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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 5 août 1917

(JOUR 1099 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Pétain reçoit une décoration des mains de George V, le roi d’Angleterre. Commandeur de l’Ordre du Bain !

Au pays de Lawrence d’Arabie.

Les Bédouins vainqueurs des Turcs par l’entremise de sir Lawrence exhibent un drapeau pris à leurs adversaires.

En Belgique occupée, on se bat autour de Nieuport.

La si belle station de villégiature de la mer du Nord n’est que ruines et destructions.

Près de Saint-Dié dans les Vosges, on nous raconte en 6 vues en double page centrale, la fin d’un avion allemand abattu par la défense anti-aérienne.

Tellement rare que s’en est un exploit.

En Grèce, on déporte des Grecs soutenant le camp allemand.

Pas fameux au regard des Droits de l’Homme !

Pour terminer, un gigantesque entonnoir de mine.

La vue a été prise à Beuvraignes dans la Somme. Les destructions sont irréparables !

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… BERNARD Marius

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Onzième nom de la liste: Bernard Marius Isidore.

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Première face du Monument.

C’est un véritable roman que la (moyennement) courte vie de Marius Bernard. On va essayer de la raconter !

C’est le fils aîné de Jean Baptiste Bernard né au village en 1848 et Virginie Mathilde Bonnaud originaire de Montfaucon, plus jeune de 11 ans que son mari. Marius va venir au monde le 08 décembre 1882 dans ce couple vivant du côté de la rue de l’Hôpital. Le père est employé dans la fabrique de balais Aubépart.

C’est le recensement de 1891 qui nous parle en premier de cette famille.

Marius a alors 8 ans, sa soeur Joséphine née en 1884, 6 ans et son jeune frère (Adrien) Théophile, né en 1887, 3 ans.

Cinq ans plus tard, à l’occasion du recensement 1896, on apprend qu’il n’y a plus que 2 enfants au foyer des Bernard au Boulegon. Marius, seulement âgé de 13 ans, vole déjà de ses propres ailes.

Il habite chez ses patrons, le couple de cafetiers Redon Jean- Ruat Rose installé sur le Cours de l’est, maintenant Cours Aristide-Briand. Il y apprend son futur métier de garçon de café, celui qui est indiqué sur le registre matricule 585 de la classe 1902 du bureau de recrutement d’Avignon. A cette date, il a quitté Caderousse pour un autre patron de bar du Vaucluse qu’il serait un peu difficile de trouver !

C’est donc l’Armée qui va nous indiquer la suite du parcours, pour le moins original, de Marius Bernard. Ses classes, il va les faire au 6ème Régiment d’artillerie de la Manouba ! Il s’agit d’un groupe d’artillerie de campagne d’Afrique à La Manouba, en Tunisie. Il a donc quitté la Métropole pour l’Afrique du Nord et il va y rester. A l’armée, il passera onze mois, du 14 novembre 1903 au 19 octobre 1904.

Une fois libéré, on sait qu’il vécut à Alger, 11 rue Jules Ferry en 1906. Puis ce fut la Tunisie, en 1907 et la Brasserie Moderne du 68 avenue Jules Ferry, devenue Brasserie Mascéville en 1908. Il semble même qu’il soit devenu patron de cet établissement, malheureusement reconnu en faillite par le Tribunal de Commerce de Tunis en 1910. Alors, on le retrouve à Bizerte l’année suivante, à la Brasserie de la Meuse située place de la Gare. Quelle bougeotte !

La déclaration de guerre du 03 août 1914 va curieusement rendre quasiment muet son registre matricule. C’est à nous d’essayer de raconter la suite de cette histoire. Marius est 2ème canonnier au 5ème Groupe d’Artillerie de Campagne d’Afrique. Peu de document sur cette unité qui combattit derrière les tranchées de Belgique puis d’Argonne en 1915, certainement à Verdun en 1916.

C’est alors que le gouvernement d’Aristide Briand décida en janvier 1917 qu‘en raison de l’avance britannique au Sinaï, il fallait envoyer des troupes françaises participer à l’occupation des territoires conquis en Palestine et en Syrie.

Il fallut constituer un détachement français pour la Palestine et la Syrie et les 14ème et 15ème batteries du 5ème Groupe d’Artillerie de Campagne d’Afrique en faisaient partie. Marius Bernard était donc du voyage et il partit en avril 1917 pour ce fort méconnu front d’Orient, pas celui de Salonique mais celui de Palestine. C’est là que les pas du cafetier Caderoussier se mêlèrent  donc à ceux d’un certain Thomas Edward Lawrence plus connu sous le nom de Lawrence d’Arabie !

Les Anglais luttent au Moyen Orient avec les Australiens, les Néo-Zélandais (les ANZAC) et les Hindous contre l’ occupant turc et Lawrence, agent spécial britannique, y organise la révolte des tribus arabes pour mener une guérilla fort couteuse pour l’occupant ottoman en péninsule arabique.

Les Français sont un peu perçus là-bas par les alliés comme un poil à gratter, soucieux que sont les Britanniques à préserver  leur hégémonie sur cette région stratégique et déjà projetés vers l’après-guerre. Les troupes françaises du colonel de Piepape participent aux combats sous les ordres d’Allendy, commandant du Corps Expéditionnaire (Britannique) d’Egypte.

C’est certainement au cours d’un engagement face aux Ottomans que le canonnier Marius Bernard fut grièvement brûlé au premier degré sur tout le corps et qu’il décéda à l’Hôpital d’évacuation de campagne n°2 de Ludd, en Palestine, Lod de nos jours, en Israël, le 27 août 1918.

C’était un petit mois avant la grande bataille de Megiddo, en Galilée, également appelée bataille de la plaine de Naplouse, modèle de pertinence stratégique et longtemps disséquée dans les écoles militaires. Après cette défaite du 21 septembre 1918 en Palestine, l’Empire Ottoman était à genou et allait demander l’Armistice pour éviter son démembrement total.

L’acte de décès de Marius Bernard fut transcrit à l’état-civil de Bizerte le 22 septembre 1920, preuve qu’il y avait élu domicile et peut-être fondé une famille.

Marius Isidore Bernard (ce dernier étant le patronyme), matricule 385 classe 1907, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Bernard étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant indirect reconnaît un membre se sa famille, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents.

La tombe de famille de Jean Bernard (le père) sur laquelle il ne figure pas. Par contre on retrouve le nom de son épouse Virginie née Bonnaud (1860-1936-alors qu’elle est née pour l’état-civil en 1859), celui de son fils, le petit frère de Marius ,  Théophile Adrien (1887-1970) et de la femme de ce dernier Joséphine née Gilles (1888-1967). Pas d’inscription rappelant la mémoire de Marius Isidore Bernard.

A suivre:Marius Bertet. 

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