Archives de Tag: Caderousse

Il y a 100 ans, jour pour jour: Le PETIT MARSEILLAIS du jeudi 10 septembre 1914

SAMSUNG CAMERA PICTURES

(JOUR 38 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Les succés des Alliés dans cette bataille de la Marne ne font plus de doute mais les communiqués restent étrangement modérés, un peu comme si on n’y croyait pas tout à fait du côté de l’Etat-Major et du gouvernement, après plusieurs semaines de recul et la peur d’un nouveau siège de Paris.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

On gagne du terrain, notre avance est lente, la situation est satisfaisante et les Allemands esquissent un mouvement de recul… à cause de problème de ravitaillement (fait historiquement exact)… pas de triomphalisme, tout est dit avec modération.
Une fois n’est pas coutume, la photo d’un aviateur en première page, pas un aviateur français honoré pour ses succès ou disparu en héros, non, le portrait d’un aviateur allemand fusillé par les siens pour être resté ami avec le célèbre Roland Garros! D’autres journaux de ce jour relaient cette information mais je n’ai pu trouver nullement confirmation de ce fait, l’exécution d’Helmuth Hirth pour haute trahison.

D’autres illustrations aèrent un peu ce numéro:

SAMSUNG CAMERA PICTURES

la carte des opérations sur l’est parisien en page 3

SAMSUNG CAMERA PICTURES

un véhicule tirant un canon en page 4, photo prouvant que nous sommes encore dans une guerre de mouvement et faisant penser aux taxis de la Marne.

Pour la première fois dans ce titre, le journal ouvre une rubrique sur les noms de blessés soignés dans les hôpitaux (souvent de fortune) marseillais.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Et la liste est conséquente, preuve de la violence de ce premier mois de guerre.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

On ne peut plus cacher à la population que cette guerre qui devait être rapide et sans risque a changé de dimension.

Les brèves locales font toujours état des arrivées de réfugiés et de blessés. Mais voici deux articles nous éloignant un peu du conflit mondial. A Marseille…

SAMSUNG CAMERA PICTURES

où un orage dantesque a désorganisé les activités civiles et militaires. On est à la saison des épisodes cévenols.

A Caderousse

SAMSUNG CAMERA PICTURES

où un noyé a été retrouvé aux Cabanes (quartier situé à quelques kilomètres à l’ouest du village et bordant le Rhône)… serait-ce un déserteur?

Poster un commentaire

Classé dans Journaux

100 ans après, jour pour jour: LE PETIT MARSEILLAIS du vendredi 04 septembre 1914

SAMSUNG CAMERA PICTURES

(JOUR 32 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Les censeurs (la censure a été votée le 05 août) et le pouvoir militaro-politique doivent avoir cogité un moment avant de se résoudre à annoncer la nouvelle aux Français: face à l’avancée allemande, le gouvernement a quitté Paris pour Bordeaux (le 02 septembre en réalité), la capitale étant plus que jamais  menacée et un nouveau siège (après celui de 1870) quasi inévitable.

Aussi la lecture du journal commence par un vibrant

SAMSUNG CAMERA PICTURES

suivi des déclarations de Gallieni qui doit défendre Paris

SAMSUNG CAMERA PICTURES

du Président de la République Raymond Poincaré

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

et même du Kaiser qui rêve de défiler dans Paris et qui veut montrer toute la volonté allemande.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Toutefois, en marge de la guerre, le journal consacre une place de choix à l’élection du nouveau pape Benoît XV à Rome avec la seule photo du numéro du jour.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

En page intérieure, se pose la question de la neutralité de l’Espagne, tiraillée entre ceux qui souhaitent l’intervention aux côtés des Alliés (le roi, des partis républicains) et ceux qui souhaitent la non-intervention (le gouvernement).

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Pour donner un peu de baume au coeur dans cette actualité angoissante, une anecdote d’Alsaciens de l’Armée allemande ayant retourné leurs armes contre elle.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Toujours des blessés de retour du front qui sont soignés où l’on peut tant il y en a: la caserne Bayard de Grenoble, les thermes d’Uriage… avec la gare Saint-Charles à Marseille transformée en centre de tri… et les journalistes en quête d’anecdotes… certainement pas toutes publiables dans le Petit Marseillais

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Notable, en première page, un article signé d’un certain Caderousse (!), article qui approuve la censure imposée par Gallieni: dorénavant les manchettes des journaux trop larges seront interdites (les gros titres = pas plus de 2 colonnes) ainsi que la vente de journaux à la criée. Où va donc se fourrer l’oeil des militaires!!!

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Quant au vrai village de Caderousse, on apprend qu’une collecte de linge et d’objets divers a eu lieu pour l’hôpital militaire installé dans le collège de jeunes filles d’Orange (encore un hôpital de fortune) et que des dons (en espèces) peuvent être déposés à la mairie et à l’église.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Poster un commentaire

Classé dans Journaux

CADEROUSSE: en 1870, une étrange souscription pour la construction d’une nouvelle église

Des cartes postales de l’Eglise Saint-Michel de Caderousse qui date pour sa première version du XIIème siècle, avec des agrandissements successifs jusqu’à nos jours.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

La place de l’Eglise vers 1900

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Le clocher à arcades et l’église vue par derrière, vers 1900

SAMSUNG CAMERA PICTURES

L’entrée en 1937

SAMSUNG CAMERA PICTURES

A la même époque, l’église vue par l’arrière

Mais voilà qu’en 1870, fort de sa popularité auprès de ses ouailles, le curé lança cette souscription

SAMSUNG CAMERA PICTURES

retrouvée dans les affaires du grand-oncle Séraphin Guérin. Tout simplement, une souscription pour construire une nouvelle église dédiée à la Vierge et Saint-Michel. Rien que cela!

Cette souscription connaîtra un grand succès et une belle somme d’argent sera récoltée, mais au grand dam du curé, l’Archevêque refusa qu’un nouvel édifice soit construit. Une nouvelle chapelle dédiée à la Vierge viendra donc agrandir l’église existante et le reste de l’argent récolté sera donné aux Maristes.

Voici donc l’explication de cette étrange souscription qu’un dénommé Etienne Roche avait rempli en promettant de verser 10 centimes par semaine soit 5 francs et 20 centimes par an. Une somme assez importante à l’époque!

SAMSUNG CAMERA PICTURES

En bas du billet cette phrase: « Ce billet rempli deviendra un titre pour obtenir une place dans la nouvelle église »… au cas où elle serait prise d’assaut par les fidèles. De quoi faire rêver nos curés actuels!

Poster un commentaire

Classé dans CADEROUSSE, Vieux papiers

ROULEAU de MARINIER du RHÔNE, avant les barrages et les canaux.

aSAMSUNG CAMERA PICTURES

Une carte, un long rouleau de papier destiné aux mariniers pour naviguer sur le Rhône sans dommage, en évitant les dangers. Ce document date de l’entre-deux-guerres certainement, à une époque où le Rhône, pas encore dompté par l’Homme et la CNR, était un fleuve dangereux avec ses rapides, ses remous, ses îles, ses rochers, ses bancs de pierre en période d’étiage, ses digues…

Sur ce long rouleau de papier est dessiné le cours du fleuve. Il mesure 10 mètres de long pour 22cm de large. Il couvre le fleuve de sud de Valence (où aujourd’hui a été lancé le pont des Lônes) jusqu’à Arles, c’est-à-dire, je pense, la moitié du cours de Lyon-Arles.

On y trouve tout au long le chenal idéal et des conseils à la navigation. Quelquefois est indique un chenal par hautes eaux et un chenal d’étiage (comme au niveau de La Voulte). Est indiquée aussi la direction à prendre, les conseils pour se repérer (exemple vers le confluent de la Durance en direction du sud « piquer droit entre le pylône et le Bec des Alpilles »)

Ci-dessous deux passages:

au niveau d’Ancone où on voit bien la lône et les épis, le pont de Rochemaure… ce devait être un passage où le marinier devait redoubler d’attention:

ANCONE

Un petit montage au niveau d’Ancone

au niveau de Caderousse (qui n’est pas mentionné, on voit quelques maisons tout en haut en bordure du petit Rhône, en limite du papier) avec sur le grand Rhône, le fameux car dangereux virage du Revestidou, tombeau de nombreux bateaux et mariniers pendant 2 millénaires.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Une cabane de guidage existe toujours en bordure de ce bras mort devenu la fin du cours de l’Aigues, un canal ayant été creusé entre lui et le village de Montfaucon. Quant à l’île de la Piboulette, elle a été coupée en 2 et n’a plus que le nom d’île.

Jean-Paul Masse président de la Levado, foyer rural de Caderousse a réalisé ce montage.  En effet, le Rhône tournant au niveau de Caderousse, la carte était coupée pour rentrer dans le format (le train rouge servant de lien au niveau de cette coupure. Voici donc le Rhône dans un sens beaucoup plus conforme à la réalité:

ROULEAU MARINIER GUERIN

D’autres extraits de cette longue carte vous seront présentés dans d’autres articles.

Enfin, la petite note à l’attention des mariniers concernant le pont du Teil nous permet de dater ce rouleau. Il commence par les mots de Le nouveau pont du Teil. Effectivement, le pont du Teil assez ancien était devenu particulièrement vétuste au point que certains chauffeurs de transport en commune faisait descendre les passagers qui traversaient le pont à pied. Il fut donc remplacé, ce qui prit pas mal de temps, la première guerre mondiale retardant le projet. Le nouveau Pont du Teil fut inauguré en novembre 1931… la carte dont donc dater de 1932.

Poster un commentaire

Classé dans ORIGINAL!, Vieux papiers

Suite: La tranchée des chasseurs alpins: la solution du problème

Suite de l’article « MAI 1916: des sujets d’actualité pour support pédagogique! »

Nous en étions resté à ce problème du Certificat d’Etude sur lequel vous séchiez lamentablement:

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Je vous délivre de la torture des divisions à la main, voici donc la solution à la question: combien chaque homme a-t-il remué de terre?

SAMSUNG CAMERA PICTURES SAMSUNG CAMERA PICTURES

Chaque soldat s’était donc coltiné 1,692 mètre-cube de terre à la pelle, sauf les petits futés qui étaient de garde.

Vous l’avez peut-être deviné à la lecture des tags de l’article précédent, Madame Bouletin officiait à l’école de filles de Caderousse, j’en ai entendu parlé dans ma jeunesse (elle n’était pas souple, à ce qu’il paraît!)

Quant à ces cahiers, ils appartenaient à ma grand-mère paternelle Philine Boissel, née en 1904 et qui avait 12 ans à l’époque des faits. En Cours Moyen 1ère année, elle n’était pas en avance certes mais les cahiers étaient bien tenus et ses résultats scolaires très corrects.

Au sujet de la guerre de 14, elle a souvent raconté la liesse exceptionnelle du 11 novembre 1918 dont elle avait gardé des photos…  que je présenterai un jour prochain.

1 commentaire

Classé dans CADEROUSSE, Vieux papiers

MAI 1916: des sujets d’actualité comme support pédagogique!

Voici un cahier de roulement (d’exercices) d’une écolière du Cours Moyen 1ère année en mai 1916:

SAMSUNG CAMERA PICTURES

La maîtresse de cette classe de filles se nommait Madame Bouletin et ses élèves devaient avoir un peu plus de 10 ans.

Voici quelques textes qui valent le coup d’être lus, en orthographe, en dictée (quelle différence?) et un problème en calcul. Mais où donc Madame Bouletin allait-elle trouver toutes ces idées? Etait-elle profondément germanophobe ou suivait des instructions données par des documents pédagogiques distribués par le Ministère car c’est pour le moins va-t-en guerre et obscurantiste… Mais on est en pleine bataille de Verdun dans la Marne et l’Allemand est l’Ennemi absolu.

L’exercice d’orthographe:

SAMSUNG CAMERA PICTURES SAMSUNG CAMERA PICTURES

La guerre des tranchées, c’est donc une invention de ces fourbes Germains (c’est mieux que Boches après tout) qui pour mieux contrer la vaillance des Français se sont enterrés pour les contrer. Heureusement, nos braves soldats ont pu s’adapter, ont fait de même et ils attendent leur heure pour montrer de dont ils sont capables.

On croirait un sketch de Jérémy Ferrari.

L’exercice de dictée est un peu moins comique et beaucoup plus grotesque. Qu’un lecteur allemand ou germanophile qui parcourra ses lignes, veuille bien m’excuser, je ne fais que reproduire:

SAMSUNG CAMERA PICTURES SAMSUNG CAMERA PICTURES

Le Boche (là je crois qu’on peut le dire) est faible devant les forts et fort devant les faibles. La définition même du lâche. Et puis pendant qu’on y est, en vrac, il est hautain, insolent, peu intelligent (bête?), peu généreux (égoïste?), massacreur, pillard, jaloux. Ouf la coupe est pleine!

C’était certainement l’opinion générale relayée par les médias (les journaux sous la censure militaire) et l’école.

Quant au fameux problème de mathématique (du Certificat d’Etude), je vous le livre tel quel mais sans la solution, bien sûr, qui vous sera donnée dans quelques jours. Vous pouvez vous y coller pour la trouver, l’usage de la calculatrice (et du téléphone portable) étant bien entendu formellement interdit, je vérifierai!

SAMSUNG CAMERA PICTURES

En seconde ligne, l’élève a raté une mot, il faut lire « une tranchée longue de 345 mètres ». Vous avez 15 minutes!

Et j’ai 3 cahiers de la même trempe de cette funeste année 1916.

Poster un commentaire

Classé dans CADEROUSSE, Vieux papiers

CADEROUSSE entouré par les eaux… des précisions !

J’avais fait une publication de 5 mai 2014 sur cette photo de Caderousse entouré par les eaux.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

J’ai (re)-découvert dans une caisse la page du Provençal (quotidien régional) qui traite de cette crue et est datée du jeudi 20 janvier 1955. C’est donc une crue d’hiver, pas si rare que cela, assez importante pour mobiliser les médias.

On retrouve dans cette page que mes grands-parents avaient conservée une série de vues sous cette Une…

SAMSUNG CAMERA PICTURES

…dont cette demi-page « Caderousse assiégée »

SAMSUNG CAMERA PICTURES

dont la photo est presque la même que celle conservée (en haut) par ma famille. On peut donc dater cette crue exceptionnelle de janvier 1955.

Trois autres vues du Rhône sorti de son lit complètent la page:

SAMSUNG CAMERA PICTURES

A Pont-Saint-Esprit, le Rhône a envahi les bas-quartiers de la ville. Cette magnifique vue montre la célèbre cité telle une île surgissant des eaux.

Ce qui m’impressionne le plus c’est la largeur qu’atteint le fleuve côté vauclusien (Pont est dans le Gard), jusqu’au pied des premières collines de Mondragon et Mornas. Le village de La-Motte-sur-Rhône, à 2 km dans le prolongement du pont  doit être complètement coupé du monde.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Les eaux du fleuve ont entièrement submergé les allées de l’Oulle à Avignon. Les flots se heurtent aux remparts qui jusqu’à présent ont préservé l’intérieur de la ville.

Tout cela doit être vrai mais la photo ne nous montre pas les Allées de l’Oulle qui sont après le pont suspendu au fond. On voit le célèbre pont d’Avignon au milieu, le quadrilatère de la prison au pied du rocher des Doms à gauche et le Rhône qui submerge l’île de la Barthelasse et l’île Piot pour aller rejoindre son autre bras au fond. A noter que l’actuel pont Daladier était à l’époque un pont suspendu.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Dans la région de Tarascon, des fermes par centaine isolées.

Et certainement des milliers sur tout le cours du Rhône. Mais toutes les fermes étaient préparées à ces épisodes humides. Chacune avait un « récati », un coin en hauteur où l’on rangeait les provisions et où on montait les bêtes (et les hommes) le moment venu.

Nouvelle découverte dans l’Almanach du Dauphiné (Libéré) 1953

SAMSUNG CAMERA PICTURES

cette photo aérienne prise en décembre 1951.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

 

D’où un petit doute sur la datation de la photo même si je pense qu’elle date de 1955.

1 commentaire

Classé dans CADEROUSSE, Journaux, Photographie

A CADEROUSSE- (sous)-les-eaux…

On a déjà parlé de Caderousse entouré par des digues bâties sous le Second Empire pour protéger le village des crus du Rhône avant que la CNR ne le canalise (du moins pour des crus « normales »).

Voici pour commencer 2 vues des digues:

SAMSUNG CAMERA PICTURES

 

Le portail Castelan vers 1916

SAMSUNG CAMERA PICTURES

La digue près du portail d’Orange, le long du cours Aristide Briand (en bas à gauche), devant le café de France, carte datée de septembre 1916 en correspondance.

Deux documents sur les inondations:

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Le poids inondé. Ce poids qui existe toujours est à l’extérieur des digues, en face du portail d’Orange (la photo a été prise de cet endroit) et en face de l’actuelle station-service. La route qui part à droite est celle d’Orange. Malgré qu’elle soit relevée, l’eau la recouvre. Les paysans viennent au village en barque. A l’époque, chaque ferme en possédait une qui était consciencieusement entretenue (étanchéité au goudron).

SAMSUNG CAMERA PICTURES

C’est la photo inverse de la précédente. Depuis le poids qui doit être sous l’eau (la crue étant plus importante), on voit donc le portail d’Orange barré par le batardeau (lou bastardèu) sur lequel posent des enfants (mon père le plus petit? si c’est le cas, photo datée de 1931-33). Toujours les barques des personnes venues au ravitaillement.

Deux autres photos illustrant en contrepartie les inconvénients des digues. En effet, si elles empêchent l’eau extérieure de rentrer, elles empêchent tout autant l’eau de l’intérieur de s’écouler. Pour  y remédier, des pompes ont été installées à un point bas, proche du bras du Petit Rhône… encore faut-il qu’elles fonctionnent quand on en a besoin… Un petit lac aux canards était creusé à l’endroit où on a fait le vide-greniers (voir humeurs).

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Datée de 1907, l’eau (certainement d’infiltration) stagne dans les rues du village et les caderoussiers ont installé des madriers sur des parpaings pour circuler les pieds au sec. La vue a été prise rue Pied Gaillard, le bâtiment au fond étant l’actuel EHPAD qu’on appelait alors l’Hôpital (comprendre l’Hospice). Les personnes posant sur la passerelle de droite sont certainement Adrien Guérin dont on a vu qu’il allait disparaître en 1915 à la Pompelle (1er à partir de la droite), sa femme Léonie (3ème à partir de la droite). Entre les 2, peut-être Séraphin le frère aîné de mon grand-père (né en 1897 donc âgé de 10 ans). L’enfant habillé en fille était peut-être mon grand-père Gabriel (né en 1901 donc âgé de 6 ans). Beaucoup de militaires (5) apparaissent sur la photo, l’armée devait avoir été envoyée à Caderousse pour aider les habitants. Bien qu’il n’y ait pas plus 15cm, les maisons devaient être particulièrement humides!

SAMSUNG CAMERA PICTURES

La seconde photo date d’août 1924 et est prise devant un café du cours Aristide Briand (le serveur au second rang posant fièrement pieds nus et plateau à la main!). Les banderoles de drapeaux montrent que c’est la fête du village. On voit les baraques de forains qui baignent à droite. Les tables des cafetiers sont devenues des passerelles pour éviter de se mouiller les pieds. Petit hiatus, la photo date d’août 1924 alors que la fête du village a lieu à la Saint-Michel le 29 septembre. Cette année-là, une expérience malheureuse avait été tentée de l’avancer en août… expérience ratée car un orage dantesque avait tout inondé. Une plaque posée sur le théâtre antique d’Orange indique la hauteur des eaux dans cette ville, submergée par la Meyne. Caderousse, à 8km de là, avait subi le même orage et les digues avaient empêché les eaux de s’évacuer… et le fête votive de se dérouler!

 

Poster un commentaire

Classé dans CADEROUSSE, CARTES POSTALES, Photographie

A CADAROUSSO un BASTARDèU… contre l’ennui!

On a déjà parlé du bastardèu dans un article sur le Rhône (article du 04 mai sur une photo du village entouré par les eaux), cette barricade étanche montée en cas de crue du Rhône. Mais il s’agit là de tout autre chose:

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Comme on le voit sur ce programme datant de 1952, « Lou Bastardèu de Cadarousso » était une troupe de théâtre amateur du village de Caderousse, jouant des pièces en langue provençale, écrite par des auteurs locaux. Ainsi, « Amours de chatte » était l’oeuvre d’un camarade de mon grand-père Gabriel: Pau Marquion (Paul Marquion).

Comme il est expliqué dans la présentation, Lou Bastardèu, à l’instar du barrage de terre qui s’oppose au eaux du Rhône, est là pour empêcher que ne se répande « la mauvaise humeur, le cafard, l’ennui et les mille riens qui empoisonnent l’existence ». Son but est donc de distraire les spectateurs mais aussi de « faire connaître et aimer notre belle langue provençale… »

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Dans la distribution, on retrouve des noms connus Jean et Rolland Aubépard, André Establet, Pierre Millet, Marcel Roux, Raymond Chauvet (qui le patron de ma mère à l’usine de balais), Henri Quinquin, Julien Collet, Hilaire Bourret, Pierre Bruni, Pierre Marquion, Georges Bouthéon, certains composèrent aussi la clique où jouèrent mon père et mon grand-père.

Troupe exclusivement masculine mais on ne parlait pas encore de parité.

La pièce fut présentée de 1950 à 1952 et voyagea dans le Vaucluse et sud-Drôme grâce aux autocars Méry d’Orange. En voici le résumé qu’en fait le programme (résumé peut-être un peu trop complet)

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Et il y avait même l’hymne de la troupe, la « cansoun de routo dou Bastardèu ».

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Originalité pour cette brochure, les publicités des secondes et troisièmes de couverture sont de petits quatrains en provençal

SAMSUNG CAMERA PICTURES SAMSUNG CAMERA PICTURES

Se voulès de bono lunesto,

De belli mostro et de revèi,

Anas vers PLAT, sus la placeto;

Vènd lou nou, reparo lou vièi.

ce qui peut se traduire par…

Si vous voulez de bonnes lunettes,

De belles montres et des réveils,

Allez chez PLAT, sur la placette,

Il vend du neuf, répare l’ancien.

ou bien

Fugon grandet o de neissènço,

« Au MYOSOTIS » i’a de tricot,

De linjariè en aboundènço

Pèr abiha vosti pichot.

soit

Qu’il soit grand ou venant de naître,

« Au MYOSOTIS » y’a des habits,

Des linges en abondance

Pour habiller votre petit.

Un autre temps…

Poster un commentaire

Classé dans CADEROUSSE, Vieux papiers

CADEROUSSE entouré par les eaux du RHôNE

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Photo qui trône au mur de la cuisine de Caderousse (sous verre d’où les reflet) montrant le village entouré des eaux du Rhône dans les années 50. Elle a certainement été donnée par le correspondant du Dauphiné à Caderousse (M. Michel), coiffeur de son état, au facteur de l’époque, mon grand-père Gabriel.

On voit le village blotti dans les digues, elles-mêmes entourées des eaux du Rhône ayant débordé. Les digues furent construites après la crue majeure et historique de mai 1856, après la visite (médiatisée dirait-on aujourd’hui) de Napoléon III en Avignon. 2 portails permettent d’entrer dans le village et sont fermées en cas de crue par des batardeaux (bastardéu en provençal)- une construction avec de la terre (du fumier quand il y avait des bêtes dans le village) insérée entre 2 séries de madriers.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Reproduction extraite de « Quand le Rhône… était un fleuve » (Tracol 1980)

De nos jours, malgré l’aménagement du Rhône par la CNR, le village reste sous la menace des eaux car un déversoir au pont de Roquemaure (4 km à vol d’oiseau) permet au Rhône de s’étaler dans la plaine pour protéger les villes en aval (Avignon-Arles surtout). Ce fut le cas en décembre 2003 lors d’une autre crue historique (catastrophe à Arles) où les nouveaux lotissements créés imprudemment hors-digues connurent de gros dégâts.

Dans les années 60, la mairie récupéra cette photo auprès de mes grands-parents pour en faire un poster qui trône dans le hall de celle-ci.

On trouve une photo proche de celle-ci, vue aérienne de Caderousse lors de la même crue, dans une revue de documents pédagogiques (La documentation photographique, je crois) pour illustrer « les inondations », revue publiée en 1959-60 (je crois).

VOIR rectification le 25 mai 2014.

Poster un commentaire

Classé dans CADEROUSSE, Photographie