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Connaissez-vous la FULIGINOCHRONOLOGIE ?

Manifestement le correcteur orthographique du Mac, non !

Personnellement, il a fallu que j’assiste à une conférence des Journées Préhistoriques de Malataverne (quelques kilomètres au sud de Montélimar) pour savoir ce que c’était que cette science initiée par une doctorante à la Sorbonne, Ségolène Vandevelde, membre de l’équipe de fouilles de la grotte Mandrin.

La grotte Mandrin est située sur le flanc de Roucoule, un des trois sommets de Malataverne…

…qui domine l’entrée de l’autoroute A7 de Montélimar-sud.

 La Fuliginochronologie est donc l’étude des suies, les résidus laissés par la combustion. En effet, à l’instar des millions de véhicules venus de toute l’Europe circulant sur l’autoroute de la vallée du Rhône, les hommes de la préhistoire produisaient des fumées, certes, en quantité minime, eux, quand ils s’arrêtaient sous le porche de la grotte Mandrin… pour se chauffer, le climat de l’époque étant polaire (Ah les heureux temps… après les suées qu’on a prises il y a peu !)… pour faire cuire les viandes de leurs repas… pour incinérer leurs morts… on ne sait pas trop pour l’instant.

Ces suies se déposaient sur le plafond de la grotte puis étaient recouvertes de calcite, puis à nouveau de suies au passage suivant des visiteurs sapiens et ainsi de suite, c’est le cas de le dire.

Par la suite, ces morceaux de calcaire recouverts de suie et de calcaire chutaient sur la couche archéologique et ont été conservés jusqu’à nos jours où les chercheurs travaillant sur le site autour de Ludovic Slimak du CNRS. Conservé en parfait état au point où le nez de la doctorante arrive à sentir les odeurs de bois, celles de graisses.

Ségolène ramasse donc ces petits morceaux de plafond et arrive à les faire parler.

Les résultats sont extraordinaires puisqu’elle arrive à trouver des séquences d’occupation de la grotte Mandrin par l’homme préhistorique d’une remarquable précision. Alors que la Carbone 14 date les objets de 500 à 2000 ans près pour des périodes si reculées, elle est parvenue à mettre en exergue 18 passages de sapiens sur quelques années vers 42 000 ans ! ! En arrivant aussi à savoir en quelle saison la grotte a servi d’Ibis Budget pour ces visiteurs de passage.

Un bon en avant phénoménal pour la préhistoire. A suivre… après la campagne de fouilles 2019 à la grotte Mandrin.

Le logo de l’association ArchéoMala s’occupant de cette grotte, oeuvre de l’artiste Benoît Loche.

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