Archives de Catégorie: Journaux

Le (petit) KIOSQUE DE PRESSE de l’été 36: le 11 juillet 1936

Un kiosque assez garni aujourd’hui avec 1 revue et 3 journaux.

DSCN4497

Le Miroir des Sports où Magne et Speicher, deux cracks, anciens vainqueurs du Tour félicitent Archambaud pour son maillot jaune.

DSCN4515

Le Petit Provençal où le Tour est traité moins abondamment.

DSCN4521

Le Temps, journal plus intellectuel, Le Monde de l’époque.

DSCN4523

L’Intransigeant toujours aussi agréable à lire, avec de grandes illustrations et des articles aérés.

Le Miroir des Sports, quasiment entièrement consacré au Tour, va parler des étapes 2: Lille-Charleroi et 3: Charleroi-Metz. Comme tout hebdomadaire, le titre est un peu en retard sur l’actualité mais compense ce fait par de nombreuses photos qui illustrent les étapes en détail.
Ainsi, on voit le Tour sous tous les angles dans le Nord, dans le laborieux bassin minier. Les routes vont de pair avec les sections pavées dignes de Paris-Roubaix:

DSCN4498

où les coursiers préfèrent rouler sur les trottoirs,

DSCN4499

les franchissements des canaux sur des ponts-levis asphaltés,

DSCN4506

et les nombreuses voies ferrées menant aux usines qu’il faut franchir comme on peut

DSCN4501

par dessus les barrières…

DSCN4502

juste devant la locomotive qui s’est arrêtée pour les Géants de la Route

DSCN4512

Même RED, l’auteur du dessin humoristique, s’est emparé du sujet des barrières baissées !

Et bien sûr, les foules ouvrières se pressent le long des routes pour voir les champions, ce qui leur procure une distraction exceptionnelle…

DSCN4500

à Anzin…

DSCN4504

à Valenciennes.

A Charleville, la victoire de Robert Wierinckx.

DSCN4505

tandis que les cracks cités au début de l’article, sur la couverture, sont à la peine sur la route. Autant…

DSCN4507

Georges Speicher vainqueur du Tour 1933…

DSCN4508

qu’Antonin Magne qui ramena le maillot jaune à Paris en 1931 et 1934.

L’étape 3 de Charleville à Metz a vu le retour de la pluie. Pas les orages dantesques de l’étape 1, mais la pluie fine qui fait croire par moment que le Tour se court en mars.

DSCN4509

DSCN4514

La pluie et la route mouillée mais aussi…

DSCN4513

des passages où la route est sèche.

DSCN4510

Toujours la foule comme ci-dessus au contrôle de Briey et la victoire en solitaire du Luxembourgeois Mathias Clemens à Metz:

DSCN4511

Bien entendu, les quotidiens ont une étape d’avance sur l’hebdomadaire (qui paraît toutefois 3 fois pars semaine) et relatent déjà la 4ème étape qui s’est disputée entre Metz et Belfort, hier.

Autant dans Le Petit Provençal

DSCN4520

que dans L’Intransigeant, on célèbre la victoire du Français Maurice Archambaud et, par la même occasion, le retour du maillot jaune sur ses épaules…

DSCN4529

comme nous le fait comprendre de manière humoristique Pellos:

DSCN4528

Première victoire française de ce Tour mais aussi premier sommet escaladé, le Ballon d’Alsace avant la plongée sur la plaine d’Alsace, comme on peut le lire dans le résumé de l’étape de L’Intransigeant.

DSCN4525

Le passage à Nancy:

DSCN4530

La victoire d’Archambaud:

DSCN4524

Le maillot jaune de ce même Archambaud.

 DSCN4516

Après ces pages cyclisme (mais le mois de juillet c’est avant tout le Tour, et cela depuis plus de 100 ans), une information importante tirée de chacun des 3 titres.

Pour Le Petit Provençal, c‘est la continuation (même si le mouvement s’essouffle) des grandes grèves de juin 1936 qui ont suivi la victoire du Front Populaire, autant en page nationale:

DSCN4517

que dans la zone du diffusion du journal, le Gard, à Alès:

DSCN4518

Sur Le Temps, un petit article interpelle tout de suite le lecteur.

DSCN4522

le conflit autour du corridor de Dantzig, en Pologne, qui sera le prétexte pour Hitler, dans 3 ans, pour déclencher la Seconde Guerre Mondiale.

Enfin, dans L’Intransigeant, c’est l’annonce de la création d’un nouveau mouvement politique, le P.P.F. avec la rencontre tout à fait improbable d’un ancien leader communiste Jacques Doriot qui faillit même devenir premier secrétaire du Parti et d’un ultra-nationaliste, le colonel De La Roque.

DSCN4527

A l’arrivée, le P.P.F., un mouvement s’inspirant du fascisme italien, qui, pas tard, sera le plus important soutien au régime de Vichy dans quelques années et dont nombre de ses membres rejoindront la Milice.

Poster un commentaire

Classé dans Journaux, Revues

Le (petit) KIOSQUE DE PRESSE de l’été 36: le 9 juillet 1936

Un kiosque avec 2 titres:

DSCN4464

Le Miroir des Sports qui va revenir sur la première étape Paris-Lille et les pluies diluviennes.

DSCN4476

L’Intransigeant, quotidien qui lui va parler de l’étape 2: Lille-Charleroi.

Même si L’Intransigeant d’hier n’en a pas parlé pour le Tour de France, il en est tombé de l’eau sur les dos des coureurs du Tour lors de cette première étape, lorsque les hommes se rapprochèrent de Lille et du terme de la course.
C’est à Carvin, dans le bassin minier, que les cieux furent tant généreux que cela donna cette magnifique image illustrant si bien la légende des Forçats de la Route:

DSCN4465

D’autres vues sur le même sujet où les véhicules faillirent être noyés autant que les hommes.

DSCN4471 DSCN4480 DSCN4475

Quelle douche, mes aïeuls !

Pourtant tout le début de l’étape s’était bien passé, sous un ciel couvert, certes comme en attestent les passages à…

DSCN4466

DSCN4467

Beauvais et…

DSCN4468

à Breteuil.

A Lille pour l’arrivée, la pluie avait cessé mais la chaussée était bien mouillée pour célébrer la victoire du Suisse Egli.

DSCN4474

Un orage dantesque qui fit quelques dégâts comme en atteste cette vue de destructions…

DSCN4479

qui durent raviver quelques souvenirs anciens, vieux d’une vingtaine d’années aux locaux, quand c’étaient les obus allemands ou français qui labouraient les terrains et détruisaient les habitations.

Tout cela pour dire que Le Miroir des Sports n’aborde pas du tout la seconde étape, faute de temps pour imprimer les textes, ce que L’Intransigeant quotidien fait parfaitement, sans image…

DSCN4478

ou presque…

DSCN4477

Seconde étape du Tour 36: Lille-Charleroi; 192 kilomètres, arrivée en Belgique où le local Wierinckx l’avait emporté et où le Français Archimbaud avait ravi le maillot jaune à Egli.

Que retenir de plus de cette revue de presse du 9 juillet ?

DSCN4476

En Ethiopie, le Duce essaie de se créer un empire colonial pour ne pas être en reste et faire de l’Italie fasciste, une grande puissance. Les Italiens ont vraiment du mal face aux soldats d’Haïlé Sélassié, avec la mort de ces aviateurs italiens massacrés par les Ethiopiens.

Poster un commentaire

Classé dans Journaux, Revues, Sport

Le (petit) KIOSQUE DE PRESSE de l’été 36: le 8 juillet 1936

DSCN4459

Le seul quotidien L’Intransigeant dans le kiosque de ce 8 juillet 1936. Le Tour vient de partir de Paris en direction de Lille.  Une première étape de 258 kilomètres. Un joli Paris-Roubaix au mois de juillet.
Pelos qui officie autant dans le quotidien que dans le supplément sportif de ce journal a croqué le départ de la Grande Boucle:

DSCN4463

On reconnait à gauche Henri Desgranges et à droite Jacques Goddet.

DSCN4461

On peut lire en première page le film de l’étape, remportée par le routier suisse Egli.

En page intérieure, une grande photo aérienne du passage du peloton, à la sortie de Paris, sur le pont de Pontoise:

DSCN4462

La course est partie !

On peut lire qu’en Alsace se sont déroulés de très violents orages dévastateurs.

DSCN4460

En Haute-Alsace, une voie ferrée a été emportée.

Cet épisode orageux va se poursuivre demain, comme on le verra.

Poster un commentaire

Classé dans Journaux, Sport

LE CANARD ENCHAÎNÉ du 11 novembre 1970 est bien plus sage que la une d’HARA-KIRI.

Le 11 novembre 1970, c’était le 62ème anniversaire de la Victoire. Mais c’était aussi 2 jours après la disparition du Général De Gaulle. On trouve de nos jours sur les vide-greniers tous ces journaux et magazines qui firent pour l’occasion des unes sensationnelles. Plus rare est ce numéro du Canard Enchaîné qui dût certainement transformer à la va-vite sa première page  pour coller à l’actualité.

DSCN1381

Les 2 canards qui se renvoient la réplique en encadrant le titre…

DSCN1382 DSCN1383

font allusion à une expression de De Gaulle qui avait « traité » les Français de veaux lors de l’une de ses conférences de presse.

C’est André Ribaud qui écrit un éditorial finalement assez respectueux sous ce titre:

DSCN1384

En voici la teneur:

Le Roi mourut à Colombey le 9 novembre au soir, sur les sept heures, peu de jours avant d’atteindre ses 80 ans. On différera jusqu’au lendemain d’annoncer la nouvelle au monde, comme si on eût espéré encore qu’un miracle pût le ressusciter. Puis tout fut dit. Les médecins publièrent que le Roi était mort d’un malaise de cœur. Qui sait si ce ne fut point, plus sûrement, de mélancolie et de délaissement ?

DSCN1385

Il avait vécu pour gouverner l’État et l’avait gouverné sans frein pendant longtemps. Depuis que l’État s’était dérobé à lui, il ne faisait en vérité que survivre. Sans doute s’était-il raidi, après son abdication, à paraître soulagé, dispos, curieux de voyages, disert en mémoires, sinon en propos ou en discours. Mais on devinait, à des signes, que c’était pour la montre et pour donner le change du sourd chagrin qui l’envahissait. Le Roi voyait peu à peu l’oubli s’épaissir autour de lui. Le bruit s’assourdissait. La Cour, les ministres avaient cessé de s’apercevoir du vide qu’il avait fait en s’en allant. Il formait à Colombey une statue du Commandeur mais dont la pierre, à mesure, s’effritait et qui n’inspirait plus qu’une frayeur, même une considération chaque jour, chaque mois plus délitées.

Le 4 novembre, sa fête privée avait été célébrée sans que, pour la première fois, pas une gazette en fit mention. Le grand vacarme fait à la parution du premier tome de ses nouveaux « mémoires » était retombé d’un coup, brusquement, après quelques jours. Rien ne semblait plus envelopper le Roi qu’une morne indifférence et qu’un désintérêt public. Le 9 novembre, par un triste soir d’automne, le roi se retira soudainement du monde qui s’était déjà lentement retiré de lui.

DSCN1386

Il avait, pendant sa vie, régné, gouverné, fasciné, frappé les esprits et les imaginations, par la surprise. C’est par surprise aussi qu’il mourut, conformément à son génie profond. Mais la suprême surprise qu’il réservait au monde fut posthume. C’est dans les dispositions qu’il avait prises pour ses obsèques qu’il la fit éclater. Jamais mieux que dans ce peu de mots irréfragables, le Roi ne fait sentir et admirer par beaucoup l’immensité et la force, en même temps que la simplicité et le dépouillement de son orgueil. D’un coup d’épée, il traversait et renversait tous les plans publics pour ses obsèques : point de grandes funérailles, de grands flambeaux, de grandes oraisons. Comme il n’était plus le premier à Paris, le Roi ne voulut être enterré que comme le premier à Colombey. C’est du bout des lèvres, avec condescendance et commisération, même avec un peu de répugnance qu’il acceptait que ce qui gouvernait l’État après lui accompagnât son cercueil et lui fit l’honneur d’un peu de larmes.

La première stupeur passée, après cette mort subite, le Régent prescrivit à la Cour et à l’État de prendre le grand deuil, puis tint Conseil d’En-Haut à l’extraordinaire, où il fit part des dernières volontés du Roi, dont il se trouvait être le dépositaire, non point parce qu’il était présentement le Régent, mais parce qu’il avait été jadis le conseillé privé du Roi. Les membres du Conseil eurent qu’à acquiescer, puis tous marquèrent leur immense douleur publique. Quand ils quittèrent la salle, la fiction se glissait sur tous les visages, mais le soulagement surnageait sur plusieurs. C’en était fini de la peur du jugement du Roi, de son silence, parfois si parlant. Quelques-uns qui redoutaient que le Roi leur fût cruel dans la suite de ses « mémoires », savaient maintenant peu l’ouvrage resterait à jamais inachevé.

Le Roi mourut sans le Régent, depuis qu’il ne lui avait succédé, l’eût revu vivant, ni sans que les ombres qui s’étaient élevées entre eux, avant et après les événements de la Succession, se fussent dissipées. Le « duel », comme on appela parfois leur querelle, été tranché, pour toujours.

C’est remarquablement écrit, c’est critique envers le pouvoir pompidolien et les ministres mais vis à vis de de Gaulle, « le Roi », on est loin de la une d’Hara-Kiri « Bal tragique à Colombey- Un mort ! » qui vous a été présentée dans ce blog, le 16/11/2014 et qui valut la suspension définitive de cet hebdo.

(voir  https://unmondedepapiers.com/2014/11/16/larticle-qui-aur…en-novembre-1970/)

En parlant de bal tragique, le vrai, celui du 1er novembre 1970 à Saint-Laurent-du-Pont avec la destructions du 5-7, le dancing à la mode de la région, en page 3, Le Canard Enchaîné commence à dévoiler les irrégularités qui ont entraîné cette catastrophe.

DSCN1387

Suivant cet article, Pompidou aurait passablement enguirlandé ses ministres : Marcellin celui de l’intérieur à cause de ce dancing ouvert jusqu’à 2 heures du matin alors que le Préfet de l’Isère ne savait même pas qu’il était ouvert, Chalandon celui de l’Equipement et du Logement car le dancing n’avait pas reçu de permis de construire, Duhamel celui de l’agriculture car le dancing n’avait pas d’eau, Galley celui des PTT car le dancing n’était relié au réseau téléphonique… ce qui fait conclure au journaliste à l’adresse du Président: « Alors qu’est-ce que c’est que ces ministres et qui s’est avisé de les choisir ? ». La chienlit aurait dit De Gaulle !

Poster un commentaire

Classé dans Journaux

La CAPITULATION du 8 mai 1945 vue par LA DÉPÊCHE TUNISIENNE

C’est bien entendu dans le numéro du mercredi 9 mai 1945 de…

DSCN3171

que l’on va trouver les articles annonçant aux lecteurs la Capitulation nazie et la Victoire des Alliés.

On a déjà pu voir dans unmondedepapiers des présentations de journaux des 7, 8 et 9 mai 1945, seulement des originaux bien entendus. Ce journal tunisien de l’époque du Protectorat s’est récemment ajouté à la collection.

DSCN3172

La une dont on voit ci-dessus la partie supérieure est beaucoup plus sobre que celles des journaux métropolitains. « LA VICTOIRE » est écrit en plus gros que le reste des titres mais les lettres restent dans des proportions raisonnables. On est loin des titres des journaux tel ceux-ci:

SAMSUNG CAMERA PICTURES SAMSUNG CAMERA PICTURES SAMSUNG CAMERA PICTURES

Le journal donne la parole, tout en haut de la page au Roi d’Angleterre, au Général de Gaule, au Président des Etats-Unis Truman et plus discrètement, en dessous, au général Eisenhower. Churchill est également présent avec cette citation: « Vive la cause de la liberté ».

Dans la seconde partie de cette une, dans la partie inférieure du journal, des nouvelles militaires avec…

DSCN3173

les événements qui ont marqué la Capitulation de l’Armée et de la Marine du IIIème Reich, et…

DSCN3174

la cessation des hostilités par les armées allemandes qui combattent face aux Russes, dans les régions de Prague et de Dresde.

C’est en seconde (et dernière) page qu’on peut lire ce qui se passa à Tunis à l’annonce de la Capitulation et de la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

DSCN3175

La fête dans les rues de Tunis à l’annonce de la cessation prochaine des hostilités, officiellement à 15 heures le jour-même, puis un calme fébrile à l’approche de  cette heure historique et l’explosion une fois que le speaker eut annoncé « pour de bon » la fin du plus grand conflit qu’est connu l’humanité. Une fête qui se prolongea tard dans la nuit.
A côté de cette narration est inscrit le programme des festivités officielles qui auront lieu le jour de parution du journal, le 9 mai 1945.

Non loin de cet article, un autre, plus sobre, demande à ce que l’on se souvienne de ce que fut l' »Horreur des camps de la mort allemand ». Il fallait aussi le dire !

Poster un commentaire

Classé dans Journaux

Un autre 11 SEPTEMBRE, l’EXPÉRIENCE CHILIENNE prenait fin prématurément. Le CANARD ENCHAÎNÉ en parle…

Le Canard Enchaîné du 19 septembre 1973 dans lequel l’hebdo humoristique fait un jeu de mot, le Chili devenant Chienlit, terme que De Gaulle avait remis à la mode pour parler des événements de Mai 68.

DSCN1373

D’ailleurs, dans l’article d’André Ribaud est prononcé un autre mot que De Gaulle a immortalisé en 1961, lors du putsch des Généraux d’Alger: « pronunciamiento » et sur ce petit encart avec une photo des généraux félons…

DSCN1378

on peut lire un troisième mot du grand homme prononcé en la même occasion: quarteron. En septembre 1973, il n’y a pas encore 4 ans que de Gaulle a disparu. Et la droite de Pompidou aurait bien eu besoin de la vision un peu plus avisée de De Gaulle face à cette crise chilienne. D’où cette caricature du Président Pompidou appelant Pinochet…

DSCN1376

pour lui proposer d’entrer dans le Marché Commun (on dirait l’Europe en 2016) sans aucune empathie pour ce qui s’est passé, le coup d’état, la mort du président démocratiquement élu Salvador Allende suicidé par les militaires et la terrible répression que l’on pouvait imaginer et qui ira plus loin que ce que l’on imaginait… quand on saura:

DSCN1375

Un coup d’état manigancé par les Etats-Unis de Nixon qui, lui fête ouvertement cela…

DSCN1374

puisque ce sont les agents de la CIA qui aideront Pinochet avec plus tard l’aide d’anciens nazis convertis, utilisés pour leur savoir-faire ! Les Etats-Unis voulaient préserver les intérêts exclusifs de leurs multinationales américaines alors que le gouvernement Allende voulaient les faire participer au partage des richesses pour aider les plus pauvres. ITT et d’autres seront montrées du doigt par la suite avec appel au boycott de leurs produits en Europe.

Le texte principal est signé par André Ribaud. Le voici.

DSCN1377

« Le gouvernement des militaires est, de tous, le plus coûteux, le plus tyrannique et le plus rétrograde. Fondé sur la peur, il ruine le commerce, avilit les sujets, méprise les principes et néglige le savoir », écrivait l’illustre Churchill, alors dans son jeune âge, en 1899. Superbe définition, mais tellement incomplète, tellement dépassée. Disons que le gouvernement des militaires bafoue la loi, sabre les libertés, emprisonne, torture, exécute les opposants et on aura une idée plus précise de la fière équipe qui vient de faire main basse sur le Chili et de bousiller à coups de roquettes, de mitrailleuses, dans le sang, l’expérience socialiste du noble président Allende.

Pourtant, qu’est-ce qu’on ne nous avait pas raconté sur le loyalisme à toute épreuve de cette armée chilienne, démocratique, légaliste, respectueuse de l’ordre constitutionnel et tout ! Et Pinochet, avec son nom d’opérette, n’est-ce pas un démocrate estampillé et même un démocrate-chrétien ? Les autres généraux putschistes, qui allaient trahir et faire mourir l’homme dont, la veille encore, ils acceptaient commandements et portefeuilles ? Au-dessus de tout soupçon, on disait. Et puis, ce fut, le 11 septembre, le putsch, le pronunciamiento, la répression conduite avec une dureté implacable par cette armée si loyaliste, si démocratique…

En vérité, il n’est si bonne armée dont il ne faille, toujours et partout se méfier. Le trop confiant président Allende a cru devoir et pouvoir faire cautionner, étayer, protéger son expérience par ses généraux. En leur conseillant des ministères, des responsabilités civiles, il a introduit les loups dans la bergerie et les loups l’ont dévoré. Au fond, on en revient toujours là : les civils surtout quand ils sont socialistes, ne doivent jamais donner l’occasion aux militaires de se mêler des affaires des civils. C’est ouvrir la porte à toutes les tentations. Demandez plutôt à Guy Mollet et à Lacoste, après leur expérience de la guerre d’Algérie. Et on murmure de Moscou que Brejnev commence à se mordre les doigts d’avoir fait entrer le maréchal Gretchko dans le Politburo.

La seule armée à peu près sûre c’est celle qu’on renvoie dans ses foyers ou, à tout le moins, qu’on laisse dans ses cantonnements. Et dans l’armée la plus loyale, il y a toujours un Massu modèle 58 ou 68 qui sommeille ou un Pinochet qui ne dort que d’un œil. Le Chili, bien sûr, n’est pas la France. Mais si un jour Mitterrand vient au pouvoir, qu’il se garde bien de donner un portefeuille à un quelconque Pinochet français. Il sait comment cela finit.

Il est vrai que des Pinochet français, le directeur du Figaro, Robinet, en prédit et en promet à Mitterrand. Dans son éditorial époustouflant, le cher confrère explique froidement que si Mitterrand vient au pouvoir avec un gouvernement de gauche élu par le suffrage universel, et bien l’armée sera amenée fatalement à le renverser. Et ce sera la faute à qui ? A Mitterrand, coupable de s’être fait légalement élire par le peuple.

De Robinet en Pinochet… Gloire, gloire aux portes-flambeaux de la belle bourgeoisie française !

Et gloire aussi au gouvernement français pour sa noble courageuse et brillante attitude de Ponce Pilate. Pompidou a attendu trois jours pour envoyer un télégramme conventionnel à la veuve du président Allende. Messmer a bafouillé trois phrases vaseuses pour annoncer que la France n’avait qu’un devoir : se taire. Pardi, la France, comme dit Pompidou, entend « être bien avec le monde » et donc bien avec Pinochet.

Mais voici ce qu’on dit dans les milieux bien renseignés : la France veut éviter à tout prix d’indisposer la junte parce qu’elle espère obtenir une commande d’une vingtaine de « Mirage » et de chars « AMX ». Le général Prats, chef d’état-major sous le président Allende, était venu, en juin, négocier le marché, mais la France, sentant que la situation intérieure au Chili n’était pas sûre, avait suspendu les pourparlers. Maintenant, elle veut enlever le morceau. Tel serait le prix de son noble silence.

La France, naguère, était connue, respectée, aimée, spécialement en Amérique du Sud, comme la championne des libertés et des droits de l’homme. À cette image, la Ve République préfère aujourd’hui celle, sordide, du marchand de canons. Les principes de Monsieur Dassault ont remplacé ceux de 89.

Pauvre Allende !

Un excellent résumé de la situation ! En 1973, les Chiliens en prenaient pour 17 ans de cette dictature militaire de Pinochet qui allait être renvoyée à ses chères études suite au référendum perdu du 5 octobre 1988 dont le déroulement a été raconté récemment dans le film « No » de Pablo Larrain. La mort en 2006 de l’ancien dictateur l’empêcha qu’il réponde de des crimes de son régime devant la justice, d’expliquer le pourquoi et le comment des milliers de morts et disparus.

Quant à la réaction des syndicats en France en 1973, elle se matérialisa par des grèves et des débrayages. Le 12 septembre 1973, c’était mon premier mouvement de grève de jeune enseignant au collège du Moulin d’Albi à Bourg-les-Valence, un débrayage de 30 minutes à 11 heures 30. Ce ne devait pas être le dernier !

Poster un commentaire

Classé dans Journaux

TOUR DE FRANCE 1913: l’étape LUCHON-PERPIGNAN dans l’HUMA du 12 juillet.

DSCN2743

L’Humanité du DSCN2744, au coeur de l’été et du Tour de France avec cette étape Luchon-Perpignan et une belle victoire du coureur belge Marcel Buysse.

Mais auparavant, regardons ce dont nous parle la une du quotidien socialiste.

C’est Jean Jaurès qui écrit l’éditorial sous le titre Bonne journée. Il se félicite de la pauvreté des discours entendus à la Chambre dont celui du Garde des Sceaux en lutte contre les syndicats et les socialistes qu’il vient de traîner en procès. A noter que le tribun socialiste appelle les hommes de la droite  réactionnaire, les réacteurs, terme qui désigne tout autre chose 100 ans plus tard.

Un gros titre guerrier avec des photos qui préfigure la déflagration qui se produira l’année suivante.

DSCN2745

Dans les Balkans, la Roumanie vient de voir ses troupes pénétrer en Bulgarie, déclenchant un conflit que ne se réglera qu’au traité de Trianon en 1920.

A Paris, on inaugure des aménagements urbains dont celui de la place des Vosges nouvellement redessinée.

DSCN2746

Revenons au Tour 1913. L’article raconte l’étape comme les années précédentes en indiquant les ordres de passages dans les contrôles jalonnant la route entre Luchon et Perpignan, les villes de Saint-Girons, Tarascon-sur-Ariège, Ax-les-Thermes, Bourg-Madame: un rallye cycliste de 324 kilomètres plutôt vallonnés.

On apprend qu’il ne reste plus que 35 coursiers au départ de Luchon sur les 55 coureurs par équipes et la centaine d’isolés ayant pris le départ à Paris 15 jours plus tôt. Quant au dit départ, il eut lieu à 3 heures du matin !

DSCN2748

Les passages aux contrôles nous apprennent que le champion belge Lucien Buysse fit la course en tête toute la journée.

DSCN2749

A l’arrivée à Perpignan, il avait fait à 5 minutes près, presque 12 heures de selle. Un Lucien Buysse qui remportera 6 des 15 étapes du Tour 1913 mais ne remporta pas la course. En effet, le classement par points des éditions précédentes avait été remplacé par un classement au temps, comme de nos jours. C’est son compatriote belge Philippe Thys,  de la même équipe Peugeot que lui, qui remporta son premier Tour de France en devenant leader (mais pas encore maillot jaune) à Aix-en-Provence.

Philippe Thys, triple vainqueur des éditions 1913, 1914 et 1920 aurait certainement été le premier à gagner 5 ou 6 grandes boucles si la course avait été disputée entre 1914 et 1919 !

Poster un commentaire

Classé dans Journaux

Le PARCOURS du TOUR DE FRANCE 1910 dans L’HUMANITÉ du 1er juin.

Encore un rayon de soleil de juillet, venant de l’Humanité du  DSCN2755 !

DSCN2754

Le journal s’y prend à l’avance pour annoncer le parcours du Tour de France cycliste, un mois à l’avance puisque la course était prévue du 3 au 31 juillet suivants.

Voici donc le parcours tel qu’il avait été concocté par les organisateurs du journal L’Auto autour d’Henri Desgranges.

DSCN2759

14 étapes avec quelques remarques. Tout d’abord l’arrivée à Metz qui était depuis 1870 rattaché au Reich. Les arrivées à Metz commencèrent en 1907 et jusqu’en 1910. Des manifestations pro-françaises s’étant déroulées en cette dernière occasion, le Kaiser revint sur son accord et le Tour ne fut plus autorisé pour cette escapade allemande.

Autre remarque, ces 2 nouveautés avec les étapes Perpignan-Bagnères-de-Luchon et Bagnères-de-Luchon-Bayonne. En 1910, ce fut la première fois que le Tour emprunta les routes des Pyrénées et de ses grands cols: Peyresourde, Aspin, Tourmalet et Aubisque qui obligèrent bien des cyclistes à poser pied à terre pour pousser leurs engins. Le futur vainqueur, Octave Lapize, aurait crié à l’adresse des organisateurs: Vous êtes des assassins ! au passage du col d’Aubisque.

Un Octave Lapize qui allait connaître le même sort que son second François Faber, lors de la Grande Guerre, tué vers Toul lors de la chute de son avion lors d’un combat aérien, le 14 juillet 1917.

octave lapize

Le registre matricule d’Octave Lapize…

à la carrière brève mais bien remplie avec ce Tour 1910, 3 Paris-Roubaix (1909-10 et 11), 2 Paris-Bruxelles (1912 et 13), 3 titres de Champion de France (1911-12 et 13) et les Six Jours de Paris 1912.

Voyons les titres les plus importants de cette Huma du 1er juin 1910. Outre la fin des opérations pour essayer de sauver l’équipage du sous-marin Pluviôse échoué près de Calais et qui verra le décés des 27 marins de l’équipage, un article nous apprend…

DSCN2756

que les billets de tramway parisiens sont bien plus chers que ceux des transports équivalents à Londres, Berlin, Rome, Vienne et même de bien des villes de ses pays.

Autre titre sur une mutinerie militaire à Nîmes lors de laquelle…

DSCN2757

le colonel Castaing a été frappé par un réserviste, Thérond, particulièrement récalcitrant puisqu’il venait de passer 3 ans dans un biribi algérien !

Poster un commentaire

Classé dans Journaux

TOUR DE FRANCE 1909: c’est L’HUMANITÉ de JAURÈS qui raconte l’étape NÎMES-TOULOUSE.

DSCN2750

On avait déjà montré une Huma. à l’époque où le rédacteur en chef était Jean Jaurès parlant d’une étape des premiers Tours de France, ceux de l’ère héroïque d’avant-Grande Guerre. Aujourd’hui, c’est l’Humanité du DSCN2751 que nous allons présenter. L’éditorial Chassons-les! est de Amilcare Cipriani. La photo de la une illustre la chute en Manche de l’aviateur Hubert Latham, dans une traversée de cette mer cinq jours avant que Louis Blériot ne laisse son nom pour la postérité dans le même exercice. Au milieu de la photo, un ver de grenier a laissé sa trace !

Autre titre de cette une, le procès intenté par l’état contre le syndicat des postiers qu’il juge illégal. Aucune loi n’encadre les syndicats de fonctionnaires. C’est Jaurès lui même qui vient témoigner pour la défense des accusés et on imagine sa voix de tribun prononcer en fin de son audition: l’aube de la légalité existe déjà pour le syndicat des postiers et la poursuite gouvernementale est le crépuscule de la répression. 

Allons en 4ème page pour lire l’article sur cette 8ème étape Nîmes-Toulouse du Tour de France 1909 disputée la veille. Le Tour comptait 14 étapes seulement et longeait les frontières de l’hexagone.  Les étapes étaient conséquentes, des rallyes de 251 à 415 kilomètres (!) ce qui obligeait les organisateurs d’octroyer un jour de repos par étape. Les courses ne se déroulaient que les jours impairs du mois de juillet! Cette étape Nîmes-Toulouse était longue de 303 kilomètres.

Voici la relation des faits, sur 2 colonnes du journal:

DSCN2752 DSCN2753 Jean Alavoine, le vainqueur à Toulouse, débutait dans le cyclisme de haut niveau cette année-là et allait inscrire son nom 17 fois au palmarès des vainqueurs d’étapes du Tour: 2 en 1909 dont celle arrivant à Paris en plus de celle de Toulouse, 3 en 1912, 1 en 1914, 5 en 1919, 3 en 1922 et autant en 1923. Une longévité sportive à la « Poulidor » mais il faut tout de même ne pas oublier que sa carrière connut une interruption de 4 ans entre août 1914 et 1919 !

Une interruption qui fut fatale au vainqueur du Tour 1909, le Luxembougeois François Faber, engagé dans la Légion Étrangère et qui disparut (au sens premier du terme d’ailleurs) le 9 mai 1915 à Berthonval (Pas-de-Calais).

françois faber

La fiche matricule de François Faber…

qui rata d’une roue la victoire à Toulouse pour cause d’une chute sur le fil qui lui coûta la victoire.

A noter que la narration du reporter est des plus succinctes. Il se contente de donner les passages au points importants du parcours: Montpeller (km 49), Béziers (km 126), Carcassonne (km 209) et à l’arrivée, sur les Allées (?) où se pressent 15 000 personnes pour la presse.

A noter également que le vainqueur du jour à mis 10h10 pour parcourir les 303km au programme. Soit à presque 30km/h de moyenne… un bel exploit vus l’état des routes et le peu d’avancée technique des montures !

Poster un commentaire

Classé dans Journaux

RÉSISTANCE 1942 (15/23): journal clandestin LA VIE OUVRIÈRE (CGT) de septembre 1942.

Un numéro spécial de La Vie Ouvrière de septembre 1942. La V.O. est le bulletin d’information de la CGT qui existe toujours de nos jours. Mais sa distribution sous le manteau en zone occupée comme sa lecture en septembre 1942 était beaucoup plus risquée que de nos jours. La Une est d’ailleurs un appel sans équivoque à la lutte armée:

DSCN2277

Mort aux traîtres ! Mort aux Boches ! le message est clair. C’est un appel à lutter autant contre les Allemands que contre les hommes de Vichy emmenés par Laval et qui envoient des travailleurs français en Allemagne à la demande des vainqueurs.

Ce titre fait clairement allusion à la manifestation du 20 septembre 1942, célébrant le 150ème anniversaire de la Victoire de Valmy. On en a parlé récemment avec des petits tracts, des flyers appelant à cette action.

DSCN2281Ce n’est pas encore le S.T.O. qui ne sera institué qu’en février 1943. Mais « la Relève » inventée par Laval en juin 1942 fut un échec avec seulement le départ de 17 000 ouvriers pour le Reich. Aussi en réponse aux demandes de Fritz Sauckel, le « négrier de l’Europe », chargé par les Nazis d’amener de la main d’oeuvre européenne pour remplacer les hommes sur les fronts, Laval va créer en septembre 1942 la conscription obligatoire qui ne marchera que dans la zone occupée. Elle sera très impopulaire en zone sud avec en particulier des grèves à Oullins dans le Rhône.

DSCN2280

Un petit pavé qui met en avant la grève d’ouvriers luxembourgeois pour refuser le travail obligatoire imposé par les Allemands.

En seconde page, ce petit article qui dénonce les hommes de la CGT ou d’autres syndicats qui participent à la commission chargée de choisir les ouvriers à envoyer en Allemagne:

DSCN2282

Des mots très durs: traîtres, marchands d’esclaves, agents de l’ennemi, complices des assassins des militants ouvriers (dont Pierre Semard).

DSCN2283Un autre petit article pour rendre hommage à deux morts, amis de la V.O. assassinés par les Nazis. Deux intellectuels communistes:

Jacques Salomon, physicien, gendre de Paul Langevin qui est à l’initiative de la Résistance des Intellectuels, fusillé au Mont-Valérien le 23 mai 1942.
Georges Politzer, philosophe, lui aussi dans le même réseau que Jacques Salomon connut le même sort: arrestation par les Brigades Spéciales de la Préfecture de Police (des Français) et assassinat au Mont-Valérien le 23 mai 1942.

DSCN2285

Appel à la lutte armée des ouvriers dans le sillage des Francs-Tireurs, l’organisation de Résistance communiste… surtout que Métallos, Cheminots et Mineurs ont tous des camarades à venger. Des actions des résistants ouvriers sont citées dans un autre petit mot: dans la Nièvre, à Paris chez Esder chez Gnome-et-Rhône et d’autres lieux, Brest, Nancy, Bordeaux, Tarbes, Annemasse, Sotteville,  Saint-Pierre-des-Corps, dans le Nord. Tout cela dans la zone administrée par les Occupants !

DSCN2286

La page 3 est beaucoup plus politique avec une analyse des raisons de lutter contre la Charte qu’a adopté le régime de Vichy pour régler les rapports entre ouvriers et patrons sous un système corporatiste à la manière du régime fasciste de Mussolini. Ainsi la Voie Ouvrière comme les syndicats clandestins CGT et CGTU, les syndicalistes chrétiens préparent la riposte à des textes que Vichy semble vouloir activer.

DSCN2287D’ailleurs, en haut de page suivante, un petit mode d’emploi pour contourner la mise en place des délégués (suivant la Charte) et leur faire prendre en compte les revendications ouvrières. N’oublions pas que ces délégués des ouvriers et employés étaient nommées… par les patrons !

Des revendications que l’on peut retrouver en tant de paix:

DSCN2288

Des revendications salariales…

DSCN2292

Des revendications pour améliorer le quotidien… !

Les mérites de l’unité d’action des syndicats, chose vite oubliée en période de moins difficile:

DSCN2291

DSCN2289Un petit article pour donner en exemple les actions collectives des ouvriers ici et là:

-à La Ciotat, grève chez les métallurgistes.

-près de Paris, débrayages dans des chantiers,

-à Brest, grève à l’Arsenal,

-actions chez des entreprises métallurgiques parisiennes pour augmenter les salaires, en particulier dans l’aéronautique chez Bréguet.

Enfin, un article qui interpelle que celui-ci:

DSCN2290

Les Nazis et les hommes de Vichy diffusent de « fausses » Vie Ouvrière vantant les mérites de la Kollaboration et dans lesquelles signent des « traîtres » au mouvement ouvrier, anciens syndicalistes reconvertis à la Collaboration. Avec la perspective de marks triomphants encore en 1942, cela peut se comprendre !

DSCN2279

La première page de cette revue, au format à l’italienne, crise du papier oblige

1 commentaire

Classé dans Journaux