Archives de Tag: Première Guerre Mondiale

108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… Marius CHICORNARD.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-et-unième nom de la liste: Chicornard Marius Denis.

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Première face du Monument.

Et dernier nom de cette première face, écrit juste derrière la palme de 1938… qui a disparu à Ancône lors du déménagement de la Mairie ! Marius est venu au monde le 23 juillet 1892 à Caderousse. C’était le second enfant du couple de Jean-Maurice Désiré Chicornard et Marie Joséphine Capdeville. Comme on pouvait s’en douter, l’aîné avait été prénommé Maurice comme son père.

Les parents étaient tous les deux des enfants de Caderousse. Le mariage avait eu lieu le 27 novembre 1889 et Maurice était arrivé le 08 août 1890. La famille était installée rue neuve, non loin de l’église Saint-Michel. Le père était ouvrier dans la fabrique de balais de Paul Roche. Il semblerait d’ailleurs qu’en 1911, toute la famille était employée dans cet atelier.

Au moment de son incorporation le 09 octobre 1913, Marius semblait avoir professionnellement obliqué dans une autre direction puisque l’armée lui donne le métier de coiffeur. Une autre manière de faire des tresses ! Quant à son frère Maurice qui survivra à la Grande Guerre, on en reparlera plus loin, il deviendra matelassier en 1925 puis fondera sa propre entreprise de fabrication de balais en 1937 avant de passer quelques mois à la Poudrerie de Sorgues au moment de la Drôle de Guerre.

Marius faisait donc partie de ces hommes qui se retrouvèrent les premiers sur le front face à des Allemands décidés en août 1914 car il était sous les drapeaux depuis le 09 octobre 1913 comme on l’a déjà dit. Ces classes 12, 13, 14 en questions furent décimées par une guerre à laquelle personne n’était préparé. Il servait dans l’infanterie au 3ème Régiment en caserne à Hyères.

Reversé au 203ème R.I., réserve du 3ème R.I., il était sur le front de la Meuse au début de septembre 1914. Il se trouvait à Issoncourt quand une attaque allemande tomba sur sa compagnie, le 10 septembre 1914. Longtemps, l’Armée ne sut pas trop ce qu’il advint à ce groupe d’hommes et leurs chefs. Sur le Journal de Marche de cette unité, on peut lire cette incertitude sur le sort…

…des 50 hommes concernés par cette attaque: tous massacrés ou prisonniers.

Une semaine plus tard, le 17 septembre, on croit avoir la solution.

On a cru voir le capitaine Pichon et le lieutenant Faure emmenés au milieu d’autres prisonniers… ! Il faudra attendre la fin de la guerre pour comprendre que Marius et ses camarades ne reviendraient pas d’Allemagne et que la première hypothèse, le massacre de la section, était la bonne. Le tribunal d’Orange du 09 mai 1920 fixa la date du décès de Marius Chicornard au 10 septembre 1914, disparu à Issoncourt, hameau du village des Trois-Domaines situé entre Verdun et Saint-Mihiel, à l’ouest du front stabilisé de 1915.

On ne sait si les siens le surent avant mais l’absence de toutes nouvelles à partir du 10 septembre 1914 ne devait guère les  pousser à l’optimisme. Surtout qu’à cette angoisse pour Marius se mêlait celle pour Maurice, le fils aîné sur le front depuis son rappel en août 1914. Le soldat musicien de 1911 à 1913 pendant son service militaire était devenu un soldat combattant. Il fut blessé d’une balle allemande dans le mollet droit le 20 avril 1917, blessure qui le laissa sur le flanc pendant un an et lui laissa des séquelles recevables à une pension d’invalidité de 10%. Maurice avait reçu auparavant deux citations en octobre 1915 pour une attaque héroïque sur une tranchée allemande puis la mise ne déroute d’une patrouille allemande venue espionner les Français dans le no-man’s-land.

Les médailles de Maurice ne durent guère consoler Jean-Maurice et Marie-Joséphine de la disparition de leur Marius à l’âge de 22 ans et 48 jours.

La fiche de Marius Chicornard de Mémoire des Hommes

Marius Chicornard, matricule 726 classe 1912, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule (succincte) sur le site des Archives du Vaucluse. Si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre (malgré que le patronyme Chicornard ne semble plus guère être présent dans la région), qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette courte biographie.

A suivre: Ernest Chirot.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du 4 novembre 1917 (JOUR 1190 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

(JOUR 1190 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Il s’agit presque d’un numéro spécial sur la chute des dirigeables allemands à la fin du mois dernier. Sauf pour la une où l’on montre Franchet d’Esparey à Laffaux en train d’observer les lignes ennemies, le 23 octobre, lors d’une visite officielle.

Revenons au raid des Zeppelins, le Miroir en sait un peu plus que J’ai vu. Une carte va nous éclairer sur ce qui se passa vers le 20 octobre.

Il s’agit d’un raid de treize Zeppelins partis d’Allemagne pour aller bombarder Londres. Aller groupé mais le brouillard au retour sépara le groupe. Trois dirigeables regagnèrent l’Allemagne sans problème et trois autres le firent également mais en survolant l’est de la France.

Pour les autres ce fut plus délicat.

Le L-44 fut abattu au-dessus de Chènevières par la DCA: appareil détruit, équipage tué.

Plus au sud, le L-50 prit terre à Dammartin et ne put repartir. L’équipage fut fait prisonnier.

Plus bas, même aventure pour le L-49 du côté de Bourbonne-les-Bains.

Les curieux comme ce peintre du dimanche ne manquent pas d’assister à ce spectacle insolite.

Les chefs militaires, eux, en profitent pour se valoriser en s’exhibant avec le pavillon du L-49.

On pense que deux autres dirigeables sont rentrés au pays par la Suisse. Les deux derniers se sont égarés plus au sud.

L’un d’eux, le L-45,  s’est posé à Mison, au bord du Buech et les hommes de l’équipage l’ont détruit avant de se constituer prisonniers.

Secteur possible de la chute de ce Zeppelin, à la limite des Alpes de Haute-Provence (Basses-Alpes à l’époque et Hautes-Alpes)

Quant au dernier, on pense qu’il s’est abîmé en Méditerranée sans laisser de traces.

Le Miroir en profite pour donner quelques éléments de vie pour les équipages des dirigeables. Mais comme aucune photo n’est disponible, c’est par le dessin que le lectorat peut voir…

…les mitrailleuses défensives du ballon et…

…la surveillance du ciel et le travail de l’équipage lors des raids.

Le reste de l’actualité racontée par Le Miroir.

Les Italiens protègent leurs trésors devant l’avancée des Autrichiens et les combats qui pourraient de rapprocher de Venise.

C’est à cette époque que le Grand-oncle Séraphin Guérin partit avec le 2ème RAM combattre en Italie pour sauver les Italiens en déroute. Mais cela, ce ne sera pas dit dans ces termes par la presse française.

En Macédoine, les Autrichiens et les Bulgares subissent des défaites face au corps expéditionnaire allié… En tout cas, c’est ce qu’on nous dit !

Dans ce même secteur, les enfants des réfugiés serbes…

…jouent… à l’armée !

Du Chemin des Dames, où on nous dit aussi qu’on a beaucoup avancé, on voit au loin, la cathédrale de Laon.

En regardant très attentivement l’image, en effet !

Quant à l’avancée française de ce secteur… c’est encore plus difficile à voir dans les archives de la guerre !

Pour terminer un lance-flamme (flammenwerfer dans le texte) allemand est présenté par un soldat britannique:

 

 

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Il y a 100 ans jour pour jour: J’AI VU du 3 novembre 1917

(JOUR 1189 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Les Zeppelins allemands ont connu une rude semaine et plusieurs ont été détruits par les Alliés. A la une du J’ai vu de cette semaine, on nous présente les aviateurs ayant abattu le n° L-49.

En double page centrale, on nous apprend que ce sont quatre Zeppelins qui ont connu des problèmes. Le premier a été abattu par l’action conjointe de la chasse et la DCA à Saint-Clément près de Lunéville entraînant la mort de l’équipage. C’était dans la nuit du 19-20 octobre 1917.


Le second a été forcé par la chasse de se poser à Serqueux et l’équipage a été fait prisonnier sans pouvoir détruire son dirigeable. Le troisième a dû se poser près de Larragne, à la limite entre la Drôme et les Alpes de Haute-Provence et son équipage a pu détruire le mastodonte avant d’être capturé. Même aventure pour le quatrième mais un peu plus au sud, en bordure de la Méditerranée.

Pour en rester dans le domaine aérien, la fin tragique de Guynemer commence à être médiatisée par une presse qui sent le bon filon avec ce que ce drame représente pour le public.

Revenons sur terre avec cette attaque des troupes françaises dans l’Aisne, à qui cette page rend hommage…

…en citant une phrase d’un de leurs gradés disant: « A se mettre à genoux devant eux ! ». Une attaque qui survenait un an exactement après la reprise du fort de Douaumont.

Toujours la stigmatisation des Allemands avec cette page parlant du bombardement d’une ambulance américaine près du Chemin des Dames par ceux-ci.

Le dur travail de reporter photographe de guerre.

Le texte nous parle du décès de Bertrand dans une tranchée, en prenant des photos.

Deux vues nous montrent des photographes de guerre en première ligne, leur matériel et le danger que cela représente.

Mais le travail du photographe fixant la photo du reporter  est encore plus dangereux !

Pour terminer, un travail artistique d’un cimetière américain dans les Flandres,…

…vue prise depuis un édifice religieux bordant cette nécropole.

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108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… Emile CHAUME

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trentième nom de la liste: Chaume Emile Lucien.

Seconde face du Monument.

L’ordre alphabétique implacable du calculateur mathématique d’un ordinateur moderne a replacé Emile Chaume avant Marius Chicornard contrairement à ce qu’avait fait le graveur dans les années 30. Voilà pourquoi on en est à la seconde face du monument aux morts, tout en bas,  alors que la première n’est pas terminée.
Noël Marie Joseph (une crèche à lui tout seul) Chaume né en 1866 avait pris pour épouse Augustine Lucie Goudet, de neuf ans sa cadette, le 17 novembre 1896 à Orange. Le couple s’était installé à Caderousse rue Saint-Michel, non loin de l’église, où le père était patron boulanger. il avait d’ailleurs des ouvriers à son service. Les recensements successifs ont retenu François Dardun en 1901 et Louis Ivon de Saint-Sauveur en 1911.

Emile fut le premier enfant du couple, né le 20 octobre 1897, 11 mois après les noces. Un petit frère allait le suivre en 1903. Emile n’avait que 16 ans à la déclaration de guerre, le 3 août 1914 mais moins de deux ans plus tard, l’armée allait l’appeler en anticipation en 1916. De la même classe que Séraphin Guérin, il allait connaître un sort plus cruel.

Le foyer de Noël et Augustine Chaume en 1911.

Bien que cuisinier, c’est dans une unité combattante qu’il allait se retrouver, le 22 ème régiment d’infanterie coloniale. Il n’eut pas la chance de faire un petit tour de l’autre côté de la Méditerranée pour ses classes puisque, pour les métropolitains, la caserne de regroupement était à Marseille. Il y arriva le 9 août 1916.

On ne sait pas trop de chose de sa période au front, à quel moment il le rejoignit (certainement au premier semestre 1917) mais un peu plus en ce qui concerne sa mort qu’il rencontra au moment charnière de la guerre, celui où le sort de la Première Guerre Mondiale bascula du côté des forces de l’Entente.

Les troupes coloniales occupaient un secteur du front dans le secteur de Reims. Au mois de juillet 1918 eut lieu la seconde bataille de la Marne, la première s’étant déroulée en septembre 1914. L’Etat-Major allemand, dans l’énergie du désespoir, avait programmé une grande attaque le 15 juillet 1918 dans ce secteur. Elle était attendue par les forces françaises grâce aux confidences de prisonniers allemands. L’attaque fut brisée et le 18 juillet les Français contre-attaquèrent et repoussèrent les Allemands qui, symbole de leur échec, se retirèrent au delà de la Vesle.

Mais les combats continuaient, très violents. On peut penser qu’Emile Chaume fut blessé dans la nuit du 30 au 31 juillet 1918. Le Journal de Marche de l’unité ne décrit pas les combats mais donne des bilans humains particulièrement lourds.

Comme on peut le lire ci-dessus, le 22ème R.I.C. subit des pertes importantes: 19 tués, 10 blessés et 70 intoxiqués. Les Allemands continuaient à envoyer des obus chimiques. Toujours est-il qu’Emile Chaume fut évacué à l’Ambulance 5/22 (pour le site Mémoire des Hommes) ou 5/11 (pour le registre matricule complet consultable aux Archives du Vaucluse) à Louvois où il rendit l’âme. La mention « Blessures de guerre » laisse penser qu’il fut blessé et non gazé.

Inhumé une première fois dans cette commune située à 15 kilomètres au sud de Reims, il sera ramené ultérieurement à Caderousse.

Au moment de son décès, il était âgé de 20 ans et 284 jours.

 

La fiche d’Emile Lucien Chaume de Mémoire des Hommes

Emile Lucien Chaume, matricule 1190 classe 1917, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Chaume reste vivant à Orange (1 réponse)  et dans le Vaucluse. Si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Marius Chicornard.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du 28 octobre 1917

(JOUR 1183 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Sur le front d’Orient, les Français découvrent cette inscription en Bulgare sur un rocher dans un secteur repris par eux.

Autre photo plutôt amusante traitant du front d’Orient.

Une cargaison de chèvres est débarquée d’une barque à Salonique, destinée au ravitaillement de l’Armée d’Orient.

Autre transport, d’humains celui-là.

Des troupes coloniales venant d’Indochine, des Annamites sont entassés sur ce navire pour rejoindre le front français.

Tous les matins, douche au programme, à l’eau de mer certainement !

Des explosions…

Celle d’une bombe lancée par un aéroplane allemand qui visait le pont du second plan. Sans succès !

Par contre les Britanniques dans leur secteur de la Somme ont fait un coup gagnant sur ce dépôt de munitions allemand.

En quatre vues, le torpillage du transport « Le Médie » en Méditerranée, survenu le 23 septembre 1917.

L’attaque du sous-marin allemand UC 27 s’est produite au sud-est de Minorque. Le transport faisait la liaison Malte-Marseille avec des munitions et quelques 563 passagers et 67 membres de l’équipage. Il y eut 250 disparus. Les survivants durent leur salut à de nombreuses bottes de foin qui, tombées à la mer, devenaient autant de petits radeaux de sauvetage.

Dans le nord de la France, cette petite fille vend des journaux aux Canadiens montant aux tranchées.

A Verdun, le Président de la République Portugaise vient visiter le fort de Ham…

…accompagné du Président Poincaré et du général Franchet d’Esperey.

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Il y a 100 ans jour pour jour: J’AI VU du 27 octobre 1917

(JOUR 1182 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Un char britannique à l’attaque des crêtes de Passchendaele nous dit la légende de cette photo. On a le droit d’en douter avec la placidité deux témoins à pied. Il s’agit plus certainement d’un essai d’un de ses engins dans un décor ressemblant à des tranchées. On a vu cela il y a quelques jours dans le Miroir.

La mort de Guynemer vengée par un sous-lieutenant, De Fonck…

…Il a abattu Wisseman qui s’était vanté d’avoir eu l’As des As.

Une attaque allemande au sud de Courtecon, dans l’Aisne.

Elle a été repoussée par les troupes françaises. Courtecon est proche de Craonne, dans le secteur du Chemin des Dames. Complètement rasée pendant la Grande Guerre, elle n’a pas été reconstruite mais associée au village voisin Pancy devenue la commune de Pancy-Courtecon.

Un navire accompagnant les transports de troupes joue son rôle de protection.

En haut, le canon a réussi à faire exploser une mine immergée. En bas, les hommes observent la mer pour décoller éventuellement le périscope d’un sous-marin allemand.

Pour terminer, un brin d’humour !

Le curé pénètre dans son église par le trou ouvert dans un mur par un obus allemand. Cette scène se passe dans un petit village de la Meuse dont la censure militaire empêche de citer le nom ! Confidentiel Défense !

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108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… René CHARBONNEL

108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… René CHARBONNEL

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingt-neuvième nom de la liste: Charbonnel René Martial Gabriel.

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Première face du Monument.

René Charbonnel est venu au monde le 1er juillet 1899 à Caderousse. Il venait d’avoir 15 ans quand la guerre éclata, le 3 août 1914 et si les prévisions optimistes de beaucoup pensant que l’affaire serait vite réglée s’étaient concrétisées, jamais René ne se serait retrouvé embarqué dans cette aventure.

Il était le second d’une famille de 4 enfants. Ses parents s’étaient mariés à Vaison le 20 août 1896. Son père Paul Désiré Charbonnel était le fils d’un couple de paysans d’Orange. Il était venu exercer sa profession de maréchal-ferrant à Caderousse. Sa mère, Marie Albine Bernard, couturière, était originaire de Vaison. Il semble qu’elle avait un oncle installé à Caderousse ce qui explique la rencontre avec son futur mari.

Paul n’avait pas fait son service militaire. Né en 1871, il avait été réformé à l’âge de 20 ans pour une « déformation considérable du thorax », dixit le conseil de réforme. Au moment de la guerre, il aurait du être appelé. Il ne fit que quelques mois en 1916 à la caserne des Saphis de Tarascon puis on considéra qu’il était bien plus utile à la société en tant que maréchal-ferrant à Caderousse que dans une caserne. Des maréchaux-ferrrants l’armée en avait besoin certes, mais elle en avait de bien plus jeunes et valides sous la main.

Installé un premier temps rue Saint-Louis à Caderousse où ils eurent Hubert en 1897, Paul et Marie s’installèrent ensuite sur le cours de l’est, le cours Aristide Briand de nos jours. Le maréchal-ferrant pouvait ainsi développer son activité avec plus d’espace. C’est là que naquit Paul en 1899 puis Edouard et Denise en 1902. L’affaire semblait prospère puisque le père employait régulièrement des « domestiques », des ouvriers à domicile en quelque sorte: le jeune Valentin Rigaud en 1901, Hervé Granjeon de Suze(-la-Rousse) dans la Drôme et Marius Fréau de Sérignan en 1906, Marius Vidal de Mayres en Ardèche en 1911 pour ceux que les recensements ont retenu.

Le fratrie en 1911.

C’est donc chez son père qu’Hubert comme René apprirent le métier du travail du fer. Les fils durent tenir la maison quand le père s’absenta contraint et forcé à Tarascon chez les Saphis.

Que se passa-t-il donc qui fit que René devança l’appel et contracta un engagement de quatre ans le 29 janvier 1918 ? Un excès de patriotisme ou des problèmes familiaux ? A l’heure actuelle, c’est une question sans réponse. Toujours est-il qu’il rejoignit le 2ème Régiment de Dragons à Saint-Etienne le 1er février 1918. Il ne devait guère faire chaud dans le Forez lors de l’instruction. On peut penser qu’il se retrouva sur le front quelques mois après, au moment de la reprise de la guerre de mouvement.
Le 3 au 14 octobre 1918, les Dragons bivouaquent du côté de Wylder. C’est là-haut dans le nord, 10 kilomètres au sud de Dunkerque. Le 14, ils dorment 20 kilomètres plus à l’est, en Belgique, Boesinghe et Lizerne. Le front allemand cède et la victoire est proche. Mais René ne partage pas ces moments avec son régiment. Il est hospitalisé à l’hôpital mixte de Saint-Etienne où il décède de maladie le 12 octobre 1918. On pense immédiatement à la grippe espagnol qui faisait des ravages dans les troupes depuis quelques semaines. Sans certitude puisque les registres matricules n’en disent pas plus !

Pour l’heure, René Charbonnel est le plus jeune MPLF de Caderousse: 19 ans et 103 jours.

La fiche de René Martial Gabriel Charbonnel de Mémoire des Hommes

René Martial Gabriel Charbonnel, matricule 1082 classe 1919, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Charbonnel restant vivant à Orange (2 réponses)  et dans le Vaucluse, si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Emile Chaume.

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Un journal de Tranchées: LA ROULANTE du 369 n°10 du 1er janvier 1917 (6/10)

Le numéro 10 de La Roulante, paru pour le Jour de l’An 1917 voit apparaître les premiers dessins de Bils, Claude Bils dont on a déjà parlé en ouvrant cette série. La roulante arrive, les tuyaux fumants et au bord du chemin, les hommes de corvée de soupe attendent pour ramener la nourriture au reste de la troupe.

On y retrouve d’autre dessins humoristiques…

…ou…

…une roulante un peu particulière !

Une poésie aux Poilus assez conventionnelle:

Pour le Jour de l’An, on fait la fête et si les Boches ne sont pas contents, on leur tape dessus. Très convenu, sans grand sous-entendu.

Un long texte à la manière d’une lettre à l’époque de la Convention et une comparaison avec ceux de Valmy.

Et les traditionnelles brèves, les Percos de la Roulante, moquant les Parlementaires à l’arrière,…

…les abréviations dont l’Administration Militaire est si friande et une perm. à Paris d’un rédacteur du journal.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du 21 octobre 1917

(JOUR 1176 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Toujours la bataille des Flandres, la prise par les Anglais d’un obusier allemand de 280.

Le tour de la revue:

La Reine Elisabeth de Belgique en visite à l’état-major français (en haut) et…

…dans un hôpital militaire.

Les soldats canadiens sur le front français du Nord portent de lourdes charges…

…à la manière de Sherpas. Les colis font tout de même 70 kg pièce… Bonjour les cervicales !

Prisonniers allemands des Flandres dont les geôliers anglais contrôlent les identités.

Un avion ennemi (allemand) se rend.

Plus évident en grossissant l’image !

De l’avion sur la mer avec la première version du porte-avions.

Les avions sont des hydravions qui sont hissés à bord du navire de guerre puis…

…sont remisés !

Du personnel militaire féminin britannique ont rejoint un camp en France.

En haut, photo de famille autour d’une aire de jeu, en bas, l’entretien des tombes de militaires décédés.

Pour terminer, cette musique américaine joue le Star-Splangled Banner…

…à des enfants attentifs, quelque part dans un village français.

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Il y a 100 ans jour pour jour: J’AI VU du 20 octobre 1917

(JOUR 1175 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Un rencontre Bernstoff-Bolo. A la lecture du titre, on comprend qu’il ne s’agit d’une attitude positive ! Polo est un aventurier français qui sera condamné pour intelligence avec l’ennemi, ayant reçu des fonds pour mener des actions pacifistes. Bernstroff de son côté est le nouvel ambassadeur du Reich en Turquie où il oeuvrera pour la création d’un foyer juif en Palestine. Contrairement à son prédécesseur Paul Metternich, il ne dénoncera pas le Génocide Arménien perpétré par l’Etat turc.

Bolo sera condamné à mort et exécuté en 1918.

La bataille des Flandres.

Une grosse pièce d’artillerie française en soutien de l’attaque britannique sur le front des Flandres.

Les conséquences de l’attaque du 20 septembre 1917 sur les Flandres en quatre vues: les sapeurs gallois pour remuer de la terre, les Ecossais accompagnant des prisonniers, hommes près de Poëlcapelle, près du lieu de l’accident de Guynemer, des grands blessés allemands évacués par la Red Cross.

Pour terminer, de nouvelles troupes russes arrivent en France dans le cadre des accords entre la France et la Russie.

Tout commence une messe du Pope !

 

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