Archives quotidiennes : 07/06/2014

7 JUIN 1944 La presse vichyste ne croit à la réussite du Débarquement

Trois journaux niçois des 7 et 8 juin 1944 traitent à leur une le débarquement de la veille en Normandie.

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L’Eclaireur de Nice et du Sud-Est parle de tentative de débarquement et non de débarquement, ce qui est une nuance de taille. Il insiste aussi sur la destruction des unités parachutistes et les pertes énormes subies par les assaillants. Quelques épisodes totalement fantaisistes comme l’attaque de la flotte par des vedettes allemandes! Finalement, la situation la plus juste est donnée par la reproduction des communiqués de guerre allemands plus que par les allégations du journaliste de Vichy commentant l’actualité.

Ce journal réduit (une page petit format recto-verso-crise du papier oblige) ouvre aussi ses colonnes aux communiqués de Pétain

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et de Laval

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qui demandent aux Français de rester neutres.

Dans « L’Eclaireur du Soir », déclinaison du précédent pour l’après-midi, comme dans l’édition du jour, les textes sont des communiqués de l’Office Français d’Infirmation écrits à Vichy qui minimisent la portée du débarquement et la faiblesse des résultats obtenus par les Alliés (une seule tête de pont à Bayeux, les américains ne sont pas arrivés à débarquer).

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Au-dessous immédiat de la Une, ce petit encart

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où les bandits assassins d’un milicien et ceux exécutés à Melun sont ceux qu’on appellera Résistants ou Héros dans quelques semaines.

Le lendemain 8 juin, l’Eclaireur du Sud-Est reprend le même argumentaire

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mais on comprend à la lecture de l’article que le Débarquement n’est pas l’échec annoncé puisque des combats ont lieu de partout ou presque en Normandie. Bien sûr, les pertes alliés sont considérables, en mer, sur terre, dans les airs. Le journal reconnait 2 têtes de pont. Il parle de la création d’un camp de prisonniers américains près de Rouen où la population a voulu lyncher ces hommes.

Dans un autre article signé SPECTATOR, l’auteur considère que la tactique d’Eisenhower est conçue sans ce génie qui caractérise les grands capitaines puisque tout le monde s’attendait à le voir débarquer là pour utiliser le port de Cherbourg. Raté, c’est celui d’Arromanches construit de toute pièce qui sera utilisé et les Allemands eux les attendaient toujours à Calais, double signe de génie tactique. Plus tard, ce même auteur le fait traiter de minable par Manuel Aznar un journaliste spécialisé espagnol car la machine de guerre allemande va rejeter les Alliés quand elle se mettra en route tout comme l’aviation allemande quand elle reprendra la maîtrise du ciel. A part qu’il n’y a plus guère de Luftwaffe à ce moment de la guerre.

On connaît, nous, la suite de l’Histoire.

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