Archives de Tag: Ardèche

Le crise du beurre en 1940

En 2017, on a connu un épisode de pénurie de beurre due à un concours de circonstances: une diminution de la production par les vaches insuffisamment nourries par un manque de fourrage et une demande mondiale de beurre en pleine expansion. Conclusion: quelques rayons de grandes surfaces vide.

Rien à voir avec ce qui se passa et 1940.

La France vaincue vit sous le joug allemand, la guerre-éclair et la défaite ont désorganisé l’économie. Conclusion plus dramatique: tout manque dans les rayons des épiceries et bientôt apparaissent les tickets de rationnement qui ne disparaîtront que longtemps après-guerre.

Cette petit photo, 6cm sur 4,5cm, trouvée dans un album nous renvoie à cette époque et à cette crise.

Dans une rue de Privas, préfecture de l’Ardèche, près d’un local municipal ou départemental, une queue de ménagères s’est formée. Quelques hommes les accompagnent. A la vue des tenues, nous sommes à l’automne 1940. Au dos de la photo, cette inscription:

« La queue pour le beurre- Privas 1940 ».

Le beurre comme bien d’autres produits de base manque. Les pouvoirs publics doivent organiser des distributions contrôlées pour éviter les bousculades ou le marché noir. Les Français commencent à comprendre que la défaite militaire du pays va grandement impacter leur vie quotidienne. Cela durera plus d’un septennat ! Une éternité !

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119 POILUS de CADEROUSSE, 119 DESTINS… André Louis EUSTACHE.

119 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 119 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent-dix-neuvième nom de la liste: André Louis EUSTACHE.

 

C’est le site Généanet qui nous a permis de nous mettre sur les traces d’André Louis Eustache. En effet, son décès a été transcrit à Caderousse le 1er septembre 1917.

André Louis Eustache est né en Ardèche à Saint-Montan, non loin de Viviers, de Bourg-Saint-Andéol et du Rhône le 03 mars 1887. D’autant plus près du Rhône que ses parents André Eustache né en 1846 et Marie Rosalie Reynier née à Montélimar en 1863 tiennent une ferme au quartier des Barraques, dans la plaine.

Au recensement de 1891 aux Barraques de Saint-Montan.

Sur ce document reproduit ci-dessus, les noms de la mère d’André et de sa grand-mère maternelle sont barrés ce qui n’est pas bon signe. En effet, elles n’apparaissent plus dans le recensement suivant de 1896.

Marie Rosalie Eustache, mère d’André Louis, est décédée à Saint-Montan le 13 octobre 1893. André père élèvera seul son fils qui deviendra naturellement paysan, un fils qui restera unique par la force des choses.

André Louis fait son service militaire du 06 octobre 1908 au 25 septembre 1910 au 35ème Régiment d’Infanterie. Ce sera son premier grand voyage puisque ce régiment est stationné à Belfort, près de la frontière allemande d’alors. Le second départ de la ferme des Barraques sera pour aller travailler à Orange chez Antoine, camionneur en 1913 puis à Caderousse pour louer ses bras dans l’île de la Piboulette, chez Louis Martin, fermier, à partir d’avril 1914.

C’est donc le tocsin de Caderousse qu’il entendra le 03 août 1914, village qu’il quittera pour le 55ème RI de de Pont-Saint-Esprit. La guerre donc et le secteur de Verdun où le régiment gardois va combattre un moment.

Le 14 octobre 1915, André Louis rejoint le 116ème Bataillon de Chasseurs Alpins. et est replongé dans l’enfer de Verdun. Un enfer que confirme cet extrait du Journal de Marche du Bataillon:

Les bombardements allemands, les tranchées gommées du côté de Douaumont, les hommes sans protection face aux déluges de feu mais aussi du ciel avec une pluie incessante, un froid glacial et des hommes qui tombent comme des mouches. Nous sommes le 25 octobre 1916.

Le lendemain, c’est un peu la répétition de la veille mais le déluge du feu fait moins de victimes.

Il y aura tout de même vingt-un morts ce jour-là, des blessés et des disparus. Parmi les premiers, André Louis Estache, le néo-Caderoussien ! Il apparaît dans la liste établie dans le Journal de marche du 116ème BCA.

Le 26 octobre 1916, André Louis Eustache était âgé de 29 ans et 10 mois.

 

La fiche matricule d’André Louis Eustache de Mémoire des Hommes.

André Louis Eustache, matricule 106 de la classe 1907, bureau de recrutement de Pont-Saint-Esprit, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Gard. Le patronyme Eustache est présent en Vaucluse, Drôme, Gard. Si quelqu’un reconnaît en André Louis un ascendant direct lointain, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre…. Charles Marius Arnaud.

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Le bien joli BAC à TRAILLE de VALLON-PONT-D’ARC en ARDÈCHE

Une carte postale ancienne nous montre un bac à traille fonctionnant sur l’Ardèche au début du XXème siècle au niveau de Vallon.

Ici le bateau n’avance pas par la force du courant mais la traction humaine. Les deux passeurs sont placés aux deux extrémités d’une manivelle sur laquelle s’enroule ou se déroule un cable attaché aux deux rives. C’était un peu le système des toueurs du Rhône.

D’ailleurs tout au début, le bac du Barcarin à Salins-de-Giraud fonctionnait par ce système de traction, un double enroulement mu par des machines à vapeur.

La traille permet cette traction mais évite également de devoir gouverner le bateau. Ce dernier suit son guide d’une berge à l’autre. C’est un peu le cas actuellement du bac du Sauvage sur le Petit Rhône au niveau des Saintes-Maries-de-la-Mer.

Où était localisé ce bac ? Pourquoi les ponts n’officiaient pas ?
Des questions auxquelles nous allons répondre bientôt.

Merci à Marc Durand d’avoir déniché proposé cette carte… timicha pour les intimes sur delcampe

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RHÔNE: quand le Dauphiné s’emmêle un peu les pinceaux en parlant de ViaRhôna et de halage…

Mi-juillet, le Dauphiné Libéré a présenté une double page sur la ViaRhôna, cette voie douce qui, à terme, permettra aux cyclistes, aux marcheurs, aux cavaliers de joindre le Léman à la Méditerranée sans être à un moment ennuyé par la circulation motorisé.

Mais quelle mouche, moustique ou tavan a piqué le journaliste au moment de la rédaction de la légende de cette photo, tout en bas de l’article ?

On peut en effet lire: A terme, la ViaRhôna comptera 306 kilomètres de voies vertes aménagées, comme ici, sur d’anciens chemins de halage.

Oups ! Ça pique ! Ce comme ici est vraiment malheureux. Oui, quelquefois, le chemin de halage antique a repris du service pour supporter cette voie moderne. Mais pas ici ! La photo a été prise sur le pont qui enjambe le canal de dérivation du Rhône de l’aménagement de Montélimar près du quartier de Pracomtal. Prise vers le nord, on voit en effet la ViaRhôna à gauche, le canal au milieu avec au fond le pont de la Traverse d’Ancône et en arrière-plan la centrale nucléaire de Cruas-Meysse.

Mais le canal de dérivation date de 1956 ! Avant cette date, c’étaient des champs qui occupaient ce territoire. Pas de chemin de halage en ce lieu puisque cette méthode de transport fluvial a disparu au début du XIXème siècle au moment où la vapeur a fait son apparition pour propulser les bateaux.

Le « vrai » chemin de halage passait le long du Rhône, à quelques kilomètres à gauche pour la photo. C’est par là que Richelieu en fin de vie passa en remontant le Rhône vers Lyon, entre deux étapes du chemin: Viviers et Ancône. Car pour les bêtes, les étapes ne dépassaient guère douze kilomètres. On avait le temps de voir le paysage et pour le marquis de Cinq-Mars, le compagnon de voyage du Cardinal et son prisonnier pour l’occasion, à réfléchir au triste sort qui l’attendait à Lyon où il allait être exécuté… quelques mois avant la mort naturelle du religieux !

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La CARTE DE VISITE d’un MINISTRE D’ÉTAT… rien que cela !

Francisque Gay fut Ministre d’État au moment de la Libération. Il appartint au gouvernement d’unité nationale conduit par la Général de Gaulle où il siégea aux côtés de Georges Bidault et de Maurice Thorez puis au gouvernement de Georges Bidault, les fois comme ministre d’état, un rôle important.

Il faut dire que son action dans la Résistance avait été irréprochable et qu’il incarnait la démocratie chrétienne sociale. Il adhéra d’ailleurs au M.R.P. (Mouvement républicain populaire) et il fut élu sous cette étiquette à trois reprises comme député d’octobre 1946 à juillet 1951.

Il fut ensuite nommé Ambassadeur de France au Canada avant de prendre du recul avec la vie publique, en désaccord avec le M.R.P. sur la question coloniale.

Cette carte de visite pré-imprimée avait été adressée en remerciements de condoléances suite au décès d’un proche, très certainement.

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BALAZUC, plus beau village de France.

Article publié dans la blog de l’Association Ancône Culture et Patrimoine.

 

Patrick et Christian nous amènent ce mois-ci marcher à partir de Balazuc, un des plus beaux villages de France… et un des plus anciens.

Abrité du vent du nord le long de la falaise de la rive gauche de l’Ardèche, on peut penser que les premiers hommes sédentarisés, ceux qui construisirent les dolmens comme celui de la Tombe du Géant,…

…comprirent rapidement les atouts du coin : l’eau d’un côté sans en subir les foudres, les bonnes terres agricoles de l’autre.

Avant les Romains, ce sont les Gaulois, la civilisation de la Tène, qui construisirent les premières maisons de Balazuc. Ils vouaient un culte au soleil comme en attestent les disques de métal trouvés en 1883 non loin de là, dans la vallée de l’Ibie, dans une grotte, le Trésor de Déroc visible au Musée de la Maison Carrée de Nîmes.

Certains pensent d’ailleurs que Balazuc est une altération de Belenos, le dieu celte du Soleil, ce qui semble judicieux vu l’exposition privilégiée du village. Belenos, Toutatis, à quoi cela fait-il penser ?

Ce fut aussi de tout temps un gué de l’Ardèche. On construisit certainement des ponts en bois que la rivière balayait régulièrement avant de bâtir le pont de pierre actuel.

La trouvaille la plus ancienne nous vient des premiers chrétiens avec un sarcophage de pierre datant de la fin du IVème siècle, début du Vème.

Une copie de ce sarcophage paléochrétien est visible sous la mairie du village.

Puis virent les Sarrazins trois siècles plus tard, qui laissèrent de nombreuses traces architecturales. Ne surnomme-t-on pas Balazuc, le « village maure » ? En flânant… sans lâcher les pas de Patrick et Christian tout de même, en flânant dans les ruelles, vous pourrez découvrir des fenêtres sarrasines…

…d’anciennes échoppes arabes typiques. Brillante civilisation maure loin des caricatures actuelles que chassèrent des seigneurs francs bien moins évolués et beaucoup plus sanguinaires !

Les seigneurs de Balazuc justement firent construire le château au XIème siècle, château militaire au début qui s’agrandit au fils du temps et qui devint plus résidentiel par la suite avec l’ouverture de fenêtres à meneaux.

Ces seigneurs restèrent fidèles au roi de France et à la religion catholique dans un pays largement converti au protestantisme. Plus tard, avant d’être de nos jours des chambres d’hôtes, le château abrita une magnanerie. Rencontrerez-vous beaucoup de vieux amouriés lors de votre balade dans le Gras, ces collines calcaires traversées de ruisseaux souvent à sec ?

Des collines où les hommes ont construits pierre par pierre des chambas, des terrasses pour retenir la bonne terre agricole. Une terre qui devait nourrir plus de 900 âmes à Balazuc au milieu du XIXème siècle contre un peu plus de 300 de nos jours. A l’époque, des villages comme Audon, Chauzon que vous allez traverser étaient grouillants de vie. Donnez un coup d’œil sur les monuments aux morts et vous verrez que ces paysans ardéchois représentaient une bonne réserve de chair à canon pour l’armée française ! Viel Audon a été restauré il y a quelques années dans un esprit coopératif.

Quelques autres bizarreries de la nature que vous croiserez peut-être…

…une pierre tourmentée, usée par la pluie et les vents, lou ron de los fado ou lo roncs de los fadas, dont des légendes disent qu’on y voit danser des fées… suivant ce qu’on a absorbé…

…ou ce bachas naturel, une aubaine pour les sangliers.

Le docteur J. Balazuc a répertorié dans son livre édité en 1956 « la spéléologie en Ardèche » pas moins de cinq cavités dans le secteur de la rive droite de l’Ardèche : l’aven-grotte du Pont juste en face du pont de Balazuc, la grotte de Viel Audon, celle de Beaussement 1 200 mètres avant Chauzon, celle de Pala près du hameau éponyme et celle des Estinettes plus proche du pont de Lanas.

Un dernier mot emprunté à Albin Mazon plus connu sous le nom du docteur Francus, qui écrivit de nombreux livres sur l’Ardèche, le Vivarais, les Cévennes, les Boutières au XIXème siècle. Quand il apprit qu’une légende voulait qu’une chèvre d’or ait été trouvé à Balazuc, il pronostiqua que de nombreux autres trésors restaient à découvrir. A vos détecteurs !

Le nouveau Museum de l’Ardèche à Balazuc est l’un d’eux avec plus de 800 fossiles présentés dans ses vitrines !

Photos empruntées sauvagement aux blogs :

rando-evasion.over-blog.com (toutes sauf…)

petit-patrimoine.com (…les fenêtres).

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UN OPPIDUM…DEUX OPPIDA.

Patrick et Christian vont vous emmener, marcheurs d’ACP, en Ardèche ce mois-ci dans sa capitale Lussas.

Capitale ? Oui, Lussas est la capitale du film documentaire, un volet du 7ème Art non négligeable depuis que les plus grands réalisateurs s’y sont essayés.

En effet, la dernière semaine d’août se tiennent à Lussas les Etats Généraux du Film Documentaire depuis 1989. Du 19 au 25 août prochain, ce sera donc la XXXème livrée de ce Festival non-compétitif, festival original avec des projections chez l’habitant, dans quelques cinémas de la région comme Regain au Teil et pourquoi pas un jour, quand la chapelle sera enfin terminée, à Ancône… ?

A partir de Lussas, direction le plateau des Gras, vaste zone relativement plate, aujourd’hui peu occupée et gagnée en son milieu, près de la route nationale, par une zone artisanale. Ce ne fut pas toujours le cas dans le passé. En effet, en se dirigeant vers l’ouest, on pourra visiter l’oppidum de Jastres et même, pour le même prix, deux oppida d’époques et de factures différentes.

Jastres-Nord est de loin le lieu le plus achevé. Il s’agit d’un oppidum protohistorique construit par les hommes avant l’arrivée des Romains dans la région en -121 av JC bien antérieurement au -51 avant JC qu’on apprend à l’école. C’est un oppidum à éperon barré. Pas fous les Gaulois ! On choisit un coin relativement plat entouré de barres rocheuses et on s’évite la construction de murs sur tous les côtés. Un seul rempart est nécessaire pour fermer l’éperon. En parcourant le site, on s’aperçoit que le mur d’enceinte changea de place en trois occasions mais le plus spectaculaire est celui le plus visible, celui haut de quelques mètres, large de six mètres et défendu par sept tours, en alternance carrées et circulaires.

Remarquable construction et très vaste panorama que celui qui domine le courbe de l’Ardèche au pied de la falaise avec au loin le Tanargue et le Mont-Lozère.

En regardant bien dans les recoins, vous trouverez peut-être quelques gros boulards en pierre, anciennes armes de jet destinées aux visiteurs indésirables à l’époque des Gaulois !

Plus au sud, surplombant toujours la falaise de l’Ardèche, Jastres-Sud alias le Camp de César est bien plus rudimentaire : trois murs de pierres en U, un rectangle de 300 mètres sur 500. Certains pensent qu’il s’agit d’un poste de surveillance du réseau romain protégeant Alba mais les Romains nous ont habitués à mieux. A moins qu’il s’agisse d’enclos pour les bergers.

Quant à César, peut-être passa-t-il un moment à Jastres avant la traversée des Cévennes pour attaquer les Arvernes. Mais on n’a pas retrouvé le Livre d’Or de l’oppidum !

Par contre, sur tout ce plateau calcaire, vous pourrez trouver, en regardant attentivement où vous posez les pieds, non pas ce Livre d’Or mais des fossiles ou leurs empreintes, des ammonites principalement, beaucoup plus vieilles que César.

Remarquablement bien exposé, à l’abri du vent du nord, avec l’eau de l’Ardèche et ses terres alluviales non loin, ce coin d’Ardèche fut accueillant pour les hommes. Lussas compte pas moins de 300 tombes très anciennes disséminées sur son territoire, des dolmens plus ou moins imposants. Le plus intéressant est celui des Quatre Pierres, au sud du hameau de Mias, non loin de Lavilledieu.

Certes ce n’est ni le plus grand ni le mieux conservé des dolmens ardéchois mais un petit coup d’œil s’impose. Au sommet d’une petite colline et sans son tumulus, il devait accueillir les restes d’un personnage important qui avait certainement souhaité de son vivant que son tombeau soit visible de tous et de loin ! Il avait oublié les pillards !

Article publié dans le blog d’Ancône Culture et Patrimoine.

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