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114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… Charles MONDAN.

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-neuvième nom de la liste: Charles Paul MANDON.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

 

Charles Paul Mondan est tout simplement le cousin germain du précédent, lui aussi inscrit sur le Monument aux Morts de Caderousse, André Paul Mondan. En effet, son père Jean Paul Mondan se trouve être le frère du père d’André Paul: André Mondan, comme lui originaire de Courthézon.

Un peu plus jeune qu’André, Jean Paul est né en 1867 et s’est marié à Caderousse avec Marie Mélanie Grély venue vivre au bord du Rhône avec les siens. Elle était originaire de Violès et les noces furent célébrées le 09 juillet 1892.

Rapidement, une petite Marie Jeanne vint au monde en 1894 dans ce couple de maçon et de baletière vivant dans le Boulegon. Puis arriva Charles Paul, le futur Poilu, le 1er juillet 1896, un plus âgé que son cousin André Paul. C’est d’ailleurs sa tante Sophie Bouchier qui vient le déclarer à la mairie de Caderousse le 2 juillet. Le père travaillait peut-être dans un chantier éloigné du village. Il était employé par le maître-maçon Simon.

Quatre ans plus tard arrive une petite Marie Rose le 19 janvier 1901. Puis plus rien ! Mais il semble que la famille a quitté Caderousse après 1901 puisqu’elle n’apparaît ni au recensement de 1906, ni à celui de 1911. Toutefois Charles Paul est resté au village et travaille comme domestique à la campagne.

La liste nominative de 1901 pose problème.

La famille Jean Mondan-Marie Grély en 1901.

On reconnaît bien Jean Mondan et Marie Grély, les parents, âgés respectivement de 34 et 31 ans, l’aînée Jeanne 7 ans et la petite dernière Marie 1 an mais qui sont cet Isidore âgé de 3 ans et ce Louis 2 ans ? Et surtout où est passé Charles qui avait alors  4 ou 5 ans suivant le mois du recensement ? Quelques mystères non éclaircis dans la généalogie de Charles Paul Mondan car ces deux petits frères, si petits frères il y a, n’apparaissent pas dans l’état-civil de la commune ! Bizarre, vous avez dit bizarre !

Tout serait plus facile si on savait dans quelle commune les parents s’en sont allés après 1911.

Toujours est-il que Charles Paul aurait dû être appelé par l’armée courant 1915. A cette date, il était déjà… mort ! En effet, il lui prit l’idée de devancer l’appel et il signa un engagement pour la durée de la guerre le 23 septembre 1914, en mairie d’Avignon, à un peu plus de 18 ans. On l’envoya au 4ème Régiment de Zouaves, où il croisa peut-être un autre Caderoussier, Paul Marius Broquin, de quatre ans son aîné qui allait être tué à Nieuport, tout près de la mer du Nord, le 9 juin 1915, on l’a déjà évoqué.

A cette date, Charles Paul Mondan était décédé depuis bien longtemps, disparu plus précisément, le  12 décembre 1914, moins de trois mois après avoir signé son engagement. En Belgique comme Paul Broquin, mais dans le secteur d’Ypres où les Zouaves assistaient les troupes britanniques. Pourtant ce jour-là, le rédacteur du Journal de Marche du 4ème Régiment ne note rien de particulier.

Il faut dire que le 11ème Bataillon Lagarde auquel Charles semblait appartenir a été détaché et combat ailleurs, comme en atteste cette note du 11 décembre.

Oui, c’est bien à Verblanden-Molen cité dans le texte que Charles Paul Mondan a disparu le 12 décembre 1914 mais… on n’en saura pas plus. On peut imaginer des tranchées, des bombardements, une attaque sans retour… ou une mine ! Il avait alors 18 ans et 5 mois. Le plus jeune Poilu de Caderousse, pour l’instant !

La carte de Verranne Molen où a disparu Charles Paul Mondan et les nombreuses traces des combats de la Grande Guerre notés en 2018.

La fiche matricule de Charles Paul Mondan de Mémoire des Hommes.

Charles Paul Mondan, matricule 1077 de la classe 1916, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Mondan est encore vivant à Caderousse. Si quelqu’un reconnaît en Charles Paul un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Marius Jean Léon Monnet.

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114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… Paul MENU.

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-troisième nom de la liste: Paul Laurent MENU.

Comme Victor Menier, Paul Menu a été oublié sur le Monument aux Morts de Caderousse. La raison en est à peu près la même: une naissance au village d’un père Caderoussier, le départ assez rapide de la famille du village et le temps qui passe par là et l’oubli avec.

Paul Albert Menu, né à Caderousse en 1857 est pâtissier confiseur. Il a pris pour épouse Marie Félicité Clapier une couturière d’Orange un peu plus jeune que lui. Les noces ont eu lieu dans le Cité des Princes le 29 octobre 1879 où le couple s’installe, 19 rue des arènes. Une petite Adrienne Madeleine arrive rapidement, le 17 avril 1880.

Puis la famille vient vivre à Caderousse. Elle s’installe rue Château-Vieux où les jeunes mariés semblent avoir ouvert un commerce de pâtisserie. Pas sûr que cela soit rentable dans ce village somme toute assez pauvre. Un petit garçon arrive dans le foyer, Paul Laurent, né le 16 mai 1882.

La famille Menu au recensement de 1886.

Voici donc la famille Menu-Clapier recensée à Caderousse en 1886. Cinq ans plus tard, en 1891, la famille a quitté les digues de Caderousse pour exercer son métier ailleurs, certainement à Orange où la clientèle est plus importante.

En 1902, quand l’Armée recense le conscrit Paul Laurent Menu, il vit à Orange et a choisi le même métier que son père, pâtissier-confiseur. Boulanger, il aurait été versé dans le service auxiliaire des commis et ouvriers d’administration. Pâtissier, l’Armée n’en a moins besoin et il est envoyé dans une unité d’infanterie: le 3ème Régiment de Zouaves. Traversée de la Méditerranée, arrivée à Constantine le 18 novembre 1903… où Paul Menu servira jusqu’au 29 septembre 1906. Sur son registre matricule est inscrit cette campagne d’Algérie à laquelle participa le Régiment de Zouaves, pour pacifier le pays des groupes rebelles.

Rendu à la vie civile, Paul se marie à Orange, le 23 avril 1907, avec Marie-Louise Biscarrat, la fille d’un médecin, née comme lui en 1882. Ils eurent le temps de fonder une famille mais le retard de mise en ligne des Archives de certaines communes du Vaucluse nous empêche d’en savoir plus.

Toujours est-il que le 13 août 1914, Paul va se retrouver à nouveau chez les Zouaves, pas en Algérie mais au camp de Sathonay, au nord de Lyon. Après une année de combat, c’est du côté de la Champagne que le vie de Paul va basculer pendant la seconde bataille de Champagne, fin septembre-début octobre 1915. C’est certainement lors d’une offensive longuement racontée dans le Journal de Marche du 3ème Zouaves que le pâtissier orangeois va être gravement blessé,  le 25 ou 26 septembre 1915.

J’ai gardé le passage sur la défense du drapeau qui est édifiant !

Extrait du Journal de Marche du 3ème Zouaves en date du 25 septembre 1915.

Pas moins de quatre morts en quelques instants pour se disputer l’honneur de porter le drapeau du régiment dans le tourmente ! Cet épisode ne concerne pas Paul Menu puisqu’il survivra jusqu’au 10 octobre 1915 à ses blessures avant de s’éteindre à Saint-Hilaire-le-Grand, dans un hôpital situé à quelques pas de la gare où, le jour-même, le 3ème Zouaves prenait le train en direction des Flandres, jusqu’à Esquelbecq à quelques kilomètres de Dunkerque et de la mer du Nord, pour aller combattre avec les débris de l’armée belge entre Ypres et La Panne.

Le 10 octobre 1915, Paul Menu était âgé de 33 ans et 5 mois.

 

La fiche matricule de Paul Laurent Menu de Mémoire des Hommes.

Paul Laurent Menu, matricule 575 de la classe 1902, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Menu existe toujours dans le Vaucluse et le Gard. Si quelqu’un reconnaît en Paul un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Justin Paul Miaille.

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112 POILUS de CADEROUSSE, 112 DESTINS… Auguste, Florestan et Julien MARTIN.

112 POILUS de CADEROUSSE, 112 DESTINS… Auguste, Florestan et Julien MARTIN.

112 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 112 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquante-huitième, cinquante-neuvième et soixantième noms de la liste: Auguste, Florestan et Julien MARTIN.

La seconde face du monument aux morts.

Etant le plus âgé, c’est Florestan qui le premier connaîtra la servitude et grandeur militaires chez les Zouaves en Algérie. Il sera appelé sous les drapeaux le 21 novembre 1914 à Constantine, au 3ème Régiment. Le pays étant sous la menace de rébellions latentes, son service ne sera pas de tout repos et cette première campagne militaire sera inscrite sur son livret militaire. Le fait d’être devenu père de la petite Alberte en 1906 lui permettra de voir son service réduit de quelques mois comme soutien de famille. Toujours cela de pris ! Il sera rendu à la vie civile le 04 avril 1907.

Né en 1888, son petit frère Julien sera appelé sous les drapeaux le 07 octobre 1909. Lui s’arrêtera au bord de la Méditerranée, à Toulon, sans la traverser. Pendant deux ans, jusqu’au 24 octobre 1911, il sera fantassin au 111ème Régiment d’Infanterie.

Quant à leur cousin Auguste né en 1894, il sera appelé par anticipation le 09 septembre 1914 au 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon, une unité décimée après le premier mois de guerre. Quelques semaines d’instruction et il se retrouvera à tout juste vingt ans dans les tranchées du nord-est de la France. A cette date, ses deux cousins germains Florestan et Julien ne seront plus de ce monde !

En effet, les deux frères furent tués très rapidement, au tout début de cette longue guerre.

Tout d’abord, Julien le biffin toulonnais.

Le portrait de Julien Martin sur la tombe familiale au cimetière.

Le 111ème Régiment d’Infanterie quitte Antibes par trois convois ferroviaires pour le nord-est de la France le 9 août. Le 10, le régiment est à pied d’oeuvre au sud de Nancy… Vézelise, Diarville. Plusieurs journées de marches forcées harassantes pour se retrouver face aux Allemands, plus attentistes, en Lorraine ennemie, avec comme mot d’ordre dans toutes les bouches de l’Etat-Major français: « On attaque » !

Dès le 14 août, les fantassins sont jetés dans un grand désordre sur des ennemis qui les attendent de pied ferme. Sans même lire le contenu du Journal de Marche, on comprend que règne une confusion certaine même chez son rédacteur !

En lisant, ce passage, on comprend que rien n’est simple pour les hommes. Dans cette pagaille, ils arrivent à se mitrailler entre eux !

Le 14 août 1914, Julien Joseph François Martin, dès son baptême du feu, disparaît près de Moncourt. Il avait 26 ans et 1 mois.

La fiche matricule de Julien Joseph François Martin sur le site de Mémoire des Hommes 

Matricule 312 classe 1908 bureau de recrutement d’Avignon.

Son frère Florestan est rappelé le 4 août 1914 au 4ème Régiment d’Infanterie Coloniale de Toulon. Exit les Zouaves où Florestan avait fait ses classes et où il avait revêtu cette belle tenue pour la postérité, dans sa jeunesse.

Le portrait de Florestan Martin sur la même tombe familiale au cimetière.

Le régiment quitte Toulon le 11 août. Il reçoit le baptême du feu dans le sud de la Belgique le 23 août, dans le secteur de Jamoigne-Valansart. Mais les Français refluent et on retrouve le régiment plus au sud, entre Verdun et la Meuse. Mi-septembre, des combats se déroulent à l’est de Verdun. Florestan disparaît dans un premier temps près de Bonzée dans la Meuse. Il semble que son corps ait été retrouvé postérieurement et un jugement fixe la date de son décès au 21 septembre 1914. Il avait 30 ans et 11 mois.

 

La fiche matricule de Florestan Emile  Martin sur le site de Mémoire des Hommes 

Matricule 148 classe 1903 bureau de recrutement d’Avignon

Comme déjà dit ci-dessus, Auguste Martin rejoint le 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon le 09 septembre 1914. On l’a déjà raconté dans d’autres biographies, ce régiment a subi de lourdes pertes dans le premier mois de guerre. Des forces fraiches sont donc bienvenues. Les hommes subissent tout de même un entraînement pendant quelques mois avant de retrouver le front, durée de formation dépendant surtout des besoins de l’Etat-Major.

On ne sait à quel moment il rejoint le front mais on peut raisonnablement penser que cette date devait se situer vers le début de l’année 1915. C’est lors de la seconde bataille de la Marne fin septembre-début octobre 1915 qu’Auguste sera tué, dans un secteur dont on a déjà parlé, celui de Souain- Perthes-les-Hurlus, Suippes, la main de Massiges, des terres devenues incultes par la quantité d’acier qui s’y est déversé.

Carte des lieux extraite du Journal de Marche du 58ème RI.

La journée du 14 octobre 1915 semble avoir été assez calme. Par contre, comme on peut le lire ci-dessous,…

…on continue à ramasser et à enterrer des cadavres des combats des journées précédentes et on peut penser qu’Auguste fait partie des 105 malheureux enterrés par le service médical. Ce 14 octobre, il avait seulement 20 ans et 8 mois. Il repose à la Nécropole Nationale de Saint-Ménéhould dans la Marne depuis le 30 septembre 1920.

La fiche matricule d’Auguste Joseph  Martin sur le site de Mémoire des Hommes 

Matricule 404 classe 1914 bureau de recrutement d’Avignon

Le patronyme Martin est assez répandu en France et donc dans le Vaucluse et la tombe des frères Florestan et Julien Martin est bien entretenue au cimetière. Si un descendant reconnaît dans ces biographies des ascendants directs ou indirects, qu’il n’hésite pas à se manifester pour modifier ou compléter les textes. 

A suivre Paul Melon.

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108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… Ernest CHIROT.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-deuxième nom de la liste: Chirot Ernest Marius Joseph.

Seconde face du Monument.

Premier nom de la seconde face du monument, la face sud.

Le tragique destin d’Ernest Chirot va nous emmener sur le champ de bataille le plus connu de la Grande Guerre pour le grand public, Verdun, au coeur de cette année 1916. En effet, Ernest Chirot appartenant au 2ème et 3ème Régiments de Marche des Zouaves, des régiments d’Afrique dont il ne foulera jamais le sol puisque les métropolitains étaient regroupés en France, se retrouva au coeur de la tourmente.

Né le 18 février 1896 à Caderousse, il fut donc appelé sous les drapeaux par anticipation, en 1915, le 10 avril. Après sa période de formation militaire, il fut versé au 3ème Zouaves le 29 novembre de la même année. Le régiment était alors au repos à l’arrière des troupes britanniques et belges dans le nord de la France, du côté de Petite Synthe, non loin de Dunkerque. Ce repos était bien mérité pour les hommes de ce régiment qui avaient subi des pertes importantes lors de la seconde bataille de Champagne du 25 septembre au 6 octobre 1915. Le régiment avait été cité à l’ordre de l’armée par le général Gouraud pour des faits d’arme pendant cette bataille. Cela Ernest ne l’avait pas connu.

Couverture du livret racontant l’historique du 2ème R.M. Zouaves.

L’attaque allemande sur Verdun du 21 février 1916 allait rapidement emmener ce régiment dans ce secteur, au milieu du déluge de feu. Cela Ernest allait le connaître et il allait y laisser sa vie. Dès le 24 février, les hommes étaient au front à la cote du Poivre, un secteur particulièrement visé par les bombardements des troupes allemandes. Le 25, le 3ème Zouaves brisait une attaque des fantassins allemands, défense qui allait sauver Verdun d’une prise allemande suivant l’avis de la hiérarchie française.

Du 10 avril au 1er juillet 1916, le 3ème Zouaves tint le secteur du bois Carré d’Avocourt, à l’ouest de Verdun. Sous les bombardements incessants, dans la boue due à un printemps particulièrement pluvieux, Ernest et ses frères d’infortune souffrirent beaucoup.

Le 23 juin 1916, le 2ème Régiment de Zouaves ayant été décimé toujours sur le front de Verdun, des éléments du 3ème Zouaves furent prélevés pour renforcer cette unité. Il faut dire que la préoccupation de l’Etat-Major était la future bataille de la Somme et que les régiments à Verdun devaient se débrouiller seuls pour compléter leurs effectifs. Ernest retrouva donc le 2ème Zouaves quelques mois après l’avoir quitté.

On est alors à un moment charnière de la bataille de Verdun. Les Allemands n’ont pas réussi à percer et les Français commencent leurs mouvements de reconquête du terrain perdu. Le 15 juillet, les Zouaves attaquent sur les crêtes de Thiaumont à Fleury et brisent la résistance allemande.

Extrait de l’Historique du 2ème R.M. Zouaves.

Ernest fait partie de ces hommes intrépides. Puis, le 19, ce sera la prise de la poudrerie de Fleury où les Zouaves firent plus de prisonniers allemands qu’ils n’étaient eux-mêmes. Ernest est tué le 26 juillet suivant lors de combats de renforcement de positions quelques heures avant que le 2ème Zouaves ne soit relevé momentanément de ce secteur. Cela Ernest ne le connaîtra pas.

Il avait 20 ans et 177 jours. Il n’avait pas connu grand chose de la vie.

Il était le premier enfant du couple Joseph Elie Chirot- Victorine Jeanne Millet qui s’était uni à Caderousse le 1er mai 1895.  A cette date, son père était un jeune homme de 24 ans originaire de Roquemaure qui avait monté une entreprise de fabrication de balais en Vaucluse. Son épouse, sa cadette de 2 ans, était originaire de Caderousse. Ernest naquit donc quelques mois après cette union. La famille  habitait dans la petite rue Pied-Gaillard. Un petit frère Olivier allait naître en 1902 dans le foyer. Il aura la chance d’éviter la Grande Guerre, ce qui dut soulager les siens. Il semble que le corps d’Ernest ait été ramené à Caderousse après guerre, bien qu’il n’en reste aucune trace dans le cimetière du village.

La famille Chirot lors du recensement de 1906 à Caderousse.

D’un bon niveau scolaire, Ernest était conducteur d’auto quand l’armée eut besoin de ses services… et de sa vie.

Il semble que son corps ait été ramené à Caderousse après guerre, bien qu’il n’en reste aucune trace dans le cimetière du village.

 

La fiche d’Ernest Marius Joseph Chirot de Mémoire des Hommes

Ernest Marius Joseph Chirot , matricule 1036 classe 1916, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Bien que ce patronyme Chirot ne soit plus présent dans la région, les plus près étant dans l’Ain et le Gers, si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Augustin Clarisse.

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107 POILUS de Caderousse, 107 DESTINS… BROQUIN Paul.

107 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 107 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingtième nom de la liste: Broquin Paul Marius Jean Antoine.

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Première face du Monument.

Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague,

Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues

…c’est dans ce paysage des Flandres belges que Paul Broquin, le petit mitron caderoussier, fut envoyé combattre les Allemands, envahisseurs de la petite Belgique, avec son régiment de Zouaves de Tunisie où le hasard des incorporations militaires l’avait expédié quelques mois avant le déclenchement du premier conflit mondial. Il y laissa sa vie près de Nieuport, une station balnéaire à la mode pour la bourgeoisie flamande, qu’elle soit française ou belge et même quelques privilégiés anglais. Mais en juin 1915, ce n’étaient pas les mouettes qui volaient par dessus les hôtels de luxe mais les obus remarquablement précis de l’artillerie allemande dans un pays où pourtant, les seuls points d’observation étaient des cathédrales pour uniques montagnes.

Paul Broquin était donc né le 27 décembre 1892 à Caderousse de parents caderoussiers l’un et l’autre. Son père Louis Gabin,  né en 1864, était un ancien cordonnier comme son propre père, transformé sur le tard en marchand de vins. A 3 ans près, le père avait évité un retour sous les drapeaux en 1914, une armée qu’il n’avait pas faite plus jeune en tant que soutien de famille. Sa mère, elle, Louise Honorine Barbier qui venait de la campagne, était née en 1867. Ses parents avaient convolé en justes noces le 1er juin 1887. Des enfants arrivèrent rapidement mais qui disparurent aussi vite: Marie Louise né en 1888 et décédée en 1889, Louis Antoine né en 1889 mais qui ne vécut que 4 mois. Terrible mortalité infantile ! Louise Marie née le 18 septembre 1890 puis Paul eurent plus de chance que leurs aînés et vécurent jusqu’à l’âge adulte.

Au recensement de 1911, Louise avait quitté la maison et seul Paul vivait chez ses parents.

Il avait choisi de devenir ouvrier boulanger mais comme vous le lisez ci-dessus, l’agent recenseur avait oublié de lui demander chez quel patron si bien qu’un siècle plus tard, mous ne pouvons le préciser !

C’est tout de même le troisième apprenti boulanger caderoussier qui disparaîtra pendant le Grande Guerre. A l’instar de Fernand Bernard, son métier amènera donc l’armée à  le verser dans un premier temps en C.O.A., la 25ème section des Commis et Ouvriers d’Administration. A partir du 20 octobre 1913, il fut donc employé à fabriquer du pain dans une caserne de Tunis. Pas  de service armé mais le four à pain chez les Zouaves !

Le départ des unités d’Afrique vers le front français doublé de l’hécatombe sanglante des 3 premiers mois de guerre entraînèrent sa mutation au 4ème Régiment de Zouaves de Tunis, le 14 novembre 1914. Un mois plus tard, c’est sur le paquebot « Mansoura » de la Compagnie de Navigation Mixte Touache, qu’il quittait l’Afrique du Nord pour les tranchées de ce dernier coin de Belgique libre.

Dans un premier temps, il rejoignit son Régiment de Zouaves, un peu plus au sud, au niveau d’Ypres. Puis le régiment déménagea et se retrouva donc sur la côte de la mer du Nord.

Depuis octobre 1914, un vaste secteur entre Nieuport et Dixmude était inondé des eaux de l’Yser relâchées par les franco-belges pour éviter une percée allemande. Coup réussi au delà de toutes les espérances: cette zone devint totalement infranchissable, ni dans un sens, ni dans l’autre, jusqu’à la libération du territoire belge., fin 1918.

Mais il fallait tenir la bande côtière soumise à la pression demande. Ainsi les stations balnéaires du secteur, Nieuport, Lombardsigde, devinrent des lieux de mort, de tranchées bien souvent sur-élevées car tout trou creusé dans le coin se remplissait d’eau.

La lecture du journal de marche du 4ème Zouaves ne laisse pas apparaître le nom de Paul Broquin dans la liste des disparus. Il y a eu, c’est évident des tâtonnements de l’Administration militaire pour fixer la date exacte de décès de Paul. Dans sa fiche de Mémoire des Hommes, on peut lire qu’elle survint le 9 juin 1915 après qu’il ait été écrit dans un premier temps 5 juin.

Par contre, sur la fiche matricule complète, il est donné une autre version:

Décédé antérieurement au 5 juin 1915 à Nieuport.

Le 4 juin il y eut des bombardements.

Le 5 juin, des coups de canon échangés par les 2 camps sans perte.

Le 9 juin, un violent bombardement allemand et un Zouave tué.

Mais dans le récapitulatif nominal des morts et blessés, ce Zouave tué le 9 ne porte pas le nom de Paul Broquin.
Alors ???… Peut-être le jeune mitron caderousier a-t-il été porté disparu un temps, antérieurement à la date du 5 juin 1915 puis par la suite, son corps a été retrouvé et sa date de décès estimée avant le 4 juin 1915.

Toujours est-il qu’après juin 1915, Paul n’eut plus le loisir d’écouter le vent du sud chanter le plat pays des Flandres… ni le chant des cigales des bords du Rhône.

La fiche de Paul Marius Jean Antoine Broquin de Mémoire des Hommes.

Paul Marius Jean Antoine Broquin  matricule 719 classe 1912, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Bien que ce patronyme ne soit guère présent dans le sud-est de la France, si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents. 

A suivre: les Bruguier.

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106 + 1 POILUS de CADEROUSSE, 106 + 1 destins… BONNEFOI Jules

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018….

…sauf que pas moins de 16 hommes nés à Caderousse et morts pendant la Grande Guerre ont été simplement oubliés sur le Monument aux Morts ! Pourquoi donc ? Quand celui-ci fut érigé en 1937, internet ne facilitait pas les recherches comme de nos jours. Jules Edouard Bonnefoi est donc le premier Poilu oublié dont nous allons évoquer le destin. Certes, on aurait dû évoquer les parcours de Charles Aubert, Clovis Aubert, Félix Beaumet et autre Marcel Bérard plus tôt mais les Archives du Gard n’ayant pas pris le virage du numérique et celles de Haute-Garonne étant si difficiles d’utilisation que… nous parlerons  d’eux plus tard !

On peut même se demander pourquoi Jules a été oublié. Il semble que les Bonnefoi n’aient pas quitté le village. En tout cas, Jules Edouard Bonnefoi, né le 04 mai 1896 à Caderousse est bien présent à Caderousse lors du recensement de 1911. Agé de 15 ans, il est alors domestique chez la famille de Bénoni Doux, cultivateur dans le quartier de l’Espinet, Salarié ou Saint-Trophime, les agents recenseurs regroupant ces 3 lieux.

La famille Bonnefoi, elle, habitait intra-muros, rue de l’Hardy, au couchant dans le village. C’était le foyer de la belle-famille Robert de (Michel) Marius Bonnefoi, père du Poilu.

Comme on peut le lire ci-dessus sur le recensement de 1896, Marius était ouvrier dans une fabrique de balais et Augustine couturière. Jules n’est pas encore né et le couple n’a que 2 enfants: Fernande (3 ans) et Louis (2 ans).

En 1906, le père n’est plus là et la famille compte 5 enfants: Fernande, Louis (dont on a déjà parlé), Jules le futur Poilu, Juliette (née en 1898) et Odette (née en 1905).

La mère se remariera cette même année avec Grégoire Désiré Emile Jamet, le 11 octobre.

Jules Bonnefoi sera appelé en anticipation le 10 avril 1915. En effet après les pertes considérables en 1914, les hommes furent incorporés à l’âge de 19 ans au lieu de 20 ans. C’est au 2ème Régiment de Zouaves que Jules quitta ses vêtements civils. Pas en Algérie mais au dépôt de Sathonay, dans l’est de Lyon où ce régiment colonial tenait ses quartiers métropolitains.

Après un passage au 3ème Zouaves du 23 novembre 1915 au 25 juin 1916, Jules retrouva son unité d’origine pour connaître le baptême du feu… et ses premiers ennuis.

Il fut tout d’abord blessé à l’avant-bras droit et on dut lui poser un séton. C’est manifestement lors d’une contrattaque du 2ème Zouaves dans les ruines du village disparu de Fleury-devant-Douaumont, lors des combats de Verdun que Jules prit cette blessure, le 16 juillet 1916.

Second problème, quelques mois plus tard, à peu près au même endroit. Le 19 décembre 1916, Jules dut être évacué vers l’arrière pour cause de pieds gelés. Les conditions météorologiques étaient exécrables et le froid doublé d’une boue omniprésente faisait beaucoup souffrir les hommes. Et ce ne sont pas les modestes revenus de ses parents qui auraient pu lui fournir des brodequins plus adaptés !

Par la suite, fait du hasard, Jules se retrouva le 16 avril 1917 dans l’offensive du secteur de Sapigneul, au Godat, autre hameau disparu de Cormicy, le jour-même où disparaissait le Caderoussier Léopold Blachier dont on a récemment parlé. Par chance, Jules ne faisait pas partie des 690 hommes du 2ème Zouaves mis hors de combat ce 16 avril.

Il eut moins de chance lors de la reprise de la guerre de mouvement pendant l’été 1918. Les Allemands étaient alors considérablement affaiblis et sans ressources nouvelles alors que les Américains intervenaient en masse du côté de l’Entente et que les chars devenaient une arme redoutable en appui des fantassins. Mais la guerre de mouvement fait sortir les hommes des tranchées et les rend des cibles fragiles, comme en 1914. C’est du côté d’Amiens que Jules fut grièvement blessé le 08 août 1918.

Voici les déplacements du 2ème Zouaves à ce moment, suivant le livre rappelant la campagne de 14-18 du régiment…

et ce à quoi cela peut ressembler sur une carte actuelle proposée par Google.

Jules Bonnefoi fut donc touché au Bois Moreuil par une balle qui pénétra dans son abdomen. Terrible blessure ne laissant guère d’espoir de survie ! Il fut évacué sur l’Ambulance implantée dans la banlieue d’Amiens, à Dury (Somme). Il y décéda le lendemain, le 09 août 1918. Il avait seulement 22 ans.

« Zouave plein d’entrain ayant toujours fait son devoir. Est tombé mortellement blessé en se portant avec ardeur à la poursuite de l’ennemi le 9 août 1918 » dit la citation accompagnant son acte de décès.

Pourquoi oublia-t-on de graver son nom sur le monument ? Honnêtement, je n’ai pas de réponse à cette question.

La fiche matricule de Jules Bonnefoi de « Mémoire des Hommes ». 

Jules Edouard Bonnefoi, matricule 1026 classe 1916, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule complète sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Bonnefoi (ou Bonnefoy) étant toujours vivant dans le Vaucluse, si un descendant indirect reconnaît un membre se sa famille, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents.

A suivre: Augustin Bouchet.

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