Archives de Tag: Commune de Paris 1871

La prestigieuse correspondance du citoyen Alexandre Dumont- 12/15 la lettre du 05 avril 1871

Voici une lettre un peu étrange reçue par Alexandre Dumon ! Elle est partie de Versailles le 5 avril 1871. L’auteur en est un député de l’Assemblée Nationale issue des urnes le 8 février de cette même terrible année. Les députés ont commencé à se réunir à Bordeaux, au Grand Théâtre le 13 février en attendant que le conflit avec la Prusse soit terminé puis ils se sont installés à Versailles le 10 mars, faute de pouvoir rejoindre Paris aux mains de Communeux. D’ailleurs, l’auteur de cette missive parle de la situation de guerre civile en commençant par ses mots: Au milieu des circonstances si graves qui nous préoccupent

 

L’auteur, il s’agit de Charles Etienne Conti, né à Ajaccio en 1812,

député de Corse et comme on pourrait le deviner, fervent bonapartiste. Il fait partie des trente tenants de l’Empire rescapés des urnes après la déconfiture de Sedan. Après le coup d’état du 2 décembre 1851, il occupa des fonctions importantes auprès de l’Empereur.

Manifestement,  Alexandre Dumon lui a proposé des offres sans qu’on en sache plus.

La réponse de Charles Conti ne permet pas d’en savoir plus. Pour preuves…

Si comme je l’espère, la Pays est consulté sur ses destinées, vous aurez l’occasion de les réaliser par le concours de votre influence et de votre activité.

Il y a lieu en attendant de préparer les esprits en repoussant les calomnies que l’on déverse sur l’Empire et en invoquant, pour résoudre les difficultés présentes, les principes de la souveraineté nationale.

Bien énigmatique ! Alexandre Dumon est-il devenu bonapartiste sur le tard, après avoir été un bon républicain ? On peut le penser…. mais il n’a pas gardé de doubles de ses lettres expédiées pour savoir le fond de sa pensée.

A l’instar du Maréchal Vaillant, Charles Conti allait rapidement décéder après ce courrier, le 13 février 1872.

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Quelques unes de L’HEBDO HARA KIRI en 1970-71

Emmaüs Saint-Aunés, la librairie. Une collection de l’Hebdo Hara-Kiri a été rentrée. J’ai retenu quelques titres quoique toute la collection paraissait intéressante.

Le numéro du lundi 20 juillet 1970 célèbre à sa façon la seconde victoire d’Eddy Merckx sur le Tour de France.

Sans ne rien dire, Reiser évoque la question du dopage dans ce sport.

De temps en temps, L’Hebdo Hara-Kiri fait sa une contre le vieux dictateur Franco qui, jusqu’à sa mort qui surviendra en 1975, fera régner la terreur.

Les ventes d’armes et en particulier de Mirage à l’Espagne de Franco valent cette une. Tout est dit en quelques mots: la filiation être Hitler et Franco et le peu de scrupule de l’Etat français vendant des armes sans étique (numéro du 16 février 1970).

« Poussez pas!  » crie Franco au bord du précipice. Alors que Salazar, le vieux dictateur portugais vient de rendre l’âme le 27 juillet 1970, Reiser et L’Hebdo Hara-Kiri souhaitent le même sort pour Franco et…. De Gaulle. Pour le premier, on l’a dit, il faudra attendre plus de 5 ans, pour De Gaulle, sa disparition surviendra quelques mois après… entraînant, pour cause d’une Une assassine (mais marrante) la disparition du journal… et la naissance de Charlie ! (numéro du 3 août 1970)

En Espagne, en cet été 1970, les touristes se pressent sur les plages… le régime franquiste a besoin de cette manne de devises. Mais les assassinats politiques continuent de la part du régime agonisant (numéro du 27 juillet 1970).

La Commune de Paris 1871 ou plutôt son centenaire est aussi honoré par le successeur de l’Hebdo Hara-Kiri après « Bal tragique à Colombey: un mort ! »: Charlie Hebdo.

Raymond Marcellin, ministre de l’intérieur, commente le titre proposé par Reiser: « Mai 1871: 90 000 fusillés ! »…

… sans montrer une grande compassion pour ce drame que fut cette terrible guerre civile (numéro du 22 mars 1871, centenaire du début de la Commune).

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Une BIBLE pour NÉCROSOPHES

Nécrosophe: un mot inventé par l’auteur du livre, Bertrand Beyern, dans la présentation de celui-ci en 4ème de couverture

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GUIDE DES TOMBES D’HOMMES CÉLÈBRES paru en octobre 1998 au Cherche-Midi.

Car le tourisme des cimetières attire pas mal de monde et une visite d’une ville ne saurait être complète sans celle de son cimetière qui en dit long sur son histoire. D’où l’achat de ce livre à sa sortie pour savoir où on met les pieds. L’auteur a-t-il fait des mises à jour depuis ? Hommes célèbres ou anonymes… mais aussi lieux valant le détour, ne serait-ce que pour leur calme, leur paysage, leur tranquillité (pour sûr)….

Que nous apprend ce livre sur les Drômois célèbres enterrés sur leur terre, car certains se sont exilés tel

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Michel Pétrucciani au Père Lachaise.

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(en tout cas la liste de 1998…)

Marthe Robin (qui faisait de grandes économies en ne se nourrissant que d’une hostie par jour), Mme de Sévigné bien sûr à Grignan mais dont il manque la tête disparue à la Révolution, Emile Loubet à Montélimar, Charles Moulin le Tarzan français, le facteur Cheval à qui l’on doit le palais de ses délires et de ses lectures pas toujours maîtrisées à Hauterives, pour les plus connus.

Près de là, dans le Vaucluse

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Jean-Henri Fabre cher à André A. ou

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de si grands auteurs pour un petit village somme toute.

Quelques vues prises ces dernières temps lors de balades « nécrosophales »…

SAMSUNG CAMERA PICTURES SAMSUNG CAMERA PICTURES SAMSUNG CAMERA PICTURES SAMSUNG CAMERA PICTURES SAMSUNG CAMERA PICTURES SAMSUNG CAMERA PICTURES SAMSUNG CAMERA PICTURES 02 FOSSAR DE LA PERALDA 16 TOMBE DURRUTI 20 TOMBES ANARCHISTES

à Chamonix, à Collioure, au Père-Lachaise, dans les catacombes, à Montjuic dans l’ordre d’apparition des photos.

Des liens intéressants:

http://www.landrucimetieres.fr/spip/

www.bertrandbeyern.fr/ 

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l’auteur du livre qui organise régulièrement des visites guidées au Père-Lachaise.

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Une lettre du 28 mai 1871 nous parle de la COMMUNE de PARIS

Un pli, une simple page de papier pliée puis fermée à la cire et envoyée depuis Montmorillon dans la Creuse par El(isabeth) ou El(ise) de Laveaucoupet-Briguet à sa nièce Marie de Laveaucoupet vivant habituellement à Paris (48-rue de Berry) mais réfugiée pour la circonstance à Saint-Sulpice-le-Dunois, également dans la Creuse.

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La lettre est partie de Montmorillon le 28 mai 1871 et est arrivé à destination le 29 mai. Voici son contenu, il semble que le début n’y soit pas.

« …passé rue de Berry et rue Tronchet, dis-le moi et explique-moi aussi comment à son âge, il a pu rester dans Paris sans être forcé de prendre part à cette affreuse lutte.
Mme de Ladmirault a su par Edouard son maître d’hôtel à Lille et qui est venu passer 4 ou 5 jours à Lafouchardière que les communeux cherchaient l’appartement du Général. Ils sont allés rue Lascaze où le concierge a eu l’esprit de leur dire qu’il n’y avait …. plus depuis longtemps et qu’étant … à Lille aussitôt après son retour d’Afrique il n’avait peut-être plus d’appartement à Paris. Dieu veuille qu’ils se soient contentés de cette explication.

Je viens d’avoir une dépêche d’hier 27 six heures du soir, ils sont encore sauvés tous les deux mais on continue à se battre et Paris brûle toujours au moins dans une partie. je vous écrirai dès que j’en aurai une autre et j’attendrai même jusqu’au dernier moment pour mettre ces lignes à la poste.

Adieu mille amitiés autour de toi. Si Zulma est à Laborde fais-lui donner des nouvelles de ton père .
Ta tante dévoué… »

Sur le rabat comme promis, la correspondante a ajouté ces mots:

« Je reprends ma lettre à la poste pour te dire que je viens d’avoir une dépêche de ce soir 28 à trois heures. Ils sont bien tous les deux. »

Quelques remarques:

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Que ce soit Jules de Laveaucoupet ou Paul de Ladmirault, dont on lit ces noms dans la lettre, ce sont des généraux du Second Empire aussi peu brillants face aux Prussiens en 1870 que particulièrement féroces quand il s’agit de réprimer la Commune de Paris, au moment de la Semaine Sanglante (21-28 mai 1871).

Car c’est bien des derniers instants de la Commune dont parle cette lettre quand l’auteure dit que « Paris brûle, tout au moins une partie ». Oui la partie est, autour du Père Lachaise où furent massacrés des milliers de Communeux.

Elle dit d’ailleurs « communeux » dans le lettre comme il est coutume de la dire à cette époque comme , suffixe déjà péjoratif mais beaucoup moins que celui qui le remplaça par la suite dans les manuels d’histoire: « communard ».

Manifestement toute cette noblesse avait fui Paris au moment des événements, du déclenchement de la Commune le 18 mars et la prise des canons par le peuple sur la butte Montmartre. Il semblerait toutefois que quelques membres de la famille de Ladmirault soient restés en ville, que des communeux les cherchaient mais qu’ils n’étaient pas aussi virulents que la presse versaillaise le disait en se contentant de la vague explication d’un concierge pour s’en aller.

En effet Ladmirault comme il est dit avait bien officié en Algérie (Kabylie) puis était  revenu en métropole pour prendre un commandement à Lille… avant la débâcle de 1870.

Deux autres lettres suivent celle-ci, du 3 juin et du 10 juillet. Dans cette dernière, l’auteure dit

« Ferdinand est parti lundi dernier pour Luchon, il a été content de savoir avant de nous quitter qu’Ernest Capillon avait été tiré de la bagarre par ton père, j’ai écrit à sa grand-mère pour lui dire que j’en étais contente aussi… »

Le général de Laveaucoupet aurait-il usé de son pouvoir pour sauver un communard de ses connaissances?

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