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Le (petit) KIOSQUE DE PRESSE de l’été 36: le MIROIR DES SPORTS du 1er septembre 1936

Le Miroir des Sports pour ce kiosque du 1er septembre 1936.

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En couverture, les championnats du monde de cyclisme sur piste, à l’Oerlikon de Zurich. Les lauréats de ces compétitions sont tranquillement assis à suivre la suite du meeting. L’Oerlikon, une piste champêtre comme on peut le voir sur cette vue générale du site:

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En vitesse (du sprint), le Belge Scherens bat le Français Gérardin en 2 manches dont voici la première:

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Toto Gérardin deviendra célèbre 30 années plus tard en entraînant les pistards français qui cumulèrent les médailles: Morelon et Trentin, autant lors des Championnats du Monde que lors des Jeux Olympiques.

Un Belge Scherens recevra un véritable bain de foule après sa victoire.

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Malgré la reprise des compétitions de football en cette fin de mois d’août…

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ici le Racing Club de Paris, champion 1936 sortant, reprend à Colombes en triomphant de Rennes 3-1,

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les résultats de cette première journée en première et seconde division,

les sports nautiques d’été ont encore leur place, comme le ski nautique avec une compétition à Juan-les-Pins…

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ponctuée de quelques gamelles spectaculaires !

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En cyclisme, la foule s’est retrouvée au sommet du Mont-Ventoux, pour le passage du circuit Orange-le Ventoux…

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remporté par le Cavaillonnais Maxime Ongaro.

En aviation, considéré encore comme un sport dans les années 30, Maryse Hilsz…

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vole de Paris à Cannes en 112 minutes et 43 secondes. Un raid considéré alors comme un exploit !

Le magazine à court d’actualité en cette fin d’été, a laissé 2 pages pour de belles images de sport sous le titre Sport et Art:

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Le (petit) KIOSQUE DE PRESSE de l’été 36: le 15 août 1936

Deux magazines ce 15 août, un vendredi, avec beaucoup de photographies sur les grands événements d’août 1936: la guerre civile en Espagne et les Jeux Olympiques de Berlin.

Les magazines:

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L’Illustration qui fait sa une d’une image déjà vue, le tableau de marquage lors de la cérémonie de remise des couronnes olympiques pour le Français Hostin vainqueur en haltérophilie.

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Le Monde Illustré met sur sa couverture le roi Edouard VIII en visite en France.

Contrairement à son titre, ce magazine fait plus dans le commentaire de l’actualité que dans la présentation de nombreuses photos des événements.

Il commence à se poser la question des conséquences de la guerre civile sur la Paix…

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et se félicite de la prochaine signature d’un accord de non-intervention entre les puissances européennes. Il fait preuve à l’occasion de la même naïveté que bon nombre de démocrates.

Un second article concerne le camp fasciste.

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Le fils du roi Alphonse XIII qui avait renoncé à sa couronne en 1931, a essayé de s’engager dans les troupes carlistes au Pays Basque. Mais Mola n’en voulut pas.

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Un troisième article sur les femmes engagés dans les milices républicaines pour combattre les fascistes, un phénomène politique tout à fait original à l’époque.

Le Frente Populare  en Espagne qui se défend contre la rébellion fasciste, le Front Populaire en France qui organise une grande fête pour la Paix (!) à Saint-Cloud.

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Léon Blum à la tribune.

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Et une seule page pour les Jeux Olympiques de Berlin avec, bien entendu l’incontournable Jesse Owens mais aussi le nageur Japonais Masaharu Taguchi, membre du relais 4×200 mètres champion olympique.

Les Jeux de Berlin sont aussi présents sur 2 pages dans L’Illustration mais avec pas moins de 10 photos. Il ne reste guère de place pour le texte de Gabriel Hanot.

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Jessie Owens bien entendu.  

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Louis Hostin honoré par la couverture.

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Le saut en hauteur avec l’athlète américain Earl Meadows qui passe 4,35 mètres… et va retomber de cette hauteur sur une couche de sable !

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Le Gala nocturne de la Jeunesse, vitrine des Jeunesses Hitlériennes.

Passons aux images de la Guerre d’Espagne qui dépassent maintenant les villes de Barcelone et Madrid.

Tout d’abord, au nord de Madrid, des troupes loyalistes se reposant aux approches du front de Guadarrama.

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En Andalousie…. les troupes franquistes sont accueillies non en libérateur mais par une population terrorisée.

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Les troupes franquistes traversant le Guadalquivir sur un bac à traille.

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L’artillerie dans le quartier Triana de Séville.

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Les troupes Maures entrant dans Séville.

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Véhicules détruits dans la ville.

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A Cantillana, la peur causée par les troupes franquistes sur  la population est manifeste.

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La prison de Séville « accueille » des suspects pour interrogatoires.

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A Tocina, non loin de Cantillana, les hommes ont été regroupés par les légionnaires Maures de Franco.

La destruction des églises par les Républicains au début de la rébellion, le clergé espagnol étant très proche des forces fascistes.

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Las Salesas (Barcelone)

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Los Mercedarias (Séville)

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Omnium Sanctorum (Séville)

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Belen (Barcelone)

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Santa Anna (Barcelone)

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San Gil (Séville)

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San Madrona (Barcelone)

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San Francisco (Barcelone)

Pendant les combats de San Sébastien.

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Miliciens gouvernementaux.

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La foule regarde partir une auto blindée.

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Barricades dans les rues.

A Barcelone…

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Militaires rebelles se rendant et retenus…

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à l’hôtel Colon sur la place de Catalunya.

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Défilé de miliciens armés.

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Sur la Rambla, la foule attend paisiblement les nouvelles.

A Tolède, les combats continuent autour de l’Alcazar:

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Un avion rebelle abattu au nord de Madrid. Les miliciens en retire le corps du pilote.

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Une victime de la rébellion franquiste dans la rue du village de Siétamo près de Huesca.

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A Valence (Valencia), les casernes sont pillées et les civils s’arment.

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Pour terminer, cette revue de presse assez importante, 2 vues vauclusiennes n’ayant aucun rapport entre elles ni avec ce qui a précédé:

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A Orange, le Requiem de Berlioz au programme des Chorégies, au pied du grand mur du Théâtre Antique.

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L’inauguration de la nouvelle chapelle sous le sommet du Mont-Ventoux avec une foule de fidèles, parmi laquelle se trouvaient peut-être mon grand-oncle Séraphin, son épouse et leur fille Georgette, Séraphin ayant participé à cette construction (photo déjà présentée).

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Le (petit) KIOSQUE DE PRESSE de l’été 36: le 9 août 1936

Un seul titre mais au contenu très évocateur par son article sur la guerre civile en Espagne. Il s’agit d’un journal catholique d’Avignon du Vaucluse:

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La Croix d’Avignon et du Comtat, certainement un hebdo, dont la rédaction est situé rue des Teinturiers mais qui dépend du groupe de presse Bayard.

A côté de l’organisation d’un pèlerinage diocésain à Lourdes et du rôle des colonies de vacances catholiques pour les enfants, la une est beaucoup plus politique:

La Terreur en Espagne- Le Martyre de Barcelone.

Article qui transcrit le témoignage d’un prêtre espagnol venu se réfugier en France:

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Effectivement, Barcelone a connu en cette mi-juillet, des moments difficiles avec la rébellion militaire de casernes, ce qui a entraîné des violences pendant celle-ci et en réaction à celle-ci. Mais de cela, pas un seul mot.

Quelques passages de cette narration partisane même si les exactions ne peuvent être que condamnées.

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La fuite des prêtres se réfugiant dans des familles chrétiennes, le dimanche 19 juillet, alors que les combats font rages autour des casernes. on l’a vu dans L’Illustration du 1er août.

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Des religieux de la Chartreuse de Montalègue (?) ramenés à Barcelone, 4 d’entre eux fusillés en route mais les Chartreux d’origine française ne seront pas inquiétés… ce qui prouve bien un problème se situe bien avec les religieux espagnols particulièrement proches des puissants et non pas avec la religion.

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Les profanations des tombes et en particulier celles des religieuses de la Visitation dont on a vu cette image devenue célèbre dans l’Illustration du 8 août.

Des horreurs incompréhensibles sorties de leur contexte, inexcusables mais explicables dans la situation de l’Espagne après le coup de force de Franco du 17 juillet, totalement occultée dans l’article.

Puis vient le passage politique de l’article, à faire dresser les cheveux sur la tête de tout démocrate.

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Bas les masques ! La religion ne sert pas à accompagner les croyances des hommes, à les guider dans leur vie spirituelle mais à leur permettre d’accepter les difficultés sociales et à éviter que les malheureux se soulèvent. Le clergé catholique proche des puissants et du pouvoir paya malheureusement son attitude dans les régions où la rébellion franquiste ne s’implanta pas tout de suite;

Un bilan de ces combats…

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des centaines de morts… de nombreux blessés dans les hôpitaux et les cliniques à cause des combats dus à la sédition militaire. Au milieu des combattants des 2 camps, bien entendu, des religieux, victimes collatérales de ces violences que l’on ne peut imputer raisonnablement à la République.

Pour terminer, la conclusion de la rédaction de La Croix.

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Pas un mot pour condamner ceux par qui les malheurs sont arrivés, Franco et le coup d’état militaire du 17 juillet 1936. Politique partisane quand tu nous tiens !

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Les FLONFLONS d’un 14 JUILLET à CADEROUSSE

Sur la piste de danse, toute la jeunesse du village est rassemblée. Quelques canotiers sont de sortie et les banderoles de drapeaux tricolores sont accrochées entre les platanes du cours. L’estrade sur laquelle prendra place l’orchestre est prête et les chaises attendent les musiciens.

Voilà ce qu’on peut dire de cette première photographie montée en carte postale.

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Comme le dos de la carte ne mentionne rien, il est bien difficile de dater cette carte. Avant 1914 ? Après la Grande Guerre ? Certainement pas pendant puisque les fêtes étaient interdites.

Une seconde vue semble avoir été prise à quelques minutes ou quelques heures d’intervalle, au même endroit du cours Aristide Briand. Non pas de la rue du Portail Bienson (en Avignon) comme l’oncle Séraphin l’a écrit au dos.

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Toujours la jeunesse au premier plan, dont un garçon qui mine de jouer au serveur, les moins jeunes à l’arrière. En regardant de plus près parmi les personnes debout, on voit, sur le côté droit, devant l’angle de l’estrade, un jeune couple dont l’homme porte une tenue militaire claire.

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Manifestement, rien à voir avec les tenues d’avant-guerre, la veste bleue et le pantalon rouge. Cette tenue claire pourrait bien être bleue-horizon. Nous sommes après guerre… Autre remarque, dans cette seconde vue, les premiers musiciens sont déjà installés et à la loupe, on voit très bien qu’il a été écrit:

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Aujourd……. 4h gr…….al

Arsène Lupin trouverait facilement: Aujourd’hui 4 h. Grand Bal.

Puisqu’on en est à utiliser la loupe, la première image où la foule est plus dense, je reconnais sans contestation mon grand-père Gabriel, au second plan…

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entouré dans le cercle rouge. Le seul du groupe qui a oublié son couvre-chef. C’est un jeune homme déjà adulte. Né en 1901, il a eu 18 ans le 25 février 1919.

Allons pour ce pronostic…. il doit s’agir de la fête du 14 juillet 1919. Le jour où à Paris eut lieu un grand défilé militaire sur les Champs-Elysées pour célébrer la Victoire et le Traité de Paix signée quelques jours auparavant à Versailles.

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Un CORSO à CADEROUSSE, le 5 juillet 1953.

Ce sont 2 photos, dans une boîte à chaussures comme c’est le cas dans bien des maisons, qui racontent un défilé, un corso très certainement. Une date écrite au stylo au dos par un de mes grands-parents nous apprend qu’il s’agit d’une fête s’étant déroulée à Caderousse le 5 juillet 1953. J’ai certainement entendu les flonflons de la fête… depuis le ventre de ma mère !

2 photos petit format et une vue du défilé d’enfants déguisés en adultes endimanchés dans l’avenue Jean Jaurés.

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Au fond, un cheval qui doit tirer un char. La photo doit avoir été prise par mon grand-père ou ma grand-mère (ou mon père) car elle a aussi pour but de montrer la maison de famille, à côté de l’andrône. On y voit qu’un portail existait alors à la place de la baie actuelle. Il permettait d’entrer les charrettes et autres véhicules automobiles dans la maison par la rue et non par l’impasse. Ce portail servait aussi à l’affichage public des événements caderoussiers. Bien qu’on soit loin du numérique actuel qui permet de lire des détails par l’agrandissement des photos, on peut y  voir au milieu l’affiche d’un cirque représentant un clown blanc. De part et d’autre, les jours des représentations locales: les 26 et 27, juillet ? ou juin dernier plus proches ?

Une autre photo a été prise ailleurs dans le village. Pourquoi ? Qui sont ces enfants qui ont intéressés le photographe amateur. Le neveu de mon grand-père, André, le fils de Léonce son frère, me paraît un peu âgé pour être l’un des garçons photographié, lui qui est né en 1940.

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Par contre, au second plan, on lit très bien sur cette façade:

AUTOS

TRACTEURS

et les dernières lettres du titre principal …. GE qui doivent correspondre aux lettres du mot GARAGE. Un garage du cours?

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Trois jeunes de CADEROUSSE en BALADE à FOS en 1942.

Après la balade de quelques enfants de Caderousse (dont mon père) au Pont-du-Gard en 1941…

voir https://wordpress.com/post/unmondedepapiers.com/14084

voici l’année suivante, la triste année 1942, 3 copains de Caderousse, dont encore une fois mon père, partis en promenade pour la Côte Bleue, à Fos, du 1er au 8 août.

Partis en bicyclette bien entendu, par un temps semble-t-il très chaud.

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En 2 photos bien sûr pour pouvoir voir tout le monde puisqu’il faut bien que quelqu’un prenne la photo ! Mon père a coiffé un chapeau colonial digne d’un Tintin au Congo et qui existe toujours. C’est plus difficile à s’en coiffer de nos jours même pour aller à Fos. Alors, il servit dans un passé récent pour quelques défilés carnavalesques et même pour une leçon de vocabulaire sur les couvre-chefs, dans ma vie antérieure.

A côté d’Adrien, deux frères Establet dont le père tenait le Café du Cours: Albert en haut le cadet et Marcel en bas l’aîné bien plus âgé. Mon père avait alors un peu plus de 16 ans pour cette épopée cyclotourisme qui ravirait le Pernois Paul de Vivie alias Vélocio, un autre vauclusien, adepte du tourisme en bicyclette alias cyclotourisme, mort accidentellement 12 ans avant cette photo.

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Cette joyeuse équipe de J1, J2 ou J3 comme c’était écrit sur les tickets de rationnement de l’époque n’allaient pas en terre inconnue, ni en camping mais avait obtenu le prêt d’un cabanon appartenant à un Sorguais, Chariton se souvient mon père, un ami des Establet certainement.

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Un cabanon qu’il a toujours cherché, par la suite, à nous montrer, chaque fois que la route d’une journée à la mer s’arrêtait à Fos. Il était situé non pas en bord de mer mais en bordure d’un canal, non loin d’un pont qui menait à la plage. Il n’existe plus de nos jours même s’il est assez facile de localiser les lieux, dans le secteur d’un pont moderne sur un canal.

https://www.google.fr/maps/place/Fos-sur-Mer/@43.4314505,4.9475164,15z/data=!3m1!1e3!4m2!3m1!1s0x12b619721d5cf72d:0xea40197d819691d

Los de nos jours où le tourisme a presque disparu avec la création d’une aciérie et d’un terminal méthanier qui ont poussé au moment des 30 Glorieuses.

Car, en plus d’un cabanon, notre sympathique équipe bénéficiait du bateau de Paule Noguier, une cousine de mon père !

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On voit Paule avec mon père et Albert Establet en haut et le couple Noguier poser avec mon père en bas. Avec ces quelques images, difficile d’expliquer que la vie pendant la guerre était dure ! Même si elle l’était ! Mais quelques moments de détente bon marché pour des jeunes n’étaient pas interdits. Surtout que les ombres de la Relève et du STO planaient.

Quelques mois plus tard, la zone sud allait voir arriver d’autres touristes moins sympathiques, les Allemands et les Italiens, les premiers contents de ne pas être, eux,  sur le front de l’Est mais au bord de la Méditerranée !

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PAUL MARQUION parle aussi du MILIEU HUMAIN de CADEROUSSE … en 1971

Après avoir longuement parlé du milieu physique de Caderousse dans ce numéro 44 du bulletin des amis d’Orange,…

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Paul Marquion s’attaque à parler des gens, du milieu humain. Voici les meilleurs extraits de son exposé.

Première considération démographique, la population qui est passé de 4 000 âmes à la Révolution à 2 600 à la veille de la Grande Guerre. En 1971 au moment des écrits, le village ne comptait plus que 1 600 habitants contre 2 750 de nos jours. Il explique cette déclin de population par le machinisme, l’attrait de la ville (l’exode rural), l’absence d’activités artisanales sur place hormis l’agriculture qui n’a pas su attirer des industries de transformation et la grande saignée de la Guerre (-125 jeunes ou moins jeunes hommes soit 1/20ème de la population). Il pointe du doigt le responsable de cette absence d’activités: le Rhône qui, par ses « visites » régulières empêche l’arrivée d’investisseurs qui souhaiteraient s’installer.

Les patronymes.

Il se base sur la « table chronologique de Messieurs les Trésoriers de la Confrérie de Saint-Josph de Caderousse (1649-1792) pour lister les patronymes qui ont traversé les siècles: Rigaud, Vivet, Berbiguier, Vaton, Guérin, Martin, Rieu, Noguier, Point, Rollet, Perrin, Farragut. Puis ceux qui se sont éteints, beaucoup plus nombreux: Garin, Védrilhe, Bertier, Fourgon, Malarthe, Tacussel, Rouviel, Bellon, Faugière, Sance, Rivasse, Ranquet, Causan, Bourtholon, Barbès, Thibaud, Constantin, Maille, Castion, Villard, Drogue, Rougeaud  Lusignan, Bonamour, Chassenet, Colonel, Chaudron, Dupuy, Boyer…. Une liste impressionnante et … surprenante !

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Il cite quelques exemples pour expliquer qu’il serait intéressant de remonter le temps pour déterminer l’ancienneté des familles. Ainsi l’ancêtre  Guericolas viendrait de la Meuse et serait venu à Caderousse pour servir les Ducs de Gramont et y avait fait souche. Les patronymes Gromelle  et Gonner seraient de souche germanique ( … Guérin aussi d’ailleurs). Ils s’appelaient initialement Grimmel et Guinner avant la francisation des noms et on les appelait Grimello et Guinèr en provençal.

Paul marquoir ajoute que le fait de parler provençal facilitait l’intégration rapide des gens. N’oublions pas que le Provençal était parlé par tous, tout le temps avant 1914 et que ce fut la Grande Guerre qui imposa le Français, plus que les hussards noirs de la IIIème République, comme le dit Clément Montrosier !

Les sobriquets.

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C’est une spécialité caderoussienne que celle des sobriquets. D’ailleurs on connaissait les gens plus par ceux-ci que par leur vrai nom, que beaucoup ne savait même pas ! Quelques exemples de escais-noum ayant pour origine le nom des quartiers: Popo de la Bigo, Pierrounet de la Lusignano, Danis de la Limajouine, Clara fou Mautème, Marie de la Baïsso… D’autres viennent d’une spécialité du destinataire: Cacho-nose cassait les noix avec les dents mais pourquoi Cacho-embut (embut= entonnoir) ?

D’autres viennent d’animaux (le Gaou par exemple: le coq ou le Lèbre = le lièvre). D’autre sont plus délicieux: Quatre-sous, Marrit-miou, Pomadin, Curo-lume, cago-mecho, chaucho-grapaud, manjo-sucre, mais certains sont moins agréables.

Il faut noter également que la femme en se mariant ne prenait pas le (sur-)nom de son mari mais conservait son nom de jeune fille et plus souvent encore son surnom. C’est ainsi qu’un certain Marius Perrin  dit Iuiu de Salète avait pour femme Niho de Iouioun et que Joseph Aubépart était connu sous le surnom de Jousé de Camin et sa femme sous celui de Roso dou Popo.

Un sujet inépuisable pour Paul Marquion.

Les liens sociaux.
La noblesse a disparu avec le dernier des Gramont, Ludovic qui s’éteignit sans descendance en 1863. Ses héritiers finirent par faire raser le château en 1900 et le parc devint des jardins. Il ne subsiste que la façade des communs qui donne sur la place de l’église.

Peu de bourgeois, de rentiers, mais quelques professions libérales aisés (docteur, pharmacien, notaire et … instituteurs- Les temps ont bien changé !)

Puis l’auteur liste les emplois des habitants de la commune: quelques petits propriétaires fonciers qui vivent du travail de leurs terres en employant du personnel, quelques entreprises (fabriques de balais) qui emploient aussi des ouvriers (et ouvrières). Des artisans: maréchaux-ferrants, forgerons, bourreliers, charrons, cordonniers, tailleurs et des boutiquiers: bouchers, boulangers, épiciers, drapiers, quincaillers…

La politique.

 Ces différences sociales se retrouvent en politique. A cette époque, on ne détaille pas et les nuances sont inconnues. On est blanc ou rouge, cette appartenance de couleur étant en général un héritage de famille. La religion est un des signes distinctifs: les blancs vont à la messe, les rouges sont anticléricaux et laïques. La relative richesse en est un autre: les gens aisés sont plutôt blancs, les rouges se recrutent de préférence parmi les ouvriers. Les blancs à cette époque votent pour M. Lacour; les rouges pour M. Blanc, et, sur le plan municipal, municipalités rouges et blanches se succèdent , le rouge étant toutefois à Caderousse une couleur plus marquée que le blanc. La politique n’a jamais été toutefois un facteur de division et d’animosité entre individus. On se plaisante, on « s’esbremasse », surtout en période électorale, mais cela ne va pas plus loin:on ne va pas jusqu’à « s’estrigousser ». 

Ainsi se termine ce long préambule à l’étude du genre de vie, de la mentalité, des moeurs et des particularités de la vie à Caderousse et des différences avec la période actuelle (en 1971). 

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PAUL MARQUION parle du MILIEU PHYSIQUE de CADEROUSSE … en 1971 (suite)

Suite de la reproduction du numéro 44 du bulletin des Amis d’Orange…

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dans lequel Paul Marquion parle de Caderousse et en particulier du milieu physique de cette commune du Vaucluse, avant 1914.

La présence de l’eau à faible profondeur a favorisé la dissémination des granges. Si l’on ajoute à cela que la propriété reste encore très morcelée, qu’il n’existe pas, à part l’île de la Piboulette, de grands domaines, que partout la terre se prête à la culture et qu’il n’existe pas de terrains véritablement infertiles, on comprend que les granges sont nombreuses et en général de peu d’importance et n’ont rien de comparable avec, par exemple, le mas provençal.

 Les routes et chemins.

Un gros effort a été fait, depuis la dernière guerre, pour l’amélioration de la viabilité . Avant 1914, seules quelques routes et notamment celle de Caderousse à Orange étaient empierrées. Les charrois y creusaient des ornières et de larges et profonds nids de poule. Des rechargements périodiques les remettaient en état… Les charrettes et autres véhicules à traction animale s’en accommodaient non sans mal. Mais la circulation automobile n’y aurait pas résisté…. Aujourd’hui, tous les chemins sont goudronnés. Un phénomène assez curieux et particulier sans doute à Caderousse, c’est que la plupart des chemins sont en contre-bas des champs. Et cela se comprend: chaque inondation dépose sa couche de limon et ces couches , en se superposant, finissent par élever le niveau général du territoire, alors que les chemins, soumis à une perpétuelle usure et échappant à l’alluvionnement, restent toujours au même niveau.

Les noms des quartiers.

Comme partout ailleurs, le territoire est divisé en quartiers qui, comme les rues et quartiers du village ont conservé leur nom ancestral. Certains de ces noms sont descriptifs:la Baisso est un des quartiers les plus bas du territoire; les Négades sont un quartier qui a souffert particulièrement des inondations, non seulement du Rhône, mais aussi de l’Aygues avant que son cours ne fut détourné au XIVème siècle; les Islons, l’ilot Blanc, qui sont aujourd’hui rattachés à la terre ferme, conservent le souvenir de l’époque où ils n’étaient que des îlots du Rhône; l’Espinet devait être jadis un terrain envahi par les buissons, la Lima-jouino, qu’on a francisé en Limageonne qui ne signifie rien , garde sans doute le souvenir d’une immersion soudaine à une certaine époque, due peut-être à un phémonème naturel, mais peut-être aussi à la construction de l’ancien Moulin de la Ville dont les eaux ont pu se répandre en contre bas et constituer un marécage toujours existant; le Gabin doit certainement son nom à une humidité prononcée de son sol, du provençal: gabinous.

Certains quartiers portent le nom de saints: Saint-Michel, Saint-Martin, Saint-Pierre, Saint-Trophime, souvenirs d’anciens établissements religieux ou de possessions ecclésiastiques.
D’autres ont pris le nom de la ferme principale du quartier, propriété d’anciens familles qui ont disparu: la Lusignane (de Lusignan); la Bonamourde (de Bonamour); la Roubaude (de Roubaud); la Berbiguière (de Berbiguier); le Durbanne (de Fortia d’Urban).

Enfin d’autres quartiers: Fourniras, Chalumeau  le Pont d’Adam, la Péran, les Cabannes, Panier, la Grand’Cairanne, la Cairanette, le Devès, Salarié, les Mians, la Mascarade, le Marran, la Capucelle, le Brou etc… portent des noms dont il est bien difficile de connaître l’origine, une origine qui remonte très certainement à des temps très lointains et antérieurs à toutes archives communales.
 
A ce sujet, on notera l’existence à Caderousse de 2 quartiers limitrophes qui ont nom Campredon et Campblancard. Ces noms remontent-ils au passage d’Hannibal ? Il serait bien téméraire de l’affirmer. En tout cas, si Hannibal a traversé le Rhône à Caderousse, ce qui paraît hors de doute d’après le récit de Polype qui ajoute qu’Hannibal campa un jour et 2 nuits sur les rives du fleuve après son franchissement, on est amené à constater que l’emplacement de ses camps, dans le bec formé alors par le Rhône et l’Aygues ancien, à proximité de l’eau, condition essentielle pour l’installation d’un camp, devait se situer à l’emplacement des quartiers actuels de Campredon et Campblancard dont la superficie correspond d’ailleurs sensiblement à celles des camps d’Hannibal (de 250 à 300 hectares).

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CADEROUSSE: la DÉCONSTRUCTION d’un IMMEUBLE au fond de « l’andrône » JEAN JAURÈS !

Une autre photographie issue de la collection de ma grand-mère Philine Boissel. Elle date de la même époque à quelque chose près que celle montrant le décoconnage, présentée il y a quelques jours. La voici:

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Il s’agit d’une photo de la même qualité que celle citée ci-dessus: papier fin, couleur bistre peu foncée. Suivant mon père, cette scène raconte la déconstruction d’un immeuble au fond de l’impasse Jean Jaurès, l’andrône comme j’ai toujours entendu dire, à la fin du XIXème, début XXème. Déconstruction et non destruction de la maison Noiret puisque les pierres furent surement utilisées ailleurs. Cette maison était située là où se trouve maintenant la cour attenante à l’arrière de la maison du docteur Fert.

Pourquoi cette déconstruction ? Une hypothèse: les propriétaires voulurent construire une maison mieux exposée ailleurs (cette cour exposée au nord ne voit jamais le soleil) et cette déconstruction leur permit de récupérer les pierres indispensables à cette tâche. Mais ce n’est qu’une hypothèse !

Quelques vues de la famille au travail…

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Peut-être des descendants de cette famille Noiret, s’il y en a, reconnaîtront les leurs ?

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PAUL MARQUION parle du MILIEU PHYSIQUE de CADEROUSSE … en 1971

Dans ce numéro 44 du bulletin des amis d’Orange,…

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Paul Marquion parle de Caderousse dans une série d’articles sur le Bulletin des Amis d’Orange et pour ce numéro 44 du second trimestre 1971 du milieu physique et humain de cette commune du Vaucluse, avant 1914. Il s’agit d’un long article qui sera présenté en 3 fois sur le blog. Tout d’abord une  description commentée des lieux.

Le Rhône est évidemment le grand responsable de cet état de choses (que le village ait conservé son aspect ancestral) : quoi que l’on fasse à Caderousse, il a toujours fallu compter avec le Rhône et ce n’est qu’après la construction de la dérivation du fleuve qui mettra le territoire à l’abri des inondations et dont les premiers travaux viennent d’être entrepris que le visage de Caderousse  risque d’être entièrement modifié. Or si rien pour le moment n’a bien changé, c’est le Rhône lui-même qui a subi les plus grandes modifications. Avant la guerre de 1914, comme en témoignent les photographies de l’époque, son cours était large et relativement profonde. Plus anciennement, il était navigable. Le chemin de halage qui le bordait, le «caladat », s’il est aujourd’hui enfoui sous l’épaisseur des sables est encore visible en certains points, notamment à proximité du village, en bordure de la digue, où l’on voit encore les anneaux scellés dans la pierre qui servaient à l’amarrage des bateaux. L’accès de l’île de la Piboulette se faisait par un bac à traille, le premier aux abords du village même, l’autre au quartier des cabanes qui restait en service toute l’année. Ce n’est qu’en été, aux très basses eaux, que l’on pouvait traverser à gué (à la gaffe). Aujourd’hui , à Caderousse, le Rhône s’est considérablement rétréci, son lit s’est encombré de gravier et de sable sur lesquels a poussé une végétation exubérante de saules et de peupliers, formant de véritables îlots. Les anciens ne reconnaissent plus le Rhône de jadis.

A noter que les travaux de la CNR de la chute de Caderousse sont en train de commencer quand Paul Marquion écrit cet article. A cette époque, mon grand-père Gabriel se plaisait d’aller voir travailler les scrappers et autres mastodontes construisant les berges du canal mais détruisant l’île de la Piboulette dont Paul Marquion va parler. Il ne verra pas la mise en eau du canal puisqu’il décèdera en 1973.

Dernièrement, la grande île de la Pirouette s’est, elle aussi, profondément modifiée. C’était encore, il n’y a pas bien longtemps, avant tout un terrain de chasse, avec des bois très touffus, parfois impénétrables, où les champignons « de matte » et les cèpes poussaient à profusion et où le gibier, lapins et surtout faisans, pullulaient. Seules quelques fermes, installées au milieu de clairière exploitaient un sol de limon particulièrement fertile. C’était le grand terrain de chasse de Monsieur de Lafarge, qui avait fait bâtir un pavillon appelé le château, avec chapelle attenante où certains dimanches de grande chasse, le curé de Caderousse ou son vicaire venait célébrer la messe. De nos jours, l’île a été en grande partie déboisée et défrichée par les pieds-noirs et les vastes étendues forestières ont fait place à des terrains de culture et de vergers. La construction du canal du Rhône, qui doit traverser l’île du nord au sud par son milieu va de nouveau bouleverser la topographie.

Le village lui-même dans sa ceinture de digues, n’a subi aucune transformation importante. Le goudron a remplacé l’ancien pavage en galets du Rhône de la plupart des rues, solide et même inusable, où l’on se tordait facilement la cheville et où les roues cerclées de fer des charrettes cahotaient avec un beau vacarme. Mais les eaux usées s’écoulent toujours par les rigoles et les lônes et l’ancestrale coutume pour les ménagères de balayer chaque matin la rigole devant leur porte est toujours en usage, faute de tout-à-l’égout. Il n’y a même pas l’eau courante qui est considérée pourtant comme un minimum de confort moderne. Peut-être n’en a-t-on jamais senti l’impérieux besoin dans un pays où la nappe et peu profonde et où il n’y a qu’à creuser n’importe où pour trouver de l’eau. On trouve dans certaines rues des pompes à main publiques, fort anciennes, avec bassin. (J’en ai noté une, rue Vénasque, sur le trajet entre l’EHPAD et la place Jean Jaurès) C’est encore avec une pompe à main que se fait dans chaque maison l’alimentation en eau, à moins que le propriétaire ait fait installer un moteur électrique. Avant la guerre de 1914, les maisons aussi bien dans le village que dans la campagne, n’avaient pas toutes leurs pompes et l’eau était puisée directement dans le puits.

Un certain nombre d’immeubles qui menaçaient ruine ont été rasés, comme ont disparu plus anciennement certaines demeures de notables et co-seigneurs de Caderousse qui, d’après les vestiges qui restent, avait dû être spacieuses et confortables. Peu de constructions nouvelles : en tout cas aucun de ces immeubles modernes, dit « cage à l’appel » qui tendent à devenir le mode d’habitat courant de notre époque. A Caderousse, il n’existe que des maisons individuelles. Il serait pourtant injuste de ne pas signaler un effort récent mais tangible de modernisation de nombreuses vieilles demeures et le ravalement de nombreuses façades, ainsi que le nettoyage de certains quartiers, tel celui dit de Médecin, qui fut longtemps une sorte de dépotoir public et qui ne méritait pas cette disgrâce, car il s’agit d’un cours ombragé de très beaux platanes qui borde l’ancien rempart. On peut dire que le village tend à perdre ce visage terne et vétuste qu’il avait il n’y a pas encore beaucoup d’années.

Rien n’a été modifié au tracé des rues dont la caractéristique commune à toutes les villes et villages de jadis, est d’ignorer la ligne droite. Il convient d’ajouter qu’à Caderousse les rues sont en général relativement larges, même quand il s’agit des rues adjacentes qui aboutissent à l’artère principale qui traverse le village du nord au sud, qui a été baptisé à la fin de la dernière guerre « rue du Docteur Guérin », en souvenir d’un bienfaiteur du village mais qu’on continue à appeler « la grand’ carrière ».

Les noms des rues du quartier n’ont pas changé, à de rares exceptions près et sont tels qu’ils figurent sur les anciens cadastres : nom de saints, Saint-Louis, Saint-Michel, nom dont on devine l’origine ancienne par suite de leur situation ou de leur destination : rue du Fond du Sac, rue Juterie (ou devait être cantonné les Juifs), rue de l’Escurier (qui desservait les anciennes écuries du château), quartier de la Pousterle (voisine une des anciennes poternes du rempart), quartier du Pilori (où se trouvait le pilori). Mais sur le nom d’autres rues et quartiers : rue Pied-Gaillard, rue du Puits des Voûtes, quartier du Boulégon… on se perd en conjoncture. (Je suis sûr que Jean-Paul Masse peut expliquer l’origine de ces noms…)

Enfin il faut noter qu’au pied de la digue et à l’intérieur, là où se trouvaient jadis les remparts et des fossés, se développe, tout autour du village, un vaste espace planté de platanes qui, côté levant est dénommé « le cours », bien dégagé et qui, depuis 1 siècle, est devenu le lieu de toutes les festivités foraines et, côté couchant est dénommé «Lou Barri », en souvenir du rempart et qui sert à tout usage – ce n’est pas peu dire – aux riverains…

Suite de l’article avec une description de la campagne:

Ce qui a peut-être le plus modifié le paysage, c’est la disparition du mûrier, devenu inutile avec la disparition totale de l’élevage des vers à soie qui était jadis très florissant à Caderousse, (300 quintaux de cocons avant la Révolution), qui était encore pratiquée sur une grande échelle avant la guerre de 1914, pour décliner entre les deux guerres et disparaître complètement depuis la dernière. Avant la guerre, le mûrier était roi. La plupart des champs avait leur allée de mûriers qui étendaient leurs vertes et épaisses frondaisons et qu’il formait sous le nom de «pourreto » des haies en bordure des chemins. Ils ont presque tous été arrachés, car non seulement ils n’avaient plus d’utilité, mais constituaient avec la traction mécanique, une gêne pour l’exploitation des terres. Le paysage, de ce fait, est beaucoup plus dépouillé que jadis. (Tout a fait exact, il reste dans le grenier familial des clayettes et une couveuse destinées à l’éducation des vers à soie. A quand une expo -si cela n’a pas été fait- sur la sériciculture  ?)

Indépendamment du mûrier, d’autres arbres, d’essences méditerranéennes, tendent à disparaître  ou ont complètement disparu. À Caderousse, on cultivait jadis, avant la Révolution, le figuier, incomparablement plus abondant que de nos jours et qui donnait lieu à un important commerce : cette culture est aujourd’hui abandonnée et le figuier ne se retrouve que dans les cours des granges et des maisons. Avant la guerre de 14, on voyait de nombreux grenadiers et jujubiers dont les fruits étaient vendus dans les épiceries ou même simplement pillés par les gosses qui s’en régalaient. Les enfants d’aujourd’hui ont d’autres friandises à se mettre sous la dent, que des jujubes (ginjouris) ou des grenades (miougran) et ne s’aviseraient pas, comme le faisaient les enfants de notre âge à se barbouiller le visage en suçant la pulpe douceâtre de la cosse du caroubier (carobi). L’écarlate floraison du grenadier a disparu du décor ; rares sont les jujubiers ; disparus complètement les caroubiers. Le cognassier poussait en général sous forme de haies en bordure des chemins, comme d’ailleurs le néflier et le prunellier et c’était là une sorte de domaine public que chacun, et notamment les enfants, mettaient au pillage. Et le coing était utilisé de différentes façons, depuis le pan-coudoun jusqu’à la délicieuse boisson du coudoyant  dont on a perdu le goût, en passant par la gelée, la patte et la confiture de coing….

à suivre…

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