110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Louis FERRAGUT.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-septième nom de la liste: Louis Ferragut.

La seconde face du monument.

Louis Ferragut n’était pas de la même génération que son homonyme Léon Ferragut puisque né treize ans avant lui. Quand la guerre arriva, c’était déjà un « vieux » soldat ce qui ne l’empêcha pas de se trouver au coeur de la bataille et d’être tué à l’ennemi pour reprendre la formule officielle.

Louis Barbe Ferragut était donc né le 04 décembre 1877, ce qui explique son original second prénom, masculinisé pour l’occasion. Il était le cinquième enfant d’une fratrie de six, quatre garçons et deux filles. Leurs parents, Joseph Ferragut né en 1837 et Marie-Thérèse Roche née en 1841 étaient tout deux du village et avaient unis leurs destins le 03 février 1864. C’était un couple d’agriculteurs qui menaient une ferme dans le quartier des Négades, des terres basses facilement inondables donc pas très riches. Voici donc la fratrie au complet sur ce document de 1881.

Extrait du recensement de 1881.

Marie Thérèse Roche mettait au monde un enfant tous les trois ans. Joseph, l’aîné arriva en 1865, Isidore le cadet en 1868, Marie Louise l’aînée des filles en 1871, Joséphine en 1874, Louis en 1877 et enfin Hippolyte en 1880. Tous ces enfants atteignirent l’âge adulte. En 1896, la liste nominative montre que seuls les quatre garçons demeurent à la ferme.

Extrait du recensement de 1896.

Les deux filles se sont mariées en 1895, Marie-Louise le 16 février avec Pierre Paul Simon (patronyme Simon) et Joséphine le 06 juillet avec François Adrien Charrier. Puis ce sera au tour des aînés des garçons de quitter le foyer, si bien qu’en 1911, seuls Louis et Hippolyte demeurent à Campblancard avec leurs parents.

Extrait du recensement de 1911.

Entre temps, Louis a répondu à ses obligations militaires du 16 novembre 1899 au 21 septembre 1901, au 40ème Régiment d’Infanterie de Nîmes. A la veille de la guerre, il se marie et prend pour épouse Louise Léonie Millet, le 31 août 1912 à Caderousse. Il a alors trente-quatre ans.

Moins de trois ans après, l’armée le rappelle lors de la mobilisation générale du 1er août 1914. Il rejoint alors le 118ème R.I.Territoriale d’Avignon comme bon nombre de Vauclusiens. En septembre de la même année, il passe au 21ème Régiment d’Infanterie puis la réserve de celui-ci, le 221ème R.I.

Début mars 1917, il gèle à pierre fendre sur le front de Champagne. La neige est encore là mais cette ambiance plutôt fraîche ne ralentit pas les ardeurs de l’Etat-Major français. Il faut attaquer, encore attaquer et c’est le 221ème R.I. qui est sollicité le 12 mars au matin.

Après un travail préparatoire d’artillerie, la troupe se lance courageusement à l’assaut d’un bourg appelé « Maisons-de-Champagne » dans le Journal de Marche de l’unité. Cela doit se situer dans la Marne, à la limite de ce département avec la Meuse. Le rédacteur raconte en détail cette attaque, la défense allemande, la contre-attaque allemande à la grenade une fois que la tranchée est tombée.

Bilan de ces quelques hectomètres gagnés, une citation pour le régiment et pas moins de 155 prisonniers ennemis: 3 officiers, 7 sous-officiers, 6 caporaux et 139 hommes du rang pour qui la guerre est finie. Du côté français, le rédacteur du Journal de Marche a rédigé la longue liste des victimes de cette journée du 12 mars 1917: 67 tués, 250 blessés, 23 disparus et 17 intoxiqués car les allemands ont riposté avec des armes chimiques. 357 hommes mis hors de combat pour un gain territorial modeste, cela en valait-il la peine ?

Pour Louis Barbe Ferragut, de la 19ème Compagnie du 221ème R.I., son nom apparaît sur la fin de cette liste macabre.

Il était âgé de 39 ans et 3 mois.

La narration de la bataille du 12 mars 1917 en Champagne:

 

 

La fiche de Louis Barbe Ferragut de Mémoire des Hommes.

Louis Barbe Ferragut, matricule 799 classe 1897, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Ferragut est très répandu en Vaucluse et à Orange. Si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Jean Gromelle.

 

Si les deux frères aînés de Louis évitèrent la Grande Guerre, ce ne fut pas le cas d’Hippolyte, né en 1880 et donc rappelé en 1914. Il combattra dans les rangs du 24ème Bataillon de Chasseurs à Pied et  sera blessé deux fois: une première en Belgique d’une balle dans le pied gauche le 18 novembre 1914 et une seconde à Cléry d’un éclat d’obus dans la fesse gauche. Ces blessures ajoutées à la disparition de son frère eurent pour conséquence de voir l’armée le retirer des premières lignes pour lui donner une attribution au 8ème Escadron du Train, le 15 août 1917. Il allait recevoir la médaille militaire pour les faits d’arme mentionnés.

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