Archives de Tag: Première Guerre Mondiale

Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 20 janvier 1916

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(JOUR 535 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Sur la couverture, une photographie de l’imprimerie Livoir à Lille occupée (comme la ville et une partie du Nord de la France) par un journal allemand dont on lit le titre sur l’enseigne Der Landsturm. La Guerre Photographiée se moque de ce peu sympathique confrère qui annonçait il y a peu l’occupation de Dijon et Lyon mais pas de Marseille pour cause de choléra ! Rien que cela ! Cette imprimerie Livoir ne semble plus exister. Quant à Der Landsturm, c’est un titre que l’on peut traduire par « La terre ventée » et il est destiné aux troupes d’occupation allemande en France. Les unités d’infanterie allemandes semblent s’appeler « Landstrum ».

La page centrale du journal présente 3 vues de Salonique. Deux photos de troupes britanniques (les Tommies) débarquant d’un grand paquebot français:

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La troisième vue est celle d’un canon géant installé par les Allemands sur les Dardanelles et qui a été détruit par son équivalent britannique embarqué sur le Queen-Elisabeth.

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Ailleurs, on voit une ambulance emportant un blessé devant une cathédrale.

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Comme on peut le lire dans le titre, on essaie de trouver des signes de cette mitraille qui s’abat sur le secteur de cette ambulance. Les hommes semblent tranquilles et même un badaud (à gauche) regarde la scène d’évacuation du blessé, les mains dans les poches !

Une dernière vue d’un groupe d’hommes présentant les masques destinés à lutter contre les gaz asphyxiants:

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un tampon d’ouate sur le nez et la bouche, enduit certainement du liquide que doit distribuer le chef de groupe, pas de lunettes pour protéger les yeux… une protection plus que rudimentaire !

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TOUR DE FRANCE 1909: c’est L’HUMANITÉ de JAURÈS qui raconte l’étape NÎMES-TOULOUSE.

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On avait déjà montré une Huma. à l’époque où le rédacteur en chef était Jean Jaurès parlant d’une étape des premiers Tours de France, ceux de l’ère héroïque d’avant-Grande Guerre. Aujourd’hui, c’est l’Humanité du DSCN2751 que nous allons présenter. L’éditorial Chassons-les! est de Amilcare Cipriani. La photo de la une illustre la chute en Manche de l’aviateur Hubert Latham, dans une traversée de cette mer cinq jours avant que Louis Blériot ne laisse son nom pour la postérité dans le même exercice. Au milieu de la photo, un ver de grenier a laissé sa trace !

Autre titre de cette une, le procès intenté par l’état contre le syndicat des postiers qu’il juge illégal. Aucune loi n’encadre les syndicats de fonctionnaires. C’est Jaurès lui même qui vient témoigner pour la défense des accusés et on imagine sa voix de tribun prononcer en fin de son audition: l’aube de la légalité existe déjà pour le syndicat des postiers et la poursuite gouvernementale est le crépuscule de la répression. 

Allons en 4ème page pour lire l’article sur cette 8ème étape Nîmes-Toulouse du Tour de France 1909 disputée la veille. Le Tour comptait 14 étapes seulement et longeait les frontières de l’hexagone.  Les étapes étaient conséquentes, des rallyes de 251 à 415 kilomètres (!) ce qui obligeait les organisateurs d’octroyer un jour de repos par étape. Les courses ne se déroulaient que les jours impairs du mois de juillet! Cette étape Nîmes-Toulouse était longue de 303 kilomètres.

Voici la relation des faits, sur 2 colonnes du journal:

DSCN2752 DSCN2753 Jean Alavoine, le vainqueur à Toulouse, débutait dans le cyclisme de haut niveau cette année-là et allait inscrire son nom 17 fois au palmarès des vainqueurs d’étapes du Tour: 2 en 1909 dont celle arrivant à Paris en plus de celle de Toulouse, 3 en 1912, 1 en 1914, 5 en 1919, 3 en 1922 et autant en 1923. Une longévité sportive à la « Poulidor » mais il faut tout de même ne pas oublier que sa carrière connut une interruption de 4 ans entre août 1914 et 1919 !

Une interruption qui fut fatale au vainqueur du Tour 1909, le Luxembougeois François Faber, engagé dans la Légion Étrangère et qui disparut (au sens premier du terme d’ailleurs) le 9 mai 1915 à Berthonval (Pas-de-Calais).

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La fiche matricule de François Faber…

qui rata d’une roue la victoire à Toulouse pour cause d’une chute sur le fil qui lui coûta la victoire.

A noter que la narration du reporter est des plus succinctes. Il se contente de donner les passages au points importants du parcours: Montpeller (km 49), Béziers (km 126), Carcassonne (km 209) et à l’arrivée, sur les Allées (?) où se pressent 15 000 personnes pour la presse.

A noter également que le vainqueur du jour à mis 10h10 pour parcourir les 303km au programme. Soit à presque 30km/h de moyenne… un bel exploit vus l’état des routes et le peu d’avancée technique des montures !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 16 janvier 1916

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(JOUR 531 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Le camp de prisonniers civils de Hameln dont on a déjà parlé. On nous montre deux hommes avec une inscription au dos de leur veste:

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Prisonnier de guerre- Hameln

Plus que des brimades ou des mauvais traitements, c’est plutôt une manière d’éviter les évasions.

En seconde page, trois vues du front belge avec l’Yser aux eaux calmes:

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des arbres coupés et des tranchées le long du canal, un blessé ramené des premières lignes et dans les rues d’un village dans lequel il ne reste que quelques pans de murs debout, des tranchées, des sacs de sable de ce « boulevard des Italiens ». De quel village s’agit-il ?

Dans les Balkans, les troupes françaises recueillent et essaient de protéger les population fuyant devant l’avancée bulgare.

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Même les populations d’origine turque de cette région préfèrent se mettre sous la protection française. Les Turcs sont pourtant les « alliés » des Bulgares.

Sur le front français, le magazine nous montre des sapeurs creusant un important abri souterrain dans lequel cet homme se mue en bête de somme:

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La double page centrale est consacrée à une scène suivant la bataille de Champagne de l’automne dernier.

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Une scène de chaos avec des fossés remplis de morts et de matériel abandonné, des ambulances emmenant les blessés et au premier plan, comme déconnectés du reste de la scène, trois hommes tranquillement installés, avec celui le plus à gauche (partiellement coupé) en train d’écrire une lettre aux siens. A la guerre, on s’habitue à tout !

Le Miroir consacre une page à la vie des aviateurs français prisonniers en Suisse, à la suite d’atterrissages inattendus sur le sol helvète. En vertu de leur neutralité, les Suisses  retiennent ces hommes comme prisonniers de guerre, en libérant quelques uns de temps en temps.

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Une « prison » dorée pour ces hommes que ce restaurant d’Hospenthal, à une vingtaine de kilomètres de la source du Rhône. A gauche, l’aviateur Georges Madon qui s’échappa de Suisse en décembre 1915 et fut récompensé à son retour en France par 60 jours d’arrêts. Il se tua lors d’une démonstration à Bizerte en 1924. A droite, Le caporal Chatelain qui a réussi également de s’évader.

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Une randonnée en montagne des aviateurs-prisonniers autour de Gilbert dont on a déjà parlé.

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Les aviateurs Eugène Gilbert, Pary, Martin. On nous dit que tout ce petit monde a été déplacé par la suite à Andermatt puis à Zurich.

 Photos hivernales avec de la neige dans des paysages paisibles. Dans l’est et dans les Vosges.

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Le petit cimetière sous la neige près du col de la  Schlucht et des Alpins à l’entrainement sur le terrain.

Les troupes grecques se retirent de Salonique pour ne pas se trouver entre les Bulgares et les alliés occupant le camp retranché, les Allemands et les Bulgares risquant d’attaquer le camp, les Grecs encore neutres ne peuvent que se retirer.

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Une autre page complète pour nous montrer les animaux accompagnant les hommes dans leur vie au front… animaux devenus les mascottes des unités:

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des chats, chiens, renards, oiseaux, chèvres, cochons, sangliers…

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Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 15 janvier 1916

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(JOUR 530 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une vue assez originale. On y voit une tranchée et sur les sacs de sable, deux infirmiers s’affairent sur un homme qui semble bien mal en point. On nous explique que c’est la conséquence de la guerre des mines. On sauve au moyen d’un nouvel appareil respiratoire à pompe des sapeurs d’abord enterrés par l’explosion d’un camouflet. Ceci, c’est pour le soldat vu de face. Pour celui dont on parlait plus haut, il faudra plus qu’un nouvel appareil !

Des photos du front, des paysages détruits, des arbres étêtés…

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et des constructions avec des sacs de sable pour renforcer les protections dans les tranchées:

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Des protections avec des pare-balles double et des plaques de liège superposées:

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Autre lieu, autres images avec cette prise d’arme en Egypte pour un régiment en route vers Salonique. Bizarre ce détour africain !

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Ailleurs, en Italie avec des hommes qui s’échinent à monter des pièces d’artillerie sur des sentiers escarpés, sur des pentes importantes:

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A la page Sur le front, des vues disparates:

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des britanniques se protégeant du froid avec des peaux de mouton, on l’avait déjà vu me semble-t-il,

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un aumônier rentrant au cantonnement,

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un entonnoir de mine rempli de cadavres allemands, bien entendu…

mais aussi des blessés attendant qu’on s’occupe d’eux, installés au grand air sur des brancards:

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Pour terminer, des objets récupérés aux Allemands lors de combats et de petits reculs ennemis:

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une locomotive,

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une mitrailleuse ou

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une jolie collection d’obus aériens, du 220 au 75.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 13 janvier 1916

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(JOUR 528 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Sur la couverture, une photographie de troupes africaines, des soldats marocains venant de participer aux combats en Champagne, il y a quelques mois (octobre 1915). Ces braves soldats étaient couverts de boue et leurs baïonnettes étaient rouges de sang. Nombreux étaient les casques allemands qu’ils rapportaient suspendus au ceinturon. Tel est une partie du commentaire accompagnant la photo. Plutôt va-t-en-guerre… La Guerre Photographiée sur ce coup !

La page 5 interpelle:

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En haut le calme de la frontière franco-suisse sous la neige, aux Rochettes où militaires français et helvétiques fraternisent… en bas, un autre calme, les ruines des villes d’Albert dans la Somme et  d’Arras dans le Pas-de-Calais. Au sujet de la ville d’Albert qui fut quasiment rayée de la carte pendant la Grande Guerre et dont les registres de l’état-civil, autant religieux que laïc disparurent, elle connut des combats lors de la Course à la Mer en 1914, puis en 1915, puis en 1916 lors de la Bataille de la Somme puis en 1918 lors de la Bataille du Kaiser et enfin quelques mois après, lors de la contrattaque finale des troupes américaines… En janvier 1916, les malheureux Albertins (et Albertines) étaient loin de la fin de leurs malheurs. Sans oublier qu’en 1940 et 1944, la ville fut encore durement touchée !

Encore en Champagne, une marmitte creusée dans le boue crayeuse…

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par l’éclatement d’un obus allemand de ce type…

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et où se déplacer par temps de pluie ou au dégel est un problème insurmontable pour les hommes comme le matériel.

Un peu de numismatique pour évoquer les problèmes des grandes cités industrieuses du Nord, Lille, Roubaix et Tourcoing sous la botte allemande depuis plusieurs mois. Les monnaies françaises…

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n’ont plus cours et les villes émettent, avec l’accord du commandement allemand des billets provisoires  pour permettre les échanges commerciaux entre les habitants. En voici quelques exemplaires…

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Des billets certainement difficiles à retrouver de nos jours émis pendant la Grande Guerre par les villes de Roubaix et Tourcoing. Collector en 2016 !

L’industrie de guerre tourne à fond et on peut le voir avec ces empilements d’obus dans une fabrique.

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Il s’agit d’obus de 75 pour le fameux canon du même calibre !

Un poilu bijoutier…

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qui cisèle des parures en aluminium pour les cadeaux de ses compagnons d’infortune.

Pour terminer, une carte du front du nord et de l’est de la France en quatrième de couverture:

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En y regardant de plus près, vous verrez non pas un trait représentant ce front, mais 2 traits, un plus foncé pour les positions au 31 décembre 1915 et un plus clair pour celles au 31 décembre 1914. Conclusion: en une année, on ne peut pas dire que les progrès aient été très importants même en Champagne et dans la Somme après les offensives de l’automne, annoncées dans la presse comme des triomphes  !

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TOUR DE FRANCE 1908: le vainqueur PETIT-BRETON dans un magazine.

Il fait bon au plein coeur de l’hiver de parler du Tour de France cycliste. Cela donne un peu de  cette chaleur qui accompagne la grande course et qui manque au milieu de l’hiver, bien qu’il soit très doux cette année. C’est dans ce magazine…

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du DSCN2736 qu’est évoquée la victoire de Petit-Breton dans le Tour de France cycliste 1908. On y voit le champion saluer le public au départ d’une des étapes de cette randonnée cycliste colossale de 5 000km. 

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L’article au-dessous nous donne le classement final de la course remportée donc par Petit-Breton avec 36 points devant François Faber (68 points), Passerieu (75 points), Gustave Garrigou (90 points)… A l’époque, le Tour de France se courait aux points en fonction de l’ordre d’arrivée à l’étape. Vainqueur de 5 étapes sur les 14 de cette course qui se déroula du 13 juillet au 9 août 1908…

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…on comprend que son total de points fut aussi faible à l’arrivée. Il gagna en effet à Metz (étape 2), Nîmes (étape 7), Bayonne (étape 9), Nantes (étape 11) et Paris, à l’arrivée finale. François Faber, son second ne remporta que 4 étapes.

Quelques mots sur Lucien Petit-Breton, de son vrai nom Lucien Georges Mazan qui reçut ce surnom de Petit-Breton de par sa naissance en Bretagne. On l’appelait aussi « l’Argentin » car il passa les 20 premières années de son existence dans ce pays où son père avait émigré à l’appel du gouvernement qui réclamait une main d’oeuvre qualifiée (horloger).

Petit-Breton comme son second François Faber allait disparaître lors de la Grande Guerre, le  20 décembre 1917 comme en atteste sa fiche matricule que l’on peut voir dans le site Mémoire des Hommes:

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Le petit article nous apprend que L’Auto, journal organisateur du Tour était particulièrement généreux avec ses sportmen puisque le vainqueur reçut 20 000 francs et son second 15 000 francs, de véritables fortunes dignes des stars du football actuel.

De quoi parle encore ce Dimanche Illustré ?

D’aviation, bien entendu, avec ce vol de Wilbur Wright…

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qui vola à 15 mètres du sol au-dessus de l’hippodrome des Hunaudières, un nom bien connu par les amateurs des 24 heures du Mans. N’oublions pas que Louis Blériot ne traversa la Manche qu’un an plu tard, le 25 juillet 1909.

Autre page intéressante montrant la mentalité raciste de l’époque…

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avec 3 photos sur une tribu d’une peuplade érythréenne, les Gallas, exposée à Paris, au Jardin d’Acclimatation comme des animaux dans un zoo, pour divertir les parisiens  ! Après tout, on enleva bien le moulage et le squelette de la Vénus Hottentote du Musée de l’Homme qu’en 1974 !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 09 janvier 1916

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(JOUR 482 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

C’est le « Vieil Armand », l’Hartmannwillerkopf qui fait la une, la Montagne-mangeuse d’hommes sur laquelle les derniers combats ont abouti à la capture de centaines de prisonniers allemands. Notez sur la photo,  pour une fois intéressante, ces échanges de regards entre les hommes. La double page centrale montre ces mêmes hommes emmenés vers l’arrière. Plus de 1 300 hommes  dont 21 officiers, lors de combats datant du 21 décembre dernier.

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Autre sujet de ce numéro, les points en hauteur qui permettent l’observation des lignes françaises par des espions allemands, des repaires de traîtres comme le titre cette page.

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Le « moulin aux espions » de Craonne où le meunier renseignait les Allemands par les mouvements des ailes.

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La « maison des espions » sur l’Yser qui a été détruite.

Ou ce poste d’observation allemand situé dans l’église de Lampernisse (Dixmude), proche du front et dont on nous montre la destruction (ici ce n’est pas un acte des barbares !) par les Belges en 6 vues:

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Un joli tas de ruines pour terminer ! Ce clocher sera reconstruit à l’identique mais pour le reste de la guerre, le clocher n’espionnera plus les lignes alliées.

Des ruines causées par les Allemands à Loos durement touché par les frappes comme cette épicerie

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ou les pylones de la fosse n°11, un puits de mine.

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Autre image de destruction que cette Vierge et le Christ à terre…

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à Souain.

Une page nous présente les loisirs des Poilus au front quand la guerre leur laisse du repos, et cela arrive assez souvent. Voyons donc en détail ces distractions:

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Le peintre Lucien Lantier à l’Hartmannwillerkopf, avant sa blessure en décembre 1915.

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Des Alpins au clavecin dans les Vosges. Mais où a été déniché ce clavecin ?

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Un fabricant de bijoux en aluminium à Ville-en-Woëvre (l’artisanat de tranchées)

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Le dessinateur Bils, sergent au 353ème R.I., croquant des prisonniers et leurs geôliers.

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Le correspondant du Miroir au travail dans une tranchée.

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Un bar improvisé près dans un village près du front. Avec musique ! Un Caf’conc !

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Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 08 janvier 1916

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(JOUR 502 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une couverture avec la cuisine sur le front, une scène montée avec un cuistot algérien qui va améliorer l’ordinaire des chefs avec des poulets sortis d’on ne sait où. Dans la même logique que ces 2 photos…

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ces spahis algériens entretenant son harnais à gauche ou cet autre homme surpris par la présence d’un cochon (Alouf ! Malédiction !) dans son logement. Du grand guignol !

Pourtant la ligne directrice de ce numéro, c’est la neige, le froid qui recouvrent les fronts

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autant dans les Vosges avec ce traîneau du Père Noël sorti de nulle part ou

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à Doïran en Macédoine avec ces plaines enneigées que parcourent les troupes britanniques.

En France, l’épisode neigeux a été précédé d’un fort épisode pluvieux (terrible pour les hommes sous ces déluges célestes en plein hiver dans le nord de la France). D’où cette vue d’un village Sainte S… près de Parros (???!) où des charrettes ont été emportés dans un ruisseau créant un petit barrage (dans la légende, on nous fait croire que ce sont les militaires qui ont créé cette retenue !):

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Non loin de là, certainement, cette voiture automobile a plongé dans l’eau pour cause de route inondée aux fossés non repérables…

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et un camion, ancêtre des 4X4 vient la sortir de cette inconfortable position !

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Pendant ce temps, sur les plages de la presqu’île de Gallipoli où le climat est plus favorable…

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les troupes britanniques et celles de l’ANZAC s’apprêtent à se retirer, laissant aux Turcs le plaisir d’un succès historique.

Puisqu’on parle des Britanniques, un scène prise dans un bureau de recrutement…

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où les volontaires viennent signer leur engagement.

La distribution du tabac chez les Français, peut-être du côté du camp retranché de Salonique:

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On peut y lire une petite apologie de la drogue avec ces quelques mots: Les soldats couvent du regard ce tabac dont l’âcre fumée donnera libre essor à leur imagination et leur donnera au milieu des fatigues et des dangers, patience et espoir. L’auteur parle-t-il de la feuille de la coca ?

A Etrepilly, on construit un monument à la mémoire des victimes de la bataille de la Marne.

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On déjà vu ce monument mais ici, on explique aux lecteurs qu’au premier plan de la photo, on voit deux tas de débris et d’ossements calcinés. C’est là que les Allemands brûlèrent 1 200 cadavres de leurs morts. Cà fait froid dans le dos !

Dans ces tranchées, un tombe de deux hommes du Génie enterrés là…

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et, à droite, les hommes d’une unité cinématographique militaire tourne des scènes qui se veulent les plus réelles possibles pour les actualités.

Une brigade canine:

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d’une unité de patrouilleurs, des missions périlleuses !

A Saint-Cyr où l’on doit former des milliers de futurs officiers, on fait coucher les hommes dans le Cirque, un lieu peu prévu à cette fonction .

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A Marseille, au port de la Joliette, des hommes embarquent pour les Balkans et le camp retranché de Salonique.

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Une invention ingénieuse reconnaît les commentateurs français que ces périscopes d’observation allemands camouflés derrière des plus ou moins faux troncs d’arbres:

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Ailleurs, sur le front de l’Est, nos amis les Russes en pleine retraite font dérailler leurs trains pour retarder ceux des Allemands:

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A part cela, tout va bien sur le front russe !

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La correspondance du Poilu Grenoblois- Une lettre du 29 août 1914.

Après avoir présenté 3 lettres écrites 100 ans auparavant, jour pour jour, nous allons passer à des lettres dignes d’intérêt du Poilu grenoblois Pierre Gautier, dans un ordre chronologique, à partir d’août 14.

La première date du 10 août 1914 dans laquelle le soldat raconte son voyage depuis Grenoble jusqu’au front sans dire où il arrive puisque c’est rigoureusement interdit par la hiérarchie militaire.  On apprend ou plutôt, on devine que le voyage a été agréable, par un temps merveilleux et l’auteur compare ce déplacement plus à une promenade qu’à une marche vers la guerre. Il insiste sur l’enthousiasme de la population grenobloise au début, du formidable accueil des gens tout au long de l’avancée du train vers l’est de la France. Mais cette lettre, très dense, écrite sur un petit bout de papier  avec une encre violette passée, est difficile à décrypter.
C’est donc la missive suivante, adressée à ses Chers parents que nous allons vous proposer. Elle date du samedi 29 août 1914 à 8h20 du matin. Du moins pour le début de l’écriture car les éclatements des obus vont interrompre l’écriture plusieurs fois (Pierre Gautier le précise). Si bien que l’on sent ces hachures à travers un écrit moins cohérent. Ce sont donc ses premiers combats que le Poilu grenoblois va narrer à ses parents.

Il a pris un papier à l’entête de la Musique de son unité du Génie dans laquelle il jouait.

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Il a ajouté en oblique ces quelques mots:

J’ai reçu plusieurs cartes d’Allevard. Mes amis vous envoient tous leurs remerciements et leurs amitiés. Nous proposons une bombe pour le retour ?

Mais voici le texte principal de cet écrit.

Je profite d’un instant de repos d’abord pour vous remercier de vos cartes et lettres qui m’ont fait grand plaisir. Loin de ses parents, on ne peut rester un seul instant sans y songer, surtout dans des moments parfois critiques. Je suis bien étonné de vous savoir sans nouvelles. J’ai déjà envoyé une longue lettre datée du 10 août et quelques cartes postales. Ces correspondances devaient contenir quelques renseignements concernant la guerre. Elles ont été arrêtées.

En guerre, on ne devrait pas causer de soi. Mais parler d’autre chose est impossible pour le moment. Jusqu’à présent, je tiens mon carnet de route bien à jour et si j’ai le bonheur de vous le faire lire, vous verrez qu’il ne manque pas d’intérêt. 

Je suis très heureux de me trouver avec de bons amis, d’abord mes 3 collègues brancardiers et le bicycliste de la Compagnie, un jeune homme charmant que je ne connaissais pas du tout. A nous 5, nous formons une équipe de bons copains. Nous sommes toujours ensemble. Il y a aussi les sergents Bugy et Tennequin que nous voyons journalièrement. Les officiers sont charmants pour nous. Nous sommes nos maîtres car le plus souvent le major n’est pas avec nous. Il est vrai que notre emploi de brancardiers n’est que pour la forme. Hier par exemple, nous avons passé la journée dans une tranchée de 4 heures du matin à 7 heures du soir et sans pouvoir sortir. C’était une pluie d’obus qui nous arrosait à raison de 4 par minute. Calculez le nombre de coups ! Par une chance incompréhensible, il n’y a pas eu un seul blessé dans la Compagnie ! Mais nous étions absolument recouverts de terre. Les premiers coups font sensation mais à partir du 10ème, on est habitués. (J’interromps ma lettre car nous partons dans une autre direction. A tout à l’heure la suite ou peut-être à demain).

Le 29 à 2 heures 30. Enfin nous arrivons de faire une petite marche de 10km et c’est assis au pied d’un mur en écrivant sur mes genoux que je continue ma lettre. Depuis ce matin, les obus de 75 nous passent sur la tête et ceux des Allemands tombent devant nous. C’est tous les jours la même répétition. Tout n’est qu’habitude. En attendant, nous faisons notre repas de midi avec du pain, un beef d’hier et le tout arrosé d’un quart de vin. C’est épatant, on peut même dire que c’est du luxe. Souvent, on reste sans dîner. Les denrées ne manquent pas. Au contraire, elles sont abondantes mais souvent le temps manque pour la cuisson et la dégustation (souvent rapide sous les obus).

Enfin, depuis mon départ, je ne me reconnais plus. Je suis très courageux. La santé est excellente. On couche comme on peut, quelquefois au grand air  (c’est hygiénique). On se lave comment ! Après une campagne comme celle-ci, on est homme, prêt à se lancer dans la vie. J’ai déjà parcouru toute une région remplie de richesses, tout m’intéresse, même la direction des obus qu’on tâche d’éviter. Nous avons déjà soigné beaucoup de blessés d’autres régiments. Mais la plupart n’ont pas vu les Allemands, c’est l’artillerie qui fait mal. La campagne de 1914, c’est la guerre moderne, la guerre terrible ! Nous voyons beaucoup d’aéroplanes mais ils sont difficiles à démolir au canon. Les Allemands ont encore leurs Zeppelins, les ballons captifs, etc… etc… Leurs pilotes ont un courage extraordinaire, mais je suis sûr que les nôtres sont supérieurs.

Les Allemands sont terribles. Cette nuit, par exemple, ils ont commencé à 2 heures du matin le bombardement de la ville où nous couchions. Notre Compagnie a eu 2 chevaux tués, 2 gradés et 3 hommes blessés. Les fantassins ont perdu 1 capitaine et plusieurs hommes assis contre un mur. Il est vrai que nos sapeurs avaient désobéi au Sergent Tennequin.

 Voilà, je crois les seuls renseignements que je pense vous donner. Je ne manque de rien au contraire. L’argent est inutile, tous les villages sont inhabités, ou alors, s’il y a quelques habitants, ils n’ont rien. Quelquefois, on a le bonheur de trouver un peu de lait et quelques oeufs, c’est notre régal, nous tenons encore à notre petite santé. Ma couverture de flanelle est indispensable pour la nuit. Je remercie maman d’y avoir songé. Je ne désire qu’une chose, c’est que la guerre se termine bientôt, l’hiver serait dur pour les uns et les autres. Mais pour l’instant, je le répète, tout va pour le mieux et  c’est pour moi une grande satisfaction de prendre part à cette guerre tant désirée dont je me souviendrai toute ma vie.

Priez pour tous les soldats qui déjà reposent sous cette terre, ils ont fait leur devoir.

Ecrivez-moi vous me ferez plaisir.

Au revoir, Chers Parents, recevez les amitiés de votre fils qui vous embrasse, ainsi que toute la famille et les amis.

Pierre Gautier ce 29 août 1914

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 06 janvier 1916

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(JOUR 521 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La une avec une vue de la porte d’Alexandre (le-Grand) à Salonique. Le lien symbolique entre Occident et Orient. Le lien pour prouver aux lecteurs que la présence française en Grèce s’inscrit dans une certaine logique de l’histoire.

Quelques vues intéressantes dans une revue sans grande ligne directive.

Le tambour du village…

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en Lorraine… un gamin de 12 ans qui remplace le titulaire du poste, sous les drapeaux.

Le boxeur Georges Carpentier, en tenue militaire, dans ce médaillon…

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en tenue d’aviateur. Certes, un aviateur mais pas volant, plutôt conducteur d’aviateur en automobile, ce qui lui permit de survivre et de continuer sa carrière après la fin de la Grande Guerre.

Les Vosges et le froid installé en montagne depuis quelques semaines. Ici la route montant au col de la Schlucht, au-dessus de Colmar…

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rendue impraticable en raison du verglas, le camion au repos comme il est écrit ayant fini sa course dans un fossé.

La livraison d’eau potable en tonneaux qui fait penser plutôt un approvisionnement en vin…

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mais que la tenue des hommes très estivale, ainsi que les ombres droites, nous fait comprendre que le cliché date de l’été dernier !

Une série de 3 photos pour nous expliquer les tranchées.

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Le soldat qui rejoint son unité, un abri à l’arrière et les hommes posant en première ligne, les fusils posés près à être utilisés.

Des prisonniers français en Allemagne…

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au camp de Zossen où, pour passer le temps, les hommes participent à une chorale… ce qui permet d’adoucir un peu les moeurs de leurs gardiens ! Contrairement à ce que montre la vue des hommes de cette chorale, ce camp semble avoir été destiné aux soldats mahométans français. C’est dans cette ville allemande proche de Berlin que fut construite la première mosquée du Reich.

Pour terminer, en quatrième de couverture de la revue, les villages que…. les Allemands occupent encore pour peu de temps en Alsace !

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ainsi, on peut voir des images de Niederbroon (les-Bains-pas du tout en Haute-Alsace !), Blotzheim (tout près de Bâle), Huningen (dans le même secteur), Neudorf (???) et la Wyse (???) à Léopoldsohe (???). Peut-être des fautes de frappe comme les 3 L à Allemands dans le titre de la légende !

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