109 POILUS de CADEROUSSE, 109 DESTINS… Augustin CLARISSE.

109 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 109 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-troisième nom de la liste: Clarisse Augustin Basile, mais pas de trace de ce nom sur le monument aux morts construit en 1937. Non, Augustin Clarisse a été oublié ! Les hommes de cette époque ont quelques circonstances atténuantes, la famille avait quitté le village depuis bien longtemps quand ce décès survint du côté de Notre-Dame de Lorette, en 1915. Seule la logique implacable des ordinateurs actuels l’a fait réapparaître sur le site de Mémoire des Hommes.

Les parents d’Augustin, Auguste Clarisse et Armand « Florinde » dit Fleurie Marie-Rose sont venus s’installer à Caderousse entre 1873 et 1875. Le père, originaire de Roaix, près de Rasteau et Vaison-la-Romaine, était cultivateur maître valet, valet de ferme en somme. Il allait donc de ferme en ferme louer ses bras avec femme et enfants. On retrouve donc la famille au quartier des Prés sur la liste nominative du recensement de 1876.

Cinq années plus tard, lors du recensement suivant, plus de traces de Clarisse à Caderousse ! Ils sont partis ailleurs se mettre à disposition d’un autre patron. Pas très loin d’ailleurs, à Orange, au quartier des Graves. C’est là que naîtra un second garçon, Eugène Victor le 13 décembre 1884.

Entre temps, trois enfants sont venus au monde tenir compagnie à la soeur aînée Fleurie (ou Florinde, à la guise de l’Officier de l’Etat-Civil) née en 1870. Ce sont donc deux filles et un garçon Clarisse qui ont vu le jour à Caderousse:

  • Adèle Marie née le 20 août 1875,
  • Rose Victorine née le 1er juillet 1877 et
  • Augustin, né le 06 décembre 1879, premier garçon qui prend donc à la terminaison près, le prénom du père.

Augustin va être appelé sous les drapeaux pour sa période de trois ans en 1900. Du 21 novembre de cette année au 21 septembre 1903, il va connaître la douceur du climat de la Corse, à Bastia, au 163ème Régiment d’Infanterie mais aussi la rudesse des montagnes lors des pénibles exercices d’entraînement. Il sera réserviste à Avignon, au 58ème puis 118 ème R.I. chez qui il effectuera des périodes de mise à niveau en 1906 puis comme par un mauvais hasard à partir du 29 juillet 1914 ! Pas besoin d’entendre le tocsin de Roaix, il était sur place lors de la déclaration de guerre !

Car, à son retour de l’armée, Augustin avait pris épouse à Roaix, le pays d’origine des Clarisse. Il s’était marié le 20 avril 1907 avec Paule Rose Ladie Morel. Il eut le temps de faire des enfants, à n’en pas douter.

Le 19 septembre 1914, il fut muté au 21ème Régiment d’Infanterie. En mars 1915, ce régiment combattait dans le secteur de Notre-Dame-de-Lorette, dans le Pas-de-Calais. Ce n’était pas l’endroit rêvé pour essayer de survivre à la guerre. Entre octobre 1914 et septembre 1915, cette butte dominant le bassin minier du Pas-de-Calais fut le lieu de combats incessants entre Français et Allemands. 188 000 hommes y furent tués dont 100 000 Français environ… et parmi eux, Augustin Clarisse le natif de Caderousse.

Pourtant, ce 1er avril 1915, la situation était plus calme qu’à l’accoutumée. Des échanges d’artillerie avaient eu lieu nous dit le Journal de Marche du 21ème R.I., échanges initiés par les Français. Il y eut un tué, par malchance Augustin Clarisse et un blessé, ce jour-là…

Augustin avait alors 35 ans et 5 mois. Sa dépouille allait être enterré à la Nécropole Nationale de Notre-Dame-de-Lorette à Albain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais) dans la tombe individuelle 13 128 du carré 65, rang 7, au milieu de quelques 45 000 soldats français qui furent enterrés là après guerre.

Quant à son petit frère Eugène Victor, lui aussi connut la Grande Guerre. Terriblement effrayé par ce qu’il vit et traumatisé par la mort de son frère, il ne se présenta plus à son régiment le 18 juillet 1917 et fut considéré comme déserteur… jusqu’à la loi d’amnistie du 14 juillet 1925, le même jour où la Nécropole de Notre-Dame-de-Lorette était inaugurée, date à laquelle il put aller se présenter à la gendarmerie sans crainte d’être poursuivi.

 

La fiche d’Augustin Basile Clarisse de Mémoire des Hommes

Augustin Basile Clarisse, matricule 567 classe 1899, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Clarisse semble encore exister en Vaucluse. Si un descendant direct ou indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Henri Colombier.

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