Archives de Tag: DéPORTATION

LOUIS DELPECH et CAMILLE REVELIN, 2 DÉPORTÉS honorés sur le MONUMENT aux MORTS D’ANCONE

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Quatrième volet sur les Morts Pour la France du Monument d’Ancone, les  MORTS EN DEPORTATION :

SAMSUNG CAMERA PICTURES

DELPECH LOUIS et REVELLIN CAMILLE.

L’un comme l’autre ne sont pas des Anconnais de souche mais ils résidaient sur la commune pour leur travail et c’est à Ancone qu’ils ont été arrêtés.

 Quelques recherches sur Internet et une visite au mémorial de Mirmande permettent de recueillir des éléments sur le parcours et les souffrances endurées par ces deux hommes.

.

LOUIS DELPECH

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Une rue d’Ancone menant vers Montélimar a été baptisée à la fin du siècle du nom de Louis Delpech.

« Et la liste des personnes appréhendées à Montélimar enfle encore : le 21 juillet (1944) et dans les jours suivants, cinq radiotélégraphistes de la station météo d’Ancône sont appréhendés : Raoul Bonneau, 37 ans, Vendéen, le chef de centre, Paul Bonnier, 40 ans, du Pas-de-Calais, Robert Fouillet, 34 ans, Louis Delpech, Gardois de 44 ans, et Paul Henri Saumard, 46 ans, de Haute-Vienne. Ils sont accusés d’émettre clandestinement pour la Résistance.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

La station météo de Montélimar de nos jours, peu différente de ce qu’elle était en 1944.

Tous sont morts durant l’hiver 1945 à Dachau ou ses kommandos de Melk et Ebensee, sauf Bonneau, libéré de neuf mois de souffrances à Dachau, qui mourra à l’hôpital Bichat à Paris lors de son retour. « 

Matricule au camp de concentration de Dachau : 72493

Delpech Louis

Sexe  M

Né le 12/06/1921 à Saint Thibéry (34)

Nationalité  F

Date de libération du camp 30 avril 1945 -Annexe où était détenu Louis Delpech: Allach.

Le 29 avril 1945 la 45e division d’infanterie de la septième Armée américaine libéra le camp. Malgré l’ordre donné par l’état-major allemand de tuer tous les prisonniers, la plupart des survivants purent être libérés.

 Le camp de Dachau est situé en Bavière, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Munich. C’est le premier camp de concentration créé par le III ème Reich, le 20 mars 1933. Il constitue ainsi le modèle de référence sur lequel d’autres camps ont été construits et ont fonctionné jusqu’à la fin de la guerre.

Allach : Ce très important Kommando du camp de Dachau fait travailler les détenus à différents projets et productions : d’abord pour une manufacture de porcelaine, ensuite pour la firme BMW, enfin pour différents chantiers de l’organisation Todt. Il compte jusqu’à 3 850 détenus. Il est situé près de Dachau et est créé le 17 mai 1944.

Delpech

Le nom de Louis Delpech apparaît en bas de la colonne de gauche sur cette plaque du Mémorial de Mirmande…

SAMSUNG CAMERA PICTURES

ainsi que sur le Monument aux Morts de Montélimar (colonne de droite au milieu)… la station météo où il a été arrêté est située sur le territoire de Montélimar. A noter également celui d’un compagnon d’infortune Raoul Bonneau (bas colonne du centre)

CAMILLE REVELIN

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Une place d’Ancone devant les écoles a été baptisée à la fin du siècle du nom de Camille Revelin.

Le 12 mai 1944, des résistants, « une vingtaine de personnes de classes et opinions politiques diverses » et pour des  « motifs inconnus », dit le rapport de gendarmerie, sont arrêtés par les Allemands à Montélimar : certains sont libérés, peut-être après un séjour à Montluc. D’autres n’échappent pas à la déportation.

Rose Liard, née à Marsanne, 53 ans, qui tenait un magasin de mode dans la Grand-Rue, cachait des réfractaires et fournissait des faux papiers, est déportée à Ravensbrück. « Avec une modestie et une simplicité sans égale, [elle] a hébergé presque quotidiennement pendant longtemps à toute heure du jour et de la nuit, tous les agents et chefs régionaux de la Résistance », écrit le capitaine d’aviation Vernier à propos de Rose Liard. Elle arrive au camp de Neue Bremm à Sarrebruck le 14 juillet. Elle poursuivra son chemin vers Ravensbrück où elle mourra le 30 mars 1945.

Les hommes, le docteur Clément Paul Jeune, 45 ans, originaire de Roynac, Fernand Mirabel, 46 ans, coiffeur dans la Grand-Rue, Paul Nègre, 32 ans, professeur venu des Basses-Alpes, Pierre Quilichini, 49 ans, originaire des Alpes Maritimes, contrôleur principal aux PTT, André Reboul, laitier de 22 ans, qui plaçait dans différentes fermes de la région des jeunes astreints au STO (Service du travail obligatoire), et faisait délivrer de fausses cartes d’identité, Camille Révelin, 42 ans, de l’Isère (Vienne), chauffeur à Ancône, Émile Roche, né à Sauzet, 52 ans, mécanicien, Félix Sodine, 51 ans, maçon né en Algérie, sont transportés à Neuengamme le 18 juillet 1944. Albert Retrou, 62 ans, voyageur de commerce originaire de Seine-et-Marne, arrêté le 3 juin à Montélimar, ira à Neuengamme.

Le Valentinois Pierre Colognac, 21 ans, pris le 5, est déporté à Dachau.

On devine à des immatriculations qui se suivent que certains ont tout fait pour rester ensembles. Reboul, Roche et Nègre reçoivent les numéros 37 220, 37 221 et 37 222. Après la quarantaine, presque tous seront dispersés dans divers komandos de travail.

 Seuls reviendront en vie Colognac, Reboul, Mirabel et Quilghini, libérés en avril 1945.

Jeune et Nègre meurent à Bergen-Belsen le 9 février et le 11 mars 1945. Retrou et Roche meurent à Neuengamme les 8 et 11 janvier 1945, Révelin, le 28 mars. Sodine transféré de Neuengamme au komando de Sandbostel y meurt le 4 avril 1945.

Transport vers le camp : parti de Compiègne le 15 juillet 1944

Matricule au camp de Neuengamme : 36833

Nom Prénom : Revelin Camille

Né le 15 juillet 1902

Lieu de naissance Vienne (38)

Sexe : M

Nationalité : Française

Parcours : F Bremen (Brême) -Farge *

Statut : Décédé en déportation

 * Dans le livre de Pierre Brunet « Les Martyrs de Neuengamme- Le camp méconnu.. » édité en 1975 par l’Amicale de Neuengamme, sous le titre « Sur le chantiers de la Kriegsmarine », on peut lire page 19: La kriegsmarine fut une très grosse mangeuse de déportés, car un nombre important de ses bases, surtout sous-marines étaient implantées dans la zone alimentée par Neuengamme… A Brême, lorsque les ports de l’Atlantique furent devenus inutilisables, une série d’installations fut entreprise. Dans l’immense chantier « Valentin » à Brême-Farge sur la Weser en aval d’une vingtaine de kilmètres du port hanséatique, 2 700 détenus furent condamnés à construire un immense bunker, refuge pour sous-marins puissamment betonné de 14 mètres d’épaisseur…Durement touché à coup de bombes de 10 tonnes par une violente intervention aérienne britannique, le vendredi-saint 1945 (le vendredi 30 mars), il ne fut jamais terminé. A cette date, Camille Revelin était décédé depuis 2 jours.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Sur cette seconde plaque du Monument aux Morts de Montélimar apparaissent tous les autres noms des déportés décédés cités dans les 2 articles, sur la colonne du milieu: Raoul Bonnier, Paul Jeune, Rose Liard, Paul Nègre, Albert Retrou, Emile Roche, Henri Saumard et Félix Sodine.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Plaque-souvenir de Camille Revelin située sur le tombeau de sa belle-famille anconnaise Deloule dans le cimetière communal… tombeau dans lequel repose son épouse Joséphine, née Rollin.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

A noter que l’orthographe exact du nom doit être Revelin avec un seul L.

Travaux de recherche et de rédaction par 

Michel et Thibaut MARMUS.

Sources :

– Musée virtuel de la résistance : http://www.museedelaresistanceenligne.org/ 

– Fondation pour la mémoire de la déportation : http://www.bddm.org/liv/index_liv.php

Poster un commentaire

Classé dans Evénements, Recherche

24 avril 1939: EULALIO FERRER raconte la vie au CAMP d’ARGELÈS

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Eulalio Ferrer est un républicain espagnol, natif de Santander, réfugié en 1940 au Mexique où il fit carrière et devint un grand publiciste reconnu aux Etats-Unis. Il raconta son passage dans les camps français de la Retirada par l’écriture d’un journal qui fut publié en France sous le titre Derrière les Barbelés chez L’interdisciplinaire, une maison d’édition de Limonest, en 1993. Suite…

24 avril 1939.

Un ami socialiste des Ferrer, Miguel d’Ampuero part pour le camp de Gurs. Il envisage de rentrer en Espagne pour essayer de retrouver son poste d’instituteur. Sa famille lui manque. Mettra-t-il cela en application? Et quel sera alors son sort, vue la violence de la réaction des vainqueurs?

Lors d’une promenade dans le « Quartier Chinois » avec son ami Rafael, ils voient un homme s’essayant à tatouer les lettres UHP sur un bras volontaire, pour 1 franc la lettre. Il s’agit d’un sigle ayant un rapport avec l’insurrection des mineurs des Asturies en 1934 que Franco réprima sur ordre de la République !

Rafael s’oppose à un moment à un charlatan essayant de vendre n’importe quoi. Son forte stature décourage son interlocuteur. Il dit bien connaître ces genres d’énergumènes, s’étant déjà frotté à eux lors d’une partie de dominos.

La nuit venue, les philosophes sont de sortie pour discuter de l’honnêteté. Deux pensées s’opposent: rectitude morale ou hypothèse tant que les causes du mal, des tentations ne seront pas vaincues. Mais surtout réel sujet de société dans le camp où le mal est partout.

Un mal qui a tendance à s’estomper pour Eulalio en ce qui concerne les problèmes de santé. Il revient sur les premiers jours au camp, à une époque où le typhus frappait tout le mode et tuait les plus faibles. Tous les jours, des cadavres étaient emmenés sur des brancards. Un typhus dû à l’eau que les prisonniers devaient boire, eau qui venait des pompes plantées sur la plage et qui fournissait un liquide souillé par les déchets des hommes.

A suivre le 27 avril…

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Poster un commentaire

Classé dans Livres

17 et 20 avril 1939: EULALIO FERRER raconte la vie au CAMP d’ARGELÈS

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Eulalio Ferrer est un républicain espagnol, natif de Santander, réfugié en 1940 au Mexique où il fit carrière et devint un grand publiciste reconnu aux Etats-Unis. Il raconta son passage dans les camps français de la Retirada par l’écriture d’un journal qui fut publié en France sous le titre Derrière les Barbelés chez L’interdisciplinaire, une maison d’édition de Limonest, en 1993. Suite…

17 avril 1939.

Il raconte aujourd’hui la vie dans le camp et en particulier ce « quartier chinois » situé au centre du camp, au bout de la longue promenade que les prisonniers ont appelé « les Ramblas » en souvenir de Barcelone.

C’est un lieu qu’il vaut mieux ne pas fréquenter de nuit à l’heure où les pistolets et les couteaux enterrés en journée réapparaissent. On y vend toutes sortes d’objets, ceux volés pendant la Retirada mais aussi dérobés à l’intérieur du camp par la suite. On y pratique le troc mais aussi le change entre l’ancienne monnaie de la République et le Franc Français. Quelque gardiens sont aussi impliqués dans ces commerces.

Tout se vend et s’achète: des vêtements, des cigarettes, des aliments…

En journée, y exercent  leurs talents des coiffeurs et barbiers se livrant une concurrence farouche en ce qui concerne les  tarifs pratiqués. Sont aussi ouverts des bars où l’on trouve du vin, des eaux gazeuses, des sandwichs, du chorizo, des churros…

Pour l’auteur du journal, ce « quartier chinois », en plein camp de concentration, est un miroir occulte de la vérité humaine. Tout est résumé !

20 avril 1939.

Ce jour-là, le camp des aviateurs a été évacué. Aussitôt, c’est la ruée des autres prisonniers pour essayer de récupérer quoi que ce soit qui pourrait avoir été laissé, à commencer par les cabanes qui sont réputées pour être les meilleures. Des bagarres ponctuent ce pillage en règle, quelquefois même avec les anciens occupants qui n’ont pas fini de déménager.

C’est ce jour-là qu’arrive au camp la nouvelle du discours de Franco annonçant la fin officielle de la guerre civile. Cette rumeur attriste les prisonniers puis leur donne du courage pour résister.
Une bonne nouvelle est diffusée, celle-ci par les hauts-parleurs officiels: le Mexique a décidé d’ouvrir ses frontières aux Républicains Espagnols. Immédiatement, Eulalio et son père entament les démarches… qui aboutiront, on le sait, à postériori. Cela ne devait concerner que les plus aisés, capables de se payer le voyage pour les Amériques (remarque personnelle).

On apprend que le reste de la famille, la mère et les soeurs d’Eulalio, est confiné en Bretagne, à Belle-Ile-en-Mer avec 200 autres femmes déportées. Elles ne considèrent pas cela comme un villégiature agréable comme on pourrait le croire, souffrant du froid et de l’humidité. Le père leur envoie une lettre dans laquelle il conseille à sa femme de vendre son alliance pour améliorer l’ordinaire.

A suivre le 24 avril…

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Poster un commentaire

Classé dans Livres

EULALIO FERRER raconte son passage DERRIÈRE LES BARBELÉS des CAMPS DE CONCENTRATION français en 1939

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Eulalio Ferrer est un républicain espagnol, natif de Santander, réfugié en 1940 au Mexique où il fit carrière et devint un grand publiciste reconnu aux Etats-Unis. Il raconta son passage dans les camps français de la Retirada par l’écriture d’un journal qui fut publié en France sous le titre Derrière les Barbelés chez L’interdisciplinaire, une maison d’édition de Limonest, en 1993.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

On va essayer de vous présenter au jour le jour, 76 ans après, les écrits de Ferrer, après avoir rattrapé le retard de quelques jours, par de petits résumés des propos de l’auteur… une lecture complète du livre étant bien entendu plus intéressante avec l’achat du bouquin, s’il est encore disponible.

14 avril 1939
L’auteur commence son journal à cette date alors qu’il est rentré en France avec son père le 7 février 1939, en empruntant la route de Port-Bou. Il a choisi cette date parce que les conditions de vie dans le camp d’Argelès s’étaient relativement améliorées mais aussi pour célébrer la date du 14 avril 1931, date de proclamation de la Seconde République Espagnole, 8 ans auparavant.

Il avait dû détruire un premier journal écrit dans le passé le 24 août 1937 au moment de sa fuite de Santander, pour éviter que quelques écrits trop enthousiastes pour la République ne lui soit préjudiciables en cas d’arrestation par des Nationalistes. L’autodafé qu’il infligea à ses écrits le marqua beaucoup et retarda le moment de reprendre la plume.

Ce 5 février, il y avait foule sur la route de la France, après Figueras et Port-Bou, des civils, des militaires, du matériel militaire: canons, mitrailleuses, fusils, tanks dynamités jetés au bord de la route. L’entrée sur le territoire français ne se passa que le 7 février. A Cerbère, il reconnaît, assis sur un banc, Antonio Machado et sa mère qui attendent qu’on vienne les prendre comme on leur a promis. Admiratif du poète, il lui remit un cape militaire qu’il avait trouvé pour le protéger.

Puis ce sont les barbelés du camp d’Argelès gardé par les soldats sénégalais.

Le récit de Ferrer passe au 14 avril où les internés se préparent à fêter l’anniversaire de la République. Les personnes originaires de Cantabrie se sont rassemblés pour manger la « Tierruca » et chanter des airs montagnards.

Quant au groupe des philosophes dont le père de l’auteur fait partie, la discussion du jour a également pour thème la Seconde République qui vient de disparaître.

15 avril 1939

L’auteur prend prétexte du fait que dans le camp, le lever se fait au son de la trompette pour raconter son rapport avec la chose militaire. Et malgré son grade de capitaine, on ne peut pas dire qu’il apprécie beaucoup la hiérarchie et les attitudes de l’armée. Dans le camp où sont internés de nombreux anciens de l’armée républicaine, un état-major espagnol fonctionne à côté du commandement français. Ferrer est ainsi nommé capitaine adjoint du premier bataillon d’intendance.

Sa baraque a pu obtenir une machine à écrire ce qui va lui permettre de faire des courriers et ceux de son père. Il côtoie un ami espérantiste de Santander ce qui adoucit sa captivité. Il pourrait répondre aux offres proposées par les Français d’aller travailler en AEF ou d’intégrer la Légion. Mais la situation à Argelès s’est améliorée surtout lors des distribution de la nourriture. On est loin dit-il de février quand chaque distribution de pain donnait lieu à des scènes de disputes sous l’oeil amusé des Sénégalais.

En ce qui concerne l’hygiène, des WC collectifs en bois viennent d’être installés. Au début, l’eau des pompes avait causé des diarrhées générales aggravées par le vent lorsqu’il soufflait et faisait s’envoler sable et excréments qui pénétraient dans tous les abris de fortune. Maintenant que cela va mieux, certains s’amusent à des concours de pets dans les nouvelles toilettes couvertes rapidement de graffitis.

A suivre…

Poster un commentaire

Classé dans Livres

LE CAHIER À FLEURS- Une BD en 2 tomes pour célébrer le Centenaire du GÉNOCIDE ARMÉNIEN.

Ce fut le premier grand génocide reconnu de ce XXème siècle dont la modernité n’empêcha pas l’horreur. On célèbre cette année le Centenaire de ce génocide perpétré par l’Empire Ottoman déclinant qui profita des désordres causés par la Première Guerre Mondiale pour se débarrasser d’une de ses minorités ethniques: le peuple arménien.

Parue en 2010 et 2011 Le Cahier à Fleurs de Laurent Galandon pour le scénario et Viviane Nicaise pour les dessins est une histoire au début des années 80 mais dont la narration de ses souvenirs par une vieille personne permet de raconter le déroulement du génocide arménien.

En 2015, les 2 tomes de la Bande dessinée…

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Tome 1: Mauvaise orchestration

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Tome 2: Dernière mesure.

ont été réédités enveloppé d’une jaquette célébrant ce Centenaire.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Rapidement, c’est l’histoire d’un jeune et talentueux violoniste turc qui découvre, à l’occasion d’une tournée à Paris en octobre 1983, ses origines arméniennes en se rendant au chevet d’une vieille personne qui lui racontera son histoire. Il découvrira qu’il tient son talent de sa grand-mère qui fut enlevée avec son frère (le vieil homme) par un horrible paysan turc lors de la longue marche des femmes, enfants et vieillards vers les camps de concentration turcs.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Un paysage d’Anatolie en dépliant la jaquette.

27,80€ dans toutes les bonnes librairies… c’est mieux qu’Amazon  

Poster un commentaire

Classé dans BD

Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 07 janvier 1915

SAMSUNG CAMERA PICTURES

(JOUR 157 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Une batterie alpine dans les Vosges fait la couverture de ce numéro. Dans les Vosges suivant l’auteur, ou à l’entraînement dans les Alpes…

Une vue des Allemands (et Allemandes) expulsés de France qui ont transité par la Suisse…

SAMSUNG CAMERA PICTURES

sous l’égide de la Croix-Rouge. Ceux-là ont eu plus de chance que ceux qui furent déportés dans des camps pendant la durée du conflit !

L’Hibernia, le premier porte-avions de l’histoire de la marine de guerre…

SAMSUNG CAMERA PICTURES

mis au point par les Anglais pour permettre le transport des avions mais aussi les décollages et appontages.

Un brave (dit le journal), un certain Paul L., relieur à Lyon (dont il me semble que la presse a déjà parlé)…

SAMSUNG CAMERA PICTURES

qui fit la guerre de 1870 (à 17 ans) et s’est à nouveau engagé en 1914 (à 62 ans) chez les Zouaves.

La presse était friande de tels parcours, très rares tout de même.

La neutralité de la Hollande entraîne ce pays à retenir les militaires qui traversent sa frontière pour fuir l’ennemi. Ainsi, ce camp

SAMSUNG CAMERA PICTURES

de prisonniers anglais et belges. Que devenaient ensuite ces militaires?
A la fin du conflit, 8 pays européens n’étaient pas entrés en guerre. Outre les Pays-Bas, l’Espagne, la Suisse, le Liechtenstein, le Danemark, la Norvège, la Suède et Monaco avaient conservé leur neutralité, tout au moins militaire.

Enfin une galerie de portraits des chefs d’état ou souverains alliés:

SAMSUNG CAMERA PICTURES

et ennemis

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 26 décembre 1914

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Paisible scène pour ce lendemain de Noël avec une visite de l’impératrice allemande Augusta rendant visite aux blessés.

(JOUR 145 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

D’ailleurs ce journal montre pas mal de vues prises du côté allemand:

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Les automobiles du Kaiser. Ni BMW, ni Mercedes-Benz, ni Volkswagen, ni Audi… toutes ces marques furent fondées après 1914, 1916 pour la plus ancienne, la première citée. Quelle marque alors ?

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Des prisonniers français en Allemagne, bien traités manifestement et facilement accessibles au reporter du Miroir. Ceux de la dernière photo  (des cordonniers) sont utilisés pour leurs compétences professionnelles pour réparer les chaussures des soldats allemands.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Des civils français (et russes) prisonniers en Allemagne… comme les civils allemands sont déportés en France. La même peur des espions.

Le gouvernement avait déménagé fin août à Bordeaux. Le front depuis, s’est éloigné de Paris. Aussi certains ministères reviennent dans la capitale. Pour exemple, ce retour…

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

des livres de la dette: l’enregistrement des sommes prêtées par de riches rentiers à l’Etat. Les marchés avant la finance. Cela représente toutefois 40 voitures remplies ! Et la dette publiquene cessera de grandir pendant le conflit. Ça vaut cher, la guerre !

Innovation technologique, l’éclairage des lieux de combat, la nuit…

SAMSUNG CAMERA PICTURES

pour prévenir des attaques nocturnes… et éventuellement emporter les blessés.

Un article qui, en le lisant attentivement, permet de comprendre l’impatience de l’arrière à qui on annonce depuis 2 mois qu’on avance et qui ne voit rien venir.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Mais c’est la conclusion de ces lignes qui vont son pendant de cacahouètes !

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Quand on connaît les hécatombes du Chemin des Dames ou de la bataille de la Somme… on ne peut que bondir à cette lecture. Ce fut plutôt ce qui est écrit au début du paragraphe précédant « à moins de recourir au suicide de masse qui ont fait des Flandres un immense cimetière d’Allemands ».

D’autres brèves photographiques:

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Une scène de désolation avec de nombreux cadavres (d’Allemands est-il précisé) abandonnés.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

La corvée des enterrements… (des Allemands est-il encore précisé)… On nous dit que ces soldats vont enterrer les ennemis qu’ils ont tué dans la journée. Habituellement, c’étaient les Territoriaux qui étaient dévoués à cette corvée.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Une voiture blindée britannique qui ne fit pas long feu.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Une photo prise dans la forêt de Vauquois, village à l’ouest de Verdun resté célèbre par la « guerre des mines ».

SAMSUNG CAMERA PICTURES

La destruction de la colonne de Napoléon à Mourmelon-le-Grand par les Allemands est traitée de crime par le rédacteur. Les valeurs n’étaient pas les mêmes à l’époque.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Un CERTIFICAT de RECENSEMENT un peu particulier

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Se faire recenser est obligatoire: lors d’une campagne de recensement pour que l’Etat travaille en prospective, lors de ses 16 ans pour la journée citoyenne maintenant, en vue du service militaire jadis… Mais ici, ce vieux papier était délivré par le Régime de Vichy comme l’entête l’atteste:

SAMSUNG CAMERA PICTURES

La Loi  promulguée le 4 septembre 1942 obligeait les jeunes hommes à se faire recenser en vue de partir travailler en Allemagne dans le cadre du S.T.O., le Service de Travail Obligatoire. Officiellement, c’était ce qu’on appelait « la Relève » et en même temps qu’un jeune français partait un autre jeune, prisonnier de guerre celui-là, devait rentrer au pays. Chose tout à fait théorique. Réellement, le IIIème Reich avait besoin de personnel pour faire tourner ses usines, les Allemands étant dans les armées.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Nous sommes à Saint-Marcel-les-Valence, tout près de la Préfecture de la Drôme et un jeune homme C.F. est allé se faire inscrire à la Mairie, comme la loi l’y obligeait.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Nous sommes le 22 mars 1943 et ce printemps annonce de gros nuages noirs pour ce garçon. Car contrairement à la propagande vichyste, ce n’était pas un voyage d’agrément que de s’en aller travailler pour le Reich: conditions précaires, bombardements alliés incessants, brimades, malnutrition. Certes, ce n’était pas les conditions des déportés des camps de concentration mais les jeunes qui partirent obtinrent à leur retour la carte de Déporté du Travail.

C.F. partit-il? passa-t-il entre les mailles du filet? ou rejoignit-il un maquis proche, c’est-à-dire le Vercors, comme le firent des milliers de jeunes qui préférèrent la clandestinité à cette déportation.

Car la conséquence première de cette Loi du 4 septembre 1942 fut de remplir les campagnes de réfractaires qui devinrent des maquisards. Quitte de se cacher, autant que ce soit utile !

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Poster un commentaire

Classé dans Vieux papiers

Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 1er novembre 1914

L’image de la couverture montre une bien terrible scène sous des aspects bonhommes: des suspects (comprendre des ressortissants allemands ou autrichiens vivant en France) déportés vers un camp de rétention. Encadrés par de nombreux militaires débonnaires (des territoriaux certainement), ils ne semblent pas présenter un grand danger pour la République. Pourtant, ils vont passer plus de 4 ans, privés de liberté. Ubuesque!

SAMSUNG CAMERA PICTURES

(JOUR 90 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une autre photo montre ces « étrangers suspects »

SAMSUNG CAMERA PICTURES

accompagnés vers les camps. Paranoïa quand tu nous tiens !

Et puisqu’on parle de prisonniers, des vues de Français en Allemagne…

SAMSUNG CAMERA PICTURES

et d’Allemands en route pour le Maroc…

SAMSUNG CAMERA PICTURES

croisant des nord-africains en route pour le front français…!

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Un chassé-croisé digne de l’autoroute A7 un jour de départs.

Le magazine fait une part large à la chute d’Anvers et aux destructions de la guerre:

SAMSUNG CAMERA PICTURES

des bombardements

SAMSUNG CAMERA PICTURES

le son du canon

SAMSUNG CAMERA PICTURES SAMSUNG CAMERA PICTURES

tranchées belges et tranchées britanniques

SAMSUNG CAMERA PICTURES SAMSUNG CAMERA PICTURES

et les cohortes de réfugiés belges ayant fui les combats.

Ailleurs, on nous montre les Allemands occupant la partie de territoire français sous leur contrôle

SAMSUNG CAMERA PICTURES SAMSUNG CAMERA PICTURES

qui se sont fortifiés pour se défendre d’un retour des Français.

Des images de blessés

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Un peu d’exotisme avec des vues de Sarjevo…là où tout a commencé

SAMSUNG CAMERA PICTURES

un train blindé

SAMSUNG CAMERA PICTURES

On sait que les Allemands amenaient les voies ferrées au plus près des tranchées pour faciliter leur ravitaillement, pour les renforts, pour  les blessés et pour l’artillerie lourde sur rails.

Et pour terminer, la traditionnelle composition dessinée par Carrey, image d’Epinal louant la bravoure des Tirailleurs Sénégalais:

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Un journal clandestin de l’OAS dénonçant les barbouzes gaullistes.

Ce fut une réelle surprise que la découverte à Espeluche de cet authentique document historique datant de la guerre d’Algérie

SAMSUNG CAMERA PICTURES

la feuille clandestine n°6 de l’OAS.

Dans cette guerre qui ne disait pas son nom, il y eut une guerre dans la guerre, celle qui opposa, au début des années 60, l’OAS (Organisation Armée Secrète pour les plus jeunes), groupes para-militaires d’extrême-droite qui refusaient l’inexorable: l’indépendance de l’Algérie, au gouvernement français de De Gaulle en même temps que qu’au FLN. On lui doit de nombreux attentats en métropole comme en Algérie, avant et après les accords d’Evian mettant fin au conflit et reconnaissant l’indépendance de ce pays. L’OAS tenta plusieurs fois d’attenter à la vie de De Gaulle comme au Petit Clamart, pour le plus connu.

Contre ces terroristes se proclamant patriotes, les services de sécurité français et les services secrets plus ou moins officiels (les barbouzes gaullistes créés en l’occasion) menèrent une lutte sans merci. D’où ce document datant de fin 1961, début 1962 dénonçant les méthodes utilisées contre les membres ou sympathisants OAS.
On y lit après l’appel de Salan, un général rebelle en fuite chez Franco après avoir tenté de renverser la République lors du putsch des Généraux du 21 avril 1961

SAMSUNG CAMERA PICTURES

des descriptions faisant plus penser au Troisième Reich qu’à la France des Lumières

SAMSUNG CAMERA PICTURES

le camp de concentration de Djorf qui accueillit aussi des militants du FLN puis des hommes de l’OAS

SAMSUNG CAMERA PICTURES

ou celui d’Arcole.

De nombreux camps furent ouverts pour emprisonner civils et partisans algériens et bien sûr les prisonniers OAS y furent aussi internés par la suite.
Plus loin, on parle

SAMSUNG CAMERA PICTURES

des méthodes policières dignes de la Gestapo, les cas de tortures étant courants.

Ainsi ces témoignages que présente le bulletin.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Enfin, degré suprême de la barbarie,

SAMSUNG CAMERA PICTURES

les assassinats, décès faisant suite à des tortures mal maîtrisées ou des exécutions sommaires.

Que dire de tout cela? Si ces faits sont avérés et c’est fort probable, ils sont inadmissibles.

Mais la guerre d’Algérie ne fut-elle pas un combat inutile car le sens de l’Histoire allait vers la décolonisation. Tout aurait pu être évité si dès le 8 mai 45, les dirigeants pourtant issus du Conseil National de la Résistance avaient appliqué ce programme et perçu qu’un monde avait changé.  Si le droit à l’autodétermination du peuple algérien avait été reconnu, si les riches colons très influents avaient compris que le moment était venu de partager avec les indigènes, si plus en amont, le projet Blum-Violette sous le Front Populaire en 1936 n’avait pas été mis au placard alors qu’il n’avait rien de révolutionnaire…. Cela aurait peut-être permis d’éviter l’exode des Pieds Noirs qui étaient aussi chez eux en Algérie, certains depuis plusieurs générations. Une Algérie Nouvelle aurait pu devenir le même pays que la nation arc-en-ciel, l’Afrique du Sud d’aujourd’hui.

La guerre fut une horreur. Les maquisards algériens en firent les frais principalement, les appelés du contingent à qui on a pris leur jeunesse et qu’on envoya de longs mois dans ce bourbier également, quelques nostalgiques de l’Algérie Française aussi comme en atteste ce document.

Le document se finit ainsi

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

…les innocentes victimes des bombes de l’OAS ou des barbouzes aussi…

Et que dire en 2014, de ce projet de musée prévu à Montpellier Histoire de la France et de l’Algérie qui a été tout bonnement enterré tant ces plaies sont encore à vif, 52 ans après l’Indépendance. Lire

http://www.midilibre.fr/2014/06/19/montpellier-abandonne-le-projet-du-musee-de-l-histoire-de-la-france-et-de-l-algerie,1011168.php

Quand pourra-t-on regarder ce passé sereinement en face? que les uns ne suspectent pas les autres de faire l’apologie du colonialisme et que les autres ne reprochent aux uns de gommer le positif de 132 ans de présence française en AFN?

Poster un commentaire

Classé dans Vieux papiers