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Le (petit) KIOSQUE DE PRESSE de l’été 36: le 9 juillet 1936

Un kiosque avec 2 titres:

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Le Miroir des Sports qui va revenir sur la première étape Paris-Lille et les pluies diluviennes.

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L’Intransigeant, quotidien qui lui va parler de l’étape 2: Lille-Charleroi.

Même si L’Intransigeant d’hier n’en a pas parlé pour le Tour de France, il en est tombé de l’eau sur les dos des coureurs du Tour lors de cette première étape, lorsque les hommes se rapprochèrent de Lille et du terme de la course.
C’est à Carvin, dans le bassin minier, que les cieux furent tant généreux que cela donna cette magnifique image illustrant si bien la légende des Forçats de la Route:

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D’autres vues sur le même sujet où les véhicules faillirent être noyés autant que les hommes.

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Quelle douche, mes aïeuls !

Pourtant tout le début de l’étape s’était bien passé, sous un ciel couvert, certes comme en attestent les passages à…

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Beauvais et…

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à Breteuil.

A Lille pour l’arrivée, la pluie avait cessé mais la chaussée était bien mouillée pour célébrer la victoire du Suisse Egli.

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Un orage dantesque qui fit quelques dégâts comme en atteste cette vue de destructions…

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qui durent raviver quelques souvenirs anciens, vieux d’une vingtaine d’années aux locaux, quand c’étaient les obus allemands ou français qui labouraient les terrains et détruisaient les habitations.

Tout cela pour dire que Le Miroir des Sports n’aborde pas du tout la seconde étape, faute de temps pour imprimer les textes, ce que L’Intransigeant quotidien fait parfaitement, sans image…

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ou presque…

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Seconde étape du Tour 36: Lille-Charleroi; 192 kilomètres, arrivée en Belgique où le local Wierinckx l’avait emporté et où le Français Archimbaud avait ravi le maillot jaune à Egli.

Que retenir de plus de cette revue de presse du 9 juillet ?

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En Ethiopie, le Duce essaie de se créer un empire colonial pour ne pas être en reste et faire de l’Italie fasciste, une grande puissance. Les Italiens ont vraiment du mal face aux soldats d’Haïlé Sélassié, avec la mort de ces aviateurs italiens massacrés par les Ethiopiens.

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Le (petit) KIOSQUE DE PRESSE de l’été 36: le 8 juillet 1936

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Le seul quotidien L’Intransigeant dans le kiosque de ce 8 juillet 1936. Le Tour vient de partir de Paris en direction de Lille.  Une première étape de 258 kilomètres. Un joli Paris-Roubaix au mois de juillet.
Pelos qui officie autant dans le quotidien que dans le supplément sportif de ce journal a croqué le départ de la Grande Boucle:

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On reconnait à gauche Henri Desgranges et à droite Jacques Goddet.

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On peut lire en première page le film de l’étape, remportée par le routier suisse Egli.

En page intérieure, une grande photo aérienne du passage du peloton, à la sortie de Paris, sur le pont de Pontoise:

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La course est partie !

On peut lire qu’en Alsace se sont déroulés de très violents orages dévastateurs.

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En Haute-Alsace, une voie ferrée a été emportée.

Cet épisode orageux va se poursuivre demain, comme on le verra.

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LE CANARD ENCHAÎNÉ du 11 novembre 1970 est bien plus sage que la une d’HARA-KIRI.

Le 11 novembre 1970, c’était le 62ème anniversaire de la Victoire. Mais c’était aussi 2 jours après la disparition du Général De Gaulle. On trouve de nos jours sur les vide-greniers tous ces journaux et magazines qui firent pour l’occasion des unes sensationnelles. Plus rare est ce numéro du Canard Enchaîné qui dût certainement transformer à la va-vite sa première page  pour coller à l’actualité.

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Les 2 canards qui se renvoient la réplique en encadrant le titre…

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font allusion à une expression de De Gaulle qui avait « traité » les Français de veaux lors de l’une de ses conférences de presse.

C’est André Ribaud qui écrit un éditorial finalement assez respectueux sous ce titre:

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En voici la teneur:

Le Roi mourut à Colombey le 9 novembre au soir, sur les sept heures, peu de jours avant d’atteindre ses 80 ans. On différera jusqu’au lendemain d’annoncer la nouvelle au monde, comme si on eût espéré encore qu’un miracle pût le ressusciter. Puis tout fut dit. Les médecins publièrent que le Roi était mort d’un malaise de cœur. Qui sait si ce ne fut point, plus sûrement, de mélancolie et de délaissement ?

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Il avait vécu pour gouverner l’État et l’avait gouverné sans frein pendant longtemps. Depuis que l’État s’était dérobé à lui, il ne faisait en vérité que survivre. Sans doute s’était-il raidi, après son abdication, à paraître soulagé, dispos, curieux de voyages, disert en mémoires, sinon en propos ou en discours. Mais on devinait, à des signes, que c’était pour la montre et pour donner le change du sourd chagrin qui l’envahissait. Le Roi voyait peu à peu l’oubli s’épaissir autour de lui. Le bruit s’assourdissait. La Cour, les ministres avaient cessé de s’apercevoir du vide qu’il avait fait en s’en allant. Il formait à Colombey une statue du Commandeur mais dont la pierre, à mesure, s’effritait et qui n’inspirait plus qu’une frayeur, même une considération chaque jour, chaque mois plus délitées.

Le 4 novembre, sa fête privée avait été célébrée sans que, pour la première fois, pas une gazette en fit mention. Le grand vacarme fait à la parution du premier tome de ses nouveaux « mémoires » était retombé d’un coup, brusquement, après quelques jours. Rien ne semblait plus envelopper le Roi qu’une morne indifférence et qu’un désintérêt public. Le 9 novembre, par un triste soir d’automne, le roi se retira soudainement du monde qui s’était déjà lentement retiré de lui.

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Il avait, pendant sa vie, régné, gouverné, fasciné, frappé les esprits et les imaginations, par la surprise. C’est par surprise aussi qu’il mourut, conformément à son génie profond. Mais la suprême surprise qu’il réservait au monde fut posthume. C’est dans les dispositions qu’il avait prises pour ses obsèques qu’il la fit éclater. Jamais mieux que dans ce peu de mots irréfragables, le Roi ne fait sentir et admirer par beaucoup l’immensité et la force, en même temps que la simplicité et le dépouillement de son orgueil. D’un coup d’épée, il traversait et renversait tous les plans publics pour ses obsèques : point de grandes funérailles, de grands flambeaux, de grandes oraisons. Comme il n’était plus le premier à Paris, le Roi ne voulut être enterré que comme le premier à Colombey. C’est du bout des lèvres, avec condescendance et commisération, même avec un peu de répugnance qu’il acceptait que ce qui gouvernait l’État après lui accompagnât son cercueil et lui fit l’honneur d’un peu de larmes.

La première stupeur passée, après cette mort subite, le Régent prescrivit à la Cour et à l’État de prendre le grand deuil, puis tint Conseil d’En-Haut à l’extraordinaire, où il fit part des dernières volontés du Roi, dont il se trouvait être le dépositaire, non point parce qu’il était présentement le Régent, mais parce qu’il avait été jadis le conseillé privé du Roi. Les membres du Conseil eurent qu’à acquiescer, puis tous marquèrent leur immense douleur publique. Quand ils quittèrent la salle, la fiction se glissait sur tous les visages, mais le soulagement surnageait sur plusieurs. C’en était fini de la peur du jugement du Roi, de son silence, parfois si parlant. Quelques-uns qui redoutaient que le Roi leur fût cruel dans la suite de ses « mémoires », savaient maintenant peu l’ouvrage resterait à jamais inachevé.

Le Roi mourut sans le Régent, depuis qu’il ne lui avait succédé, l’eût revu vivant, ni sans que les ombres qui s’étaient élevées entre eux, avant et après les événements de la Succession, se fussent dissipées. Le « duel », comme on appela parfois leur querelle, été tranché, pour toujours.

C’est remarquablement écrit, c’est critique envers le pouvoir pompidolien et les ministres mais vis à vis de de Gaulle, « le Roi », on est loin de la une d’Hara-Kiri « Bal tragique à Colombey- Un mort ! » qui vous a été présentée dans ce blog, le 16/11/2014 et qui valut la suspension définitive de cet hebdo.

(voir  https://unmondedepapiers.com/2014/11/16/larticle-qui-aur…en-novembre-1970/)

En parlant de bal tragique, le vrai, celui du 1er novembre 1970 à Saint-Laurent-du-Pont avec la destructions du 5-7, le dancing à la mode de la région, en page 3, Le Canard Enchaîné commence à dévoiler les irrégularités qui ont entraîné cette catastrophe.

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Suivant cet article, Pompidou aurait passablement enguirlandé ses ministres : Marcellin celui de l’intérieur à cause de ce dancing ouvert jusqu’à 2 heures du matin alors que le Préfet de l’Isère ne savait même pas qu’il était ouvert, Chalandon celui de l’Equipement et du Logement car le dancing n’avait pas reçu de permis de construire, Duhamel celui de l’agriculture car le dancing n’avait pas d’eau, Galley celui des PTT car le dancing n’était relié au réseau téléphonique… ce qui fait conclure au journaliste à l’adresse du Président: « Alors qu’est-ce que c’est que ces ministres et qui s’est avisé de les choisir ? ». La chienlit aurait dit De Gaulle !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 12 mars 1916

 

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(JOUR 587 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

En première page, encore une photo d’une réception militaire. En pleine bataille de Verdun, on nous montre la remise de la croix de guerre à un régiment de chasseurs à pied. Avec une photo et une cérémonie qui semblent dater de l’été dernier ou de l’automne !

Par contre, à l’intérieur, plusieurs pages qui relatent cette grande bataille qui vient de s’engager. En double page centrale, enfin une carte des lieux:

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Une carte sur laquelle on peut lire des noms qui deviendront célèbres: Vaux, Douaumont… comme sur ce détail agrandi:

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Une page à l’italienne de Quelques unes des localités attaquées du 23 au 27 février:

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Malancourt, la côte de Talon, Manheulles, Beaumont, Hennemont, Eix-Abaucourt, Eix. Des images d’archives des temps heureux. Malancourt qui abritait 723 habitants avant guerre n’en comptait plus que 101 en 1921, une saignée dont le village ne se remettra plus jamais: 75  habitants de nos jours !

Les autres villages ont connu le même sort:

Manheulles: 311 habitants en 1911, 134 en 1921 (143 à notre époque)

Hennemont: 337 habitants en 1911, 96 en 1921 (114 à notre époque)

Eix: 623 habitants en 1911, 132 en 1921 (257 à notre époque)

Beaumont en Verdunois: 186 habitants en 1911, « village mort pour la France »

Le hameau de Eix-Abaucourt fait partie du village de Abaucourt-Hautecourt.

Un paysage panoramique et 2 photos de destructions importantes sur cette autre page:

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Les ruines impressionnantes de Fresnes-en-Woevre dont la population passera de 655 habitants en 1911 à 393 en 1921 (726 à notre époque ce qui tend à prouver que le village s’est remis de cette catastrophe).

 Toujours Verdun avec une page sur les Allemands qui ont dirigé l’attaque. 

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Entre les 2 militaires peu attentifs à l’étiquette: de gauche à droite, le Kaiser Guillaume, le Kronprinz son fils avec son casque des hussards de la mort un peu ridicule et le fils de ce dernier, le prince Oscar. En dessous:

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des chefs militaires: le général Deimling, le feld-maréchal von Haeseler  et von Beseler.

Le titre semble sous-entendre que l’attaque est terminée alors que les combats vont durer 9 mois encore.
Autres sujets hors-Verdun: des parlementaires monténégrins et autrichiens se rencontrent…

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Pour mieux préparer la suite, les monténégrins s’apprêtent à signer un armistice tandis que les paysans se livrent à des actions de guérilla.

Le croiseur auxiliaire « Provence-II » vient d’être coulé en Méditerranée:

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Des vues du croiseur, de l’embarquement le 23 février 1916 à Toulon, à bord et pas d’image de cette attaque qui fit 1 100 victimes sur 1 700 hommes. Cet ancien paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique avait été transformé en transport de troupes. Les hommes appartenaient au 3ème Régiment Colonial qui partait pour Salonique. L’attaque d’un sous-marin allemand U-35 stoppa le voyage et la vie d’un millier d’hommes le 26 février 1916 au large du cap Matapan, à l’extrême sud du Péloponnèse. Le grand navire sombra en 17 minutes ce qui empêcha bon nombre d’hommes de s’échapper. Des hommes qui n’avaient pas de gilets de sauvetage car ceux-ci manquaient cruellement.

Pour terminer sur du plus léger, encore une vue des chiens d’Alaska pour tirer des traineaux dans les Vosges:

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AVIGNON 1900: un ÉBOULEMENT et un INCENDIE.

Deux photographies datant de 1900 sur Avignon, bien qu’aucune indication géographique ou temporaire soit inscrite au dos.

Un éboulement d’une maison.

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Des hommes sont à la recherche de quelques objets à récupérer. Manifestement, c’est la vétusté de l’habitation qui a entraîné cette catastrophe.

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Un incendie qui a détruit complètement une autre maison.

Les pompiers noient les décombres pour éteindre les dernières flammes.

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L’homme au jet.

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Les autres sauveteurs dont un militaire. Les pompiers étaient des militaires à l’époque.

Deux drames… deux histoires dont on aimerait en savoir plus !

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