Archives mensuelles : octobre 2018

119 POILUS de CADEROUSSE, 119 DESTINS… André Louis EUSTACHE.

119 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 119 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent-dix-neuvième nom de la liste: André Louis EUSTACHE.

 

C’est le site Généanet qui nous a permis de nous mettre sur les traces d’André Louis Eustache. En effet, son décès a été transcrit à Caderousse le 1er septembre 1917.

André Louis Eustache est né en Ardèche à Saint-Montan, non loin de Viviers, de Bourg-Saint-Andéol et du Rhône le 03 mars 1887. D’autant plus près du Rhône que ses parents André Eustache né en 1846 et Marie Rosalie Reynier née à Montélimar en 1863 tiennent une ferme au quartier des Barraques, dans la plaine.

Au recensement de 1891 aux Barraques de Saint-Montan.

Sur ce document reproduit ci-dessus, les noms de la mère d’André et de sa grand-mère maternelle sont barrés ce qui n’est pas bon signe. En effet, elles n’apparaissent plus dans le recensement suivant de 1896.

Marie Rosalie Eustache, mère d’André Louis, est décédée à Saint-Montan le 13 octobre 1893. André père élèvera seul son fils qui deviendra naturellement paysan, un fils qui restera unique par la force des choses.

André Louis fait son service militaire du 06 octobre 1908 au 25 septembre 1910 au 35ème Régiment d’Infanterie. Ce sera son premier grand voyage puisque ce régiment est stationné à Belfort, près de la frontière allemande d’alors. Le second départ de la ferme des Barraques sera pour aller travailler à Orange chez Antoine, camionneur en 1913 puis à Caderousse pour louer ses bras dans l’île de la Piboulette, chez Louis Martin, fermier, à partir d’avril 1914.

C’est donc le tocsin de Caderousse qu’il entendra le 03 août 1914, village qu’il quittera pour le 55ème RI de de Pont-Saint-Esprit. La guerre donc et le secteur de Verdun où le régiment gardois va combattre un moment.

Le 14 octobre 1915, André Louis rejoint le 116ème Bataillon de Chasseurs Alpins. et est replongé dans l’enfer de Verdun. Un enfer que confirme cet extrait du Journal de Marche du Bataillon:

Les bombardements allemands, les tranchées gommées du côté de Douaumont, les hommes sans protection face aux déluges de feu mais aussi du ciel avec une pluie incessante, un froid glacial et des hommes qui tombent comme des mouches. Nous sommes le 25 octobre 1916.

Le lendemain, c’est un peu la répétition de la veille mais le déluge du feu fait moins de victimes.

Il y aura tout de même vingt-un morts ce jour-là, des blessés et des disparus. Parmi les premiers, André Louis Estache, le néo-Caderoussien ! Il apparaît dans la liste établie dans le Journal de marche du 116ème BCA.

Le 26 octobre 1916, André Louis Eustache était âgé de 29 ans et 10 mois.

 

La fiche matricule d’André Louis Eustache de Mémoire des Hommes.

André Louis Eustache, matricule 106 de la classe 1907, bureau de recrutement de Pont-Saint-Esprit, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Gard. Le patronyme Eustache est présent en Vaucluse, Drôme, Gard. Si quelqu’un reconnaît en André Louis un ascendant direct lointain, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre…. Charles Marius Arnaud.

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ll y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 20 octobre 1918

(JOUR 1540 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Wilson, le président américain, à la une de cette revue. Il faut dire qu’il reçoit des messages venant des Empires centraux pour mettre fin à ce conflit. On le voit sur cette image de la double page centrale.

On sait maintenant que ce sont les Français qui ont retardé la date de l’armistice pour que la victoire soit plus importante.

Les Allemands qui se replient comme ici vers Reims, dans la région de Monts qui ont été repris.

Mont Cornillet, Mont Haut, Mont Blond.

La ligne Hindenburg est dépassée.

On voit ici tout le système des tranchées qui se voulaient imprenables.

Les Américains en Argonne…

…les Britanniques, la cavalerie montée britannique dans le Nord.

Les villes libérées sont dévastées…

…comme Saint-Quentin ci-dessus sur cette photo prise à 100 mètres de haut.
Dans ces villes dévastées, les réfugiés commencent à rentrer chez eux.

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JEUX: SOIRÉE JEUX JUBIL’ du 12 octobre: IMAGINARIUM et quelques jeux d’ambiance…

Retour à l’Ancienne Caserne des Pompiers. Soirée à l’étage dans la salle d’A2JE. Je n’incruste dans un petit groupe d’Avignonnais bien sympathiques et d’un jeune de Sénas.

Le gros jeu IMAGINARIUM pour commencer, de Bruno Cathala.

Jeu à cinq. Ambiance et matériel magnifiques. Idée un peu tarabiscotée mais une mécanique qui tourne. Dans ce monde, on produit du charbonium, on construit des machines, on détruit des machines, on achète des aides… Tout tourne. Le but du jeu c’est réaliser des objectifs. Sauf que j’oublie tout simplement de le faire. Il faut dire que les plaquettes « objectifs » sont petites et bien loin sur la table et qu’il est difficile de les lire.

Conclusion, je ne décolle pas ou presque pas.

Mais le jeu est agréable et mérite d’être revu.

Suite et fin de soirée avec du plus « léger ».

3 SECRETS… amené par Hugo de Sénas où il s’agit de résoudre de découvrir les 3 secrets en 15 minutes par le jeu des questions-réponses. Jeu coopératif s’il en est. Deux parties, deux réussites. Idéal pour fin de soirée.

JUST ONE, sorti le jour même suivant TRIC TRAC.

Un jeu d’ambiance coopératif où l’on doit faire découvrir un mot à un joueur en écrivant un indice (un mot) sur son présentoir. Sauf que les mots-indices  identiques sont annulés. Ce qui complique la chose ! But du jeu: arriver à valider le plus de cartes sur un deck de douze. Rigolo !

 

 

 

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118 POILUS de CADEROUSSE, 118 DESTINS… et les plaques mémorielles de l’église Saint-Michel.

118 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 118 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Petite halte avant le dernier coup de collier des « Poilus oubliés » sur les plaques mémorielles et que Mémoire des Hommes a permis qu’ils soient ressortis du néant. Onze biographies concernant ces hommes ont déjà été écrites, il reste encore dix. Oui, pas moins de vingt-un Caderoussiers ont été « oubliés » sur le Monument aux Morts du cimetière édifié en 1937 mais aussi sur les plaques mémorielles de l’église installées bien plus tôt, quelques années après la fin de la Grande Guerre.

107 noms sur le Monument aux Morts, trois de plus à l’église, les 107 autres étant les mêmes.

Première plaque.

Seconde plaque.

Une constatation: les deux graveurs, autant celui qui officia pour l’église que celui qui travailla pour la commune étaient autant fâchés avec l’ordre alphabétique l’un que l’autre. Mais nous allons surtout nous questionner sur les trois Poilus qui figurent sur les plaques de l’église et non sur  le Monument.

François Gabriel BOURRET

(matricule 256-classe 1893 bureau de recrutement d’Avignon)

Soldat non-Mort pour la France, absent sur le site Mémoire des Hommes.
Né à Caderousse le 18 mars 1878. Fils de François Isidore Bourret et d’Augustine Rosine Pauline Valon. C’est le cousin germain du MPLF Alphonse Auguste Ruat, leurs mères étant soeurs.

Il ne fait qu’un an de service militaire en 1899-1900 au 58ème RI d’Avignon, sa mère étant veuve. Son père est en effet décédé en 1889 alors qu’il n’avait qu’onze ans.

Lui même cultivateur, il se marie le 23 novembre 1904 avec Ursula Marguerite Virginie Chaume. Il ne semble pas que le couple ait eu des enfants à moins qu’il ne se soit éloigné un temps de Caderousse.

Gabriel Bourret va être mobilisé du 03 août 1914 au 27 janvier 1919. Quatre ans et demi de guerre ! Il sera blessé à Verdun le 13 juillet 1916 par un éclat d’obus dans le mollet droit mais retournera au front après sa convalescence.

Une fois libéré, il rentre chez lui, à Caderousse et décède à son domicile le 17 mai 1920 des suites d’une maladie. Contractée au service ? La fiche matricule ne le dit pas et on peut penser que l’armée ne l’a pas reconnue. Mais pour les siens, il devait y avoir peut-être une corrélation puisqu’il fut inscrit sur la plaque de l’église.

Hilaire Jules Louis BREMOND

(matricule 834-classe 1915 bureau de recrutement d’Avignon)

Soldat non-Mort pour la France, absent sur le site Mémoire des Hommes.

Hilaire Brémond est né à Caderousse le 14 janvier 1895. C’est donc un jeune soldat qui sera appelé en décembre 1914 pour la guerre.

Ses parents sont Caderoussiens tous les deux, Paul Gabriel né en 1868 et Césarien Rose Aubert quelques mois après lui. Hilaire n’est pas proche parent d’Isidore Brémond, son homonyme MPLF.

Incorporé le 17 décembre 1914, il rejoint Nice et le 163ème RI. Il est blessé au médium le 04 juin 1915 à Thirey. Neuf mois plus tard, il est dans un premier temps porté disparu le 28 mars 1916 à Malancourt dans la Meuse. Ainsi il subit le même sort que le MPLF Antoine Ripert, six jours plus tôt, au même endroit. Sauf qu’Hilaire, lui, réapparaîtra et sera retrouvé… au camp de Reslazant, en Allemagne, prisonnier de guerre.

Quelques invraisemblances apparaissent ensuite dans sa fiche matricule. On y parle d’une évasion du camp de Limberg mais dans le même temps d’un rapatriement à Marseille, le 23 juillet 1916. Cette seconde affirmation semble la plus plausible puisqu’il a tout de même perdu son avant-bras droit le jour où il a été fait prisonnier en mars 1916. La libération de grands blessés dans le cadre d’échange de prisonniers était une pratique courante à l’initiative de la Croix-Rouge suisse. Une fois remis, Hilaire Brémond est rayé des cadres le 03 mai 1917 et reçoit une rente de 750 francs.

Il demeure à Marseille et décède dans cette ville le 01er mars 1921. On n’en saura pas plus mais il semble logique qu’il n’ait pas été inscrit sur le monument du cimetière, tout en reconnaissant le drame personnel et familial qu’il a vécu.

Abel Etienne Léon RADELET (ou RADELLET)

(matricule 460-classe 1889 bureau de recrutement d’Avignon)

Abel Radellet est né à Caderousse le 05 août 1869. Il est le fils de François Léon Radellet et de Marie Rose Séraphine Roche. C’est le grand frère de Léonie Radellet épouse d’Adrien Guérin, mes arrière-grands-parents, Adrien Mort pour la France le 21 octobre 1915 à La Pompelle, dont on a déjà parlé plusieurs fois dans ce blog. Abel est donc mon arrière-grand-oncle.

Abel ayant perdu son père quelques jours avant le conseil de révision de ses vingt ans, sera dispensé d’armée dans un premier temps puis ne fera que dix mois sous les drapeaux du 11 novembre 1890 au 23 septembre 1891 au 161ème Régiment d’Infanterie de Saint-Mihiel. A la sortie de ce court épisode militaire, il se marie avec Rosa Clémentine Léonie Deyrenc, le 23 février 1895.

Deux filles naissent de cette union, Marguerite Séraphine Léonie en 1897 et Marie Rose Adrienne en 1905, les fameuses cousines à qui mon grand-oncle Séraphin envoyait des cartes pendant la guerre en leur demandant de les lui garder… ce qui m’a permis de les récupérer, presque un siècle plus tard.

Malgré son grand âge (pour un soldat), Abel est rappelé lors de la mobilisation générale d’août 1914. Il rejoint le 118ème RI d’Avignon mais est rapidement renvoyé dans ses foyers le 05 septembre 1914. Il décède chez lui moins de trois mois plus tard, le 27 décembre 1914. Rien de permet de penser que ce décès est la conséquence de son second passage à l’armée.

En conclusion de ces trois courtes biographies, on considérera que ces trois Poilus ne peuvent être ajoutés à la liste des MPLF de Caderousse.

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La CHARTREUSE de VALBONNE- Un havre de paix à deux pas de la vallée du Rhône pour les marcheurs d’Ancône Culture et Patrimoine.

S’il est un coin où les Israélites et autres proscrits recherchés par les Allemands pendant la Seconde Guerre étaient à l’abri, c’est bien derrière les murs de la Chartreuse de Valbonne. Pas seulement à cause de la densité de la forêt entourant l’ancien monastère, mais surtout parce que les occupants ne s’approchaient pas de ce lieu. Quelque malédiction ? Une superstition ? Non ! La présence d’une léproserie installée là en 1929 par le Pasteur Philadelphie Delord ! Pour la garnison de Pont-Saint-Esprit, la peur de la contagion était plus forte que la recherche des ennemis du Reich millénaire !

Car le monastère construit là par les Chartreux au XIIIème siècle (vers 1200) connut bien des vicissitudes. Les moines avaient défriché et asséché ce vallon humide pour le rendre cultivable et lui donner son nom… la Vallée Bonne.

Les Guerres de Religion, la Révolution, les lois laïques de la IIIème République lui firent changer de fonction régulièrement. Ce fut une verrerie vers 1802 avant de devenir léproserie dans laquelle furent soignés quatre cents malades pendant trois quarts de siècle. Le dernier lépreux quitta les lieux pour l’hôpital de Pont-Saint-Esprit en 2003. Pas de risques donc pour les marcheurs anconais.

Aujourd’hui, on peut visiter les lieux, s’y restaurer et y être hébergé. Une cave produit le vin du vignoble local. Ces activités permettent la réinsertion d’adultes souffrant d’handicaps psychologiques stabilisés. Un ESAT après la léproserie, un CAT en quelque sorte.

Bonne balade dans la forêt de la Vallée Bonne.

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JEUX: SOIRÉE des LUDIVORES du 10 octobre: ISLE OF SKYPE et BANG ! BANG ! BANG !

Des cataractes d’eau tombant du ciel pour cette soirée et une petite chambrée de Ludivores. Après la chaleur du mois dernier, la pluie aurait donc retenu nombre d’anciens adhérents de l’association. A moins que la concurrence locale de soirées privées ne soit en train de mettre dans les cordes les Ludivores. On verra dans les prochains mois si cette tendance s’inverse.

Cataractes du ciel, cataractes de mon nez… trois paquets en quatre heures ! Heureusement que ce ne sont  pas des cigarettes !

ISLE OF SKYPE pour commencer la soirée. Un jeu déjà vu il y a quelque temps. C’est un CARCASSONNE amélioré ? Pour le décompte final, c’est sûr que c’est nettement plus difficile. Pour le reste, est-ce mieux ? C’est plus délicat également mais est-ce nécessaire pour un « petit » jeu comme celui-ci.

Et puis monter chacun dans son coin son petit monde, est-ce bien utile ? Un seul monde avec l’adversaire finissant une région que tu préparais amoureusement depuis longtemps… oui, mais alors, c’est vrai, ce serait… CARCASSONNE !

Florentin longtemps derrière nous explose au décompte final. Daniel longtemps devant fait l’inverse… et moi, je reste au milieu.

Suite et fin de soirée avec des parties de BANG ! endiablées…. comme à chaque fois. Trois d’affilées.  Alors que Daniel est allé se coucher, Ewoud le remplace mais n’est guère plus réveillé.

Florentin le renégat devra attendre la troisième partie pour enfin venir à bout du shérif. Lui qui avait amené le jeu ! Grâce au fait d’avoir lu la règle qui veut que la « bière » ne rend pas un point de vie en cas de combat singulier.

Soirée sympa !

 

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ll y a 100 ans jour pour jour: J’AI VU du 15 octobre 1918

(JOUR 1535 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

A la une de J’ai vu, un montage du Kaiser montré les bras en l’air comme s’il se rendait. Tout le monde espère la fin de cette guerre. 1535 jours de guerre aujourd’hui !

D’ailleurs, on sent presque les prémisses des préoccupations du monde de demain, de celui de l’après-guerre, les transports et les déplacements des population.

J’ai vu imagine les transports aériens de demain…

…et les transports par le rail. L’Atlantique et le Transsibérien ! Pas loin de la réalité tout cela !

La une intérieure de J’ai vu montre des scaphandriers descendant réparer des fuites à un cuirassé endommagé.

Photo sous-marine ? dessin ? montage ? Bizarre cette vue !

Les cuirassiers français traversent ici la Suippe.

Les hommes sur des radeaux, des bacs (à traille ?) et les chevaux à la nage !

 

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118 POILUS de CADEROUSSE, 118 DESTINS… Marius Cyprien MILLET

118 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 118 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent-dix-huitième nom de la liste: Marius Cyprien MILLET.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

« Trois Millet inscrits sur le Monument aux Morts de Caderousse, dans l’ordre alphabétique Félix Marius, Maurice Marie Joseph et Paul Joseph Marie…  » C’est ainsi que je commençais l’article sur les Millet du Monument aux Morts il y a quelque temps. Sauf qu’il y a bien quatre Millet inscrits sur le Monument dont deux Millet Maurice.

C’est la lecture de la plaque mémorielle posée dans l’église de Caderousse qui m’a interpelée.

Il y a bien quatre Millet. C’est Marius Millet qui a échappé à ma vigilance, un Marius devenu Maurice (bis) sur le Monument aux Morts du cimetière alors qu’à l’église cette erreur n’est pas commise.

Extrait de la troisième face du Monument aux Morts.

Marius Millet est né à Mornas le 12 mai 1884, de parents tout deux originaires de cette ville. Mais Casimir Toussaint Millet et Marie Antoinette Goumare sont aussi les parents de Félix Millet dont le nom figure sur le monument et dont on a déjà raconté sa courte vie. Car Marius est le grand frère de Félix. Il s’agit donc là de la neuvième fratrie de Caderousse qui vit au moins deux enfants emportés par la guerre. Pas la dernière !

La similitude des parcours de Marius et Félix ne s’arrête pas là. En effet, les deux frères arrivent à Caderousse en épousant deux filles du village, qui plus est, deux soeurs. Marius Cyprien épouse le 25 septembre 1909 Rose Augustine Baptistine Cuer et deux ans après, Félix se marie avec Marie Louise Marguerite Cuer.

Le 10 novembre 1910 naît une petite fille, Marguerite Rose Cyprienne à Mornas. Il semble que le couple Marius-Rose se soit installé à Mornas après leur mariage, pour continuer de travailler les terres familiales. Le rapport entre lui et Caderousse n’existe que par son mariage avec une fille du village, ce qui pourrait expliquer son oubli lors de l’érection du monument aux morts et de son ajout hors ordre alphabétique et la petite erreur de son prénom.

Marius Millet n’a pas fait de service militaire car il a été réformé en 1905 pour des problèmes oculaires, une dacryocystite chronique qui lui fait pleurer un oeil en permanence. Toutefois, neuf ans plus tard, cette infirmité ne pose plus problème à l’armée et Marius est appelé sous les drapeaux le 30 octobre 1914. Après une période de classes au 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon, il est envoyé au front au 132ème R.I. le 14 mars 1915. Il ne lui reste alors que trois semaines à vivre !

Il est plongé immédiatement dans l’enfer de la bataille des Eparges, au sud-est de Verdun. Pour l’Etat-Major français, il faut déloger les Allemands des crêtes des Hauts de Meuse auxquelles ils s’accrochent. S’en suit une série d’attaques entre 17 février et le mois d’avril 1915.

Un rappel de l’ordre d’attaque dans le Journal de Marche du 132ème R.I. en date du 5 avril 1915.

Le 05 avril, l’attaque française est hachée par les défenses allemandes pas assez éprouvées par la préparation d’artillerie. Le territoire gagné ce jour est presque totalement perdu le lendemain. Le 7 avril, l’attaque programmée du 25ème Bataillon de Chasseurs à Pied est remise, faute de combattants valides et frais, l’unité étant arrivée en retard avec des hommes exténués. Toutefois des combats sporadiques se déroulent toute la journée avec bombardements des deux côtés. Le bilan de cette journée est tout de même sanglant: 15 tués, 102 blessés et 20 disparus.

Parmi les 15 tués de ce 7 avril 1915 au bois des Eparges figure Marius Millet. Il était âgé de 30 ans et 11 mois. Le lendemain, non loin de là mais derrière les lignes allemandes à Fresnes-sur-Woëvre, suite à un bombardement français sur une ambulance allemande où il était soigné après avoir été fait prisonnier, était tué l’écrivain Louis Pergaud, prix Goncourt 1910 et auteur de La Guerre des Boutons. Une victime célèbre de la bataille des Eparges.

La fiche matricule de Marius Cyprien Millet de Mémoire des Hommes.

Marius Cyprien Millet, matricule 288 de la classe 1904, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Millet est assez répandu en Vaucluse. Si quelqu’un reconnaît en Marius un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: les plaques mémorielles de l’église de Caderousse.

Le bois des Eparges de nos jours porte toujours les stigmates de la guerre.

Photo de Roman Karpinski sur Google maps. 

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ll y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 13 octobre 1918

(JOUR 1533 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Un calvaire sur lequel les Allemands ont inscrit cette phrase au moment de leur offensive de fin mars 1918. En effet, en ce lieu, on est à 140 km de Rouen. Si près, si loin… L’offensive visant à encercler Paris, comme en 1871 fit long feu et les troupes allemandes sont en plein retrait depuis fin juillet.

En Orient, la guerre est finie. Les Bulgares ont demandé un armistice. Ci-dessus, les lieux de pouvoir où le roi de Bulgarie a imaginé cette sortie de la guerre. Ci-dessous, les plénipotentiaires bulgares qui ont participé aux négociations ayant précédé le cessez-le-feu.

La guerre continue en Palestine où les Turcs refusent devant les Britanniques.

Parmi les troupes britanniques, des cavaliers venus des Indes.

Partout sur le front occidental les Allemands sont en déroute, une déroute à l’Allemande, organisée et disciplinée !

Les Belges, la vaillante armée belge comme on le disait à l’époque, libèrent leur pays, Dixmude, dans un paysage bouleversé.

Du Nord à L’Aisne, les Britanniques avancent, libérant des territoires français si longtemps occupés.

Partout des destructions comme on voit sur cette double page centrale avec pas moins de 16 villes en ruines.

Du 2 juillet au 3 octobre ont été libérées… Chatea-Thierry, Soissons, Montdidier, Albert, Roye, Bapaume, Noyon, Péronne, Chauny, Ham, Saint-Mihiel, Varennes, Dixmude, Saint-Quentin, Argentifères, Lens.

Partout des ruines…!

Dans leur avancés, les alliés des Français récupèrent du matériel comme ici des canons en nombre.

Sauf quand les Allemands arrivent à détruire leurs dépôts d’armements.

Des prisonniers allemands pour qui la guerre est finie.

Les Américains progressent en Argonne.

 

 

 

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La prestigieuse correspondance du citoyen Alexandre Dumont- 9/15 un livre: QUE VEUT L’ESPAGNE ?

Petit arrêt dans la correspondance reçue par Alexandre Démon avec ce fascicule édité en 1868 et paru sous le titre: Que veut l’Espagne ?

L’auteur réfléchit sur le devenir de l’Espagne en pleine période de troubles pour la succession d’Isabelle II exilée en France en 1868 et écrit quelques pages dignes de la meilleur fiction historique.

Dans la vraie vie, le gouvernement provisoire conduit par Prim, Serrano et Topette essaie de trouver un nouveau régime politique pour l’Espagne, hésitant entre monarchie et république. Alexandre Dumon lui les juge sévèrement et les traite d’incompétence. Il faut dire que dans le choix monarchique qui s’offre au gouvernement provisoire se présente un candidat encore plus incompétent que les membres du gouvernement, un certain Antoine d’Orléans qui n’est autre que le fils de Louis-Philippe 1er. N’oublions pas qu’Alexandre Dumon fut un révolutionnaire actif de 1848 ! Il y’a également Louise Fernande de Bourbon qui est l’épouse d’Antoine d’Orléans et qui postule aussi à la succession d’Isabelle II.

Non, Alexandre Dumon ne voit que deux solutions plausibles à la crise démocratique espagnole: le retour d’Isabelle II
qui a le mérite d’une certaine légitimité ou l’institution de la République. C’est en effet et de loin, le système préféré de l’auteur. Mais là, il part alors dans un délire incroyable tant il semble naïf. La jeune république espagnole aurait besoin d’une tutrice, sa grande soeur la République Française et se rapprocherait alors d’elle. Alexandre Dumon oublie un peu vite qu’en 1869, c’est toujours l’Empire et que les deux premières républiques françaises aboutiront à des dictatures !

Qu’importe ! L’Espagne s’annexera à la France. C’est là son voeu secret (!) qu’elle ne tardera pas à exprimer hautement.  Il oublie un peu vite le souvenir laissé par les Français au début du siècle !

Puis le Portugal suivra son exemple car lui aussi verra dans cette annexion sa fortune et son salut. 

Ainsi, cette grande France pourrait parler d’égal à l’Allemagne et serait très puissante en Afrique.

Que l’Espagne consulte son coeur !

Oui, la République espagnole, cette fille adorée de la liberté, se jetterait dans les bras de sa mère. Sa mère, c’est la France, car la France, c’est la Liberté ! 

Dans la vraie vie, le gouvernement provisoire choisira Amédée de Savoie qui connaîtra un règne plus qu’agité. La monarchie constitutionnelle ne durera que deux années. Elle sera remplacée par la Première République qui ne tiendra elle aussi que deux ans. Un coup d’état militaire restaurera les Bourbons en 1874 en la personne d’Alphonse XII.

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Classé dans Autographe, Correspondance