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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 7/25 SERRIÈRES-SABLONS.

Le bac à traille de Serrières-Sablons.

Le bac de Serrières existe dans des documents officiels depuis 1141, d’après la thèse d’Henri Cogoluènhe. Pendant les Guerres de Religions, il est installé un pont de barques. Une traille est attestée en 1793. Elle se situait légèrement au nord du pont actuel.

Sur la rive droite, le chemin de bord de Rhône s’appelle « quai de la traille » comme on peut le lire:

On voit encore le treuil de traille installé sur cette rive gauche.

En second plan, le pont bleu de Serrières, au premier plan ce treuil métallique. C’est l’ancêtre de ce pont bleu qui mit fin à l’épopée du bac à traille de Serrières. Une fois ce pont construit en 1828… 

le bac devenait inutile. Il reprit un peu de service pour 6 ans après la destruction du pont par les Allemands en déroute, le 1er septembre 1944. A ce moment, le bac accueillait tout de même 140 voitures et 2 000 piétons ou cyclistes par jour. La réouverture du pont en 1951 remisa définitivement la traille. Elle pourrait difficilement fonctionner de nos jours, le fleuve n’étant pas assez puissant, les eaux du fleuve se partageant entre l’ancien cours (ici) et le canal de dérivation.

Est-ce le départ de la traille de Serrières-Sablons entre 1944 et 1951, rive droite, vu de la rive gauche ?

A suivre: 8/25- le bac de Champagne.

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 6/25 SAINT-PIERRE-DE-BOEUF.

Le paysage de cette région entre Saint-Pierre-de-Boeuf sur la rive droite et Saint-Maurice-l’Exil sur la rive gauche a été considérablement bouleversé par les aménagements des digues de la CNR en 1977. Impossible de retrouver des traces de l’ancien bac à traille. On va voir cela.
Henri Cogoluenhe estime à l’an 1500 environ l’implantation d’un premier bac dans cette région entre Drôme et Isère. Ce bac connaîtra pas mal de difficultés dues à l’ensablement régulier du lieu (n’oublions pas que le Rhône est un fleuve qui charrie beaucoup de sédiments et de graviers). De plus, la traversée se faisait en 2 fois avec la présence d’une île, l’île Hasard, au milieu du fleuve et celle d’une lône.

En plusieurs occasions, on essaya de projeter la construction d’un autre bac à traille en un autre lieu plus propice mais les coûts financiers rebutèrent les décideurs. Ce n’est qu’en 1873 qu’une autre traille fut inaugurée quelques hectomètres en aval de la première.

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(1) la première traille – (2) la berge de la rive droite avant les aménagements de la CNR – (3) la traille construite en 1873.

Voici un document iconographique de la traille mise en service en 1873, document datant du début du XXème siècle.

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Le paysage n’a guère changé sur cette vue récente empruntée à un contributeur de Google Maps.

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Pourquoi la pile de traille côté Saint-Pierre-de-Boeuf n’a-t-elle pas été conservée, les aménagements modernes semblant minimes ? Dommage !

Le bac cessa de fonctionner dans l’entre-deux-guerres avec la création du pont de Chavanay.

A suivre: Serrières-Sablons.

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 5/25 AMPUIS

Suivant la thèse d’Henri Cogoluenhe, c’est le seigneur de Condrieu, Jean d’Arces, qui fit construire la première traille sur le fleuve au niveau d’Ampuis, au milieu des actuels vignobles des Côtes Rôties. C’était en 1533 mais des petites querelles locales entre seigneurs la fit rapidement disparaître.

En 1759, une nouvelle traille est implantée près du port (1). Elle sera déplacée 500 mètres plus au nord à l’époque de la Révolution, en juin 1791 (2).150-bac-dampuis-24-carte

Ce bac fonctionna jusqu’à la mise en service d’un nouveau passage sur le Rhône sur le barrage-usine de Vaugris dans les années 1970.

La ville d’Ampuis, à l’instar de celle de Vernaison a mis en scène le site de l’ancien bac à traille et elle l’annonce aux visiteurs:

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Il reste sur ce site la pile de traille de la rive droite. Contrairement aux piles présentées antérieurement, celles d’Irigny, Vernaison, Grigny, la pile d’Ampuis est en béton, preuve de sa modernité.

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Elle est dotée d’une échelle tout autant moderne pour grimper au sommet. L’employé devait régulièrement huiler la poulie:

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Pas question de faire le funambule pour l’employé avec ce matériel, contrairement aux piles plus anciennes !

Comme sur d’autres piles, quelques repères de crues:

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1896, 1955, 1957. Deux remarques:

  • contrairement aux repères plus au sud, celui de la crue de 1896 est en pierre et non en fonte.
  • d’autre part, exit les crues de 1840, 1856 pourtant les plus importantes. Une suggestion: la pile construite en 1791 fut peut-être remplacée par celle-ci ou autre possibilité, l’ancienne pile fut peut-être balayée en 1856 par le Rhône en furie !?

Autres traces de ce passé sur le « site du bac à traille » d’Ampuis:

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L’embarcadère vers le Rhône.

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La barque en métal qui faisait la navette entre Ampuis et Reventin-Vaugris. Une barque tout à fait récente et nettoyée par la magie du numérique des immondes tags inscrits par les pseudo-amateurs de football des clubs d’ultras lyonnais.

Par terminer, un document iconographique datant du début du XXème siècle.

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L’embarquement des piétons sur la traille d’Ampuis.

Quelques photos sont signées Gilbert Tauleigne. A suivre: Saint-Pierre-du-Boeuf.

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 3/25 IRIGNY

Le bac d’Irigny transportait des passagers et des marchandises entre ce bourg et celui de Feyzin, sur la rive gauche. Comme pour Vernaison, les 2 piles de la traille construites en 1822 sont encore présentes de part et d’autre du fleuve mais beaucoup moins mise en valeur, c’est le moins que l’on puisse dire !

Celle d’Irigny sur la rive droite est inclue dans une propriété privée et coincée près de la voie ferrée.

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On découvre toutefois la présence de la poulie au sommet et quelques vestiges de la rampe de l’escalier.

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Pire, celle de Feyzin, incluse également dans une propriété privée appartenant à des industries est complètement recouverte de végétation dans sa partie inférieure. Peu de recul sur le sentier de bord de Rhône pour la prendre en photo.

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La poulie est aussi présente au sommet de la pile.

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Antérieurement à cette dernière traille qui cessa de fonctionner au XXème siècle, le premier bac à rames d’Irigny date probablement du XIIème siècle suivant Henri Cogoluenhe. Une première traille située en amont de l’actuelle fut créée au XVIème siècle. Lors des guerres de religion, elle fut fermée un moment en 1589 puis plus tard, abandonnée car trop ensablée, à tel point que la barque devait être allée (aidée par des chevaux) sur 300 mètres.

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CPA de la dernière traille prise au début du XXème siècle. Barque destinée au transport de passagers.

A suivre: Grigny.

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 2/25 OULLINS

Premier bac sur le Rhône après la Confluence…

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était celui d’Oullins. Suivant la thèse d’Henri Cogoluenhe (dont le correcteur orthographique de mon ordinateur s’obstine à ajouter à mon insu un m après le premier o !), cette traille fut installée au lieu-dit la Saulaie en 1867. Elle reliait Oullins au sud de la ville de Lyon. Elle cessa de fonctionner en 1935.

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L’installation n’étant pas été démontée, elle se révéla fort utile après la retraite des Allemands en septembre 1944 qui détruisirent tous les ponts sur le Rhône à Lyon. La traille d’Oullins reprit donc du service pour quelques années.

La pile de la rive droite (Oullins) fut rasée lors de la construction de l’autoroute A7 qui longe le fleuve, dans les années 60 et a effacé la berge naturelle. Celle de la rive gauche (côté Lyon) existait en core en 1980 dit Henri Cogoluenhe mais elle semble avoir été sacrifiée pour ne pas gêner le développement commercial du port autonome de Gerland.

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Emplacement supposé de la traille de la Saulaie sur cette carte provenant du site Google Maps.

A suivre: Irigny.

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 1/25 VERNAISON

Traverser le Rhône a toujours été un gros problème de part le caractère irascible du fleuve. Le fait que la « civilisation » ancienne des hommes de la rive droite du Rhône, ceux qui ont dessiné Chauvet et construit dolmens et menhirs, n’ait pas débordé sur la rive droite au même climat et à la même caractéristique géologique, est certainement dû  à cet obstacle majeur et dangereux que représentait le fleuve.

Construire des ponts fut bien souvent essayé mais le fleuve se chargeait régulièrement de renvoyer les hommes devant leurs limites. Les ponts en bois étaient emportés, les ponts en pierre connurent le même sort, autant en Avignon qu’à Vienne. Finalement, le premier pont qui résista au fleuve fut celui de Pont-Saint-Esprit achevé en 1309 et toujours debout en 2017.

Le moyen le plus sûr et le plus régulier pour traverser le fleuve, ce fut la barque, jusqu’à l’invention par Marc Seguin et ses frères des ponts « en fil de fer », les ponts suspendus, plus légers, plus facilement constructibles et moins coûteux. Même après 1825, les bacs restèrent actifs. Des bacs à rames au début, puis des bacs à traille.

La série de documents qui sera présentée au fil des articles pourra être accompagnée de remarques (espérons) pertinentes grâce à la lecture de la thèse en doctorat d’Henri Cogoluenhe soutenue en 1969 à la faculté catholique de Lyon. Pour les gens de la Drôme-Ardèche, elle est à disposition du public en salle de lecture aux Archives Départementales de la Drôme à Valence. C’est une mine de renseignements sur ce que fut la vie de ces bacs et bacs à traille depuis des temps immémoriaux jusqu’aux années 1970 pour certains, date à laquelle le Rhône fut dompté par les aménagements de la C.N.R. et où les lieux pour le traverser furent multipliés par la construction de ponts, barrages et usines hydroélectriques.

Première étape: le Bac à traille de VERNAISON.

Vernaison est un joli coin de verdure, à quelques encablures de Lyon et à 2 pas du couloir de la chimie. Les vents poussent les fumées et odeurs d’hydrocarbures vers le nord ou le sud en épargnant l’ouest. C’est à Vernaison que Paul Claudel prit une longue halte, le temps d’y écrire entre autre les « Pirates du Rhône ».

C’est aussi à Venaison qu’a été conservé (presque) en état de fonctionner la traille qui servit jusque dans les années 1950. On y reviendra.

Une traille, c’est…

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une pile traille plantée sur une berge. Ici, celle de la rive droite, côté Venaison, toute proche de la voie ferrée.

En face, sur la rive gauche et la commune de Solaise,…

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l’autre pile de traille, au milieu d’une prairie proche du Rhône et d’un restaurant de renom. On distingue bien l’escalier qui permettait au passeur d’accéder au sommet pour aller huiler la poulie sur laquelle coulissait la traille.

La traille, on la distingue ici allant d’une pile à l’autre au dessus du fleuve.

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Elle est fixée à la pile de la rive gauche et enroulée sur un tendeur de traille au pied de la pile de la rive droite, pour lui donner plus de souplesse, en fonction du chargement de la barque ou du débit du fleuve:

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La barque permettant de traverser le Rhône coulissait sur cette traille, attachée qu’elle est à celle-ci par un autre cable, le traillon.

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C’est uniquement la force de l’eau et l’angle du bateau avec le fleuve qui le faisait progresser et traverser, comme on le voit sur ce schéma que l’on doit à Henri Cogoluenhe, emprunté à sa thèse.

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Le bac de Vernaison existe depuis très longtemps. Henri Cogoluenhe en a retrouvé des traces écrites dès le XIIème siècle et son existence est certaine au XIVème siècle. C’est à ce moment que les bacs à rames deviennent des bacs à traille, l’invention de cette méthode de locomotion datant de cette époque. Les piles maçonnées ne sont pas aussi anciennes. Elles ont été construites au début du XIXème siècle. La traille fonctionna jusqu’à la mise en service du premier pont suspendu, celui-ci:

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L’armée française en retraite le détruisit en juin 1940 pour retarder l’avance de la Wehrmacht. Le bac fut alors remis en service pour quelques 15 années, jusqu’à l’achèvement du nouveau pont de Vernaison, celui qu’on a vu plus haut. Voici sur cette CPSM, le bac qu’on pouvait emprunter dans les années 50.

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On distingue au fond la pile de traille de la rive droite, proche de la voie ferrée.

A suivre, le bac d’Oullins.

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