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Une CARTE de RATIONNEMENT de TABAC après la SECONDE GUERRE MONDIALE

Encore une carte de rationnement datant de l’immédiat-après Seconde Guerre Mondiale…

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une carte de Rationnement du TABAC.

Au sortir de la guerre, tout manquait et le tabac en faisait partie. Si bien que l’on dut instituer des cartes de rationnement pour ce produit également. Une carte comme on peut le lire sur le tampon ci-dessus qui a été distribuée par la Mairie de Caderousse. Une carte qui ne servit pas à son propriétaire puisque les coupons détachables sont tous là, en troisième page.

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Le consommateur de tabac avait droit à 3 livraisons par mois et les bons n’ont plus été utilisés à partir de juillet 1947. Une bonne résolution estivale ou la fin des privations ? Certainement la seconde solution !

Nous présenterons d’autres cartes familiales de cette époque prochainement.

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RÉSISTANCE 1942 (19/23): BULETIN D’INFORMATION- 9 OCTOBRE 1942

Avec une « jolie » faute d’orthographe dans le titre de ce feuillet 1 du BULLETIN D’INFORMATION du 9 octobre 1942. Certainement un document interne au Parti Communiste clandestin qui va informer les militants du déroulement de la guerre et en particulier de la bataille de Stalingrad qui oppose la Wehrmacht à l’Armée Rouge.

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 La bataille de Stalingrad que le rédacteur de l’article compare à Verdun en double, voire plus. Les Allemands avaient massé 1 million d’hommes devant Verdun, ils sont là 2 millions devant Stalingrad. A Verdun, ce fut un déluge de feu tiré par l’artillerie. A Stalingrad, en plus de l’artillerie, ce sont les chars et les avions qui pilonnent la ville.
Toujours est-il que cette résistance inattendu des Soviétiques contrarie grandement l’état-major allemand qui espérait atteindre ses objectifs avant l’hiver. Un hiver qui s’annonce terrible pour la Wehrmacht. Si terrible que les Nazis ont lancé en Allemagne des collectes humanitaires pour venir en aide aux soldats sur le front de l’Est. Ce premier article se termine par ces mots:

La guerre entre peu à peu dans une phase qui ne promet rien de bon aux Allemands.

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Second article daté du 5 octobre pour parler de Stalingrad attaqué depuis 63 jours. L’article veut tordre le cou aux mensonges fascistes qui annoncent que le trafic sur la Volga est interrompu.  Au contraire, une contre-attaque de l’Armée Rouge appuyée par les canonnières de la Volga a permis de faire reculer les Allemands.

Quant à l’avancée des Soviétiques dans les steppes au nord de la ville, elle est irrésistible malgré la politique de la terre brûlée pratiquée par les Nazis et elle coûte entre 2 000 et 3 000 hommes par jour à la Wehrmacht. Une véritable hécatombe !

Le reste de l’article fait le point sur d’autres secteurs de cet immense front russe: Mozzok dans le Terek, Novorossisk sur la Mer Noire, Rjev au centre, Zenia…. près de Leningrad (la bordure gauche de l’impression est défectueuse et oblige à déchiffrer le texte, ce qui est délicat quand il s’agit de noms propres), en Finlande et sur mer où les Russes ont coulé un gros transport allemand dans la Baltique.

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A la suite de cette description du front russe, un petit texte intitulé COMMENT ON PEUT SABOTER pour raconter des sabotages commis par des ouvriers en Hongrie dans une usine sidérurgique ou en Hollande dans une fabrique de conserves. Certainement un message à l’adresse des ouvriers français.

Les 3 autres pages de ce bulletin d’information se présentent comme une succession de brèves de quelques lignes chacune sous le titre NOUVELLES DU MONDE ENTIER.

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Tout d’abord en France.

Une ruse de Laval pour envoyer de la main d’oeuvre jeune en Allemagne: la propagande de Vichy pour que ces jeunes entrent dans des écoles d’apprentissage… qui se trouvent… en Allemagne !

Le ralliement de l’Ambassadeur de France en Hongrie à De Gaulle.

La nouvelle cachée par la presse à la solde  de Vichy et des Nazis: celle de l’arrivée d’un convoi d’ouvriers venant d’Afrique du Nord. Il s’agit d’anciens combattants de l’Espagne Républicaine jusque là prisonniers dans des camps de concentration en Algérie et livrés par Vichy aux Allemands… certainement en route pour Mauthausen.

La création de l’escadrille aérienne de la France Libre Normandie-Niemen.

L’arrestation d’Hériot suivant les Allemands. Il doit s’agit d’Edouard Herriot (une autre faute dans ce patronyme), le maire de Lyon qui fut placé en résidence surveillé en septembre 1942 puis interné dans un asile d’aliénés près de Nancy.

L’URSS reconnaît le Comité National Français comme seul organe de la Résistance Combattante française.

Après ces informations françaises, viennent des nouvelles du monde entier sur 2 pages.

En Allemagne, il est fait état d’exécutions d’opposants au Nazisme que essaient de reconstituer des mouvements politiques interdits dont bien sûr le Parti Communiste… dans ce bulletin communiste.

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Des nouvelles de Pologne, Tchécoslovaquie, Finlande (avec 2 -décidément il n’y a pas eu relecture des feuillets-), Albanie, Grèce où, de partout des patriotes résistent les armes à la main aux Allemands et Italiens (en ce qui concerne l’Albanie).

Même chose en Yougoslavie où les partisans ont réalisé un gros coup en s’emparant de nombreuses armes et munitions. Partisans qui ont été rejoints par des prisonniers de guerre français détenus en Autriche qui se sont rebellés et évadés pour rejoindre les Maquis titistes.

Grève chez les ouvriers des usines d’aviation en Hollande et travail forcé décidé dans ce même pays pour tous les jeunes de plus de 18 ans.

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Suite de ce tour du monde en dernière page.
En Hongrie, ce sont toutes les femmes de 14 à 70 ans que se voient dans l’obligation de travailler pour le Reich. Incendies dans des usines textiles et entrepôts proche de Budapest suite aux bombardements de l’aviation soviétique.

En Amérique, aux Etats-Unis, ce sont des manifestations qui parcourent les milieux syndicaux et ouvriers dans tout le pays pour revendiquer l’ouverture d’un second front, un leitmotiv communiste, pour soulager le front de l’Est. On peut y lire cette phrase, choquante aujourd’hui:

A Los Angeles, tous les habitants, les blancs comme les nègres, ont signé un télégramme envoyé au Président Roosevelt… 

Pourquoi nègres au lieu de Noirs qui pourtant et le pendant naturel de Blancs.

Pour terminer, même revendication en Angleterre, des syndicats des usines d’aviation, des fabriques d’armes et des pompiers de Manchester comme des fonctionnaires de Liverpool pour l’ouverture de ce second front… on en reparlera souvent dans ces documents communistes.

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RÉSISTANCE 1942 (18/23): LA VIE DU PARTI- SEPTEMBRE 1942 (3)

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Suite et fin de la lecture de ce document interne au Parti Communiste en septembre 1942.

Après avoir évoqué la lutte des militants communistes dans les entreprises, le document évoque ensuite la lutte dans la société.

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Il faut en effet éviter à tout prix le départ des hommes vers l’Allemagne. Le parti envisage même ce qui se passera à une échelle moindre, la réquisition des affectés spéciaux et même la mobilisation qui leur permettrait (à Vichy et aux Allemands) de parquer des millions de Français désarmés dans des camps de concentration où les nazis pourraient choisir leurs esclaves et noyer dans le sang toutes tentatives de révolte, tandis que le peuple français serait privé pour mener sa lutte libératrice de ses éléments les plus actifs.

On comprend que les rédacteurs du tract sentent ce qui va se passer avec la création du S.T.O. qui enverra en Allemagne des milliers de jeunes Français et remplira les maquis. Aussi est-il demandé de ne pas répondre à un ordre de réquisition ou d’une mobilisation et d’organiser la résistance par tous les moyens y compris le passage dans des détachements de Francs-Tireurs et Partisans. Prémonitoire !

Le tract demande également de se méfier des membres du S.O.L. tout en ne confondant les membres de la Légion des Combattants à ceux du S.O.L., mouvement qui donnera naissance à la Milice. Méfiance aussi envers la Police tout en veillant de ne pas considérer tous les policiers comme des nervis de Vichy.

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Et le rôle du Parti dans tout cela, indispensable lien entre les masses et les actions ?

Pour cela, le Parti demande aux directions régionales de se préoccuper de ce qui se passe près de chez eux, dans les sections, dans les entreprises pour les soutenir. Et le document insiste en  soulignant la phrase, ce mal qu’il nous faut guérir à tout prix et vite, celui des élites oubliant la base. Toujours d’actualité dans beaucoup de partis politiques 76 ans plus tard !

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Au niveau de l’organisation interne, le Parti demande aussi de mettre en place des nouveaux cadres de remplacement. Cela permettrait de faire éclore de nouveaux talents dans le Parti mais aussi de pouvoir continuer la lutte en cas d’élimination (par arrestations) de cadres dirigeants en place. Bien entendu en veillant à respecter la discipline du Parti et les règles existantes, celui d’un centralisme pesant qui nuira beaucoup au Parti jusqu’à nos jours.

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 Avant de dire comment développer rapidement les détachements de F.-T.P., le document insiste sur le bien fondé et la légitimité de la lutte armée contre l’occupant. Notre peuple serait indigne de vivre indépendant s’il subissait la violence de l’ennemi sans la retourner contre cet ennemi par tous les moyens en son pouvoir.

Preuve en est le peu de réaction des Nazis après une attaque à la grenade contre des militaires allemands à l’intérieur du stade Jean-Bouin, ou celle contre un train de permissionnaires allemands. Car les Nazis savent que les partisans ont un soutien complet de la population française. Deux affirmations de ce document très contestables.

Alors faut-il que très rapidement 10% des membres des sections du Parti rejoignent les Francs-Tireurs Partisans et si cela est déjà acquis, que ce chiffre passe à 20%. Et ainsi de suite…

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Il est indispensable. Ainsi chaque membre du Parti doit regarder autour de lui et il verra des hommes et des femmes dignes d’être membres de notre grand Parti dont il faut leur ouvrir les portes; il y verra aussi des jeunes qui ont leur place toute indiquée dans les rangs de la Fédération des Jeunesses Communistes

Vaste programme dans un monde de suspicion où la délation est devenue le sport national français, au grand étonnement des occupants eux-mêmes !

Ainsi les communistes enrôlés dans les F.-T.P. doivent faire preuve d’une attitude exemplaire, se montrer les meilleurs, les plus dévoués en s’inspirant ce qu’a dit notre grand camarade Staline pour les soldats de l’Armée Rouge: « l’abnégation est un côté de l’héroïsme mais il y a un autre côté: c’est le savoir dans l’art de se servir des armes ».  Souligné dans le texte. Les communistes, pour cela, doivent rassembler au plus large dans la classe ouvrière en s’ouvrant aux socialistes dégoûtés par l’attitude de traîtres (encore une fois) tels Paul Faute et Spinasse.
Cet appel se termine par cette phrase soulignée:

Camarades communistes, tous au combat, et la victoire sera nôtre !

 Suit un petit rappel de ce que chaque organisation du Parti, cellule, section, région doit faire:

-percevoir les cotisations pour aider financièrement les actions…

-informer de toutes les manières en éditant des tracts, papillons (les actuels flyers), affichettes…

Le document explique même comment fabriquer artisanalement de la pâte à polycopier !

Il se termine ainsi:

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CAMARADES COMMUNISTES… MILITANTS COMMUNISTES…

Recrutez, recrutez, recrutez… pour rejoindre le Parti de Maurice Thorez, Jacques Duclos, André Marty, Benoît Frachon, Arthur Ramette; Gaston Monrousseau et Charles Tillon !

Petite erreur dans la mise en page car la dernière page, la 18ème du document est laissée blanche, sans texte ! De la place perdue !

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RÉSISTANCE 1942 (18/23): LA VIE DU PARTI- SEPTEMBRE 1942 (2)

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Suite de la lecture de ce document interne du Parti Communiste édité en septembre 1942 en région parisienne.
Les moyens de lutte des ouvriers dans les entreprises sous contrôle du Parti: les Comités Populaires, la déclinaison française des Soviets et les  Syndicats.

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En parallèle aux Comités, les Syndicats, bien entendu interdits par Vichy.

Tout d’abord, le Parti demande aux ouvriers de retourner en masse dans les syndicats qu’ils avaient quittés au moment du pacte germano-soviétique, sans le dire ainsi, bien entendu. Dans le texte, on explique que les ouvriers avaient quitté les syndicats en 1939 à cause de la trahison des dirigeants. Jolie pirouette !

Toujours est-il qu’il faut maintenant retourner dans les syndicats alors que se profile à l’horizon du monde ouvrier la mise en place de la Charte fasciste par Vichy.

Au lieu d’expliquer la nouvelle stratégie syndicale, le journal préfère parler des raisons du retour des ouvriers dans les syndicats. Ce serait aussi le cas dans les syndicats non communistes, les syndicats chrétiens. Et puis ce sont au moment des crises que les syndicats attirent le plus de syndiqués: en 1917, en 1919, en 1936. En 1942, c’est aussi le moment.

C’est l’occasion aussi de se débarrasser des dirigeants qui ont failli. Sont cités en vrac les traîtres (un expression typiquement communiste): Dumoulin, Belin, Dard, Priem, Rey, Savoie… etc. Cela suffit. Certains des cités passèrent à la collaboration par anticommunisme.

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Cette Charte que Laval essaie d’imposer, prévoit la mise en place d’un seul syndicat par localité et par branche. L’adhésion est obligatoire mais le syndicat se contente d’accompagner la mise en place d’un rapport corporatiste entre patron et ouvriers. Pas de défense des revendications ouvrières. Pas d’élection de délégués ni d’assemblées de syndiqués. C’est l’Etat qui va désigner les représentants patronaux et employés. Une manière de juguler le mouvement ouvrier pour Pétain-Laval et les Allemands en empêchant toute organisation revendicative.

D’où, à la suite, un petit mémento de ce qui doit être fait pour combattre la mise en place de la Charte:

1- Manifester le jour de la paie où celle-ci est amputée de la cotisation obligatoire.

2-Continuer de manifester en toute occasion, quand les délégués sont nommés, quand ceux-ci se réunissent pour demander le remboursement de la cotisation, pour demander de vrais élections de délégués du personnel. Une véritable guérilla !

Et surtout créer (et c’est souligné dans le texte) créer un Front unique entre les confédérés et les chrétiens, en bref, faire bloc face à l’oppression !

Suite une nouvelle liste de traîtres où on cite à côté des déjà cités Dumoulin et Rey, les nouveaux noms de Desphélipon, Manguin, Doriot, Capron, Vassart, Brout, Parsal. Une charrette !

En résumé, tout mettre en oeuvre pour transformer l’application de la Charte-machine de guerre anti-ouvrière- en un puissant mouvement ……se pour la liberté syndicale et les revendications. Plus que jamais en la circonstance, il s’agit de combiner le travail illégal avec l’utilisation de toutes les formes légales. Faire cela sans attendre et avec énergie, c’est mettre en pièces la nouvelle tentative des agents hitlériens c’est faire un pas décisif vers le regroupement de la classe ouvrière.

A suivre demain, la suite et la fin de la lecture de cet important document.

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RÉSISTANCE 1942 (18/23): LA VIE DU PARTI- SEPTEMBRE 1942 (1)

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Un important document interne au Parti Communiste, clandestin bien entendu, distribué en région parisienne aux militants. Un document de 16 pages que nous allons vous présenter en plusieurs fois tant il est dense.

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Sous ce premier titre La situation politique, le Parti se félicite du fait que les Soviétiques aient pu résister cet été 42 à l’offensive allemande sur le front oriental. Hitler n’ayant pu obtenir la victoire, le temps et l’hiver russe qui arrive vont pouvoir renverser la balance des forces.

Malgré les communiqués de « victoire » que lance quotidiennement Goebbels, les peuples occupés et  opprimés ont repris courage et de partout les Résistances locales s’attaquent aux Allemands. C’est le cas en Yougoslavie, en Norvège, en Grèce, en Hollande, en Belgique, en Pologne.

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Et en France ? Le Parti constate que la propagande des Nazis dans la zone occupée et celle de Vichy, pro-boche dans la zone « libre », ne prennent pas et ont peu d’impact sur la population. Pour exemple, ces « bonnes actions » menées par Von Stulpnagel dans la région de Dieppe après les destructions causées par le débarquement canadien avorté du 19 août précédent: aide de 10 millions pour les sinistrés, libération de prisonniers de guerre de la région pour venir en aide à la reconstruction.

Malgré cela, tous ces efforts demeurent vains. Ils se heurtent à la clairvoyance, au bon sens et au patriotisme de nos populations qui savent que la seule possibilité pour la France de se relever, de retrouver son indépendance et sa grandeur, réside dans l’écrasement d’Hitler, écrasement auquel les Français ont pour devoir de participer. 

Pour cela sont cités les soldats de De Gaulle qui ont combattu à Bir-Hakkeim et les détachements des Francs-Tireurs et Partisans qui forment sur le col  de la Patrie l’avant-garde armée de la France combattante.

C’est en répétant que la France dans son immense majorité est combattante et résistante que le document essaie de persuader les lecteurs-militants du PC de ce fait, ce qui était bien loin de la réalité à ce moment du conflit.

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Car c’est avec la création d’un second front en Europe de l’Ouest, c’est-à-dire en France, que le peuple français basculera de l’attentisme à la lutte contre les occupants. C’est pour cela qu’il faut que les Français, par leurs actions, accélèrent la création de ce second front.

Et les communistes de France, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis mènent une propagande vigoureuse pour cette ouverture d’un second front, front qui soulagera l’armée soviétique seule en lutte contre les Nazis au moment de la parution du document… et pour pas mal de temps encore.

C’est ici qu’on voit une divergence entre les mouvements de résistance. Alors que le Parti pense que les actions doivent commencer avant le débarquement allié, il fustige l’attentisme d’autres mouvements qui prônent qu’il n’y a rien à faire tant que le 2ème front n’est pas constitué. Phrase soulignée dans le tract comme quelques lignes plus loin, celle qui exprime la position du Parti, la libération nationale ne peut se séparer de l’insurrection nationale. Tout un programme que défend aussi le général De Gaulle, suivant les écrits qui suivent.

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A la suite, une longue explication de ce que doit être l’action des ouvriers et des populations pour sortir de cet attentisme qui ne peut que profiter à l’occupant.

Dans les usines, lutter par des sabotages, par des grèves, par des destructions des moyens de transports pour éviter que les Allemands utilisent les produits de l’industrie française à leur bénéfice.
Dans la société, empêcher que ceux-ci recrutent par la force des ouvriers pour aller travailler en Allemagne, dans les usines d’armement.

Dans les campagnes, empêcher par tous les moyens les réquisitions de nourriture qu’imposent Vichy et les Allemands.

Les femmes ne sont pas oubliées et le Parti les appelle à manifester pour exiger le retour des prisonniers de guerre comme il leur demande de faire comprendre en toute circonstance la haine que leur inspire la présence des occupants.

Le but du Parti est simple: entraîner les masses à l’action contre les oppresseurs et leurs valets.

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Cette lutte doit commencer en premier lieu dans les entreprises et il est demandé aux militants communistes d’être toujours à même de sentir ce qu’elles (les masses) pensent, de comprendre leurs besoins, de s’intéresser à leurs revendications y compris les plus terre à terre et les plus minimes. Souligné pour faire comprendre l’importance de ces choses.

Il est donc expressément demandé aux militants communistes de faire preuve de discipline, certes, mais aussi d’esprit d’initiative dans le cadre de la ligne définie par le Parti.

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Comment lutter dans les entreprises, 2 moyens suivant le P.C.: les Comités Populaires et les Syndicats.

Le Parti constate qu’en cette période de limitation du droit syndical dans les entreprises (le syndicalisme est interdit par le régime fasciste de Vichy, la doctrine officielle étant le corporatisme), ce sont les Comités Populaires qui doivent mener la lutte. Et dans ce domaine d’encadrement des masses, le Parti en connaît un rayon. Ce sont eux qui sont à l’origine d’une grève des mineurs du Nord et du Pas-de-Calais qui rassembla 120 000 grévistes !

Bien entendu, les comités Populaires sont interdits et leurs dirigeants sont poursuivis. Aussi ces C.P. doivent être complètement noyés dans la masse et épouser les revendications des ouvriers. Exemple celui des Compteurs de Montrouge. C’est au C.P. d’établir un cahier de doléances qui sera connu de tous. Puis au moment du lancement de l’action, comme en septembre 1941 aux chantiers de Brest, contre l’exécution des otages de Chateaubriant,  ce sont les délégués qui se répandent dans les ateliers pour lancer l’action.

Même chose aux chantiers de La Ciotat pour une question salariale, dans une usine de la région parisienne pour une question de représentation ouvrière en mettant à mal l’organisation choisie par le patron qui nomma les délégués sans tenir compte d’élections du personnel. Dans les 2 cas, des victoires ouvrières.

A Five-Lille, même constat de réussite du C.P. malgré les menaces de la police de Vichy et de la Gestapo. La visite de Lehideux, le Commissaire de Vichy à la lutte contre le chômage fut particulièrement agitée.

Contre exemple d’un Comité pas assez efficace face à l’ennemi. Celui de Gnome et Rhône. Aucune action lors de la visite du même Lehideux. Aucune action alors qu’une musique allemande vint divertir les ouvriers dans cette usine. Un Comité pas assez immergé dans le personnel de l’usine !

Pour terminer dans ce domaine de la représentation, le journal résume (sur presque une page toutefois) les 4 règles qui doivent régir un Comité Populaire d’une entreprise:

1-Un C.P. est une organisation de masse clandestine parallèle au syndicat mais pas concurrente.

2-Un C.P. doit être souple et intégré à la masse.

3-Un C.P. doit diffuser son journal interne à l’entreprise.

4-Un C.P. doit aussi populariser son action à l’aide de tracts.

Et sans numérotation, le C.P. doit noyauter les actions en prévoyant tout de sorte que les ouvriers doivent se sentir complètement encadrés. Quant aux revendications, elles doivent s’inspirer des aspirations des ouvriers.

Vaste programme.

A suivre demain, la suite de la lecture de cet important document.

 

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À LYON, une CARTE INDIVIDUELLE de PAIN à PRIX RÉDUIT en 1920

A la fin puis au sortir de la Grande Guerre, la Mairie lyonnaise d’Edouard Herriot mit en place un certain nombre de mesures pour aider la population et en particulier mis en place des cartes de ravitaillement sur le sucre, le pain, le charbon. On l’a vu dans des articles précédents qui présentaient ces cartes.

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Voici une carte instaurée dans le même ordre d’esprit d’aide aux nécessiteux: une CARTE INDIVIDUELLE DE PAIN À PRIX RÉDUIT.

Pas tout à fait une carte de rationnement, plutôt une carte de prioritaire. En quatrième page, on nous indique qui va pouvoir bénéficier de pain à prix réduit.

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Il s’agit des chefs de famille ayant au moins 3 enfants en charge, enfants de moins de 16 ans; les femmes ayant au moins 2 enfants en charge des mêmes âges; les invalides de guerre avec une pension au moins 50% et les vieillards, infirmes et incurables. Soit certainement pas mal de personnes à l’époque.

Il faut dire que le prix du pain doit avoir considérablement augmenté, la farine devenant comme le sucre ou le charbon, une matière rare donc chère.

Comme on le voit avec les tickets restant à l’intérieur de la carte…

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la propriétaire de la carte ne s’en ait plus servi à partir du 30 avril 1920, le rationnement du pain ayant dû cesser à cette date-là.

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RATIONNEMENT après la GRANDE GUERRE: le SUCRE manque à LYON

La même carte de rationnement que celle présentée il y a quelques jours: une CARTE INDIVIDUELLE D’ALIMENTATION

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Seule différence des J aux 4 angles des pages de couverture ont remplacé des A. Elle est destinée à des jeunes, des moins de 16 ans qui n’ont pas les mêmes besoins que les plus âgés. Pourtant, la quantité de sucre, car c’est le sucre qui manque beaucoup à l’époque, est la même que pour la carte A: 750 grammes par mois soit 25 grammes par jour. On en consomme beaucoup moins de nos jours en tant que petits dominos mais certainement beaucoup plus avec les sucres cachés de l’alimentation préparée.

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Les tampons de la quatrième de couverture font apparaître les mots CHARBON et SUCRE comme sur la carte A mais également PAIN, le blé manquant aussi à  la fin de la Grande Guerre.

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A suivre bientôt d’autres cartes de rationnement datant de la Première Guerre Mondiale.

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La correspondance du Poilu Grenoblois- Lettre du 05 septembre 1914.

Nouvelle lettre du Poilu grenoblois Pierre Gautier en date du samedi 5 septembre 1914. Nous sommes en pleine bataille de la Marne. Le soldat écrit sur une petite lettre à l’encre violette, lettre dont le tour est gommé pour pouvoir être collée, lettre plus courte qu’à l’accoutumée.

Mes chers parents.

J’étais encore endormi quand Setallier m’a donné une carte de Gap du 29 août et une carte de Marguerite. Depuis samedi, nous sommes dans le même village en nous déplaçant chaque jour très peu et dans tous les sens. Mais c’est la nuit surtout que nous faisons le plus gros travail. Les obus ont réussi à nous déloger du pays, nous avons emballé notre cantonnement sur la voie du chemin de fer derrière un talus protecteur. C’est dans des abris construits par nous que nous couchons maintenant et depuis deux jours, notre compagnie a eu plusieurs blessés. Les Grenoblois vont bien. Le beau temps continue à nous encourager, la santé est bonne et la nourriture abondante. DSCN0254Comme en guerre nous avons des privations mais c’est tout de même malheureux de voir des paysans et en particulier le maire de la commune demander 2 francs pour un litre de vin et 10 francs pour un litre d’eau de vie. C’est paraît-il une grande faveur qu’ils nous font et les caves sont pleines ! Nous ne pouvons leur souhaiter qu’une seule chose: l’envahissement de ce village par les Allemands. Impossible de trouver lait, oeufs, vin, etc… Nous préférons nous priver plutôt que de nous laisser exploiter, à notre retour, nous aurons le temps de nous rattraper.

Setallier et Petut écrivent à leurs parents, ils vont bien.

Les aviateurs allemands nous ennuient journellement par leurs reconnaissances trop fréquentes. Enfin, voilà bientôt un mois que nous sommes continuellement en lutte, les hommes commencent à être fatigués et très énervés par le bruit de ces canons qui tonnent jour et nuit !

Avez-vous vu mes deux dernières lettres ?  Vous n’avez reçu jusqu’à présent que peu de nouvelles. Les premiers jours, j’étais tellement fatigué que souvent, je négligeais d’écrire. Avec ça, la correspondance marche lentement, le retard est long à rattraper. Je vous promets de vous écrire plus souvent, mais tranquillisez-vous sur mon sort, je m’ennuie que peu. Mais les pères de famille sont plus à plaindre et ils sont nombreux dans notre compagnie ! Je me console en recevant de vos nouvelles et en pensant aux bons moments que je passerais avec vous à mon retour. 

DSCN0253La fatigue de la petite Andrée m’ennuie beaucoup, souhaitons son prompt rétablissement pour le bonheur de tous !

Depuis 2 jours nous sommes sans nouvelles sur la marche de nos armées. Nous sommes inquiets et je vous souhaite d’être plus favorisés. 

Avec ces déplacements fréquents, les services sont moins réguliers. Depuis 2 jours, les lettres n’ont pas été ramassées.

Recevez chers parents et chère famille les baisers de votre fils qui ne vous oublie pas.

Pierre  Gautier fils 

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RATIONNEMENT pendant la GRANDE GUERRE: une CARTE INDIVIDUELLE D’ALIMENTATION…

Il n’est pas rare de trouver dans les vide-greniers des cartes de rationnement qui avaient cours pendant la Seconde Guerre Mondiale et les années qui suivirent. On en trouve aussi dans les affaires des anciens et je vous en présenterai dans quelques temps pour ma famille proche. A cette époque, TOUT manquait !

Plus rares car plus reculées dans le temps à une moment où l’exode rural ne venait que juste de commencer, les cartes de rationnement datant de la Première Guerre Mondiale ! En voilà 2 datant de 1920 et distribuées à Lyon, présentées ici et plus tard.

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Deux considérations avant d’aller plus loin.

La France de 1914-18 n’était pas complètement occupée et sous le joug ennemi (allemand). Donc la production française dans les territoires éloignés du front bénéficiait totalement à la France, ce qui ne fut pas le cas 20 ans plus tard, les occupants se servant de celle-ci pour leurs besoins.

La France de 1914-18 était beaucoup plus rurale qu’en 1940 et la production locale auto-suffisait plus facilement au ravitaillement des gens habitant en marge des grands agglomérations.

Toutefois, on le lit très bien sur la quatrième de couverture de cette carte de rationnement, 2 matières premières vitales (ou considérées comme telles) manquaient à la France des grandes villes:

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le SUCRE et le CHARBON.

 Pourquoi ? Car ces deux produits venaient en grande partie des régions sous la botte allemande ou proche du front. Les champs de betteraves du nord et l’est de la France étaient dévastés par la guerre et les combats. Nombre de sucreries avec leurs grandes cheminées étaient détruites. Car le sucre utilisé à l’époque était du sucre de betterave plus que du sucre de canne. Les Antilles étaient loin et les sous-marins allemands redoutables !

Quant au charbon, les mines des bassins du Nord de la France comme celles de l’Est étaient sous le joug allemand ou sur la ligne de front et ne bénéficiaient à personne car bien  des infrastructures  étaient à reconstruire. Ce seront les réparations des dommages de guerre que devront verser les vaincus aux vainqueurs, clauses prévues par le Traité de Versailles qui s’en chargeront.

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Voici donc l’intérieur de cette carte avec les coupons du dernier trimestre 1920 qui n’ont pas été utilisés. La crise du sucre était certainement terminée dans l’agglomération lyonnaise… Pas dans l’esprit des gens car, par la suite, à chaque crise internationale importante, le sucre était dévalisé des magasins. Ainsi dans les années 70, la guerre du Kippour avec son choc pétrolier eut pour conséquence  des rayons « sucre » de supermarchés français faisant grise mine, alors que, logiquement, c’était plutôt l’essence qui était susceptible de manquer !

La carte présentée ci-dessus était une carte adulte (les A des angles) valable dans l’agglomération lyonnaise.

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GUERRE CIVILE en ESPAGNE: un TRACT NATIONALISTE

Ii s’agit d’un feuillet en papier très fin destiné à la population civile et certainement aussi aux combattants de la Zone Rouge (la région tenue par les Répubicains).

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Il annonce l’effondrement du front d’Aragon et l’avance rapide des forces nationalistes vers le mer Méditerranée. Sont citées une série de villes « libérées » par les franquistes, qui sont retournées vers la vraie Espagne:

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Puis est lancé un appel pour rejoindre les troupes de Franco et se libérer des « tyrans »

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Le tout se terminant par un vibrant « Arriba Espana » formule de ralliement des Fascistes devenue un des slogans du régime franquiste,même après la fin de la guerre civile. 

Un appel à la désertion, une lutte d’influence classique en temps de conflit.

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le tract dans sa totalité.

Peut-être peut-on dater ce tract de la bataille de Belchite, soit du milieu de l’année 1937.

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