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114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… les MILLET et Félix MILLET.

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-cinquième nom de la liste: Félix MILLET.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Trois Millet inscrits sur le Monument aux Morts de Caderousse, dans l’ordre alphabétique Félix Marius, Maurice Marie Joseph et Paul Joseph Marie, tous nés dans les années 80 du XIXème siècle. Aucun lien de parenté entre ces trois jeunes hommes, pas de cousinage au premier ni au second degrés, nous ne sommes pas allés voir plus loin. Par contre, des naissances à Mornas, Caderousse et Orange et pour deux d’entre eux, un rapport avec Caderousse pas évident à trouver ! On va y revenir.

Félix Marius Millet est donc né à Mornas le 04 novembre 1887. C’est le plus jeune des trois Millet MPLF. A aucun moment, il n’apparaîtra dans les listes nominatives du recensement caderoussier. Né à Mornas, il vit à Orange quand l’armée l’appelle en 1907 et elle note qu’il s’installe à sa libération, en 1910, au quartier Clos Cavaillet, toujours dans la cité des Princes.

Certes, le père de Félix, Casimir Toussaint Millet est né à Caderousse le 1er novembre 1851. Mais après son mariage le 30 septembre 1874, avec une jeune fille d’Orange Marie Antoinette Goumarre, née en 1855, le couple part s’installer à Travaillan où s’était déjà installé Casimir Toussaint avec ses parents. C’est dans ce village que naîtront les premiers enfants du couple: Marie Isabelle en 1875, Emile Patrice Casimir en 1877 et Rose Louise en 1879.

La famille déménage ensuite à Mornas où elle s’agrandira de quatre autres enfants: Marius Cyprien en 1884, Félix Marius le Poilu qui nous intéresse, en 1887, Louis Paul en 1891 et enfin Julie Antoinette en 1894.

Voici la famille de Casimir Toussaint à Mornas.

La famille de Casimir Toussaint Millet au recensement de 1891 à Mornas.

On retrouve la fratrie complète en 1896 avec certes une Isabelle devenue Elisabeth mais la mère n’est plus là, décédée au début de cette année 1896.

La famille de Casimir Toussaint Millet au recensement de 1896 à Mornas.

Félix va être appelé par l’armée le 07 octobre 1908 à Marseille au 141ème Régiment d’Infanterie pour une durée de deux ans, jusqu’au 25 septembre 1910… avant d’être rappelé au début du mois d’août 1914 à la même unité.

Entre temps, Félix va fonder une famille à Caderousse dans un ordre qui à l’époque faisait… désordre ! En effet, sa future épouse met au monde une petite fille Marie Louise le 11 avril 1911, enfant que Félix va reconnaître le jour du mariage avec la mère Marie Louise Marguerite Cuer, le 26 avril 1911. Ils vont certainement s’installer à Caderousse mais c’était après le jour du dernier recensement d’avant-guerre.

Après le 3 août 1914, la suite de l’histoire sera rapide et elle va se confondre avec celle d’un autre Caderousssier « oublié » Isidore Marquion, lui aussi soldat au 141ème de ligne. Le régiment tient des tranchées creusées devant Avocourt, dans la Meuse, entre Vauquois et Verdun sur lesquelles les Allemands se cassent les dents. Mais cela fait tout de même des victimes.

Le Journal de Marche n’en fait pas référence mais Félix sera tué le 23 septembre 1914 à Avocourt, cinq jours avant Isidore Marquion, tué le 28 septembre. Il avait alors  26 ans et 10 mois. La petite Marie Louise avait 4 ans et demi.

Il repose à la Nécropole Nationale de Douaumont, tombe individuelle 13 624.

 

La fiche matricule de Félix Marius Millet de Mémoire des Hommes.

Félix Marius Millet, matricule 196 de la classe 1907, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Millet est assez répandu en Vaucluse. Si quelqu’un reconnaît en Félix Marius un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Maurice Marie Joseph Millet.

A noter que si ses deux frères Emile et Louis n’eurent pas de problèmes particuliers pendant la Grande Guerre, le troisième, Marius Cyprien fut, lui, tué au bois des Eparges le 07 avril 1915 alors qu’il combattait au 132ème R.I.

 

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114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… Justin MIAILLE.

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-quatrième nom de la liste: Justin Paul MIAILLE.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Justin Paul Miaille est né à Caderousse le 10 septembre 1886. C’est le fils de deux enfants de Caderousse, Paul Justin Miaille né au village en 1861 et d’Amélie (sur l’acte de naissance) ou plutôt Emilie (sur tous les autres documents) Mansi née en 1864. Ils se sont unis le 13 juin 1885 et Justin est arrivé quelques mois après, rue Saint-Michel.

Le père est ouvrier baletier dans sa jeunesse et jusqu’en 1890 puis il monte dans l’échelle sociale en devenant économe de l’hospice en 1892 où il va obtenir un logement de fonction. C’est là que l’on retrouve la famille en 1901.

La famille Miaille au recensement de 1901.

On constate que Justin n’est plus au foyer mais on le retrouve quelques pages plus loin domestique chez un paysan, Noël Raymond. Son père devait souhaiter qu’il passe à la partie pratique des apprentissages après une partie scolaire pas complètement bien maîtrisée pour Justin !

Justin Miaille au recensement de 1901.

La fratrie des enfants Miaille.

Cinq enfants sont arrivés au foyer Miaille-Mansi et tous vivront jusqu’à l’âge adulte ce qui n’était pas une évidence à l’époque. Justin est donc l’aîné. Deux ans plus tard est née Marie Emilia (la juste combinaison entre Amélie et Emilie !) qui vivra jusqu’en 1970. Suivrons deux garçons Marius Gabriel de 1890 et Joseph Victor de 1892. On évoquera plus loin leurs parcours militaires diamétralement opposés qui impacteront leurs vies privées. Enfin, petite dernière, Joséphine Victorine née en 1896 qui connaîtra aussi les années 70 du XXème siècle.

Du 7 octobre 1907 au 25 septembre 1909, Justin aura le plaisir de découvrir Besançon et le 60ème Régiment d’Infanterie.  Deux ans de classes puis un retour à Caderousse pour s’installer… à l’hospice chez ses parents. C’est ce que nous apprend le recensement de 1911.

La famille Miaille au recensement de 1911.

Justin va être rappelé par la France à l’armée le 4 août 1914. Il va se retrouver au 258ème Régiment d’Infanterie, la réserve du 58ème R.I. d’Avignon. La suite de l’histoire va être très rapide puisque Justin disparaîtra le 26 septembre 1914, moins de deux mois après son rappel ! Le destin de Justin est en tout point similaire à celui d’autres Caderoussier incorporés au 258ème R.I.: Eugène Cambe disparu entre le 20-27 septembre 1914 à Saint-Mihiel, Paul Julien tué le 20 septembre à Vigneulles-lès-Hattonchatel à deux pas de Saint-Mihiel et Henri Lazard, mort en captivité à Grafenwöhr le 04 octobre 1914 après avoir été gravement blessé vers Saint-Mihiel le 26 septembre.

L’avancée allemande dans ce secteur de la Meuse bouscule les troupes françaises qui doivent refluer en laissant beaucoup de morts, blessés et disparus sur le terrain. Ainsi sera créé pour quatre ans le saillant de Saint-Mihiel sur lequel les tentatives françaises pour le gommer seront vaines. Quatre Caderoussiers en l’état de nos recherches y ont perdu la vie. Justin Paul Miaille, disparu le 26 septembre à Saint-Mihiel, avait alors un peu plus de 28 ans.

La fiche matricule de Justin Paul Miaille de Mémoire des Hommes.

Justin Paul Miaille, matricule 317 de la classe 1906, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Certes le patronyme Miaille n’est guère usité en Vaucluse. Mais si quelqu’un reconnaît en Justin Paul un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Félix Marius Millet.

Quelques mots sur les parcours diamétralement opposés de Marius et Joseph Miaille.

Marius Gabriel Miaille (matricule 1489 classe 1910- Avignon) sera réformé en 1911 à cause d’un pied bot. A la guerre, il n’ira pas mais sera affecté à la 15ème section d’infirmiers militaires à Marseille- Sainte-Marguerite. Il trouvera l’amour en la personne de Joséphine Guglieri qu’il épousera à Marseille le 10 septembre 1918.

A l’inverse, Joseph Victor Miaille (matricule 758 classe 1912- Avignon) fera des armes son métier. Engagé volontaire et devançant l’appel en 1910, il sera promu sous-lieutenant dans les tranchées. Blessé en trois occasions et cité de nombreuses fois, il se verra élevé au grade de Chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur. Promu capitaine, il continuera sa carrière militaire à Dijon dans les Dragons et il épousera une fille du cru, Juliette Joséphine Massoz. Encore actif en 1940, il sera blessé le 18 mai lors de l’offensive allemande.

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114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… Paul MENU.

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-troisième nom de la liste: Paul Laurent MENU.

Comme Victor Menier, Paul Menu a été oublié sur le Monument aux Morts de Caderousse. La raison en est à peu près la même: une naissance au village d’un père Caderoussier, le départ assez rapide de la famille du village et le temps qui passe par là et l’oubli avec.

Paul Albert Menu, né à Caderousse en 1857 est pâtissier confiseur. Il a pris pour épouse Marie Félicité Clapier une couturière d’Orange un peu plus jeune que lui. Les noces ont eu lieu dans le Cité des Princes le 29 octobre 1879 où le couple s’installe, 19 rue des arènes. Une petite Adrienne Madeleine arrive rapidement, le 17 avril 1880.

Puis la famille vient vivre à Caderousse. Elle s’installe rue Château-Vieux où les jeunes mariés semblent avoir ouvert un commerce de pâtisserie. Pas sûr que cela soit rentable dans ce village somme toute assez pauvre. Un petit garçon arrive dans le foyer, Paul Laurent, né le 16 mai 1882.

La famille Menu au recensement de 1886.

Voici donc la famille Menu-Clapier recensée à Caderousse en 1886. Cinq ans plus tard, en 1891, la famille a quitté les digues de Caderousse pour exercer son métier ailleurs, certainement à Orange où la clientèle est plus importante.

En 1902, quand l’Armée recense le conscrit Paul Laurent Menu, il vit à Orange et a choisi le même métier que son père, pâtissier-confiseur. Boulanger, il aurait été versé dans le service auxiliaire des commis et ouvriers d’administration. Pâtissier, l’Armée n’en a moins besoin et il est envoyé dans une unité d’infanterie: le 3ème Régiment de Zouaves. Traversée de la Méditerranée, arrivée à Constantine le 18 novembre 1903… où Paul Menu servira jusqu’au 29 septembre 1906. Sur son registre matricule est inscrit cette campagne d’Algérie à laquelle participa le Régiment de Zouaves, pour pacifier le pays des groupes rebelles.

Rendu à la vie civile, Paul se marie à Orange, le 23 avril 1907, avec Marie-Louise Biscarrat, la fille d’un médecin, née comme lui en 1882. Ils eurent le temps de fonder une famille mais le retard de mise en ligne des Archives de certaines communes du Vaucluse nous empêche d’en savoir plus.

Toujours est-il que le 13 août 1914, Paul va se retrouver à nouveau chez les Zouaves, pas en Algérie mais au camp de Sathonay, au nord de Lyon. Après une année de combat, c’est du côté de la Champagne que le vie de Paul va basculer pendant la seconde bataille de Champagne, fin septembre-début octobre 1915. C’est certainement lors d’une offensive longuement racontée dans le Journal de Marche du 3ème Zouaves que le pâtissier orangeois va être gravement blessé,  le 25 ou 26 septembre 1915.

J’ai gardé le passage sur la défense du drapeau qui est édifiant !

Extrait du Journal de Marche du 3ème Zouaves en date du 25 septembre 1915.

Pas moins de quatre morts en quelques instants pour se disputer l’honneur de porter le drapeau du régiment dans le tourmente ! Cet épisode ne concerne pas Paul Menu puisqu’il survivra jusqu’au 10 octobre 1915 à ses blessures avant de s’éteindre à Saint-Hilaire-le-Grand, dans un hôpital situé à quelques pas de la gare où, le jour-même, le 3ème Zouaves prenait le train en direction des Flandres, jusqu’à Esquelbecq à quelques kilomètres de Dunkerque et de la mer du Nord, pour aller combattre avec les débris de l’armée belge entre Ypres et La Panne.

Le 10 octobre 1915, Paul Menu était âgé de 33 ans et 5 mois.

 

La fiche matricule de Paul Laurent Menu de Mémoire des Hommes.

Paul Laurent Menu, matricule 575 de la classe 1902, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Menu existe toujours dans le Vaucluse et le Gard. Si quelqu’un reconnaît en Paul un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Justin Paul Miaille.

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113 POILUS de CADEROUSSE, 113 DESTINS… Victor MENIER.

 

113 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 113 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-deuxième nom de la liste: Victor  MENIER.

Pas de Monument aux Morts de Caderousse pour Victor Menier, il a été oublié dans la liste établie lors de l’édification du cénotaphe. Sans toutefois qu’il y ait à s’indigner car la famille Menier quitta Caderousse longtemps avant la Grande Guerre. Certes, le père de Victor, Jean-Baptiste Menier ou Ménier, était originaire de Caderousse tout comme son grand-père paternel, également prénommé Jean-Baptiste, venu au monde sous le Directoire.

Jean-Baptiste Menier prit donc pour épouse Marie Mathilde Chapus de neuf ans sa cadette le 19 mai 1869. Bien qu’originaire de Carsan dans le Gard, les noces furent célébrées à Piolenc où avait déménagé la belle famille de J-B. Le couple s’installa au quartier des Mians à Caderousse et Victor vint au monde le 30 novembre 1870. C’était donc un vieux soldat quand éclata la guerre de 14, de deux ans l’aîné de mon arrière-grand-père Adrien Guérin.

Deux autres garçons suivirent, Jean-Baptiste (comme c’est original !) le 26 janvier 1873 puis Auguste le 15 juin 1875. On retrouve cette petite famille dans la liste du recensement de 1876, aux Mians.

Extrait du recensement de 1876 à Caderousse.

C’est entre 1877 et 1881 que les Menier partiront de Caderousse, pour une autre commune du nord-Vaucluse, certainement Mondragon. Quand Victor est appelé sous les drapeaux en 1890, le rédacteur de son registre matricule indique qu’il réside au pays du Drac et quand son frère Auguste en fait de même cinq ans plus tard, on retrouve la même domiciliation.

Victor Menier va servir au 1er Régiment de Hussards du 12 novembre 1891 au 15 octobre 1894. Trois années intéressantes dans un régiment de cavalerie.

On retrouve la trace de la famille Menier en 1901 du côté de Lapalud, l’autre capitale des balais. Ils habitent dans le quartier sud, rue des Orfèvres (!) et seul Victor l’aîné est retourné auprès de ses parents après son service militaire. Il travaille les champs que mène le père.

Extrait du recensement de 1901 à Lapalud.

Extrait du recensement de 1906 à Lapalud.

Quelques approximations dans la liste de 1906 avec le père né en 1838 au lieu de 1837 et le fils devenu Lapalutien au lieu de Caderoussier !

Les parents semblent être décédés après 1906 puisque Victor reste seul à Lapalud en 1911…

Extrait du recensement de 1911 à Lapalud.

… avec d’autres approximations plus remarquables: Mégnet… Eugène… et 1866 ! Mais aucun Mégnet Eugène n’étant né à Caderousse autour de 1866, on peut penser qu’il s’agisse bien Victor Menier né en 1870 à Caderousse !

La Grande Guerre va éclater le 3 août 1914 mais le vieux Poilu Victor Menier ne sera rappelé qu’en novembre 1914. Il a alors 44 ans ! On ne va pas le propulser sur le front, contrairement à Adrien Guérin, mais il va servir au 15ème Escadron du Train (des Equipages). Certainement une affectation logique pour l’ancien cavalier qu’il a été.

Malgré cela, il va connaître la mort et sera considéré comme MPLF. Mais il s’agit là d’une mort bien originale et pour le moins idiote. En effet, du côté d’Hargicourt, dans la Somme, à 35 kilomètres au sud-est d’Amiens mais tout de même assez loin du front,  Victor Menier va décéder à l’Hôpital Origine d’Etapes n°18 d’une… intoxication alimentaire due… à des champignons vénéneux ! Avec quelques vétérans, ce 5 octobre 1916, ils devaient avoir voulu améliorer l’ordinaire militaire en ramassant quelques champignons dans les champs ou le long du ruisseau, la Brache. Mais les champignons de la Somme ne sont pas ceux du Nord-Vaucluse et leur méconnaissance du terrain conduisit ces hommes à la catastrophe. Victor Menier avait 45 ans et 10 mois et pas encore la sagesse de ses artères.

Il repose à la Nécropole Nationale de Montdidier, tombe individuelle 5 351, dans la même terre qui avait fait pousser les fameux champignons mortels.

 

La fiche matricule de Victor Menier de Mémoire des Hommes.

Victor Menier, matricule 160 de la classe 1890, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Menier existe quelque peu encore en Vaucluse, tout comme Chapus beaucoup plus usité… Si quelqu’un reconnaît en Victor un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Paul Menu.

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112 POILUS de CADEROUSSE, 112 DESTINS… Paul MELON.

112 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 112 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-unième nom de la liste: Paul Elie MELON.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Difficile de rédiger une biographie la plus complète possible de Paul Melon en ne pouvant avoir accès à distance aux archives départementales du Gard, en particulier à celles des communes. En effet, si Paul Melon avait été oublié en 1937 comme l’ont été les seize gars qu’Internet nous a permis de retrouver, jamais on n’aurait pu savoir qu’il avait vécu au village tant son rapport avec Caderousse est en pointillé. Dans une échelle imaginaire de « Caderoussité », un Isidore Marquion pourtant oublié est bien plus haut que ce pauvre Paul Melon.

On ne retrouve la famille Melon qu’uniquement sur une page du recensement de 1911, la page 32.

Elle est installée au Boulegon, à l’intérieur des digues. En 1906, les Melon ne sont pas encore dans le Vaucluse. Originaires de Codognan dans le Gard, le père est venu occuper le poste de receveur buraliste au village de Caderousse. Il doit s’agir de percevoir des impôts indirects, des taxes diverses dont l’Etat est très imaginatif à créer, sur les alcools, les tabacs, les fenêtres… Pas vraiment de quoi attirer le sympathie de la population !

Elie Melon est venu avec ses trois enfants, Paul l’aîné né à Codognan, un village proche de Vergèze et d’Aimargues, le 29 mai 1897, Elsie née en 1898 et Emy en 1900, également Gardois. Son épouse Rosalie Dangos est décédée entre 1901 et 1910. Son père Gabriel, âgé de 75 ans en 1911, l’a suivi lors de cette mutation.

Le petit Paul est un bon élève à l’école et il se prépare à mener une carrière de serrurier quand son service militaire et la Guerre seront passés. Une guerre à laquelle il croit échapper quand il entend en 1914 qu’elle sera de courte durée. En effet, c’est un adolescent insouciant de 17 ans qui voit partir les gars plus âgés que lui et rapidement voit revenir des cercueils.

Mais la guerre dure et l’âge de la conscription baisse. Le 09 janvier 1916, le jeune Paul Elie doit rejoindre Grasse et le 27ème Régiment de Chasseurs à Pied qui deviendra vite le 27ème Régiment de Chasseurs Alpins. Il n’a alors que 18 ans et demi.

Ce n’est qu’un gamin qui, le 12 juin, va faire une grosse bêtise… dans les circonstances de l’époque. Jeune, libre et heureux de vivre, il va profiter de sa soirée de permission pour rencontrer des filles de son âge. Il rejoint à sa caserne à l’heure puis, pris de remords, fait le mur et disparaît dans la nature ! L’appel de la vie !

Le voilà manquant à l’appel le 13 juin au matin et déclaré déserteur après le délai légal, le 16 juin 1916. Cette situation va durer six mois, jusqu’au 15 décembre 1916, jour où les Gendarmes le ramènent manu militari chez les Chasseurs Alpins, à Grasse. C’est bien entendu la prison qui attend Paul Melon, le trou ! Il va y séjourner quelques semaines jusqu’à ce que le Conseil de Guerre de la 15ème Région Militaire le condamne à trois ans de prison pour « désertion à l’intérieur en temps de guerre. » Tarif normal pour l’époque. On est alors le 20 mars 1917 et on pourrait en conclure que Paul a échappé à la guerre.

C’est sans compter sur la mansuétude du Général commandant la dite 15ème Région qui assortit sa peine d’un sursis immédiatement appliqué, le 28 mars 1917. Paul Elie Melon retourne à sa caserne puis au front.

Mansuétude ou moyen de se débarrasser d’une forte tête ? On est en droit de reposer la question ! Toujours est-il que Paul Melon se retrouve le pire jour au pire endroit… au petit matin du 16 avril 1917 à Craonne ! Une date et un lieu que l’Histoire a retenus puisque c’est là que débuta la catastrophique offensive « Nivelle » du Chemin des Dames, la fameuse attaque qui entraîna les mutineries puis les fusillés pour l’exemple. Une attaque qui fit entre les 16 et 25 avril 1917, 134 000 victimes sur les quelques dizaines de kilomètres de cette inaccessible crête tenue solidement par des Allemands bien retranchés, dans la neige et la boue d’un hiver tardif. 134 000 hommes mis hors de combat dont 30 000 tués ou disparus ! Paul Elie Melon, le jeune néo-Caderoussier était l’un d’eux, tué le 16 avril 1917 à un mois de ses vingt ans !

Il repose à la Nécropole Nationale de Pontavert dans l’Aisne, tombe individuelle 4 693.

La fiche matricule de Paul Elie Melon de Mémoire des Hommes.

Paul Elie Melon, matricule 1221 de la classe 1917, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Certes le patronyme Melon n’est guère usité en Gard ou Vaucluse. Mais si quelqu’un reconnaît en Paul Elie un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Victor Meunier.

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112 POILUS de CADEROUSSE, 112 DESTINS… Auguste, Florestan et Julien MARTIN.

112 POILUS de CADEROUSSE, 112 DESTINS… Auguste, Florestan et Julien MARTIN.

112 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 112 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquante-huitième, cinquante-neuvième et soixantième noms de la liste: Auguste, Florestan et Julien MARTIN.

La seconde face du monument aux morts.

Etant le plus âgé, c’est Florestan qui le premier connaîtra la servitude et grandeur militaires chez les Zouaves en Algérie. Il sera appelé sous les drapeaux le 21 novembre 1914 à Constantine, au 3ème Régiment. Le pays étant sous la menace de rébellions latentes, son service ne sera pas de tout repos et cette première campagne militaire sera inscrite sur son livret militaire. Le fait d’être devenu père de la petite Alberte en 1906 lui permettra de voir son service réduit de quelques mois comme soutien de famille. Toujours cela de pris ! Il sera rendu à la vie civile le 04 avril 1907.

Né en 1888, son petit frère Julien sera appelé sous les drapeaux le 07 octobre 1909. Lui s’arrêtera au bord de la Méditerranée, à Toulon, sans la traverser. Pendant deux ans, jusqu’au 24 octobre 1911, il sera fantassin au 111ème Régiment d’Infanterie.

Quant à leur cousin Auguste né en 1894, il sera appelé par anticipation le 09 septembre 1914 au 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon, une unité décimée après le premier mois de guerre. Quelques semaines d’instruction et il se retrouvera à tout juste vingt ans dans les tranchées du nord-est de la France. A cette date, ses deux cousins germains Florestan et Julien ne seront plus de ce monde !

En effet, les deux frères furent tués très rapidement, au tout début de cette longue guerre.

Tout d’abord, Julien le biffin toulonnais.

Le portrait de Julien Martin sur la tombe familiale au cimetière.

Le 111ème Régiment d’Infanterie quitte Antibes par trois convois ferroviaires pour le nord-est de la France le 9 août. Le 10, le régiment est à pied d’oeuvre au sud de Nancy… Vézelise, Diarville. Plusieurs journées de marches forcées harassantes pour se retrouver face aux Allemands, plus attentistes, en Lorraine ennemie, avec comme mot d’ordre dans toutes les bouches de l’Etat-Major français: « On attaque » !

Dès le 14 août, les fantassins sont jetés dans un grand désordre sur des ennemis qui les attendent de pied ferme. Sans même lire le contenu du Journal de Marche, on comprend que règne une confusion certaine même chez son rédacteur !

En lisant, ce passage, on comprend que rien n’est simple pour les hommes. Dans cette pagaille, ils arrivent à se mitrailler entre eux !

Le 14 août 1914, Julien Joseph François Martin, dès son baptême du feu, disparaît près de Moncourt. Il avait 26 ans et 1 mois.

La fiche matricule de Julien Joseph François Martin sur le site de Mémoire des Hommes 

Matricule 312 classe 1908 bureau de recrutement d’Avignon.

Son frère Florestan est rappelé le 4 août 1914 au 4ème Régiment d’Infanterie Coloniale de Toulon. Exit les Zouaves où Florestan avait fait ses classes et où il avait revêtu cette belle tenue pour la postérité, dans sa jeunesse.

Le portrait de Florestan Martin sur la même tombe familiale au cimetière.

Le régiment quitte Toulon le 11 août. Il reçoit le baptême du feu dans le sud de la Belgique le 23 août, dans le secteur de Jamoigne-Valansart. Mais les Français refluent et on retrouve le régiment plus au sud, entre Verdun et la Meuse. Mi-septembre, des combats se déroulent à l’est de Verdun. Florestan disparaît dans un premier temps près de Bonzée dans la Meuse. Il semble que son corps ait été retrouvé postérieurement et un jugement fixe la date de son décès au 21 septembre 1914. Il avait 30 ans et 11 mois.

 

La fiche matricule de Florestan Emile  Martin sur le site de Mémoire des Hommes 

Matricule 148 classe 1903 bureau de recrutement d’Avignon

Comme déjà dit ci-dessus, Auguste Martin rejoint le 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon le 09 septembre 1914. On l’a déjà raconté dans d’autres biographies, ce régiment a subi de lourdes pertes dans le premier mois de guerre. Des forces fraiches sont donc bienvenues. Les hommes subissent tout de même un entraînement pendant quelques mois avant de retrouver le front, durée de formation dépendant surtout des besoins de l’Etat-Major.

On ne sait à quel moment il rejoint le front mais on peut raisonnablement penser que cette date devait se situer vers le début de l’année 1915. C’est lors de la seconde bataille de la Marne fin septembre-début octobre 1915 qu’Auguste sera tué, dans un secteur dont on a déjà parlé, celui de Souain- Perthes-les-Hurlus, Suippes, la main de Massiges, des terres devenues incultes par la quantité d’acier qui s’y est déversé.

Carte des lieux extraite du Journal de Marche du 58ème RI.

La journée du 14 octobre 1915 semble avoir été assez calme. Par contre, comme on peut le lire ci-dessous,…

…on continue à ramasser et à enterrer des cadavres des combats des journées précédentes et on peut penser qu’Auguste fait partie des 105 malheureux enterrés par le service médical. Ce 14 octobre, il avait seulement 20 ans et 8 mois. Il repose à la Nécropole Nationale de Saint-Ménéhould dans la Marne depuis le 30 septembre 1920.

La fiche matricule d’Auguste Joseph  Martin sur le site de Mémoire des Hommes 

Matricule 404 classe 1914 bureau de recrutement d’Avignon

Le patronyme Martin est assez répandu en France et donc dans le Vaucluse et la tombe des frères Florestan et Julien Martin est bien entretenue au cimetière. Si un descendant reconnaît dans ces biographies des ascendants directs ou indirects, qu’il n’hésite pas à se manifester pour modifier ou compléter les textes. 

A suivre Paul Melon.

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112 POILUS de CADEROUSSE, 112 DESTINS… les trois MARTIN du Monument aux Morts.

112 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 112 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquante-huitième, cinquante-neuvième et soixantième noms de la liste: les MARTIN du monument.

La seconde face du monument aux morts.

Auguste, Florestan et Julien Martin sont les derniers noms (dans l’ordre alphabétique) de la seconde face du monument du cimetière. On va traiter le volet généalogique de leurs biographies globalement puisqu’ils font partie de la même famille.

Il faut remonter à leur grand-père paternel pour trouver leur ancêtre commun. Dans la ville haute de Vaison se sont installés Joseph Marie Florestan Martin et Marie Rose Marron après leur mariage, un couple de cultivateurs. Cela devait se passer vers le milieu du XIXème siècle.

De cette union vont naître, toujours à Vaison des enfants dont deux garçons qui nous intéressent plus particulièrement: Joseph Ferdinand le 31 mars 1855 et Emile Florestan le 04 janvier 1864. Ces deux frères vont prendre pour épouse des jeunes filles de Caderousse et s’installer à l’intérieur des digues.

L’aîné Joseph Ferdinand Martin va épouser le 29 septembre 1886, pour la Saint-Michel 1886, Marguerite Aubert. Dans un premier temps, le couple va vivre à Vaison où vont naître trois enfants Marie Antonia  en 1887, Adrien Joseph en 1888 et Henriette Marguerite en 1891. Cette dernière ne vivra qu’une année et décèdera à Vaison en 1892. C’est après ce drame que le couple viendra s’installer à Caderousse, rue Saint-Michel. Joseph Ferdinand sera embauché alors comme ouvrier dans la fabrique de balais de son beau-père et trois nouveaux enfants viendront au monde: Auguste Joseph, le futur Poilu MPLF le 14 février 1894, Fernande Emilie en 1898 et enfin le petit dernier Paul Camille, bien plus tard, en 1903.

En 1901, la famille au complet avec la mère de Marguerite, Marie Bès, vivant sous le même toit.

Dix ans plus tard, en 1911, Adrien a quitté le foyer remplacé par le petit Paul.

Passons maintenant au second fils Martin, Emile Florestan, cordier de son état. Il va épouser à Caderousse Marguerite Philomène Aubépart, le 2 mai 1883. C’est elle aussi la fille d’un fabriquant de balais, François Aubépart. Ils vont venir s’installer immédiatement à Caderousse près de la porte d’Orange, avant son grand frère Joseph Ferdinand.

De cette union vont naître trois garçons, Florestan Emile en 1883, le second Martin MPLF, Emile Florestan François en 1886, blessé gravement à un doigt  lors de son service militaire, le doigt avec lequel un droitier appuie sur la gâchette, ce qui lui évitera une unité combattante pendant la Grande Guerre et Julien Joseph François, le troisième MPLF et une fille Marie Féline en 1893 qui prendra pour époux en 1913 Fernand Pellegrin dont le nom est lui aussi inscrit sur le Monument aux Morts de Caderousse. Elle se remariera après-guerre, en 1921 avec un certain Fernand Joseph Simon.

En 1901, la famille presqu’au complet

…Florestan étant de son côté employé comme domestique dans la ferme des Soumille.

Conclusion de ce laïus, les trois Martin du monument sont donc deux frères et leur cousin germain avec un peu plus loin, dans la liste, le beau-frère des premiers. Une histoire de famille !

Seul Florestan Emile Martin va avoir le temps de se marier avant  la guerre. Il va prendre pour épouse Marie Rose Gonner le 25 juin 1910 à Caderousse. Cette dernière étant fille-mère d’une petite Alberte née en 1906, par ce mariage, Florestan va devenir aussi père en reconnaissant cet enfant comme étant de lui. Alberte deviendra Pupille de la Nation en 1918 !

Florestan et sa famille en 1911, « île » de Vannerie. 

A suivre les parcours militaires d’Auguste, Florestan et Joseph Martin.

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112 POILUS de CADEROUSSE, 112 DESTINS… Isidore MARQUION

112 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 112 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquante-septième nom de la liste: Isidore Louis MARQUION, un autre poilu oublié sur le monument aux morts.

Difficile de comprendre pourquoi Isidore Marquion a été oublié lors de l’édification du Monument aux Morts en 1937. Il est bien né à Caderousse le 29 novembre 1892 au quartier des Prés, d’un père lui-même né au village le 04 février 1858, Isidore Laurent Marquion.

Isidore Laurent s’était marié en 1891 à Orange avec Victorine Sève, une orangeoise de neuf ans plus jeune que son époux puis le jeune couple s’était installé à Caderousse où sont nés leurs deux enfants: Isidore, un an après le mariage et sa petite soeur Marie Anne Léonce venue au monde quatorze ans après son frère, le 31 mars 1904.

Isidore semble avoir fait sa jeunesse à Caderousse. On le retrouve avec ses parents sur le recensement de 1901, chemin d’Orange.

C’est certes un peu éloigné du centre du village mais Isidore devait tout de même se rendre aux Ecoles de Caderousse pour sa scolarité obligatoire, à moins qu’il ne soit allé à celles d’Orange, plus proche, ceci expliquant cela !

On le retrouve en 1906, toujours à Caderousse, aux Cairannes, malgré une erreur de l’agent recenseur qui a oublié un petit 1 devant le 3 de son âge. 13 ans au lieu de 3 ans !

Bizarrement, la petite soeur pourtant âgée de 2 ans n’est pas recensée. Elle est peut-être momentanément placée chez ses grands-parents. Elle se mariera en 1934 à Orange à un certain Louis Auguste Besson.

Pour Isidore, quand sonne l’heure de faire ses trois ans de service militaire, il habite Orange. Il ne semble pas s’être marié. Il est appelé au 141ème Régiment d’Infanterie de Marseille le 10 octobre 1913. La guerre éclate le 03 août et, déjà présent à l’armée, il se retrouve rapidement sur le front.

Le régiment quitte la caserne Saint-Charles pour la gare voisine et éponyme, le 6 août 1914. Il ne faut pas moins de trois convois pour emmener les 2 300 hommes jusqu’au front, dans l’est de la France. La troupe débarque à Vézelise, terminus des unités venant du Midi, le 8, à trente kilomètres au sud de Nancy pour se rendre aux devants des Allemands. Elle recevra le baptême du feu à Coincourt, un village à l’est de Nancy dont on a déjà évoqué le nom dans d’autres biographies. Le régiment perdra 38 hommes, tués, pour 172 blessés et 27 disparus. 237 gars mis sur le flanc dès le premier affrontement soit 10% de l’effectif, considérable !

Le second combat contre les Allemands se déroulera une petite semaine plus tard, le 19 août et sera appelé la bataille de  Dieuze, un autre lieu évoqué dans le passé. Nous sommes là à une dizaine de kilomètres au nord de Coincourt, en territoire lorrain allemand. Toujours cet esprit offensif de l’Etat-Major français ! L’artillerie allemande n’hésitera pas à détruire le village de Bidestroff, un village allemand, dans lequel s’était mis à l’abri l’un des trois bataillons du 141ème Régiment. Le bataillon comme le village seront complètement anéantis. Bilan des trois jours d’affrontements: 24 officiers et 1 438 hommes mis hors de combat, soit plus de la moitié de la troupe ! Nous sommes là autour du 22 août 1914, le jour le plus meurtrier de l’armée française. On comprend mieux la chose avec de tels chiffres pour une seule unité.

Repli stratégique des Français et avancée considérable des Allemands. Nouveaux combats du côté de d’Hérimenil, toujours à l’est de Nancy, le 1er septembre et 104 nouveaux hommes tués, blessés ou disparus. Trop affaibli, le régiment est retiré du front pour recevoir des troupes fraiches. On le retrouve à la fin septembre du côté de Verdun, à l’ouest de la ville. Le Journal de Marche du régiment, étrangement tapuscrit malgré les conditions de campagne raconte que le 141ème RI tient des tranchées de première ligne dans le secteur d’Avocourt quand il est pris à parti par l’artillerie allemande qui « endommage » quelques boyaux. Doux euphémisme pour dire que les tranchées sont bouleversées et que des hommes sont tués. Un poste téléphonique déplore d’ailleurs 5 morts et 8 blessés.

C’est ce bombardement allemand qui mettra fin à l’existence d’Isidore Marquion, le 28 septembre 1914. Il avait, à un jour près, 22 ans et 10 mois.

 

La fiche matricule de Isidore Louis Marquion de Mémoire des Hommes.

Isidore Louis Marquion, matricule 916 de la classe 1912, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Les patronymes Marquion et Besson semblent encore vivants sur Orange-Caderousse. Si quelqu’un reconnaît en Isidore un ascendant forcément indirect,  qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Auguste Martin.

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111 POILUS de CADEROUSSE, 111 DESTINS… Raphaël MARCELLIN

111 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 111 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquante-sixième nom de la liste: Raphaël MARCELLIN.

La seconde face du monument aux morts.

Raphaël Marcellin est né à Caderousse le 25 juillet 1877. Ce sera donc un soldat déjà relativement âgé quand la Première Guerre Mondiale éclatera. Ayant été longtemps militaire de carrière, il deviendra automatiquement sous-lieutenant en 1914 et sera en première ligne pour entraîner ses hommes quand une balle le frappera. Sort commun à pas mal d’officiers !

Le père de Raphaël, cultivateur à Caderousse et né au village en 1849 avait traversé le Rhône pour prendre pour épouse Marie Virginie Devèze, une jeune femme de Saint-Laurent-des-Arbres, de deux ans plus jeune que lui. Le mariage avait eu lieu à la fin de 1876 et l’année suivante Raphaël venait au monde, rue plan de lamourier, du mûrier en traduisant en français.

Un petit frère François Abel allait suivre le 21 octobre 1881 mais il décédait huit mois plus tard exactement. Un autre garçon naîtra le 18 juillet 1884. Simon Julien Marcellin fera une belle carrière dans les Postes et Télégraphes. Bizarrement, il n’apparaît pas au recensement de  1901.

Peut-être une erreur de transcription de l’agent recenseur. En effet, il est noté que Raphaël est âgé de 17 ans alors qu’il s’agit là de l’âge de Simon, lequel Raphaël a alors 24 ans et se trouve plutôt à la caserne de Pont-Saint-Esprit qu’à Caderousse.

Toujours est-il en effet que les deux frères Marcellin vont rapidement quitter le village.

Cultivateur avant son incorporation au 157ème Régiment d’Infanterie le 31 octobre 1895, Raphaël a devancé l’appel et s’est engagé pour quatre ans. D’engagement en réengagements, il restera à l’armée jusqu’au 16 juillet 1911, c’est-à-dire pas moins de 16 ans. Il en sortira adjudant et se verra nommer sous-lieutenant le 21 novembre 1914 après les hécatombes des premiers mois de guerre. A sa libération en 1911, Raphaël trouve un emploi pour quelques années comme employé municipal à Lyon. Peut-être alors s’est-il marié ? Possible mais si cela s’est produit, ce ne peut être qu’entre 1913 et la déclaration de guerre.

De son côté, Simon, le petit frère, a fait une brillante scolarité puisque mentionné 4 pour son niveau d’instruction, c’est-à-dire détenteur d’un diplôme sanctionnant des études supérieures. Il ne fera que deux années de service dans l’artillerie puis entrera dans les Postes comme contrôleur des téléphones à Saint-Etienne. Il servira pendant la guerre au 8ème Régiment du Génie de Jarnac, une unité spécialisée dans les transmissions. Après la guerre, il poursuivra sa carrière loin de Caderousse en retrouvant son poste dans la Loire avant de partir au Maroc pacifié à partir de 1928, Meknès, Rabat puis Casablanca.

Le 3 août 1914, Raphaël retrouve donc une caserne, celle du 72ème Régiment d’Infanterie à Amiens. A la fin de l’hiver 1915, son régiment combat dans le secteur du Mesnil-les-Hurlus. Tout est dit quand ce nom est cité ! Comme nombre de villages dans ce coin de Champagne, non loin du camp de Suippes, le village sera rasé et sera déclaré « Mort pour la France » après la guerre pour ne plus être reconstruit.

En témoignent ces zones vert foncé correspondant de nos jours à des lieux où plus rien de pourra pousser pour longtemps encore sinon des broussailles et des forêts dangereuses. Le camp militaire de Suippes s’est installé sur la zone en bas à gauche.

La bataille fait rage et le régiment monte en ligne pour quelques jours, perd de nombreux soldats dans des attaques aussi inutiles que meurtrières comme entre les 22 et 23 février où tombent plusieurs officiers et pas moins de 885 hommes de rang, tués, blessés et disparus ! Puis la troupe se retire pour prendre quelques jours de « repos » avant de remonter en ligne. Les hommes sont épuisés par ce rythme comme le note le rédacteur du Journal de Marche du régiment qui parle d’un « état sanitaire laissant à désirer ». Ainsi, 21 hommes sont évacués le 28 février, 44 le 1er mars, 23 le 2 et 26 le 3 juste avant le retour difficile, de nuit, en tranchées de première ligne du 72ème RI pour attaquer tout de suite à nouveau, le 5 mars. Car est ainsi pensée la stratégie militaire française.

Voici un schéma sommaire des lieux.

Le régiment est positionné dans les tranchées situées entre A et C, si près des tranchées allemandes que le pointeur d’artillerie venu visiter les lieux a estimé qu’une préparation était impossible car les lignes étaient trop rapprochées. Alors, on attaque de nuit, à deux heures du matin !

Mais les Allemands ne dorment pas plus que les Français. Comme on peut le lire entre les lignes, c’est à l’instant  où il sort de la tranchée que Raphaël Marcellin est fauché puisque commandant d’une Compagnie en tant que sous-lieutenant de carrière. On est à l’aube du 6 mars 1915. La suite de la narration du Journal de Marche nous le confirme, en date du 9 mars quand est fait le bilan des combats des 5-6 et 7 mars 1915. Son nom apparaît dans la liste des neuf officiers tués.

Il avait alors 37 ans et 6 mois. A ses côtés sont tombés 450 soldats et caporaux, tués, blessés et disparus.

 

La fiche matricule de Raphaël Marcellin de Mémoire des Hommes.

Raphaël Marcellin, matricule 771 de la classe 1897, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Marcellin semble très vivant en Vaucluse. Si quelqu’un reconnaît en Raphaël un ascendant direct ou indirect,  qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Louis Isidore Marquion.

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111 POILUS de CADEROUSSE, 111 DESTINS… Henri Louis LAZARD.

111 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 111 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquante-cinquième nom de la liste: Henri Paul LAZARD.

La seconde face du monument aux morts.

Henri Lazard a connu un destin original. En effet, il est mort en Allemagne, quelque part en Bavière, des suites de ses blessures de guerre. Il était prisonnier de guerre et il est décédé sur son lieu de détention. Mais prenons sa biographie par le début.

Henri Louis Lazard est le fils aîné du couple formé d’André Louis Lazard né en 1859 et de Marie Adèle Combe de quatre ans sa cadette. Ils se sont unis à Caderousse le 14 janvier 1885 et Henri est né dix-neuf mois plus tard, le 29 août 1886. Les parents sont tout deux originaires de Caderousse. On retrouve la famille complète sur le recensement de 1901, du côté de la rue neuve, à l’intérieur des digues.

Les parents d’Henri habitent chez les grands-parents paternels, des personnes âgées de plus de 75 ans. Ce sont des cultivateurs qui vivent dans le centre-bourg. Henri est alors âgé de 14 ans et va commencer à aider les siens dans les terres. Une petite soeur est née en 1891, prénommée Louise Appolonie, second prénom qu’elle doit à sa grand-mère paternelle.

Le 09 octobre 1907, Henri va partir faire ses classes au 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon. Moins de deux mois avant, son père est décédé, le 17 août. Henri restera deux ans à l’armée, renvoyé dans ses foyers le 25 septembre 1909. On retrouve la famille, très réduite, au recensement de 1911.

Le père décédé, la mère Marie Adèle travaille dans les balais. Henri lui a repris les terres. La grand-mère paternelle est toujours de ce monde. Quant à la petite soeur Louise Appolonie, elle s’est mariée avec François Paulus Aubert le 30 novembre 1910. Paulus est un copain d’Henri, de la même classe 1906, qui aura plus de chance que son beau-frère pendant la guerre.

Henri, toujours célibataire, est rappelé par l’armée pour la mobilisation générale d’août 1914, au 258ème Régiment d’Infanterie, réserve du 58ème RI. On retrouve cette unité du côté de Saint-Mihiel le 26 septembre 1914. Ce doit être à l’occasion d’un affrontement entre les hommes commandés par le capitaine Farjon, un autre Caderoussier, et les Allemands qu’Henri a été blessé et capturé par ceux-ci. Il est évacué comme prisonnier de guerre blessé vers la Bavière. Admis à l’Hôpital de Grafenwöhr, à mi-chemin entre Bayreuth et Nuremberg, il y décède le 04 octobre 1914.

Longtemps considéré comme disparu par l’Armée, Henri réapparaîtra sur les listes transmises par les Allemands à la Croix-Rouge.

Son statut passe alors de disparu à Mort pour la France. Il avait alors 28 ans et 1 mois le jour de son décès. Comme nombre de prisonniers de guerre décédés en captivité, il repose à la Nécropole Nationale des Prisonniers de Sarrebourg, en Moselle.

 

La fiche matricule d’Henri Louis Lazard de Mémoire des Hommes.

Henri Louis Lazard, matricule 314 de la classe 1906, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Lazard ainsi orthographié est peu usité dans le Vaucluse. Par contre, des neveux d’Henri sont nés de l’union de François Aubert et Louise Lazard, deux à la date du 04 septembre 1923 d’après le registre matricule de François Paulus Aubert (264- classe 1906-Avignon). S’ils ont eu une descendance et qu’une personne reconnaît en ce Poilu, son grand-oncle ou arrière grand-oncle, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Raphaël Marcellin.

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