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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… BLACHIER Léopold

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Treizième nom de la liste: Blachier Léopold Guillaume.

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Première face du Monument.

Berry-au-Bac est un lieu moins connu que Verdun ou la Marne dont l’historiographie de la Grande Guerre pour le grand public mais il n’en demeure pas moins un coin où l’on se battit quasiment sans discontinuer de 1915 à 1918. On y reviendra. C’est à deux kilomètres de ce bourg, sur le Mont Sapigneul que disparut le 16 avril 1917, Léopold Blachier, âgé de 29 ans.

Léopold était né le 15 octobre 1887, d’un père Lucien alors âgé de près de 40 ans et d’une mère, Marie Rosalie Taraveau, âgée seulement de 24 ans, dans la grange familiale du quartier de Bayard. Le recensement de 1906 nous permet de retrouver la famille complète dans la ferme du chemin d’Orange:

Une petite soeur, Rose, plus jeune de 3 ans que Léopold, est venue s’ajouter à la famille en 1890. En 1911, Léopold n’est pas recensé puisque militaire à Marseille au 3ème Régiment d’Infanterie, il effectue ses classes du 03 octobre 1909 au 24 septembre 1911. Il y a obtenu son Certificat de Bonne Conduite à l’issue de ces 2 ans.

Rappelé lors de la déclaration de guerre du 03 août 1914, il rejoint le 3ème R.I. à Digne qui fut  rapidement déplacé en train vers le nord-est de la France. C’est le 13 août que les hommes de ce régiment connurent leur baptême du feu du côté du bois des Hauts de la Croix à Concourt non loin de Nancy et surtout près de Lagarde où était déjà tombé un autre Caderoussier, Augustin Aubert, le 11 août, 2 jours auparavant; on a déjà parlé. On peut lire sur le journal de marche du régiment que le tir (allemand) qui a dû être préparé et repéré avec la plus grande attention et la plus grande précision fait de cruels ravages dans les rangs du 1er et du 2ème bataillon.

Mais c’est du côté de Verdun, à Béthincourt, que Léopold Blachier sera blessé une première fois, le 12 mars 1915, d’un éclat d’obus qui lui occasionna une plaie légère à l’avant-bras droit, pour reprendre les termes officiels du registre matricule. Bizarrement, le journal de marche de l’unité ne signale aucun incident ce jour-là mais parle d’un blessé à Bois Carré le lendemain, le 13 mars. Une erreur de transcription sur le registre matricule, peut-être ?

Le 12 mai 1915, de retour de convalescence, Léopold Blachier passe au 150ème Régiment d’Infanterie, à Chartres.

Il est temps de parler de ce secteur de Berry-au-Bac considéré autant du côté allemand que du côté français comme un endroit stratégique. Comme vous le voyez ci-dessous, nous sommes à 100-120 km au nord-est de Paris…

où tout mamelon dépassant de la plaine devient capital pour des stratèges militaires. Ainsi, dès 1915,…

la côte 108 fut l’enjeu de toutes les convoitises. Et comme à Vauquois, la guerre des mines y fit rage jusqu’en février 1916, début de l’offensive allemande sur Verdun qui détourna l’attention des 2 états-majors. En plus de cette butte naturelle, le canal latéral à l’Aisne et celui reliant l’Aisne à la Marne avaient eu la mauvaise idée de se rejoindre à Berry. Second enjeu pour les 2 camps. Dès la fin des combats de Verdun en 1916, ce secteur du front reprit de l’importance. Il se situait à l’extrême est du secteur du Chemin des Dames. L’attaque programmée par Nivelle pour enfoncer le front allemand éclaboussa sur ce coin déjà meurtri. Les combats pour prendre une autre « motte » guère plus élevée que la côte 108, le Mont-Sapigneul, du nom d’un hameau de Cormicy rayé de la carte par les combats, reprirent de plus belle. L’attaque principale eut lieu du 04 au 12 avril 1917 mais se prolongea jusqu’au 16 avril, journée qui vit le 150ème de Ligne décimé comme en atteste ce monument du Lieutenant Cocula disparu le même jour que Léopold Blachier:

Document emprunté au net.

Pour preuve le parallélisme des fiches de Léopold Blachier de Caderousse et Alphonse Cocula d’un hameau de Cahors (Lot) sur Mémoire des Hommes.

Que dire de plus ? Peut-être reprendre la citation que reçut Léopold Blachier pour son courage face à la mort, le 16 avril 1917, que lui décerna l’Armée:

Pendant le combat du 16 avril 1917, a fait preuve d’intelligence et d’initiative en se portant aux endroits particulièrement menacés sur le front de sa section, a contribué pour une large part à enrayer une violente contre-attaque ennemie. Soldat d’une bravoure et d’un dévouement exceptionnel. 

Peut-être aller faire un tour sur le journal de marche du 150ème. Pas moins de 11 pages racontent la journée du 16 avril 1917. On y retrouve un plan précis des lieux avec l’enchevêtrement des tranchées françaises et allemandes, bouleversées de plus par les bombardements d’artillerie.

On y lit des passages édifiants prouvant l’ampleur des massacres:

Si même l’Armée le reconnaît !

Et un bilan des pertes considérable !

Pas moins de 1 106 hommes furent mis hors de combat en deux jours sur les pentes du Mont Sapigneul, dont la moitié tués ou disparus, ce qui revient au même !

Léopold Guillaume Blachier, matricule 340 classe 1917, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Même si le patronyme Blachier est rare de nos jours dans le sud-est, si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents.

Plaque empruntée au net célébrant à la fois les sacrifices du hameau et des hommes.

A suivre: Jules Bonnefoi.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… BERTET Martial Henri Augustin

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Douzième nom de la liste: Bertet Martial Henri Augustin.

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Première face du Monument.

La biographie de Martial Bertet sera peut-être la plus courte et la moins fournie des 122 textes racontant la vie des Poilus inscrits ou oubliés sur le monument aux morts !

Martial Bertet est né le 1er octobre 1894 au village, fils du cultivateur Marius Martial Bertet né à Orange en 1866 et de l’ouvrière dans une fabrique de balais Marie Henriette Lazars ou Lazard (l’état-civil semblant continuellement hésiter entre le S et le D dans ses actes officiels), née au village en 1869. C’est le premier enfant du couple marié le 19 novembre 1892.

Martial Bertet apparaît donc pour la première fois dans le recensement de 1896.

On voit que le jeune couple vit chez les parents d’Henriette au quartier du Gros Boulegon, mais on peut constater que l’agent recenseur a pris quelques largesses avec l’état-civil ! En effet, Marius le père devient Martial (son second prénom), Marie la mère est Henriette (même remarque sur cette habitude courante à l’époque) mais le bébé Martial est enregistré sous un Marcel qui ne correspond à aucun de ses prénoms  officiels !

On retrouve la famille dans le recensement de 1911.

15 ans après 1896, les parents vivent seuls, toujours au Boulegon, les beaux-parents Lazard(s) n’étant plus de ce monde. Une petite Marcelle est venue s’ajouter au foyer de Marius et Henriette en 1901.

Le jour de la déclaration de guerre, le 03 août 1914, Martial n’a pas encore 20 ans. Il n’en sera pas moins appelé par anticipation et rejoindra le 09 septembre 1914, le 61ème Régiment d’Infanterie à la caserne de Privas en Ardèche. Le PLM jusqu’à Livron puis la traversée du Rhône à La Voulte pour rejoindre Privas, à une époque où existait un chemin de fer départemental reliant la préfecture de l’Ardèche à la vallée du Rhône.

Le 61ème de Ligne avait rejoint le front le 7 août 1914 et combattait en septembre 1914 en Argonne. A Privas ne restaient que les jeunes recrues recevant une instruction militaire sommaire avant de rejoindre le régiment pour combler les pertes des premiers mois de guerre.

Martial Bertet n’en aura pas le temps. Il ne connaîtra ni le front, ni le feu, ni la guerre ! En effet, il décédera à l’hôpital Saint-Pierre de Privas le 10 octobre 1914, 31 jours exactement après son arrivée dans l’unité. Sa fiche matricule de Mémoires des Hommes parle d’une « commotion cérébrale » qui pourrait être consécutive à un choc violent à la tête à l’entraînement. Par contre sur le registre matricule des Archives Départementales du Vaucluse, on lit « des suites d’une congestion cérébrale suraiguë » ce qui pourrait faire penser à un accident vasculaire cérébral inattendu.

Fiche Matricule de Mémoire des Hommes.

Martial Bertet disparaissait à 20 ans et 10 jours et laissait une famille désemparée.

Martial Henri Augustin Bertet, matricule 359 classe 1914, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Même si le patronyme Bertet n’apparaît plus à Caderousse et sous l’écriture Berthet dans la proche région, si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, s’il possède ou non quelques photos, documents ou souvenirs de famille.

A suivre: Léopold Blachier.

Post scriptum.

La caserne Rampon de Privas occupée jadis par le 61ème R.I….

…de nos jours occupée par le Groupement de Gendarmerie de l’Ardèche.

Une vue générale de la caserne Rampon et la place d’armes envahie par les voitures.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 29 avril 1917

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(JOUR 1000 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Millième jour de guerre, ce 29 avril 1917. 2/3 de la guerre. Comme ont-ils pu tenir et comment vont-ils encore tenir 561 jours ????

A la une, un char, un « tank » pardon, arme que l’on imagine redoutable et qui permet à Carterpilllar de se faire de la publicité sur le dos de l’effort de guerre !

Un moment de nostalgie pour commencer (Le Miroir n’avait-il rien à proposer de plus récent cette semaine ?) avec des vues de l’occupation de Reims par les Allemands entre le 4 et le 12 septembre 1914.

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Les Portugais en France, c’est pour bientôt.

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Un plein bateau en route pour la France pour combattre sur le front du Nord et de l’Est… s’il arrive à bon port car 96 bateaux portugais seront coulés par les Allemands. 8 145 soldats portugais seront tués, 13 751 seront blessés et 12 318 seront faits prisonniers ou auront disparu. Une hécatombe pour un corps expéditionnaire de 58 000 hommes !

Vimy et les Canadiens. Là où les Français et les Anglais auront échoué, les Canadiens enfonceront le front allemand et seront considérés comme des soldats d’élite.

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Explosion d’un obus sur le secteur de Vimy.

La bataille de Vimy s’est déroulée du 4 au 12 avril 1917 et en 8 jours, les Canadiens perdront 3 598 hommes tués.

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Après la prise de la côte 145.

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Cyclistes canadiens.

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Les Allemands refluent en emportant des prises de guerre pas forcément autorisées.

A Petrograd, les militaires (les marins) surveillent et protègent le Parlement russe, la Douma…

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tandis qu’en ville, on fait la chasse aux policiers, support du régime tsariste dictatorial.

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Près d’Arras des Anglais…

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et des destructions.

Pour terminer cette revue, des affiches sur les murs des villes que les Allemands ont abandonné pour mieux se regrouper.

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Affiches allemandes arrachées, lacérées et nouvelles instructions militaires à destination des civils.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 26 avril 1917

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(JOUR 997 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Sous le titre « La Suisse veille », on nous montre à nouveau des soldats helvétiques surveillant les frontières de leur pays neutre. Ici assommer d’une aiguille. Guère plausible !

Autre vue de ces troupes suisses sur une pente encore plus dangereuse !

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Le théâtre aux armées, le moment de repos du Poilu.

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Nombre d’artistes sont passés par ces tournées incontournables !

Dans les Balkans, on nous dit que les Macédoniens reculent…

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et les Serbes avancent… Loin de la réalité !

Mais on enterre des hommes, ici et là sous le rite orthodoxe, comme sur ces vues.

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Pour terminer, des tonneaux pour les tranchées. Le ravitaillement en pinard pour les Poilus ?

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Non, en morue, de Terre-Neuve !

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… BERNARD Marius

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Onzième nom de la liste: Bernard Marius Isidore.

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Première face du Monument.

C’est un véritable roman que la (moyennement) courte vie de Marius Bernard. On va essayer de la raconter !

C’est le fils aîné de Jean Baptiste Bernard né au village en 1848 et Virginie Mathilde Bonnaud originaire de Montfaucon, plus jeune de 11 ans que son mari. Marius va venir au monde le 08 décembre 1882 dans ce couple vivant du côté de la rue de l’Hôpital. Le père est employé dans la fabrique de balais Aubépart.

C’est le recensement de 1891 qui nous parle en premier de cette famille.

Marius a alors 8 ans, sa soeur Joséphine née en 1884, 6 ans et son jeune frère (Adrien) Théophile, né en 1887, 3 ans.

Cinq ans plus tard, à l’occasion du recensement 1896, on apprend qu’il n’y a plus que 2 enfants au foyer des Bernard au Boulegon. Marius, seulement âgé de 13 ans, vole déjà de ses propres ailes.

Il habite chez ses patrons, le couple de cafetiers Redon Jean- Ruat Rose installé sur le Cours de l’est, maintenant Cours Aristide-Briand. Il y apprend son futur métier de garçon de café, celui qui est indiqué sur le registre matricule 585 de la classe 1902 du bureau de recrutement d’Avignon. A cette date, il a quitté Caderousse pour un autre patron de bar du Vaucluse qu’il serait un peu difficile de trouver !

C’est donc l’Armée qui va nous indiquer la suite du parcours, pour le moins original, de Marius Bernard. Ses classes, il va les faire au 6ème Régiment d’artillerie de la Manouba ! Il s’agit d’un groupe d’artillerie de campagne d’Afrique à La Manouba, en Tunisie. Il a donc quitté la Métropole pour l’Afrique du Nord et il va y rester. A l’armée, il passera onze mois, du 14 novembre 1903 au 19 octobre 1904.

Une fois libéré, on sait qu’il vécut à Alger, 11 rue Jules Ferry en 1906. Puis ce fut la Tunisie, en 1907 et la Brasserie Moderne du 68 avenue Jules Ferry, devenue Brasserie Mascéville en 1908. Il semble même qu’il soit devenu patron de cet établissement, malheureusement reconnu en faillite par le Tribunal de Commerce de Tunis en 1910. Alors, on le retrouve à Bizerte l’année suivante, à la Brasserie de la Meuse située place de la Gare. Quelle bougeotte !

La déclaration de guerre du 03 août 1914 va curieusement rendre quasiment muet son registre matricule. C’est à nous d’essayer de raconter la suite de cette histoire. Marius est 2ème canonnier au 5ème Groupe d’Artillerie de Campagne d’Afrique. Peu de document sur cette unité qui combattit derrière les tranchées de Belgique puis d’Argonne en 1915, certainement à Verdun en 1916.

C’est alors que le gouvernement d’Aristide Briand décida en janvier 1917 qu‘en raison de l’avance britannique au Sinaï, il fallait envoyer des troupes françaises participer à l’occupation des territoires conquis en Palestine et en Syrie.

Il fallut constituer un détachement français pour la Palestine et la Syrie et les 14ème et 15ème batteries du 5ème Groupe d’Artillerie de Campagne d’Afrique en faisaient partie. Marius Bernard était donc du voyage et il partit en avril 1917 pour ce fort méconnu front d’Orient, pas celui de Salonique mais celui de Palestine. C’est là que les pas du cafetier Caderoussier se mêlèrent  donc à ceux d’un certain Thomas Edward Lawrence plus connu sous le nom de Lawrence d’Arabie !

Les Anglais luttent au Moyen Orient avec les Australiens, les Néo-Zélandais (les ANZAC) et les Hindous contre l’ occupant turc et Lawrence, agent spécial britannique, y organise la révolte des tribus arabes pour mener une guérilla fort couteuse pour l’occupant ottoman en péninsule arabique.

Les Français sont un peu perçus là-bas par les alliés comme un poil à gratter, soucieux que sont les Britanniques à préserver  leur hégémonie sur cette région stratégique et déjà projetés vers l’après-guerre. Les troupes françaises du colonel de Piepape participent aux combats sous les ordres d’Allendy, commandant du Corps Expéditionnaire (Britannique) d’Egypte.

C’est certainement au cours d’un engagement face aux Ottomans que le canonnier Marius Bernard fut grièvement brûlé au premier degré sur tout le corps et qu’il décéda à l’Hôpital d’évacuation de campagne n°2 de Ludd, en Palestine, Lod de nos jours, en Israël, le 27 août 1918.

C’était un petit mois avant la grande bataille de Megiddo, en Galilée, également appelée bataille de la plaine de Naplouse, modèle de pertinence stratégique et longtemps disséquée dans les écoles militaires. Après cette défaite du 21 septembre 1918 en Palestine, l’Empire Ottoman était à genou et allait demander l’Armistice pour éviter son démembrement total.

L’acte de décès de Marius Bernard fut transcrit à l’état-civil de Bizerte le 22 septembre 1920, preuve qu’il y avait élu domicile et peut-être fondé une famille.

Marius Isidore Bernard (ce dernier étant le patronyme), matricule 385 classe 1907, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Bernard étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant indirect reconnaît un membre se sa famille, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents.

La tombe de famille de Jean Bernard (le père) sur laquelle il ne figure pas. Par contre on retrouve le nom de son épouse Virginie née Bonnaud (1860-1936-alors qu’elle est née pour l’état-civil en 1859), celui de son fils, le petit frère de Marius ,  Théophile Adrien (1887-1970) et de la femme de ce dernier Joséphine née Gilles (1888-1967). Pas d’inscription rappelant la mémoire de Marius Isidore Bernard.

A suivre:Marius Bertet. 

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 22 avril 1917

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(JOUR 993 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

A la une de ce numéro du Miroir du 22 avril 1917, « la Grand-mère de la Révolution russe », Mlle Breshko Breshkoffsky libérée d’un camp de prisonniers où elle a passé 40 ans. Nicolas II, admiré maintenant par tous les tenants des grandes familles royales était aussi un véritable tyran pour son peuple.

 C’est en double page centrale qu’on nous présente objectivement les évènements qui se sont passés en Russie au moins de mars 1917.

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Les soldats manifestent avec le drapeau rouge, les emblèmes tsaristes sont détruites et les archives de la police politique réduites en cendre. La Révolution est en marche… Mais les Russes sont toujours nos alliés et il faut préserver le nouveau pouvoir. Dans quelque temps, le Miroir ne sera pas autant objectif !

Les Allemands se retirent sur la ligne Hindenburg pour resserrer leurs défenses. Dans ce lac, les hommes font le nettoyage de printemps en enlevant les déchets abandonnés par l’armée allemande.

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Sur la photo du bas de la page ci-dessus, reconstruction d’une route vers Ham.

Ham, injustement frappé par les troupes se repliant qui, sans raison, ont détruit le château, trésor patrimonial. Tout comme à Coucy, ci-dessous.

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La Guerre Photographiée de cette semaine en avait parlé, voici d’autres vues, sur le terrain ce coup-ci, de cette forteresse datant du XIIIème siècle. Des crimes contre le patrimoine architectural français.

En partant, les troupes emmènent les rails de chemin de fer des voies ferrées.

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En manque d’acier, c’est une aubaine que ces rails… qu’il faut remettre en place bien entendu, pour leur compte… et leurs trains.
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Des forts ont été repris sans combattre:

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En haut, celui de Liez (30km au nord-ouest de Laon) totalement rasé.Aujourd’hui, une forêt sur Google Maps !

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En dessous, celui de Vendeuil (proche du précédent). Même destin que le précédent sauf qu’une salle de réception a ouvert tout près du bois qui abrite les restes de cet ouvrage militaire.

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La guerre sur la mer:

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Explosion d’une mine que tractait ce bateau. Pas de dégâts puisque le geste est volontaire. Mais on comprend que les coques des bateaux soient durement endommagées quand elle touche ce genre d’explosif !

Les Etats-Unis se préparent à la guerre:

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Toutes les troupes sont mobilisées, sur terre comme dans les airs.

Pour terminer, une série de photos amusantes montrant un ours en Champagne.

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Il a été amenés, depuis sa lointaine Sibérie, par les Russes combattant en France. Qu’adviendra-t-il de lui quand les troupes se retireront ?

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 19 avril 1917

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(JOUR 990 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une tranchée bien calme en couverture et de « vaillants défenseurs… en première ligne, en Champagne. » Des vaillants défenseurs qui reçoivent des nouvelles des leurs grâce à un système de poste assez efficace.

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Indispensable pour maintenir le moral de troupes de pouvoir envoyer ou recevoir du courrier régulièrement. Avec la bouffe et le pinard, c’est une des préoccupations majeure des hommes qu’on peut lire dans… les courriers de Poilus conservés par les familles.

Deux photos de femmes travaillant dans les usines d’armement au côté d’hommes.

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La machine de guerre fonctionne à plein régime.

Les destructions de guerre. Ici, les Allemands (les « vandales » dans le texte) ont détruit le château de Coucy restauré par Violet-le-Duc en se retirant. Les charges explosives finissent de se consumer après un dynamitage allemand.

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Guère évident avec tous ces volutes de fumée de se faire une idée des dégâts ! Il est certain que les Allemands en se retirant au printemps 1917 sur la ligne Hindenburg commirent ces crimes contre le patrimoine français. On l’a vu il y a peu avec le château d’Ham.
Ce château de Coucy  retrouvait sur la commune de Coucy-le-Château-Auffrique au nord de Soissons. Il a été détruit le 27 mars 1917 par de fortes charges explosives. On ne comprend pas réellement la raison de cette action car il ne représentait pas un intérêt stratégique. Cette année, le 19 mars 2017 s’est tenu un colloque sur ce thème dans ces lieux.

Pour terminer des prisonniers turcs typiques aux mains de Russes.

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Ils seront bientôt délivrés après l’armistice demandé par les Bolcheviks.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 15 avril 1917

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(JOUR 986 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Un mannequin bourré d’explosifs (des pétards de cheddite) pour piéger ceux qui ne se serait pas aperçu du subterfuge. Cette pratique fut-elle très développée chez les belligérants ? Certainement pas à une époque de tueries de masse.

A Salonique, une ambulance britannique a été bombardée par un avion allemand ou l’artillerie).

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Cela malgré l’affichage de la Croix Rouge. Cette guerre ne respecte plus grand chose.

Les Anglais (ou Britanniques) dans la vallée de l’Ancre, entre Somme et Pas-de-Calais. Une belle région verte… labourée par les bombardements et les combats.

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On répare les routes avec des remblais venant des habitations détruites.

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Malgré cela, les cyclistes britanniques, ancêtres de Wiggins ou Frome sont bien accueillis par les fillettes:

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Les villages (Chauny, Bapaume et Péronne) ont  été libérés mais à quel prix ?

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Avant de se retirer de quelques hectomètres, les Allemands ont laissé un message à l’adresse des Anglais:

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Que Dieu punisse l’Angleterre !

Les Etats-Unis en guerre:

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On a construit un mur (décidément !) pour protéger cet émetteur radio. Les étudiants d’Harvard ont été armés.

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Les ponts de New York sont éclairés la nuit pour prévenir d’éventuels attentats de ressortissants américains d’origine germanique. Iic le célèbre pont de Brooklyn.

Le Portugal en guerre avec…

dsc01913le lancement d’une canonnière.

Enfin, en Serbie occupée par les Austro-Hongrois, les exactions continuent contre les civils.

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Une tradition chez les armées allemandes à toutes les époques ! Mais de quand date cette scène ?

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… BERNARD Fernand

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Dixième nom de la liste: Bernard Fernand Pierre.

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Première face du Monument.

Un C.O.A. en jargon militaire du début du XXème siècle, savez-vous de quoi il s’agit ?

Personnellement, je l’ai découvert en étudiant le cas de Fernand Marius Bernard, né à Caderousse le 23 octobre 1886. Ses parents Henri Casimir Bernard et Françoise Aubert vivaient dans le village au début du cours de l’Est, futur cours Aristide-Briand. Sur le recensement de 1911, on découvre…

recensement-1911qu’ils étaient voisins des Bachini, ces migrants italiens venant de Noves et dont on a parlé lors de la biographie de « Orfeo » Bacchini. Mais ce qui va permettre d’envisager une réponse à l’interrogation des C.O.A., c’est la profession de Fernand: boulanger. Celui-ci n’avait pas choisi de travailler comme ouvrier dans les balais comme son père (et nombre de Caderoussiers) mais d’épouser une profession qui intéressait beaucoup plus l’Armée.

En effet, les Commis & Ouvriers militaires d’Administration étaient des soldats dispensés de tâches militaires mais qui occupaient des fonctions administratives et bureaucratiques (pour les commis), de l’intendance et du ravitaillement (pour les ouvriers). On comprend que Fernand allait fabriquer le pain de la caserne où il était appelé lors de ses classes, dans la 15ème section des C.O.A. de Marseille, du 7 octobre 1907 au 25 septembre 1909 puis lors de son rappel sous les drapeaux du 2 août 1914 au 14 avril 1916.

Pendant la Grande Guerre par exemple, on avait besoin de boulangers à l’arrière des unités combattants mais aussi, dans les gares de rassemblements telles Nimes, Orange et Avignon dans le sud-est lors de la Mobilisation Générale, mais également dans les gares où s’arrêtaient les convois militaires lors des déplacements: Orange, Avignon, Remoulins ou Le Teil. Des ouvriers d’Administration travaillaient dans la boulange mais aussi dans la boucherie, dans la garde des troupeaux attendant de monter aux abattoirs et dans l’approvisionnement en eau et vin des troupes. Toute une filière alimentaire !

Pourquoi donc l’Armée décida-t-elle d’envoyer Fernand dans une unité combattante, le 14 avril 1916 ?

Toujours est-il qu’il  se retrouva au 24ème Régiment d’Infanterie dans un premier temps, à Bernay dans l’Eure pour sa formation militaire puis au 28ème Régiment d’Infanterie d’Evreux, au front (aux Armées), à partir du 1er septembre 1916.

Le front, c’était un secteur au sud de Verdun, du côté d’Haudainville, où ça cognait fort depuis le 23 février.

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Les lieux en question d’après Google Maps.

C’est par cette journée relativement calme du 12 janvier 1917 comme on peut le lire dans le journal de route de l’unité…

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que Fernand sera grièvement blessé, aux abords du fort de Bézonvaux. Dans le journal de marche du régiment, il est noté sur la liste des blessés de la journée du 13 janvier, comme on le voit ci-dessous:

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Il n’a pas pu être blessé le 13 puisque son unité avait été relevée de son secteur pour prendre une pause à l’arrière.

Fernand Marius Bernard décéda le 13 janvier 1913 à l’ambulance 15/1 installée à Dugny-sur-Meuse, à l’arrière mais relativement proche de la ligne de front. Il repose depuis à la Nécropole Nationale de Dugny (Meuse), tombe individuelle 411.

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Vue aérienne de la Nécropole Nationale de Dugny suivant Google Maps.

Fernand Marius Bernard (le patronyme étant le dernier mot), matricule 334 classe 1906, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Bernard étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant indirect reconnaît un membre se sa famille, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents.

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A suivre: Marius Bernard.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 12 avril 1917

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(JOUR 983 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

En couverture, le portrait du nouveau Président du Conseil des Ministres équivalent au Premier Ministre de la Vème République: Alexandre Ribot. C’est un homme du Nord et non de Lyon comme on aurait pu le croire pour être à la une de La Guerre Photographiée. C’est la 4ème fois qu’il occupe ce poste. Entré en fonction le 20 mars 1917, il restera chef du gouvernement jusqu’au 12 septembre 1917. Il cumule cette fonction de Président du Conseil des Ministres à celle de Ministre des Affaires Etrangères. A ce poste, il avait été, avant-guerre, à l’initiative du rapprochement franco-russe finalisé par la visite du Président de la République Emile Louvet chez le tsar Nicolas II.

Voici d’ailleurs les dernières photos des Romanov.

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Dernières photos réellement puisque la fin de la famille est proche ! Renversé le 23 mars 1917, la famille sera exécutée dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 à Ekatarinbourg. Pour éviter de tomber aux mains de troupes blanches ? Pour éviter tout retour à l’Empire ? Initiative individuelle de quelque cheffaillon bolchevik local ?

Des vues de la Russie:

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En haut, Moscou où siège le nouveau gouvernement qui reste en étroite relation avec les révolutionnaires de Petrograd. Petrograd, le nouveau nom de Saint-Pétersbourg depuis 1914 qui deviendra Leningrad en 1924 avant de retrouver son nom d’origine en 1991.

Autre destination exotique: la Chine.

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Dans le grand port commercial de Canton, les bruits de bottes s’intensifient et le commentateur des illustrations se demande si l’on verra bientôt les Chinois participer à la sanglante mêlée européenne. Par cette formulation, le journaliste est bien téméraire en employant l’adjectif sanglant. Mais son texte est passé à travers la censure.

On y voit des troupes chinoises se préparer. Pour l’heure, les actifs allemands en Chine ont été confisqués. La Chine déclarera la guerre à l’Allemagne en août 1917 mais n’enverra pas de troupes, bien que cette éventualité ait été fortement évoquée par les Français. Par contre 140 000 coolies travailleront en France, dans les ports et les usines.

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