Une chanson de LA ROULANTE: LE PRISONNIER BOCHE (Ch. DUJARDIN)

LE PRISONNIER BOCHE, de Ch. Dujardin, rédacteur de La Roulante.

L’histoire est située à la Croix des Carmes à Montauville, à 2 km à l’ouest de Pont-à-Mousson. Il s’agit du secteur de Bois le Prêtre où de violents combats eurent lieu en 1915 avant que le front ne soit stabilisé sur 3 ans.

CroixdesCarmes.jpg

Un monument est élevé à la gloire du 365ème R.I.

On voit que l’histoire de cette chanson est une guéguerre entre la troupe et les gendarmes, les premiers faisant des prisonniers et les seconds les laissant s’échapper. Les gendarmes n’étaient guère appréciés des Poilus !

 

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Un journal de Tranchées: LA ROULANTE du 369 n°14 du 28 février 1917 (10/10)

Retour de cet avant-dernier numéro de La Roulante à un format plus important. A la une, Bils fait parler deux Poilus se félicitant d’avoir fait prisonnier les soldats allemands qui défilent devant eux.

Des prisonniers allemands, on en retrouve sur la double page centrale, toujours sous les traits au crayon de Bils, sous le titre « un coup de filet » daté du 30 janvier 1917.

D’excellents portraits d’un artiste confirmé.

Page « En roulant… à travers les Crises » sur les restrictions à l’arrière, signée Rip.

On y parle de la crise du sucre et de celle du charbon qui va être bientôt rationné. L’auteur se propose de devenir inspecteur gastronomique à la Préfecture de Police pour s’occuper de ces restrictions et envisage de créer des salles chauffées communes pour le public à qui on passera des films cinématographiques pour ne pas qu’il s’ennuie.

La crise du charbon et son possible rayonnement semble vraiment être une préoccupation avec cet autre dessin humoristique de Coois Schem…

… et le jeu de mot coke-coq.

La page du philosophe Athanase Parigot est une suite de brèves entendues ici et là. « un embusqué trouve toujours un plus embusqué qui le dégoûte »; « Le meilleur moment de la permission, c’est la veille du jour où l’on doit y partir ».

Enfin, sur deux pages, un drame en trois actes: « Lorsque tout est fini. » par Jan d’Urdy.

 

Il s’agit d’un jeune homme se confiant à un vieil ami dévoué. Il veut se suicider car désespéré car celle qu’il désire ne l’aime pas. Comme mort, il envisage la Seine… elle est gelée, l’armée… ne pas y aller car il est réformé, reste le charbon mais il est trop cher.
Au second acte, le vieil ami dévoué reçoit une lettre dans laquelle il apprend que le jeune homme s’est suicidé au charbon, ayant réussi à économiser 23 francs 50 pour acheter un boisseau.

Au troisième acte, ce même vieil ami dévoué apprend cette nouvelle à la dame élégante…

 

… qui pour toute compassion trouve l’attitude du garçon « nigaud » car avec 23 francs 50, elle aurait pu l’aimer pour 20 francs et il lui aurait resté 3 francs 50 !

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Henri COLOMBIER.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-quatrième nom de la liste: Colombier Henri Félicien qui lui aussi, n’apparaît pas sur le monument aux morts de Caderousse. Les destins d’Henri Colombier et d’Augustin Clarisse font montre de bien des similitudes. La première est évidemment l’année de naissance, 1879 pour tous les deux, le 1er avril pour Henri.

La seconde est le fait que l’un comme l’autre ne résidèrent que peu de temps à Caderousse après leur naissance. Comme pour Augustin, la famille Colombier n’apparaît pas sur la liste du recensement de 1881. N’apparaît pas et non n’apparaît plus car, en fait, les Colombier ne sont pas encore arrivés à Caderousse, au quartier du Revestidou lors du précédent recensement, en 1876. Leur séjour caderoussien ne sera donc que de quelques années, quelques mois peut-être, le temps de l’arrivée au monde du petit Henri Félicien. La famille vient de Sorgues d’où elle était originaire le père. Henri naquit dans une ferme au bord du Rhône, du côté du Revestidou, cette rodée du Rhône célèbre chez les mariniers pour sa dangerosité… jusqu’à ce que la canalisation du Rhône lors de l’aménagement de Caderousse vers la fin des années 1970 ne la gomme totalement.

Henri André Colombier et Marie-Louise Gayte s’étaient mariés à Sorgues le 7 septembre 1870, trois jours après l’instauration de la Troisième République. Le père alors âgé de 29 ans était garde dans un des riches domaines de l’île de l’Oiselay. La mère, sa cadette de onze ans était originaire de Privas, préfecture de l’Ardèche.

Il est difficile de suivre la trace de cette famille dans les Archives communales et départementales. On ne peut que proposer quelques flashs et émettre quelques hypothèses.

Deux premiers enfants naquirent avant Henri Félicien. Henri Marius tout d’abord, né le 25 août 1871 dans l’île de l’Oiselay, surnommé Sigeon, très petit, 1 mètre 53 à l’âge adulte que l’armée n’envoya pas au front et laissa travailler ses terres pour l’agriculture, soldat détaché à la production nationale, comme il en eut beaucoup.

Second enfant, Rose-Marie, Sorguaise elle-aussi, née le 14 août 1874. Puis vint donc Henri Félicien pendant la courte période caderoussienne des Colombier, au Revestidou, de 1877 à 1880 environ. Y eut-il d’autres enfants au foyer des Colombier après 1880… ?

On retrouve Henri Félicien Colombier au 2ème Régiment du Génie à partir du 16 novembre 1900, pour son service militaire. Ces classes vont l’emmener bien loin du Vaucluse, au Maghreb, en Tunisie, Bizerte et Tunis.  Le 26/2, le 26ème bataillon du 2ème régiment a été installé en Tunisie après la conquête initiée par le gouvernement de Jules Ferry en 1881. C’est le côté sombre du personnage dont on a surtout retenu la face éclairée, celle de la création de l’école laïque, gratuite et obligatoire en oubliant les aventures coloniales en Indochine, à Madagascar et ici en Tunisie. Le registre matricule attribue à Henri Félicien une campagne de Tunisie du 25 septembre 1901 au 18 septembre 1903, deux années pendant lesquelles les troupes françaises durent à lutter contre des rebellions d’un pays conquis, occupé mais insoumis. Une première campagne militaire, une douzaine d’années avant la seconde, bien plus terrible celle de la guerre contre l’Allemagne.

Entre temps, Henri Félicien s’est marié à Sorgues le 23 juin 1906. Il a pris pour épouse Marie-Pauline Establet. On peut penser, sans risque de trop de tromper, qu’ils furent rapidement parents de petits de la génération suivante.

C’est en tant que sapeur mineur au 4ème Régiment du Génie de Grenoble qu’Henri Félicien participa à la Grande Guerre. Une taupe ! Une de celle qui passaient leurs journées à remuer de la terre pour creuser des boyaux ou pour construire des galeries dans le but de poser des explosifs au-dessous des tranchées ennemis. La terrible guerre des mines, celle de Vauquois ou de Berry-au-Bac. Une guerre terrible pour les nerfs des hommes qui risquaient à tout moment de disparaître ensevelis sous la terre, sans espoir d’être secourus. Henri Félicien ne résista pas à ce stress. Il dut être interné dans un de ces hôpitaux psychiatriques dans lesquels étaient mis les soldats traumatisés psychiques de la guerre qu’on appela les « mutilés du cerveau ». Des films récents ont raconté ces histoires et ont médiatisés ces blessés de guerre un peu particuliers.

Henri Félicien Colombier, Sorguais natif de Caderousse mourut le 10 septembre 1918, deux mois avant l’Armistice, à l’Asile d’aliénés de Maréville de folie, indiquent ses papiers officiels. Il approchait de la quarantaine.

Vue aérienne du quartier de Laxou (banlieue ouest de Nancy) dans lequel était implanté l’Asile d’Aliénés de Maréville dans lequel mourut Henri Félicien Colombier. On voit en haut à droite le porche sous lequel passaient les internés avant d’entrée dans cette structure fermée. Si une structure psychologique existe encore dans un bâtiment, les autres locaux sont devenus des espaces collectifs et des logements particuliers.

La fiche d’Henri Félicien Colombier de Mémoire des Hommes

Henri Félicien Colombier, matricule 1 384 classe 1899, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Colombier existe encore en Vaucluse, à Sorgues, Sarrians, L’Isle-sur-la-Sorgue, peut-être des  descendants direct ou indirect de Henri Félicien. S’ils rencontrent ces lignes est qu’ils reconnaissent leur ancêtre, qu’ils n’hésitent pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Léon Combe.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du 25 novembre 1917

 (JOUR 1210 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

A la une Lloyd George écoutant attentivement un discours prononcé au Ministère de la Guerre. Il s’agit du Premier Ministre britannique venu spécialement à Paris.

Autre visite de courtoisie, celle du Kaiser en Turquie…

…rencontrant les autorités militaires et civiles.

Encore une vue édifiante du Chemin des Dames avec ces photos aériennes prises pour le petit jeu du avant-après.

Avant l’attaque française des 23-26 octobre 1917.

Après celle-ci et les bombardements précédant l’attaque. Malgré ce pilonnage, l’attaque fut un fiasco !

La situation en Russie toujours aussi floue pour les observateurs français.

On parle de guerre civile à Petrograd.

Des troupes fidèles à Kerensky défilent à Petrograd tandis que…

…. des Maximalistes sont arrêtés et transportés par wagon vers une destination inconnue.
Toujours Kerensky. Il  a pris la tête des troupes russes en personne après la défection du général Kornilof.

En Italie, en double page centrale, la photo retouchée de services sanitaires évacuant des blessés par un téléphérique dans le Trentin.

L’arrivée de troupes françaises dans le secteur des Dolomites, accueillis par une population en liesse…

…alors qu’on ne voit aucun autochtone aux fenêtres des maisons de ce village.

Des photographies prises, nous dit-on, à un prisonnier allemand dans la région de Laon dans l’Aisne.

On y voit un train de munitions entièrement détruit et laissé à l’abandon au bord des voies…

…ou un hôpital provisoire installé dans la cathédrale de Laon.

Pour terminer, de nouvelles vues des manifestations entourant la mise en souscription de l’emprunt de guerre aux Etats-Unis. On a vu les affiches dans le J’ai vu d’hier…

…Le Miroir présente des vues de défilés patriotiques où sont présentés un char anglais à gauche et un sous-marin allemand à droite, cela du côté de Central Park à New York.

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Il y a 100 ans jour pour jour: J’AI VU du 24 novembre 1917

(JOUR 1209 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La une est politique pour ce numéro de J’ai vu du 24 novembre 1917. On y présente les chefs de l’exécutif, Poincaré le président de la République et Clémenceau le chef du gouvernement. Entre eux, c’est l’union sacré nous dit-on… Toujours bon à le répéter après une terrible année qui a vu naître des mouvements contre la guerre et des doutes de plus en plus grands de la population quant à une issue favorable au conflit.

La Révolution d’Octobre laisse perplexe la presse occidentale qui s’interroge sur le devenir de la Russie.

D’où ce questionnement: qui du pouvoir de Kerensky ou des Maximalistes (les Soviets) va remporter cette épreuve politique si importante pour le devenir de la guerre ?

La retraite italienne est à nouveau évoquée.

On y parle de l’héroïsme des Bersaglieri qui tinrent le front au moment du décrochage des autres unités…

…l’accueil fait aux troupes françaises dont les Alpins, au Génie qui s’attela à construire des ponts provisoires pour permettre aux troupes de se déplacer.

Le front du Chemin des Dames dans l’Aisne.

Les hommes se muent en bêtes de somme pour hisser des batteries au sommet de la ligne de crête.

Un gros ballon d’observation attirent de nombreux curieux au moment de son gonflage.

Enfin, pour terminer, une page d’affiches américaines destinées à promouvoir l’effort de guerre US et certainement à inciter les hommes à s’engager et les épargnants à souscrire aux emprunts.

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Le (petit) KIOSQUE de PRESSE DE 37: LE MIROIR DES SPORTS du mardi 23 novembre 1937.

Le Vel d’Hiv de Paris accueille les plus grand champion et contrairement à ce qui se passe de nos jours, les routiers deviennent pistards une fois l’hiver venu. Ici le grand Charles Pélissier fait sa rentrée sur la piste de Vélodrome parisien.

D’autres vues de cette réunion où, pendant les moments de repos, le Tout-Paris côtoie les champions.
Sur la seconde page, on voit une vue du cyclo-cross de Puteaux qui porte ici bien le nom de cross cycle-pédestre avec les cyclistes qui se transforment en piétons quand la pente devient trop rude. Cette épreuve a été remportée par Francis Guilhaire.

Une biographie d’une page pour raconter le parcours de Fabien Galateau…

…cycliste méridional qui vécut à Toulon puis en Avignon. Il remporta deux étapes du Tour de France, une  en 1938 puis une autre en 1939. Il ouvrit un magasin de cycles à Avignon où son fils fut un défenseur rugueux à l’Olympique Avignonnais, dans les années 70.

Football donc avec une nouvelle journée de championnat.

L’O.M. s’impose à Metz 2-1 et rejoint Sète à la troisième place, toujours à 6 points du leader sochalien.

Nouvelle journée de Du Manoir en rugby. Les poules de ce challenge sont dominées par l’A.S. Montferrandaise et l’USAP.

Une vue du match parisien de Du Manoir.

CASG-Stade Toulousain à Jean-Bouin remporté par Toulouse 6-3.

Du sport féminin également au programme et…

…un tournoi de basket-ball remporté par Paris au détriment de Nice 39-21.

Des records de vitesse pour terminer.

En automobile tout d’abord:

L’Américain George Eyston a atteint la vitesse de 501,074 km/h sur la piste du lac Salé, au volant de cette monstrueuse Thunderbolt soit quelque chose comme 144 mètres à la seconde !

En aviation.

Le Britannique Clouston et Miss Betty Kirby-Green ont réalisé le raid Londres-Le Cap-Londres en 5 jours 17 h et 27′ avec toutefois un arrêt de 35h et 3′ au Cap. Cela représente tout de même 2 fois 11 400 km. Les escales de ce raid: Le Caire, Khartoum, Broken Hill et Johannesburg à l’aller, un arrêt supplémentaire à Marseille au retour après que l’avion ait été quelque peu secoué à l’atterrissage au Caire.

Dans cet article on parle du Roumain Cantacuzène qui coucha incognito une nuit chez Mme Devin à Ancône.

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Un journal de Tranchées: LA ROULANTE du 369 n°13 du 15 février 1917 (9/10)

Un dessin de Bils sur une patrouille dans un bois où le second militaire préfère envoyer son copain vers l’avant, lui préférant aller chercher les secours pour quand il se fera toucher.

Retour à un format normal pour ce quatre pages, le papier ayant été offert par les Papeteries Darblay à Essonnes.

On y retrouve les écrits classiques.

En roulant… les deux plats. Prosper Montagné évoque ici les restrictions dans les restaurants parisiens avec la mode des deux plats et bientôt du plat unique qui contiendra un peu de tout. Tout cela pour copier les rations des Poilus, pour faire mode en quelque sorte. Le texte est agrémenté d’un dessin quelque peu grivois.

On peut y lire la suite du reportage d’un Monégasque à Berlin.

On parle des rationnements en Allemagne avec pas moins de 31 cartes dans un restaurant de Berlin et du Komprinz qui à chaque combat qu’il mène à la tête des troupes allemandes perd du galon de général d’infanterie avant la bataille des Marais de Saint Gond en 1914 à soldat de Première classe après la perte du fort du Douaumont.

Suite également des Documents historiques …

Il s’agit d’une lettre d’une marraine de guerre teutonne à son filleul au front, victime des privations. Cette marraine est tout de même la présidente de la Société des Marraines Teutonnes de la guerre. Elle y raconte le repas de son mari s’envoyant une énorme saucisse en poussant de retentissant Klop de plaisir tout en pensant au filleul qui fait diète à la guerre. Elle lui adresse finalement une boîte de poudre insectivore pour accompagner sa missive.

 

 

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JEUX: 7 WONDERS et IBERIA chez Daniel et Marie avec Théo… (samedi 18 novembre)

…qui a sorti son petit bonnet de laine avec la froidure arrivée ! Mais la soirée sera chaude… surtout sur le final d’IBERIA, le PANDÉMIE à la sauce espagnole du XIXème siècle, une version très aboutie, comme celle de STAR WARS.

Rapide introduction avec 7 WONDERS, la passion de Théo, qui finalement s’avère être un jeu très rapide quand les règles sont maîtrisées par les joueurs.

Bilan des courses… un match nul entre Marie et Théo autour de 51 points, un bon chiffre pour un apéro et la cuillère de bois pour moi, malgré un deck constitué plutôt harmonieux…

…mais guère efficace (autour de 45 points).

Le plat de résistance avec IBERIA.

Daniel nous cache cinq épidémies mais réussit l’exploit de faire éclore la première dès la fin du… premier jeu de ce pauvre Théo débutant !  La fièvre jaune se répand de Barcelone à Carthagène et la rougeole le long des Pyrénées. On va ramer quelque temps pour endiguer ces maux, bien aidé par Théo répandant l’hygiène à grands coups de seaux d’eau certainement javellisée. Quant à Daniel, en grand amateur de trains électriques de son enfance, il construit des kilomètres de rails qui lui valurent le surnom resté célèbre du constructor francès loco de ferrocaril sauf au Portugal qu’il oublia dédaigneusement.

Chaud chaud sur la fin, à un moment où l’on avait perdu Théo, en phase de pré-sommeil, et un petit bidouille à l’avant-dernier tour nous permit de vaincre le dernier mal avec le dépôt de licence du vaccin contre la maladie bleue, la grippe… espagnole très certainement.

On a senti le mistral perdant de la défaite !

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Une CARTE de la VALLÉE DU RHÔNE des années 20 (ou avant) 2/5

Suite de notre descente du Rhône grâce à cette carte datant des années 1920. Nous nous étions arrêtés au sud des Roches-Condrieu. Nous reprenons la promenade au niveau du pont de Chavanay.

Le pont de Chavanay fort bien desssiné avec ces longues piles fines…

…comme on peut le constater sur cette carte postale ancienne…

…ou de visu puisqu’au moment de l’aménagement de Saint-Pierre-de-Boeuf, les piles de la rive droite ont été conservées. On peut se demander si ce n’est la présence d’une plaque mémorielle posée à la Libération qui a sauvé cette trace du passé. Le nouveau pont a été jeté bien plus au sud.

Saint-Pierre-de Boeuf et l’île qui était accessible par une traille… puis Serrières et le pont entre cette ville et Sablons.

Le pont bleu actuel date de l’entre-deux-guerres mais a été restauré après les destructions allemandes de 1944.

Le pont représenté sur la carte est celui-ci,…

…construit par les frères Seguin en 1828. La fumée du vapeur nous cache une pile mais il ressemblait à son jumeau d’Andance-Andancette, le plus ancien pont sur le Rhône qui n’ait pas été remplacé depuis sa construction.

Restauré et rehaussé pour satisfaire aux besoins de la navigation moderne mais toujours là !

On le voit très bien sur cette vue avec le tablier posé bien au-dessus de la pile, contrairement à la vue précédente.

Entre les deux jumeaux de Serrières et d’Andance, une autre relique, dessinée celle-là sur la carte, contrairement au pont-rail de Givors, le viaduc ferroviaire de Saint-Rambert sur la commune de Peyraud.

Aujourd’hui et…

…hier. Oublié par les Allemands en déroute en 1944, il n’a pas changé depuis 1868 !

A Saint-Vallier, rien n’a été conservé du pont suspendu lors des travaux d’aménagement de la chute de Serves, si ce n’est le reste de la culée rive gauche.

Le pont suspendu ancien avait bien plus de cachet que le pont actuel, indiscutablement.

Nous terminons cette étape de la descente du Rhône à Tournon, avec comme on le constate les deux ponts suspendus de Tain-Tournon séparés d’une centaine de mètres.

Le premier (à gauche sur la vue ancienne) est celui construit par Marc Seguin en 1825, le premier pont suspendu au monde, malheureusement rasé en 1961 pour favoriser la circulation fluviale.

Le second (à droite sur la vue ci-dessus) existe toujours.

Il date de 1849 et est réservé de nos jours aux piétons et cyclistes. Il a été conservé dans son jus et la vue de 1900 ne diffère de celle de 2017 que par les tenues des promeneurs.

A suivre

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109 POILUS de CADEROUSSE, 109 DESTINS… Augustin CLARISSE.

109 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 109 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-troisième nom de la liste: Clarisse Augustin Basile, mais pas de trace de ce nom sur le monument aux morts construit en 1937. Non, Augustin Clarisse a été oublié ! Les hommes de cette époque ont quelques circonstances atténuantes, la famille avait quitté le village depuis bien longtemps quand ce décès survint du côté de Notre-Dame de Lorette, en 1915. Seule la logique implacable des ordinateurs actuels l’a fait réapparaître sur le site de Mémoire des Hommes.

Les parents d’Augustin, Auguste Clarisse et Armand « Florinde » dit Fleurie Marie-Rose sont venus s’installer à Caderousse entre 1873 et 1875. Le père, originaire de Roaix, près de Rasteau et Vaison-la-Romaine, était cultivateur maître valet, valet de ferme en somme. Il allait donc de ferme en ferme louer ses bras avec femme et enfants. On retrouve donc la famille au quartier des Prés sur la liste nominative du recensement de 1876.

Cinq années plus tard, lors du recensement suivant, plus de traces de Clarisse à Caderousse ! Ils sont partis ailleurs se mettre à disposition d’un autre patron. Pas très loin d’ailleurs, à Orange, au quartier des Graves. C’est là que naîtra un second garçon, Eugène Victor le 13 décembre 1884.

Entre temps, trois enfants sont venus au monde tenir compagnie à la soeur aînée Fleurie (ou Florinde, à la guise de l’Officier de l’Etat-Civil) née en 1870. Ce sont donc deux filles et un garçon Clarisse qui ont vu le jour à Caderousse:

  • Adèle Marie née le 20 août 1875,
  • Rose Victorine née le 1er juillet 1877 et
  • Augustin, né le 06 décembre 1879, premier garçon qui prend donc à la terminaison près, le prénom du père.

Augustin va être appelé sous les drapeaux pour sa période de trois ans en 1900. Du 21 novembre de cette année au 21 septembre 1903, il va connaître la douceur du climat de la Corse, à Bastia, au 163ème Régiment d’Infanterie mais aussi la rudesse des montagnes lors des pénibles exercices d’entraînement. Il sera réserviste à Avignon, au 58ème puis 118 ème R.I. chez qui il effectuera des périodes de mise à niveau en 1906 puis comme par un mauvais hasard à partir du 29 juillet 1914 ! Pas besoin d’entendre le tocsin de Roaix, il était sur place lors de la déclaration de guerre !

Car, à son retour de l’armée, Augustin avait pris épouse à Roaix, le pays d’origine des Clarisse. Il s’était marié le 20 avril 1907 avec Paule Rose Ladie Morel. Il eut le temps de faire des enfants, à n’en pas douter.

Le 19 septembre 1914, il fut muté au 21ème Régiment d’Infanterie. En mars 1915, ce régiment combattait dans le secteur de Notre-Dame-de-Lorette, dans le Pas-de-Calais. Ce n’était pas l’endroit rêvé pour essayer de survivre à la guerre. Entre octobre 1914 et septembre 1915, cette butte dominant le bassin minier du Pas-de-Calais fut le lieu de combats incessants entre Français et Allemands. 188 000 hommes y furent tués dont 100 000 Français environ… et parmi eux, Augustin Clarisse le natif de Caderousse.

Pourtant, ce 1er avril 1915, la situation était plus calme qu’à l’accoutumée. Des échanges d’artillerie avaient eu lieu nous dit le Journal de Marche du 21ème R.I., échanges initiés par les Français. Il y eut un tué, par malchance Augustin Clarisse et un blessé, ce jour-là…

Augustin avait alors 35 ans et 5 mois. Sa dépouille allait être enterré à la Nécropole Nationale de Notre-Dame-de-Lorette à Albain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais) dans la tombe individuelle 13 128 du carré 65, rang 7, au milieu de quelques 45 000 soldats français qui furent enterrés là après guerre.

Quant à son petit frère Eugène Victor, lui aussi connut la Grande Guerre. Terriblement effrayé par ce qu’il vit et traumatisé par la mort de son frère, il ne se présenta plus à son régiment le 18 juillet 1917 et fut considéré comme déserteur… jusqu’à la loi d’amnistie du 14 juillet 1925, le même jour où la Nécropole de Notre-Dame-de-Lorette était inaugurée, date à laquelle il put aller se présenter à la gendarmerie sans crainte d’être poursuivi.

 

La fiche d’Augustin Basile Clarisse de Mémoire des Hommes

Augustin Basile Clarisse, matricule 567 classe 1899, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Clarisse semble encore exister en Vaucluse. Si un descendant direct ou indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Henri Colombier.

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