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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 10 mai 1917

(JOUR 1012 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

En première de couverture, la photo du Premier Ministre d’Espagne, le Comte de Romanonès favorable à une entrée en guerre de son pays au côté de l’Entente. On parle même d’humiliante neutralité espagnole.

L’humidité partout, d’où cette vue d’un soldat belge montant la garde bien au sec, les pieds sur un parquet.

On est au printemps mais avec le retard de parution des articles et photos, ce n’est pas étonnant d’avoir des images hivernales. Ainsi, en double page centrale, c’est l’hiver en Alsace !

Beaucoup de neige, des chasseurs alpins et autres soldats congelés.

Même chose avec cette vue des Alpes italiennes…

….où les Alpini luttent contre les Autrichiens.

 Encore de la neige pour ces hommes enterrant des fils téléphoniques.

Arras en ruines comme on peut le voir sur ces vues des destructions dans la préfecture du Pas-de-Calais.

La guerre des mines quelque part sur le front…

Les sapeurs au travail où à l’écoute des travaux adverses.

Les prisonniers allemands quelque part en France…

La corvée de pluche des patates pour ces hommes pour qui la guerre est finie !

Pour terminer, une vue originale d’une ancienne voiture transformé en bureau par des Poilus.

Le premier mobilhome de l’Histoire !

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107 POILUS de CADEROUSSE, 107 DESTINS… BOUCHET Augustin

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre… et 16 oubliés: 122 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quinzième nom de la liste: Bouchet Augustin Joseph.

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Première face du Monument

Commençons par la fin de l’histoire. Pour ceux qui ont parcouru les 14 premières biographies, il vous semblera avoir déjà lu la même chose, avoir déjà vu cette carte.

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Il s’agit de la carte du front où est indiquée la commune de Barleux, dans la Somme. C’est pour conquérir ce coin de campagne picarde que Julien Aubert laissa sa vie le 04 septembre 1916 en même temps que plusieurs centaines de fantassins du 97ème Régiment d’Infanterie de Chambéry.

Mais moins de deux mois auparavant, la mort faucha un autre jeune de Caderousse, Augustin Bouchet, dans une même attaque contre les mêmes positions allemandes de Barleux avec les mêmes conséquences humaines mais sans remise en cause de la stratégie mise en place. Il s’agissait là du 34ème Régiment d’Infanterie Coloniale, une troupe africaine dans laquelle on reversait aussi de jeunes métropolitains pour combler les pertes occasionnées par les combats. C’est devant Barleux qu’Augustin Bouchet disparut le 20 juillet 1916. Il était âgé de 33 ans.

Dans l’Histoire du 34ème R.I.C. publié après-guerre, voici quelques lignes racontant l’assaut sur Barleux du 20 juillet 1916. C’est édifiant !

Le 20 juillet, à 7 heures, le Régiment attaque devant son front: objectif groupe Centre, l’ouvrage de Barleux.

La première vague sort dans un ordre parfait et à la faveur d’un léger brouillard parcourt rapidement le glacis large de 400 mètres en moyenne, séparant nos parallèles de départ des lignes allemandes, malgré le barrage qui prend une intensité inouïe puis l’ennemi déclenche un violent tir de mousqueterie et de …

…mitrailleuses quand notre vague arrive à 50 mètres de ses positions. A gauche, un peloton prend pied dans la tranchée ennemie et engage le combat à la grenade, de même au centre où la vague arrive à son objectif, malgré des pertes très dures, à droite, c’est à moitié décimée que la vague arrive à son but.

A 7h15, la plupart des éléments de la première vague sont dans la tranchée ennemie; la deuxième vague suit, mais ne peut arriver à la première ligne qu’elle renforce qu’en certains points…

des groupements de gauche et du centre. La progression est arrêtée partout, sauf au centre où nos unités tentent jusqu’à 10 heures de se rapprocher du village de Barleux et font 30 prisonniers.

A la gauche le groupe Nicol décimé, doit sous la masse de conte-attaques, revenir à 9H30 , occuper la parallèle de départ.

A la droite le groupe Hugon compte encore une centaine d’hommes et s’accroche au terrain.

Une nouvelle attaque est ordonnée pour 11 heures; seul le groupe de gauche reçoit l’ordre à temps et fait sortir un peloton décimé.
L’attaque est reprise à 13 heures; un bataillon du 44ème Colonial est mis à la disposition du Colonel Commandant le 34ème mais ce bataillon arrive trop tard pour participer à l’attaque.

A gauche les éléments restant de deux compagnies occupent la première ligne allemande qu’elles avaient dû évacuer à 9h30; mais elles ne peuvent s’y maintenir et une contre-attaque les force à rejoindre nos lignes.
Au centre, toute progression est impossible; et les unités sont trop faibles pour tenir la position, elles se replient sur la parallèle de départ: même situation où les compagnies…

… du 43ème n’arrivent qu’à 13h30 pour occuper la position et remplacer les éléments du bataillon Hugon qui ont dû aussi se reporter à la parallèle de départ. A 18 heures, le régiment occupe donc ses position du matin avec l’appui de deux bataillons du 44ème Colonial. Le colonel Veron, commandant le 44ème Colonial prend à 20 heures le Commandement du secteur.

La seule journée du 20 juillet coûte au 34ème Colonial et au 20ème bataillon Sénégalais : 14 officiers et 1 027 hommes tués, blessés ou disparus.

Tout ça pour ça serait-on tenté de dire s’il ne s’agissait pas des vies de plus d’un millier d’hommes parmi lesquels se trouvait Bouchet Augustin. Toujours la même histoire: après une préparation d’artillerie plus ou moins efficace, les hommes chargeaient, se faisaient hacher par la riposte ennemie, arrivaient quelquefois à prendre pied dans la tranchée adverse mais devaient la quitter devant la force des contrattaques et les survivants rentraient tant bien que mal à leur point de départ !

Augustin Bouchet était cultivateur et fils de cultivateur. Il était né le 02 juin 1883 à Caderousse d’un père Ferdinand Auguste Bouchet, d’Orange, né en 1859 et d’une mère caderoussienne, Marie-Françoise Marcellin née en 1861. Lors du recensement de 1906, la famille occupe une grange au quartier des Négades sur le territoire de Caderousse.

Trois filles sont nées après Augustin: Valentine, Joséphine et Baptistine. Mais pas d’Augustin à la ferme ! Normal . A cette date, il effectue sa période militaire depuis le 16 novembre 1904 en Avignon, au 58ème Régiment d’Infanterie comme nombre de Vauclusiens. La France n’a pas encore connu l’épisode de la Grande Révolte des vignerons du Midi et l’Armée, celui de la fraternisation du 17ème de Ligne de Béziers avec les manifestants et la mutinerie de cette unité composée de gars du coin. Après 1907, on envoya les conscrits plutôt loin de chez eux !

Augustin Bouchet, contrairement à nombre de ses amis caderoussiers effectua bien 3 ans sous les drapeaux, libéré qu’il fut le 27 juillet 1907. Il rentra alors chez ses parents qui, entre temps, avait franchi la ligne de démarcation entre Caderousse et Orange. Ainsi, au recensement de 1911, on retrouve (presque) toute la famille au  quartier Passadoire d’Orange.

Valentine a quitté le foyer, surement pour se marier. Quant à Joséphine, elle est devenue Julienne… en fait officiellement son premier prénom pour l’Etat-Civil !

Incorporé lors de la déclaration de guerre le 4 août 1914, Augustin rejoignit son unité en Avignon où il connut certainement le baptême du feu du côté de Lagarde, village lorrain qui fut fatal à un autre Augustin Aubert, on l’a évoqué précédemment.

Augustin rejoignit la Coloniale le 15 décembre 1914, le 4ème R.I.C. dans un premier temps puis le 34ème R.I.C. par la suite pour combler des pertes.

La fiche matricule de « Mémoire des Hommes ».

Augustin Joseph Bouchet, matricule 174 classe 1903, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Bouchet étant toujours vivant en pays de Vaucluse, si un descendant indirect reconnaît son ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède d’autres photos ou documents.

A suivre: Rémi Bouschet.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 06 mai 1917

(JOUR 1008 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

En couverture, l’as de l’aviation Guynemer en discussion avec un adversaire qu’il vient de forcer à atterrir derrière les lignes françaises. En chevalier du ciel, les Anciens adversaires s’entretiennent courtoisement avant que l’Allemand ne parte en captivité.

Deux vues intéressantes de tranchées occupées par les troupes canadiennes.

Plat pays du nord de la France, nuages de fumée des combats s’estompant, terrain dévasté….

…mais hommes se promenant à découvert a mépris du danger. Un moment de trêve pour enlever des morts… ou scène d’entraînement loin du front ?

D’autres tranchées, françaises, où se déroule une prise d’arme.

On y décore des hommes qui se sont distingués pour faits de guerre. En contrebas de la tranchée, d’autres héros qui ne recevront que des récompenses posthumes !

 Autres cimetières:

Une tombe ouverte par les Barbares…. bien entendu ! Ici près de Péronne.

Des Barbares qui ne se gênent pas de prendre des statues d’église pour décorer les tombes de leurs amis tombés au front, nous dit l’article. Un peu surréaliste ! Là à Courcy.

La Révolution russe pour commencer, la Révolution bourgeoise de février bien entendu.

En haut, des victimes de la Révolution à Petrograd. En bas, des miliciens révolutionnaires, des étudiants qui remplacent la Police.

Une page d’affiches de propagande pour la Révolution russe.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 29 avril 1917

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(JOUR 1000 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Millième jour de guerre, ce 29 avril 1917. 2/3 de la guerre. Comme ont-ils pu tenir et comment vont-ils encore tenir 561 jours ????

A la une, un char, un « tank » pardon, arme que l’on imagine redoutable et qui permet à Carterpilllar de se faire de la publicité sur le dos de l’effort de guerre !

Un moment de nostalgie pour commencer (Le Miroir n’avait-il rien à proposer de plus récent cette semaine ?) avec des vues de l’occupation de Reims par les Allemands entre le 4 et le 12 septembre 1914.

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Les Portugais en France, c’est pour bientôt.

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Un plein bateau en route pour la France pour combattre sur le front du Nord et de l’Est… s’il arrive à bon port car 96 bateaux portugais seront coulés par les Allemands. 8 145 soldats portugais seront tués, 13 751 seront blessés et 12 318 seront faits prisonniers ou auront disparu. Une hécatombe pour un corps expéditionnaire de 58 000 hommes !

Vimy et les Canadiens. Là où les Français et les Anglais auront échoué, les Canadiens enfonceront le front allemand et seront considérés comme des soldats d’élite.

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Explosion d’un obus sur le secteur de Vimy.

La bataille de Vimy s’est déroulée du 4 au 12 avril 1917 et en 8 jours, les Canadiens perdront 3 598 hommes tués.

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Après la prise de la côte 145.

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Cyclistes canadiens.

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Les Allemands refluent en emportant des prises de guerre pas forcément autorisées.

A Petrograd, les militaires (les marins) surveillent et protègent le Parlement russe, la Douma…

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tandis qu’en ville, on fait la chasse aux policiers, support du régime tsariste dictatorial.

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Près d’Arras des Anglais…

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et des destructions.

Pour terminer cette revue, des affiches sur les murs des villes que les Allemands ont abandonné pour mieux se regrouper.

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Affiches allemandes arrachées, lacérées et nouvelles instructions militaires à destination des civils.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 19 avril 1917

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(JOUR 990 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une tranchée bien calme en couverture et de « vaillants défenseurs… en première ligne, en Champagne. » Des vaillants défenseurs qui reçoivent des nouvelles des leurs grâce à un système de poste assez efficace.

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Indispensable pour maintenir le moral de troupes de pouvoir envoyer ou recevoir du courrier régulièrement. Avec la bouffe et le pinard, c’est une des préoccupations majeure des hommes qu’on peut lire dans… les courriers de Poilus conservés par les familles.

Deux photos de femmes travaillant dans les usines d’armement au côté d’hommes.

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La machine de guerre fonctionne à plein régime.

Les destructions de guerre. Ici, les Allemands (les « vandales » dans le texte) ont détruit le château de Coucy restauré par Violet-le-Duc en se retirant. Les charges explosives finissent de se consumer après un dynamitage allemand.

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Guère évident avec tous ces volutes de fumée de se faire une idée des dégâts ! Il est certain que les Allemands en se retirant au printemps 1917 sur la ligne Hindenburg commirent ces crimes contre le patrimoine français. On l’a vu il y a peu avec le château d’Ham.
Ce château de Coucy  retrouvait sur la commune de Coucy-le-Château-Auffrique au nord de Soissons. Il a été détruit le 27 mars 1917 par de fortes charges explosives. On ne comprend pas réellement la raison de cette action car il ne représentait pas un intérêt stratégique. Cette année, le 19 mars 2017 s’est tenu un colloque sur ce thème dans ces lieux.

Pour terminer des prisonniers turcs typiques aux mains de Russes.

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Ils seront bientôt délivrés après l’armistice demandé par les Bolcheviks.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 8 avril 1917

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(JOUR 979 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

A la une de ce numéro du Miroir du 8 avril 1917, on voit un voilier s’enfonçant dans les eaux de l’Atlantique, détruit par les pirates allemands. Avec les U-Boat, ils causent beaucoup de mal aux transports, autant civils que militaires.

Sur la double page centrale, on voit la fin du cuirassé « Danton » touché par une torpille lancée par un sous-marin.

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Les photos ont été prises le 19 mars 1917 et le naufrage a lieu au large de la Sardaigne. Cette catastrophe fera 296 morts sur 1 101 personnes embarquées. Ce navire a été retrouvée par des océanographes néerlandais en 2007 et attesté par la Marine française en 2009.

Sur terre, des tranchées prises par les Britanniques aux Allemands.

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Toujours des paysages lunaires !

Ici, à Bapaume, dans les Pas-de-Calais, ce sont des ANZAC qui se reposent dans les ruines du village.

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Les ANZAC, les troupes australiennes et néo-zélandaises.

Autre destruction, celle du château de Ham, dans la Somme. Ce dynamitage a eu lieu également le 19 mars 1917.

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C’est dans ce château-prison que Louis-Napoléon Bonaparte y fut enfermé de 1840 à 1846. Il est de nos jours dans l’état que l’ont laissé les Allemands.

Sur la route de Ham, une énorme marmite créée par une mine allemande.

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Toujours cette lâche et abominable guerre des mines.

En Russie, la presse française découvre qu’il y avait des prisonniers au Goulag, en Sibérie. Des révolutionnaires de 1905.

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Notre ancien ami le tsar Nicolas II était moins propre qu’on nous l’a raconté depuis 3 ans !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 29 mars 1917

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(JOUR 969 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La vie de château pour les Poilus de 17 suivant La Guerre Photographiée. Sérieux s’abstenir !

Par contre pour ceux dans les tranchées au redoux du printemps naissant, on bricole des solutions pour éviter de passer des journées avec de la boue jusqu’aux genoux !

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Une des dernières photos du comte Zeppelin, militaire et industriel allemand, inventeur de ses dirigeables portant son nom.

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Il vient de décéder à l’âge de 79 ans, le 7 mars dernier. Ses dirigeables continueront à se développer après-guerre à destination commerciale alors jusqu’à la catastrophe de l’Hindenburg le 06 mai 1937 aux Etats-Unis.

Des sapeurs travaillant sous terre et s’apprêtant à faire exploser une mine.

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agrémenté d’un horrible commentaire xénophobe: On procède aux derniers préparatifs avant d’amener la formidable charge d’explosifs qui débarrassera la terre de quelques dizaines de ces êtres malfaisants appelés « Boches ». Sans commentaire !

Double page centrale avec 6 vues des Vosges…

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et des chasseurs alpins. Mais des images de paix et de concorde !

Les troupes britanniques:

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mangeant dans un trou d’obus aux côtés de la tombe de l’un des leurs.

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des Canadiens peu importunés de passer leur vie les pieds dans une eau glaciale.

Du pinard d’Espagne pour les Poilus russes…

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mais pas un mot de la révolution de février 1917 et du départ du pouvoir des Romanov.

 Des prises de guerre aux Allemands.

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des obusiers.

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les lance-flammes.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… AUBERT Paul

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Sixième nom de la liste: Aubert Paul.

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Première face du Monument

Pas de lien de parenté proche entre ce Paul Aubert et les 2 précédents Julien Aubert et Augustin Aubert dont on a parlé il y a peu. Ni frère, ni cousin germain, peut-être des parents plus éloignés.

Paul Aubert est un soldat déjà âgé quand éclate la Grande Guerre. Né le 21 mars 1879 à Caderousse, il a 35 révolus quand il doit reprendre un paquetage. Sa première incorporation date en effet du 16 novembre 1901 et il retourna à la vie civile le 19 mars 1903, 11 ans avant la déclaration de guerre. Certes lors des périodes de réserve, il put devenir sergent, ce qui n’était pas particulièrement un avantage dans les tranchées.

Il sera donc rappelé le 03 août 1914 au 118ème Régiment d’Infanterie, un régiment territorial composé de soldats plus âgés. En principe, ces hommes n’avaient pas vocation à se retrouver en première ligne… sauf que les pertes très importantes du début de la guerre obligèrent l’Etat-Major à combler les vides des régiments décimés en puisant dans ce vivier.

Nous sommes dans la période que l’Histoire appellera la « Course à la mer ». La bataille de la Marne fit comprendre aux Allemands comme aux Français que la guerre sera longue. Les forces en présence s’équilibrent et il faut stabiliser le front.

Le 11 octobre 1914, Paul Aubert découvrit le front au 146ème Régiment d’Infanterie. Voici ce qu’écrit le scribe du régiment dans le carnet de route de l’unité, le 21 octobre:

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Les Compagnies Territorials sont encadrées par des Compagnies actives de manière à leur inspirer confiance; les Compagnies actives occupant les saillants et points d’attaque.

On va donc mélanger dans les compagnies des anciens et des plus jeunes.

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Paul Aubert arrive donc au régiment avec plusieurs dizaines de territoriaux le 11 octobre (1). La ligne de front passe dans la région de Sailly-au-Bois, Colincamps, Hébuterne. Les accrochages sont légions avec les Allemands même s’il est noté que le front est plutôt calme et, tous les jours, quelques hommes tombent ou sont blessés.

La troupe est relevée le 3 novembre, direction Doullens (2) pour prendre le train. A la gare, la pagaille est totale et la troupe va prendre du retard. Voyage vers le nord, vers la mer.

Descente du train à Steenwerck (3), à l’ouest de l’agglomération lilloise pour continuer le voyage vers la Belgique d’une manière originale que le Poilu caderoussier n’imaginait pas: en autobus de Londres. En effet les Français côtoient les Britanniques dans une autre pagaille sans nom. A cette concentration trop importante de soldats s’ajoute la pluie qui rend les chemins et routes dangereuses et glissantes.

Le voyage prend fin pour le 146ème R.I. de Paul Aubert dans le secteur belge d’Ypres. Le 06 et 07 novembre 1914, de durs combats vont se dérouler puis le front redeviendra relativement calme. Ce qui ne veut pas dire que ce sera de tout repos pour les hommes. Loin de là ! Le temps est exécrable, la pluie tombe sans arrêt et les tranchées sont inondées.

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L’eau est partout et la terre s’effondre régulièrement. De plus les 2 lignes de front sont très proches et le froid se met de la partie, il neige et il gèle. Au repos (les régiments passent 2 jours en première ligne puis 2 jours en seconde ligne puis 2 jours en réserve), on apprend aux hommes à se confectionner des chaussons de paille pour résister au froid et à l’eau des tranchées !

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En première ligne, le mouvements ne peuvent se faire que de nuit, les relèves comme la popote:

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Début décembre, la hiérarchie fait installer des braseros dans les tranchées et fournit de petits miroirs aux hommes pour éviter d’être tirés comme des lapins quand ils jettent un regard par dessus le parapet de la tranchée.

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Malgré la période plutôt calme, sans grande attaque, tous les jours, quelques hommes sont tués ou blessés, sans oublier ceux qui sont évacués avec les pieds gelés ou souffrant d’oedèmes.

Quand Paul Aubert fut-il grièvement blessé en novembre ou décembre 1914 ? Impossible de le savoir. Peut-être est-il l’un des 2 sous-officiers blessé ce 21 novembre ?

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Toujours est-il qu’il est évacué gravement blessé vers l’hôpital mixte de Laval en Mayenne où il décédera le 12 décembre 1914 suite à ses blessures de guerre.

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Paul  Aubert, matricule 687 classe 1899, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Aubert étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant direct ou indirect reconnaît son ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède d’autres photos ou documents ou plus de précision sur cet ancêtre.

A suivre: Orféo Bachini.

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GRANDE GUERRE: une CARTE d’Etat-Major allemande de VERDUN-SAINT-MIHIEL

En titre:

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pour cette carte d’Etat-Major d’ailleurs incomplète puisque coupé en 2, le bas de celle-ci étant absent. Dommage, les Vosges ne seront pas représentées. C’est la lecture de l’échelle du document qui tout de suite interpelle:

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Il s’agit d’une carte allemande, de l’armée allemande. Pas de date de publication puisque les dates sont habituellement en bas. Mais seconde surprise: un double trait ininterrompu, l’un bleu (en haut), l’autre rouge (en dessous et qui suit le précédent de partout) traverse la carte:

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Pas de doute, il s’agit de la ligne de front, une fois celle-ci stabilisée, de la fin 1914 jusqu’à la reprise de la guerre de mouvement, en septembre 1918. Comme malgré les attaques des uns et les contre-attaques des autres, le front ne se modifia guère, on ne peut mettre une date exacte sur ce document.

Petite remarque…

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l’écartement entre la ligne allemande (en bleue) et la ligne française (en rouge) va de 1 à 9 millimètres. Cela me paraît beaucoup quand on sait que les 2 lignes n’étaient séparées de quelques dizaines à quelques centaines de mètres !

Deux secteurs « intéressants » dans ce document, plus médiatiquement et historiquement connus que les autres:

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celui de Verdun où tous les forts défendant la ville sont notés en rouge avec un cercle rouge autour d’eux entourant une zone hachurée délimitant l’influence de la position. Quelle drôle d’idée eut donc l’Etat-Major du Kromprinz d’attaquer dans un secteur aussi bien défendu en février 1916 !

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celui de Saint-Mihiel et son fameux saillant, cette avancée teutonne dans le territoire français que nous n’arrivâmes pas à reconquérir, avant l’effondrement allemand de l’automne 1918.

Dernière remarque pour ce document. Un petit tour dans la région de Metz, par exemple,…

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nous dévoile que tous les noms de lieux sont germanisés après 45 ans d’annexion allemande !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 22 mars 1917

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(JOUR 962 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La une de La Guerre Photographiée du 22 mars 1917 montre un conciliabule des chefs: Lyautey, général mais ici ministre de la guerre s’entretient avec un autre général Nivelle. La légende indique cela est précise en ce qui concerne Nivelle le héros de Verdun. Pourtant, en 2017, si on demande d’associer un nom de général à verdun, ce sera le nom de Pétain qui ressortira. Cela vient du fait que pour faire acceptera collaboration de 1940 à 1944, on rabâcha Pétain le héros de Verdun alors que la reconquête et la « victoire » de Verdun furent effectivement le fait de Nivelle plus que de Pétain qui fut relevé de son commandement mi-avril 1916 !

La dure vie dans les tranchées avec les intempéries:

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La pluie ou la fonte des neiges qui emplit les boyaux.

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Le gel des dernières semaines a été terrible pour tous, comme pour ce Tommy.

Un gel qui permet de belles photos comme celle de cette fontaine, en Argonne.

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Difficile de prendre quelques gouttes d’eau !

Dans le fort de Douaumont, on nous essaie de nous montrer que la vie est redevenue tranquille pour les hommes désignés pour l’occuper.

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Difficile d’y croire !

Une vue d’offensive en dernière page, une vue panoramique…

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d’une vraie offensive ou d’une manœuvre pour nouveaux conscrits ?

Belle image du départ d’une torpille allemande quittant la navire qui vient de la tirer.

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Un instantané réussi !

Un sourire pour les Poilus avec ces camions-bazars en Alsace où les hommes peuvent acheter ce qui leur manque ou ce que les leurs ne leur ont pas envoyé.

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