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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Marius DEVALOIS.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-unième nom de la liste: DeValois Marius Léon Henri.

La seconde face du monument.

Devalois pour l’Etat-Civil, DeValois pour l’armée, pas une grande différence mais une première petite interrogation.

Joseph Léon Devalois est venu d’Orange épouser une fille de Caderousse, Delphine Scholastique Roche, un nom très porté à cette époque au village. Le mariage fut célébré le 12 juillet 1871. Joseph avait alors 23 ans (né en 1847) et, fait peu courant à l’époque, Delphine était légèrement plus âgée, 26 ans (née en 1845). De cette union allait naître sept enfants, trois filles et quatre garçons.

La famille lors du recensement de 1886.

En 1886, comme nous le voyons, ci-dessus, Léon, le Poilu qui nous intéresse, est le petit dernier de la fratrie. Né à Caderousse le 30 avril 1883, il était alors âgé de trois ans.

Le couple Joseph-Delphine avait perdu leur premier enfant, Marguerite Françoise Léonie qui n’avait vécu que 49 jours en 1872-73. Puis vinrent donc Antoine Jouis Charles né fin 1873, Félix Joseph Mathurin né en 1875, Marguerite Delphine Léonie  à qui on donna deux des trois prénoms de sa grand soeur décédée, née en 1877, Marie Louise Lydie Gabrielle Victoire (ou Victorine) née en 1882 et enfin Marius Léon Henri. Un dernier enfant allait venir au monde en 1888, Jean-Baptiste Joseph Benjamin.

Le recensement de 1896.

Dix ans plus tard, lors du recensement de 1896, les deux aînés ont quitté le foyer. Ils sont tous deux à l’armée. Antoine s’est engagé en 1891 et il y fera carrière jusqu’en 1905 ce qui l’amènera à Madagascar pour maintenir l’ordre, à la Réunion, en Crête. Félix a été appelé en 1896 pour sa période militaire mais il sera rapidement réformé car son frère aîné était sous les drapeaux.

A Caderousse, la famille vit dans la Grande Rue jusqu’en 1876. Elle part ensuite habiter le quartier des Jardinières, toujours à l’intérieur des digues. Puis elle s’installe route d’Orange au quartier de Bayard. Le père est quelquefois géomètre, quelquefois cultivateur suivant les recensements. Bizarre !

Marius va effectuer son service militaire du 16 novembre 1904 jusqu’au 12 juillet 1907, presque trois ans. Il est incorporé au 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon et en sortira avec un Certificat de Bonne Conduite. De retour à Caderousse, il se marie le 09 janvier 1909 avec Léonie Marie Arnoux, une fille du pays et part vivre à Orange, 17 rue Victor Hugo où ils tiennent une épicerie à compter du 03 décembre de la même année. On peut penser qu’il a eu des enfants assez rapidement. C’est donc à Orange qu’il entendra le tocsin sonner la Mobilisation Générale d’août 14 et il rejoindra son unité le le 04. Il lui restait alors moins de deux mois à vivre !

Il est versé au 34ème Régiment d’Infanterie Coloniale où il aurait pu côtoyer un autre pays, Louis Raphaël Dardun, s’il n’avait péri aussi rapidement. C’est l’époque de la terrible et meurtrière guerre de mouvement. Les pertes sont si considérables que l’Armée a du mal à suivre tous les destins de ses hommes. Ce fait est attesté dans le registre matricule qui fait disparaître Marius Devalois le 07 septembre 1914 dans un premier temps avant de rectifier et de signifier le décès le 25 ou 26 septembre du même mois. C’est ce qu’indique la fiche matricule de Mémoire des Hommes.

Si la disparition de Marius est survenue le 07 septembre, elle a eu lei à Beauzée-sur-Aire. Le livresouvenir du 34ème RIC raconte les événements. Le régiment progresse sur une crête ce qui n’est pas le meilleur moyen de passer inaperçu et ce fait cueillir par sous la triple action des canons, mitrailleuses et fusils allemands. Bilan de la journée: aucune avancée territoriale et 669 hommes mis hors de combat, tués, blessés et disparus !

Si la disparition a eu lieu à Chauvoncourt, ville voisine de Saint-Mihiel et son fameux saillant allemand, une autre attaque tout aussi inutile qu’à Beauzée a coûté 339 pertes aux Coloniaux. Soit en deux jours pratiquement 1 000 hommes sur le flanc dont la majorité peut être considérée comme décédés. C’est ce que reconnaîtra le tribunal d’Orange pour Marius Devalois le 21 avril 1921, sept ans après les faits !

Marius Devalois était âgé de 31 ans 1/2 la jour de sa disparition.

 

La fiche de Louis Raphaël Dardun de Mémoire des Hommes

Louis Raphaël Dardun, matricule 278 classe 1900, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse.

 

La fiche de Marius Léon Henri Devalois de Mémoire des Hommes

Marius Léon Henri Devalois , matricule 177 classe 1903, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse.

Il semble que le patronyme DeValois ou Devalois soit encore très présent à Caderousse. Si une personne reconnaît en  ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Alphonse Dortindeguey.

Quelques mots sur les parcours des trois frères de Marius pendant la Grande Guerre.

  • Antoine le militaire de carrière était assez âgé lors de la déclaration (41 ans). Un militaire aguerri aurait pu intéresser l’armée. Mais elle ne put compter sur lui, étant atteint de graves problèmes psychiatriques rédhibitoires au port des armes. Il fut réformé.
  • Félix lui aussi fut réformé. Il souffrait de sciatique chronique et fut détaché à l’agriculture, c’est-à-dire que, tout en restant sous les drapeaux, il cultivait ses terres à Caderousse. Il décéda au village le 12 décembre 1956.
  • Jean-Baptiste, le plus jeune, ne coupa pas à son destin. Comme son frère, il fut déclaré disparu le 27 mai 1918 à Ostel dans l’Aisne. Mais lui, réapparut… dans un camp de prisonniers de guerre français en Allemagne, à Griessen. Il fut libéré le 5 décembre 1918 conformément aux clauses de l’Armistice et regagna… son régiment pour quelques mois encore. En 1931, il travaillait à la Poudrerie de Sorgues.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Paul CONSTANCE.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-septième nom de la liste: Constance Paul Auguste.

La seconde face du monument.

Paul Auguste est donc né à Caderousse le 27 juillet 1887 d’un père agriculteur Jean Auguste Constance né en 1849 et d’une mère Marie-Louise Paschal née en 1854. Ils habitent une ferme au quartier de la Durbane, non loin du fameux Revestidou, cette rodée du Rhône. D’ailleurs dans les divers recensements, ce lieu sera appelé Miémart, comme les petite et grande îles proches du pont de Roquemaure.

Paul est le cinquième enfant de la fratrie, derrière Augustine l’aînée née en 1875, Louis Marius l’aîné des garçons venu au monde en 1879, Victor Félix en 1882, Marguerite Louise en 1885. La mère va décéder en 1898 ou 1899. Augustine qui avait quitté la maison reviendra alors dans le foyer de la Durbane pour la seconder le père dans les tâches domestiques.

Au recensement de 1891, Paul est âgé de 3 ans.

Paul va faire son service militaire au 141ème Régiment d’Infanterie de Nice à partir du 07 octobre 1908. Première classe le 10 juin 1910, il sera libéré le 25 septembre 1909 gratifié d’un Certificat de Bonne Conduite.

Il est rappelé comme tous les hommes âgés de moins  de 48 ans au début du mois d’août 1914 dans le régiment qu’il avait quitté quatre ans auparavant, le 141ème R.I., à Marseille pour embarquer vers le front du nord-est de la France à la gare de Longchamp. Il dut d’ailleurs se retrouver quelques jours après pas très loin du lieu où tomba son homonyme de Caderousse, Lucien Henri Constance puisque le journal de marche du 3ème R.I. fait état de la présence du 141ème R.I. non loin de Coincourt. Paul s’en tira mieux que Lucien puisqu’il survécut à l’attaque aventureuse de l’infanterie française.

Pas pour très longtemps ! Le registre matricule de Paul Constance nous apprend que Paul fut fauché lors d’un combat du côté de Poperinge en Belgique, le 25 novembre 1914 et qu’il décéda dans un hôpital d’évacuation dans la journée. Les circonstances de cet épisode sont difficiles à cerner pour cause de contradictions dans les écrits militaires.

Suivant le registre matricule, Paul était soldat au 141ème R.I. mais à la date du 25 novembre, cette unité se trouvait en première ligne à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Verdun, bien loin de la Belgique !

Suivant la fiche matricule de Mémoire des Hommes, Paul était alors soldat au 163ème R.I. au moment de son décès. Là encore fin novembre 14, le 163ème R.I. combattait à l’est-sud-est de Saint-Mihiel, à Bouconville, encore plus loin de la Belgique que Verdun.

Nous voilà guère avancé ! Mais en retournant un peu en arrière dans les biographies des Poilus de Caderousse, on retrouve un autre Paul, Paul Aubert qui fut gravement blessé autour du 25 novembre à Poperinge pour décéder dans un hôpital de l’ouest de la France le 12 décembre 1914. Nous vous invitons donc à relire ce qui a été dit sur cette opération de défense de la Belgique et de la Course à la Mer pour comprendre ce qu’il arriva dans la froidure de la fin de l’automne.

Paul avait 27 ans et 4 mois au moment de son décès. Il repose dans le cimetière militaire de Saint-Charles de Potyze, près d’Ypres, tombe individuelle 810.

La fiche de Paul Auguste Constance de Mémoire des Hommes

Paul Auguste Constance, matricule 318 classe 1907, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. On fera la même remarque que pour Lucien, le patronyme Constance est encore présent à Caderousse et dans le Vaucluse. Si un descendant forcément indirect de ce Poilu reconnait cet arrière-grand-oncle, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

Nous n’avons pas trouvé les renseignements militaires pour Louis Constance qui n’apparaît dans aucun bureau de recrutement, ni en Avignon, ni à Montélimar, ni à Marseille, ni en Ardèche, ni dans le Gard. Bizarre. Après guerre, il se maria avec Thérèse Point à Caderousse le 19 avril 1919.

Par contre Victor (645 classe 1902 bureau de recrutement d’Avignon), pourtant dispensé de service militaire avant-guerre puis retenu dans le corps des auxiliaires militaires en tant que fourrier jusqu’en 1915, finit par se retrouver dans les tranchées et obtint même une citation pour son courage et son sang-froid dans la tourmente de Verdun de juin à octobre 1916. Il s’était marié le 10 février 1902 avec Marie Berbiguier à Caderousse. 

A suivre: Joseph Cuer.

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108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… Louis CARTOUX

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingt-huitième nom de la liste: Cartoux Louis Pierre.

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Première face du Monument.

Le fils du coiffeur devenu instituteur public ! En quelques mots, voilà ce que pourrait être le résumé de la courte vie de Louis Cartoux.

Né le 13 mai 1892, Louis était donc le fils du perruquier-coiffeur Pierre Paul Cartoux qui coupait les cheveux et rasait les barbes des Caderoussiers rue Saint-Michel. Ce dernier était lui-même né à Saint-Saturnin-les-Avignon, de parents venus s’installer comme épiciers à Caderousse. Il avait épousé Madeleine Antoinette Sauvage le 9 janvier 1889, une fille du pays , enfant de Pierre Anselme Sauvage et de Lucie Marie Olivier, jardiniers au village.

En 1901, Pierre et Madeleine n’ont qu’un seul enfant, Louis, chose rare à époque. C’est ce que nous dit la liste nominative des habitants du village, établie en début d’année.

Mais en fouillant un peu plus, on s’aperçoit que le couple avait perdu une fille aînée, Lucie Denise née en octobre 1889 mais décédée alors qu’elle allait fêter ses 2 ans, en septembre 1891. Louis était donc arrivé en 1892 suivi d’un petit Paul Anselme en avril 1896 qui n’allait vivre que quelques mois. La mortalité infantile était un véritable fléau à cette époque, fléau qu’allait faire reculer sous le coups des  progrès de la médecine, de l’hygiène et de l’éducation.

Après Louis arriva un autre garçon, Pierre Marius, né en 1902 et qui apparaît dans les listes nominatives de 1906 et 1911.

Recensement de 1906

…et celui de 1911.

On voit qu’à un moment, le grand-père Michel (!), l’ancien épicier de Caderousse, vint vivre au foyer de son fils après le décès de son épouse.

Et Louis Pierre dans tout cela ? Il disparaît des listes nominatives après 1901. Rien de grave pour l’instant ! Il part poursuivre ses études secondaires dans un premier temps à Orange ce qui lui permit d’obtenir le Brevet Supérieur, chose rarissime au début du siècle puis en Avignon, à l’Ecole Normale pour devenir Instituteur public.

Appelé par l’Armée le 04 octobre 1913, il n’eut pas le temps de suivre une formation d’officiers comme le firent nombre de ses collègues enseignants,  la guerre éclatant moins de dix mois après son incorporation. Il était tout de même monté en grade comme caporal, le 15 mars 1914 au 173ème Régiment d’infanterie de Bastia, en Corse.

Il est difficile de suivre le parcours du 173ème R.I. au front, les Journaux de Marche n’ayant pu être sauvés. On sait qu’il reçut le baptême du feu sur le continent  vers le 15 août à Xousse à la frontière du territoire « ennemi » non loin de Lagarde dont on a déjà parlé puis participa à la bataille de Morhange avant de devoir reculer devant la pression allemande pour se reprendre sur le front de la Marne.

Un Résumé des Etapes et Combats fourni par Mémoire des Hommes nous confirme ce que nous dit le Registre Matricule de Louis Cartoux.

Ainsi, le jeune instituteur vauclusien se retrouva avec son régiment au bois de La Gruerie, au nord de Vienne-le-Château, au début de l’été 1915. C’est un secteur de l’ouest de Verdun….,

…à mi-chemin entre la butte de Vauquois symbole de la guerre des mines et la main de Massiges où perdit la vie Louis Berbiguier.

Son registre matricule nous apprend que Louis Pierre Cartoux ne donna plus aucun signe de vie après le 14 juillet 1915.

Il fut longtemps considéré comme « présumé tué » avant d’être officiellement déclaré mort par le Tribunal d’Orange le 21 février 1921, lequel tribunal fixa la date de sa décès au 14 juillet 1915, date à partir de laquelle il ne donna plus aucune signe de vie.

Il avait ce jour-là 23 ans, 2 mois et 1 jour. Pierre Marius Cartoux restait le seul descendant en vie du couple du coiffeur caderoussier Pierre Cartoux- Madeleine Sauvage, sur 4 enfants mis au monde ! Né en 1902, il avait évité de peu la grande boucherie de 14-18.

La fiche de Louis Pierre Cartoux de Mémoire des Hommes

Louis Pierre Cartoux, matricule 723 classe 1912, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Cartoux restant vivant à Orange (Pierre a-t-il eu une descendance ?), si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: René Charbonnel.

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108 POILUS de Caderousse, 108 DESTINS… CAMBE Auguste.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingt-quatrième nom de la liste: Cambe Auguste Marius., inscrit sur la seconde face du monument… quelques problèmes de classement orthographique pour le graveur en 1937 !

Seconde face du Monument.

Trois Cambe sont morts pendant la Grande Guerre et sont tous trois inscrits sur le Monument aux Morts: Cambe Eugène, Cambe Marius et plus loin dans la liste Cambe Auguste Marius. Nous allons rétablir l’ordre alphabétique à l’occasion de cette publication.
Il ne semble pas que ces trois hommes aient une proche parenté. En remontant jusqu’à leurs arrières-grands-pères Cambe, pas d’origine commune. Peut-être en remontant plus loin…?

Né le 18 août 1887, Auguste fait partie des hommes rappelés lors de la déclaration de guerre d’août 1914 après avoir fait une première période militaire à l’âge de 21 ans. Mais auparavant, voyons sa jeunesse au bord du Petit Rhône. La lecture des recensements est très intéressante surtout que le hasard de domicile fait qu’il ne faudra guère tourner de pages… virtuelles.

1891, la première page sur laquelle apparaît Auguste qui n’a alors que trois ans. Sa famille habite Grande Rue, côté gauche… facile à repérer, à condition de savoir de quel côté on commence ! La Grande Rue est devenue rue du Docteur Guérin, bienfaiteur de la ville. Le père, officiellement prénommé Louis Vincent André, apparaît sous le prénom d’Adrien. Mauvaise transcription de l’agent recenseur. Il est né le 15 avril 1857, au même endroit. Il s’est marié avec une fille d’Orange: Marie Joséphine Elisa Farjon, de sept dans sa cadette. Il est cultivateur « propriétaire ». Auguste est le second enfant du couple. Un Paul Louis Victor Edmond Cambe l’a précédé au foyer Cambe-Farjon, en 1885.

1896. André, le père, a retrouvé sa vraie identité. Un petit Gaëtan est arrivé dans le foyer en 1892, un troisième garçon pour les Cambe-Farjon ! En bas de la liste des membres de la maisonnée apparaît Victorine Breton, mère de Mme Farjon. Le décès du père de Marie Joséphine Farjon a eu pour conséquence ce regroupement familial. Agée de 60 ans, ce serait une jeune grand-mère à notre époque. Rentière donc relativement aisée.

1901, tout le monde a pris 5 ans mais pas de changement notable dans le foyer d’André et Joséphine Farjon. Les enfants n’ont pas encore choisi leur avenir professionnel. Ce sera pour très bientôt pour les deux plus grands !

1906. Le fils aîné Paul travaille maintenant comme commis de banque en Avignon, à  l’établissement Gaïdan. Est-ce l’ancêtre de la banque Arnaud-Gaidan de Nîmes ? Pour peu de temps encore car il s’apprête à partir remplir ses obligations militaires. Ce sera pour le seconde semestre de l’année 1906 et l’Armée se servira de ses compétences professionnelles pour l’incorporer à la 15ème section de Secrétaire d’Etat-Major et de Recrutement de Marseille. Il continuera donc sous l’uniforme à travailler dans les bureaux, jusqu’en 1908. Ces secrétaires militaires furent d’une extraordinaire efficacité organisationnelle. Pensez qu’avec seulement leurs plumes et leurs papiers, ils permirent à la France de rappeler en quelques heures trois millions de réservistes lors de la mobilisation générale du 2 août 1914. Sans téléphone, sans portables, sans internet, SMS ou réseaux sociaux… !

1911. Une bonne nouvelle pour la famille et une mauvaise. Commençons par cette dernière ! La mère de Marie Joséphine Elisa Cambe (à noter que dans les recensements précédents, Mme Cambe s’est fait appeler par tous ces prénoms) n’est plus là et est  décédée. Elle aurait eu 76 ans en 1911. Par contre, bonne nouvelle, Paul de retour de l’armée a pu se rapprocher des siens et travaille maintenant comme comptable à Orange chez Martin. Auguste, lui aussi, a accompli son service militaire. Il ne s’est pas arrêté ni en Avignon, ni à Marseille mais a rejoint Nice et le 141ème Régiment d’Infanterie le 07 octobre 1911. Première classe le 5 décembre 1912, il a été renvoyé dans ses foyers le 25 septembre 1910 avec un Certificat de Bonne Conduite en poche. Deux années sur la Côte d’Azur avant de reprendre place auprès de son père pour le seconder dans les champs. Le recensement doit avoir été fait en début d’année 1911 car Auguste est encore célibataire quand le registre a été rempli. Pourtant le 08 août 1911, il s’est marié avec Rose Henriette de Valois (ou Devalois) de Sarrians. Leur lune de miel s’achèvera brutalement 3 ans et 25 jours plus tard !

Rappelé le 2 août 1914, il retrouve Nice mais le 163ème Régiment d’Infanterie, une unité dont on déjà parlé quand on a évoqué le souvenir d’un autre Caderoussier, Norbert Brichet, décédé le 15 août 1915 près de Saint-Mihiel. Le parcours d’Auguste Cambe sera bien plus bref. C’est seulement les 15 et 16 août 1914 que les bataillons embarqueront à destination de Belfort. Baptême du feu le 19 août à Tagolsheim (35 km à l’est de Belfort, entre Mulhouse et Altkirch donc en territoire ennemi conquis en 1914), le régiment perdra en un violent affrontement contre les Allemands 8 officiers et 210 hommes de troupe (36 tués, 131 blessés et 51 disparus tous grades confondus). Le régiment cruellement éprouvé est relevé et est envoyé à nouveau par train un peu plus au nord, à Saint-Dié dans les Vosges.

La troupe débarque à 5 heures du matin et va devoir, en marche forcée, avec un barda de 25 kilogrammes sur le dos, se porter au devant des Allemands dans la vallée voisine d’Autrey- Saint-Benoît-Bru. Le rédacteur du Journal de Marche du 163ème de Ligne emploie l’expression « étape longue et pénible ». Sur Google Maps, on peut évaluer cela à 28 kilomètres le chemin pour atteinte de Saint-Dié, le bois d’ Anglemont sous un soleil de plomb et sans savoir quel accueil sera fait à ce petit monde à l’arrivée.

Violents combats dans ce bois puis affrontement un peu plus au sud rue Larifontaine à Bru. C’est là qu’Auguste Cambe sera blessé peut-être le 02 septembre 1914, peut-être un ou deux jours auparavant. Il fut atteint par des billes d’un shrapnel allemand (obus qui en explosant projette de nombreuses billes de plomb) au visage avec « plaie à la face, au cuir chevelu et à l’aisselle ». S’il avait survécu, il aurait été un de ces blessés aux visages qu’on a surnommé « les Gueules Cassées ». Après-guerre, on leur dédia une tranche de la Loterie Nationale pour leur venir en aide.

Cela ne se produisit pas. Auguste Cambe décéda à l’ambulance, un peu en arrière, à Autrey, le 02 septembre 1914, 31 jours après le début de la guerre. Il fut inhumé à la Nécropole Nationale de Saint-Benoît-de-Chipotte, tombe individuelle 330.  Ce cimetière est situé au coeur de la forêt vosgienne, près du col de la Chipotte.

La fiche d’Auguste Cambe de Mémoire des Hommes

Auguste Marius Cambe, matricule 323 classe 1907, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Cambe étant toujours vivant à Caderousse et dans la région, si un descendant indirect reconnaît un membre se sa famille, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents. 

A suivre: Cambe Eugène.

Post-scriptum.

On a parlé dans l’article de Paul et Gaëtan Cambe, quels furent leurs parcours pendant la Grande Guerre ?

Paul Cambe (matricule 407, classe 1905 d’Avignon).

Après sa période comme secrétaire lors de son incorporation, il fut envoyé pendant la guerre dans une unité du Train, au 20ème régiment du Train de Versailles et au 4ème du Train de Chartres. Il était donc dans le ravitaillement et on peut comprendre qu’on avait besoin, là, d’hommes capables de transcrire des ordres, d’être rigoureux et organisés. Il sortit sans dommage de la guerre et on sait qu’il fut secrétaire de Mairie à Caderousse à partir de 1924.

Gaëtan Cambe (matricule 721, classe 1912 d’Avignon).

Moins de chance pour le petit frère d’Auguste. Incorporé le 14 octobre 1913 au 173ème Régiment d’Infanterie de Corté en Corse, il se retrouva bien vite sur le front. Quelques jours après le décès de son frère (l’avait-il su ?), il fut pris par les Allemands à Montfaucon d’Argonne le 30 septembre 1914. Il connut donc le même sort que son compatriote Marius François Bruguier pris à quelques kilomètres de là, au bois de Malancourt, dans l’anéantissement du 258ème RI le 20 mars 1916. Mais il eut plus de chance que lui. Il fut envoyé en camp de prisonniers de Dülmen (au nord de Dortmund près de la frontière néerlandaise) mais il en revint vivant, certes très longtemps après, le 28 décembre 1918. 51 mois de captivité !  En 1921, il quitta Caderousse pour Rochegude dans la Drôme.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… BERTET Martial Henri Augustin

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Douzième nom de la liste: Bertet Martial Henri Augustin.

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Première face du Monument.

La biographie de Martial Bertet sera peut-être la plus courte et la moins fournie des 122 textes racontant la vie des Poilus inscrits ou oubliés sur le monument aux morts !

Martial Bertet est né le 1er octobre 1894 au village, fils du cultivateur Marius Martial Bertet né à Orange en 1866 et de l’ouvrière dans une fabrique de balais Marie Henriette Lazars ou Lazard (l’état-civil semblant continuellement hésiter entre le S et le D dans ses actes officiels), née au village en 1869. C’est le premier enfant du couple marié le 19 novembre 1892.

Martial Bertet apparaît donc pour la première fois dans le recensement de 1896.

On voit que le jeune couple vit chez les parents d’Henriette au quartier du Gros Boulegon, mais on peut constater que l’agent recenseur a pris quelques largesses avec l’état-civil ! En effet, Marius le père devient Martial (son second prénom), Marie la mère est Henriette (même remarque sur cette habitude courante à l’époque) mais le bébé Martial est enregistré sous un Marcel qui ne correspond à aucun de ses prénoms  officiels !

On retrouve la famille dans le recensement de 1911.

15 ans après 1896, les parents vivent seuls, toujours au Boulegon, les beaux-parents Lazard(s) n’étant plus de ce monde. Une petite Marcelle est venue s’ajouter au foyer de Marius et Henriette en 1901.

Le jour de la déclaration de guerre, le 03 août 1914, Martial n’a pas encore 20 ans. Il n’en sera pas moins appelé par anticipation et rejoindra le 09 septembre 1914, le 61ème Régiment d’Infanterie à la caserne de Privas en Ardèche. Le PLM jusqu’à Livron puis la traversée du Rhône à La Voulte pour rejoindre Privas, à une époque où existait un chemin de fer départemental reliant la préfecture de l’Ardèche à la vallée du Rhône.

Le 61ème de Ligne avait rejoint le front le 7 août 1914 et combattait en septembre 1914 en Argonne. A Privas ne restaient que les jeunes recrues recevant une instruction militaire sommaire avant de rejoindre le régiment pour combler les pertes des premiers mois de guerre.

Martial Bertet n’en aura pas le temps. Il ne connaîtra ni le front, ni le feu, ni la guerre ! En effet, il décédera à l’hôpital Saint-Pierre de Privas le 10 octobre 1914, 31 jours exactement après son arrivée dans l’unité. Sa fiche matricule de Mémoires des Hommes parle d’une « commotion cérébrale » qui pourrait être consécutive à un choc violent à la tête à l’entraînement. Par contre sur le registre matricule des Archives Départementales du Vaucluse, on lit « des suites d’une congestion cérébrale suraiguë » ce qui pourrait faire penser à un accident vasculaire cérébral inattendu.

Fiche Matricule de Mémoire des Hommes.

Martial Bertet disparaissait à 20 ans et 10 jours et laissait une famille désemparée.

Martial Henri Augustin Bertet, matricule 359 classe 1914, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Même si le patronyme Bertet n’apparaît plus à Caderousse et sous l’écriture Berthet dans la proche région, si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, s’il possède ou non quelques photos, documents ou souvenirs de famille.

A suivre: Léopold Blachier.

Post scriptum.

La caserne Rampon de Privas occupée jadis par le 61ème R.I….

…de nos jours occupée par le Groupement de Gendarmerie de l’Ardèche.

Une vue générale de la caserne Rampon et la place d’armes envahie par les voitures.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… AUBERT Julien

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquième nom de la liste: Aubert Julien.

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Première face du Monument

Pas de lien de parenté proche entre ce Julien Aubert et Augustin Aubert dont on a parlé il y a peu. Ni frère, ni cousin germain, peut-être des parents plus éloignés.

Décidément, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Tel est une maxime bien connue et mainte fois répétée. L’Armée fait donc partie des institutions intelligentes. Né le 25 juin 1885, Julien aurait dû faire ses classes à partir de 1906. Il se présenta bien à la caserne du 58ème R.I. d’Avignon mais, après être passé devant les médecins, il fut déclaré inapte pour diverses raisons et rayé des cadres le 18 avril 1907. Il cumulait les restes « d’une pleurésie ancienne » ayant entraîné « une rétractation de la poitrine du côté droit » et « une déviation de la colonne vertébrale ».

La guerre commencé par le bain de sang d’août-septembre 1914, un besoin urgent d’hommes nouveaux se fit sentir. Alors, l’Armée racla les fonds de tiroirs et alla rechercher tous ceux qui étaient passés plus ou moins justement entre les mailles du filet, avant-guerre. Inapte en 1907, Julien Aubert devint un soldat tout à fait convenable en 1915. Cette pratique eut souvent des conséquences catastrophiques, surtout quand on mélangea au milieu d’hommes sains, d’autres atteints de la tuberculose ! On le verra plus tard.

Julien Aubert rejoignit donc le 97ème Régiment d’Infanterie à Chambéry le 22 février 1915. Un régiment parfois appelé 97ème R.I.A. puisque comprenant une division alpine. De bronchiteux et handicapé, Julien devint un soldat tout à fait exemplaire et fut cité à l’ordre de la division le 15 octobre 1915 pour ces faits d’armes.

citation

« Fait preuve du plus grand courage et d’énergie en se portant à l’assaut d’une tranchée et les chefs tombés, en allant spontanément se placer sous le commandement d’autres chefs pour poursuivre la lutte avec eux. »

Début septembre 1916, le 97ème R.I. était dans la Somme, dans le secteur de Barleux pour une nouvelle attaque programmée par l’Etat-Major, certainement dans le but de soulager le secteur de Verdun.

carte-front-francais-vers-1915

La lecture du compte-rendu de l’attaque des hommes de ce régiment chambérien sur le site Mémoire des hommes est édifiante. Les fantassins s’enfoncent relativement facilement dans les lignes ennemies qui ont plus ou moins été abandonnées. Le rédacteur ose un L’objectif final semble devoir être rapidement atteint. Puis les certitudes deviennent des doutes puis des craintes pour les compagnies les plus engagées. La 10ème (la compagnie à laquelle appartient Julien Aubert) qui, par dessus les deux lignes allemandes avait pénétré dans Barleux, n’avait donné aucune nouvelle. 

Les Allemands reviennent en masse et essaient de s’infiltrer entre le 97ème qui a trop avancé et le 93ème à sa droite plus en recul ! Si bien que le résultat de cette journée du 04 septembre n’est guère glorieux.

A 20 heures, tous les éléments ayant participé à l’attaque et qui n’avaient pas été tués ni n’avaient disparu, avaient rejoint nos positions de départ. Celles-ci dès le déclenchement de l’attaque, étaient tenues par des éléments des compagnies de soutien non engagées et par deux compagnies du bataillon Laroque. Ces compagnies eurent, elles aussi, beaucoup à souffrir de violents tirs de barrage qu’elles essuyèrent à partir de 16 heures.

Ceux qui n’étaient ni morts et disparus étaient revenus au point de départ du matin ! Julien faisait partie de ceux qui n’étaient pas de retour. On le retrouve dans la liste des décédés, répertoriés par compagnies:

liste-des-morts-par-copagnie-10eme

Entre le 1er et le 7 septembre, les pertes ont considérables. Au 97ème R.I.:

  • pour les officiers: 3 tués, 4 blessés et 10 disparus.
  • pour les hommes du rang: 90 tués, 351 blessés et 424 disparus !!!

Tout cela pour revenir à son point de départ comme l’a raconté le narrateur officiel de cette attaque !

Julien Antoine Aubert avait donc un peu plus de 31 ans, disparu le jour où cette République avait 46 ans.

aubert-julien

Julien Antoine Aubert, matricule 444 classe 1905, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Aubert étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant direct ou indirect reconnaît son ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède d’autres photos ou documents.

Pour lire le récit complet de la journée du 4 septembre:

04-09-1916-feuille-1

04-09-1916-feuille-2

04-09-1916-feuille-3

A suivre: Paul Aubert.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… AUBÉPART Ernest Marius

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Troisième nom de la liste: Aubépart  Ernest.

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Première face du Monument

Au moment de faire son choix de vie, Ernest Aubépart alors âgé de 18 ans (il était né le 29 février 1888 à Caderousse) décida de ne pas s’investir dans la fabrique de balais de ses parents Jean Aubépart et Marie Pinchon, aux côtés des siens. Il devança l’appel et s’engagea dans l’armée pour une durée de 5 ans. On était alors le 18 octobre 1906 et fut affecté au 8ème Régiment d’Infanterie Coloniale. Il rejoint Toulon où le Régiment était caserné, près du port d’où il pouvait partir rapidement vers les Colonies.

Ernest Aubépart allait faire tout le reste de sa carrière dans l’armée, signant régulièrement des rengagements jusqu’à la déclaration de guerre. Il monta rapidement dans les grades jusqu’à devenir sous-lieutenant au début de l’année 1915. C’est la mort qui le faucha bien vite qui l’empêcha d’aller plus haut. Il fit aussi toute sa carrière militaire dans les troupes coloniales.

En 1910, le sergent Aubépart se retrouva au 2ème Régiment de Tirailleurs Tonkinois  (le 2ème RTTON pour les puristes) et partie en campagne au Tonkin où une énième rébellion devait être mâtée. Il connut ainsi la guerre à partir du 15 mars 1910, bien avant le 03 août 1914.

A cette date, il était sergent major au 42ème Régiment d’Infanterie Coloniale, rapidement engagé face aux Allemands après un regroupement du côté de Morières-les-Avignon avant de prendre le PLM en Avignon, le 21 août 1914.

Lorraine, Marne, Hauts de Meuse furent les combats qui coûtèrent très chers au 42ème R.I.C…. comme à l’ensemble des régiments engagés en début de cette guerre que les responsables n’attendaient pas.

Après cette saignée qui n’atteint pas Ernest Aubépart, les coloniaux du 42ème R.I.C. se retrouvèrent en mars 1915 dans le secteur de Vauquois, 25 kilomètres à l’ouest de Verdun. En ce début de la guerre des tranchées qui allait durer 3 ans, c’était sans conteste l’endroit où il ne fallait pas être à tout prix ! Vauquois, c’est le symbole de la guerre bête, méchante  et inutile, de la destruction pour la destruction, où des stratèges des 2 bords envisagèrent de rayer une colline, une butte, du paysage faute de pouvoir en chasser ses adversaires ! Vauquois ou la guerre des mines (voir petit mémoire après la fin de l’article). Ce n’est pas l’explosion d’une mine qui emporta Ernest Aubépart mais une balle ennemie alors qu’à la tête de sa section, « il emmenait brillamment ses hommes à l’assaut d’une position fortifiée » comme le dit le texte de la citation qu’il reçut à titre posthume, le 16 avril 1915. On était le 04 mars 1915 et ces terribles assauts, tous repoussés par les Allemands, mieux protégés, plus nombreux et surtout tenant les hauteurs du terrain, firent à nouveau de très nombreuses victimes. Ces journées sont racontées dans un petit livret dédié aux campagnes du 42ème Régiment d’Infanterie Coloniale durant la Grande Guerre. Voici les 2 pages qui nous intéressent:

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historique_du_42e_regiment_dinfanterie_-_bpt6k63272893

Ernest Aubépart était âgé de 27 ans dont 9 sous les drapeaux. Il ne semble pas reposer dans le premier cimetière de Caderousse.

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Fiche matricule de « Mémoire des Hommes ».

Ernest Marius Aubépart, matricule 1520 classe 1908, bureau de recrutement d’Avignon  pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Aubépart étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant direct ou indirect reconnaît son ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède d’autres photos ou documents.

VAUQUOIS

carte-front-francais-vers-1917

Pour le grand malheur du petit village de Vauquois (168 habitants en 1911), universellement connu comme symbole de la guerre des mines, il avait le double handicap d’être bâti 1- sur une butte culminant à 290 mètres d’altitude 2-dominant la ligne de front, une fois celui-ci stabilisé: les Allemands qui tinrent en premier cette hauteur avaient un énorme avantage qui, un jour ou l’autre, leur aurait permis d’enfoncer le front adverse en empêchant l’arrivée des renforts par la route Sainte-Menehould-Verdun. Ce n’est pas par hasard que la grande offensive de 1916 se passa dans le secteur de Verdun. Alors l’état-major français inventa la guerre des mines. Puisque la position était imprenable par les fantassins, on demanda aux sapeurs du génie de creuser des tunnels et aux artificiers (les pompiers de Paris) de placer des charges explosives sous les tranchées adverses. On récupérait ainsi le terrain tenu par les autres. Sauf que cela une fois arrivé, les autres procédaient de même ! Cette guerre dura ainsi jusqu’au début de 1918. Le village de Vauquois fut rapidement rayé de la carte et après le tir de 519 mines sur une période de 70 mois (199 allemandes et 320 français), des mines de plus en plus puissantes, le paysage qui fut rendu à la vie civile quand les troupes américaines le libérèrent définitivement ressemblait… à la Lune… et y ressemble toujours, la végétation en plus ! La butte était descendue de plusieurs dizaines de mètres  et la colline était parcourue de plusieurs centaines de kilomètres de galeries ! Le village de Vauquois fut reconstruit en contrebas avec l’aide de la ville d’Orléans et les spéléologues-fouilleurs-amateurs d’armes ont depuis 1919 trouvé un terrain formidable pour assouvir leur passion malgré les interdictions officielles dans cette zone toujours classée rouge.

A suivre: Augustin Aubert.

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