Eulalio Ferrer est un républicain espagnol, natif de Santander, réfugié en 1940 au Mexique où il fit carrière et devint un grand publiciste reconnu aux Etats-Unis. Il raconta son passage dans les camps français de la Retirada par l’écriture d’un journal qui fut publié en France sous le titre Derrière les Barbelés chez L’interdisciplinaire, une maison d’édition de Limonest, en 1993. Suite…
10 octobre 1939.
De nouvelles arrivées dans le camp de Saint-Cyprien, beaucoup viennent du Barcarès. Comme les départs pour les Compagnies de Travail et pour l’Espagne ne compensent pas ces arrivées, il faut augmenter les capacité d’accueil des baraques qui passe de 72 à 78 personnes. Des problèmes en découlent, surtout l’air qui, malgré le froid devient irrespirable par moment.
C’est aussi la pénurie pour Eulalio. De timbres si bien qu’il faut qu’il réduise sa correspondance. D’argent si bien qu’il est heureux de recevoir 30 francs ce qui lui permettra de noter tout ce qui arrive. Il a noté d’ailleurs les rations des soldats français gardant le camp. Le vin leur est indispensable et leurs nez sont souvent rouges.
Il va assister au match de football entre son îlot et l’îlot M. Dans cette équipe joue le gardien Lerin, professionnel à Saragosse et qui aurait pu remplacer Zamora en équipe nationale sans la guerre. Dans leur équipe joue un ami qui va marquer un but à ce fameux Lerin, objet de leur fierté, malgré la défaite.
Lecture de L’Indépendant et de La Dépêche pour connaître la situation internationale et les dernières nouvelles de la guerre. Dans le camp circule une nouvelle rumeur. Demain, pour la Journée de la Race, Franco va décréter l’amnistie générale et tous pourront rentrer au pays. C’est la joie dans le camp… même si ce n’est qu’une rumeur comme il y en a tant !
A suivre le 14 octobre…








