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CADEROUSSE: OCTOBRE 1942: La FABRIQUE de BALAIS MATHON.

Caderousse fut longtemps la Capitale du Balais, le vrai, celui utilisé par les sorcières pour voler au-dessus de l’île de la Piboulette quand elles s’échappaient du château aujourd’hui détruit.

Plus sérieusement, le balai en paille de sorgho, celui des balayeurs des grands boulevards de Paris ou de Marseille. On comptait de nombreuses fabriques et il n’est pas rare de trouver sur delcampe, une facture plus ou moins ancienne datant de l’âge d’or du balai caderoussier.

Mes parents travaillèrent dans des fabriques et, à sa retraite de la Poste, mon grand-père, lui aussi fit quelques extras dans un atelier.

Voici deux photos de l’atelier MATHON où mon père travailla en 1942. Au dos de la photo est écrit octobre 1942 mais avec un petit doute tout de même tant la tenue des travailleurs fait plutôt penser au mois d’août qu’à un quelconque été indien:

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Mon père a bien entendu donné un nom aux visages de la photo. En partant de la gauche vers la droite:

Gonner- Rossi (second plan)- Adrien Guérin- Yvette Chalas- Robert Berthet- Paul Mathon le patron avec l’âne Pomponne (surement une ânesse)- Paule Roche et Jacques Chaume- De Fever.

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Sur cette seconde photo prise au même moment et au même endroit, dans un champ où se ramassait la paille…, on peut reconnaître, toujours de gauche à droite, debout:

Rossi (au regard lointain)- Albert Deyren- Gonner- Marguerite Constance (Chauvet)- Berthet- Paul Mathon et Pomponne l’âne- Yvette Chalas- Jacques Chaume (casque colonial) et Mathon le patron.
Au premier plan Adrien bien sûr avec un autre vrai casque colonial qui est à la maison, aujourd’hui utile pour les Carnavals et De Fever, un ancien pâtissier.

Mon père était âgé de 17 ans à l’époque si la date au verso est exacte. Le groupe semblait vivre dans une bonne ambiance, loin des tourments de l’époque !

Il reste à Mornas et Lapalud une dernière fabrique de balais vauclusien qui eut l’honneur de reportages de presse tant cela semble appartenir au passé.

voir le site http://www.j-aime-le-vaucluse.com/-les-balais-de-lapalud avec d’intéressantes photos de jadis.

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A CADEROUSSE, scènes paisibles de la vie au bord du PETIT RHÔNE à POPOL PLAGE !

Quelques photographies gardées par mes grands-parents montrant des scènes d’une vie tranquille au bord du Rhône au niveau de Caderousse. Le petit Rhône, celui qui frôle les digues construites après 1856.

Pêche et balade en barque sur ces photos bistres que le grand-oncle Séraphin dont a déjà parlé (l’ancien séminariste, l’ancien artilleur alpin de la Grande Guerre) était capable de développer lui-même. Dommage qu’on n’ait pas retrouvé plus de photos à la succession de sa fille !

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La PÊCHE

Séraphin l’employé de banque semble apprendre à pêcher avec sa fille Georgette (avec chapeau blanc) et son neveu, Adrien, mon père qui tient la canne.

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LA BALADE EN BARQUE

C’est Henriette Coursan, son épouse qui est debout sur la barque. avec mon père et sa fille Georgette. Plus une photo pour la pose que le départ d’une aventure !

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Sur une passerelle de fortune avec un groupe d’enfants et les 3 belles-soeurs, les épouses des 3 frères Guérin. Si l’on voit Adrien en blanc et noir, les autres enfants sont des copains du village.

Les 3 belles-soeurs donc sur cette photo de la plage du côté île de la Piboulette:

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soit en détail, de gauche à droite:

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Paulette l’épouse de Léonce, le plus jeune des frères, Philine, ma grand-père, épouse de Gabriel avec son petit Adrien tout près d’elle, Henriette l’épouse de Séraphin et sa fille Georgette, l’aînée de la génération suivante que l’on voit mieux sur cette vue, dans le même secteur, manifestement le même jour:

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Un Rhône bien calme qui pouvait (et peut toujours) se fâcher si fort !

Pour terminer, une vue sur la berge au pied des digues entourant le village:

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avec  la famille sur des anciens gradins de cette plage provisoire qui semble-t-il était appelée Popol Plage, du nom du propriétaire de cette guinguette, Paul Itier.

Des jours heureux datant de septembre 1933.
Des jours heureux qui en annonçaient de bien plus noirs car Henriette devait décéder de la tuberculose moins de 5 ans après cette prise de vue !

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CADEROUSSE: le DÉFILÉ de l’HARMONIE pour la FÊTE de la SAINT-MICHEL en 1950

A Caderousse, les fêtes patronales se déroulent pour la Saint-Michel, à la fin du mois de septembre.   Certes, une année, on essaya d’avancer les festivités au mois d’août mais le ciel se fâcha en laissant tomber un orage dantesque qui inonda tout. L’expérience tourna court et ne fut plus renouvelée.

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A lire l’article A Caderousse-(sous)-les eaux… du 20 mai 2014.

Deux cartes postales datant de la Saint-Michel 1950 montrent un défilé qui vient de parcourir les rues du village et tourne en face de la porte d’Orange dans le cours Aristide Briand où sont installées les attractions foraines.

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L’harmonie de Caderousse précède un groupe folklorique avec enfants, hommes et femmes en tenue provençale, peut-être les Enfants d’Arausio.

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Mais revenons sur la première vue en agrandissant le groupe de musicien:

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On voit que l’harmonie est composée d’un tambour, 3 trombones, un violon, 3 trompettes et un saxo. Le quatrième musicien en partant de la gauche, en tenue claire, est mon père Adrien, musicien lisant le solfège et qui participa à cette harmonie jusqu’à ce qu’il dût partir dans la Drôme pour mutation professionnelle.

L’harmonie faisait les défilés et animait les bals de la région, autant en Vaucluse que dans le proche Gard et même jusque dans la Drôme puisque j’ai entendu parler qu’elle avait fait danser jeunes et moins jeunes pour  la fête de La Bégude de Mazenc.

Une photo montre la suite du défilé de la Saint-Michel 1950 dans le cours, devant les baraques.

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Mon père a pu mettre un nom sur les visages des musiciens.
En partant de la droite vers la gauche, il a reconnu Mondon (premier trombone), Bourgeois (au tambour), lui-même (trombone), Jean Vaton (à la trompette), Morbet (avec le trombone relevé), Albin Aubépard (au violon), Rolland Babiol (au saxo) sans oublier Jean Aubépard (caché par son frère au violon et qui joue de la trompette).

Pour finir sur le même sujet de l’harmonie municipale de Caderousse, une autre vue de celle-ci

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non datée mais certainement antérieure aux précédentes (entre 1945 et 1949) avec Adrien toujours au trombone, 4ème à partir de la gauche et certainement son père (mon grand-père) Gabriel à la grosse caisse. La photo a été prise sur la place Jean Jaurès, devant la maison familiale. On voit la boucherie de « Major » (Reynaud) le beau-père de Léonce, le petit frère de Gabriel, Léonce qui plus tard reprendra ce commerce et deviendra boucher lui qui avait une formation de… menuisier.

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CADEROUSSE (Vaucluse): le PARCOURS MILITAIRE de GABRIEL GUÉRIN pendant la SECONDE GUERRE MONDIALE

Gabriel a été rappelé par l’Armée le 23 août 1939, quelques jours avant la déclaration de guerre du 3 septembre. Il ne rejoindra pas le 6ème G.C.C. (les Chasseurs Cyclistes) comme en avril de la même année mais le CSM 151 à Orange. Ancienneté oblige ?

Il ira ensuite à Marseille dans le Dépôt de Guerre 151. Le voilà posant dans la cours de la caserne Decanis le 7 décembre 1939.

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Située entre la Blancarde et Saint-Barnabé, cette caserne est devenue un lieu culturel marseillais. Les hasards de la vie ont fait que deux de ses arrières-petites-filles posèrent au même endroit en avril 2004 avec Didier Drogba à la sortie d’une émission  dans les studios d’OM TV !

LA BRÈVE DANS L'EQUIPE MAGAZINE DU 30/10/2004

UNE BRÈVE DANS L’EQUIPE MAGAZINE DU 30/10/2004

Une autre vue de ce séjour marseillais pendant la Drôle de Guerre, avec cette partie de carte très pagnolesque à l’hôpital Montalivet, certainement pour ce conseil de révision du 9 décembre 1939 qui reconnaît Gabriel bon pour le service armé. Commentaire en désaccord avec la date écrite au dos (31 mars 1940) qui ne correspond en rien au parcours de Gabriel suivant son livret militaire… que l’on va lire ci-dessous

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Gabriel second à partir de la droite.

Dans son livret militaire…

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on peut suivre le parcours assez détaillé de Gabriel mais assez incompréhensible avec tous les sigles pour désigner les unités: CSM 151, FTA, 302 Bie du 406ème DCA, COA de DCA, 79ème Groupe de 405ème DCA…

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Toujours est-il qu’il quitte Marseille pour aller en renfort de la FTA (?) le 17 décembre 1939 avec à la clef une affectation à la 302ème batterie du 406ème DCA  à Chartres. Bien loin là encore de l’est et du nord de la France.

Toujours à Chartres, ce sera ensuite le COA (?)-DCA le 16 mars 1940 puis l’Etat-Major du 79ème groupe du 405ème RADCA le 13 mai, 3 jours après le début de la vraie guerre, l’attaque allemande. Gabriel étant titulaire d’un permis de conduire une automobile depuis quelques années, on l’a vu dans un article précédent…

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il pilote le commandant de l’unité puis ensuite un camion lors du recul de l’unité.

La suite de la campagne de France pour ce régiment d’artillerie de DCA est racontée par 9 photographies ramenées lors de son repli de Chartres jusqu’à Rodez, via Nevers. Les photos ayant été annotées au dos, cela facilite la lecture chronologique:

NEVERS 10 JUIN 1940

NEVERS 10 JUIN 1940

Gabriel 2ème à partir de la gauche.

NEVERS 13 JUIN 1940

NEVERS 13 JUIN 1940

Gabriel debout sur le sol, 3ème à partir de la droite

 

NEVERS 13 JUIN 1940

NEVERS 13 JUIN 1940

Gabriel debout, 1er à droite

Après Nevers, le groupe entre dans le Massif Central, à Aubière (Puy-de-Dôme, banlieue de Clermont-Ferrand) le 19 juin 1940, le lendemain de l’Appel de De Gaulle:

AUBIÈRE 19 JUIN 1940

AUBIÈRE 19 JUIN 1940

AUBIÈRE 19 JUIN 1940

AUBIÈRE 19 JUIN 1940

Gabriel 2ème à partir de la gauche (en haut) et 1er à gauche (en bas)

Avant dernière étape avant que l’unité ne rejoigne Rodez, Salles-la-Source et la cascade…

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Gabriel 1er à gauche

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Gabriel 1er à droite

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Gabriel 1er à droite

le 29 juin 1940, alors que l’Armistice vient d’être annoncé il y a quelques jours.
C’est dans cette ville de Rodez que Gabriel sera rendu à ses terres et à la vie civile le 12 juillet 1940.
Il rejoignit Caderousse définitivement.

Des papiers de démobilisation avec des questions des quelques francs de compensation:

CERTIFICAT DE DÉMOBILISATION DU CANTON DE RODEZ

CERTIFICAT DE DÉMOBILISATION DU CANTON DE RODEZ

EXTRAIT DU TEXTE DU CORROBORE LE LIVRET MILITAIRE

EXTRAIT DU TEXTE DU CORROBORE LE LIVRET MILITAIRE

AU DOS LA RÉGULARISATION

AU DOS LA RÉGULARISATION

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CADEROUSSE (Vaucluse): le SERVICE MILITAIRE de GABRIEL GUÉRIN dans l’ENTRE-DEUX-GUERRES

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Gabriel, né le 25 février 1901 échappa de peu à la Grande Guerre qui avait pris son père et 3 ans de la vie de son frère aîné. C’est en 1921 qu’il porta peut-être un ornement semblable à celui-ci trouvé sur un marché de l’occasion, lors de son passage en conseil de révision en Avignon. On le voit sur cette photo prise lors de cette première période militaire dans la préfecture du Vaucluse.

LE CONSEIL DE RÉVISION

LE CONSEIL DE RÉVISION

On reconnaît mon grand-père assis, premier à partir de la gauche, à la terrasse d’un bistrot. Pas vraiment ravi d’être là, contrairement à d’autres !

Son livret militaire a été bien conservé et raconte assez précisément son parcours au service de la France en oubliant quelques éléments importants.

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Après le conseil de révision, Gabriel sera déclaré apte bien que manquant de « force »… et ne sera appelé sous les drapeaux qu’en 1923, le 15 mai précisément, au 6ème Groupe de Chasseurs Cyclistes.

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A l’époque, il existait des Chasseurs à Pied, des Chasseurs Cyclistes et plus connus et ayant résisté aux restructurations militaires, des Chasseurs Alpins. Ces unités cyclistes utilisaient des bicyclettes pliantes qui pouvaient être portées dans le dos à l’approche de l’ennemi.

EXTRAIT DU CERTIFICAT DE BONNE CONDUITE

EXTRAIT DU CERTIFICAT DE BONNE CONDUITE

Cela leur permettait de se déplacer rapidement, de pouvoir passer rapidement en mode combattant sans connaître les inconvénients de l’entretien d’un cheval. Seul problème (et de taille !) pour les hommes, ils allaient souvent à pied et la présence d’une pédale dans le creux de leurs reins qui leur lacérait rapidement les chairs rendait les marches très pénibles. N’oublions pas d’ajouter qu’à l’équipement militaire « classique » de biffin, il fallait ajouter les 13 kilos de l’engin !

Pas de photo de Gabriel en cycliste mais cette photo en studio:

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Seul oubli du carnet militaire, le lieu de garnison de ce 6ème G.C.C. mais c’est le certificat de bonne conduite qui nous répond: Lyon.

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Le service militaire de Gabriel prit fin le 7 mai 1924, un an après son incorporation, toujours militaire de seconde classe mais doté de ce certificat de bonne conduite.

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Les événements internationaux allaient lui faire revêtir à nouveau la tenue militaire en 1939. Devant la menace nazie, l’armée le rappela dans un premier temps du 12 au 19 avril 1939 toujours au 6ème G.C.C. pour une « période » puis à partir du 23 août 1939 alors que les menaces de guerre s’accentuaient  et qu’il était âgé de 38 ans.

La seconde guerre fut officiellement déclarée, pour la France, le 3 septembre 1939.

A l’occasion d’une permission à Caderousse, il posa seul…

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devant leur maison à l’angle du cours Gabriel Péri et de la rue Albin Durand…

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avec sa femme Philine…

son fils Adrien alors âgé de 14 ans (le petit enfant est Pierre Guérin fils de Louisa, des cousins éloignés mais voisins de quartier)…

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Lequel Adrien revêtit pour la seule fois de sa vie une tenue militaire, sa classe (1945) étant la seule dispensée de service militaire au sortir de la guerre !

La maison de Gabriel, Philine et Adrien en mai 2015…

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pour voir que rien n’a vraiment changé le long de ce mur est où ils posèrent…

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Un autre extrait du Certificat de Bonne Conduite avec un peloton de chasseurs cyclistes roulant à côté de chasseurs à pied.

à suivre….

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Un ÉTÉ avec Mr JUJUBE du PROVENÇAL.

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Mr Jujube, c’est ce petit bonhomme qui tous les jours (sauf le dimanche) était le héros dans une petite histoire en 2, 3 ou 4 dessins. Cela était publié dans Le Provençal, le quotidien (socialiste, propriété de Gaston Defferre) de Marseille et de la Provence. Son dessinateur JAF de son vrai nom Edmond Guérin, officia longtemps dans ce journal.

Unmondedepapiers présentera tous les matins d’été une bande parue à partir du 6 mars 1972 dans les journaux que mes grands-parents avaient conservés dans l’ancienne cuve, journaux qui se sont très bien conservés, pas une trace d’humidité.

Des histoires et un humour un peu vieillots, souvent dépassés, parfois encore d’actualité…

Voici comment  Le Provençal annonça le retour de M. Jujube (après dans, il était initialement écrit Le Provençal à partir du lundi 6 mars !).

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Jaf semble avoir fait ce second dessin spécialement pour le blog, rien n’a été gommé ou ajouté. C’était l’annonce du retour de M. Jujube un autre jour précédant ce fameux 6 mars.

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A demain…

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ELIE BOISSEL, un autre grand-oncle, poilu de CADEROUSSE, blessé de guerre.

Après le parcours du Poilu de la Grande Guerre Séraphin Guérin chez les Artilleurs Alpins que l’on a évoqué par une série d’articles, voici un second grand-oncle, Elie Boissel qui passa un nombre important d’années sous les drapeaux pendant ce même conflit mondial.

Séraphin Guérin était le frère de mon grand-père paternel Gabriel, Elie était le frère de son épouse Philine.

Le voici en fin de guerre, sur une carte envoyée à sa soeur, datée du 18 mai 1919 depuis Mayence…

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ce qui tend à prouver qu’il participa avec son régiment, à l’humiliante occupation de l’Allemagne vaincue pour forcer les dirigeants allemands à accepter les clauses du Traité de Versailles, occupation que le peuple allemand considéra comme un affront.

Sa fiche matricule des Archives numérisées du Vaucluse nous apprend pas mal de choses sur son parcours militaire, à commencer par le fait que, né en 1892 (le 20 mars), il rejoint son régiment, le 173ème RI en octobre 1912 et enchaîna ainsi à sa période militaire des 3 ans réglementaires, plusieurs années de guerre, puisqu’il ne sera libéré que le 23 août 1919. Soit la bagatelle de 7 années d’armée !

Incorporé donc au 173 ème Régiment d’Infanterie à Sartène dans le sud de la Corse, lui aussi fera un joli voyage, il va connaître tous les combats de son régiment et deviendra caporal le 18 juillet 1915 puis sergent le 11 juillet 1916.

Le voici posant avec un groupe de ses camarades d'(in)fortune…

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sans qu’on puisse dire où et quand cette photo montée en carte postale a été prise puisque rien n’est écrit au dos et que la carte n’a pas voyagé. Elie Boissel est assis, premier homme à partir de la droite.

Il sera blessé au nord de Verdun, dans le secteur de la ferme des Chambrettes (Ornes), le 23 janvier 1917. Voici ce qu’écrit le site http://chtimiste.com/batailles1418/divers/historique173.htm pour cette période qui nous intéresse:

Le 21 décembre, le régiment est relevé sur la côte du Poivre par le 12e régiment d’infanterie. Embarqué en camions, il est transporté dans la région Erize-Saint-Dizier et Rozières-devant-Bar où il stationnera jusqu’au 15 janvier inclus. A cette date, il est de nouveau transporté à Verdun.

Du 17 janvier au 31 mars 1917, le régiment occupera les secteurs suivants :

Secteur de la ferme des Chambrettes, du 17 janvier au 4 février.

Secteur du bois des Caurières, du 5 février au 31 mars.

Le séjour sur ces positions est marqué par des bombardements d’une extrême violence par obus de gros calibre et par torpilles.

Des tentatives journalières sont faites par l’ennemi à la suite de ces bombardements en vue d’entamer nos lignes. Malgré les pertes subies, malgré la violence du tir d’artillerie, le régiment les repousse et maintient intacte notre position.

Le registre matricule donne plus de détails sur la nature de cette blessure:

plaie région deltoïdienne droite, avant-bras droit, index droit par éclat d’obus.

La blessure correspond bien aux événements subis par l’unité au combat.
On retrouve donc Elie à l’Hôtel-Dieu de Lyon où il sera soigné du 23 janvier au 22 mai 1917, 4 mois pleins, une blessure loin d’être anodine ! Voici une carte qu’il envoya à sa soeur datée du 2 avril:

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On le reconnaît, 3ème à partir de la gauche, entouré d’autres blessés de cet hôpital lyonnais. Il gardera des séquelles de cette blessure et recevra une pension d’invalidité de 10% réévaluée à 15% par la suite, une fois rendu à la vie civile.

Il exercera par la suite le métier de facteur et aura 2 enfants avec son épouse Marie: Elise et Paul qui ont eu tous deux des descendants à Caderousse pour Elise et à Vacqueyras pour Paul.

Elie Boissel décèdera assez jeune en 1940 (58 ans) d’une maladie grave. Sa jeunesse gâchée par ces années de guerre n’est peut-être pas étrangère à ce mal.

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Elie Boissel prématurément vieilli.

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CADEROUSSE: Rue PIED GAILLARD- La maison de famille des GUERIN hier et aujourd’hui

INONDATION RUE PIED GAILLARD CADEROUSSE

INONDATION RUE PIED GAILLARD CADEROUSSE

Une photographie d’une inondation en 1907, à Caderousse, rue Pied Gaillard.
Les eaux d’infiltration et celles tombées du ciel que les pompes ne peuvent pas renvoyer en dehors des digues ont envahi les rues du village sur quelques centimètres. Les digues sensées protéger jouent ici un rôle inverse de celui qu’elles devraient en empêchant les eaux de s’écouler au dehors. Ce phénomène s’est produit en décembre 2003 à Arles d’une manière beaucoup plus catastrophique dans plusieurs quartiers.

Les habitants ont mis des madriers sur des parpaings pour pouvoir circuler les pieds à sec.

A gauche, la famille Guérin pose avec ses voisins: le père Adrien que l’on retrouvera 7 ans plus tard du côté de la Pompelle

ADRIEN GUÉRIN RAPPELÉ EN 1914 À LA POMPELLE

ADRIEN GUÉRIN RAPPELÉ EN 1914 À LA POMPELLE

rappelé par l’armée, ce qui lui coûtera la vie.

La mère Léonie née Radelet que l’on retrouve la même année avec ses 3 enfants:

LES 3 FRÈRES GUÉRIN ET LA MÈRE LÉONIE

LES 3 FRÈRES GUÉRIN ET LEUR MÈRE LÉONIE

dont les 2 plus grands (Séraphin et Gabriel) apparaissent aussi sur les planches.
Léonie avec ses petits enfants…

LÉONIE ET SES PETITS-ENFANTS

LÉONIE ET SES PETITS-ENFANTS

Georgette et Adrien (enfants respectifs de Séraphin et Adrien) dans les années 30.

Quant à la maison de famille, elle a été vendue après la disparition de celle-ci pendant la seconde guerre.
Une vue de la restauration réussie faite par les propriétaires actuels des lieux:

LA MAISON DES GUÉRIN DE 1907 TELLE QU'ELLE A ÉTÉ RESTAURÉE PAR SES NOUVEAUX PROPRIÉTAIRES

LA MAISON DES GUÉRIN DE 1907 TELLE QU’ELLE A ÉTÉ RESTAURÉE PAR SES NOUVEAUX PROPRIÉTAIRES

Avec toujours ce mur de la cour intérieure en biais par rapport à l’alignement des maisons sur la rue.

La vue de cette rue Pied Gaillard en 2015, la photo prise à peu près au même endroit que 108 ans auparavant, les madriers et l’eau en moins, les murs à restaurer semblables…

rue pied gaillard horizontaleINONDATION RUE PIED GAILLARD CADEROUSSE

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CADEROUSSE: le CHÂTEAU de la PIBOULETTE hier et aujourd’hui.

Entre le Grand Rhône baignant la rive droite ardoise de la commune de L’Ardoise et le Petit Rhône proche de Caderousse, existait jadis l’île de la Piboulette, avant que les aménagements par la CNR de la chute de Caderousse la coupe en deux et ne fasse disparaître son caractère ilien.

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On en voit une partie sur cette carte issue du rouleau de marinier déjà évoqué. Au coeur de l’île, le château de la Piboulette où Paul Puliet, le père de ma mère exerça son métier de garde-forestier  et amena  avec lui sa famille Ménard dans le Vaucluse après avoir séjourné au château de Barbentane dans les Bouches-du-Rhône.

Cette photo montre le château tel qu’il était juste après le Seconde Guerre.

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Une bien belle résidence, pas forcément un château contrairement à son nom, mais un pavillon de chasse assez vaste pour accueillir les convives invités par son bâtisseur, Monsieur de Lafarge. L’île de la Piboulette était alors fortement boisée et très giboyeuse. Ce n’est qu’après la Grande Guerre qu’elle devint agricole. Il existait même une chapelle où étaient célébrés quelques offices par le curé de Caderousse (1).Malheureusement ce château connut un incendie, il y a quelques années qui ravagea son corps principal. Le propriétaire des lieux n’a pas encore entrepris  la restauration attendue. Vous pouvez essayer de comparer la vue ancienne avec les photos récentes.

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Photos prises en mars 2014. Par rapport à la vue ancienne, la toiture ayant disparu, on peut faire correspondre les fenêtres, les squelettes des cheminées, le corps de bâtiment avancé, le balcon à droite de l’avancée, la tour semi-circulaire de gauche…

Actuellement les bâtiments restants sont occupés par un Groupement Forestier qui exploite les bois de l’île.

Beaucoup plus intéressante cette vue d’inondations et de ravitaillement en barque:

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On y reconnaît Paulette Santiago née Ménard, la soeur aînée de ma mère assise à côté de celle-ci sur la barque, mon père avec un sac de provisions (ou un sac postal, car facteur à Caderousse à cette époque, il devait porter le courrier, même en barque quand le Rhône se fâchait) et le mari de Paulette, Maxime (Moreno) Santiago.

Maxime et Paulette étaient aussi employés au château comme ouvrier agricole et cuisinière du régisseur. Ils devaient vivre dans ses bâtiments annexes qui existent toujours. Voici une vue actuelle de cette aile du domaine, prise au même endroit que le photographe de l’époque, les pieds au sec cette fois.

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On constate qu’il ne devait y avoir qu’une trentaine de centimètres d’eau, de quoi devoir se déplacer en barque ou se mouiller les pieds tout de même et rendre inhabitable pendant quelques temps les pièces au rez-de-chaussée. De quoi aussi vivre quelques émotions quand il s’agissait de rejoindre la berge vauclusienne, même s’il ne s’agissait que de  ne traverser que le Petit Rhône. Quant à aller vers la berge gardoise à travers le Grand Rhône, c’était bien plus périlleux !

Une vue de ces bâtiments annexes en 2014…

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et des repères de crue du Rhône, souvenir des crues exceptionnelles…

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celle du printemps 1856 (31 mai 1856) qui vit Avignon et Caderousse sous les eaux et incita le pouvoir impérial à pousser à la construction de digues après la visite de Napoléon-le-Petit dans la vallée du Rhône puis de la Loire aussi touchée, et celle de 1994, moins connue mais également impressionnante.

Une autre vue ancienne…

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celle de l’oncle Maxime s’essayant à l’équitation sur un petit équidé, avec semble-t-il sa petite belle-soeur Jacqueline dans les bras, certainement dans la cour des dépendances du château de la Piboulette, peut-être le bâtiment le plus clair, à gauche.

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Une cour dans laquelle se trouvait aussi la fontaine.

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Ces deux vues anciennes de la même collection familiale posent problème .

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Au dos: « Parc du château »

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Au dos « Derrière du château ».

Elles sont liées entre elle par le même numéro de série et par la même écriture. Ce ne peut être le château de la Piboulette pris d’un angle de vue original. Barbentane ? ou un autre lieu où le grand-père inconnu Paul Puliet posa ses valises et sa famille? ou un domaine où Paulette et Maxime furent employés dans leur jeunesse? Ils ne sont plus là pour donner des informations !

Mais si une personne reconnaît ce lieu, qu’il ne se gène pas à fournir des indications pour compléter cet article.

(1) d’après Paul Marquion dans le  Bulletin des Amis d’orange  du second trimestre 1971.

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Le PERMIS DE CONDUIRE de GABRIEL GUÉRIN obtenu en 1936.

Un vieux papier familial qui a pas mal vêcu: le Permis de Conduire de mon grand-père Gabriel Guérin.

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Il a été délivré le 27 janvier 1936 par le Préfet du Vaucluse alors que Gabriel allait avoir 35 ans. Ce permis ouvrait le droit de conduire uniquement des automobiles à son possesseur. En haut, en dessous du titre est mentionné le fait qu’il n’est pas valable pour conduire des voitures affectées à des transports en commun, des véhicules pesant en charge plus de 3 000 kg et des motocycles à 2 roues. Sauf mention spéciale au dos. Et en effet, au recto de ce permis comporte une seconde mention indique…

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que Gabriel était titulaire du permis pour conduire des motocycles à 2 roues depuis ses 30 ans, le 18 juin 1931. Ce qui explique cette photo…

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prise par son frère Séraphin (dont on « reconnaît » l’ombre en bas à droite) sur un chemin de Caderousse à cette époque-là. Une malencontreuse gamelle familiale (Gabriel, Philine et Adrien mon père) du côté de la colline du Lampourdier au départ d’une virée dominicale mit fin aux voyages en motocyclette et à l’utilité de ce premier permis. Cela incita certainement mon grand-père à obtenir le permis voiture, moyen de transport considéré comme plus sûr par la famille, ce qui reste à être démontré.

Ce permis lui permit en tout cas de conduire la voiture d’un gradé pendant son rappel sous les drapeaux en 1939 puis à transporter un groupe de militaires. On en reparlera.

Voici la voiture familiale que j’ai pu connaître dans les années 50…

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une Rosengart LR4N2 datant d’avant-guerre garée ici devant l'(ancien) bureau de poste d’Espeluche où mon père avait été muté. Jolie voiture, datant un peu en 1952 !

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