement la Champagne.

Contenu éclectique de ce numéro mais pas inintéressant:

Lancement d’un sous-marin à Cherbourg pour combattre les sous-marins allemands coupables de faire régner la terreur sur les mers et océans. Mais la censure…

…cache le nom de ce nouveau venue.

Les Barbares bombardent les églises. Les Civilisés que nous sommes fabriquent des armes terribles contre les Barbares comme ces billes glissées dans les charges explosives. Où va se nicher la Civilisation ?

Les 2 versants des ravitaillements: en haut des camions (Renault ou Berliet ?) transportent hommes et matériel vers le front… en bas, des régiments territoriaux réparent sans cesse les voies de communication. La légende de la Voie Sacrée est en marche !

Lamentation de la Guerre Photographiée devant ces forêts dévastées. Sans évoquer les legs de ces  terres devenues incultes laissées aux générations futures.

Des prisonniers allemands, des officiers, traités avec tous les égards dus à leurs rangs.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… BLACHIER Léopold

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Treizième nom de la liste: Blachier Léopold Guillaume.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Première face du Monument.

Berry-au-Bac est un lieu moins connu que Verdun ou la Marne dont l’historiographie de la Grande Guerre pour le grand public mais il n’en demeure pas moins un coin où l’on se battit quasiment sans discontinuer de 1915 à 1918. On y reviendra. C’est à deux kilomètres de ce bourg, sur le Mont Sapigneul que disparut le 16 avril 1917, Léopold Blachier, âgé de 29 ans.

Léopold était né le 15 octobre 1887, d’un père Lucien alors âgé de près de 40 ans et d’une mère, Marie Rosalie Taraveau, âgée seulement de 24 ans, dans la grange familiale du quartier de Bayard. Le recensement de 1906 nous permet de retrouver la famille complète dans la ferme du chemin d’Orange:

Une petite soeur, Rose, plus jeune de 3 ans que Léopold, est venue s’ajouter à la famille en 1890. En 1911, Léopold n’est pas recensé puisque militaire à Marseille au 3ème Régiment d’Infanterie, il effectue ses classes du 03 octobre 1909 au 24 septembre 1911. Il y a obtenu son Certificat de Bonne Conduite à l’issue de ces 2 ans.

Rappelé lors de la déclaration de guerre du 03 août 1914, il rejoint le 3ème R.I. à Digne qui fut  rapidement déplacé en train vers le nord-est de la France. C’est le 13 août que les hommes de ce régiment connurent leur baptême du feu du côté du bois des Hauts de la Croix à Concourt non loin de Nancy et surtout près de Lagarde où était déjà tombé un autre Caderoussier, Augustin Aubert, le 11 août, 2 jours auparavant; on a déjà parlé. On peut lire sur le journal de marche du régiment que le tir (allemand) qui a dû être préparé et repéré avec la plus grande attention et la plus grande précision fait de cruels ravages dans les rangs du 1er et du 2ème bataillon.

Mais c’est du côté de Verdun, à Béthincourt, que Léopold Blachier sera blessé une première fois, le 12 mars 1915, d’un éclat d’obus qui lui occasionna une plaie légère à l’avant-bras droit, pour reprendre les termes officiels du registre matricule. Bizarrement, le journal de marche de l’unité ne signale aucun incident ce jour-là mais parle d’un blessé à Bois Carré le lendemain, le 13 mars. Une erreur de transcription sur le registre matricule, peut-être ?

Le 12 mai 1915, de retour de convalescence, Léopold Blachier passe au 150ème Régiment d’Infanterie, à Chartres.

Il est temps de parler de ce secteur de Berry-au-Bac considéré autant du côté allemand que du côté français comme un endroit stratégique. Comme vous le voyez ci-dessous, nous sommes à 100-120 km au nord-est de Paris…

où tout mamelon dépassant de la plaine devient capital pour des stratèges militaires. Ainsi, dès 1915,…

la côte 108 fut l’enjeu de toutes les convoitises. Et comme à Vauquois, la guerre des mines y fit rage jusqu’en février 1916, début de l’offensive allemande sur Verdun qui détourna l’attention des 2 états-majors. En plus de cette butte naturelle, le canal latéral à l’Aisne et celui reliant l’Aisne à la Marne avaient eu la mauvaise idée de se rejoindre à Berry. Second enjeu pour les 2 camps. Dès la fin des combats de Verdun en 1916, ce secteur du front reprit de l’importance. Il se situait à l’extrême est du secteur du Chemin des Dames. L’attaque programmée par Nivelle pour enfoncer le front allemand éclaboussa sur ce coin déjà meurtri. Les combats pour prendre une autre « motte » guère plus élevée que la côte 108, le Mont-Sapigneul, du nom d’un hameau de Cormicy rayé de la carte par les combats, reprirent de plus belle. L’attaque principale eut lieu du 04 au 12 avril 1917 mais se prolongea jusqu’au 16 avril, journée qui vit le 150ème de Ligne décimé comme en atteste ce monument du Lieutenant Cocula disparu le même jour que Léopold Blachier:

Document emprunté au net.

Pour preuve le parallélisme des fiches de Léopold Blachier de Caderousse et Alphonse Cocula d’un hameau de Cahors (Lot) sur Mémoire des Hommes.

Que dire de plus ? Peut-être reprendre la citation que reçut Léopold Blachier pour son courage face à la mort, le 16 avril 1917, que lui décerna l’Armée:

Pendant le combat du 16 avril 1917, a fait preuve d’intelligence et d’initiative en se portant aux endroits particulièrement menacés sur le front de sa section, a contribué pour une large part à enrayer une violente contre-attaque ennemie. Soldat d’une bravoure et d’un dévouement exceptionnel. 

Peut-être aller faire un tour sur le journal de marche du 150ème. Pas moins de 11 pages racontent la journée du 16 avril 1917. On y retrouve un plan précis des lieux avec l’enchevêtrement des tranchées françaises et allemandes, bouleversées de plus par les bombardements d’artillerie.

On y lit des passages édifiants prouvant l’ampleur des massacres:

Si même l’Armée le reconnaît !

Et un bilan des pertes considérable !

Pas moins de 1 106 hommes furent mis hors de combat en deux jours sur les pentes du Mont Sapigneul, dont la moitié tués ou disparus, ce qui revient au même !

Léopold Guillaume Blachier, matricule 340 classe 1917, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Même si le patronyme Blachier est rare de nos jours dans le sud-est, si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents.

Plaque empruntée au net célébrant à la fois les sacrifices du hameau et des hommes.

A suivre: Jules Bonnefoi.

Poster un commentaire

Classé dans CADEROUSSE, Recherche