Archives de Tag: XIXème siècle

POSTER MDI en fil rouge de l’été- La CONQUÊTE du TONKIN.

Un tableau MDI relatant un épisode du passé colonial de la France: la Conquête du Tonkin.

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Alors que la France possédait quelques comptoirs en Indochine depuis 100 ans, c’est sous la IIIème République à l’époque de Jules Ferry que tout s’accéléra. On était alors en 1884 et, sous prétexte d’ennuis causés par des pirates chinois les Pavillons Noirs sur le Fleuve Rouge, la France décida d’attaquer la Chine. Le but réel était tout autre: étendre la mainmise française dans cette partie du monde, agrandir l’Empire colonial et ramener de nouvelles matières premières très utiles.

Ce fut une guerre difficile menée par les troupes de Marine et les troupes coloniales sous les ordres d’Amédée Courbet, contre la Chine et l’Annam. Cette guerre aboutit à la création de l’Indochine Française avec la conquête du Laos, de l’Annam et du Tonkin qui s’ajoutait au Cambodge. Pour les sociétés productrices de caoutchouc, l’exploitation de cette richesse commençait.

On peut penser que le dessinateur du tableau MDI s’est inspiré des images d’Epinal présentées ci-dessous:

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la prise de Bac Ninh le 12 mars 1884 et

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la conquête de Lang Son en février 1885.

Les zouaves du second document sont quasiment les mêmes que ceux du tableau MDI.

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PAUL MARQUION parle aussi du MILIEU HUMAIN de CADEROUSSE … en 1971

Après avoir longuement parlé du milieu physique de Caderousse dans ce numéro 44 du bulletin des amis d’Orange,…

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Paul Marquion s’attaque à parler des gens, du milieu humain. Voici les meilleurs extraits de son exposé.

Première considération démographique, la population qui est passé de 4 000 âmes à la Révolution à 2 600 à la veille de la Grande Guerre. En 1971 au moment des écrits, le village ne comptait plus que 1 600 habitants contre 2 750 de nos jours. Il explique cette déclin de population par le machinisme, l’attrait de la ville (l’exode rural), l’absence d’activités artisanales sur place hormis l’agriculture qui n’a pas su attirer des industries de transformation et la grande saignée de la Guerre (-125 jeunes ou moins jeunes hommes soit 1/20ème de la population). Il pointe du doigt le responsable de cette absence d’activités: le Rhône qui, par ses « visites » régulières empêche l’arrivée d’investisseurs qui souhaiteraient s’installer.

Les patronymes.

Il se base sur la « table chronologique de Messieurs les Trésoriers de la Confrérie de Saint-Josph de Caderousse (1649-1792) pour lister les patronymes qui ont traversé les siècles: Rigaud, Vivet, Berbiguier, Vaton, Guérin, Martin, Rieu, Noguier, Point, Rollet, Perrin, Farragut. Puis ceux qui se sont éteints, beaucoup plus nombreux: Garin, Védrilhe, Bertier, Fourgon, Malarthe, Tacussel, Rouviel, Bellon, Faugière, Sance, Rivasse, Ranquet, Causan, Bourtholon, Barbès, Thibaud, Constantin, Maille, Castion, Villard, Drogue, Rougeaud  Lusignan, Bonamour, Chassenet, Colonel, Chaudron, Dupuy, Boyer…. Une liste impressionnante et … surprenante !

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Il cite quelques exemples pour expliquer qu’il serait intéressant de remonter le temps pour déterminer l’ancienneté des familles. Ainsi l’ancêtre  Guericolas viendrait de la Meuse et serait venu à Caderousse pour servir les Ducs de Gramont et y avait fait souche. Les patronymes Gromelle  et Gonner seraient de souche germanique ( … Guérin aussi d’ailleurs). Ils s’appelaient initialement Grimmel et Guinner avant la francisation des noms et on les appelait Grimello et Guinèr en provençal.

Paul marquoir ajoute que le fait de parler provençal facilitait l’intégration rapide des gens. N’oublions pas que le Provençal était parlé par tous, tout le temps avant 1914 et que ce fut la Grande Guerre qui imposa le Français, plus que les hussards noirs de la IIIème République, comme le dit Clément Montrosier !

Les sobriquets.

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C’est une spécialité caderoussienne que celle des sobriquets. D’ailleurs on connaissait les gens plus par ceux-ci que par leur vrai nom, que beaucoup ne savait même pas ! Quelques exemples de escais-noum ayant pour origine le nom des quartiers: Popo de la Bigo, Pierrounet de la Lusignano, Danis de la Limajouine, Clara fou Mautème, Marie de la Baïsso… D’autres viennent d’une spécialité du destinataire: Cacho-nose cassait les noix avec les dents mais pourquoi Cacho-embut (embut= entonnoir) ?

D’autres viennent d’animaux (le Gaou par exemple: le coq ou le Lèbre = le lièvre). D’autre sont plus délicieux: Quatre-sous, Marrit-miou, Pomadin, Curo-lume, cago-mecho, chaucho-grapaud, manjo-sucre, mais certains sont moins agréables.

Il faut noter également que la femme en se mariant ne prenait pas le (sur-)nom de son mari mais conservait son nom de jeune fille et plus souvent encore son surnom. C’est ainsi qu’un certain Marius Perrin  dit Iuiu de Salète avait pour femme Niho de Iouioun et que Joseph Aubépart était connu sous le surnom de Jousé de Camin et sa femme sous celui de Roso dou Popo.

Un sujet inépuisable pour Paul Marquion.

Les liens sociaux.
La noblesse a disparu avec le dernier des Gramont, Ludovic qui s’éteignit sans descendance en 1863. Ses héritiers finirent par faire raser le château en 1900 et le parc devint des jardins. Il ne subsiste que la façade des communs qui donne sur la place de l’église.

Peu de bourgeois, de rentiers, mais quelques professions libérales aisés (docteur, pharmacien, notaire et … instituteurs- Les temps ont bien changé !)

Puis l’auteur liste les emplois des habitants de la commune: quelques petits propriétaires fonciers qui vivent du travail de leurs terres en employant du personnel, quelques entreprises (fabriques de balais) qui emploient aussi des ouvriers (et ouvrières). Des artisans: maréchaux-ferrants, forgerons, bourreliers, charrons, cordonniers, tailleurs et des boutiquiers: bouchers, boulangers, épiciers, drapiers, quincaillers…

La politique.

 Ces différences sociales se retrouvent en politique. A cette époque, on ne détaille pas et les nuances sont inconnues. On est blanc ou rouge, cette appartenance de couleur étant en général un héritage de famille. La religion est un des signes distinctifs: les blancs vont à la messe, les rouges sont anticléricaux et laïques. La relative richesse en est un autre: les gens aisés sont plutôt blancs, les rouges se recrutent de préférence parmi les ouvriers. Les blancs à cette époque votent pour M. Lacour; les rouges pour M. Blanc, et, sur le plan municipal, municipalités rouges et blanches se succèdent , le rouge étant toutefois à Caderousse une couleur plus marquée que le blanc. La politique n’a jamais été toutefois un facteur de division et d’animosité entre individus. On se plaisante, on « s’esbremasse », surtout en période électorale, mais cela ne va pas plus loin:on ne va pas jusqu’à « s’estrigousser ». 

Ainsi se termine ce long préambule à l’étude du genre de vie, de la mentalité, des moeurs et des particularités de la vie à Caderousse et des différences avec la période actuelle (en 1971). 

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CADEROUSSE: la DÉCONSTRUCTION d’un IMMEUBLE au fond de « l’andrône » JEAN JAURÈS !

Une autre photographie issue de la collection de ma grand-mère Philine Boissel. Elle date de la même époque à quelque chose près que celle montrant le décoconnage, présentée il y a quelques jours. La voici:

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Il s’agit d’une photo de la même qualité que celle citée ci-dessus: papier fin, couleur bistre peu foncée. Suivant mon père, cette scène raconte la déconstruction d’un immeuble au fond de l’impasse Jean Jaurès, l’andrône comme j’ai toujours entendu dire, à la fin du XIXème, début XXème. Déconstruction et non destruction de la maison Noiret puisque les pierres furent surement utilisées ailleurs. Cette maison était située là où se trouve maintenant la cour attenante à l’arrière de la maison du docteur Fert.

Pourquoi cette déconstruction ? Une hypothèse: les propriétaires voulurent construire une maison mieux exposée ailleurs (cette cour exposée au nord ne voit jamais le soleil) et cette déconstruction leur permit de récupérer les pierres indispensables à cette tâche. Mais ce n’est qu’une hypothèse !

Quelques vues de la famille au travail…

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Peut-être des descendants de cette famille Noiret, s’il y en a, reconnaîtront les leurs ?

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Une CARTE D’ÉLECTEUR de 1898…

Pour l’élection d’un député, en Isère, dans la commune d’Eydoche, canton du Grand Lemps, non loin de La Côte Saint-André.

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Cette carte d’électeur semble être à usage unique si l’on en croit son titre Élection d’un Député. Elle concerne le sieur Etienne Bonvallet qui réside dans le village (La Paroisse). 

L’assemblée électorale dont la liste a été arrêtée le 31 mars 1898 se réunira à l’école du chef-lieu de la commune d’Eydoche le dimanche 8 mai 1898. Tel est le contenu de l’écrit de cette carte signée par le maire (Mathiéron ?) le 1er mai 1898.

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L’électeur devra apporter son bulletin préparé en dehors de l’assemblée, sur papier blanc et sans signes extérieurs et le remettre fermé au Président. Quid d’une urne ?

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Le tampon de cette commune d’Eydoche qui comptait 556 habitants au recensement de 1896, soit un peu plus de monde que de nos jours.

L’Assemblée Nationale élue en 1898 lors de cette élection à laquelle Etienne Bonvallet participa en allant voter vit une nette poussée de la gauche suite à l’affaire Dreyfus et aux outrances de la droite pendant cette période. C’est cette chambre qui fit en 1905 la séparation de l’Eglise et de l’Etat, une réforme capitale pour la société laïque, dont les opposants au mariage pour tous n’ont toujours pas compris la portée plus d’un siècle après !

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La carte d’électeur un peu usée mais si précieuse. Là aussi, beaucoup ne l’ont pas compris.

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CADEROUSSE: PAUL MARQUION parle du voyage au PELERINAGE à ROCHEFORT avant la GRANDE GUERRE

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Paul Marquion était un des responsables du Bulletin des Amis d’Orange dans les années 60-70. Il écrivait régulièrement dans ce mensuel. Il décida de raconter la vie au temps jadis dans les villages du Vaucluse. Originaire de Caderousse (et copain de mon grand-père Gabriel- voir article sur la borne seigneuriale), le village était tout trouvé et les chroniques racontées n’étaient autres que les souvenirs d’enfance et de jeunesse de l’auteur.

Première chronique: le pèlerinage annuel à Notre-Dame de Rochefort, dans le Gard, à une quinzaine de kilomètres de Caderousse. Une histoire que je connais un tout petit peu, ma grand-mère Philine Boissel, l’épouse de Gabriel, ayant souvent parlé de ce moment agréable, une sortie très attendue, plus par tous les à-côtés que pour son caractère religieux, me semblait-il.

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Voici quelques extraits de la narration de Paul Marquion.

Avant la guerre de 14, le pèlerinage à Notre-Dame de Rochefort était l’un des rares grands événements de l’année qui, avec la foire d’Orange et le conseil de révision, mettait tant branle le village et le sortait en foule hors des murs.

Ce jour-là, les deux diligences de Caderousse qui assuraient le service des voyageurs et des messageries avec Orange et, une fois par semaine, avec Avignon, étaient retenues pour le pèlerinage. La plus grande pouvait bien transporter une vingtaine de personnes : huit dans le coupé et douze dans l’impériale. La plus petite pouvait en transporter une quinzaine. Le coupé été réservé aux personnes âgées qui n’étaient pas trop sensibles au manque d’air et au renfermé et la jeunesse prenait place à l’impériale. Ce n’était d’ailleurs pas le seul moyen de locomotion employé : des diligences étaient utilisées par les habitants intra-muros du village. Les paysans de la campagne s’y rendaient en jardinière et même, plus anciennement, en charrette. Les routes à l’époque n’étaient pas goudronnées : il y avait des ornières et des nids-de-poule, les charrettes n’avaient pas de ressorts. Mais les chaos et des secousses qui résultaient n’enlevaient rien de la belle humeur de ces jeunes filles pas plus d’ailleurs que la longueur d’un voyage accompli dans de telles conditions d’inconfort. De Caderousse à Rochefort, il faut compter une vingtaine de kilomètres, ce qui représentait deux bonnes heures de route.

Et le grand jour arrivait. De très bonne heure, les pèlerins chargés de bagages (paniers à provisions, vêtements) affluaient à la maison de Lengado (c’était le nom du voiturier) et commençaient à prendre place sur les diligences, qui à l’intérieur, qui à l’impériale, ce qui n’allait pas sans discussions, interpellations et rires. Enfin le voiturier prenait place sur son siège et faisait claquer son fouet en proférant un sonore « Toupin d’estièu », car, un jour de pèlerinage, avec une voiture pleine de dévôts, il eût été malséant de lancer le juron de rigueur auquel les chevaux étaient accoutumés. L’aube commençait à peine à poindre quand les diligences franchissaient le portail de Place et preneaient la route du Lampourdier. Le voyage commençait mais on était encore sur le territoire de la commune : le paysage était connu et la surprise ne commençait qu’en arrivant à la montagne. Car pour les Caderoussiers, les collines du lampourdier, c’était la montagne. Comme la route était jusque-là uniformément plate, le voiturier faisait « courir », un ayant soin de prévenir les pèlerins pour leur éviter les surprises d’un changement d’allure. Premier épisode : l’arrivée au Lampourdier, le pont sur la Meyne que l’on appelle à Caderousse le pont de la Roubine et la cascade du canal de Pierrelatte. On en parlait depuis le départ : coulera ? coulera pas ? Joie déception suivant le cas. On longeait ensuite la colline, on passait devant le château du Lampourdier où nul Caderoussier n’ avait jamais pénétré et qui s’enveloppait d’un voile de mystère. Puis la route quittait le Lampourdier et se dirigeait en droite ligne vers le pont de Roquemaure. Du village de Caderousse au Lampourdier, sur une longueur de 3 km, la route ne compte pas moins de 28 détours dont certains à angle droit. Aussi, pour un Caderoussier, cette route toute droite qui va du Lampourdier au pont de Roquemaure était un sujet d’étonnement. Au bout de la route, c’était le pont suspendu de Roquemaure, à plusieurs arches, détruit pendant la dernière guerre et qui a été remplacé par un pont magnifique qui franchit le Rhône d’une seule enjambée. La traversée du Rhône était un des moments solennels et émouvants du pèlerinage. Le vieux pont suspendu était étroit ; les sabots des chevaux faisaient résonner désagréablement les planches du tablier et du haut de l’impériale le fleuve paraissait profond. Disons-le sans ambages : nous n’étions pas tellement fiers ! On respirait quand on arrivait à une pile ; pendant quelques mètres où on se retrouvait sur le dur et où le Rhône était masqué. Mais on n’était vraiment rassuré qu’en arrivant à la dernière. Alors on recommençait à faire les braves, le sourire apparaissait sur les lèvres. Mais disons la vérité, on avait eu peur. Et si les chevaux s’emballaient ! Et si la diligence versait ! Tout autant d’éventualités peu réjouissantes. De loin on avait salué le château de Montfaucon et, après un assez long parcours en plat et en ligne droite où le voiturier avait de nouveau « fait courir », on arrivait aux falaises de Roquemaure, autrement impressionnantes que les collines du Lampourdier. Nouvelle terreur : et si ces falaises à pic venaient à s’effondrer et à écrabouiller nos voitures ! Aussi était-on soulagé d’arriver aux portes de Roquemaure. Sur tout le trajet entre Caderousse et Roquemaure, c’est le seul village traversé : il s’agissait donc de produire une grosse impression sur les habitants, on s’y employait de son mieux en les interpellant du haut des voitures – on ne risquait rien – ou plus sagement encore en chantant des cantiques. Après la traversée de recrutement, on passait sous le pont du chemin de fer avec l’espoir qu’un train passerait à ce moment-là et on arrivait ensuite à une petite chapelle qui se trouve en bordure de la route à gauche en allant sur Rochefort . Dieu sait si on l’attendait cette chapelle ! Depuis longtemps les jeunes filles avaient préparé leur gros sou. Car cette chapelle avait, si elle ne l’a plus, sa réputation. Elle ne s’ouvrait sur la route par une porte pleine et de chaque côté de cette porte se trouvait une fenêtre avec barreaux entrecroisés et passablement rapprochés les uns des autres. Et la croyance voulait que toute jeune fille qui lançait un gros sou du haut de la voiture se marierait dans l’année si le gros sous, adroitement dirigée, pénétrait à l’intérieur de la chapelle par une des fenêtres. Pour la circonstance, le voiturier arrêtait la diligence sur le côté droit de la route en rasant le fossé car il n’avait aucun intérêt à voir les jeunes filles se marier dans l’année et pour cause. La coutume voulait que les gros sous qui avaient manqué le but et étaient tombés hors de la chapelle devenaient sa propriété.

C’est à partir de la chapelle que le voyage prenait toute sa nouveauté. Contrastant avec les routes absolument plates de Caderousse, la route de Rochefort était dès lors une succession de montées et de descentes et le voiturier avait peu d’occasions de faire courir. Les granges devenaient rares, la garrigue tenait plus de place que les cultures. Comparée à l’opulente et verdoyante pleine de Caderousse, la région était une sorte de désert. Et pendant des kilomètres il en était ainsi, ce qui attirait l’apitoiement des pèlerins sur les malheureux habitants d’un pays aussi déshérité. Et on arrivait ainsi à un autre et dernier jalon qu’on appelait la porte des lions, comme à Mycènes. Elle existe encore : il s’agit de l’entrée d’un vaste domaine marquée par de hauts piliers surmontés chacun de lion doré. C’était une curiosité du voyage.

Enfin, après quelques derniers kilomètres, apparaissait ce sanctuaire avec, sur le flanc de la colline, les monumentales stations du Chemin de Croix. Au bas de la montée se trouvait une ferme avec étables où le voiturier dételait et remisait ses chevaux. Pendant quelques instants, chacun s’ébrouait, se dégourdissait les jambes, car en principe le voyage ne comportait pas d’arrêt, et reprenait ses bagages. L’ascension de la côte commençait soit par la route soit par les raccourcis. Le rassemblement avait lieu devant le porche du sanctuaire. Un premier office allait se dérouler : la messe de communion. Car, parmi des pèlerins, un certain nombre allait communier, c’est-à-dire qu’ils étaient rigoureusement à jeun depuis la veille…

A partir de là, Paul Marquion raconte sur 2 pages les diverses cérémonies religieuses de cette journée de pèlerinage: les messes, le chemin de croix, les vêpres… Puis il narre rapidement le retour à Caderousse.

Par le même chemin qu’à l’aller, on regagnait Caderousse après 2 grosses heures de route dont les derniers kilomètres, à partir du Lampourdier, était les plus languissantes. Et la nuit était sur le point de tomber quand les diligences, retentissant du vacarme d’un ultime cantique, abordaient les digues. Tous Caderousse était là, attendant le pèlerinage et ne voulant pas un si rare spectacle. C’était fini, mais on avait des sujets de conversation pendant des semaines entières. Et même si l’on n’avait pas chaque fois un chantre comme celui du Gard à se mettre sous la dent (1), combien d’anecdotes avait-on à raconter et à entendre.

(1) une anecdote narrée plus haut, un concours de chorale qui s’était passé une année et où les chœurs de Caderousse avaient été battus à plate couture, vocalement parlant !

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ANCONE: la PREMIÈRE EXPOSITION d’ANCONE CULTURE & PATRIMOINE pour les JOURNÉES DU PATRIMOINE 2015.

Quelques images de l’exposition à l’église d’Ancone, lieu patrimonial prévu pour accueillir de tels événements artistiques ou culturels depuis qu’elle a été restaurée et dédiée à la mémoire des moines de Tibhirine dont la soeur de l’un d’eux (Frère François) habite le village.

ANCONE POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE.

Le Meilleur pour commencer avec l’expo photo mise en place par Patrice Perez, 6 planches commentées sur…

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les joutes

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la natation

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la pêche

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 les jeux nautiques

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l’ancien Rodia-Plage sur une lône du Rhône

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la batellerie.

EXCELLENT,  PATRICE !

Le PIRE avec ces crues dévastatrices, celle de 1840…

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racontée par le curé de l’époque dans un petit fascicule vendu au profit des sinistrés et recopié par un écolier de 11 ans…

celle de 1856…

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racontée par les journaux de l’époque et dont on se souvient grâce…

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aux repères de crues.

Les aménagements lancés par l’Empire après cette inondation …

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l’exhaussement des digues et…

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la modification du cours principal du Rhône à travers des cartes de Cassini à nos jours.

Sans oublier le grain de sel de Jean-Marie Mollier, grand dessinateur de BD…

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qui a réalisé ce grand tableau représentant la lône au niveau d’Ancone avant que la CNR ne vienne construire le canal, c’est-à-dire avant 1953. Cela vaut le coup de voir de plus près tous ces personnages sortis du crayon, du talent et de l’imagination de l’artiste:

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le plongeur et les baigneurs de Rodia,

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une vue assez juste des lieux sur la grande lône coupée d’empierrements,

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la buvette et la piste de danse où les dimanches, anconais et montiliens se retrouvaient pour le meilleur moment de la semaine,

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le pêcheur sur la petite lône,

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la vache et les moustiques des près inondables,

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le ramasseur de bois dans les îles,

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le promeneur et son chien…

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et au loin, sur le grand Rhône, le toueur se tractant sur son câble.
BRAVO JEAN-MARIE !

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La CONSCRIPTION et les ENGAGEMENTS MILITAIRES en 1821

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D’autres actes administratifs intéressants extraits du Recueil de la Préfecture dont on a parlé déjà dans 2 articles.

Il s’agit là de textes sur le Service Militaire tel qu’il était organisé à l’époque et d’autres sur les conditions pour s’engager dans les Armées Royales.

Tout d’abord la conscription. On est bien loin d’un service militaire pour tous.

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Les troupes royales ont besoin de 40 000 hommes et, par une règle de trois, la Drôme en amènera 349 !

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Ainsi, un tirage au sort aura lieu parmi les jeunes hommes nés entre le 11 nivôse de l’an VIII et le 10 nivôse de l’an IX (les jeunes nés en 1800) pour désigner les heureux élus qui feront l’armée. Oui, un tirage au sort qui aura lieu le

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Pour les jeunes de la circonscription de Montélimar, cela représentera

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16 montiliens ou habitants des villages alentour. Totalement injuste, pas plus toutefois que le système qui consistait à se faire réformer pour raisons diverses sur la fin du service militaire dans les années 1980-90 !

Longtemps ce tirage au sort fut pratiqué jusqu’à ce que l’antagonisme avec l’Allemagne n’oblige les dirigeants à créer le service pour tous (sauf pour les séminaristes et les élèves des grandes écoles) puis la loi des 3 ans sans exceptions.

Mais on pouvait aussi s’engager dans l’Armée royale si l’on n’appartenait pas à la classe appelée et si l’on avait fait déjà son service obligatoire. Avec quelques restrictions physiques tout de même !

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Pour rentrer dans l’infanterie de ligne, il fallait mesurer plus de 1,57 mètres ce qui devait correspondre à pas mal d’hommes, plus petits que de nos jours.

Mais pour d’autres unités, la règle était plus contraignante

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Chez les Carabiniers de Monsieur, la taille minimum était 1,78 m., chez les Artilleurs à pied et à cheval, les Cuirassiers c’était 1,73 m. et dans le Génie, les Dragons et les ouvriers du Génie et de l’Artillerie 1,70m. Conditions que ne devaient remplir beaucoup de jeunes gens de l’époque.

Alors, face à cette disette de personnel, les normes furent abaisser quelque peu

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d’un centimètre en général !

Quant à ceux qui s’engageaient dans la Coloniale, le point de ralliement était l’île d’Oléron

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Fort Boyard peut-être ? et leurs rétributions étaient améliorées par rapport aux autres corps d’armée.

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Le rhum était même compris dans la solde !

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Le 21 JANVIER 1821 est décrété JOUR FÉRIÉ DE DEUIL NATIONAL par le ROI DE FRANCE

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Dans ce même Recueil des Actes Administratifs édité par la Préfecture de la Drôme en 1821 dont on a parlé au sujet du recensement de 1920, apparaît une décision royale qui mérite d’être mentionnée et commentée. Il s’agit de cet acte

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daté du 13 janvier 1821. Nous sommes en pleine Restauration et il faut tourner à tout prix les pages de la Révolution et de l’Empire et faire payer au peuple son insolence d’avoir osé voulu se séparer de son roi de droit divin. Ainsi il est décidé:

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Pourquoi donc le 21 janvier sera-t-il un jour de Deuil ? Les articles de l’acte répondent à cette question…

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Un jour de deuil est imposé le 20 janvier (car le 21 est un dimanche et on ne peut être en deuil le jour du Seigneur) pour expier le PARRICIDE commis le 21 janvier 1793, jour où fut exécuté Louis XVI. Ainsi l’exécution de Louis Capet sous la Révolution (que l’on peut toujours contester en tant qu’exécution) est comparé à un parricide, le meurtre du PÈRE ! Rien que cela !

Donc ce jour sera férié mais un jour férié de deuil: pas de réjouissances, pas de marchés, pas de  foires, pas de fêtes, pas de vogues…

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magasins, cafés, cabarets fermés…

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des messes célébrés où les fonctionnaires d’autorité devront être présents en habit de grand deuil et où ne devra être lu que le sublime Testament de l’éphémère citoyen Capet !

Bien entendu un rapport devra être fait par le Préfet pour expliquer comment cette journée fériée s’est passée…

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si le recueillement n’a pas été troublé par quelques nostalgiques de la République ou de l’Empire.

A noter que cette journée de deuil a toutefois été décidée dans la précipitation puisque l’arrêté est signé à Valence le 13 pour le 20 janvier ! Quelques communes reculées ne durent peut-être pas être mises au courant de la chose.

De tels procédés se produisirent ailleurs à d’autres époques. Les massacreurs de milliers de Communeux au Mur des Fédérés ne construisirent-ils pas le Sacré-Coeur de Montmartre pour expier les crimes de la Commune ? Les Franquistes firent construire par leurs vaincus cet immense mausolée à la gloire de Franco et de sa Croisade du Bien contre le Mal dans la Valle de los Caidos ! Avec toujours cet aspect ultra-religieux en toile de fond, pour mettre Dieu de son côté et ainsi sacraliser la répression.

Mais ce n’est pas tout. Quelques mois plus tard, voilà un nouvel arrêté

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pour un autre jour expiatoire fixé le 16 octobre 1821.

Inutile de vous précipiter sur Wikipédia, après le meurtre du Père, celui de son épouse…

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commis le 16 octobre 1793 devra être expié dans toutes les églises avec la lecture de la dernière lettre de Marie-Antoinette mais ce ne sera pas un jour férié… ce n’est pas la mère après tout, puisque la mère est la Sainte-Vierge ! mais l’épouse du père, autrichienne de surcroit.

9 ans plus tard, la Révolution de Juillet mettra fin à la Restauration et celle de 1948 à la Royauté en France… ce qui n’est pas plus mal !

A suivre le 26 janvier, un autre article inspiré par la lecture de ce Recueil d’Actes de 1821.

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Un RECENSEMENT dans la DRÔME en 1820.

C’est dans ce Recueil des Actes Administratifs promulgué dans la Drôme en 1821…

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que l’acte 14 transcrit les résultats du recensement du 28 juin 1820. Nous sommes sous la Restauration depuis la chute de l’Empire et le Roi Louis a pris le numéro XVIII pour essayer de tirer un trait sur la période révolutionnaire pendant laquelle aurait dû régner Louis XVII, son neveu. Le drapeau blanc est de retour comme les Ultras et le Clergé omniprésents.

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La Drôme compte::

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273 511 habitants.

On nous indique qu’au précédent recensement, celui de 1806, on avait compté 253 372 Drômois soit un accroissement de la population de 20 139 âmes pour ces 14 ans, malgré les guerres, les privations et la terreur Blanche. A noter qu’en 2011 la Drôme comptait 473 422 habitants.

Voyons un peu ce qu’il en est pour quelques communes qui intéressent des lecteurs proches:

ANCONE

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528 habitants, alors qu’on a vu qu’en 1914, il n’y en avait plus que 342 ! Aujourd’hui: 1 192.

(A noter cette 3ème colonne de la page de droite où il est indiqué de quel curé dépend la commune… L’Eglise avait à l’époque la responsabilité de l’Etat-Civil. A noter également le fait qu’Ancône soit orthographié comme de nos jours alors que certains papiers contemporains l’écrivent Anconne.)

MONTÉLIMAR

Le chef-lieu d’arrondissement était un gros village

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de 7 161 habitants. Aujourd’hui: 35 372 h. Aux XIX et XXèmes siècles, l’exode rural a poussé les gens vers les villes.

ROCHEFORT (EN VALDAINE)

En Valdaine n’est pas précisé à l’époque.

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avec son hameau du Colombier… 355 habitants, 7 de plus qu’en 2011 !

MARSANNE

et ses hameaux Bastet, Parisot, Bartra et Chiffe

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1 250 habitants soit 70 de plus qu’en 2011 (et pas d' »amis » Hollandais de Marie à l’époque !)

LA ROCHE-SAINT-SECRET

et ses hameaux Buisse, Alançon et Blacons

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475 habitants auxquels il faut ajouter les 205 béconnais soit 680 habitants

contre 385 en 2011 pour La Roche-Saint-Secret-Béconne !

ESPELUCHE

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591 habitants pour 1 041 en 2011 ! Le village connut son périgée en 1954 (quand on y était) avec seulement 332 âmes.

La préfecture de la Drôme était, comme Montélimar un gros bourg

VALENCE

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9 805 habitants soit seulement 1 000 de plus que Romans. Aujourd’hui: 63 148 h.

A noter qu’en terme d’agglomération

Valence + Bourg-les-Valence =12 452 h. (127 559 h. en 2011)

Romans + Bourg-de-Péage = 11 501 h. (43 702 h. en 2011)

Des chiffres intéressants.

A suivre le 21 janvier un autre article sur des Actes de ce volume.

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En BARQUE sur une LÔNE du RHÔNE: un magnifique positif sur verre

Près d’Avignon, le Rhône ayant sorti peut-être de son lit comme cela arrivait souvent avant la construction des barrages inondait les terrains le bordant. D’où ces zones humides de bras morts appelés lônes.

Cette vue a peut-être été prise dans l’île de la Barthelasse au moment d’une décrue.

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Paysage calme de sous-bois inondés, rien d’un fleuve en furie. Les personnages,endimanchés ne sont pas en train de lutter contre les éléments!

Le jeune homme au premier plan présente un aspect très mistralien et on l’entendrait presque parler en provençal.

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Quant aux rames de cette barque, elles font plutôt penser aux pigouilles plutôt utilisées dans le marais poitevin qu’en Provence.
Une très belle photo sur verre datant de la fin du XIXème, début XXème.

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