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PONT SAINT-ESPRIT: une FLAMME qui allume la CURIOSITÉ.

Une flamme philatélique, c’est une petit encart publicitaire qui accompagne le timbre à date pour oblitérer les timbres. Ces petits rectangles sont collectionnés et présentent toujours un intérêt historique.

Celle trouvée dans la boutique Emmaüs d’Arles a tout de suite attiré mon attention. La voici !

Il s’agit d’un morceau d’enveloppe découpé. La lettre était partie en 1957 de Pont-Saint-Esprit dans le Gard. La flamme représente le fameux pont de pierre traversant le Rhône au niveau de la ville et datant de plus sept siècles. Le chantier commencé en 1265 fut achevé en 1309… 708 années d’existence et pas une ride !

Certes le pont fut un tantinet transformé quand arriva la navigation à vapeur sur le Rhône. De 21 arches, il passa à 20 car on détruisit les deux premières arches du côté gardois pour n’en faire qu’un en métal, qu’on appela alors l’arche marinière. Tout est dit !

Ci-dessus, cette arche marinière au début du XXème siècle prise un jour où le Rhône était en crue.

Mais revenons à notre flamme et regardons-la plus attentivement.

On voit très bien quelques-unes  des premières arches mais très bizarrement, le dessinateur a ajouté un pont suspendu. Que s’est-il donc passé pour que le vieux pont ait été un jour ainsi transformé ?

La réponse est simple… la guerre et les bombardements américains ayant accompagné le débarquement de Provence du 15 août 1944 ! Ce jour-là, les bombardiers US larguèrent des tonnes de bombes sur la ville, détruisant des rues entières du vieux bourg entraînant les décès de près de 50 habitants et anéantissant la fameuse arche marinière en métal du pont.

Plus d’arche marinière et donc plus de passage possible du Rhône en cet endroit pour quelques années.

En attendant la reconstruction, on installa donc un pont suspendu provisoire qui officia de 1945 à 1954…

…dont voici une vue extraite d’un site internet. En 1954, l’arche marinière fut terminée et le pont de Pont-Saint-Esprit rendu à la circulation.

La nouvelle arche marinière fut bâtie en béton armé ce qui rend une certaine unité au pont.

En 1957 date d’envoi de la lettre, la poste n’avait pas modifié sa flamme et annonçait toujours Porte d’Or de la Provence avec un dessin du pont mutilé.

En 1965, la Poste fêta le sept centième anniversaire du début des travaux du pont par ce timbre de valeur usuelle, travaux qui durèrent tout de même 44 ans !

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Une CARTE de RAVITAILLEMENT peu courante !

Pour l’époque de la seconde guerre mondiale, on a l’habitude des cartes de ravitaillement qui eurent cours de 1940 à 1947 voire 1949, jusqu’au retour d’une situation normale. Il y en avait dans toutes les maisons et on en retrouve régulièrement dans les vide-greniers.

Celles qu’on va vous présenter datent aussi de cette époque tourmentée (on peut y voir la date du 5/12/1945) mais concernent un épisode particulier. Il s’agit de cartes de textile pour le CORPS FRANÇAIS D’OCCUPATION DE L’AUTRICHE.

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C’est peu avant la capitulation du 8 mai 1945 que les troupes alliées entrent en Autriche pour l’occuper militairement. L’Anschluss a été balayé en même temps que les Nazis et une jeune République d’Autriche a été proclamée. Toutefois, pour permettre sa mise en place et pour dénazifier le pays, les vainqueurs de la Guerre, Etats-Unis, Royaume-Uni, Union Soviétique et… France ont décidé d’occuper le pays pour… 10 ans.

Comme l’Allemagne vaincue, l’Autriche sera divisée en 4 zones:

-l’est (Niederösterreich, Burgenland) est la zone soviétique,

-le sud (Kärnten, Steiermark) la zone britannique,

-le nord-ouest (Salzburg, Oberösterreich) la zone américaine et

-l’ouest (Tyrol et Vorarlberg) la zone française, sous l’autorité du général Antoine Béthouart.

Comme pour Berlin, la capitale Vienne au beau milieu de la zone soviétique est partagée en secteurs répartis entre les 4 puissances occupantes. Les Français ont autorité dans les 6ème, 14ème, 15ème et 16ème.

Cette occupation permettra une transition démocratique en douceur et évitera la prise de contrôle d’une partie de l’Autriche par les Soviétiques comme ils le feront avec la RDA et Berlin est.

Les troupes françaises étaient comme les populations civiles allemandes et autrichiennes soumises au régime des cartes de ravitaillement. Tout manquait en France et par là même dans les zones occupées par les Français. Un état de fait aggravé par rapport aux zones administrées par les Américains et Britanniques.

Coupons de ravitaillement pour tous…

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soldats comme civils faisaient la queue devant les économats militaires. Ici, il s’agit de la carte d’un adjudant chef de la 15ème Brigade de Chasseurs Alpins et celle de sa fille Claudie âgée de 5 ans en 1945.

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L’occupation de l’Autriche prit fin après la promulgation de l’Etat Autrichien, le 15 mai 1955 et les troupes d’occupation étaient toutes parties le 25 octobre 1955. L’Autriche devenait un état indépendant et neutre, diplomatiquement parlant.

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L’occupation de l’Autriche et le découpage de sa capitale Vienne en secteurs furent la toile de fond du roman de Graham Greene, Le Troisième Homme et du film éponyme de Carol Reed. Un roman noir, un thriller !

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A l’occasion du TOUR de FRANCE 1937, un CONCOURS de PRONOSTICS à MONTÉLIMAR.

Une affichette du même format que le magazine sportif de l’époque Match, annonçant un concours de pronostics organisé par la Maison Modèle, une enseigne de vêtements sise 95-Grande Rue, alias rue Pierre-Julien de nos jours.

Suit après le titre, le règlement du concours.

Il va s’agir de découvrir le nom du vainqueur du Tour de France 1937 et surtout, c’est là que ça se corse, le temps mis par celui-ci pour boucler la Grande… Boucle  !

Les réponses devront parvenir au magasin le 16 juillet dernier délais sinon les bulletins seront détruits. A cette date, les Alpes seront passées mais pas les Pyrénées… Toute une affaire !

Le dépouillement des bulletins aura lieu le 27 juillet à 21 heures au café Pomarel.

Enfin, les vainqueurs, annoncés par l’huissier Combe auront un mois pour retirer leurs lots qui éventuellement pourront être échangés contre des marchandises vendues par la Maison Modèle. Seul hic après la lecture de ce règlement et malgré ce que dit ce bandeau en bas de la page…

…à aucun moment sont annoncés les lots et le nombre de prix. Ennuyeux !

Quand au vainqueur de la Grande Boucle 1937… rendez-vous les 27 et 28 juillet pour les derniers numéros du Miroir des Sports et de Match ! A moins que vous ne pouviez réciter à l’endroit comme à l’envers les noms de tous les vainqueurs du Tour de 1903 à 2016 !

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GRANDE GUERRE: une CARTE d’Etat-Major allemande de VERDUN-SAINT-MIHIEL

En titre:

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pour cette carte d’Etat-Major d’ailleurs incomplète puisque coupé en 2, le bas de celle-ci étant absent. Dommage, les Vosges ne seront pas représentées. C’est la lecture de l’échelle du document qui tout de suite interpelle:

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Il s’agit d’une carte allemande, de l’armée allemande. Pas de date de publication puisque les dates sont habituellement en bas. Mais seconde surprise: un double trait ininterrompu, l’un bleu (en haut), l’autre rouge (en dessous et qui suit le précédent de partout) traverse la carte:

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Pas de doute, il s’agit de la ligne de front, une fois celle-ci stabilisée, de la fin 1914 jusqu’à la reprise de la guerre de mouvement, en septembre 1918. Comme malgré les attaques des uns et les contre-attaques des autres, le front ne se modifia guère, on ne peut mettre une date exacte sur ce document.

Petite remarque…

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l’écartement entre la ligne allemande (en bleue) et la ligne française (en rouge) va de 1 à 9 millimètres. Cela me paraît beaucoup quand on sait que les 2 lignes n’étaient séparées de quelques dizaines à quelques centaines de mètres !

Deux secteurs « intéressants » dans ce document, plus médiatiquement et historiquement connus que les autres:

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celui de Verdun où tous les forts défendant la ville sont notés en rouge avec un cercle rouge autour d’eux entourant une zone hachurée délimitant l’influence de la position. Quelle drôle d’idée eut donc l’Etat-Major du Kromprinz d’attaquer dans un secteur aussi bien défendu en février 1916 !

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celui de Saint-Mihiel et son fameux saillant, cette avancée teutonne dans le territoire français que nous n’arrivâmes pas à reconquérir, avant l’effondrement allemand de l’automne 1918.

Dernière remarque pour ce document. Un petit tour dans la région de Metz, par exemple,…

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nous dévoile que tous les noms de lieux sont germanisés après 45 ans d’annexion allemande !

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Une ORDONNANCE de LOUIS-PHILIPPE pour autoriser la CONSTRUCTION d’un PONT sur le RHôNE à LYON.

Dans le Bulletin des Lois n°480, on lit en première page une ordonnance royale signée par Louis-Philippe et par N. Matin, ministre secrétaire d’état au département des travaux publics, de l’agriculture et du commerce rendant son avis quant à la construction d’un pont suspendu (une passerelle suspendue) à Lyon entre les ponts Lafayette et celui de la Guillotière. Et cet avis est bien entendu positif.

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Cet avis date du 9 janvier 1837, signé alors au Palais des Tuileries qui disparaîtra en même temps que les rêves de la Commune en 1871.

Après un certain nombre de considérations, le Roi ordonne la construction de cet ouvrage d’art par la compagnie Morand qui possède déjà les ponts Lafayette et de la Guillotière. Voici la teneur de la décision:

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Intérêt évident pour l’Etat, traverser le pont sera possible si l’on verse un petit péage et une partie de cette somme ira certainement dans les caisses de l’Etat.

Ce pont suspendu sera donc construit de 1837 à 1839. Comme nombre de ponts suspendus de la vallée du Rhône, le pont commencera à montrer des signes de fatigue en 1887 où son état sera jugé alarmant. Il faudra néanmoins 1/4 de siècle pour que le projet d’un nouveau pont débouche sur une nouvelle construction. Il s’agit du pont Wilson qui sera inauguré le 14 juillet 1918.

Deux vues de l’actuel pont Wilson (quel était son nom d’origine de 1839 à 1918? Louis-Philippe ? Nouveau pont ?) prises en capture d’écran de google maps.

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Sur la Rhône, de haut en bas, le pont Lafayette, le pont  Wilson et le pont de la Guillotière.

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De plus près, le pont Wilson qui n’est plus un pont suspendu.

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Une CARTE de RAPATRIÉ pour un PRISONNIER de GUERRE ardéchois à DORTMUND en 1945

Délivrée plus précisément le 24 août 1945 par la Perception du Teil.

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Un peu abîmée tout de même si bien qu’un duplicata sera délivré 10 ans plus tard à son détenteur, un Ardéchois d’Alba-la-Romaine, Emile C…, prisonnier de guerre en Allemagne qui revint en France  après la capitulation allemande.

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Emile C… arriva en Allemagne le 20 juin 1940 et resta donc 5 ans loin de chez lui. Ce qui dut beaucoup perturber la vie des siens car il  exerçait la profession de cultivateur. Qui devait s’occuper de ses terres pendant son absence? Agé de 31 ans lors de sa capture, il avait l’âge d’être marié et d’avoir des enfants.

Il fut détenu dans le Stalag 6D semble-t-il car l’écriture de cette rubrique est partiellement effacée. On croit lire comme lieu de détention Letmathe, certainement un commando du Stalag VI D qui était  implanté à Dortmund. Letmathe semble se situer à une vingtaine de kilomètres au sud de la ville industrielle de la Ruhr. Dans le site http://www.stalagvia-16032.com/stalag-vi-d-de-dortmund/, on apprend que ce stalag était situé dans un espace sportif appartenant au célèbre club de football du Borussia Dortmund, dans des bâtiments sportifs peu propices à accueillir des prisonniers où les conditions de détention étaient très pénibles. De plus le travail dans les usines était plus que difficile et à tout cela, s’ajoutaient les bombardements alliés sur ces sites industriels qui tuèrent bien des détenus.

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Emile C… en est revenu vivant mais certainement marqué à vie.

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Une CARTE D’IDENTITÉ originale car double !!!

Ce n’est pas un document très ancien. Il a été délivré à un habitant de Montoison dans le Drôme en 1967. C’est en fait une double carte d’identité avec 2 feuillets.

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La première feuille ressemble à une carte d’identité normale avec toutes les rubriques dont certaines n’ont pas été remplies. Elle a été délivrée par la mairie de Montoison, commune drômoise au centre du département, un peu au nord de la rivière Drôme dans la fin de son cours.

A noter que l’on n’a pas demandé au bénéficiaire de la carte de se décoiffer. Il a pu conserver son képi de sapeur pompier sur la tête.
Car le second volet de la carte concerne son statut de pompier.

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Il s’agit de la carte d’identité de sapeur pompier. Comme pour l’autre feuillet, pas mal de rubrique n’ont été renseignées.

Quelle était donc le champ de validité de cette double carte d’identité ? Avait-elle une valeur légale ou simplement une valeur symbolique ? En tout état de cause, elle ne semble gère avoir servi car elle était parfaitement conservée.

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CHARLES X décida qu’un PONT SUSPENDU serait construit à VALENCE.

Cela ne date pas d’hier, ni d’avant hier.  Mais de 1827. C’était alors la fin de l’été 1827 et, depuis le château de Saint-Cloud, lieu de villégiature du roi à la Restauration, Charles X décida par ordonnance qu’il autorisait la construction d’un pont à Valence. Un pont suspendu bien entendu, puisque 2 ans auparavant les frères Seguin avait jeté la première passerelle en fil de fer sur le Rhône à Tournon. Une passerelle qui devait être doublée quelques années plus tard d’un pont plus large qui existe toujours alors qu’au début des années 1960, le premier pont suspendu du Rhône allait être détruit par la CNR.

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Voici donc le début de cette ordonnance, le passage important étant l’article 1er que voilà:

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C’est donc le sieur Barrès de Mollard qui reçoit l’autorisation de construire le pont et de percevoir le péage dont une partie se retrouvera dans les caisses royales. Ce droit est concédé pour 66 ans ce qui devrait largement amortir les frais de construction qui s’élèveront tout de même à 600 000 francs, réparations du pont au début comprises, on y reviendra.

Mais ce qui est le plus amusant à lire est le détail de ces frais de péage. Il ne tient pas moins de 2 pages du Bulletin des Lois et chaque cas particulier est prévu. On est loin du tarif unique !

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Cela va de 5 centimes pour un piéton jusqu’à 3 francs pour un semi-remorque de l’époque à savoir un chariot de roulage à quatre roues, chargé, tiré par 3 chevaux + le conducteur.

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la patache de Vernoux

Mais il existe tout de même quelque gratuité pour des ayant-droits: le préfet, le sous-préfet, les ingénieurs des ponts et chaussées, la gendarmerie, les militaires voyageant à pied ou à cheval, en corps ou séparément, à charge à condition alors de montrer un ordre de mission, les courriers du Gouvernement et les malles poste.

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Quelques mots sur la suite. Les travaux de construction de ce pont commencèrent en juillet 1829. Les travaux allèrent assez vite  puisque le 18 septembre 1830 le pont suspendu des Granges fut mis en charge avec bonheur et ouvrit à la circulation (et aux droits de péage !) le 24 septembre suivant.

C’est la suite qui fut plus difficile. Le bac à traille fut obligé de fermer ce qui aboutit à quelques jalousies et rancoeurs, faillites aussi. Alors, sans qu’on sache vraiment pourquoi, le tablier du nouveau pont brûla en plusieurs occasions, les fermetures pour réparations entraînant… la réouverture du bac. Puis ce fut la crue de 1840 qui détruisit la pile de la rive droite (côté Granges)… la crue de 1856 qui mit à bas l’autre pile, celle de la rive gauche (côté Valence). Le bac ne fut vraiment pas tout  fait au chômage !

L’Etat racheta le péage en avance le 16 décembre 1884 alors que la concession courait jusqu’en 1896. Il faut dire que les usagers protestaient de plus en plus et pétitionnaient pour des tarifs abusifs. Ce n’est pas en 2016 que les politiques écouteraient les usagers des autoroutes devant les tarifs prohibitifs de ces voies de communication qu’ils ont payé avec leurs impôts !

Enfin, à la fin du XIXème siècle, les autorités locales souhaitèrent qu’un train, un tramway, passe sur le pont pour joindre l’Ardèche à la gare de Valence. Ce ne pouvait être sur le vieux pont suspendu qui n’aurait résisté à la charge. On construisit donc au début du XXème siècle, un pont de pierre qui doubla le pont ancien, lequel ouvrage d’art fut détruit vers 1910. Il aura vécu et servi 80 ans tout de même.

Dommage, il avait plus de cachet que le pont Mistral actuel  !!! Ces quelques CPA datant de la bascule XIXème-XXème siècles nous donne une idée de ces franchissements du Rhône au niveau de Valence.

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vue prise en Ardèche en aval du pont

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entré du pont côté Drôme

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les bains publics sous le pont des Granges

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les deux ponts cohabitèrent quelques années

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le nouveau pont de pierre

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sur le nouveau pont de pierre

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l’ancienne culée du pont suspendu, rive droite.

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Une CARTE d’IDENTITÉ pour la paiement de pensions de guerre.

Un petit article pour présenter cette ancienne carte, intitulée CARTE D’IDENTITÉ.

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Mais une carte d’identité particulière. Il s’agit d’une carte destinée à être présentée tous les mois par son propriétaire lors du versement d’une pension. Une pension de guerre pour ce vieux monsieur qui n’a pas été appelé dans les trachées de la Grande Guerre ? Oui, en tant qu’ascendant de militaire, comme c’est écrit. Un fils de ce honorable habitant d’Allex doit avoir été tué entre 1914 et 1918.

Sur le site « Mémoires des Hommes », on trouve que ce patronyme fut porter par une vingtaine d’hommes MPLF. L’un d’eux, Eugène était Drômois mais de Bourg-les-Valence et non d’Allex. Il était mort en Algérie, à Bou Cherib, dans une unité spéciale composée de fortes têtes ayant purgé des peines d’emprisonnement dans le civil et utilisée en Afrique du Nord pour lutter contre d’éventuelles rebellions d’autochtones.
Au verso de cette carte, on voit qu’elle a été signée par le Maire d’Allex en 1923, Jourdan semble-t-il.

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Une pièce originale.

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Quand LOUIS-PHILIPPE autorisait la création d’un nouveau port à ANCONE.

C’est le bulletin officiel intitulé Bulletin des Lois qui, le 24 février 1844 va autoriser la construction d’un débarcadère sur le territoire de la commune d’Ancone. Ce sont les entrepreneurs Duserre et Beauzon qui ont reçu cette bonne nouvelle. C’est le roi Louis-Philippe qui a pris cette décision en signant cette ordonnance depuis le palais des Tuileries qui était alors la demeure royale.

Voici donc ce texte de 6 lignes qui mérite quelques commentaires.

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1- Petite erreur géographique. On positionne ce débarcadère à côté du pont de Rochemaure récemment inauguré (1843) certes, mais sur la rive gauche, immédiatement en aval de la culée, ce qui le place manifestement sur le territoire de la commune d’Ancone et, par là, dans la Drôme. Comme le rédacteur a quelques doutes, il y va tout de même de Rochemaure mais place cette commune dans la … Drôme ! Pourquoi pas ?

Voici donc la carte des lieux, postérieure d’une quarantaine d’années à cette ordonnance mais dont les lieux proches du pont n’ont guère changé entre ces 2 dates.

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La flèche montre l’emplacement estimé de ce débarcadère.

2- Le pont de Rochemaure dont on parle est celui dans sa première version. En 1856, ce pont sera emporté par le Rhône lors de la grande crue plus que centennale. Mais les culées n’ont guère changé de place entre le premier et le second pont reconstruit.

3- Ce débarcadère est destiné aux nouveaux bateaux à vapeur qui circulent sur le Rhône depuis quelques années. Le halage a donc été balayé par la modernité et manifestement, les travaux sur le Rhône pour déplacer le lit principal vers la rive droite doivent avoir commencé. Sinon, les pouvoirs publics auraient choisi le port d’Ancone pour y placer leur infrastructure portuaire. Mais, le lit principal reste indiscutablement près de la rive gauche car on voit mal le bateau à vapeur passer sous le pont près de la rive droite et obliquer violemment vers la rive gauche pour accoster.

D’où tout de même quelques interrogations:

1- Ce débarcadère autorisé en 1844 sera-t-il réellement construit un jour et a-t-il servi ?

2- En cas de réponse positive à la première question, combien de temps a-t-il fonctionné et en quelle année a-t-il été supplanté par le port de Montélimar, situé au même endroit que celui décrit par l’ordonnance de Louis-Philippe mais par rapport au pont du Teil ?

3- A quel moment le cours principal du Rhône, celui navigable, est-il passé du côté ardéchois ?

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