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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 06 avril 1916

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(JOUR 614 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

On célèbre un vieux brave à Lyon devant la gare des Brotteaux où se tient une manifestation patriotique. Ou se tenait plutôt, car ces images datent du 16 mars 1916. Ce vieux soldat, âgé de 47 ans cette année-là (classe 1889 soit né en 1869) n’en est pas à sa première médaille. Il compte déjà des médailles des campagnes du Tonkin, de Madagascar et celle de Sauveteur qui sont rejointes par la Croix de guerre avec palme.

Deux vues d’une église détruite comme on en a vu en plusieurs occasions:

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celle de Fouqueviller dans la Somme. Et cela aurait pu être pire si l’obus que montrent les poilus sur la photo de gauche avait éclaté.

Sur la même page, quelques vues de véhicules:

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Des canons, des camions, une mitrailleuse bien protégée et des montagnes d’objets divers ramassés sur le champ de bataille après des combats. On y trouve de tout: bidons, chaussures, caisses de cartouches, armes, objets de toute espèce réunis pêle-mêle.!

La guerre évolue en ce début de 1916 et La Guerre Photographiée a besoin de clarifier les choses pour ses lecteurs.

Tout d’abord une carte de Verdun où l’offensive allemande se poursuit, déversant des tonnes d’obus sur les lignes françaises sans que la presse n’en parle plus que cela.

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Puis une carte plus précise du front français de la mer du Nord à la frontière suisse avec un détourera le front italien.

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A bien comparer les choses, le front en avril 1916 n’a guère changé depuis la bataille de la Marne !

Enfin, le magazine vend aux lecteurs intéressés une grande  carte du théâtre des opérations comme dit l’armée…

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et présente cette proposition comme une manière de suivre facilement les Communiqués Officiels que publient les journaux quotidiens.

Trois vues de navires appartenant à la flotte allemande dans le canal de Kiel où elle se tient à l’abri des attaques des navires alliés.

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 Le problème des réfugiés… qui n’en était pas un en 1916. Les Serbes étaient nos alliés vaincus et il fallait les aider… et accueillir des jeunes.

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Ainsi, la Corse recevait des étudiants serbes. Ils posent ainsi sur une photo de groupe loin de tout camp de concentration et de rétention. On est loin de quelques slogans honteux lus ces derniers temps !

Une page complète pour expliquer la débâcle des Allemands, tués en masse à cause de leur manière de concevoir la guerre. Laquelle méthode est exactement la même que celle des Français. les hommes comme de la chair à canon !

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Voilà ce qui est écrit:

DSCN1545Avec leur système d’attaques en masses serrées et compactes, on sait que les Allemands, arrêtés par nos tirs, ont des pertes effroyables.

Les trois photographies que nous publions ont été prises il y a peu de temps, lors d’une attaque où les Allemands subirent des pertes s’élevant à plusieurs milliers d’hommes, attaque qui se changea en déroute, puisque nos troupes restèrent sur le terrain occupé précédemment par nos ennemis.

DSCN1546Le terrain était couvert de cadavres allemands que nous avons dû faire enterrer, tant par hygiène et aussi surtout par ce que nous avons le respect de nos ennemis morts.

Les prisonniers que nous avons faits furent chargés d’identifier leurs camarades tués, et des listes sont dressées, que le gouvernement français fait transmettre au gouvernement allemand par l’intermédiaire de la Croix-Rouge de Genève.

DSCN1547Les cadavres non identifiés sont enterrés dans une fosse commune et ceux connus  dans des fosses séparées, surmontées d’une plaque portant le numéro d’ordre.

Nos trois photographies montrent, en haut : des cadavres allemands identifiés ; au milieu : des prisonniers allemands creusant des fosses ; : l’ensevelissement dans une fosse commune de cadavres non identifiés.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 10 février 1916

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(JOUR 556 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une bien triste photographie en couverture que cette cérémonie qu’on imagine dans un froid humide et sombre d’une matinée couverte à Lyon, sur le cours du Midi, le bien mal nommé en l’occasion. Une remise de décoration à un petit enfant, fils d’un Poilu tué au front, pour son père, devant sa mère, veuve sous un habit noir de rigueur qu’elle ne quittera certainement pas de sa vie. Quelle tristesse !

Comme les noms des Poilus est mentionné dans le légende, voici les fiches matricules telles qu’on peut les lire dans le site Mémoire des Hommes. Il s’agit donc…

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de la femme et enfant de Marie Jean-Baptiste Parizet, mort le 20 septembre 1914 dans l’Oise et…

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de la famille d’Henri Jules Perrotin, capitaine mort le 31 octobre 1914 dans l’hôpital de Commercy des suites de blessures de guerre.

La Guerre Photographiée a bien pris des faits réels pour sa une. La ville de Lyon alla jusqu’à éditer des souvenirs individualisés en l’honneur des soldats locaux morts pour la France.

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Toujours à Lyon, une page pour nous montrer les souverains monténégrins réfugiés dans la ville:

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Il n’y a pas les puissants mais de simples soldats sont aussi accueillis dans une caserne lyonnaise.

Une promenade de soldats au repos à Paris. Ces hommes ne peuvent rentrer chez eux car ils vivent dans des régions occupées par les Allemands. Hébergés à Paris dans une caserne on les promène en voiture pour les photographes et pour les distraire.

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On la reverra dans d’autres revues. Une photo quasi touristique…

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celle du Lac Noir dans les Vosges, un Lac Noir où les Alpins ont construit un pont sur le déversoir…

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La guerre est partout !

Des soldats de différentes armes sur le « Duguy-Trouin », un paquebot devenu navire hôpital. Ils fraternisent nous dit le commentaire. Il ne manquerait plus qu’ils en viennent aux mains !

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Un dessin humoristique au service de la propagande officielle…

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avec des Poilus français et des prisonniers allemands. La caricature sortit lessivée et décrédibilisée de la guerre car elle servit les pouvoirs en place pour leur propagande. Ce fut le cas dans nombre de guerres et les dictatures exercent aussi la censure à l’encontre des dessinateurs. Pour ces derniers, pour survivre, soit ils collaborent au système, soit ils cessent de vivre de leur art. N’oublions pas que le Canard enchaîné est né pendant la première guerre mondiale, en réaction à la censure et à une information complètement aux mains des gouvernants.

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Une CARTE d’AUDITEUR au PROTECTORAT de l’ÉTAT FRANÇAIS au MAROC

Une petite carte rose délivrée à un possesseur d’un poste de radio le 23 avril 1944.

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Comme vous pouvez le voir, il s’agit d’une CARTE D’AUDITEUR En effet, au Maroc, à l’époque du Protectorat Français, comme en Métropole, quand  on était possesseur d’un poste de radio à la maison, il fallait le déclarer aux autorités. C’était le Ministère des Postes, des Télégraphes et des Téléphones qui s’occupait de  ce secteur d’activité.

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En effet depuis le 31 mai 1933, les postes de radio sont taxés. Cette redevance pour les détenteurs de postes récepteurs de radiodiffusion comme l’énonce la loi ne sera supprimée qu’en 1980.

Cette obligation de déclaration avait aussi l’avantage de contrôler qui était susceptible d’écouter la radio à une époque où la guerre se menait aussi sur les ondes. Par contre la carte a comme intitulé Protectorat de l’État Français au Maroc alors que depuis l’arrivée des Américains en 1942, Vichy n’avait plus le contrôle du territoire chérifien.

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En quatrième page, quelques rappels du règlement. On doit déclarer autant de fois que le nombre de postes de radio que l’on possède. On doit aussi déclarer à l’administration ses changements de domicile. C’est en présentant cette carte aux bureaux de l’Office que l’on paie la redevance. La vente ou la destruction d’un poste doit être bien sûr signalée. D’ailleurs, en bas de celle-ci, on lit que le propriétaire de cette carte a vendu son poste de radio en 1956.

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En 1944, il en coûtait de 90 francs par an pour détenir un poste de seconde catégorie. Une somme loin d’être anodine !

NB: le régime de Vichy, dans sa frénésie de promulgation de lois racistes anti-juifs, décréta le 13 août 1941 celle de la confiscation des postes de TSF pour les Juifs (français ou pas, n’en déplaise à Zemmour).

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 13 janvier 1916

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(JOUR 528 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Sur la couverture, une photographie de troupes africaines, des soldats marocains venant de participer aux combats en Champagne, il y a quelques mois (octobre 1915). Ces braves soldats étaient couverts de boue et leurs baïonnettes étaient rouges de sang. Nombreux étaient les casques allemands qu’ils rapportaient suspendus au ceinturon. Tel est une partie du commentaire accompagnant la photo. Plutôt va-t-en-guerre… La Guerre Photographiée sur ce coup !

La page 5 interpelle:

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En haut le calme de la frontière franco-suisse sous la neige, aux Rochettes où militaires français et helvétiques fraternisent… en bas, un autre calme, les ruines des villes d’Albert dans la Somme et  d’Arras dans le Pas-de-Calais. Au sujet de la ville d’Albert qui fut quasiment rayée de la carte pendant la Grande Guerre et dont les registres de l’état-civil, autant religieux que laïc disparurent, elle connut des combats lors de la Course à la Mer en 1914, puis en 1915, puis en 1916 lors de la Bataille de la Somme puis en 1918 lors de la Bataille du Kaiser et enfin quelques mois après, lors de la contrattaque finale des troupes américaines… En janvier 1916, les malheureux Albertins (et Albertines) étaient loin de la fin de leurs malheurs. Sans oublier qu’en 1940 et 1944, la ville fut encore durement touchée !

Encore en Champagne, une marmitte creusée dans le boue crayeuse…

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par l’éclatement d’un obus allemand de ce type…

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et où se déplacer par temps de pluie ou au dégel est un problème insurmontable pour les hommes comme le matériel.

Un peu de numismatique pour évoquer les problèmes des grandes cités industrieuses du Nord, Lille, Roubaix et Tourcoing sous la botte allemande depuis plusieurs mois. Les monnaies françaises…

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n’ont plus cours et les villes émettent, avec l’accord du commandement allemand des billets provisoires  pour permettre les échanges commerciaux entre les habitants. En voici quelques exemplaires…

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Des billets certainement difficiles à retrouver de nos jours émis pendant la Grande Guerre par les villes de Roubaix et Tourcoing. Collector en 2016 !

L’industrie de guerre tourne à fond et on peut le voir avec ces empilements d’obus dans une fabrique.

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Il s’agit d’obus de 75 pour le fameux canon du même calibre !

Un poilu bijoutier…

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qui cisèle des parures en aluminium pour les cadeaux de ses compagnons d’infortune.

Pour terminer, une carte du front du nord et de l’est de la France en quatrième de couverture:

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En y regardant de plus près, vous verrez non pas un trait représentant ce front, mais 2 traits, un plus foncé pour les positions au 31 décembre 1915 et un plus clair pour celles au 31 décembre 1914. Conclusion: en une année, on ne peut pas dire que les progrès aient été très importants même en Champagne et dans la Somme après les offensives de l’automne, annoncées dans la presse comme des triomphes  !

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La seconde jeunesse du ROULEAU de MARINIER du RHÔNE à l’occasion des JOURNÉES DU PATRIMOINE.

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Voilà ce à quoi ressemblait ce rouleau quand il fut trouvé sur un vide-grenier: un long rouleau de papier tenu par deux trombones de bureau.
Rappelons qu’il s’agissait d’une carte destiné aux mariniers pour naviguer sur le Rhône sans dommage, en évitant les dangers. Un encart explicatif parlant du « nouveau pont du Teil » nous a permis de la dater de 1932, ce nouveau pont étant inauguré en novembre 1931. Rappelons aussi que cette carte couvre le fleuve de sud de Valence (où aujourd’hui a été lancé le pont des Lônes) jusqu’à Arles, c’est-à-dire la moitié du cours navigable de Lyon-Arles. Après Arles, jusqu’à la mer, le grand Rhône est suffisamment profond et ne pose pas de problème à la batellerie.
Pour les besoins d’une exposition publique pour les Journées du Patrimoine à Ancone ce week-end, les 20 et 21 septembre, voilà ce qu’est devenu ce long dépliant, maintenant parfaitement manipulable par le public sans qu’il soit au contact direct des visiteurs:

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et pour la région d’Ancone-Rochemaure:

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malgré quelques reflets parasites pour la photographie !

Jean-Paul Masse président de la Levado, foyer rural de Caderousse a réalisé ce montage du passage du Rhône au niveau de Caderousse, en reconstituant le virage du Rhône qui n’apparaissait pas dans le dessin de la carte.

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Cette carte est aussi présenté dans le cadre des Journées du Patrimoine à Caderousse mais sans la présence de l’original.

 

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Après la LIBÉRATION de PARIS, une première CARTE d’ADHÉRENT au PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS.

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La carte présente le Parti Communiste comme étant celui des Fusillés… ses militants fusillés par les Nazis pendant l’Occupation, dans la Résistance. La liste de Fusillés célèbres apparaît en dernière page:

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Pierre Semard (militant syndical cheminot), Gabriel Péri, Félix Cadras, Pierre Relière, Georges Wodli, Jean Catelas… tous militants et dirigeants politiques ou syndicaux ont péri dans les prisons allemandes.

Cette carte a été remise à un enseignant résistant parisien juste après la Libération de Paris, le 28 août 1944 puisque comme on le voit, les timbres bimensuels commencent à être collés en septembre 1944.

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Le secrétaire général du Parti est Maurice Thorez alors à Moscou et toujours considéré comme déserteur par les autorités françaises. Il rentrera en France en octobre 1944 après son amnistie.

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Après la VICTOIRE DE FRANCO, BARCELONE soumise au RATIONNEMENT ALIMENTAIRE

Le 1er avril 1939, Franco déclare la fin de la guerre civile et son triomphe de droit divin. L’Espagne va vivre sous le joug de cette dictature pendant 36 ans, seule la mort du vieux caudillo permettra à l’Espagne de s’engager dans la modernité et la démocratie.

Au lendemain de cette guerre civile, alors que l’Europe et le Monde s’apprêtent à subir les conséquences des erreurs écrites dans les clauses du traité de Versailles et pour les démocraties leur passivité frileuse devant la montée des fascismes, la priorité des espagnols est de trouver quelque chose à se mettre sous la dent. En Catalogne, à Barcelone, les gens sont soumis au régime des tickets de rationnement pour l’acquisition de biens de première nécessité.

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Il s’agit là d’une carte familiale de rationnement délivrée par le service de l’Approvisionnement du Gouvernement Civil de Barcelone, organisation qui doit avoir succédé à la Generalitat de Catalogne honnie par le Franquisme. Ici, contrairement à ce que connaîtra la France à partir de l’Occupation et du pillage des denrées par les Nazis,  les cartes sont familiales. En France, en individualisant les documents, on pouvait moduler les rations… les J1, J2, J3…

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La famille concernée vivait au Paseo San Juan ou en catalan le Passeig de Sant-Joan, entre Eixample et Barri Gotic: les parents âgés de 52 et 43 ans et les 4 enfants de 16, 13, 11 et 9 ans. Il est certain que ce ne devait pas être facile de remplir les assiettes et les ventres.

La page des tampons apposés pour l’obtention de tabac…

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nous date le document, utilisé au second semestre 1940, de juin à novembre. On peut y lire: « Compania Arrendataria de Tabacos », la société déléguée pour la distribution du tabac, la SEITA locale de l’époque.

Le rationnement ne concerne malheureusement pas que le tabac et quelques tickets non découpées nous indiquent les produits rationnés:

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huile, viande et divers, café et sucre… tout en quelque sorte !

La famille allait se ravitailler dans le quartier,

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chez Santiago Mirallès, Josefa Puig et José Arno?? dans le paseo, chez Juan Gobern au Mercato Santa Catalina ou encore chez Gil Palau calle Alvarez… des commerces de proximité, pas très loin du parc de la Citadelle.

Comme on le verra dans un prochain article, le système perdurait toujours en 1952 !

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MAI-JUIN 1940: la DÉBÂCLE, des DESTRUCTIONS, la FUITE… et le RETOUR (2/2 des papiers officiels)

Les lettres ont raconté quelques conséquences de la Guerre Eclair sur des civils sous les bombardements. Voici quelques autres papiers officiels qui racontent la même histoire.

Le boulanger du village ayant pu reprendre son activité pour nourrir la population, le Maire va faire toutes les démarches pour rapatrier son épouse, indispensable à la bonne marche du commerce et au ravitaillement des concitoyens. Les réfugiés de Domps vont donc obtenir au milieu de l’été, le 15 août 1940, ce…

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en français et en allemand. Comme il est écrit, les Autorités françaises certifient que les personnes désignées rentrent à leur lieu de rapatriement et prient les Autorités allemandes de leur accorder aide et protection. 

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Mais pour rentrer, il faut de l’essence forcément rationnée en cette période de crise aigüe et, au dos du Certificat de Rapatriement, est imprimée une Allocation d’Essence de 65 litres pour rentrer chez eux.

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Ainsi, ils ont pris 20 litres au départ d’Eymoutiers le 16 août et le lendemain, 20 autres litres à Bellac semble-t-il et ne se servirent pas des 25 derniers litres alloués puisque le bon figure encore sur le document. La Citroën 11cv rendit-elle l’âme alors ?

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Troisième pièce indispensable pour ce retour en pays troublé, le Laissez-Passer indispensable pour éviter des ennuis ou des attentes interminables à des points de contrôle allemands.

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Avec une partie française bien remplie et une partie allemande presque vierge.

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L’itinéraire idéal est mentionné de Domps à Louviers: Limoges- Bellac- Le Blanc- Blois- Chartres- Dreux… Encore faut-il qu’il n’y ait pas trop de ponts détruits !

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La localisation officielle de ces réfugiés est Habitant au sud du cours de la Seine et de la Marne. On ne parle pas de ligne de démarcation.

Le retour à Louviers eut donc lieu pour cette famille 3 mois après le départ en catastrophe en mai 1940. Mais comme l’avait dit le père, la maison au coeur de la ville avait été rasée par les bombes. D’où cette carte de Sinistrés

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qui leur fut accordée le 26 décembre 1945 soit 5 ans 1/2 plus tard, longtemps après la fin de la guerre. On y apprend que la famille réside maintenant en pays de Caux (Saint-Jouin-sur-mer) et le sinistre de juin 1940 fut total.

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La carte de sinistré complète (les 2 volets remplis).

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Une CARTE de MEMBRE de l’A.R.A.C. en 1946

A.R.A.C.= Association Républicaine des Anciens Combattants et Victimes des Deux Guerres.

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En 1946, un ancien membre dirigeant de la Résistance Communiste Parisienne, militant du Parti Communiste Français, adhère à cette association d’anciens combattants, résolument à gauche depuis sa création en 1917.
Comme on le lit sur la dernière page de cette carte…

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c’est Henri Barbusse, auteur du roman Le Feu, prix Goncourt 1916 (oeuvre contestée par les gens bien pensants de l’arrière mais acclamée par les hommes sur le front qui lisent enfin un texte qui parle vraiment d’eux et de ce qu’ils vivent dans les tranchées) qui créa  cette association avec Paul Vaillant-Couturier.

Ce dernier, devenu par la suite membre du P.C.F., diffusa pendant la guerre la chanson (pacifiste) de Craonne. Journaliste au Canard Enchaîné, militant, élu communiste, ses obsèques au Père-Lachaise, près du Mur des Fédérés, attirèrent des centaines de milliers de Parisiens et banlieusards.

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Les tombes mitoyennes de Paul Vaillant-Couturier et Henri Barbusse au Père-Lachaise, photos prises en avril 2014. Les 2 hommes étaient décédés à quelques mois de distance en 1937 et 1935.

Voici donc la carte de membre de la Résistance Communiste

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avec les timbres pour l’année 1946.

L’A.R.A.C. existe toujours de nos jours et continue ses oeuvres auprès des famille des morts de la Seconde Guerre, des guerres de Décolonisation et des Opérations Françaises au Moyen-Orient et en Afrique et bien sûr auprès des anciens combattants vivants.

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A MARSEILLE, une originale CARTE de MEMBRE d’un groupe orchestral …!

Oui mais pas n’importe lequel… le GROUPE BIGOTPHONIQUE BANQUETS !!!

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La carte a dû traîner longtemps dans une poche ou un porte-feuille et les écrits (ronéotypés) en ont souffert.

Si GROUPE BIGOTPHONIQUE ne fait aucun doute

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le 3ème mot du titre (j’ai cru lire BANQUETS) est moins certain. A vous de juger.

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Un groupe bigotphonique est un ensemble de « musiciens » jouant du bigotphone (ou bigophone, l’invention de M. Bigot- Romain pas Guillaume -malheureusement- d’où le T), le bigotphone étant un instrument de musique carnavalesque bon marché, construit par son propriétaire de tout et de rien, décoratif et ayant pour vocation d’amplifier et déformer la voix humaine ou le chant. On aurait pu classer les fameux vuvuzelas du Mondial sud-africain 2010 dans la catégorie des bigotphones, comme les mirlitons, kazoo(s), zobo(s), vocophones…

Après cette invention de M. Bigot à la fin du XIXème, de nombreuses sociétés bigotphoniques apparurent comme celle-ci qui avait pour siège certainement un café, Bon-Léon (encore une fois l’écriture effacée empêche une bonne lecture) situé 4 rue d’Orange à Marseille, dans le quartier populaire de la Belle de Mai, au nord de la gare Saint-Charles à Marseille.

Albert Ferrier, le membre qui reçut cette carte, resta quelques mois dans le groupe comme en atteste les cotisations mensuelles

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payées de novembre 1937 à avril 1938…. A moins que les PAYÉ correspondent à des banquets?

Où comment faire de la musique… et le fête entre amis sans être musicien pour 2 sous !

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