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CADEROUSSE: une PHOTO de CLASSE datant des années 1932, 33 ou 34.

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Une photographie de classe prise à l’Ecole des Garçons de Caderousse vers 1932-1933 peut-être 1934. A l’époque, les cours n’étaient pas mixtes et tous les élèves portaient la blouse. L’école se situait intra-muros dans des locaux occupés maintenant par des salles de réunion pour les anciens, rue Château-Vieux.

La section avait pour maître Monsieur Brive.

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Il s’agissait de la seconde section d’un groupe scolaire en comportant 3. Les plus petits (ce qui doit correspondre à la grande section de maternelle, CP, CE1 actuels) étaient dirigés par Monsieur Didier qui exerçait la fonction de directeur de l’école. La seconde section était donc cette classe des CE2-CM1 actuels. Les plus grands étaient avec Monsieur Audibert (les CM2, classe de fin d’étude puisque le Collège était réservé à une élite). Quelque temps après, Monsieur Audibert allait quitter Caderousse pour ouvrir avec son épouse, une ancienne postière, un débit de boissons à Sainte-Cécile-les-Vignes.

Voyons en détail maintenant les 18 élèves de cette classe.

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En haut de gauche à droite:

Yves Louvin- Marcel Dupeyre- Danilo Peillet- Marcel David- Auguste Berbiguier- Pierre Bonneau.

(Danilo devait son prénom à l’amour de l’opérette de son père qui prénomma son fils d’un personnage de La Veuve Joyeuse)

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La rangée du milieu, de gauche à droite.

Jean Grimaud- Paul Ruat- Max Rollet- Lucien Roche- Adrien Guérin mon père- Albert Reynaud- Jean Guéricolas.

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En bas, de gauche à droite.

Raoul Roche- Robert Marcellin- Yves Simon- Edmond Marcellin- André Barre.

Ce sont donc des personnes qui doivent avoir de nos jours autour de 90 ans… pour celle qui sont encore de ce monde… ce qui ne doit pas être le cas de beaucoup !

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SÉRAPHIN GUERIN: ITINÉRAIRE D’UN POILU, ARTILLEUR ALPIN pendant la GRANDE GUERRE (1/6-NICE)

Note: pour faciliter la lecture de cet Itinéraire, les 6 articles publiées en février ont été reclassés. Ainsi, en parcourant les pages du blog, l’histoire du grand-oncle Séraphin apparaît dans le « bon » ordre chronologique, plus intéressant à lire que l’ordre de parution. En conséquent, d’autres articles ont aussi été déplacés.

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La guerre avait pris le père en octobre 1915 (voir Il y a 100 ans jour pour jour: Adrien-Gabriel Guérin et la 5ème Escouade se faisaient photographier à LA POMPELLE et Adrien-Gabriel Guérin Mort pour la France en 1915), elle eut besoin du fils aîné quelques mois plus tard, malgré son statut de soutien de famille. Né le 31 octobre 1897 à Caderousse, il fut appelé le 25 août 1916, avec quelques mois d’avance pour être opérationnel l’année de ses 20 ans.

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Ce n’est pas sur son livret militaire certes assez épais et moyennement conservé que l’on suit son parcours car les pages importantes n’y figurent plus. Certes, on y apprend

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qu’il avait les oreilles écartées, un signe de reconnaissance de famille ou ailleurs, plus intéressants, ses domiciles successifs jusqu’en 1940, date de sa démobilisation définitive.

Non, ce sont les pages mises à disposition en ligne par les Archives Départementales du Vaucluse et celles des Armées qui nous en disent plus long sur son parcours… ainsi que tous les documents qu’il a pu conserver même si quelquefois, ils sont en piteux état (comme le carnet ci-dessus). Il récupéra à l’issue de la guerre les cartes postales qu’il avait envoyé à sa mère, ses frères, ses cousines, des parents plus lointains, des amis… soit une bonne pile de quelques 220 CPA, qu’il annota ensuite pour certaines. Il disait quelquefois à ses correspondants « à conserver », ayant prévu sa collection dès le début. Seul hic, ses textes d’une écriture « de médecin », quelquefois au crayon, plus ou moins effacé sont difficilement déchiffrables!

Comme tout un chacun, vous pourrez consulter son matricule en cliquant le lien ci-dessous, avec la page de son parcours substituée à son livret militaire:

matricule Séraphin Guérin

Alors que Séraphin n’avait jamais vu comme montagne que la colline d’Orange et le Petit Luberon à Lacoste, il fut donc appelé dans l’Artillerie de Montagne, l’artillerie des Chasseurs Alpins, ce qui eut pour double avantage qu’il soit relativement protégé par rapport à ce qu’il aurait pu connaître dans l’infanterie et que cela lui fit voir du pays !

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Affecté au 2ème R.A.M., il prit donc le train pour Nice le 25 août 1916 à 18 ans et 10 mois pour sa période d’instruction. Il franchit donc la porte de la caserne Saint-Roch…

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qu’il s’empressa de montrer à son petit frère Léonce le 31 août 1916.

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Il  envoya beaucoup de cartes montrant Nice, l’arrière-pays où se déroulaient les manoeuvres, Monaco qu’il alla visiter avec un copain…

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certaines agrémentées de tampons militaires pas très bien exécutés.

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Il semble être ami avec un certain Camille, il rencontre des gars du pays: Combe d’Orange, un autre jeune de Mondragon qui est incorporé dans le 7ème d’Artillerie et qu’il a connu au Petit Séminaire d’Avignon… comme il le dit dans cette correspondance.

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Ils sortent en ville et Séraphin avait conservé un de ses billets l’y autorisant…

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autorisé à sortir oui, mais sans armes !

Et puis, il y a ces entraînements à Luceram, Drap, L’Escarène…

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dans de vraies montagnes…

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avec de vrais canons. Ci-dessous, une vraie photographie de sa batterie en position de tir, du côté de Luceram…

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sur laquelle on reconnaît Séraphin à droite, à genoux, en train de s’occuper de fournir des munitions à la pièce.

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Une autre photo, celle d’un groupe d’une partie du 2ème R.A.M. sur laquelle Séraphin n’apparaît manifestement pas.

Après ces mois de formation, le régiment était prêt à rejoindre le front des Vosges. Cela se fera à la fin du mois de mai 1917.

à suivre…

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SÉRAPHIN GUERIN: ITINÉRAIRE D’UN POILU, ARTILLEUR ALPIN pendant la GRANDE GUERRE (2/6-LES VOSGES)

Note: pour faciliter la lecture de cet Itinéraire, les 6 articles publiées en février ont été reclassés. Ainsi, en parcourant les pages du blog, l’histoire du grand-oncle Séraphin apparaît dans le « bon » ordre chronologique, plus intéressant à lire que l’ordre de parution. En conséquent, d’autres articles ont aussi été déplacés.

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Les troupes alpines furent surtout utilisées par l’Etat-Major sur le front des Vosges, le lieu le plus emblématique étant l’Hartmannswillerkopf, surnommé le Vieil Armand, où brillèrent et moururent les Diables Bleus.

Les Artilleurs Alpins du 2ème R.A.M. furent envoyés à 20km à vol d’oiseau de ce secteur plus calme en 1917 qu’en 1915, à Saulxures, Saint-Maurice-sur-Moselle à la limite des Vosges et de la Haute-Saône. Séraphin gardera quelques cartes non voyagé de cette région du sud des Vosges.

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La première carte de ce périple vers les Vosges est un arrêt à la gare d’Orange, à deux pas de chez lui.

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D’ailleurs dans une autre carte envoyée le 3 juin 1917, une fois arrivé à bon port,

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on apprend que Gabriel, son frère, est allé voir passer le convoi à la gare d’Orange dans l’espoir de le voir mais que cela ne s’est pas fait car le régiment était séparé en deux trains pour ce transport et qu’il a vu passer l’autre !

Suite du périple vers les Vosges avec cette carte d’Aillevillers en Haute-Saône…

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il écrit ses doutes quant à la destination finale, vers Epinal dit-il, et il apprécie de manger du singe qu’il trouve très bon. Il précise que c’est de la viande en conserve pour les siens qui n’étaient pas au fait de l’argot soldatesque. Dans ces cartes qu’il envoie en complément des lettres qui n’ont pas été conservées, il ne racontera que des choses ordinaires de la vie courante… la santé, la nourriture, la météo, le logement, des rencontres avec des « pays » (Arnoux, le copain séminariste de Mondragon), son travail, des conseils pour la maison… Rien ou peu de chose sur la guerre et ses aspirations personnelles. Il faut dire que ses proches ont été rudement secoués par la perte du père en 1915 et que son frère cadet Gabriel, âgé de 15 ans fait tourner la maison presque seul. D’ailleurs dans ses cartes, il titre souvent Chers parents… alors que le père n’est plus là depuis presque 2 ans, englobant dans le terme parents sa mère et ses 2 frères.

Séraphin semble avoir été orienté dans un poste d’infirmier qu’il avait commencé à exercé déjà à Nice. Mais il continue parfois de servir sa batterie. Pourquoi ? Son aptitude moindre pour la chose militaire ? Ses connaissances scolaires supérieures à la moyenne (il est allé dans le secondaire, chose rare à l’époque) avec des notions de latin utiles en médecine ? Son savoir religieux pas inutile pour soutenir les blessés ? Son statut « privilégié » de soutien de famille ? Un peu des quatre peut-être…

A partir de ce moment, il ne semble plus avoir quitté l’Alsace, jusqu’à la Toussaint 1917. Après guerre, Séraphin annota ses cartes récupérées comme on peut le voir sur celle-ci, au crayon violet, pour ne pas que ça se confonde avec les écrits en gris… ce qui n’arrange ni la lecture initiale, ni la secondaire!

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De la forêt du Kronprinz Alsace Au-dessus de illisible.

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vue de Bitschwiller du 12 août 1917, il fait plutôt froid…

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une prise d’Armes dans cette vallée de la Thur, carte du 16 août 1917.

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une carte des destructions envoyées le 21 août 1917.

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Sur cette dernière carte de Saulxures-sur-Moselotte, Séraphin indique par une croix au crayon, l’emplacement de leur infirmerie la première fois et indique que maintenant, elle est un peu plus loin. Cet allignement de pavillons fait très moderne pour l’époque. La carte date du 3 octobre 1917 et il en enverra 8 à sa famille durant ce mois d’octobre, peut-être à cause d’une certaine anxiété quant à son avenir.

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Le 4 octobre et le pont de Saulxures qu’il franchit 5 à 6 fois par jour pour aller au cantonnement qui est derrière la gare.

Quelques considérations d’intendance dans la carte du 5 octobre…

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On boit de la bonne bière et le vin coute 30 sous le litre. Mais il pleut sans arrêt ce qui est ennuyeux mais tout de même moins embêtant que dans les sapins (où sont positionnées les batteries).
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Une autre vue de Saulxures (les carrières de granit) envoyée le 9 octobre, sur laquelle il parle de copains, Constant en perm, un autre qu’il a failli croiser à Odern. Quant à sa perm, c’est pour bientôt dit-il.

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Envoyée le 10, une vue très image d’Epinal, très Le Miroir avec l’arrestation d’un espion qui pour passer inaperçu se promenait dans les lignes ennemies avec un casque à pointe sur la tête !

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Adieu permission, elles sont toutes arrêtées car c’est l’heure du départ. Comme on peut le lire, c’est pour une direction inconnue. On parle de l’Italie.

Le 31 octobre 1917, c’est confirmé, c’est pour demain et c’est pour l’Italie.

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L’unité est regroupée à Saint-Maurice-sur-Moselle et Séraphin a dîné à l’hôtel de la carte postale alors que les baraques sont ici X en face de la gare (au fond à gauche des arbres). Il neige depuis 2 jours et il fait froid.

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A Saint-Maurice … le jour de la Toussaint 1917 a-t-il ajouté plus tard.

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Le recto-verso de la dernière carte de ce premier séjour dans les Vosges.

Le 2ème R.A.M. part pour l’Italie pour soutenir les Italiens dont le front vient de s’effondrer face aux Autrichiens dans la région de Venise.

à suivre…

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NOËL 1917 en ITALIE: pas de TRÊVE pour les ALPINS… un article de 1973 sur la CAMPAGNE d’ITALIE du 2ème R.A.M.

A la suite de l’article d’hier sur la campagne d’Italie du 2ème R.A.M., voici une contribution parue en 1973-74 dans la revue Le trait d’union des artilleurs de montagne, publication gardée par Séraphin dans ses vieux papiers. Il était membre de cette amicale comme en atteste cette carte.

Note: Article initialement paru le 15 février et déplacé pour la cohérence des articles sur la Grande Guerre de Séraphin Guérin

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Deux numéros par an pour cette feuille des 2ème, 94ème et 96ème Régiments d’Artillerie de Montagne. Le texte reproduit en intégralité ci-dessous a été publié au second semestre 1973 et au premier semestre 1974. Il raconte les jours qui précèdent la Noël 1917 et le 25 décembre 1917, marqués sous le signe de la violence. Il a été écrit 56 ans après les faits par Léandre Allemand de la 6ème batterie du 2ème R.A.M. (Séraphin était à la 12ème batterie).

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A l’automne 1917, bien qu’ils tinssent des positions que l’on croyait inexpugnables, les Italiens, sous le choc massif de l’Armée autrichienne, grossie de quelques divisions bavaroises, lâchèrent pied à Caporetto, sur l’Isonzo, où ils avaient poussé leur front en vue de Trieste. 

La « retirado » se précipita en déroute et déferla à travers monts jusque dans la plaine de Vénétie.

De l’Isonzo franchie, l’armée d’invasion ne put être contenue sur le Tagliamento où quelques tentatives d’arrière-garde échouèrent, et vint se fixer sur le cours méridional de la Piave, le troisième des feluves côtiers qui, dévalant des Alpes Tyroliennes, vient paresseusement mourir sur les rives de la pâle Adriatique.

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La poussée ennemie envahit la chaîne des montagnes qui couvre la Vénétie; et le front se stabilisa imprécisément sur une ligne qui, du sud au nord suivait la Piave jusqu’au Mont-Tomba, jusqu’à l’appui de résistance de la colline de Montello et, formant l’équerre, s’enfonçait d’Est en Ouest au travers du Grappa dans les Monts d’Asiago, où la défense put mieux s’organiser sur un sol tourmenté, et où les combats épiques s’inscrivirent en faits d’armes dans l’histoire militaire italienne.

Les Alliés furent appelés à la rescousse; et 2 grosses divisions françaises bien entraînées et rompues aux combats de montagne, chasseurs et artilleurs, avec des escadrilles de bombardiers et de chasse, de l’artillerie lourde et de campagne, des corps de pontonniers, de l’infanterie alpine… et un gros contingent écossais parvinrent d’abord à contenir l’avance ennemie, puis à la fixer sur la ligne en équerre que je viens de tracer.

Ma batterie de montagne fit partie de l’Armée d’Italie, formule moderne aux buts différents de ceux que l’Autre, la Napoléonienne avait poursuivis.
Depuis Brescia, nous cheminions à travers la campagne, en bordure du front montagneux, tantôt en…

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position d’attente d’une nouvelle percée ennemie, ou en position de repli, comme au nord de Castelgomberto, tantôt en direction de la montagne où bersaglieri et chasseurs français essayaient d’endiguer un ennemi évidemment fatigué de sa longue avance à travers monts et vallées, où la Starda del Grappa et le mont furent une base stratégique, comme une citadelle où se cramponna la résistance italienne et où se brisa l’élan ennemi.

La route était encombrée de fuyards qui, par petits groupes épars regagnaient en désordre, un arrière déjà peu sûr. Le découragement et la longue fuite tiraient des visages hirsutes, poussiéreux, fatigués. Ils nous regardaient, surpris de nous voir un recours qu’ils disaient vain: « la guerra e finita, rincasate! »

Ces hommes sans armes et dont les uniformes étaient fripés, marchaient pieds nus et portaient à l’épaule leurs godillots suspendus par des lacets. Leur marche forcée avait-elle à ce point meurtri leurs pieds, ou voulaient-ils conserver ces précieux équipements vestimentaires pour la vie civile qu’ils espéraient prochaine et retrouvée en bout de course? C’était l’image hideuse de la déroute après la défaite. 

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Enfin, nous parvînmes, avec bien d’autres régiments alpins, des bataillons de génie, des batteries de campagne, de l’artillerie lourde… à Cittadella, puis à Castelfranco, et vers Montebelluna et Asolo, aux pieds des monts, dans une vaste plaine brumeuse, sous un ciel gris de décembre.

Toute cette armée, apparemment innombrable, bivouaqua sur place, sous la tente, autour de grands feux allumés de branches d’arbres coupées à la hâte dans des taillis qui quadrillaient la plaine de leur bois frêle, pour ainsi dire mort, où chevaux, mulets, chariots, fourgons, pièces d’artillerie… étaient parqués et abrités.

Nous étions en pleine vue des observateurs ennemis et certainement à portée des batteries autrichiennes qui, des montagnes proches où elles tenaient position, pouvaient nous atteindre. Nous nous attendions bien à quelques fulgurants 88; mais le calme de cette nuit d’hiver, sous le ciel bas et gris, resta étendu, tel un immense et rassurant filet, sur le gigantesque campement où les feux de bivouac faisaient danser des ombres.

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Pendant toute la nuit, des hommes tournaient autour des feux. Sentinelles vigilantes, bien sûr, mais aussi cuisiniers impromptus, faisant rôtir aux feux de bivouac et bouillir dans les plats de campement des volailles déballées des sacs. Tout au long de la marche forcée, cantonnant au hasard d’une ferme, d’une fienile, les soldats français avaient fait main basse sur les volatiles haut perchés dans les arbres où ils passaient la nuit. En cette veillée des armes, ils alimentèrent le festin des guerriers. Toute la nuit, on avala du bouillon de gallina coupé de gros vin rouge et l’on grignota des cuisses de vecchi galli italiani.

Au petit jour, on leva le camp. Colonnes par colonnes, chasseurs et artilleurs de montagne gravirent les sentes des premières pentes pour prendre position.
Le Monte Tomba que l’ennemi tenait, était à la charnière du front. Dévalant le mont et déferlant dans la Vénézia propiria l’armée germano-autrichienne pouvait sans obstacles, s’avancer jusqu’en plaine lombarde; autant dire que l’Italie serait envahie. Il était clair qu’il fallait déloger l’ennemi des redoutes qu’il tenait.

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Ma batterie de montagne campa 2 jours encore dans un petit village, à Castelcuco, et je fus détaché par son commandant pour aller reconnaître une position, d’où nos canons, bien qu’ils fussent défilés, pourraient de leurs tirs contrôler tout le mont. Toute l’artillerie française lourde et légère disséminée dans la plaine et sur les premiers contreforts, avait le même objectif de harcèlement et d’accompagnement au jour de l’attaque.
Face au Monte Tomba, sur une large bande du Monte Palona, comme sur une marche d’un immense escalier, abritée sur son flanc par un pan de rocher, tout près d’une grange qui avait dû servir d’abri aux animaux de pacage, je découvris sans peine l’emplacement pour une section de 2 pièces, les autres pouvant s’accrocher par derrière le rocher, sans vue directe sur le Tomba, mais pouvant régler leurs tirs plongeants sur le mont. C’était le propre des canons de montagne qui tiraient des obus lents à trajectoire peu tendue, de pouvoir sauter les obstacles.
Ma section dominait un large ravin entre les 2 montagnes où s’affairaient des artilleurs italiens autour de leurs bombardes.

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La batterie prit position. les tirs furent vite réglés. Il était visible que les ordres donnés annonçaient l’attaque du mont. Nos tirs étaient sur zone, par delà le capuchon blanc du sommet enneigé, sur les sentiers où le ravitaillement en denrées et munitions était ainsi bloqué; et progressivement sur les pentes mêmes du mont, où nos obus devaient faire barrage d’accompagnement devant l’assaut des chasseurs alpins.

Il neigeait. IL faisait froid. Les hommes couchaient sous la tente, sur une litière de feuilles mortes de châtaigniers, tout près des pièces, un obus engagé dans la gueule béante du canon, pour qu’à la première lueur d’une fusée rouge, un premier coup donnât l’alarme et déclenchât le tir de barrage demandé.
Mais chaque nuit, jusqu’à une heure avancée, les artilleurs italiens qui avaient pris position dans le ravin en contre-bas, allumaient des feux et grattaient les mandolines: de vraies soirées de distractions, de détente plaisante, de joie de vivre, de fêtes tranquilles et insouciantes, en plein front. Et les batteries autrichiennes restaient muettes ! Etaient-elles subjuguées par l’audace insouciante italienne ou bien à court de munitions dont l’approvisionnement était coupé jour et nuit par nos tirs de harcèlement, voulaient-elles réserver leurs « dernières cartouches  » pour repousser l’attaque qu’elles sentaient proche?

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Les Italiens psalmodiaient une complainte désabusée qui courait dans leurs rangsdésordonnés. Ils riaient de leur malheur en ridiculisant leur Généralissime:

Il generale Cadorna mangia i bistecche

E noi, poveri soldati, mangiamo castagne secche,

E bing, E boum, E bone

E lontano dal canone

Il generale Cadorna scrive alla regina

S vuoli vedere Triesta, te la mandaro un cartolina

E bing…

et une vingtaine d’autres couplets du même ton lancinant de rengaine où le Général Cadorna en avait fait une « grosso » en surpeuplant la « Croce Rosso » que les Italiens grattaient sur leurs mandolines.

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L’assaut eut lieu le 28 décembre, il fut réussi. Mais précédant l’attaque, la journée du 24 fut « marquée par une activité intense de notre artillerie », comme le dit le communiqué. De bonne heure, le matin, tous les canons alliés, harcelèrent retranchements et sentiers muletiers, sans que l’ennemi réagisse apparemment. Le tir s’intensifia tout au long du jour: un jour gris, maussade, triste, un jour mêlé de nuit où de petits flocons faisaient un rideau de fond sur lequel les obus lents de l’artillerie de montagne, apparaissaient à leur apogée, comme des points noirs qui se précipitaient en s’effaçant sur le mont enneigé, où leur éclatement, dans un nuage blanc, faisait des taches noires.

A la tombée du jour, les tirs cessèrent; la nuit enveloppa de silence le front de combat. Les feux des Italiens en bas du ravin, s’allumèrent; les mandolinistes donnèrent leur concert lointain, plaisant, aigrelet… Puis, tout s’éteignit, la neige même cessa de tomber…

Et tout à coup, on ne sut pourquoi, il pouvait être minuit, des fusées jaillirent des lignes, éclairant d’une blanche clarté le paysage blanc de neige. Des fusées rouges, à leur tour, demandaient l’artillerie qui fit pleuvoir sur le mont, des obus de tous calibres, dans un tintamarre de fracas et de sifflements où les éclairs brefs des départs et ceux éblouissants des arrivées, et les fusées maintenant de toutes couleurs donnaient le spectacle rare d’un gigantesque feu d’artifice, où les grenades éclataient en bruits sombres et où crépitaient le tac tac des mitrailleuses.

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Tous les combattants étaient sur pied.
L’ennemi réagissait par à-coups, mollement, autant dire sans conviction, cependant qu’on eût dit qu’une rage s’acharnait sur le capuchon blanc comme pour le détruire.

C’est alors qu’un gigantesque brasier, soudainement, enflamma le mont. Les nuées, chargées de neige, couraient telle une épaisse fumée sur l’immense incendie.
Et dans un temps que les artilleurs mesurent pour situer les distances, un effroyable grondement de fin du monde secoua les vallons et, d’échos en échos, vint ébranler la plaine. On eût dit que le mont, entouré de tonnerres, était un Sinaï.
Un dépôt de munitions sautait.
Alors, de la nue éclatante, subitement entr’ouverte, ils furent nombreux, en cette nuit de Noël, ceux qui entendirent une vois qui leur disait: « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et pais sur terre aux hommes qu’il aime ».

C’était Noël !

On est loin des fraternisations de 1914, de la trêve de Noël tout simplement !

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SÉRAPHIN GUERIN: ITINÉRAIRE D’UN POILU, ARTILLEUR ALPIN pendant la GRANDE GUERRE (4/6-LES VOSGES)

Note: pour faciliter la lecture de cet Itinéraire, les 6 articles publiées en février ont été reclassés. Ainsi, en parcourant les pages du blog, l’histoire du grand-oncle Séraphin apparaît dans le « bon » ordre chronologique, plus intéressant à lire que l’ordre de parution. En conséquent, d’autres articles ont aussi été déplacés.

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Le retour en France du 2ème R.A.M. par train par le tunnel du Fréjus a été assez rapide puisque les premières cartes des Vosges ont été envoyées les 19, 20 et 25 avril.

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Rien à voir avec les 3-4 semaines du voyage aller en novembre 1917. Le régiment est envoyé dans le secteur de Saint-Dié et pas moins de 50 cartes postales différentes montrent des vues de cette ville qui a connu une brève occupation allemande en 1914 puis a subi les bombardements après le retrait stratégique des Allemands. D’ailleurs l’une d’elle montre la visite du président Poincaré à la préfecture protégée des destructions.

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Une carte envoyée le 15 mai et annotée ultérieurement montre la position de la batterie de Séraphin au pied ce point géodésique.

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Notre position même au pied de cette tour artificielle. Avec cet ajout d’époque: Cette carte est à conserver.

Le texte de la carte du 8 mai 1918 est savoureux.

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Le singe dont Séraphin avait parlé par ailleurs, c’est bon certes, mais lui et ses collègues infirmiers se régalent en dégustant une alose du Rhône qui lui a été envoyée par colis et tous sont d’accord pour que l’expérience se reproduise.

Deux mots en provençal italien pour finir le texte de la carte du 17 mai, souvenirs de son séjour récent en Italie.

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Bons baisers… Séraphin a toujours aimé parler quelques mots de provençal mais son départ du village, ses études, son travail où il n’utilisait que le français, l’empêchèrent de s’exprimer convenablement et son provençal était très approximatif.

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Les batteries des alpins doivent être positionnées sur les Hautes Fosses.

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Le 31 mai, Séraphin rassure sa famille

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et s’en va même d’un conseil pour la tenue de l’exploitation agricole:

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Je vois que les vers à soie marchent pas mal, tant mieux. Vous dites que vous allez rentrer du foin, il faut bien le laisser sécher au champ, s’il fait beau… 

Les cartes envoyées en juin 1917

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Une carte envoyée en juin 1918

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une carte de Raon l’Etape sur laquelle au recto Séraphin a ajouté une remarque sur des maisons incendiées en 1914.

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Au verso, il a noté postérieurement: Position au Sapin Sec. Nombreux coups ……. (illisible) ce mois-là. Le Sapin sec est le sommet d’Ormont, une montagne dominant Saint-Dié et la tour artificielle présentée ci-dessus. Après guerre, il ose enfin dire quelques mots sur les tirs envoyés ou reçus…

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Envoyée le 28 août 1918, Conserver cette carte… Mille bécots. !!!!

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2 septembre 1918. Hameau de Dijon (à Saint-Dié) La 12ème batterie était en position sur la montagne qui domine.

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Une vue de la destruction de l’usine Amos et Cie à Laneuveville-lès-Raon-L’Etape, datant probablement de 1914.

La fin du conflit approche mais Séraphin est tourmenté par ce qui se passe à la maison, à Caderousse où la grippe espagnole a cloué au lit sa mère, gravement atteinte et son frère Gabriel qui est dans le même état. Surtout que la situation va perdurer…

Le 1er octobre:

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Reçu aujourd’hui la lettre de Léonce (le seul valide de la maison) où il me dit que ma mère est couchée, que Gabriel est toujours fatigué. Je vois d’ici ce que peut être la maison. Et poutant que dois-je faire ?

Le 13 octobre.

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Je pense que Gabriel fait du travail depuis.

Dans ce même écrit, il se plaint d’être seul à l’infirmerie car les 2 infirmiers sont évacués dans les hôpitaux de l’arrière. Il ne sait quand il montera à la position. de plus la neige commence à tomber… Hiver précoce, évacuation sanitaire (le grippe) ou renfort devant l’afflux de blessés après la reprise de la guerre de mouvement ?

Le 5 novembre

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Enfin aujourd’hui viens de venir la lettre de ma mère. Je vois, comme je pensais, qu’elle est levée et qu’elle me dit que Gabriel se lève le 2. 

Mine de rien, cela fait un mois que Léonie et Gabriel luttent contre cette terrible grippe espagnole. Mais leur solide constitution leur a permis de s’en tirer tous les deux, contrairement à des centaines de milliers de compatriotes. La grippe espagnole dont on ne dit mot dans la presse française pour cause de censure et qu’on appela espagnole car la presse parlait de l’épidémie… en Espagne, fit 400 000 victimes en France, 1 milliard d’êtres humains la contracta de par le monde pour environ, suivant des estimations récentes 100 millions de morts.

La fin de la guerre est proche, Séraphin l’évoque le 6 novembre

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Que pensez-vous de la guerre ? Ici le moral est excellent et l’on voit bientôt ce qu’il arrivera: la capitulation de l’Empire Allemand. C’est ce que tout le monde souhaite à l’heure présente.

Puis le lendemain:

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La fin de la guerre approche. Ne vous enfaites pas. Rien de nouveau, il pleut !

Les deux dernières cartes de cette série sans allusion à la situation.

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L’une du 8 novembre, l’autre du 13 novembre ! Entre les deux envois, il y a eu le 11 novembre 1918.

Mais la guerre de Séraphin est loin d’être terminée…

à suivre…

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SÉRAPHIN GUERIN: ITINÉRAIRE D’UN POILU, ARTILLEUR ALPIN pendant la GRANDE GUERRE (5/6-L’ALSACE)

Note: pour faciliter la lecture de cet Itinéraire, les 6 articles publiées en février ont été reclassés. Ainsi, en parcourant les pages du blog, l’histoire du grand-oncle Séraphin apparaît dans le « bon » ordre chronologique, plus intéressant à lire que l’ordre de parution. En conséquent, d’autres articles ont aussi été déplacés.

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L’Armistice a été proclamée, la guerre est finie… pas la période militaire de Séraphin qui « doit » encore presque une année à la Nation. Pas de carte célébrant le 11 novembre 1918, mais tout de suite, les Artilleurs Alpins se mettent en branle en direction de l’Alsace pour une occupation hautement symbolique, puisque la re-conquête de cette région était l’objectif principal de cette guerre…

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Mais cette « randonnée » ne sera pas une promenade de santé !

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Ainsi, le 19 novembre, il écrit: Aujourd’hui, repos. Je vous assure que c’est guère le filon de traverser les Vosges en cette saison… et plus loin: Nous avons eu la neige sur le dos ces deux jours que nous venons de passer. Aujourd’hui nous sommes à Barr… Je pense vous dire que nous allons à Strasbourg.

L’hiver est précoce dans les Vosges en novembre 1918 !

Première remarque et cela est normal puisque l’Alsace fait partie du Reich depuis 1871, toutes les cartes que Séraphin enverra seront des cartes postales allemandes, colorisées pour la plupart, avec beaucoup de cartes fantaisies.

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Seconde remarque,

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Partout, on est acclamé.

C’est vrai qu’il est rare que des vainqueurs soient sifflés… mais le retour dans la République de l’Alsace-Lorraine ne sera pas une marche triomphale car le Reich avait pris soin de donner pas mal d’autonomie à cette province. Le centralisme républicain ne passera pas très bien chez les Alsaciens-Lorrains fortement attachés à leur particularisme. Mais cela est une autre histoire que Séraphin ne perçut pas.

Il comprit vite la spécificité linguistique autochtone comme en témoigne cette carte du 7 décembre 1918.

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Vers le milieu de l’écrit: Comme je vous l’ai dit, nous sommes dans un nouveau village. Mais comme dit Justin Lafond (un pays certainement) on ne risque pas de comprendre ce qu’ils nous disent, c’est pire qu’en Italie. Les langues d’un Français-Provençal et un Italien sont plus proches que celles de ce même Français-Provençal avec un tout nouveau Français-Alsacien.

L’unité va se déployer et se déplacer dans plusieurs villages au sud de Strasbourg, successivement Lipsheim puis  Plobsheim où ils resteront un moment.

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Un petit peu de nostalgie pointe dans cette autre carte également partie le 7 décembre:

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Après la soupe de ce matin, nous sommes allés nous promener au bord du Rhin. Je me serais bien cru dans l’île de la Piboulette. Il y en a même qui se promenaient en bateau, petits bateaux comme chez nous. Caderousse lui manque, une longue permission surtout, qui arrivera bientôt.

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Par contre, ils sont quelquefois bien logés, chez l’habitant, comme le 6 décembre:

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Sommes deux brancardiers ensemble qui avons trouvé un lit dans le village ce qui évite de coucher sur le dur. On a très bien dormi cette nuit. Ce qui devient encore mieux quand le second brancardier part en perm…

Aucune carte de janvier 1919. Séraphin a enfin obtenu cette permission de longue durée (20 jours au moins) et a pu se ressourcer. Il revient donc en février 1919 et voilà la première carte avec légende en français.

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Ils ont toujours à Plobsheim, très bien logés chez des …….? Des paysans? Bizarre autant de faute? Mais ils ne vont pas tarder à se déplacer. Il l’annonce le 13 février

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C’est 9 h. et on va manger la soupe et après on part. Nous allons entre Barr et Schelestadt (Sélestat). Il y a exactement 28k. Petite trotte à pieds. Ca fait rien. Quel fourbi ses changements. Ma nouvelle adresse est celle-ci…

Car Séraphin vient de changer de groupe au 2ème Régiment d’Artillerie de Montagne, passant du 2ème groupe au 1er groupe. D’où l’achat après-guerre de ce petit fascicule

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en tout point semblable à celui du lieutenant-colonel Castaing mais signé par le chef d’escadron Stacchini le 6 janvier 1920, le Commandant provisoire du Régiment. En page 16 (/20 pages),

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il ajoute en marge: A partir de ce moment, je fis partie du 1er groupe et fut affecté à la 2ème batterie. Ce qui va nous permettre de suivre la fin de sa période militaire jusqu’à sa démobilisation.

Il ne perd pas au change dans cet envoi du 15 février.

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Deux mots avant de me coucher. Suis dans la chambre du curé comme je l’avais dit. Le brancadier qui couchait avec moi est passé à la 1ère batterie (ce ne doit pas être facile pour brancarder quand on n’est pas ensemble !) et comme elle n’est pas dans le même village que nous, il est parti. Ça fait que je suis tout seul ce soir, à côté de ce lit tout blanc avec un édredon à …., je suis sûr qu’il y a des officiers qui ne couchent pas si bien que ce soir. Quelle trouvaille. Je vois que la bonne a mis une bouillotte dedans, c’est bien la 1ère fois de ma vie. 

Comme Séraphin ne nous le dit pas mais le livre oui, ils sont donc un peu plus au sud dans la plaine d’Alsace, en face de Sélestat.

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La 1ère batterie à  Boofzheim, la 2ème (celle du grand-oncle) à Gersheim et la 3ème, avec l’Etat-Major à Huttenheim.

Le 17 février,

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il pleut et ce n’est guère agréable, la neige a fondu. C’est toujours …. de l’hiver.

Mais un nouveau déplacement attend le 1er groupe du 2me R.A.M.: l’occupation de l’Allemagne.

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Une carte-photo d’un groupe d’artilleurs alpins avec leur nouvelle tenue bleu horizon qu’ils ont touchée avant de quitter Saint-Dié, posant au bord du Rhin, à Viebolsheim (Diebolsheim ?) le 10 février 1919. Séraphin debout à l’extrême-droite.

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Une pochette de cartes postales, souvenir des événements que Séraphin vécut en novembre 1918 et qu’il conserva: l’entrée des Français à Strasbourg.
Cela se présente comme un long dépliant de 10 cartes:

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On y voit, entr’autre, une prise d’armes sur la place Kléber de Strasbourg

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ou cette marche des unités françaises qui devait rappeler bien des choses (et des souffrances) au grand-oncle !

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à suivre…

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SÉRAPHIN GUERIN: ITINÉRAIRE D’UN POILU, ARTILLEUR ALPIN pendant la GRANDE GUERRE (6/6- L’ALLEMAGNE)

Note: pour faciliter la lecture de cet Itinéraire, les 6 articles publiées en février ont été reclassés. Ainsi, en parcourant les pages du blog, l’histoire du grand-oncle Séraphin apparaît dans le « bon » ordre chronologique, plus intéressant à lire que l’ordre de parution. En conséquent, d’autres articles ont aussi été déplacés.

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Le départ pour l’Allemagne a été fixé le 7 mars 1919. Le voyage se fait en train, c’est nettement plus rapide. La raison de cette occupation est liée aux closes de l’Armistice du 11 novembre 1919. Des troupes alliées (surtout françaises) doivent se déployer dès la signature en Allemagne. Cette occupation continuera après le Traité de Versailles, pour certaines jusqu’en 1935, ce qui exaspèrera les Allemands.

C’est Séraphin sur cette carte gardée en souvenir qui titre ce chapitre

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La 2ème batterie va stationner à Marmolsheim, ce que confirme le livret du Chef d’Escadron Stacchini. Il s’agit de Mammolshain devenu quartier résidentiel de Königstein-Im-Taunus. Les batteries ont été mises en position et quelquefois les hommes sont en alerte.

 Séraphin va décrire le lieu dans sa première carte expédiée d’Allemagne, le 14 mars 1919.

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Que vous dire aujourd’hui. Nous attendons toujours le camion qui ne veut pas venir. Vous envoie une carte, vue de Frankfort. Nous sommes à 15k. de cette ville. Le soir, du haut des collines où nous sommes, nous voyons les lumières. Il y a beaucoup d’usines….

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Un coup de blues semble le frapper quelque temps après, vers la fin du mois avec des propos beaucoup plus aigris.

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Le 25 mars: Un petit mot cette fois des environs de Francfort. C’est en Pays Bochie (!) et ça ne vaut pas l’Alsace. Quel sale pays à tous les points…

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Le 26 mars: Tu me dis qu’il fait mauvais. Ici depuis 5 jours consécutifs, il tombe de la neige toutes les nuits et le jour aussi. Sale pays et sale temps!… 

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Le 28 mars au soir: Je vois que chez vous il fait mauvais temps. Ici c’est pareil. Il a tombé de la neige encore cet après-midi. Quel sale temps. Vivement le beau temps et surtout la libération que je sois un peu tranquille. J’en ai assez de ce métier maintenant. Pour finir par ce clin d’oeil: Surtout que Gabriel se languit d’être soldat !

Certainement un mauvais moment car ses propos sur les Allemands sont surprenants sous sa plume, lui l’ancien séminariste peu belliqueux, même dans ses vieilles années.

Le moral revient avec la carte suivante du 5 avril.

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Voilà la photo du café où l’on va le soir boire la bière.

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Une bière et ça va mieux ! Avec le beau temps et la musique aussi.

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Aujourd’hui beau temps et l’on est allé promener à ce village dont vous voyez la photo. Et ce soir, on est allé à Koenigstein à un concert d’infanterie.

De la compassion aussi pour la personne chez qui il loge.

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Maintenant je suis logé chez une veuve de guerre qui a quatre petits. Quelle cuisine ! Car les militaires français sont aussi logés chez l’habitant, ce qui ne les fera guère aimer par ceux-ci.

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Il s’inquiète aussi pour Caderousse et les champs avec le Rhône qui fait des siennes.

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Reçu aujourd’hui votre carte-lettre du 7 où vous me dites que le Rhône augmente encore. Mais qu »est-ce donc cette année avec le Rhône ? Je vois qu’il prépare la terre pour le millet. Ailleurs, sur une autre carte, il a compté qu’on en était au 5ème Rhône de l’hiver ! De son côté Gabriel a travaillé une terre pour le millet. N’oublions pas que Caderousse était à l’époque, la capitale pour la fabrication des balais en sorgho dit aussi millet.

Dans un autre écrit, il prend la mouche, certainement pour une remarque des siens qui lui reprochent de ne pas essayer de se faire libérer.

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Tu me dis que j’ai une belle patience de rester. Ce doit être surement pour mon plaisir que je reste ici. Tu m’en fous une belle aujourd’hui. Je t’ai déjà dit que je faisais partie de la classe 16. Je vais te dire un fait qui est plus barbare que le nôtre. A ma pièce ici, il y a un type de Marseille de la classe 12 dont le père et le frère ont été tués à l’ennemi. De plus sa mère est morte il y a quelque temps. Alors juge. Et il est avec moi. Passe la dessus. Plus rien. Séraphin.

Pris de remords, il ajoute qu’il les embrasse en haut !

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Le 5 juin est donné l’ordre au régiment de regagner Nice. Pour Séraphin par Sarrebrücken, Metz, Lyon, Marseille, Nice sans pouvoir s’arrêter à Orange.

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La statue en hommage aux combattants allemands de la guerre de 1870-71 à Sarrebrücken

Avec 2 autres hommes du 2ème R.A.M., ils ont suivi cet itinéraire alors que Stacchini décrit un voyage par Strasbourg, Colmar, Belfort, Dôle, Lyon, Marseille et Nice pour l’unité. Nous sommes alors le 10 juin 1919 et les hommes comme les animaux sont harassés par ce long voyage et accablés par la chaleur qui règne sur la Côte.

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Mais pour Séraphin, on est encore loin du retour à la vie civile. Il doit encore 3 mois à l’armée puisque la loi des 3 ans est toujours en vigueur et qu’il a été mobilisé fin août 1916.

La vie est tout de même plus agréable et plus calme.

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…Il y avait bals de partout et une belle fête en tout cas sur la place Garibaldi. Que de monde il y avait, tu ne savais où passer.  Le soir, on est allé aux « Variétés-Théâtre » et l’on a passé une belle soirée car la revue qui se jouait a été très belle, nous avons rigolé pour nos ….

Bien mieux pour sûr que les jours de neige de Francfort !

Il continue d’envoyer quelques cartes

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mais il semble avoir plus le temps d’écrire des lettres car ses cartes sont moins nombreuses. On voit que l’unité remonte un temps dans l’arrière-pays. Il faut dire que des nouvelles recrues sont arrivées et suivant le Chef Stacchini, en octobre 1919, les batteries partiront pour Beyrouth au Liban.

Séraphin, de son côté sera, libéré le 10 septembre 1919 après quelques 1 111 jours sous les drapeaux. De quoi bien mériter ce diplôme de bonne conduite

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signé du lieutenant-colonel Castaing, celui du livre sur la campagne d’Italie. Lieutenant-colonel Castaing qui décompte toutefois la mort de 20 officiers et 610 sous-officiers, brigadiers et canonniers de 1914 à 1920 (puisque des combats continuent au Liban) au 2ème R.A.M…. Séraphin n’a jamais abordé vraiment les combats avec sa batterie.

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En 1916, sur une CARTE POSTALE, on parle de VERDUN et de DER des DER.

Deux cartes reçues à quelques jours de distance par Léonie Guérin (Radellet) la veuve d’Adrien Guérin, la mère de Séraphin et de mon grand-père. Un cousin, Bressy (?), qui sert dans le 107ème Régiment Territorial du côté de Verdun, lui envoie des cartes pour lui remonter le moral qui semble flancher. Quelques passages sont intéressants.

Note: Article initialement paru le 16 février et déplacé pour la cohérence des articles sur la Grande Guerre de Séraphin Guérin

Le 3 novembre 1916 à Landrecourt (Meuse)

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Le rédacteur commence par souhaiter que Séraphin reste à Nice et n’aille pas au front… C’est le cas pour le moment mais en 1917, ce sera les Vosges puis l’Italie….

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Puis il en met une couche sur les Allemands qu’il traite de vermine et dont il espère que le monde entier sera bientôt débarrassé ! Rien que cela. Ne serait-ce pas plutôt la guerre dont il souhaiterait que la Terre soit débarrassée ?

Plus loin, apparaît l’expression qui deviendra celle de tous les  Poilus la der des ders… au sujet de la bataille de Verdun…

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et de l’attaque pour reconquérir le fort de Vaux. Il utilise le mot calvaire pour qualifier la condition des hommes et l’expression dernière des dernières est déjà dans toutes les pensées. Une expression dans les pensées des hommes dont les médias s’empareront.

Seconde carte du 13 novembre 19136, toujours partie de Landrecourt:

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Des ruines pour illustration et un post-scriptum avec la description apocalyptique d’un épisode de la bataille de Verdun, celle de la côte du Poivre.

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Ces combats finaux de la bataille de Verdun consistent à reprendre les forts perdus au début de l’année ainsi que les points stratégiques du secteur. La côte du Poivre est un de ceux-là et il sera reconquis à la mi-décembre par le 173ème R.I. qui se verra décerné une citation pour ce fait d’arme.

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SÉRAPHIN GUÉRIN…. PETIT SÉMINARISTE en AVIGNON (1/2)

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Séraphin Guérin était le frère de mon grand-père Gabriel, sur cette photo prise après la mort du père en 1915, c’est bien sûr le plus grand des 3 enfants, mon grand-père étant celui de gauche. Né en 1897, il vivra presque centenaire puisqu’il disparaîtra en 1992, atteint de cécité depuis longtemps.

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Extrait de l’acte de naissance du livret de famille de ses parents.

Il alla donc faire ses études secondaires au Petit-Séminaire Saint-Michel d’Avignon à partir de 1912, ce qui était original à une époque où la scolarité des enfants s’arrêtait pour presque tous au Certificat d’Etude. Il devait avoir été repéré par le curé du village pour ses qualités intellectuelles et son assiduité religieuse comme l’atteste, dans cette feuille locale,

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ses appréciations (pas de notes, déjà, à l’époque) pour le cathéchisme.

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Il quitta donc le Collège d’Orange où il devait avoir fait la Sixième et la Cinquième, sa campagne de Caderousse pour la Préfecture et un de ses Petits-Séminaires, le Saint-Michel, situé rue d’Annanelle (à côté du Lycée Mistral de nos jours), où il obtint des résultats plus qu’honorables, comme l’attestent , dans ce petit livret,

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les récompenses obtenues à la fin de sa Quatrième durant l’année scolaire 1912/1913.

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Pas moins de 7 accessits et le Prix d’Accessits, derrière les 3 Joseph (Flandrin, Robert et Mouraret) eux-aussi souvent cités.

Pendant les vacances d’été, il est aussi accueilli par l’Abbé Delbos, curé de Lacoste comme on peut le lire sur ce cahier de brouillons qu’il a conservé… les vrais cahiers de classe n’ayant pas été gardés.

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Un jeune abbé Delbos comme en atteste cette petite carte qui nous apprend qu’il connaîtra le même sort que bien des jeunes gens de sa génération en 1914

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Officier d’infanterie, tombé le 20 octobre 1914 à Gerbevillers (Meurthe-et-Moselle)

Lacoste, au pied du Luberon, commune sur laquelle était érigé le château du Marquis de Sade dont il ne reste que des ruines et dont Séraphin racontait que son hôte lui conseillait de ne pas aller voir derrière le grand portail ce qui pouvait s’y passer…. Pas grand chose puisque Sade n’était plus de ce monde depuis un siècle et le château en ruines depuis un peu plus longtemps.

Deux vues amateurs de la cour du Séminaire à l’époque à l’époque où Séraphin devait y être élève:

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sous la neige semble-t-il.

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La photographie de cette remise des prix et de l’Assemblée Générale du Petit-Séminaire en 1913 (c’est écrit au dos). Une assemblée quasi exclusivement masculine, deux laïcs ayant amené leurs épouses (au premier plan à droite et au fond à gauche). Séraphin me direz-vous? Pas évident bien que la photo soit très nette. Peut-être l’un des jeunes hommes debout au fond, celui le plus à droite, au centre de la photo ?

A suivre…

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SÉRAPHIN GUÉRIN…. PETIT SÉMINARISTE en AVIGNON (2/2)

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Ci-dessous, une seconde photo d’une fête avec les jeunes classes, malheureusement pas datée,

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l’oncle apparaît ce coup-ci, encore au fond, debout après les cuistots et le prêtre regardant de côté, soit en se rapprochant

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au centre de la loupe, avec une serviette blanche sur l’épaule.

Séraphin cessera ses études en 1913 ou en 1914, victime de la déclaration de guerre du 3 août. Il ne fera ni ses humanités, ni sa rhétorique mais remplaça son père Adrien mobilisé ce jour-là, pour venir aider sa mère à la maison de Caderousse pour mener le travail aux champs et s’occuper des bêtes, avec son petit frère Gabriel en âge lui aussi de quitter l’école. D’autant plus que le père ne revint pas et que lui-même fut appelé en anticipation comme toute la classe 17 en 1916. Libéré seulement en 1919, il ne reprit pas ses études et se dirigea vers un emploi à la banque, dans un grand groupe puis à la banque Chaix quand elle se créa à Avignon. Nous en reparlerons dans d’autres articles.

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Une autre photographie non datée de l’Assemblée Générale du Petit-Séminaire, peut-être juste après l’Armistice.

Car si Séraphin n’alla pas jusqu’au bac ni ne prononça ses voeux, il ne rompit pas totalement avec ses années de jeunesse et adhéra à l’Association des Anciens Élèves des Petits Séminaires d’Avignon et de Notre-Dame de Sainte-Garde (ouf! c’est tout!).

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Le premier bulletin gardé de mars 1914

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Plus émouvant un simple 4-pages petit format pour annoncer que les activités de l’Association n’auront pas lieu en 1916 comme ce fut le cas en 1915, pour cause de guerre bien entendu, beaucoup d’anciens élèves étant sous les drapeaux et à la lecture de cette longue liste…

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pas moins de 12 anciens ont été tués et 3 sont portés disparu. Une hécatombe !

Ce n’est qu’à partir de 1931 que Séraphin va garder tous les bulletins annuels rendant compte de l’Assemblée Générale de fin d’année scolaire de l’Association des Anciens.  D’où cette pile impressionnante de brochures

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allant jusqu’au début des années 80, date à laquelle l’âge, la santé défaillante et la cécité l’empêchèrent de suivre la vie de l’amicale.

Ainsi, en 1931, dans un petit programme

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accompagnant la fin de l’année scolaire, on retrouve

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l’oncle jouant du Labiche avec son copain Fernand Burel (que nous rencontrâmes plus d’une fois cité Louis Gros ou avenue des Deux-Routes).

D’ailleurs, le bulletin de cette année-là

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ne manque pas de signaler la prestation des artistes d’occasion, 16 ans avant Jean Vilar et Gérard Philipe.

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Dans ce même bulletin apparaît Séraphin dans la liste des adhérents

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A partir de cette date, Séraphin va s’impliquer de plus en plus dans la vie de l’Association. Ainsi, dans le bulletin de l’

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on le voit entrer comme membre du Comité directeur

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Puis quelques années plus tard, pour l’

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il prend du grade comme Secrétaire-Adjoint.

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Pour terminer, plus tard encore, lors de l’

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Secrétaire, tout simplement

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suivant en cela la « carrière » de son ami Burel dans l’instance dirigeante. C’est au début des années 70 qu’il dut abandonner sa fonction, rattrapé par la maladie qui le privait peu à peu de la vue.

Mais en quoi consistait l’Association? Parrainer les  plus jeunes, venir en aide à un membre en difficulté mais surtout se retrouver

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autour d’une bonne table et…

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faire une photo de famille… un peu comme à chaque dernière page des aventures de Gaulois irréductibles !

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une photo des années 30 du groupe d’Amicalistes.

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