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La correspondance du Poilu Grenoblois- Une lettre du 27 septembre 1914.

Nouvelle lettre du Poilu grenoblois Pierre Gautier à ses parents.Longue lettre écrite certainement en plusieurs épisodes. Dans son propos, Pierre raconte à la fois ce qu’il vit sur le front ou près du front et des allusions à ses connaissances familiales et amicales et les nouvelles qu’il reçoit d’elles. Cela donne un récit assez peu cohérent mais intéressant à lire…

Voici donc principalement les extraits qui parlent de la vie militaire.

Depuis notre changement de résidence, nous ne restons pas sans rien faire, actuellement nous établissons tout autour d’un village d’importantes fortifications.…

Le beau temps continue mais il fait moins chaud et dans une quinzaine de jours je supporterai bien un caleçon d’hiver. Le foin commence à se faire rare et les nuits sont fraîches.… Le capitaine doit nous faire distribuer à chacun un chandail en laine et dans ce cas, la camisole serait inutile et encombrante. Notre petite équipe possède déjà 2 couvertures mais ce n’est pas suffisant, toujours par les grands moyens nous en aurons une troisième et tout ira pour le mieux, nous serons chez nous (système débrouille).

Plus loin, il va raconter, à la demande de ses parents dans leur lettre précédente, une combat qui va entraîner la blessure d’un ami grenoblois.

Mais puisque vous y tenez voici quelques détails sur l’accident arrivé à notre ami Roybet. C’était le 3 septembre, nous étions depuis quelques jours au village de Saint-Maurice dans les Vosges. Malheureusement par sa situation géographique, ce petit pays se prêtait admirablement à l’opération du bombardement et pour ce travail les Allemands employaient le 220. Vous voyez d’ici ! Ce qui devait arriver arriva. Un beau matin, les obus après avoir passé longtemps au-dessus de notre grange, finirent par trouver le chemin un peu long et trois d’entre eux tombèrent au milieu de notre carrefour. Résultat dans notre compagnie plusieurs blessées parmi lesquels Roybet avec fracture de la clavicule par un éclat d’obus, l’infirmier et quatre ou cinq sapeurs. Il y avait encore d’autres militaires gravement blessés et un mort. Heureusement le poste de secours était à côté et nos blessés ont été pansés immédiatement. C’est après le premier obus que nous avons eu tous nos blessés. Nous étions après les panser les autres tombèrent devant l’ambulance (je passe sur beaucoup de détails). Toutes les vitres volèrent en éclats et d’un seul coup la maison fut remplie d’une épaisse fumée. En dernier lieu c’est à la cave que nous nous sommes réfugiés. Par Sohaler, nous avons souvent des nouvelles de notre blessé. Il va de mieux en mieux et espère bientôt être rétabli.

On comprend avec la parenthèse (je passe sur beaucoup de détails) que Pierre va taire une scène certainement assez dure avec la chute de cet obus de gros calibre sur une ambulance.

Puis il parle du personnel de santé qu’il côtoie.

Comme major, nous avions un docteur parisien très fort paraît-il, mais excessivement peureux, vous pouvez le croire. C’est dans l’après-midi du 2 septembre qu’il a été blessé en se sauvant sur la route toujours dans le même village. Et pendant ce temps, j’étais tranquillement assis au bord du ruisseau occupé à voir tomber les fameux obus. En observant un peu, on se rend compte du tir de ces grosses pièces qui portent de 10 à 12 km (c’est ce qui nous manque malheureusement). Le tir va toujours en s’allongeant et à peu près dans la même direction ; il va sans dire que comme en grammaire il y a quelques exceptions à la règle. Je crains beaucoup moins ces obus que leur petit 77 dont un éclat a marqué ma gamelle, vous savez déjà. Tout naturellement, je vous explique cela, il est vrai que depuis deux mois finissant par être tout à fait entraîné à ce genre de sport. Après ces petits accidents, trois brancardiers étaient seuls pour représenter le service de santé de la compagnie. Cette situation ne pouvait pas durer bien longtemps. Le jeune Schaller remplace Roybet. Nous avons un infirmier et comme Major un jeune docteur dans sa deuxième année de service. C’est un gentil garçon. Il est surtout moins fier et plus courageux que son prédécesseur qui doit être actuellement bien remis de son égratignure…

Pierre joue un peu à l’ancien combattant avec cette explication de la perception des tirs des gros calibres allemands et de la logique de la chute des obus. Contrairement au major totalement affolé par la canonnade.

C’est alors que le soldat Gautier raconte ce qui a été écrit dans les cartes et les lettres reçues de la part et d’amis. Il raconte ce qu’il a répondu à l’un d’eux.

Vous demandez des souvenirs. Bien franchement si comme nous, vous aviez été témoins des atrocités de ces barbares, vous m’en voudriez pas un seul. J’ai vu des Allemands prisonniers, beaucoup d’autres morts sur les routes et dans les bois, beaucoup d’objets à mais je n’ai jamais rien ramassé, ça me salirait. Dernièrement j’ai été un soir dans un grand château il y avait peut-être 20 blessés et 10 infirmiers allemands prisonniers. (Les lignes ennemies étaient à plus de 1 km). Avec mes amis et le major nous sommes restés peut-être une heure avec. Très facilement, il nous donnait tout ce qu’on voulait. J’avais trois casques mais je me suis simplement contenté de prendre les trois rosaces placées de chaque côté. Les autres sont dans le fossé. Il y avait aussi un casque superbe d’officiers de chasseurs à cheval. Nous avons seulement conservé un de leurs bouteillons, ils sont très pratiques, en l’aluminium et plus petits que les nôtres. Dans notre équipe nous nous s’en servons pour les extras : thé, chocolat, confiture de pommes, etc.… Si vers la fin je trouve un objet peu encombrant, je promets de vous le rapporter. J’ai déjà plusieurs balles et de jolis éclats d’obus.

Des souvenirs de guerre, des trophées pris à des prisonniers allemands mais dans cette campagne, on comprend que le paquetage et le matériel sont assez lourds pour ne pas s’encombrer de choses supplémentaires. Les écussons militaires, eux, sont petits et légers.

Voici donc les passages les plus intéressants extraits de cette longue lettre.

A suivre d’autres lettres de la correspondance de ce poilu grenoblois

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 23 avril 1916

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(JOUR 631 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

En couverture, dinette sur l’herbe pour le généralissime français Joffre et quelques uns de ses adjoints en visite dans un secteur. N’est-elle pas touchante cette vue bucolique… loin de la souffrance des hommes sur le front, à Verdun ou ailleurs ? Honteuse, 100 ans plus tard, quand on connaît plus précisément ce qui se passa !

Des vues de destructions sur la ville de Verdun, le théâtre, les rues et sur un train resté dans le secteur, criblé d’éclats d’obus.

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Mais la scène de désolation la plus impressionnante est cette vue de Vérone en Italie.

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Des cadavres civils sur une place devant la Pizza elle Erbe suite aux passages d’avions autrichiens. Ce sont des personnes qui s’étaient réfugiés sous les arcades. Terrible scène de guerre d’une étonnante actualité.

Retour à Verdun avec cet hommage au colonel Driant…

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premier et vrai (avec ses hommes) héros de Verdun.

La nouvelle tenue de grenadiers allemands sous leurs masques…

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à gaz et les célèbres grenades à manche.

Ailleurs, ce sont des autres armes non conventionnelles allemandes qui sont détruites…

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des liquides inflammables pour lance-flammes, suite à un coup de main d’un commando français derrière leurs lignes. Scène prise en Argonne.

Une double page centrale avec des vues de combats et de bombardements aériens.

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Des photographies exceptionnels obtenues par Le Miroir ? Non, des dessins très réalistes du peintre Henri Farré d’après des documents de l’aviation militaire ! Aviateur, observateur, il fut nommé par le général Niox comme le dessinateur officiel des armées. Ses oeuvres furent exposées aux Etats-Unis où il décédera en 1934.

Le Portugal est prêt pour la guerre et la population est enthousiaste…

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comme on le voit sur la photo du bas, ci-dessus. Sur celle du haut, une flottille de patrouilleurs à Lisbonne, une goutte d’eau dans l’océan du matériel nécessaire pour aller à la Victoire. Le Portugal perdra 7 222 hommes et 13 751 blessés. Par contre ce n’est pas moins de 82 000 civils qui perdront la vie dans cette fol engagement. Les visées africaines sur des territoires colonies allemandes explique cela.

Une petite photo pour nous présenter le nouveau casque britannique…

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le casque Brodie du nom de son inventeur appelé aussi casque Tommy ou casque shrapnel. Il apparut sur le front sur les têtes des combattants britanniques en avril 1916 donc quelques mois après le casque Adrian sur les têtes des soldats français. Les Britanniques prirent le temps d’étudier les défauts du  fameux casque français pour sortir leur « assiette à soupe « ou « plat à barbe ». Ce casque traversera les temps pour n’être remplacé que récemment.

Des instruments de musique près du front…

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 avec ces 4 vues en Woëvre: un tambour allemand récupéré près du front, des prisonniers dans un boyau, une musique ayant joué la Marseillaise près du front a vu ses instruments atteints par des éclats d’obus, à l’arrière, des enfants portent une grosse caisse défoncée du régiment.

Enfin pour terminer, deux pages évoquent l’incident de Porrentruy, c’est-à-dire le bombardement par les avions allemands d’une commune du Jura suisse.

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Des traces tangibles de ce bombardement avec des obus non explosé, des traces d’explosion, des vitres de train brisées.
Dans ce secteur où  Suisses, Français et Allemands sont très proches, des combats éclatent quelquefois.

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Il y a (presque) 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 22 avril 1916

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(JOUR 630 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLITS)

Sur la couverture de ce numéro, un homme dans une tranchée. Dans ses mains, le ravitaillement pour les Poilus de première ligne, « l’homme de soupe » dit la légende. Elle précise que, surpris par le bombardement, il se terre au sol pour éviter les éclats d’obus. Vrai ou faux, on ne sait pas mais toujours est-il que cette vue, pour une fois, justifie totalement le nom de cette revue: Sur le Vif ! si ce n’est pas une photo posée.

D’autres images de tranchées, tout aussi intéressantes:

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La réparation d’une mitrailleuse enrayée, l’inspection des bandes de cartouches pour une telle mitrailleuse.

Des innovations pour lutter ici et là…

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Sur la photo de gauche, des cerfs-volants sur des bateaux ancrés en rade pour explorer l’horizon et prévenir l’arrivée de sous-marins allemands… Comment s’y prend-on ?
Sur celle de droite, un ballon captif pour observer les lignes ennemis et les éventuels déplacements des troupes adverses… Même question ?

Un dessin pour explique ce qu’une photo ne peut expliquer:

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Des micros immergés pour déceler la présence de sous-marins, ici près des côtes mais également dans les parages de navires en mer. Ici le principe est plus facile à comprendre !

Des dessins également pour dévoiler un obusier de fort calibre autrichien:

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Un obusier de 305.
En dessous 6 dessins pour donner la recette de la fabrication d’explosifs à haute puissance.

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des dosages chimiques… A ne pas mettre dans toutes les mains, par les temps qui courent… !

Pour terminer, la bataille de Verdun qui se poursuit:

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Une carte des lieux, encore une, pour que les lecteurs de journaux puissent suivre l’évolution de la situation en lisant la presse quotidienne. Cette carte ne donne aucune indication précise de l’endroit où passe le front à ce jour.

La page autour de Verdun…

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avec des destructions, des hommes émergeant de leurs abris pour les besoins de l’objectif, un hommage aux camions qui sont le lien ombilical avec Verdun.

En quatrième de couverture, un paysage de guerre avec ce territoire particulièrement dévasté…

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des arbres décapités, des fumées sur la crête au loin correspondant à des explosions d’obus et cette énorme marmite au premier plan démontre la violence et la puissance des tirs allemands.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 20 avril 1916

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(JOUR 628 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La première de couverture rend hommage (pour une fois) à des personnes très utiles pour les Poilus: le service de santé des Armées. Ici dans une oeuvre de prévention avec cette vaccination contre le choléra, traitement utile à cause de la promiscuité des hommes et un environnement souvent souillé par les déjections, les cadavres d’hommes et d’animaux en décomposition et la présence de rats.

Des munitions, des montagnes de munitions, des munitions impressionnantes…

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comme cet obus de 400 français… des munitions à perte de vue…

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mais aussi originales comme…

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ces torpilles aériennes destinées aux attaques au-dessus des tranchées ou des usines allemandes.

Puisqu’on parle d’aviation, un biplan de chasse atteint au-dessus de l’ennemi…

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mais qui a pu rentrer sans dommage derrière les lignes françaises. On voit des traces d’huile sur la calandre.

Cet autre avion a également connu un atterrissage difficile…

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pour se retrouver ainsi, le nez planté dans l’herbe. Sur le Vif nous précise qu’il n’y a pas eu de casse pour les aviateurs ni pour le grand oiseau, si ce n’est l’hélice légèrement égratignée. mais ce qu’il y a d’intéressant pour cet avion, le « Jeanne d’Arc » suivant la légende, c’est qu’il a été offert à l’armée par les lecteurs du Nouvelliste, un quotidien de Lyon qui  fut publié jusqu’en 1944 et qui disparut à la Libération pour faits de collaboration. Un avion offert à l’armée par les lecteurs d’un journal… Assez original !

Sur mer, le cuirassé américain « Vermont » patrouillant près de la Turquie « pour assurer la sécurité des sujets de l’oncle Sam » a été photographié par un reporter militaire.

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Fait original, il est doté de 2 mimi-Tour Eiffel pour capter les ondes de la TSF.

Plus dramatique fut le sort de cet autre bateau, le navire-hôpital « Portugal » que l’on voit ici avant l’attaque d’un U-boat allemand.

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Cet ancien paquebot des Messageries Maritimes fut réquisitionné en début de guerre pour servir de navire-hôpital. Cette attaque causa de nombreuses victimes dont 19 français disparus.

Des vues de tranchées. Tout d’abord, un boyau que l’on couvre pour en faire un abri plus sûr:

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Dans une tranchée, un tireur d’élite en pleine action…

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avec un fusil doté d’une lunette d’approche. Un sniper  ?

Le théâtre aux armées sur cette vue de 2 comédiens, certainement des Poilus,…

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s’efforçant de distraire leurs compagnons d’infortune.

Pour terminer, monté sur un camion, une étrange machine.

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On nous dit qu’elle est destinée à produire de la glace pour conserver aux frais les viandes destinées aux soldats. Un ancêtre des réfrigérateurs ?

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 16 avril 1916

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(JOUR 624 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La une est faite des généraux Sarrail et Mouchopoulos à Salonique, regardant une attaque des avions allemands qui bombardent le camp retranché d’où les canons anti-aériens se déchaînent en défense. Bien sûr, pas de vue de ce que les hommes regardent, juste une description écrite de la scène. Dommage !

L’intérieur fait la part belle à Verdun avec des images de villages dévastés, quasiment rayés de la carte.

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On parle des villages de Forges et Savonneux dont il ne reste pas grand chose, Avocourt et Malancourt dans l’église duquel une messe est célébrée au milieu des ruines. Si le village de Forges a été complètement détruit et fait partie des villages « morts pour la France », les 3 autres se sont relevés malgré les terribles destructions qu’ils ont subi à l’époque.

Verdun voit aussi des visites de personnalités comme ici celle du généralissime italien, le général Cadorna.

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 Autres visites narrées dans ce Miroir:

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celle de Herbert Henry Asquith, le premier ministre anglais sur les champs de bataille de la Marne…

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et celle des anciens ministres français Stephen Pichon (ancien ministre des Affaires Etrangères) et Louis Barthou (ancien premier ministre) sur l’Argonne. Louis Barthou sera tué sur la Canetière à Marseille lors de l’attentat du 9 octobre 1934 contre le roi Alexandre 1er de Yougoslavie qui sera lui-aussi tué. On en reparlera un jour.

Image insolite…

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celle d’un sapeur écoutant le sol pour essayer de détecter l’éventuels travaux de sapeurs allemands venant poser des mines. Cette terrible et tellement traître guerre des mines qui fit tant de victimes.

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La guerre sur mer avec le torpillage sur la Manche du paquebot français « Sussex » par un U-Boat allemand. On voit ci-dessus sa poupe fortement endommagée. Cette attaque eut lieu le 22 mars 1916 suivant le Miroir, le 24 suivant les sites internet qui en parlent.

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Si le bateau ne coula pas et regagna le port de Boulogne puis du Havre, cette attaque fit tout de même un nombre important de victimes. Les chiffres vont de 50 à 100 morts sur 378 passagers (dont 53 membres de l’équipage). Parmi les victimes: le compositeur catalan Enrique Granados et l’ancien tennisman américain Manliff Goodbody. Après cette attaque, les Etats-Unis protestèrent vigoureusement et demandèrent au Reich l’arrêt de cette guerre maritime. « La promesse du Sussex » a été retenue par l’Histoire, promesse allemande de ne plus attaquer les navires civils.

La guerre dans les airs maintenant  avec des destructions de Zeppelins. Par le dessin tout d »abord avec Carrey…

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qui essaie de faire comprendre aux lecteurs ce qui se passa lors de l’attaque du dirigeable et le sauvetage de l’équipage, scène nocturne dans l’estuaire de la Tamise.
Puis par la photo,

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 avec la tentative de remorquage du dirigeable L-15 en mer du nord, tentative britannique qui échoua puisque les restes du dirigeable coulèrent.

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Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 15 avril 1916

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(JOUR 623 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

C’est la famille d’un maire d’un village proche du front qui fait la une de ce Sur le Vif du 15 avril 1916. On les voit posant devant l’objectif du photographe militaire protégés de ces masques à gaz rudimentaires qui leur donne un air d’extraterrestres. Est-ce au moins efficace faute d’être esthétique?

Une page pédagogique pour commencer cette revue, en page 2:

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Des dessins pour présenter les obus lumineux, ce dispositif pour éclairer les côtes ou ce pistolet projetant des fusées éclairantes qui redescendent lentement avec un parachute.

Verdun maintenant, longuement évoqué dans ce numéro.

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Un impressionnant obusier allemand lourd construit dans les usines Skoda en Autriche.

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Sur la première page « Autour de Verdun », des paysages de forêts détruites par les tirs allemands.

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Sur cette seconde page, on s’aperçoit que la neige s’est invitée dans la bataille. En haut à droite, les ruines de ce village montrent l’ampleur des destructions. Et ce n’est pas fini !

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Un résumé de tout cela dans cette double page centrale: le bois détruit, la neige, les gourbis et une parade militaire à l’arrière pour célébrer comme le dit le titre « les vainqueurs de Verdun ». 

Encore une page pédagogique avec 2 dessins…

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pour montrer les relais de commandement entre les premières lignes et l’arrière. Un véritable travail de taupes pour relier les divers postes, qui fut la marque de fabrique de cette guerre de la fin de 1915 au printemps 1918. D’ailleurs, la quatrième de couverture rend hommage à ces sapeurs qui travaillent sous terre pour créer galeries, magnats et autres puits.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 13 avril 1916

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(JOUR 621 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une vue des Vosges sur la couverture pour nous montrer l’ancienne douane allemande du col de la Schlucht abandonnée.

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Le front s’est délacé vers l’est de quelques kilomètres depuis août 1914 et la douane est à moitié détruite. On nous dit que le Kaiser s’y était arrêté quelques années avant la guerre. Ici ce sont 2 Poilus conduisant un traîneau qui posent devant ce qui reste de ce bâtiment.

Pourquoi une telle photo sinon pour dire que l’Alsace est en partie reprise et que tous ces sacrifices actuels ne sont pas vains !

La double page centrale est titrée:

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UN PEU PARTOUT…

pour nous faire comprendre qu’il n’y a pas un thème dominant dans ce numéro mais des vues prises ici et là. En dessous du titre (ci-dessus) des obusiers imposants arrivant dans une gare de l’est e la France. Certainement dans le secteur de Verdun même si le nom n’est pas dit.

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Un autre canon, allemand ceux-là, tout aussi impressionnant ! Sauf… qu’il est en bois et destiné à tromper la reconnaissance aérienne.

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Au Jus !! lit-on en dessous de cette photo. Une cantine roulante amène du ravitaillement aux Poilus… et un peu de réconfort.

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Un hydravion allemand tiré des eaux par des marins. Cet engin était appelé hydroplane à l’époque.

Moins heureux et un tantinet raciste que cette farandole de portraits de soldats allemands sous le titre: Têtes de Boches !

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Ainsi voit-on de haut en bas: 1-Lieutenant Brandebourgeois 2-Lieutenant de la garde impériale 3-Major Saxon 4-Lieutenant Poméranie décoré de la Croix de Fer 5-Febdewel Prussien 6-officier de marine 7-Aspirant.

Enfin du déjà vu…

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la visite d’Alexandre de Serbie à Verdun.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 09 avril 1916

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(JOUR 617 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Encore un dignitaire allié à la une de ce Miroir du 9 avril 1916. Il s’agit du prince héritier de Serbie, Alexandre, un prince dépourvu de royaume puisque la Serbie est occupée par les Autrichiens et les Bulgares. Un prince qui, accompagné du président de la République Raymond Poincaré est en visite à Verdun où il essaie le fameux nouveau casque Adrian.

En page intérieure, une page sur cette visite:

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Un Verdun bien paisible et une visite bien trop tranquille pour être vraie, alors qu’un déluge de feu s’abat sur le champ de bataille. Pour preuve  ces quartiers détruits et incendiés:

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Quant aux obus français, ce sont de véritables montagnes qui attendent d’être tiré…

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obus amenés par les camions que l’on voit au fond, qui empruntent la fameuse Voie Sacrée, cordon ombilical de Verdun autant pour les renforts humains que pour l’approvisionnement.

Un approvisionnement qui arrive aussi par le rail…

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en moins grande quantité.
Toujours à Verdun, un tir nocturne d’un canon de 75 qui donne une photo assez intéressante:

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Un moment important pour les hommes soumis au déluge d’acier:

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une prise d’armes et… le repos à l’arrière !

Plus loin, une page montre la dernière photo prise du Colonel Driant posant ici avec 2 prisonniers allemands…

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et dont on est sans nouvelle depuis quelque temps, au début de l’attaque allemande, il y a plus d’un mois. On sait que le colonel et l’ensemble de son unité seront anéantis et que Driant deviendra le symbole du sacrifice pour la Patrie.

 Sur le front des Dardanelles, on nous montre la réparation du vieux cuirassé turc « Messoudié » à Constantinople…

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touché qu’il a été lors d’un accrochage avec les marins russes. Ce cuirassé date de plus de 40 ans et ne doit donc pas être tout à fait à la pointe des progrès techniques.
Toujours aux Dardanelles…

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l’explosion d’une défense annexe de Gallipoli qui a été abandonnée en début d’année 1916, destruction volontaire à l’initiative des Britanniques.

Cette photo est à rapprocher de cette vue qui fait la seconde de couverture… une vue déjà présentée dans le Miroir. 

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Il s’agit de la vue primée par le concours de la meilleur photo des lecteurs. On le lit, elle a rapporté 15 000 francs à son auteur, un sous-lieutenant encadrant deux colonnes de dragons à pied et qui a eu la chance d’appuyer sur le déclencheur de son appareil photo au moment exact où un obus a explosé au milieu de la ligne d’hommes, en tuant deux dur le coup. On les voit projetés au sol.

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Cette scène s’était passée en septembre 1914 (bataille de la Marne ?) et c’est l’épouse de l’officier qui a reçu cette récompense ! Une belle somme à cette époque. L’histoire ne dit pas sui cet officier put bénéficier de son gain, une fois la guerre finie…

 L’as des airs Guynemer est honoré sur une page entière.

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On le voit avant de prendre l’air, on peut découvrir son avion surnommé « Vieux Charles » et on nous montre, bien sûr, un des avions ennemis, un fokker, qu’il a abattu.

Des images plus calmes pour finir:

l’entrée en guerre du Portugal…

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et le rappel des réservistes.

En double page centrale, une image panoramique de la conférence des Alliés, tenue les 27 et 28 mars 1916 dans le Salon de l’Horloge à Versailles.

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Le Miroir cite le nom de tous les participants et leurs fonctions.

Un sourire pour finir.
Moqueurs, les Poilus ont fabriqué pendant la nuit ce bonhomme de neige ressemblant à s’y méprendre à Guillaume II, Le Kaiser…

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placé à l’avant de leur tranchée ce qui va forcer les Allemands de lui tirer dessus ! On s’amuse comme on peut !

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Il y a 100 ans jour pour jour: SUR LE VIF du 08 avril 1916

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(JOUR 616 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Sur le Vif du 08 avril fait sa une sur la bataille de Verdun, d’une manière pour le moins originale.  Pas de combats, d’obus qui explosent ou de paysage lunaire complètement bouleversé. Non ! Tut simplement, la corvée de 2 Poilus amenant le « pinard » aux ceux qui sont sous les bombes. Le « pinard » pour supporter le moral des troupes !

En dernière page, ce sont les hommes qui apportent la soupe en première ligne.

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Une vue certainement prise au même endroit que pour la photo de la première page. Avec pour tous, la boue qui s’incruste partout chez les hommes.

Car la météo de la fin de cet hiver 1915-1916 ne ménage pas les hommes. Ici, ce sont les tranchées remplies d’eau qu’il faut vider…

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ce qui crée de vrais lacs ou ruisseaux.

Ailleurs, c’est la neige qui frigorifie tout le monde, matériel tombé en panne et hommes qui s’abritent comme ils peuvent… !

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Tout ceci avec cette guerre qui continue… avec des obus de plus en plus performants. Ce dessin qui préfigure le dessin d’animation nous montre la puissance d’obus perforants qui explosent une fois que les murs aient été détruits.

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Cet abri de seconde ligne pour officiers résisterait-il ?

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Quelquefois, les commentaires de la personne qui légende les photos fait sourire.

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Dramatique: En ordre dispersé, les soldats franchissent le terrain découvert avant de s’engager dans un boyau. Alors que les hommes déambulent tranquillement, loin de tout danger, pour rejoindre leur position.

Par contre ici, un drame s’est produit et la photo est vraiment prise sur le vif. Un steamer vient d’être coulé par un sous-marin allemand dans la Manche. Il s’agit du Maloja. La catastrophe s’est passée le 26 ou 27 février 1916.

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On voit cette terrible scène de personnes se débattant dans la mer dans l’attente d’être secourues. L’eau ne doit pas être très chaude. On nous dit que ce naufrage ne causa que peu de décès.

Du casque Adrian et de la protection qu’il procure aux hommes… Quelques vues des blessures des casques et sur le crâne des hommes…

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qui peuvent être tout de même considérés comme des miraculés !

Pour terminer, une page avec 6 vues sensées illustrer l’entrée en guerre du Portugal.

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L’artillerie prêtée par les Français… la cavalerie portugaise déjà réputée… la Marine et les marins… les troupes à Lisbonne prêtes à rejoindre le front du nord de la France.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 06 avril 1916

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(JOUR 614 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

On célèbre un vieux brave à Lyon devant la gare des Brotteaux où se tient une manifestation patriotique. Ou se tenait plutôt, car ces images datent du 16 mars 1916. Ce vieux soldat, âgé de 47 ans cette année-là (classe 1889 soit né en 1869) n’en est pas à sa première médaille. Il compte déjà des médailles des campagnes du Tonkin, de Madagascar et celle de Sauveteur qui sont rejointes par la Croix de guerre avec palme.

Deux vues d’une église détruite comme on en a vu en plusieurs occasions:

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celle de Fouqueviller dans la Somme. Et cela aurait pu être pire si l’obus que montrent les poilus sur la photo de gauche avait éclaté.

Sur la même page, quelques vues de véhicules:

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Des canons, des camions, une mitrailleuse bien protégée et des montagnes d’objets divers ramassés sur le champ de bataille après des combats. On y trouve de tout: bidons, chaussures, caisses de cartouches, armes, objets de toute espèce réunis pêle-mêle.!

La guerre évolue en ce début de 1916 et La Guerre Photographiée a besoin de clarifier les choses pour ses lecteurs.

Tout d’abord une carte de Verdun où l’offensive allemande se poursuit, déversant des tonnes d’obus sur les lignes françaises sans que la presse n’en parle plus que cela.

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Puis une carte plus précise du front français de la mer du Nord à la frontière suisse avec un détourera le front italien.

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A bien comparer les choses, le front en avril 1916 n’a guère changé depuis la bataille de la Marne !

Enfin, le magazine vend aux lecteurs intéressés une grande  carte du théâtre des opérations comme dit l’armée…

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et présente cette proposition comme une manière de suivre facilement les Communiqués Officiels que publient les journaux quotidiens.

Trois vues de navires appartenant à la flotte allemande dans le canal de Kiel où elle se tient à l’abri des attaques des navires alliés.

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 Le problème des réfugiés… qui n’en était pas un en 1916. Les Serbes étaient nos alliés vaincus et il fallait les aider… et accueillir des jeunes.

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Ainsi, la Corse recevait des étudiants serbes. Ils posent ainsi sur une photo de groupe loin de tout camp de concentration et de rétention. On est loin de quelques slogans honteux lus ces derniers temps !

Une page complète pour expliquer la débâcle des Allemands, tués en masse à cause de leur manière de concevoir la guerre. Laquelle méthode est exactement la même que celle des Français. les hommes comme de la chair à canon !

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Voilà ce qui est écrit:

DSCN1545Avec leur système d’attaques en masses serrées et compactes, on sait que les Allemands, arrêtés par nos tirs, ont des pertes effroyables.

Les trois photographies que nous publions ont été prises il y a peu de temps, lors d’une attaque où les Allemands subirent des pertes s’élevant à plusieurs milliers d’hommes, attaque qui se changea en déroute, puisque nos troupes restèrent sur le terrain occupé précédemment par nos ennemis.

DSCN1546Le terrain était couvert de cadavres allemands que nous avons dû faire enterrer, tant par hygiène et aussi surtout par ce que nous avons le respect de nos ennemis morts.

Les prisonniers que nous avons faits furent chargés d’identifier leurs camarades tués, et des listes sont dressées, que le gouvernement français fait transmettre au gouvernement allemand par l’intermédiaire de la Croix-Rouge de Genève.

DSCN1547Les cadavres non identifiés sont enterrés dans une fosse commune et ceux connus  dans des fosses séparées, surmontées d’une plaque portant le numéro d’ordre.

Nos trois photographies montrent, en haut : des cadavres allemands identifiés ; au milieu : des prisonniers allemands creusant des fosses ; : l’ensevelissement dans une fosse commune de cadavres non identifiés.

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