LAUDUN-CADEROUSSE… à droite, un oppidum, à gauche des digues.

Article publié dans la blog de l’Association Ancône Culture et Patrimoine.

Nouvelle sortie patrimoniale organisée par Ancône Culture et Patrimoine, une balade sur les deux rives du Rhône au niveau de Laudun-Caderousse, le jeudi 24 mai 2018.

 

affichette

Laudun sur la rive droite est un peu éloignée du Rhône, étant adossée à un relief. C’est son port, L’Ardoise,  qui est en bordure du fleuve, du Grand Rhône avant la canalisation. Aujourd’hui, il s’agit d’un bras secondaire  récoltant des eaux résiduelles du barrage de Caderousse et celles de la Cèze, un des affluents les plus imprévisibles du Rhône.

L’Ardoise est industrielle malgré le démantèlement de l’aciérie et Laudun est résidentiel. Cela date de très longtemps, du temps des Romains croirait-on mais en réalité, bien antérieurement à eux, avec, en haut du plateau, le Camp de César, un oppidum dont il reste de nombreux vestiges anciens. Fondé au Vème siècle avant notre ère, cet oppidum n’a de César que le nom car on peut fortement douter du fait que l’empereur y ait résidé un jour.

Des murailles, un forum, une huilerie puis une nécropole et une chapelle romane attestent plus d’un millénaire d’occupation des lieux. Un oppidum régulièrement entretenu par la ville, les finances de celle-ci pouvant le supporter.

En bas, au village, c’est l’après Camp de César qui va nous intéresser avec un mini-Pont du Gard, un aqueduc construit dans la seconde moitié du XIXème siècle pour alimenter en eau le village et permettre de franchir un profond valent, l’aqueduc de Balouvière.

Laudun, terre d’accueil où fut installé à la fin de la guerre d’Algérie, un camp de Harkis sur un terrain militaire, entre Laudun et Saint-Laurent-des-Arbres. Des familles ont pris racine dans ce coin du Gard à la fermeture du camp, aujourd’hui démantelé.

Nous ne franchirons pas le Rhône en bac à traille…

…comme cela se faisait jadis ni par transporteur comme cela exista aussi pour faire traverser les betteraves du Vaucluse à la sucrerie de L’Ardoise. Cette construction fut l’une des premières de ce type en France mais nous n’avons pas le moindre souvenir photographique de celui-ci à  une époque, la fin du XXème siècle, où pourtant, les cartes postales montraient un peu tout et n’importe quoi !

Seconde partie de journée, une visite guidée par Jean-Paul Masse, président de la Levado et grand connaisseur du village de Caderousse, bourg totalement entouré de… levado, de digues. Un kilomètre trois cents pour éviter que le Rhône ne revienne faire des ravages dans le village comme ce fut le cas de nombreuses fois comme en atteste la façade de la mairie.

Après 1856, des digues furent levées, bien souvent en déconstruisant les anciens remparts dont il reste toutefois quelques traces. Car si L’Ardoise était baignée par le Grand Rhône, Caderousse l’était par le Petit.

Aujourd’hui, il s’agit des eaux d’Eygues qui alimentent ce bras peu actif. Ce qui ne veut par dire pour autant que le village est à l’abri des crues. En effet, un déversoir situé au niveau du franchissement du Rhône par l’autoroute A9 et la LGV, permet au Rhône de s’étendre calmement dans la plaine de Caderousse, ce qui n’empêche pas que ces eaux peuvent être tout autant destructrices pour les demeures ayant oublié de construire un recati. Après le Rhône fougueux d’antan, la force tranquille mais inexorable d’aujourd’hui, comme en 2003.

A l’intérieur des digues et des murs anciens, des traces du passé avec en particulier, l’église datant du XIIème siècle avec ses nombreuses transformations au fil des siècles et son clocher typique provençal à six cloches,…

…le maison de la famille d’Ancezune , le beffroi de l’Hôtel-de-Ville, les cours ombragés par des platanes aussi anciens que les digues, la présence discrète du musicien, Pierre Tranquille Berbiguier ou de Jean Moulin… Mais laissons la parole à Jean-Paul et ses explications précises et documentées.

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Henri Saturnin RAMEL.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt troisième nom de la liste: Henri Saturnin RAMEL.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

C’est le 29 novembre 1897 qu’Henri Saturnin Ramel est né à Caderousse. Il n’avait pas encore dix-sept ans quand la guerre a éclaté et seules les circonstances du conflit l’ont amené au front pour le destin tragique qu’on devine. Si la guerre avait été courte comme tout la monde le prévoyait, si le premier mois de guerre n’avait pas été cette infâme boucherie, il n’aurait rejoint l’Armée qu’en 1918 et aurait eu bien plus de chance de passer à travers les balles allemandes. Oui mais, avec des si… !

Henri est le fils de Louis Joseph Ramel né en 1865. Ce dernier est un enfant du village qui a uni son destin à celui d’une fille de Barbentane, Marie Appollonie Aurouze venue au monde entre Rhône et Durance en 1868. Les noces sont célébrées le 29 avril 1891 à Caderousse et moins d’une année plus tard, nait une petite Marguerite Aimée le 29 mars 1892. C’est le père de Marie qui va aller en mairie déclarer cette naissance car à cette époque-là, le 58ème R.I. d’Avignon a rappelé Louis Joseph pour une période d’un mois d’exercices. Il est là quand vient au monde son second enfant, son fils Henri Saturnin, rue Vénasque.

Voici donc la famille au grand complet au recensement de 1906 avec deux intrus, des cousins qui vivent au foyer de Louis et Marie. Le père exerce le métier d’ouvrier baletier chez le patron Vivet. Henri suivra la trace de son père avant qu’il ne soit mobilisé, le 09 août 1986 à l’âge de 18 ans et 8 mois ! Très très jeune pour aller se faire tuer !

Il rejoint le 99ème Régiment d’Infanterie de Vienne, toujours au bord du Rhône, pour une formation militaire. Il est ensuite viré au 22ème RI en janvier 1917 avant de revenir au 99ème deux mois plus tard. C’est au 299ème R.I. qu’il va connaître son tragique destin. Nous sommes alors en août 1918. Le sort de la guerre vient de basculer et sur tous les fronts, les troupes allemandes reculent. Un retrait combatif et terriblement meurtrier. Preuve de ce retrait, cette illustration montrant l’avancée du 299ème de Ligne entre le 8 et le 11 août 1918, dans l’Oise, du côté de Mareuil-la-Motte.

Une avancée de plus de dix kilomètres en quatre jours alors que les offensives des années précédentes lors de la guerre des tranchées ne permettaient que de petits gains territoriaux sur des temps beaucoup plus longs. Et Henri Ramel dans tout cela ?
A travers les écrits de son registre matricule, on comprend qu’il disparaît corps et âme à un moment et qu’on ne retrouve sa dépouille que le 1er septembre 1918. Les troupes avancent, l’intendance doit suivre et on n’a guère de temps et de personnel pour s’occuper des morts tant on a du travail avec les vivants, qu’ils soient blessés ou indemnes. A partir de la position où le corps a été retrouvé, non loin de Mareuil-la-Motte, à quinze kilomètres au nord de Compiègne, on estime qu’il a été tué le 11 août 1918 et le tribunal d’Orange va confirmer cette date, longtemps après la fin de guerre, dans un jugement déclaratif du 15 octobre 1920.

Le 11 août 1918, Henri Saturnin Ramel était âgé de 20 ans et 8 mois. Court et triste destin ! En dédommagement de cette perte, l’Etat allait octroyer 150 francs à son père le 30 novembre 1918. Le prix d’un homme !

 

La fiche matricule de Henri Saturnin Ramel de Mémoire des Hommes.

Henri Saturnin Ramel, matricule 1 232 de la classe 1917, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Ramel est encore présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Henri Saturnin son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Les frères Raymond.

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Il y a 100 ans jour pour jour: J’AI VU du 15 mai 1918

(JOUR 1382 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une couverture osée que Facebook censurerait peut-être de nos jours. La République dénudée guidant les hommes à la Victoire. Le titre de ce tableau de Roll présenté au Salon de Peinture 1918: L’appel aux Armes !

Deux pages à la gloire de Clémenceau. J’ai vu emmène ses lecteurs à la découverte du village du Père la Victoire comme on l’appellera plus tard: Mouilleron-en-Pareds, village de Vendée entre La-Roche-sur-Yon et Parthenay.

Le conseil municipal du village vendéen.

Les moulins de Mouilleron. On n’est pourtant pas dans la Mancha.

La maison natale du Tigre.

Le jardin de la maison natale.

Et même la bonne du Grand-père !!!

Le culte de la personnalité de la pure mode du futur « petit père des peuples ».

Retour sur la cheminée du « Vindicative » criblée d’impact d’éclats d’obus…

…après l’attaque du 22-23 avril 1918 sur Ostende et Zeebrugge.

Un autre tableau après celui de la couverture:

Le Tsar dans sa prison non signée. Les Romanov dans leur prison loin d’être dorée. Quand ce journal parut, on ne doutait pas que les Romanov avaient moins d’un mois à vivre.

Autre dessin en double page centrale, une composition de Léon Fauret montrant un combat de chars, au premier plan le français à l’arrière l’allemand.

Combat de chars à la manière d’un combat de dinosaures !

Pour terminer, un peu d’humour.

Rigolo et moderne..

 

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La RETIRADA en CARTES POSTALES: CAMP DU BARCARÈS 16/18

Seizième carte de l’album-souvenir de la Retirada. CAMP DU BARCARÈS- Le lavage du linge (Campo de Barcarès-El lavabo de la ropa)

Les tâches collectives au camp de concentration du Barcarès. Après la nourriture l’hygiène avec le lavage du linge. Francisco Ferrer parle de la toilette individuelle que chacun faisait- ou pas- dans la mer puis dans des installations plus ou moins performantes. Mais le lavage du linge, il n’en fait pas mention. Pour laver du linge, était un peu le système D pour chacun. Le principal problème était les puces et les poux. Ce nettoyage-là était le plus important pour les hommes et certainement pour les femmes mais l’auteur n’eut jamais affaire à la mixité pendant son séjour dans le sud de la France.

Cette carte postale fait un peu partie de la propagande présentant les camps comme on aurait montré des auberges de jeunesse ou des camps scouts à un autre moment. Cet album-souvenir est un témoignage intéressant mais ne prend jamais en compte le caractère dramatique de la situation vécue par des centaines de milliers de personnes fuyant la mort, la déportation, la vengeance des vainqueurs et les conditions désastreuses d’accueil de ces réfugiés.

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JEUX: soirée LUDIVORES de MAI (mercredi 09 mai): des nouveautés.

Soirée jeux à la MJC en plein milieu d’une semaine de ponts (8 mai, Ascension). Un peu moins de monde mais les nouveaux jeux de l’association sont arrivés.

Après une mise en train avec Théo autour d’un DUEL version SEVEN WONDERS à deux.

 Je marche sur l’eau du début à la fin de la partie et laisse Théo loin derrière. Une victoire aux points…

Les autres tables libérant d’autres joueurs, nous commençons un nouveau jeu de l’association… L’ÂGE DE PIERRE.

Un jeu de positionnement de meeples avec des possibilités multiples. Il faut ramener des matériaux mais pouvoir nourrir ses hommes, on peut construire des huttes, acheter des cartes… Bref, beaucoup de choix. je rate un peu le début de la partie et finit largement dernier, derrière Florentin performant en fin de décompte et Théo qui fut à l’aise pendant la partie. Intéressant mais un peu mou, cet âge de pierre.

Fin de soirée avec SANTORINI

Un jeu de construction de bâtiments dans un espace réduit. L’objectif est d’arriver à monter un de ses deux meeples au second étage d’un des bâtiments qu’on construit. Bien sûr, on peut empêcher que l’adversaire y parvienne en posant un dôme. On joue avec l’extension des personnages.

La finalité du jeu est d’arriver à isoler ses meeples de ceux des autres pour accéder au second étage. Théo y parvient avec brio et se rattrape de DUEL !

 

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du 12 mai 1918

(JOUR 1379 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Ce n’est pas Clémenceau qui a droit à la couverture du Miroir cette semaine mais un sous-secrétaire d’état, M. Daumesnil, qui serre la main à un aviateur, René Fonck, qui terminera la guerre avec 75 victoires homologuées.

Une vue originale de Venise survolée par deux avions amis. Cela illustre une attaque de l’aviation autrichienne ou allemande sur la ville. Intérêt stratégique limité mais le pont du Rialto a eu chaud.

Bataille autour d’Amiens sur la Somme.

Le titre annonce que la bataille fait rage autour d’Amiens. Mais les deux photos montrent un décor bien propre. On est loin de la « vraie » guerre !

 

Toujours dans la Somme, les soldats britanniques blessés posent leurs casques pour aller se faire soigner… mais il ne semble guère blessés.

Paysage de Reims sous les bombardements. Après tous les bombardements subis par la ville pendant la guerre, elle sera considérée comme détruite à 60% une fois que le danger sera éloigné définitivement.

Une double page pour illustrer le raid britannique et français sur le port et le canal de Zeebrugge et sur Ostende. Cela se passait les 22 et 23 avril dernier. Les navires assaillants portent les stigmates de la réaction allemande.

Le titre de cette dernière photo ne serait plus toléré de nos jours, à juste titre… Le recrutement des Noirs au Sénégal. On recrute à tour de bras des hommes semblants volontaires. La réalité ne devait pas être aussi idyllique.

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Louis Antonin POINT.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt deuxième nom de la liste: Louis Antonin POINT.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Louis Antonin Point n’est pas né à Caderousse mais à Orange le 28 février 1883. En effet, son père Louis Auguste est Orangeois de naissance, venu au monde dans la Cité des Princes le 28 mai 1846. Ce dernier va convoler en justes noces avec une fille de Roquemaure, Anne Pauline Richard, certainement vers le 02 janvier 1877. Faute d’Etat-civil du Gard numérisée, on peut lire les deux publications du mariage Point-Richard transcrites à Orange les 19 et 26 décembre 1876.

Très rapidement va naître une fille Marie Angélique arrivée neuf mois après le mariage, le 05 octobre 1877, quartier des Graves à Orange. C’est aujourd’hui la sortie ouest de la ville mais ce devait être à l’époque une grange à la campagne, proche de la route menant à Caderousse. Quatre ans plus tard, un garçon, Félix Joseph venait agrandir la famille le 31 mai 1881, toujours aux Graves. Enfin, c’était au tour du futur Poilu caderoussien Louis Antonin de voir le jour, le 28 février 1883. On constate en cette occasion que le fermier Louis Auguste Point a quitté les Graves pour le quartier Champauvin, une autre appellation du Coudoulet.

C’est là que, moins de quarante jours après la naissance de Louis, ce dernier va se retrouve orphelin avec le décès de sa mère Anne Pauline, le 09 juillet 1883. Suite de couches ? Accident ou maladie ? Les actes de décès en France ne le mentionnent pas contrairement à ceux du Royaume Uni. Voici donc le père devant s’occuper d’une famille de trois enfants tout seul, tout en menant des terres. Pas facile !

On retrouve la famille à Caderousse lors du recensement de 1896.

C’est Marguerite, la mère de Louis Auguste qui s’occupe, malgré ses soixante-douze ans de la ferme au quartier de la Grand Grange. La fratrie est au complet et les garçons donnent la main au père dans les champs. C’est entre 1891 et 1895 que les Point sont venus s’installer à Caderousse.

Sa mère devenant âgée et ne pouvant plus le seconder suffisamment, Louis Auguste va se remarier le 1er mai 1901 à Camaret avec Marie Adélaïde Bourret, huit ans plus jeune que lui. En 1906, le couple vit maintenant aux Cabannes…

Le recensement de 1906.

… Marguerite est décédée en 1905, les aînés ont pris leur envol, seul Louis Antonin est revenu auprès de son père après son service militaire.

Ses classes, il les a faites en Arles, au 58ème Régiment d’Infanterie du 14 novembre 1904 au 23 septembre 1905. Seulement une petite année du fait que son frère Félix Joseph soit sous les drapeaux et que lui doive aider son père aux champs. Cela lui permit  de gagner deux années de service.

Il est toujours là en 1911…

Le recensement du 1911.

… et il ne semble pas s’être marié dans les trois années suivantes qui précèdent la grande déflagration.

Rappelé sous les drapeaux le 04 août 1914 en Avignon, il passe rapidement au 4ème Régiment d’Infanterie Coloniale de Toulon, après la terrible journée du 27 août qui a vu ce régiment perdre 1 475 hommes et 22 officiers en quelques heures, du côté de Luzy-Martincourt, suite à une violente attaque allemande repoussée… mais à quel prix !

C’est dans le secteur de la main de Massiges en Champagne qu’il va subir une grave blessure, une fracture du crâne qui va l’envoyer en service auxiliaire par la commission de réforme. Cela se passa quelques jours avant le 14 avril 1915. Est-ce des complications suite à ce traumatisme ? Ou est-ce après avoir retrouvé son unité après sa convalescence ? Toujours est-il que Louis Antonin Point décède à l’hôpital mixte de Limoges dans la Haute-Vienne le 25 décembre 1915 suite à des blessures de guerre. Triste Noël !

Il était âgé de 32 ans et 10 mois.

La fiche matricule de Louis Antonin Point de Mémoire des Hommes.

Louis Antonin Point, matricule 139 de la classe 1903, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Point est assez répandu sur la rive gauche du Rhône. Si quelqu’un reconnaît en Louis Antoine son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Henri Saturnin Ramel.

Quelques mots sur le parcours militaire de Félix Joseph Point, le cadet de la famille mais aîné de Louis (matricule 286 classe 1901- Avignon)

Joseph rejoignit les Hussards à Tarascon en 1902, le 16 novembre, et d’engagement en rengagements resta à l’armée jusqu’au 05 août 1921. C’est donc pour une militaire de carrière qu’il a quitté Caderousse pour servir dans cette unité à cheval.

Il subit une blessure… avant la guerre, en 1907 quand, au manège, son cheval refusant l’obstacle et le blessa au genou et à la cuisse. Ce traumatisme l’accompagnera tout au long de sa carrière militaire et il obtint finalement une petite pension à sa libération.

En 1917, il quitta l’armée d’active pour servir à l’intérieur. Il avait terminé sa Grande Guerre sans nouvelle blessure.

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Louis Antoine POINT.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

On lit sur le monument aux morts les noms de deux concitoyens Point aux noms et prénoms quasi identiques…

…Point Louis (Antonin) et Point Louis Antoine ! Le premier né en 1883 et le second en 1880. Voici la plus grande différence entre les deux. Ils ne sont pas parents mais ont connu la même vie chaotique. Finalement la plus grande ressemblance entre eux, c’est la même difficulté à suivre leur vie avant la guerre, la partie généalogique de leur biographie, à travers état-civils et listes nominatives de Caderousse, d’Orange, de Camaret et de… Laudun et Roquemaure, mais sans archives numérisées, c’est plus rapide !

Commençons par le second inscrit sur le monument, le plus âgé des deux.

Quatre-vingt unième nom de la liste: Louis Antoine POINT.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Louis Antoine est né à Caderousse le 18 février 1880. Son père est né à Caderousse le 21 août 1839 et s’est marié avec Marguerite Pauline Dardun d’Orange le 12 janvier 1878. Les époux sont alors âgés respectivement de 38 et 27 ans.

Au recensement de 1876, Louis Point père vit chez ses parents, quartier Miémart.

Marié le 12 janvier 1878, Louis père se retrouve veuf en août de la même année après le décès de Marguerite. Premier drame ! Il se remarie huit mois plus tard avec une fille de Laudun, Marie Pélagie Mollon, née en 1846 et fille d’un aubergiste puis tonnelier du hameau de L’Ardoise au bord du Rhône. Ces secondes noces seront célébrées dans le Gard le 27 avril 1879. Dix mois plus tard, le 18 février 1880, nait Louis Antoine.

Voici donc toute la famille rassemblée sur la liste du recensement 1886, toujours du côté de Miémart: Louis père et Marie vivent avec Louis fils âgé de 6 ans, la grand-mère paternelle Marguerite Lassiat dont le mari est décédé en 1877  (décès qui a peut-être entrainé le mariage de son fils) et un employé Auguste Lurie.

Cette belle ordonnance sera rapidement bouleversée avec le décès du chef de famille, comme on disait et notait à l’époque. Louis père décède le 04 juin 1889 à la grange de Miémart. Second drame ! Il avait tout juste 50 ans. Marguerite la grand-mère va rejoindre sa fille Caroline mariée avec François Aubert et Marie Pélagie déménage à Orange avec son fils Louis Antoine. Il est plus facile de trouver des ménages à faire ou du linge à repasser en ville qu’à la campagne, dans une ferme isolée au bord de l’eau.

Retour de Marie et Louis Antoine à Caderousse en 1895 ! Marie Pélagie se remarie le 12 janvier 1895 avec François André Bas, veuf lui aussi et vient s’installer dans sa ferme quartier Camblancard, non loin de Miémart. C’est ce que nous indique le recensement de 1896.

A noter au passage la troisième orthographe du patronyme Mollon… Moulon… Moullon, l’exact semblant être la première. A la ferme vivent François et sa fille Joséphine et Marie et son fils, le futur Poilu.

C’est à ce moment que Louis aurait du faire son service militaire. En 1901, il est ajourné. En 1902, il est réformé pour faiblesse. En 1903, il est exempté. Louis souffre d’infantilisme, une maladie thyroïdienne empêchant son développement physique (il ne mesure qu’un mètre 62), psychique et sexuel.

Le recensement de 1906.

11 avril 1907, André François Bas décède à son tour. Troisième drame. Marie Pélagie et son fils disparaissent de la liste du recensement de 1911. Retour à Orange ? à Laudun ? Nous les perdons de vue… mais pas l’armée ! Le 02 décembre 1914, plus d’infantilisme pour Louis Antoine ! Certes, on peut penser qu’il n’a pas bénéficier d’un traitement médical pour régler son problème. Mais la France a besoin de soldats et comme quasiment tous les exemptés d’avant-guerre, Louis Antoine se retrouve « bon pour le service ». Il est affecté au 140 ème Régiment d’Infanterie  de Grenoble le 22 février 1915 Il dut certainement souffrir de l’attitude des autres face à son infirmité. Il passe au 157 ème R.I. en août 1915 puis au 340ème R.I. le 02 janvier 1916.

1916, 21 février… Verdun, les Allemands attaquent et déversent un déluge de feu dans cette bataille qui durera jusqu’en décembre. Le 340ème d’Infanterie se retrouve en première ligne à Thiaumont fin juin-début juillet 1916. Thiaumont, c’est un ouvrage défensif complètement rasé par les combats, situé sur le territoire de la commune de Douaumont, aujourd’hui à quelques hectomètres de l’ossuaire et de la tranchée des baïonnettes.

Du 24 juin au 04 juillet, de très violents combats vont s’y dérouler. Il n’est qu’à voir le bilan  humain au 340ème R.I. de cet affrontement, consigné dans le Journal de Marche de l’unité (d’où est extraite également la carte ci-dessus) pour comprendre que peu d’hommes en rechapèrent intact.

50 officiers et 1 502 hommes de troupe sont mis hors de combat en dix jours. Une hécatombe ! L’officier ayant rédigé le Journal de Marche a consciencieusement noté le statut de ces soldats. Il a noirci de nombreuses pages et parmi cette longue liste, on retrouve Louis Point…

…avec un petit « 1 » dans la colonne des disparus. Il sera considéré comme décédé après le jugement du tribunal d’Orange en date du 26 juillet 1921 qui fixera la date de sa disparition au 28 juillet 1916, cinq ans plus tôt !

Que s’est-il passé ce jour-là ? Quelques bribes de réponse avec cette narration d’une attaque allemande à la grenade puis d’une contrattaque française.

La routine pour des gains territoriaux minimes, bien souvent rapidement perdus.

Le 28 juillet 1916, Louis Antoine Point avait 36 ans et 5 mois.

 

La fiche matricule de Louis Antoine Point de Mémoire des Hommes.

Louis Antoine Point, matricule 241 de la classe 1900, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Point est assez répandu sur la rive gauche du Rhône. Si quelqu’un reconnaît en Louis Antoine son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Louis Antonin Point.

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La piscine dans le Rhône en AVIGNON, au pied du pont suspendu… mais pas du même côté !

Il y a quelques années, j’avais présenté cette vue de la piscine construite le Rhône et dont le bassin était alimenté par les eaux du fleuve.

https://unmondedepapiers.com/2014/12/07/photographie-la-piscine-de-la-barthelasse-avignon-vers-1900/

On y voyait des baigneurs exclusivement masculins s’adonner aux plaisirs de l’eau tandis qu’au loin, la patache passait sur le pont suspendu. Sauf que j’avais imaginé que cette piscine était située à quelques dizaines de mètres de l’actuel bassin, à l’intérieur d’un camping de l’île de la Barthelasse. Erreur !

Une carte postale ancienne trouvée récemment nous montre la dite-piscine et le pont suspendu.

 

Entre les deux piles du pont suspendu, derrière les hommes ramassant des galets du Rhône, on voit très bien la structure provisoire de la piscine en bois et… elle se trouve côté rive gauche, côté remparts, près des actuelles allées de  l’Oulle et non côté Barthelasse.

En se rapprochant on distingue bien le toit de la cabane devant laquelle posaient les baigneurs. Cela ne change pas grand chose mais on aurait pu s’en douter. Il était plus logique de la placer près de la ville que dans l’île ! Quand à la patache, elle ne partait vers Villeneuve mais elle arrivait à Avignon !

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JEUX: une soirée de TERRAFORMATION de MARS (05 mai 2018)

Une longue partie de TERRAFORMING MARS chez Daniel et Marie avec Théo comme quatrième larron. Les nouveautés du jour: les cartes des extensions et le plateau ELYSIUM.

Pas de Pôles aux pouvoirs particuliers, de nouvelles cases OBJECTIFS et RÉCOMPENSES.

Conséquences de ces nouvelles cartes ou manque d’efficacités des joueurs (?) la partie va s’allonger considérablement. Au point où, à l’arrivée, une seule case du plateau de jeu reste sans hexagone… Les tuiles « Océan » vont mettre longtemps à apparaître… les decks de cartes vont monter…

J’ai choisi comme carte de départ, un avantage qui permet de modérer les pré-requis, que je n’utiliserai que peu de fois…

Bilan de la soirée…

Belle victoire de Daniel qui devance Marie d’un point, Théo et moi assez largement distancés avec respectivement 9 et 14 points de retard. Daniel est décidément le spécialiste des parties qui durent longtemps.

A revoir après un ARCHIPELAGO qu’attend Théo impatiemment…

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