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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Joseph CUER.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-huitième nom de la liste: Cuer Joseph Isidore.

La seconde face du monument.

C’est le décès de son père Thomas Jean-Baptiste Cuer le 13 décembre 1891 qui va amener Joseph, sa mère, ses soeurs et son frère à Caderousse.

Le recensement de 1896, première apparition des Cuer à Caderousse, rue Vénasque.

Ramener plutôt pour sa mère Sophie Félicité Laplace car c’est à Caderousse qu’elle est née le 10 février 1842. Toute sa famille y réside et c’est tout naturellement auprès d’elle qu’elle viendra y trouver de l’aide quand le malheur de perdre son mari surviendra. Pas moins de cinq foyers Laplace apparaissent au recensement de 1911.

Thomas et Sophie s’étaient mariés au village le 13 septembre 1876. C’était un second mariage pour Thomas qui avait eu la douleur, lui aussi, de perdre sa première épouse Mélanie Rose Girard. De cette union étaient nés trois enfants, Mélanie en 1867, Jean-Baptiste en 1870 et Marcellin en 1871, des demi-frères et soeur pour Joseph.

Thomas était originaire de Mornas où il était né en 1839. Après son union avec Sophie, la famille s’était installée à Piolenc où le père exerçait la profession de chaufournier, ouvrier travaillant dans les fours à chaux à la fabrication de la chaux vive.  Des carrières existaient et existent toujours dans les collines de ce massif d’Uchaux. La famille résidait quartier des Paluds, à Piolenc très certainement près du Rhône dans une coin de lônes.

De ce second mariage, vont naître Sophie Félicie en 1877, Joseph, le futur Poilu le 22 septembre 1879, Marius Hippolyte qui ne vivra que dix jours en août 1881, Marius Gabriel en 1882 et Baptistine Aurélie en 1885. La famille déménagea ensuite à Uchaux, quartier de Majorantes, au gré des chantiers du père.

A Caderousse, les Cuer mettent leurs bras au service des paysans du village en tant que journaliers. La grande soeur Félicie travaille aussi un temps aux balais. En 1911, Joseph aidé de son frère Marius pourtant handicapé doit mener quelques terres à la campagne et la famille a déménagé du village au quartier de Laperan dans le sud-est du territoire.

Le recensement de 1911 dans lequel Joseph a relégué sa mère au rôle de néant.

Le parcours militaire de Joseph Cuer. Il va faire ses classes à l’âge de 21 ans en Avignon, au 58ème Régiment d’Infanterie. Il rejoint la troupe le 14 novembre 1900 mais va bénéficier d’un sursis comme fils aîné de veuve. Au lieu des trois années réglementaires, il ne fera que dix mois en rentrera dans son foyer le 22 septembre 1901.

Bien que sa situation n’ait guère changée en 1914, le besoin de chair fraîche de l’armée l’enverra au front dès le 03 août. Joseph se retrouve au 118ème régiment d’Avignon puis le 20 septembre, est versé au 21ème R.I. de Langres. C’est ainsi qu’on le retrouve en mars 1915 du côté de Notre-Dame-de-Lorette, dans le Pas-de-Calais, à l’est du bassin minier de Lens. Plus précisément à Boyeffles, dans le bois de Bouvigny âprement disputé par les Français et les Allemands. Le journal de marche du 21ème R.I. indique que la journée du 13 mars 1915 fut une journée calme.

Quelques obus de 77 et quelques bombes tombèrent sur la tranchée française de première ligne. La routine en quelque sorte ! Manque de chance, le seul tué du jour fut Joseph Cuer. Il était là à la mauvaise seconde du mauvais endroit ! La fatalité !

Il avait presque 35 ans et demi. Il laissait à la ferme de Laperan, une vieille mère usée et un frère dont même l’armée n’avait pas voulu pour cause… d’Idiotie !

Il n’est pas indiqué que la mère allait recevoir les 150 francs réglementaires. Il semble que sa dépouille ait été ramenée à Caderousse.La fiche de Joseph Isidore Cuer de Mémoire des Hommes

 

Joseph Isidore Cuer, matricule 719 classe 1899, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. On peut dire que le patronyme Cuer est bien présent à Caderousse sans faire intrusion dans la vie privée de cette famille puisque Pierre Cuer fut maire du village il y a quelques années. Si une personne reconnaît en Joseph Cuer son ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Louis Dardun.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Léon COMBE.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-cinquième nom de la liste: Combe Léon Vincent pour en revenir à la seconde face du monument.

La seconde face du monument.

Le 14 août 1925, Prosper Léon Combe reçoit une somme de 150 francs d’aide de l’Etat comme indemnisation pour la mort de son fils Léon Vincent dix ans auparavant dans une tranchée du Pas-de-Calais. C’est le prix d’un Poilu quand il n’a pas eu le temps de créer une famille. Une somme dérisoire !

Pas de grosse difficulté pour tracer le parcours de Léon depuis sa naissance à la guerre. Le couple de ses parents Prosper Léon Combe et Marie Marthe Roche se sont mariés le 09 février 1887 à Caderousse. Le père est originaire du village, la mère est venue s’y installer dans son enfance après une naissance à Piolenc. Ils s’installent dans la grange famille du quartier Fazende, au nord-ouest du village, aux côtés des parents de Prosper, François Prosper Combe et Elisabeth Rosalie Roche.

Le quartier Fazende est situé au nord-ouest de Caderousse, quartier d’habitat dispersé, de fermes. Suivant Jean-Paul Masse, ce nom viendrait de là, de ces haciendas caderoussiennes, le nom espagnol étant cousin de Fazende. On aurait pu appeler ce quartier, le quartier des Roche tant cette famille est nombreuse dans ce secteur. Pas seulement dans ce quartier d’ailleurs, les Roche disparus pendant la Grande Guerre sont au nombre de onze, inscrits sur le monument. D’ailleurs, on peut penser que Léon Vincent doit être cousin de quelques-uns de ceux-ci, on y reviendra ultérieurement.

Le petit Léon Vincent vient au monde dans cette ferme le 07 novembre 1889.

Quelques années plus tard, suivra une petite Marie, arrivée en 1893. Cette dernière se mariera en 1919 et vivra jusqu’en 1979.

Léon sera appelé à l’armée le 04 octobre 1910. Il fera ses classes à Marseille au 3ème Régiment d’Infanterie. Il regagnera ses foyers deux années plus tard, le 25 septembre 1912 pour retrouver sa famille au quartier de Fazende.

Pas pour très longtemps ! La guerre éclate de 3 août 1914 et Léon rejoint le 3ème R.I. à Digne avant de passer au 11ème R.I. de Montauban le 26 février 1915.

Le front, Léon va le connaître très vite jusqu’à ce funeste 09 mai 1915 où il sera tué du côté de Roclincourt, dans le Pas-de-Calais, entre Arras et Lens, dans le secteur britannique, Roclincourt est quelques kilomètres de Vimy où se trouve la grande nécropole canadienne. Une route nationale qui mène à Lille fait la séparation entre Roclincourt à l’est et Ecurie à l’ouest. Le 11ème R.I. est réparti sur les deux communes, la 11ème compagnie de Léon Combe collée dans une tranchée à l’est de la route.

A la lecture du Journal de Marche du régiment, on comprend que c’est l’impréparation d’une attaque qui va décimer ce régiment, ce 9 mai.

Tout d’abord, une mine française de 1 400 kilogrammes destinée à nettoyer le terrain en face des compagnies à l’est de la route va exploser quasiment… sous les lignes françaises ! Les 2ème, 3ème et une partie de la 11ème compagnies vont être ensevelies sous les gravats. On peut penser que Léon est décédé à ce moment-là, à 9 heures 47.

Puis c’est l’attaque qui part sur des tranchées que l’artillerie française a raté dans son tir préparatoire. Pas moins de 25 mitrailleuses allemandes intactes déciment les premières lignes qui sortent des tranchées.

Bilan de la journée pour le 11ème R.I.: 38 morts, 170 blessés et 168 disparus. On comprend que le corps de Léon ne fut pas retrouvé tout de suite et qu’il fut, un temps, considéré comme disparu.

Inhumé un moment au cimetière militaire d’Ecurie, ses restes furent par la suite transporté dans l’immense Nécropole Nationale de Notre-Dame-de-Lorette d’Albain-Saint-Nazaire (62), tombe individuelle 19 132.

Le 09 mai 1915, il avait exactement 25 ans et demi.

 

La fiche de Léon Vincent Combe de Mémoire des Hommes

Léon Vincent Combe, matricule 446 classe 1909, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Les patronymes Combe et Augier sont bien présents encore dans les environs de Caderousse, dans le proche Gard  principalement. Si l’un d’eux reconnait cet ancêtre comme étant de sa famille, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

Sur la tombe de la famille Vincent Roche, l’hommage à Léon Combe et des noms devenus familiers pour celui qui a écrit ces lignes.

A suivre: Lucien Constance.

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109 POILUS de CADEROUSSE, 109 DESTINS… Augustin CLARISSE.

109 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 109 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-troisième nom de la liste: Clarisse Augustin Basile, mais pas de trace de ce nom sur le monument aux morts construit en 1937. Non, Augustin Clarisse a été oublié ! Les hommes de cette époque ont quelques circonstances atténuantes, la famille avait quitté le village depuis bien longtemps quand ce décès survint du côté de Notre-Dame de Lorette, en 1915. Seule la logique implacable des ordinateurs actuels l’a fait réapparaître sur le site de Mémoire des Hommes.

Les parents d’Augustin, Auguste Clarisse et Armand « Florinde » dit Fleurie Marie-Rose sont venus s’installer à Caderousse entre 1873 et 1875. Le père, originaire de Roaix, près de Rasteau et Vaison-la-Romaine, était cultivateur maître valet, valet de ferme en somme. Il allait donc de ferme en ferme louer ses bras avec femme et enfants. On retrouve donc la famille au quartier des Prés sur la liste nominative du recensement de 1876.

Cinq années plus tard, lors du recensement suivant, plus de traces de Clarisse à Caderousse ! Ils sont partis ailleurs se mettre à disposition d’un autre patron. Pas très loin d’ailleurs, à Orange, au quartier des Graves. C’est là que naîtra un second garçon, Eugène Victor le 13 décembre 1884.

Entre temps, trois enfants sont venus au monde tenir compagnie à la soeur aînée Fleurie (ou Florinde, à la guise de l’Officier de l’Etat-Civil) née en 1870. Ce sont donc deux filles et un garçon Clarisse qui ont vu le jour à Caderousse:

  • Adèle Marie née le 20 août 1875,
  • Rose Victorine née le 1er juillet 1877 et
  • Augustin, né le 06 décembre 1879, premier garçon qui prend donc à la terminaison près, le prénom du père.

Augustin va être appelé sous les drapeaux pour sa période de trois ans en 1900. Du 21 novembre de cette année au 21 septembre 1903, il va connaître la douceur du climat de la Corse, à Bastia, au 163ème Régiment d’Infanterie mais aussi la rudesse des montagnes lors des pénibles exercices d’entraînement. Il sera réserviste à Avignon, au 58ème puis 118 ème R.I. chez qui il effectuera des périodes de mise à niveau en 1906 puis comme par un mauvais hasard à partir du 29 juillet 1914 ! Pas besoin d’entendre le tocsin de Roaix, il était sur place lors de la déclaration de guerre !

Car, à son retour de l’armée, Augustin avait pris épouse à Roaix, le pays d’origine des Clarisse. Il s’était marié le 20 avril 1907 avec Paule Rose Ladie Morel. Il eut le temps de faire des enfants, à n’en pas douter.

Le 19 septembre 1914, il fut muté au 21ème Régiment d’Infanterie. En mars 1915, ce régiment combattait dans le secteur de Notre-Dame-de-Lorette, dans le Pas-de-Calais. Ce n’était pas l’endroit rêvé pour essayer de survivre à la guerre. Entre octobre 1914 et septembre 1915, cette butte dominant le bassin minier du Pas-de-Calais fut le lieu de combats incessants entre Français et Allemands. 188 000 hommes y furent tués dont 100 000 Français environ… et parmi eux, Augustin Clarisse le natif de Caderousse.

Pourtant, ce 1er avril 1915, la situation était plus calme qu’à l’accoutumée. Des échanges d’artillerie avaient eu lieu nous dit le Journal de Marche du 21ème R.I., échanges initiés par les Français. Il y eut un tué, par malchance Augustin Clarisse et un blessé, ce jour-là…

Augustin avait alors 35 ans et 5 mois. Sa dépouille allait être enterré à la Nécropole Nationale de Notre-Dame-de-Lorette à Albain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais) dans la tombe individuelle 13 128 du carré 65, rang 7, au milieu de quelques 45 000 soldats français qui furent enterrés là après guerre.

Quant à son petit frère Eugène Victor, lui aussi connut la Grande Guerre. Terriblement effrayé par ce qu’il vit et traumatisé par la mort de son frère, il ne se présenta plus à son régiment le 18 juillet 1917 et fut considéré comme déserteur… jusqu’à la loi d’amnistie du 14 juillet 1925, le même jour où la Nécropole de Notre-Dame-de-Lorette était inaugurée, date à laquelle il put aller se présenter à la gendarmerie sans crainte d’être poursuivi.

 

La fiche d’Augustin Basile Clarisse de Mémoire des Hommes

Augustin Basile Clarisse, matricule 567 classe 1899, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Clarisse semble encore exister en Vaucluse. Si un descendant direct ou indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Henri Colombier.

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108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… Louis CARTOUX

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingt-huitième nom de la liste: Cartoux Louis Pierre.

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Première face du Monument.

Le fils du coiffeur devenu instituteur public ! En quelques mots, voilà ce que pourrait être le résumé de la courte vie de Louis Cartoux.

Né le 13 mai 1892, Louis était donc le fils du perruquier-coiffeur Pierre Paul Cartoux qui coupait les cheveux et rasait les barbes des Caderoussiers rue Saint-Michel. Ce dernier était lui-même né à Saint-Saturnin-les-Avignon, de parents venus s’installer comme épiciers à Caderousse. Il avait épousé Madeleine Antoinette Sauvage le 9 janvier 1889, une fille du pays , enfant de Pierre Anselme Sauvage et de Lucie Marie Olivier, jardiniers au village.

En 1901, Pierre et Madeleine n’ont qu’un seul enfant, Louis, chose rare à époque. C’est ce que nous dit la liste nominative des habitants du village, établie en début d’année.

Mais en fouillant un peu plus, on s’aperçoit que le couple avait perdu une fille aînée, Lucie Denise née en octobre 1889 mais décédée alors qu’elle allait fêter ses 2 ans, en septembre 1891. Louis était donc arrivé en 1892 suivi d’un petit Paul Anselme en avril 1896 qui n’allait vivre que quelques mois. La mortalité infantile était un véritable fléau à cette époque, fléau qu’allait faire reculer sous le coups des  progrès de la médecine, de l’hygiène et de l’éducation.

Après Louis arriva un autre garçon, Pierre Marius, né en 1902 et qui apparaît dans les listes nominatives de 1906 et 1911.

Recensement de 1906

…et celui de 1911.

On voit qu’à un moment, le grand-père Michel (!), l’ancien épicier de Caderousse, vint vivre au foyer de son fils après le décès de son épouse.

Et Louis Pierre dans tout cela ? Il disparaît des listes nominatives après 1901. Rien de grave pour l’instant ! Il part poursuivre ses études secondaires dans un premier temps à Orange ce qui lui permit d’obtenir le Brevet Supérieur, chose rarissime au début du siècle puis en Avignon, à l’Ecole Normale pour devenir Instituteur public.

Appelé par l’Armée le 04 octobre 1913, il n’eut pas le temps de suivre une formation d’officiers comme le firent nombre de ses collègues enseignants,  la guerre éclatant moins de dix mois après son incorporation. Il était tout de même monté en grade comme caporal, le 15 mars 1914 au 173ème Régiment d’infanterie de Bastia, en Corse.

Il est difficile de suivre le parcours du 173ème R.I. au front, les Journaux de Marche n’ayant pu être sauvés. On sait qu’il reçut le baptême du feu sur le continent  vers le 15 août à Xousse à la frontière du territoire « ennemi » non loin de Lagarde dont on a déjà parlé puis participa à la bataille de Morhange avant de devoir reculer devant la pression allemande pour se reprendre sur le front de la Marne.

Un Résumé des Etapes et Combats fourni par Mémoire des Hommes nous confirme ce que nous dit le Registre Matricule de Louis Cartoux.

Ainsi, le jeune instituteur vauclusien se retrouva avec son régiment au bois de La Gruerie, au nord de Vienne-le-Château, au début de l’été 1915. C’est un secteur de l’ouest de Verdun….,

…à mi-chemin entre la butte de Vauquois symbole de la guerre des mines et la main de Massiges où perdit la vie Louis Berbiguier.

Son registre matricule nous apprend que Louis Pierre Cartoux ne donna plus aucun signe de vie après le 14 juillet 1915.

Il fut longtemps considéré comme « présumé tué » avant d’être officiellement déclaré mort par le Tribunal d’Orange le 21 février 1921, lequel tribunal fixa la date de sa décès au 14 juillet 1915, date à partir de laquelle il ne donna plus aucune signe de vie.

Il avait ce jour-là 23 ans, 2 mois et 1 jour. Pierre Marius Cartoux restait le seul descendant en vie du couple du coiffeur caderoussier Pierre Cartoux- Madeleine Sauvage, sur 4 enfants mis au monde ! Né en 1902, il avait évité de peu la grande boucherie de 14-18.

La fiche de Louis Pierre Cartoux de Mémoire des Hommes

Louis Pierre Cartoux, matricule 723 classe 1912, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Cartoux restant vivant à Orange (Pierre a-t-il eu une descendance ?), si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: René Charbonnel.

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108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… Marius CAMBE.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingt-sixième nom de la liste: Cambe Marius Antoine.

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Première face du Monument.

Né la même année qu’Eugène Cambe, Marius Cambe vécut une existence très proche de celle de son homonyme: copains de nom, copains de classe à l’école de Caderousse, copains de fêtes, copains de régiment, presque voisins et pour finir frères d’armes et de destins tragiques.

Marius Antoine Cambe était le second enfant du couple François Julien Cambe- Thérèse Vivet, tout deux nés au milieu du XIXème siècle à Caderousse. Julien et Thérèse avaient uni leurs destinés le 08 janvier 1878. Lui était ouvrier baletier et elle ménagère. Ils habitaient rue de l’Hôpital à l’intérieur des digues. Très vite la famille s’agrandit.

De cette union était née tout d’abord une fille Marguerite Rose ou Thérèse suivant les sources, le 29 août 1879.  Le second fut donc Marius Antoine, venu au monde le 14 mars 1882… un futur conscrit pour la classe 1902. Le 29 décembre 1885, une seconde fille arriva, Marie Julienne qui allait vivre au village jusqu’en 1968. Equilibre parfait, le suivant et dernier enfant fut un garçon, Auguste Théophile né le 10 février 1888. On évoquera son parcours militaire pendant la Grande Guerre dans le post-scriptum.

Voici la famille au complet, vivant rue de l’Hôpital, en 1891. Le père cultive maintenant quelques terres et c’est la mère qui a pris le relais aux balais pour compléter le revenu familial. Il faut tout de même nourrir six personnes !

La situation n’a pas changé en 1896. Le père est maintenant jardinier et doit vendre sa production au village. Il est secondé dans sa tâche par Marius, son fils aîné, en âge de travailler puisqu’ayant atteint… 14 ans ! Il avait tout de même quitté l’école avec un bon niveau d’instruction, comme le jugera plus tard l’Armée.

Marguerite, l’aînée, exécute quelques travaux de couture. Elle a maintenant 16 ans et va rapidement se marier et quitter le foyer. Ce sera le 18 octobre 1899 qu’elle deviendra Mme Elie (lecture incertaine) César Auguste Ponsson (même remarque) comme on disait à l’époque, quand les femmes perdaient leur identité en prenant époux.

Au XXème siècle naissant, le père a quitté le village pour se rapprocher des terres qu’il mène, quartier Campblancart, à l’est du village. Marius travaille toujours aux champs avec son père et Julienne prend le même chemin que sa soeur aînée en se perfectionnant dans son futur métier d’épouse. Elle se mariera peu après, le 11 mai 1904 avec Julien François Gonner de Caderousse, avant son grand frère qui ne prendra femme qu’après sa période militaire.

C’est ce que confirme le recensement de 1906. Marius est incorporé depuis le 16 novembre 1903 au 24ème Bataillon de Chasseurs à Pied de Villefranche-sur-Mer près de Nice. Il s’agit d’un régiment alpin composé de jeunes hommes du Midi de la France, des Niçois et des Marseillais, des Vauclusiens, des Ardéchois et des Lozériens, des Toulousains, des Basques et des Bordelais. Il deviendra caporal en 1904 et retournera dans ses foyers le 18 septembre 1906, après l’établissement du recensement et muni d’un certificat de bonne conduite. Trois ans d’armée tout de même au compteur !

Julienne a eu un bébé, un petit Gilbert, né en 1904. Elle vit avec son fils chez ses parents, quartier Campblancart. Pourquoi donc ? Son époux, Julien Gonner, est tout simplement soldat au 15ème Escadron du Train des Equipages à Orange depuis le 10 octobre 1905. Il sera libéré peu de temps après le recensement, le 18 septembre 1906, le même jour que son beau-frère.

En 1911, Marius est donc marié. Il a épousé Marie Léa Siffrein le 28 octobre 1908, à Caderousse. C’est une fille de Caderousse, de 10 ans sa cadette, née le 21 janvier 1892. Elle est la fille d’un cultivateur des Cabannes, Joseph Siffrein et de Théalinde Agnès Labrouve. Marius et Marie se sont d’ailleurs installés dans cette ferme, à l’ouest de Caderousse, les parents n’étant plus là.

Ils ont même eu un premier enfant, un petit Julien, né en 1910, que le hasard de l’écriture d’un recensement a séparé de ses parents par le jeu de la mise ne page. Julien porte le prénom usuel de son grand-père paternel.

Lesquels grands-parents, à la soixantaine, continuent d’exploiter seuls la ferme de Campblancard. Seuls car Auguste, le petit dernier, termine sa période militaire. Il sera libéré le 24 septembre 1911.

Quelques mois après, Marius comme Auguste allaient être rappelés dans les casernes, le 02 août 1914 comme des millions de jeunes Français, Marius sur la Côte d’Azur, chez les Alpins qu’il avait quitté huit ans auparavant. Le 24ème Bataillon de Chasseurs à Pied allait connaître le feu à Dieuze en Lorraine momentanément libérée puis ce fut Verdun, Ypres et ce qu’il restait de Belgique non occupée. Les Alpins allaient ensuite être envoyés dans un milieu plus conforme à ce qu’était l’ADN des troupes de montagne: les Vosges et ces sommets arrondis que se disputaient farouchement Français et Allemands. C’est là que le destin de Marius Cambe rejoignit celui d’Auguste Bruguier, mort sur les pentes du Reichakerkopf et celui de Martial Bruguier, tombé au Linge.

Deux sommets à l’importance stratégique peu évidente auxquels on peut ajouter l’Almattkopf à deux kilomètres au sud-ouest du Reichakerkopf et le Braunkopf tout proche. On devine la ligne de front sur la carte replaçant ces quatre sommets maudits. Les Alpins y arrivèrent le 11 février 1915. C’est le 16 juin 1915 que Marius Cambe fut tué à l’ennemi. En bivouac à l’arrière de la ligne de front, au lac de Schissroth le 15 juin, le 24ème B.C.P. fut enjoint de se hâter à se rendre sur le front pour attaquer immédiatement. Mais les défenses allemandes étaient imprenables sans une préparation sérieuse d’artillerie ce qui était le cas et les hommes se firent hacher par les mitrailleuses. Parmi eux, Marius Cambe.

L’Historique du régiment paru après guerre fait allusion à ces attaques du 15 juin principalement, reprenant en cela le Journal de Marche de l’unité rédigée en direct. Le Bataillon perdit 223 hommes (57 tués, 125 blessés et 41 disparus) le 15 juin d’après ce dernier ouvrage et 125 (31 tués, 83 blessés et 12 disparus) le lendemain, avec une attaque portée sur le Braunkopf, quelques hectomètres au sud de l’Almattkopf pour des gains quasi-inexistants. Une terrible hécatombe !

La narration de la journée du 16 juin dans le Journal de marche: 

Marius Cambe apparaît dans la liste des soldats décédés durant l’année 1915 dans l’Historique du Bataillon… avec une petite erreur d’orthographe sur son nom, devenu Combe à la place de Cambe.

Mais le prénom, le grade et la date de décès correspondent.

Marius Cambe était âgé de 33ans, 3 mois et 1 jour.

La fiche de Marius Antoine Cambe de Mémoire des Hommes

Marius Antoine Cambe, matricule 619 classe 1902, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Si un descendant du petit Julien reconnaît son ancêtre, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette biographie.

A suivre: Célestin Cartier.

Post-Scriptum. Le parcours d’Auguste Théophile Cambe, le petit frère de Marius.

Né le 10 février 1888, il appartenait à la classe 1908. Il fit donc ses classes du 1er octobre 1909 au 24 septembre 1911 au 10ème Régiment de Cuirassiers de Lyon. Il porta donc le même uniforme flamboyant qu’Isidore Brémond dont on a déjà parlé. A la mobilisation générale du 2 août 1914, il se retrouva comme Isidore au 55ème Régiment d’Artillerie d’Orange. Sa guerre contre l’Allemagne dura du 3 août 1914 au 10 juillet 1919. Cinq ans loin de Caderousse, de son épouse Inès Delphine Jaubert qu’il avait épousé à Valence le 10 août 1912. A sa démobilisation en 1919, on sait qu’il vécut à Châteauneuf-du-Rhône près de Montélimar puis à Sainte-Cécile-des-Vignes (en 1923), aux Négades à Orange (en 1929) puis se fixa à Châteauneuf-du-Pape (en 1931). Il y décéda le 12 janvier 1957.

Auguste Théophile Cambe, matricule 280, classe 1908, bureau de recrutement d’Avignon.

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108 POILUS de Caderousse, 108 DESTINS… BRUGUIER Martial.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingt-troisième nom de la liste: Bruguier Martial Roger…. qui n’est pas inscrit sur le Monument aux Morts de Caderousse. Comme on l’a déjà lu, Martial avait suivi sa famille partie dans le Gard entre 1907 et 1911, allant vivre du côté de Bagnols-su-Cèze, faisant ainsi le chemin inverse du grand-père passé de Bagnols à Caderousse au milieu du XIXème siècle.

N’ayant pas eu accès au registre matricule complet de Martial Bruguier, cet article sera susceptible d’être modifié. Toutefois, son parcours militaire étant très court, on peut imaginer que nous sommes en grande partie dans le vrai.

Né le 1er mars 1894, Martial Bruguier dut être incorporé sur la fin de 1914. Où ? C’est une question à laquelle pourrait répondre la registre matricule. Au 14ème Bataillon de Chasseurs à Pied où on le retrouve en 1915 ?

Toujours est-il qu’il est envoyé tout près du secteur où disparaîtra son petit-cousin Léon Bruguier, lui aussi chez les Chasseurs… Alpins… dans les Vosges. Les sorts de l’un comme de l’autre sont étroitement liés. L’un, Léon arrive dans le secteur du Reichackerlopf pour remplacer les pertes considérables subies par le 6ème BCA les 20 et 21 juillet. L’autre, Martial va être tué lors d’une attaque mise au point par l’Etat-Major sur ordre de Joffre pour faire oublier l’échec de l’attaque du 22-21 juillet. Mais le sommet visé est un peu différent, il s’agit du Linge ou Lingenkopf, surnommé plus tard « le Tombeau des Chasseurs » ! Tout un programme !

Entre les 2 lieux, environ 6 kilomètres à vol d’oiseau, toujours autour de Munster. Une série d’attaque se dérouleront pour prendre ce promontoire dominant… pas grand chose ! Car c’est bien là le malheur. L’intérêt stratégique du Linge était très modeste. Il ne dominait pas une voie de traversée des Vosges, celle du col de la Schlucht étant trop au sud, ni la plaine d’Alsace bien trop à l’Est. Mais Joffre voulait à tout prix ce sommet et les Allemands voulaient à tout prix le conserver. Bilan des combats du 26 juillet au 15 octobre 1915: 16 000 morts, 7 000 Allemands et presque 9 000 Français. Un inutile carnage puisqu’après la mi-octobre, on abandonna l’idée de prendre le Linge et le secteur resta calme pour le reste de la guerre, les Allemands l’abandonnant sans combat au moment de leur retraite !

Au premier jour de l’attaque, les Chasseurs atteignirent le sommet au prix de pertes considérables. La 3ème Compagnie de Martial Bruguier s’y installa. La suite, ce fut la riposte allemande et de terribles bombardements que subirent les défenseurs dont le Gardois ouCaderoussier Martial Bruguier. Voilà ce qu’en dit le Journal de Marche de l’unité en date du 27 juillet 1915.

Bilan de la journée pour le narrateur: 16 tués, 157 blessés et 2 disparus. Un nombre relativement optimiste de morts puisque, par exemple, pour Martial Bruguier répertorié comme blessé, il est considéré comme décédé ce jour-même, le 27 juillet 1915.

Il était alors âgé de 21 ans 4 mois et 27 jours.

A visiter le site sur le Linge avec nombre de photos récentes de cette colline classée monument historique.

La fiche de Martial Roger Bruguier de Mémoire des Hommes

Martial Roger Bruguier, matricule 34 classe 1914, bureau de recrutement de Pont-Saint-Esprit pour ceux qui souhaiteront aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Gard quand elles seront un jour numérisée. 

A suivre: Cambe Eugène.

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108 POILUS de Caderousse, 108 DESTINS… BRUGUIER Léon.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingt-unième nom de la liste: Bruguier Auguste Léon.

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Première face du Monument.

Né le 11 février 1884, Léon Bruguier fut appelé par l’armée 21 ans plus tard, le 10 octobre 1905. C’est au 58ème Régiment d’Infanterie qu’il arriva. Mais il n’allait pas y rester longtemps. On apprend à la lecture de son registre matricule qu’il fut renvoyé dans son foyer et surtout réformé par la commission spéciale des réformes d’Avignon pour « tuberculose, articulaire ». La virgule entre les 2 mots signifie-t-elle qu’il s’agit de 2 affections ou d’une seule ? Malgré qu’à l’époque les antibiotiques n’étaient pas encore là pour combattre ces bactéries, cette affection pourtant gravissime n’empêchera pas Léon de vivre quelques années, de fonder une famille en ayant la petite Marie-Jeanne et de travailler aux champs avec son père et son petit frère. Peut-être le diagnostic médical militaire était-il un tantinet exagéré !

Quand éclata la première Guerre Mondiale, ce statut de « réformé sanitaire » sauva un moment Léon Auguste Bruguier. Pas très longtemps avec le besoin d’hommes qui se faisait sentir après la grande saignée des 3 premiers mois de guerre. Ainsi, le 1er décembre 1914, le conseil de révision d’Orange décida que Léon était miraculeusement « bon pour le service ». Le 22 février 1915, il fut incorporé au 24ème Bataillon de Chasseurs à Pied de Villefranche-sur-Mer.

Le 6ème Bataillon de Chasseurs à Pied qui deviendront Alpins pendant la Grande Guerre, tenait un secteur du front des Vosges, au-dessus de Munster, connut par un sommet, le Reichackerkopf appelé aussi le Reichsackerkopf. Ce sommet dominant une vallée donnant sur la plaine d’Alsace au niveau de Colmar, était tenu par les troupes bavaroises qui y étaient solidement implantées. Point stratégique, il était convoité par l’Etat-Major français.

Ce qui donne en se rapprochant grâce à Google Mpas:

De mars à juillet 1915 s’y déroula une terrible bataille pendant laquelle les alpins français échouèrent dans la conquête de  ces sommets (car il y avait un Petit et un Grand Reichackerkopf à l’ouest du col de Sattel) ou, quand elles y parvinrent, ce ne fut jamais pour très longtemps !

https://i0.wp.com/images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/979/reichackerkopf.jpg

Photo d’une collection privée mise en ligne sur le site:

http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/Sites-et-vestiges-de-la-Grande-Guerre/reichackerkopf-sujet_918_1.htm. On y voit un bombardement allemand sur le Reichackerkopf.

Léon arriva au 6ème Bataillon de Chasseurs à Pied le 5 août 1915. Comme on peut le lire ci-dessous…

les attaques infructueuses des 20 et 21 juillet 1915 décimèrent le régiment avec 439 hommes mis hors de combat. Il fallait du sang frais, Léon Bruguier était un des nouveaux venus pour combler les vides.

A partir de cette fin-juillet, le secteur devint plus calme. L’Etat-Major avait compris que les défenses allemandes étaient solides, les bunkers bien souvent bétonnées quasiment imprenables et il préféra insister dans d’autres secteurs dont celui du Linge.

On apprend sur les registres matricules que Léon Bruguier fut tué quelques semaines après avoir rejoint le 6ème BCP, le 29 septembre 1915, le jour de la Saint-Michel, date de la fête patronale de son village de naissance !

Toutefois, la lecture du Journal de Marche du 6ème BCP, pourtant toujours très fiable ne note rien de particulier pour cette journée:

Le secteur était calme comme depuis plusieurs jours et aucune perte humaine n’est signalée en date du 29 septembre 1915.  Bizarre ! Par contre, 3 jours après, le 2 octobre 1915, un chasseur a été victime d’une explosion suite à un bombardement au minenwerfer allemand (un mortier maniable)..

Serait-ce Léon Bruguier, victime d’une erreur de transcription ou le narrateur a-t-il fait un oubli le 29 septembre ?

Toutefois, dans le livre Historique du 6ème Bataillon de Chasseurs à Pied pendant la Grande Guerre, le nom de Léon-Auguste Bruguier est bien inscrit dans la très longue liste des hommes décédés de ce régiment.

Triste Saint-Michel pour le restant des jours pour les proches de Léon Bruguier qui lui survécurent.

La fiche de Auguste Léon Bruguier de Mémoire des Hommes.

Auguste Léon Bruguier matricule 192 classe 1904, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. 

A suivre: Marius Bruguier.

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107 POILUS de Caderousse, 107 DESTINS… BROQUIN Paul.

107 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 107 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingtième nom de la liste: Broquin Paul Marius Jean Antoine.

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Première face du Monument.

Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague,

Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues

…c’est dans ce paysage des Flandres belges que Paul Broquin, le petit mitron caderoussier, fut envoyé combattre les Allemands, envahisseurs de la petite Belgique, avec son régiment de Zouaves de Tunisie où le hasard des incorporations militaires l’avait expédié quelques mois avant le déclenchement du premier conflit mondial. Il y laissa sa vie près de Nieuport, une station balnéaire à la mode pour la bourgeoisie flamande, qu’elle soit française ou belge et même quelques privilégiés anglais. Mais en juin 1915, ce n’étaient pas les mouettes qui volaient par dessus les hôtels de luxe mais les obus remarquablement précis de l’artillerie allemande dans un pays où pourtant, les seuls points d’observation étaient des cathédrales pour uniques montagnes.

Paul Broquin était donc né le 27 décembre 1892 à Caderousse de parents caderoussiers l’un et l’autre. Son père Louis Gabin,  né en 1864, était un ancien cordonnier comme son propre père, transformé sur le tard en marchand de vins. A 3 ans près, le père avait évité un retour sous les drapeaux en 1914, une armée qu’il n’avait pas faite plus jeune en tant que soutien de famille. Sa mère, elle, Louise Honorine Barbier qui venait de la campagne, était née en 1867. Ses parents avaient convolé en justes noces le 1er juin 1887. Des enfants arrivèrent rapidement mais qui disparurent aussi vite: Marie Louise né en 1888 et décédée en 1889, Louis Antoine né en 1889 mais qui ne vécut que 4 mois. Terrible mortalité infantile ! Louise Marie née le 18 septembre 1890 puis Paul eurent plus de chance que leurs aînés et vécurent jusqu’à l’âge adulte.

Au recensement de 1911, Louise avait quitté la maison et seul Paul vivait chez ses parents.

Il avait choisi de devenir ouvrier boulanger mais comme vous le lisez ci-dessus, l’agent recenseur avait oublié de lui demander chez quel patron si bien qu’un siècle plus tard, mous ne pouvons le préciser !

C’est tout de même le troisième apprenti boulanger caderoussier qui disparaîtra pendant le Grande Guerre. A l’instar de Fernand Bernard, son métier amènera donc l’armée à  le verser dans un premier temps en C.O.A., la 25ème section des Commis et Ouvriers d’Administration. A partir du 20 octobre 1913, il fut donc employé à fabriquer du pain dans une caserne de Tunis. Pas  de service armé mais le four à pain chez les Zouaves !

Le départ des unités d’Afrique vers le front français doublé de l’hécatombe sanglante des 3 premiers mois de guerre entraînèrent sa mutation au 4ème Régiment de Zouaves de Tunis, le 14 novembre 1914. Un mois plus tard, c’est sur le paquebot « Mansoura » de la Compagnie de Navigation Mixte Touache, qu’il quittait l’Afrique du Nord pour les tranchées de ce dernier coin de Belgique libre.

Dans un premier temps, il rejoignit son Régiment de Zouaves, un peu plus au sud, au niveau d’Ypres. Puis le régiment déménagea et se retrouva donc sur la côte de la mer du Nord.

Depuis octobre 1914, un vaste secteur entre Nieuport et Dixmude était inondé des eaux de l’Yser relâchées par les franco-belges pour éviter une percée allemande. Coup réussi au delà de toutes les espérances: cette zone devint totalement infranchissable, ni dans un sens, ni dans l’autre, jusqu’à la libération du territoire belge., fin 1918.

Mais il fallait tenir la bande côtière soumise à la pression demande. Ainsi les stations balnéaires du secteur, Nieuport, Lombardsigde, devinrent des lieux de mort, de tranchées bien souvent sur-élevées car tout trou creusé dans le coin se remplissait d’eau.

La lecture du journal de marche du 4ème Zouaves ne laisse pas apparaître le nom de Paul Broquin dans la liste des disparus. Il y a eu, c’est évident des tâtonnements de l’Administration militaire pour fixer la date exacte de décès de Paul. Dans sa fiche de Mémoire des Hommes, on peut lire qu’elle survint le 9 juin 1915 après qu’il ait été écrit dans un premier temps 5 juin.

Par contre, sur la fiche matricule complète, il est donné une autre version:

Décédé antérieurement au 5 juin 1915 à Nieuport.

Le 4 juin il y eut des bombardements.

Le 5 juin, des coups de canon échangés par les 2 camps sans perte.

Le 9 juin, un violent bombardement allemand et un Zouave tué.

Mais dans le récapitulatif nominal des morts et blessés, ce Zouave tué le 9 ne porte pas le nom de Paul Broquin.
Alors ???… Peut-être le jeune mitron caderousier a-t-il été porté disparu un temps, antérieurement à la date du 5 juin 1915 puis par la suite, son corps a été retrouvé et sa date de décès estimée avant le 4 juin 1915.

Toujours est-il qu’après juin 1915, Paul n’eut plus le loisir d’écouter le vent du sud chanter le plat pays des Flandres… ni le chant des cigales des bords du Rhône.

La fiche de Paul Marius Jean Antoine Broquin de Mémoire des Hommes.

Paul Marius Jean Antoine Broquin  matricule 719 classe 1912, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Bien que ce patronyme ne soit guère présent dans le sud-est de la France, si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents. 

A suivre: les Bruguier.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… BERBIGUIER Louis

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Huitième nom de la liste: Berbiguier Louis.

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Première face du Monument.

Pas facile de se retrouver avec les Berbiguier de Caderousse au XIXème siècle et au début du XXème. Il y en a déjà 2 sur le monument aux morts de la commune Louis et Joseph inscrits dans cet ordre peu alphabétique. Mais quand on va chercher un peu sur les registres matricules, on s’aperçoit que l’ordre n’est pas si illogique puisque Louis Berbiguier semble être officiellement prénommé Joseph Etienne Louis (!) alors que Joseph Berbiguier serait Joseph Florent. Le E est bien avant le F, élémentaire mon cher Watson !

Quant au prénom Joseph, cela semblait être une obligation pour les garçons de ces 2 branches de Berbiguier !

Le père de Joseph Etienne Louis se prénomme Joseph Hippolyte (bien sûr couramment appelé Hippolyte) et son grand-père paternel Joseph Antoine comme on peut le lire sur cette tombe familiale au cimetière du village.

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Dans l’autre branche, le père de Joseph Florent se prénomme Joseph Gabriel et son aïeul Joseph Baptiste. Pas facile de s’y retrouver avec tous ces Joseph !

Mais revenons à Louis Berbiguier.

Né le 22 décembre (un autre !) 1887, il n’a que 26 ans à la déclaration de guerre. Il a quitté le foyer de ses parents Hippolyte Berbiguier et Caroline Rival au quartier des Cabannes où vivent encore en 1911 ses petites soeurs Augustine et Joséphine et son grand-père Joseph Antoine dont on a déjà parlé. Hippolyte exerce d’ailleurs le métier de passeur au bac à traille de L’Ardoise avec un de ses cousins. Louis, de son côté,  s’est mis au service d’un patron paysan, les Crégut, Louis et Thérèse, comme on peut le lire ci-dessous.

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C’est au retour de sa période militaire qu’il a donc choisi de voler de ses propres ailes. Une période qui l’avait mené dans un premier temps, le 03 décembre 1908 à… Montélimar au 52ème Régiment d’Infanterie. Comme il est bizarrement écrit sur son registre matricule, il fut muté par la suite au 11ème Régiment d’Infanterie de Montauban « pour convenances personnelles » un an plus tard, le 10 octobre 1909. Il retourna à la vie civile le 25 septembre 1910.

Moins de 4 ans plus tard, il était de retour dans une caserne, la caserne Chabran d’Avignon, comme presque tous les Vauclusiens rappelés le 3 août 1914. Il était alors dirigé sur Toulon et le 4ème Régiment d’Infanterie Coloniale. Ce régiment se retrouva vite sur le front face aux Allemands et participa à la bataille de la Marne. En 1915, c’est en Champagne et autour de la « Main de Massiges » que les coloniaux vont connaître de terribles moments. Une « main de Massiges » qu’on découvre toujours sur les vues aériennes de Google, de nos jours, où des bois ont tout de même poussé sur des terres devenues incultes et dessinent les doigts de cette « main ».

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Une « main » qui sera le tombeau de nombre de Coloniaux dont Louis Berbiguier. Deux batailles s’y déroulèrent, la première au mois de mars 1915, la seconde à partir du 25 septembre 1915. On estime que ces combats coûtèrent la vie à 25 000 soldats français tués, blessés ou disparus et à autant d’Allemands lors de ces 2 batailles. Des attaques françaises qui n’aboutirent à… rien, les Allemands seront chassés de la « main de Massiges »… en 1918.

L’attaque française du 25 septembre s’achèvera le 29 septembre pour Louis Berbiguier. Le jour de la fête patronale de son village du Vaucluse, il décédait dans une ambulance à Braux-Saint-Cohière, à 8 kilomètres du sud de Massiges où étaient emmenés les grands blessés.

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Louis Berbiguier avait 27 ans et 9 mois. Il repose dans la Nécropole Nationale de Sainte-Menehould (2km à l’est de Braux), tombe individuelle 542.

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Louis Berbiguier, alias Joseph Etienne Louis Berbiguier, matricule 357 classe 1907, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Berbigier étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant indirect reconnaît un membre se sa famille, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents.

A suivre: Joseph Berbiguier.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… AUBÉPART Ernest Marius

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Troisième nom de la liste: Aubépart  Ernest.

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Première face du Monument

Au moment de faire son choix de vie, Ernest Aubépart alors âgé de 18 ans (il était né le 29 février 1888 à Caderousse) décida de ne pas s’investir dans la fabrique de balais de ses parents Jean Aubépart et Marie Pinchon, aux côtés des siens. Il devança l’appel et s’engagea dans l’armée pour une durée de 5 ans. On était alors le 18 octobre 1906 et fut affecté au 8ème Régiment d’Infanterie Coloniale. Il rejoint Toulon où le Régiment était caserné, près du port d’où il pouvait partir rapidement vers les Colonies.

Ernest Aubépart allait faire tout le reste de sa carrière dans l’armée, signant régulièrement des rengagements jusqu’à la déclaration de guerre. Il monta rapidement dans les grades jusqu’à devenir sous-lieutenant au début de l’année 1915. C’est la mort qui le faucha bien vite qui l’empêcha d’aller plus haut. Il fit aussi toute sa carrière militaire dans les troupes coloniales.

En 1910, le sergent Aubépart se retrouva au 2ème Régiment de Tirailleurs Tonkinois  (le 2ème RTTON pour les puristes) et partie en campagne au Tonkin où une énième rébellion devait être mâtée. Il connut ainsi la guerre à partir du 15 mars 1910, bien avant le 03 août 1914.

A cette date, il était sergent major au 42ème Régiment d’Infanterie Coloniale, rapidement engagé face aux Allemands après un regroupement du côté de Morières-les-Avignon avant de prendre le PLM en Avignon, le 21 août 1914.

Lorraine, Marne, Hauts de Meuse furent les combats qui coûtèrent très chers au 42ème R.I.C…. comme à l’ensemble des régiments engagés en début de cette guerre que les responsables n’attendaient pas.

Après cette saignée qui n’atteint pas Ernest Aubépart, les coloniaux du 42ème R.I.C. se retrouvèrent en mars 1915 dans le secteur de Vauquois, 25 kilomètres à l’ouest de Verdun. En ce début de la guerre des tranchées qui allait durer 3 ans, c’était sans conteste l’endroit où il ne fallait pas être à tout prix ! Vauquois, c’est le symbole de la guerre bête, méchante  et inutile, de la destruction pour la destruction, où des stratèges des 2 bords envisagèrent de rayer une colline, une butte, du paysage faute de pouvoir en chasser ses adversaires ! Vauquois ou la guerre des mines (voir petit mémoire après la fin de l’article). Ce n’est pas l’explosion d’une mine qui emporta Ernest Aubépart mais une balle ennemie alors qu’à la tête de sa section, « il emmenait brillamment ses hommes à l’assaut d’une position fortifiée » comme le dit le texte de la citation qu’il reçut à titre posthume, le 16 avril 1915. On était le 04 mars 1915 et ces terribles assauts, tous repoussés par les Allemands, mieux protégés, plus nombreux et surtout tenant les hauteurs du terrain, firent à nouveau de très nombreuses victimes. Ces journées sont racontées dans un petit livret dédié aux campagnes du 42ème Régiment d’Infanterie Coloniale durant la Grande Guerre. Voici les 2 pages qui nous intéressent:

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Ernest Aubépart était âgé de 27 ans dont 9 sous les drapeaux. Il ne semble pas reposer dans le premier cimetière de Caderousse.

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Fiche matricule de « Mémoire des Hommes ».

Ernest Marius Aubépart, matricule 1520 classe 1908, bureau de recrutement d’Avignon  pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Aubépart étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant direct ou indirect reconnaît son ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède d’autres photos ou documents.

VAUQUOIS

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Pour le grand malheur du petit village de Vauquois (168 habitants en 1911), universellement connu comme symbole de la guerre des mines, il avait le double handicap d’être bâti 1- sur une butte culminant à 290 mètres d’altitude 2-dominant la ligne de front, une fois celui-ci stabilisé: les Allemands qui tinrent en premier cette hauteur avaient un énorme avantage qui, un jour ou l’autre, leur aurait permis d’enfoncer le front adverse en empêchant l’arrivée des renforts par la route Sainte-Menehould-Verdun. Ce n’est pas par hasard que la grande offensive de 1916 se passa dans le secteur de Verdun. Alors l’état-major français inventa la guerre des mines. Puisque la position était imprenable par les fantassins, on demanda aux sapeurs du génie de creuser des tunnels et aux artificiers (les pompiers de Paris) de placer des charges explosives sous les tranchées adverses. On récupérait ainsi le terrain tenu par les autres. Sauf que cela une fois arrivé, les autres procédaient de même ! Cette guerre dura ainsi jusqu’au début de 1918. Le village de Vauquois fut rapidement rayé de la carte et après le tir de 519 mines sur une période de 70 mois (199 allemandes et 320 français), des mines de plus en plus puissantes, le paysage qui fut rendu à la vie civile quand les troupes américaines le libérèrent définitivement ressemblait… à la Lune… et y ressemble toujours, la végétation en plus ! La butte était descendue de plusieurs dizaines de mètres  et la colline était parcourue de plusieurs centaines de kilomètres de galeries ! Le village de Vauquois fut reconstruit en contrebas avec l’aide de la ville d’Orléans et les spéléologues-fouilleurs-amateurs d’armes ont depuis 1919 trouvé un terrain formidable pour assouvir leur passion malgré les interdictions officielles dans cette zone toujours classée rouge.

A suivre: Augustin Aubert.

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