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POSTER MDI en fil rouge de l’été- Les DÉBARQUEMENTS des 6 JUIN et 15 août 1944

Les posters MDI, supports didactiques à l’enseignement de l’Histoire en école élémentaire. De belles planches sur lesquelles l’enseignant pouvait faire s’exprimer les élèves, faire passer des images d’Histoire même si elles étaient quelquefois bien éloignées de la réalité… historique !

Ces tableaux datent des années 1950-60 avant que les images animées n’envahissent les petits et grands écrans des écoles autant que des maisons. Grand écran tout de même, 87x64cm… on pouvait le voir même du fond de la classe et l’image restait visible même la séance achevée. DSCN3900

On avait déjà vu ce poster en 2014 sur ce blog pour la même occasion, celle du 70ème anniversaire, au collège Monod où je l’avais montré avec d’autres documents… Aujourd’hui, c’est donc le 72ème anniversaire du D-Day, avec ce dessin un peu fourre-tout: première vague au premier plan alors que déjà la seconde arrive en même temps que les renforts et alors que les incendies des combats initiaux ne sont pas éteints.

A suivre avec un autre tableau

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À l’hôtel du département, la PRÉSENTATION du dernier livre de CLAUDE DIDIER: LES GRANDS ÉVÉNEMENTS DE LA DRÔME.

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Il s’agit donc d’un livre de Claude Didier, un ami de Michel Marmus, publié aux Editions Labourée de Clermont-Ferrand: Les Grands Evénements de la Drôme, premier tome couvrant la période 1900-1950. Journaliste dans sa vie antérieure, c’est dans la presse locale et départementale que l’auteur trouva la matière à l’écriture de ses articles. Il raconte donc les événements importants inscrits dans l’Histoire comme…

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l’arrivée des Arméniens dans le département dans les années ayant suivi le Génocide ou…

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l’assassinat de l’ancien ministre du Front Populaire, en résidence surveillée à Montélimar pendant l’Occupation. Mais il aborde aussi des événements qui firent certainement parler à leur époque mais sur lesquels l’oubli est passé comme…

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cet accident d’avion.

Bien sûr, l’achèvement d’une des Merveilles de la Drôme, le Palais Idéal du facteur Cheval d’Hauterives…

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est bien présent…. d’autant plus que l’auteur a écrit, il y a quelques années, un autre ouvrage sur ce fleuron drômois célèbre dans le monde entier (Lecture ésotérique et symbolique du Palais Idéale du facteur Cheval).

C’est à l’Hôtel du Département que Claude Didier avait convié mercredi 6 avril, ses amis pour la présentation officielle de cet ouvrage en présence du vice-président du Conseil Départemental dévoué à la Culture, M. Limonta.

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Il y eut les discours, les petits fours et bien entendu, la séance de dédicace…

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Voici les quelques mots que Claude Didier nous a écrit sur l’exemplaire qu’il nous donna:

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Car nous avions très modestement participé à la réalisation de cet ouvrage en prêtant deux documents de nos collections…

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la carte de marinier dont une portion illustre l’article ayant trait à la création de la C.N.R. dans les années 20, prélude à la domestication du Rhône qui sera certainement abordée dans le second tome en cours d’écriture, et…

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la lettre de cette jeune valentinoise racontant les derniers jours de l’Occupation et la Libération de la Drôme et de sa ville-Préfecture. Une modeste contribution apportée avec plaisir.

On y voit aussi, entr’autre, une carte postale de la collection de Michel Marmus.

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Un dernier mot avec cette originale mais combien juste pensée de l’auteur qui dédie son ouvrage aux enseignants qui firent ce qu’il est devenu:

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Si la grande et la petite histoire de la Drôme vous intéressent, voilà un bel ouvrage à lire puis mettre dans votre bibliothèque:

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Une conférence de l’historien GILLES VERGNON sur la GRANDE GUERRE.

Une conférence à l’Université Populaire de Montélimar de Gilles Vergnon, Maître de Conférences à Science PO de Lyon et cousin de Marie Raymond, quartier Saint-Martin. Le thème:

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Voici un résumé de ce que j’ai pu entendre.

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photo issue du site de Nouvel Obs-08/01/2008.

Lundi 06 octobre 2014… Gilles Vergnon, Maître de Conférences en Histoire Contemporaine à SciencesPo-Lyon nous a parlé de la Grande Guerre à l’Université Populaire de Montélimar…

…et a coupé la tête à pas mal d’idées reçues !

Tout d’abord, l’intérêt pour la Grande Guerre a repris de la vigueur chez nous à partir des années 90 avec ce point culminant que représente ce Centenaire. Cela correspond à la mise en ligne des fiches des tués (voir celle d’Adrien-Gabriel Guérin dans un article du blog) par le Ministère de la Défense. Les manifestations patriotiques du 11 novembre accueillent plus de monde depuis 1990…

La célébration du Centenaire dans le monde.

Dans l’échelle des dépenses engagées pour célébrer le début de la Grande Guerre, ce sont 3 pays « surprenants » qui dépenseront le plus, des pays poutant éloignés du théâtre des opérations: la Nouvelle-Zélande, l’Australie et le Canada. Il faut dire que pour les 2 premiers, cela correspond au début de leur émancipation de l’Empire Britannique. A l’opposé, l’Autriche ne fera quasiment rien en cette année.

France, UK, Russie, Belgique et Allemagne suivent les 3 bons élèves dans la hiérarchie de l’investissement mémoriel.

Pour le Royaume-Uni, cette guerre fut une opposition entre l’Empire Britannique et l’Allemagne… la France n’est quasi jamais mentionnée et est considérée comme négligeable.

En Allemagne, c’est plutôt au niveau des Landers (les régions) que l’on célèbrera le Centenaire. Mais alors que la France voit dans cette guerre comme une opposition France-Allemagne, pour les Allemands, c’est plutôt une guerre ayant pour but de desserrer l’étau que représentaient France, Royaume Britannique et Russie.

La Russie de Poutine a profité de cette célébration pour retrouver l’esprit de la grande Russie, celle des Tsars et découvrir cette époque qui était totalement occultée sous l’ère communiste. C’était la Seconde Guerre et l’héroïsme soviétique face au Nazisme qui était mis en valeur officiellement.

Quant à nos amis belges, ils fêtent le Centenaire de 3 manières suivant que l’on soit en Flandres, en Wallonie ou à Bruxelles. En Flandres, on célèbre le sacrifice du peuple flamand envoyé à la boucherie par des généraux wallons complètement incompétents (historiquement, une fable totale), en Wallonie, on est proche des célébrations nationales françaises et à Bruxelles… on essaie d’exister face à tout cela.

Bizarre:

la Roumanie qui fut la grande bénéficiaire de cette guerre en récupérant des territoires importants aux dépens de la Hongrie ne fera quasiment rien… Par contre en Hongrie, les pertes territoriales sont encore durement ressenties de nos jours et il n’est pas rare de voir des cars de touristes hongrois visitant Versailles cracher par terre au Trianon où fut signé le traité qui dépeçait leur pays et envoyait les 2/3 des hongrois sous dépendance étrangère (le traité du grand Trianon s’occupa du sort de l’Autriche-Hongrie après celui de Versailles qui réglait le sort de l’Allemagne).

La Grèce, autre bénéficiaire de la guerre, ne la considère pas comme déterminante et n’est qu’un épisode des conflits de cette période. Les monuments aux morts grecs ne parlent pas de 1914-18 mais de 1912-22.

Ailleurs, 1914 sera aussi célébré, même dans les pays les plus improbables qui déclarèrent la guerre à l’Allemagne quand l’issue de celle-ci ne faisait plus de doute tel le Brésil. Même la Chine prit part au conflit (en envoyant des coolis travailler dans les docks-il existe un cimetière chinois datant de cette époque près de l’obélisque de Mazargues à Marseille-NDLR). Au Portugal aussi cet anniversaire sera célébré, le corps expéditionnaire portugais dans le nord de la France étant celui qui connaîtra, en pourcentage, les pertes les plus importantes de tous les belligérants.

Les idées fausses qui sont véhiculées.

La Grande Guerre fut une guerre franco-allemande… bien entendu faux, elle fut européenne et aussi mondiale (implication US, combats en Afrique autour des colonies allemandes, au Moyen-Orient, en Océanie, sur tous les océans de la Terre).

Il est souvent dit que ce fut une guerre civile européenne… ce qui est inexact, à l’époque on légitimait le rôle des Etats et on doit analyser le conflit en fonction de ce qui se pensait à l’époque et non ce qu’on pense aujourd’hui après la réconciliation franco-allemande et la construction de l’Europe.

C’était une guerre inévitable… Non, d’autres tensions avaient existé avant l’épisode de l’assassinat de François-Ferdinand à Sarajevo le 28 juin 1914 et elles n’avaient pas abouti à la guerre. L’idée de la revanche de 1870 était moins perceptible dans l’opinion française en 1914 que 25-30 ans auparavant. Dans les écoles, on n’enseignait plus aux enfants l’idée de la reconquête de l’Alsace-Lorraine depuis belle lurette (1880) comme l’avaient fait les hussards noirs de la République, les premiers maîtres d’école de Ferry. Après Sarajevo, rien ne se passa et après les premiers émois de cet assassinat, la presse française se consacra à narrer le Tour de France, les courses automobiles où excellait un pilote allemand d’ailleurs ou les exploits aéronautiques. Tout se tramait dans les cabinets diplomatiques et les tensions resurgirent le 23 juillet pour une accélération de l’Histoire phénoménale… le 3 août on était en guerre. Ce qui fit que cette crise déboucha à la guerre, c’est que l’Allemagne donna son accord pour soutenir l’Autriche-Hongrie si elle partait en guerre contre la Serbie. L’Allemagne était prête pour une guerre et une victoire rapide et ainsi desserrer le carcan France-UK-Russie dont elle souffrait.

Pourquoi on s’était complètement trompé en 1914…

De part et d’autres, mais surtout du côté allemand où un plan était dans les tiroirs de l’Etat-Major depuis un bon moment, on tablait sur une victoire rapide  car on était sûr qu’en cas d’enlisement du conflit, l’intendance ne suivrait pas. Et ce fut le contraire qui se produisit.

Tout d’abord, du côté français français, il est à noter l’extraordinaire efficacité de l’Administration qui fut capable de mobiliser 1,5 millions de militaires, de les équiper et de les transporter sur les fronts en un temps record, une dizaine de jours, et cela sans ordinateurs, machines à écrire, radios, téléphones portables mais avec des feuilles de papiers, des plumes et de l’encre noire… un véritable exploit. Cela avec un taux de désertions dérisoire. En 1914, l’Etat était légitime et personne n’en discutait.

Une guerre rapide pensait-on, car on croyait que l’intendance ne suivrait pas. Mais elle suivit. Les usines qui produisaient 15 000 obus par semaine en 1914 en sortaient 260 000 par jour 4 ans plus tard. Pour cela, l’Armée n’hésita pas à retirer du front des centaines de milliers d’ouvriers spécialisés, de contremaîtres, d’ingénieurs… pour qu’ils retournent dans leurs usines exercer leur métier tout en restant officiellement « sous les drapeaux ». Car la part des femmes dans l’industrie n’augmenta pas tant que cela en 1914 (seulement +15% ). Avant 1914, les femmes travaillaient déjà dans les usines. La nouveauté de 1914, c’est qu’elles quittèrent les usines textiles pour entrer dans les usines d’armement où elles étaient beaucoup mieux payées. Un seul pays n’eut pas une industrie militaire qui suivit: la Russie ce qui explique sa défaite sur le terrain et la révolution bolchévique. Bien entendu, l’agriculture et l’élevage se mirent à la hauteur pour nourrir tous ces hommes qui mangeaient (et buvaient) bien mieux que chez eux (de la viande tous les jours) mais aussi pour fournir des chevaux indispensables pour les combats comme pour le ravitaillement grâce à une organisation semblable à celle de la conscription des hommes.

Une guerre longue également car on modifia la manière de se battre. Août et septembre 1914 connurent les pires massacres subis par l’Armée française de toute son histoire (le 22 août 1914= 27 000 morts français = les morts français de toute la guerre d’Algérie = 1/2 des pertes américaines au Vietman). En continuant de cette manière, la guerre aurait cessé rapidement , faute de combattants. D’où l’invention de la guerre des tranchées moins efficace pour avancer mais bien plus adaptée pour se protéger. D’où une baisse constante des morts, année après année, avec toutefois une remontée des pertes en 1918 avec la reprise de la guerre de mouvement.

La conclusion de Gilles Vergnon sur 14-18.

Ce grand massacre que fut 14-18 eut pour conséquence de DÉLIGITIMER LA GUERRE surtout dans le camp des vainqueurs. Avant 14, la guerre était un des atouts dans le jeu diplomatique entre états. Après 14-18, l’opinion publique n’accepta plus la guerre comme quelque chose de normal.

La Grande Guerre eut également pour conséquence de modifier la manière de se battre. Il n’est qu’à voir les pertes enregistrées pendant les guerres après la Grande Guerre. En 1914, les tués furent à 99% des soldats. En 1939-45, la part des morts militaires restent importante mais des civils sont tués en masse dans les bombardements… De nos jours, les victimes des guerres ne sont plus les militaires mais les populations civiles.

Des précisons en réponses aux questions.

L’échec du mouvement pacifiste en France. Il est surtout dû à l’extrême rapidité de l’engrenage aboutissant au  déclenchement de la guerre qui empêcha toute réaction. Tout se joue entre le 23 juillet (le 24 en lisant la presse) et le 3 août. Une anecdote sur Jaurés. Celui-ci rencontre des dirigeants socialistes européens (dont allemands) à Bruxelles le 29 juillet. Il rentre à Paris le 30 mais, amateur d’art, il prend le temps de visiter une exposition dans un Musée bruxellois le matin avant de prendre le train l’après-midi. Il sera assassiné le 31. On ne croyait pas à la guerre mais à une énième crise qui se réglerait comme les précédentes.

Qui étaient les pays les plus va-t-en-guerre? Indiscutablement, l’Autriche-Hongrie, l’Allemagne et la Russie poussaient à la guerre. France et UK se trouvèrent beaucoup plus dans la réaction que dans l’action. Si l’on fait une comparaison de cette constatation avec les régimes politiques des pays, on s’aperçoit que des Empereurs exerçaient un pouvoir sans partage chez les va-t-en-guerre tandis que France et Royaume Uni étaient des régimes démocratiques où le parlement décidait… De plus la France était gouvernée pendant l’été 14 par un cabinet de « transition » dirigé par René Viviani que l’Histoire n’a guère retenu le nom.

Les objectifs de la guerre. France et Royaume Uni n’avaient pas de grands objectifs au début du conflit. La récupération de l’Alsace-Lorraine était bien entendu au programme français puis avec l’envahissement de la Belgique, le retour à l’indépendance de se pays fut inscrit au programme. De plus, Français et Britanniques pensaient bien vite récupérer les territoires coloniaux allemands d’Afrique et d’Océanie. Les Britanniques avaient des vues très précises au Proche-Orient pour y dessiner une nouvelle carte au détriment de l’Empire Ottoman, carte dont le monde continue à souffrir de nos jours. Au fur et à mesure de l’avancée de la guerre, pour s’aliéner de nouveaux alliés, de nouvelles revendications apparurent (exemple italien avec des promesses de récupérer des territoires tenus par les Autrichiens). Du côté allemand, le plan était beaucoup plus précis: création d’un état polonais satellite de l’Allemagne à l’est (ce qui fit qu’on retrouva des combattants polonais dans les 2 camps), récupération du reste de la Lorraine et de la Belgique à l’ouest, agrandissement de l’Empire colonial.

Vraiment un moment d’Histoire très intéressant et utile pour comprendre le monde actuel.

 

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Il y a 100 ans jour pour jour: LYON RÉPUBLICAIN du dimanche 13 septembre 1914

Original, ce quotidien paraît le dimanche, ce qui n’est pas le cas de tous.

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(JOUR 41 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Pour la première fois dans la presse apparaît le terme de bataille de la Marne (on verra plus loin).

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L’armée allemande bat en retraite et les soldats sont démoralisés.

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Les communiqués officiels si prudents il y a quelques jours sont beaucoup plus optimistes maintenant et parlent ouvertement de succès sauf en Lorraine et les Vosges (où le front ne bougera plus guère jusqu’en 1918 dans les montagnes).

Le journal donne quelques explications en analysant la situation de l’information.

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On y apprend que cette offensive alliée vient d’être appelé officiellement bataille de la Marne. Le journal y va de sa petite remontrance aux services de l’information de l’Armée qui n’a pas donné des nouvelles des opérations pendant une journée entière ce qui peut entraîner des doutes dans la population (j’avais noté ce fait dans le journal du 11 septembre, les lecteurs de l’époque devaient en avoir fait de même).

L’article se termine par une note pleine d’optimisme « On peut donc espérer que sous peu notre territoire sera libéré de l’occupation étrangère ». Il faudra attendre 4 ans et quelques semaines pour que cela se produise. Les vainqueurs de la Marne devant eux aussi souffler comme les Allemands après leur offensive éclair, ce qui permettra à l’Armée du Reich de se refaire une santé.

Des textes anecdotiques:

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une jeune fille s’étant déguisée en zouave pour aller combattre, ce qui, au pays de Jeanne d’Arc n’est pas accepté par l’Armée.

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Pour les mobilisés ou volontaires devant passer le bac très bientôt, l’Armée doit passer avant tout. Il faut dire que vue leur espérance de vie au front, passer le bac n’est peut-être pas prioritaire.

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Enfin dans cette brève, on voit qu’à l’époque, Alès s’écrivait Alais… le changement de toponymie intervenant en 1926 pour faire correspondre le nom moderne à celui de la ville romaine antique Alestum.

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CORBERA D’EBRE et la BATAILLE de l’EBRE dans L’ILLUSTRATION du 20 août 1938

De retour de Valencia, nous nous sommes arrêtés un moment à Corbera d’Ebre, le Verdun espagnol pour Paris Match, où la bataille de la (peu utile) re-conquête fasciste voulue par le généralissime détruisit le vieux village, le Poble Vell en catalan.

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Vous pouvez voir d’autres photos que nous avons prises dans Humeurs « Du 18 au 20/07/2014 Corbera d’Ebre (5/6): Dans les ruines du Poble Vell »

L’Illustration du SAMSUNG CAMERA PICTURES retrace la Bataille de L’Ebre depuis l’attaque surprise républicaine du début juillet jusqu’au jour de l’article, soit vers le 2 août, sur un peu plus de 4 pages.

L’introduction de l’article

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est manifestement le fait d’un journaliste au fait des choses car l’Histoire a retenu que l’audace d’une telle action (traverser l’Ebre dans son cours le plus important) créa une réelle surprise chez les Nationalistes et l’enfoncement rapide et sans résistance du front que seules les interventions massives de la Légion Condor et des troupes italiennes permirent de stabiliser.

Le journaliste s’est vraiment déplacé sur le théâtre des opérations car il parle à un moment de sa rencontre avec un Américain qui lui indique que la cachette où il a mis son véhicule est sûre… et qui se fera tuer quelques instants après par un avion. Or, c’est dans ce secteur que combattait la XVème Brigade Internationale composées principalement d’américains et anglais.

Dans un premier temps, l’auteur des lignes raconte l’offensive en l’illustrant de 2 cartes très parlantes

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la Catalogne pour localiser le cours de l’Ebre

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la zone de l’attaque proche de la Baie de l’Ebre

On voit que le front passe par la plaine entre Corbera et Gandesa, séparées de 7 km. Gandesa noeud important des communications ne fut jamais pris par les Républicains.

La seconde partie de l’article raconte une journée dans le camp républicain, celle du 2 août. Et ce qu’on retient en premier, c’est l’omniprésence des avions allemands dans le ciel, de 7h30 à 20h. Ils pilonnent tout: les ponts sur l’Ebre, les véhicules (même les ambulances) qu’ils se déplacent ou soient arrêtés, les routes, les tranchées de première ligne, les villages, Corbera, Asco… Face à eux, pas d’aviation républicaine ni de DCA efficace.

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un pont détruit par l’aviation et immédiatement reconstruit

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sur lequel les renforts passent sans arrêt, surtout la nuit.

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De jour, ce sont sur des barques que sont emmenés les blessés vers les trains sanitaires.

Deux passages racontent les bombardements nationalistes sur Corbera (par l’artillerie)

7h.30-Corbera brûle sous un feu d’artillerie déjà intense. Il faut contourner le village par les oliviers afin de gagner la ligne au point le plus avancé, au nord-ouest de Gandesa… Le canon tonne et, derrière nous, Corbera continue de brûler.

Plus loin

Midi- Un tonnerre s’abat sur Corbera. Des maisons en torchis jetées à bas plus par le déplacement d’air que par les obus obstruent définitivement le chemin. Elles y ont simplement entassé leurs façades, découvrant derrière la déchirure le spectacle désormais classique et toujours navrant des chambres coupées en deux, les lits en équilibre sur des moitiés de planchers et les portraits de famille accrochés en plein vent sur du papier de tenture déteint, au-dessus d’un monceau de plâtras.
Il faut passer à pied à travers les décombres. L’artillerie intensifie son tir. Les rafales se répondent, soulevant des nuages de poussière aveuglante. La chaleur est intense. Les lointains vacillent dans la torpeur d’un été impitoyable. Dans le seul coin d’ombre du secteur, visé par lui depuis un moment, l’un de nous s’arrête un instant. Les autres l’attendent. Bien leur en prend, car à ce moment un obus pulvérise la voiture, que nous allions rejoindre à quelques dizaines de mètres.

On comprend mieux les ruines de Corbera que nous avons visitées.

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Des combattants républicains sortis des abris observent l’aviation nazie en action.

Le village d’Asco sur l’Ebre reprit dès le début de l’offensive républicaine

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Un intéressant témoignage et une question sous-jacente que l’auteur ne pose pas mais qui nous brûle les lèvres: Pourquoi l’aviation républicaine n’intervient-elle pas alors qu’elle le pouvait? Les historiens de nos jours se posent aussi la même question.

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Classé dans Revues

LA BATAILLE DE PROVENCE (août 1944): la carte MICHELIN de 1947

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Comme pour le débarquement de Normandie, Michelin a édité en 1947 une carte Michelin spéciale Bataille de Provence, qui résume à grand coups de flèches mauves le déroulement du débarquement de Provence du 15 août 1944 puis la Libération de la région de Menton à Avignon, en indiquant les dates et les unités impliquées.

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La carte des lieux et des opérations.

Il s’agit d’une carte Michelin normale de l’époque avec en sur-impression les indications historiques. Elle est complétée par une page racontant le déroulement des faits

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et une annexe avec les endroits importants pour la bataille. 

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Ainsi le touriste voulant parcourir le pays trouvait-il, au sortir de la guerre, un document complet et succinct pour son parcours mémoriel.

Voyons en détail les principales indications historiques de la carte

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En premier, le débarquement proprement dit sur les plages du Var, du Cap Nègre (cher à qui tout le monde sait maintenant) jusqu’à la plage du Drammont à Agay et à Anthéor. On y voit que, contrairement au 6 juin où le rôle de la France était quasi anecdotique (pardon pour les commandos Kieffer), en Provence, toute une série de plages furent prises par les Français libres de De Lattre de Tassigny. 

A l’arrière du front, des troupes aéroportées vinrent désorganiser les renforts allemands en sautant du côté de Draguignan.

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Les îles au large d’Hyères furent aussi libérées en même temps.

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On voit en lisant les dates que la progression franco-américaine fut beaucoup plus rapide qu’en Normandie, Hitler ordonnant à ses troupes de se retirer tout en laissant quelques points de résistance pour freiner l’avancée des libérateurs.

Vers l’est, à l’intérêt stratégique minime, la progression fut plus lente,

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les Américains laissant les Maquis préparer le terrain. Ainsi Nice, à quelques dizaines de kilomètres des plages du débarquement ne fut libérée que 3 jours avant Lyon à 400 km de ces mêmes plages (et Menton, 5 jours après Lyon).

L’effort franco-américain se porta sur les 2 grands ports de la Méditerranée où les renforts pouvaient débarquer rapidement:

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TOULON

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MARSEILLE.

Dans les 2 cas, c’était là que la résistance allemande les attendait et les villes ne tombèrent qu’après de violents combats où les forces françaises furent majoritairement impliquées, que ce soient l’Armée de De Lattre que les unités de la Résistance.

Mais ici, ce qui va intéresser la plus importante bataille du sud de la France, la bataille de Montélimar est marqué par ce grand Z écrasé dans cette partie de la carte

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de Draguignan à Riez et la vallée de la Durance au nord de Manosque. L’indication TBF signifie Task Force Butter, force rassemblant diverses unités américaines devant foncer au plus vite, par les Préalpes bas-alpines sur la moyenne Vallée du Rhône, vers Montélimar et couper ainsi la retraite des unités allemandes se repliant et en particulier de la 11ème Panzer Division venant du Sud-Ouest. The Battle of Montelimar est très connue aux USA et beaucoup moins en France malgré les dégâts dont souffrirent certains villages drômois (La Courcourde-Derbières, La Laupie notamment).

La carte s’arrêtant aux ports d’Avignon le plus au nord, la Bataille de Montélimar n’est pas dessinée.

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Classé dans Vieux papiers

Un ECUSSON RéPUBLICAIN

Vraiment un très vieil et bel objet datant de la Révolution Française. Pas en papier mais vraiment singulier.

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Il s’agit d’un écusson républicain cousu sur un support en jute marron. Par dessus ce support et cela des 2 côtés, un morceau de feutrine rouge tenu sur les côtés par de la dentelle dorée. Le verso est vierge mais sur le recto, un second tour de dentelle dorée encadre le motif principal central: le faisceau du licteur symbole directement issu de l’Empire romain. Ce faisceau de verges (d’orme ou de bouleau) liées en cylindre autour du manche d’une hache par des lanières de cuir croisées représentait le pouvoir des consuls qui pouvaient donner la mort. Sous la Révolution, la hache avait été remplacée par le bonnet phrygien. On peut donc penser que cet objet décoratif date de la fin de la Révolution quand Bonaparte se fit nommer Premier Consul après le coup d’état du 18 Brumaire de l’an VIII (9 novembre 1799)

De part et d’autre du faisceau, sont notés 7 et R. Un peu énigmatique, serait-ce un 7ème régiment?

En haut deux accroches en métal pour permettre de le placer contre un mur comme un tableau.
Les vers ont quelque peu rongé la feutrine de cette antiquité vieille de plus de 210 ans, gardée précieusement dans un grenier par un tenant de l’Empire qui n’eut pas peur de la conserver au moment de la Terreur Blanche.

Format de cet écusson: Hauteur 30cm, Largeur en haut:18cm, Largeur maximale: 28cm.

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Classé dans ORIGINAL!

BD LA NUEVE (Paco Roca) ou le parcours des Républicains Espagnols qui ont libéré Paris…

Il ne s’agit pas de vieux papiers ce coup-ci mais d’une bande dessinée en rayon, publiée chez Delcourt/Mirages et qui porte un DL d’avril 2014… Du tout récent! D’ailleurs la préface qu’Anne Hidalgo a signé l’a peut-être été au moment où elle allait devenir Maire de Paris.

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Paco Roca raconte avec une grande précision historique (il a travaillé en collaboration avec un spécialiste américain de la Seconde République et de la Guerre Civile, Robert S. Coale), le parcours d’un combattant républicain espagnol depuis son embarquement dans le port d’Alicante sur le Stanbrook le 28 mars 1939… jusqu’à sa malheureuse désertion de la 2ème D.B., après la Libération de Paris, du côté de Ménarmont dans les Vosges.

Cette grosse BD de 314 pages est un aller-retour permanent entre le présent et les rencontres parfois difficiles entre l’auteur (Paco se met en scène en tant que jeune reporter-écrivain) et le vieux combattant qui, au début, n’a guère envie de revenir sur son passé

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et la narration des flash-backs, ces scènes du passé qui reviennent à la mémoire de Miguel Ruiz.

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Contrairement à ce que fait quelquefois le cinéma, Paco laisse en noir et blanc les scènes du présent et met en couleur tout ce qui a trait à l’Histoire.

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Ainsi le départ d’Alicante d’une Espagne que le héros ne reverra plus…

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…les divers camps de concentration en Algérie où furent honteusement internés les réfugiés, dont les gardes vichystes n’avaient rien à envier aux cerbères nazis…

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…le recrutement dans les unités de la France Libre après l’arrivée des Américains en Afrique du Nord et les premiers combats contre l’Afrika Corps de Rommel en Tunisie…

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…la constitution de la 2ème D.B., régiment de Marche du Tchad dont la 9ème compagnie, la Nueve, constituée principalement de républicains espagnols, était toujours à la pointe du combat avec ces soldats aguerris par 3 ans de guerre civile…

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…et l’entrée dans Paris pour la Libération de la Capitale.

Pourquoi le héros est-il resté dans ce coin perdu des Vosges?

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Une bien belle histoire, vous ne regretterez pas l’investissement (29,95 euros).

Histoire à rapprocher à celle de l'(ex-) beau-père de Mary Enrique Bustos dont le petit-fils Ludovic Bustos a raconté l’itinéraire, visible sur youtube, et dont le début ressemble beaucoup à celle du héros de « La Nueve ».

https://www.youtube.com/watch?v=pBwb3onqLe4

Petite surprise dans une FNAC de Valencia qui m’a permis de découvrir la version originale de cette oeuvre:

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Une autre couverture au dessin moins parlant, me semble-t-il, un autre titre: Los surcos del azar = les rainures du hasard ou les sillons, les chemins du hasard… . Pour nous Français, le titre et la couverture de la version La Nueve nous conviennent mieux!

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Une BOÎTE d’ÉPLINGES TRÈS ORIGINALE

C’est une boîte d’épingles bien originale trouvée en Ardèche, il y a quelques années. Là voici:

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« Epingles pour suivre la marche des Armées Belligérantes ». A l’intérieur du couvercle, la marque du distributeur:

« Papeterie Maquet 26-Rue de la Paix- Breveté de S.M. L’IMPÉRATRICE, fournisseur de la Famille Impériale, Objets d’Arts, Nouveautés, Fantaisies- PARIS.

Il s’agit donc d’un objet datant de l’Empire. Les 3 épingles principales vont éclaircir la recherche:

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Un drapeau tricolore français, un autre drapeau tricolore (vert-blanc-rouge) italien et un drapeau avec l’aigle autrichien. A l’intérieur de la boîte, 2 coffrets, le troisième n’y étant plus, les épingles vertes étant en vrac:

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et dans les coffrets présents, des épingles bleues pour la boîte des Français et des épingles blanches pour celle des Autrichiens.

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Là, plus aucun doute, il s’agit du Second Empire (Napoléon III) et d’une campagne militaire mettant aux prises les Autrichiens, les Italiens et les Français. Nous en avons parlé dans un article précédant (le carnet de voyage en 1909 en Italie et Suisse), il s’agit pour les Italiens de cette guerre de libération pour chasser les Autrichiens avec l’aide des Français: les batailles de Magenta, Solférino… en 1859.

Sur des cartes que devaient fournir les journaux, les lecteurs pouvaient marquer les positions des armées pour suivre les mouvements des unités et l’avancement de la guerre. Comme dans un jeu de plateau…

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Le D-DAY et un de ces tableaux MDI qui firent aimer l’Histoire à des générations d’écoliers

Les tableaux MDI (ou Rossignol) étaient des supports didactiques pour illustrer les leçons d’histoire mais aussi de langage, de vocabulaire, de sciences ou de géographie. Certes, un peu images d’Epinal pour le moins, des erreurs historiques plus que probablement mais le but n’était-il pas avant tout d’intéresser les élèves et de leur donner des repères à une époque où beaucoup ne poursuivaient pas longtemps leurs études?

Voici celui qui illustrait le Débarquement de Normandie, le D-DAY dont on a entendu et vu de nombreux reportages sur les télévisions

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L’inconvénient d’un tel tableau, c’est qu’il voulait mettre le plus de renseignements dans une seule image avec d’un côté le débarquement des premières troupes…

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(La première vague au milieu du chaos

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mais finalement des soldats  assez tranquilles au contact avec l’ennemi).

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… et de l’autre, le débarquement des blindés comme cela se passait ensuite pour les renforts… avec surprise un char français.

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Discrètement,  en dessous du drapeau tricolore, un hommage à la Nueve, la 9ème compagnie de la 2ème DB de Leclerc, cette brigade qui entra la première à Paris et était composée de Républicains Espagnols.

Peut-être aussi un clin d’oeil au débarquement de Provence du 15 août 1944 où, là, les troupes de la France Libre débarquèrent en masse aux côté des Américains… troupes composées de soldats « indigènes » (comme le titre du film): des Noirs et des Maghrébins à côté de ceux qu’on appellera plus tard les Pieds-Noirs.

Une autre époque au point de vue pédagogique… Mieux ou moins bien qu’un DVD? De jolis vieux papiers à conserver.

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