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VISITE du TOUEUR « CONSERVÉ » au port de L’ÉPERVIÈRE à VALENCE

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Jusqu’à il y a une vingtaine d’années, ce toueur était entreposé dans les chantiers fluviaux de la Coucourde, au nord de Montélimar. Puis, on le déplaça dans le port de la capitale (de la Drôme), sûr qu’il allait être restauré et mis en valeur  et qu’il deviendrait la pièce emblématique d’un futur hypothétique musée de la batellerie du Rhône. Raté ! Les crédits espérés ne vinrent jamais et voilà le fier bateau, mis à l’écart, abandonné au bord de l’eau, devenant peu à peu un tas de ferraille rouillée, tagué de dessins d’aucune valeur, au sud du port de l’Epervière, à demi-immergé  dans les eaux irrespectueuses du fleuve. Les joggeurs, promeneurs avancent sur la digue, juste à côté sans même le voir et ce n’est pas le panneau explicatif que plus personne ne regarde qui va raviver l’intérêt du passant pour cet ancien maître du Rhône. Qui aurait envie de visiter une casse automobile ? Sans compter le danger que peut représenter une épave dans cette position si l’on s’en rapproche trop… Quel gâchis !

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Sur le panneau en question, on nous le présente ainsi, tel qu’il avait été photographié il y a plus d’un siècle, pour les besoins d’une carte postale, au port du Pouzin. Voilà ce qu’il est devenu avec en toile de fond, le nouveau pont des Lônes sous lequel il n’est jamais passé dans sa jeunesse.

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Comme on peut le lire,

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8 toueurs (9 au début en 1896) se partageaient le passage le plus pentu du Rhône de Glun à Pont-Saint-Esprit, par tranches de 12 à 15 km. 8 ports d’attache et 8 secteurs sur lesquels les joueurs se relayaient pour remonter 2 barques chargées de 300 tonnes de marchandises.

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8 étapes à la remonte: Pont-Saint-Esprit- Bourg-Saint-Andéol; Bourg-Saint-Andéol- Viviers; Viviers- Le Teil; Le Teil- Cruas; Cruas- Le Pouzin; Le Pouzin- Etoile-Chamfort; Etoile-Chamfort- Valence; Valence- Glun. A chaque étape, il fallait donc détacher les barques du toueur arrivant du sud pour les rattacher au toueur descendant du nord… et ainsi de suite. Comme ici le passage de relais à Bourg-Saint-Andéol (1)..

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Certainement un peu fastidieux ! A la descente, les barques étaient attachées de part et d’autre du toueur pour éviter qu’elles ne poussent celui-ci, étant plus lourdes que lui. (1).

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Celui de l’Epervière a d’ailleurs gardé ses câbles d’attache des barques, presque encore enroulés sur leur treuil…

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ainsi que les guides vers le cul aval du bateau (pas une grossièreté, on appelait aussi les toueurs « bateaux à 2 culs »!)

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Décomposons un peu cette antiquité à partir de cette vue latérale:

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L’avant…

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d’où le cable fixé au port en amont, sortait de l’eau et venait coulisser sur des poulies et guides qui le conduisait jusqu’au grand tambour sur lequel il s’enroulait. On en reparlera.

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Voici donc le dessus de la salle…

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dans laquelle se trouve le grand tambour sur lequel le câble venait s’enrouler. En s’approchant, on constate que câble comme tambour sont encore bien présents…

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baignant dans l’eau du fleuve qui est entrée dans tout le bateau. Quelle tristesse ! Ce tambour fait tout de même 1,50 mètre de diamètre et 3,50 mètres de largeur ! C’est la pièce essentielle du bateau puisque c’est ce tambour qui en tournant fait avancer le bateau qui remonte le fleuve. D’autres vues de cette salle du tambour:

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A l’arrière de celle-ci, presque au dessus, la passerelle sur laquelle se trouvait le capitaine qui conduisait le bateau:

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On y accédait par un escalier dont les marches ont disparu.

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Il ne reste plus que la carcasse de cette cabine de pilotage, les côtés comme le toit, en matériau périssable (du bois et de la toile) ayant disparu. On peut le constater ci-dessous sur cette vue d’un toueur à l’arrêt au port de Viviers, en face du défilé de Donzère (1).

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Continuons notre descente du bateau avec la salle des machines dans laquelle se trouvait un moteur de 200 CV…

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surmontée de la cheminée par laquelle sortaient les fumées.

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Une cheminée dont on remarque en bas l’articulation qui lui permettait de se plier quand le bateau passait sous les ponts.

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On peut le constater sur cette vue ancienne d’un toueur arrêté au port de Montélimar, après qu’il soit passé sous le pont du Teil, la hauteur d’eau étant assez importante à cet endroit (1).

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Une salle des machines elle-aussi envahie par les eaux du Rhône.

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Les aérations sont toujours là…

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avec leur gueule semblant hurler toute la détresse de leur situation.

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Nous sommes quasiment à l’extrémité du bateau, reste l’arrière dont on a déjà parlé où étaient attachées les barques remplies de marchandises.

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Le Rhône ne fut pas le seul fleuve à connaître les toueurs comme on peut le lire sur ce panneau explicatif.

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Mais seuls les mariniers du Rhône devaient veiller à ce que le cable ne passe la nuit dans l’eau sous peine d’être recouvert par les graviers que chassait régulièrement le fleuve. Ainsi le toueur devait obligatoirement rejoindre son port d’attache (c’est le cas de le dire !) avec le cable enroulé au tambour.

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Toueur à l’arrêt au port de Montélimar (1).

Les mariniers de la Seine ou de la Loire ne connaissaient pas ce problème.

Il existe un dernier toueur en activité dans le tunnel de Riqueval dans l’Aisne. Il est utilisé pour tirer les péniches dans ce tunnel non ventilé. Il est lui-même mû par l’électricité ce qui évite émanations et intoxications. Sur le Rhône, le touage a disparu au moment où les péniches, automoteurs ou autres remorqueurs à roue à aubes furent assez puissants pour remonter le Rhône dans ce secteur le plus pentu, un dénivelé de 70 mètres entre Glun et Pont-Saint-Esprit. C’était en 1936.

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Le château de Crussol qui domine le Rhône en face de Valence

et veille sur les derniers jours du dernier toueur du fleuve.

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La seule inscription moderne digne d’intérêt !

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Une barque que l’on pouvait guider et son toueur au fond, au port de Montélimar (1).

(1) les cartes postales font partie de la collection de Marc Durand qui nous les a prêtées pour illustrer cet article . Qu’il en soit remercié !

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L’ancien PONT de ROQUEMAURE détruit en 1944.

Paul Marquion, vous l’avez lu hier, parlait ainsi de la traversée du Rhône en empruntant l’ancien pont de Roquemaure avant la Première Guerre Mondiale:

Le vieux pont suspendu était étroit ; les sabots des chevaux faisaient résonner désagréablement les planches du tablier et du haut de l’impériale le fleuve paraissait profond. Disons-le sans ambages : nous n’étions pas tellement fiers ! On respirait quand on arrivait à une pile ; pendant quelques mètres où on se retrouvait sur le dur et où le Rhône était masqué. Mais on n’était vraiment rassuré qu’en arrivant à la dernière.

Car comme il le précisait juste avant… Au bout de la route, c’était le pont suspendu de Roquemaure  à plusieurs arches, détruit pendant la dernière guerre et qui a été remplacé par un pont magnifique qui franchit le Rhône d’une seule enjambée.

Ce pont effectivement enjambe le Rhône et est situé à cheval sur les communes de Roquemaure côté Gard et… Orange côté Vaucluse, la Cité des Princes s’avançant jusqu’au Rhône par une bande de territoire entre Caderousse et Chateauneuf-du-Pape.

Voici deux vues prises immédiatement après la Seconde Guerre mondiale par ma tante Paulette qui pose d’ailleurs avec une amie devant ce qu’il reste du pont qui a perdu ses tabliers tombés dans le fleuve.

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On voit bien que le pont comptait une pile au milieu du fleuve et 2 piles sur les berges. On verra cela plus loin.

Sur cette seconde vue ayant la même origine et certainement prise le même jour, on voit bien le tablier détruit.

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La photo été prise sur la culée côté Orange et comme le faisait remarquer Paul Marquion, on note l’étroitesse de la chaussée au niveau des piles. Ce ne devait pas être très facile de se croiser à leurs niveaux !

Un bac permettait aux véhicules et piétons de traverser le Rhône avant la réparation du pont après la guerre. Son fonctionnement dura assez longtemps car je me souviens très bien de voisins habitant au fond de l’andrône Jean Jaurés à Caderousse chez le docteur dont le père travaillait à la construction du nouveau pont de Roquelaure. Ce devait se passer dans les années 60. Cela évita au pont de Roquemaure de connaître les mêmes problèmes que celui du Teil avec ces câbles fabriqués en un acier de mauvaise qualité et qui durent être remplacés au début des années 2000, entraînant de gros problèmes de circulation entre Drôme et Ardèche au niveau du Teil-Montélimar.

Le nouveau pont de Roquemaure…

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a été construit une centaine de mètres en amont de celui qui existait avant guerre. Il reste côté Roquemaure (Gard) les traces de l’entrée de l’ancien pont…

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avec la pile d’entrée au premier plan et la pile posée sur une petite île du Rhône à une vingtaine de mètres de l’entrée:

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Vous avez noté une plaque mémorielle posée à l’entrée de l’ancien pont; La voici:

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Le 18 août 1944, les Allemands alors en pleine débâcle dans le sud-est continuèrent pourtant de s’acharner sur leurs prisonniers entassés dans ce train fantôme parti du camp de Gurs en Navarre. Comme le train ne pouvait continuer sur la rive droite, des ponts étant détruits, les déportés furent débarqués en gare de Roquemaure pour rejoindre celle de Sorgues sur la rive gauche, distantes l’une de l’autre de 10 à 12 kilomètres. Ces 700 malheureux furent dans les derniers à traverser le Rhône sur ce pont avant sa destruction. Et leur calvaire continua ainsi jusqu’à Auschwitz Dachau.

De nos jours, le pont routier de Roquemaure a été rejoint par le pont autoroutier de l’A9 dans les années 70 puis par le pont de la ligne ferroviaire à grande vitesse au début du millénaire. Voici ces 3 ponts…

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au premier plan le plus récent (la LGV), au second celui de l’A9 et au fond, les piles du pont suspendu.

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CADEROUSSE: des femmes à l’ouvrage grâce à HENRI IV et OLIVIER DE SERRES…

…aux Papes en Avignon au XIVème siècle qui introduisirent le mûrier dans ce département qui devint le Vaucluse.

On parle bien sûr là de la sériciculture, l’éducation et non pas l’élevage des vers à soie… activité économique qui se lança vraiment sous le règne d’Henri IV suite au travaux de l’agronome ardéchois Olivier de Serres.

Voici donc cette photo montrant un groupe de femmes en train de décoconner.

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Aucune remarque au dos, juste un groupe de femmes en train de retirer les cocons des rameaux de bruyère sur lesquels ils ont tissé leur cocon. Il faut ensuite les retirer délicatement de la bruyère et c’est un travail réservé aux femmes et aux enfants par excellence.

De quand date cette photo? De la fin du XIXème siècle à la vue de ce papier fin sur lequel l’image est un peu passée ? De 1908-1909 si la plus jeune des personnes est bien ma grand-mère paternelle, Philine Boissel. Elle ressemble un tout petit peu à la personne que j’ai connu, sans en être certain totalement. De toute façon, la photo provient de la famille Boissel et non Guérin et il reste au grenier de la maison de la place Jean Jaurès des claies rappelant cette époque et à la maison une ancienne couveuse de graines de vers à soie ramenée et devenue boîte à couture (que je présenterai prochainement). Cette activité secondaire qu’était l’éducation des vers à soie offrait un revenu conséquent aux paysans du sud de la France, pour peu que le temps le permette et que les maladies épargnent les élevages.

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Le délicat travail de la cueillette des cocons.

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L’or blanc de la sériciculture dans les paniers bien garnies.

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Même les enfants participent à ce moment de convivialité. Ma grand-mère certainement ?

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CADEROUSSE: une autre FABRIQUE de BALAIS: l’ATELIER CHAUVET

Après l’article de début décembre parlant de la fabrique de balais Mathon où travailla mon père, voici quelques vues de groupe de la fabrique Chauvet où travaillèrent ma mère et son beau-frère, Maxime Santiago (dit Moreno) à la même époque, durant et après la Seconde Guerre Mondiale.

Tous d’abord l’un des patrons Raymond Chauvet et son épouse Marguerite.

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Plusieurs photos de groupe dont celle-ci avec un petit défaut de développement et non une nappe de brouillard bas.

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Suivant mon père qui est capable de mettre beaucoup de noms sur des visages:

debout: Yvonne ma mère, Norbert Chauvet, Madeleine Millet, Marguerite Chauvet

accroupis: mon oncle Maxime Santiago, Louvin.

Le patron Raymond Chauvet au milieu de ses ouvrières:

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Madeleine Millet, ma mère, Raymond Chauvet, Thérèse Giraud, Yvette Berthet

Deux autres vues qui nous permettent de voir quelque peu l’extérieur de l’Atelier.

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Assis en bas de l’échelle, le père Chauvet, père du patron.

Debout au premier rang: Moreno mon oncle, ma mère, Louvin, Madeleine Millet

Au second rang: Odette Roumette, Yvette Berthet, Norbert Chauvet, fils du patron, Marguerite Chauvet, Marie-Rose Millet.

Non identifiée l’homme en haut de l’échelle.

On retrouve à peu près les mêmes sur cette autre vue « de l’échelle ».

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Au premier rang: Yvonne ma mère, Marie-Rose Millet, le père Chauvet.

Au second rang: Odette Roumette, Yvette Berthet et mon oncle Moreno jouant au soldat.

Au troisième rang: Madeleine Millet et Marguerite Chauvet.

Au dernier rang: Louvin, l’homme à gauche avec un béret n’étant pas identifié.

Pour terminer cette séquence nostalgie:

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En haut de l’échelle, ma mère et Marie-Rose Millet.

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Le patron Raymond Chauvet dérangé dans son travail de coupe des épis.

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Certainement la mascotte de l’Atelier que le plus jeune de l’équipe, Louvin.

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Une TABLETTE LUMINEUSE pour négatifs, positifs, diapositives, photos sur plaque de verre…

Un autre cadeau de cette fin d’année, une tablette lumineuse pour numériser les anciens négatifs…

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et quel travail à venir comme la numérisation des 450 plaques de verre sur l’Algérie et Laghouat, la porte du désert au début du XXème siècle (quelques unes présentées en fil rouge pendant l’été 2014 dans unmondedepapiers.com) ou encore les 5 000- 6 000 diapos originales retraçant la carrière du toréador nîmois Nimeno II alias Christian Montcouquiol prises par un amateur éclairé qui avait accès à la contre-piste. On en reparlera !

Ci-dessous, la numérisation de vues sur Laghouat, ville située en bordure du désert.

Première série avec des négatifs de paysages:

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et dans cette même série, 3 vues de la « patache », ce courrier reliant la ville au pays:

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Seconde série de positifs particulièrement animés…

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Arrivée du bataillon Bousquière 1908 (très pâle comme sur les plaques)

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Officiers visitant les abattoirs de la ville en 1907.

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Arrivée du capitaine Tesson en 1909 et départ en 1910.

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Arrivée des tirailleurs en 1906…

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les mêmes suivant le positionnement des plaques de verre par rapport à la lumière…

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idem…

Ce qui revient à dire qu’il y a des expériences à mener pour trouver la juste position pour les numérisations !

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CADEROUSSE: OCTOBRE 1942: La FABRIQUE de BALAIS MATHON.

Caderousse fut longtemps la Capitale du Balais, le vrai, celui utilisé par les sorcières pour voler au-dessus de l’île de la Piboulette quand elles s’échappaient du château aujourd’hui détruit.

Plus sérieusement, le balai en paille de sorgho, celui des balayeurs des grands boulevards de Paris ou de Marseille. On comptait de nombreuses fabriques et il n’est pas rare de trouver sur delcampe, une facture plus ou moins ancienne datant de l’âge d’or du balai caderoussier.

Mes parents travaillèrent dans des fabriques et, à sa retraite de la Poste, mon grand-père, lui aussi fit quelques extras dans un atelier.

Voici deux photos de l’atelier MATHON où mon père travailla en 1942. Au dos de la photo est écrit octobre 1942 mais avec un petit doute tout de même tant la tenue des travailleurs fait plutôt penser au mois d’août qu’à un quelconque été indien:

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Mon père a bien entendu donné un nom aux visages de la photo. En partant de la gauche vers la droite:

Gonner- Rossi (second plan)- Adrien Guérin- Yvette Chalas- Robert Berthet- Paul Mathon le patron avec l’âne Pomponne (surement une ânesse)- Paule Roche et Jacques Chaume- De Fever.

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Sur cette seconde photo prise au même moment et au même endroit, dans un champ où se ramassait la paille…, on peut reconnaître, toujours de gauche à droite, debout:

Rossi (au regard lointain)- Albert Deyren- Gonner- Marguerite Constance (Chauvet)- Berthet- Paul Mathon et Pomponne l’âne- Yvette Chalas- Jacques Chaume (casque colonial) et Mathon le patron.
Au premier plan Adrien bien sûr avec un autre vrai casque colonial qui est à la maison, aujourd’hui utile pour les Carnavals et De Fever, un ancien pâtissier.

Mon père était âgé de 17 ans à l’époque si la date au verso est exacte. Le groupe semblait vivre dans une bonne ambiance, loin des tourments de l’époque !

Il reste à Mornas et Lapalud une dernière fabrique de balais vauclusien qui eut l’honneur de reportages de presse tant cela semble appartenir au passé.

voir le site http://www.j-aime-le-vaucluse.com/-les-balais-de-lapalud avec d’intéressantes photos de jadis.

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Le PORT de MONTÉLIMAR sur le RHÔNE: hier actif, aujourd’hui abandonné.

Ancone fut longtemps le port de Montélimar, à l’époque du halage et des attelages remontant le Rhône. Puis cet âge d’or disparut au moment de l’apparition des bateaux à vapeur qui correspondit à l’éloignement du Rhône du village. C’est alors que Montélimar construisit un port bien loin de la ville, dans son « far-west », à côté du pont du Teil. On s’mpressa vite à l’appeler « port du Teil » alors qu’il était bel et bien sur le territoire de la commune de Montélimar.

Ce sont les livres de cartes postales anciennes qui nous présentent ce port. Ainsi dans

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« Quand le Rhône était un fleuve » de Michel-André Tracol

on peut voir cette CPA…

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de barques à quai, d’un toueur au loin et de l’ancien pont du Teil en arrière-plan. On distingue les infrastructures portuaires avec deux quais et un entrepôt. Voici une vue moderne, prise à l’automne 2015 de cette friche fluviale:

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En ce qui concerne le grand hangar en bois, il n’existe plus mais on peut retrouver au sol, le squelette de ses fondations en béton.

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Autre livre, autre vue fluviale.

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« Mémoire de Rhôdaniens » du même Michel-André Tracol…

et cette vue:

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de barques arrêtées, certaines portant des tonneaux de vin. Ces reproductions de CPA datent d’avant- 1914. On retrouve un bout de quai,

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et une plateforme plus ou moins enfouie sous la végétation:

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Autre livre régionaliste:

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« Histoire du Teil » d’André Hébrard.

une vue d’un toueur à quai qu’observe un homme appuyé à une rambarde métallique.

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On peut penser que cette vue correspond à ce coin de friche:

34-QUAI ET ÉCHELLE DE CRUE

les rambardes y sont toujours bien que restaurées dans un passé récent. L’eau est beaucoup plus basse de nos jours puisque le Rhône est vidé de ses eaux par le canal de dérivation qui passe plus à l’est.

Dans cette publication drômoise de l’AUED,

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« Etudes drômoises », 

cette autre CPA d’un toueur à quai.

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A rapprocher de cette vue…

2-ESCALIER

Que reste-t-il d’autre de cette époque de la batellerie rhôdanienne ? des bittes et anneaux d’amarrage, des bittes plantées régulièrement que la nature a plus ou moins enfoui dans le sol:

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37-ANNEAU 38-BITE BÉTONNÉE

mais aussi cette très belle rue pavée de galets du Rhône coupés sur lequel on croit entendre les pas des chevaux…

19-DIGUE ET RUE PAVÉE

et pour protéger la plaine de Montélimar des eaux du Rhône, une digue en pierre…

18-DOUBLE DIGUE

à 2 étages dans ce secteur.

Il faut dire que même de nos jours le Rhône continue de faire quelques misères aux hommes comme en atteste ce repère de crue datant de 12 ans:

5-REPÈRE DE CRUE

Cette autre CPA datant de la seconde guerre mondiale au moment où un bac à traille avait repris du service pour traverser les voyageurs entre les 2 rives du Rhône, on aperçoit au loin le port de Montélimar.

bac du teil bac du teil 2

Le grand hangar en bois qui a disparu mais quelques maisons particulières encore bien debout:

27-ANCIEN BATIMENT ET RUE PAVÉE

Qu’ajouter de cette visite ? Des installations modernes de contrôle du Rhône comme ces échelles de crue qui ne semblaient pas présentes sur les CPA, et pour cause, le niveau du fleuve en cet endroit ayant considérablement baissé:

33-ÉCHELLE DE CRUE 4-ÉCHELLE DE CRUE ET REPÈRE

et ce ponton métallique plus récent:

31-PONTON DE CONTRÔLE DU RHÔNE

Ce port de Montélimar près du Teil avait fait disparaître le port d’Ancone. Le creusement du canal de dérivation du Rhône a fait disparaître à son tout celui-ci. Un nouveau port fluvial fut créé près du pont du Gournier. La faiblesse du trafic fluvial pour la région montilienne et la priorité donnée à la route et aux puissants transporteurs (Charles-André, Chalavan et Duc, Dentressangle plus nordiste-drômois) fait que ce dernier est quasiment à l’abandon à son tour. Le réchauffement climatique forcera-t-il l’homme à changer son mode de fonctionnement pour s’approvisionner ?

Panorama

Une vue du port de Montélimar en 2015 prise depuis le bord du Rhône, juste en face (entre Rhône et déviation). Le collage de 4 photos par logiciel a fait disparaître la passerelle blanche mais on voit bien les 2 quais de l’ancien port et quelques maisons conservées.

Image à rapprocher de cette autre vue du bac à traille datant de 1940:

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extraite du livre de Noëlle Marcel:

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A CADEROUSSE, scènes paisibles de la vie au bord du PETIT RHÔNE à POPOL PLAGE !

Quelques photographies gardées par mes grands-parents montrant des scènes d’une vie tranquille au bord du Rhône au niveau de Caderousse. Le petit Rhône, celui qui frôle les digues construites après 1856.

Pêche et balade en barque sur ces photos bistres que le grand-oncle Séraphin dont a déjà parlé (l’ancien séminariste, l’ancien artilleur alpin de la Grande Guerre) était capable de développer lui-même. Dommage qu’on n’ait pas retrouvé plus de photos à la succession de sa fille !

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La PÊCHE

Séraphin l’employé de banque semble apprendre à pêcher avec sa fille Georgette (avec chapeau blanc) et son neveu, Adrien, mon père qui tient la canne.

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LA BALADE EN BARQUE

C’est Henriette Coursan, son épouse qui est debout sur la barque. avec mon père et sa fille Georgette. Plus une photo pour la pose que le départ d’une aventure !

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Sur une passerelle de fortune avec un groupe d’enfants et les 3 belles-soeurs, les épouses des 3 frères Guérin. Si l’on voit Adrien en blanc et noir, les autres enfants sont des copains du village.

Les 3 belles-soeurs donc sur cette photo de la plage du côté île de la Piboulette:

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soit en détail, de gauche à droite:

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Paulette l’épouse de Léonce, le plus jeune des frères, Philine, ma grand-père, épouse de Gabriel avec son petit Adrien tout près d’elle, Henriette l’épouse de Séraphin et sa fille Georgette, l’aînée de la génération suivante que l’on voit mieux sur cette vue, dans le même secteur, manifestement le même jour:

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Un Rhône bien calme qui pouvait (et peut toujours) se fâcher si fort !

Pour terminer, une vue sur la berge au pied des digues entourant le village:

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avec  la famille sur des anciens gradins de cette plage provisoire qui semble-t-il était appelée Popol Plage, du nom du propriétaire de cette guinguette, Paul Itier.

Des jours heureux datant de septembre 1933.
Des jours heureux qui en annonçaient de bien plus noirs car Henriette devait décéder de la tuberculose moins de 5 ans après cette prise de vue !

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Encore quelques NÉGATIFS de CYCLISME et de VÉLO datant des années 20

Trouvés dans une boîte de négatifs que m’a cédé Patrick ce dernier 14 juillet, quelques négatifs de personnes posant avec leur bicyclette vélocipèdede de tourisme ou de compétition.

Cette boîte contenait des négatifs familiaux provenant de la région de Nantua, Bourg-en-Bresse… des prises de vues de personnes posant ou de groupes d’enfants, quelques vues de la région, quelques poses avec des automobiles…

Mais ce sont les vues avec vélos qui ont retenus notre attention:

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Un homme avec manteau et chapeau pose devant un vélo de tourisme…

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 les mêmes mais dans une position bien plus avantageuse pour la monture, ce qui nous permet de la découvrir: guidon plat et développement minuscule.

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La même monture et d’autres personnages.

Passant au registre des sportmen, ces sportifs de la fin du XIXème, début XXème siècle, les pionniers du Tour de France…

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avec leur tenue mi-sportive, mi-tousiste routier, avec leur vélo à guidon bas, sans changement de vitesse mais avec un pignon fixe de chaque côté du moyeu.

Pour terminer, le clou de cette petite exposition, avec un négatif sur verre du passage d’une course cycliste vers 1923, du côté de la Bresse ou du Bugey:

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Une image volontairement protégée. Est-ce une course amateur ou le passage du grand Tour de France, un ce ceux gagné par Philippe Thys, Henri Pélissier, Ottavio Bottecchia, Lucien Buysse ou Nicolas Frantz.

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CADEROUSSE: liesse populaire au pied du MUR de GRAMONT le 11 NOVEMBRE 1918 (peut-être!)

C’est ma grand-mère Philine qui a toujours raconté que la fin des hostilités, le 11 novembre 1918 avait amené un moment inoubliable de liesse et de communion patriotique à Caderousse. Bien que rien ne soit inscrit au dos de cette photographie montée en carte postale, il semblerait que la scène corresponde à ce qui s’est passé après que les cloches aient annoncé la fin d’un calvaire de 4 ans.

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Il semblerait que la scène se déroule au pied du mur de Gramont, où se tient le vide-grenier du mois de mai.
Première remarque, les drapeaux déployés au fond, vers le mur.

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On y voit un grand drapeau américain que des jeunes assis en haut du mur tiennent grand ouvert, un drapeau tricolore replié et devant un Union Jack. On est bien dans une célébration patriotique.

Les gens se sont endimanchés. Au premier plan, un orchestre important joue: saxo, clarinette, violon, trompette…

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Le photographe doit être monté sur des tréteaux, une charrette ou s’est élevé sur la pente de la digue et l’on voit que plusieurs participants (un des 3 enfants du groupe à gauche de l’orchestre, un vieux avec béret et moustache) regardent dans sa direction.

Au milieu du cours, une farandole s’est improvisée et jeunes gens et jeunes filles y vont allègrement.

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De moins jeunes aussi…

Au centre (gauche) de la scène, un personnage typique:

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Le garde-champètre ou le facteur ? On le croirait sorti d’un film ancien. Peut-être un vétéran de 1870 ?

Une autre remarquable sur le public: pas de militaire et pas d’homme en âge de faire l’armée. On ne voit que des jeunes et des plus anciens. Ce qui accréditerait la thèse du 11 novembre 1918. Les vêtements des participants correspondent à une mi-saison douce.

Quant à ma grand-mère, elle était âgée de 14 ans le jour de l’Armistice. Peut-être est-ce l’une des jeunes filles emportée par la farandole ?

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Le même endroit, en 2015 !

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