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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 22/25 VALLABRÈGUES

Peu de renseignements sur ce bac de Vallébrègues avant de lire la contribution de Georges Sudres sur le site de la commune de Comps, la ville qui compte le plus de repère de crue de toute la vallée du Rhône: 49 !

Ce professeur y raconte la séparation des communes de Comps et Vallabrègues, toutes deux gardoises et qui avant 1808 n’en faisait qu’une. Voyons un peu.

Au début du XVIIIème siècle, le bras principal du Rhône passait entre la Montagnette et la commune de Vallabrègues, en suivant globalement la limite actuelle des départements du Gard et des Bouches-du-Rhône. On peut s’en rendre compte sur cette carte que l’on doit à Google Maps.

Puis la commune de Vallabrègues voulant se soustraire aux crues incessantes du Rhône demanda en 1751 à l’ingénieur des Ponts et Chaussées Henri Pitot originaire d’Aramon de détourner les eaux du Rhône vers le bras secondaire du fleuve ce qui eut pour conséquence de séparer Vallabrègues de son hameau de Comps. On doit à Henri Pitot les plans du pont routier longeant le Pont-du-Gard ou l’aqueduc des Arceaux à Montpellier aboutissant au Peyrou.

Ce détournement du fleuve entraîna l’éloignement humain des 2 communes qui n’étaient plus reliées que par un bac à traille avec une corde de chanvre, bac connu régionalement pour être particulièrement dangereux.

Voici donc une carte postale ancienne de ce bac datant du début du siècle.

La création par la CNR de l’aménagement de Vallabrègues rapprocha alors dans les années 1970 les 2 communes. Le bac disparut après la seconde guerre mondiale.

Pour lire l’étude complète et précise de Georges Sudres sur le site de Comps:

http://www.mairie-comps.fr/histoire-la-separation-de-comps-et-vallabregues/

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 21/25 AVIGNON.

En Avignon se trouve le premier bac en activité que nous allons évoquer. Il y en a 3 en tout sur le Rhône entre la Confluence et la mer Méditerranée à accueillir encore des passagers pour des traversées du fleuve. Le bac du Rocher des Doms n’est plus un bac à traille, ce bras de Rhône n’ayant pas assez de courant pour permettre à une barque de traverser. C’est donc un automoteur qui fait la navette dix mois et demi par an sur douze entre le pied du rocher des Doms et l’île de la Barthelasse. Cela fait certainement économiser beaucoup de déplacements en voitures plus polluants.

La bac au milieu du fleuve assez large en cet endroit.

A l’approche des remparts.

Les horaires des traversées augmentées en période estivale.

 L’existence du bac d’Avignon est bien antérieure à la construction du fameux pont qui se déroula de 1177 à 1185 et elle survécut sans problème à cette construction, tant le pont Saint-Bénézet connut des problèmes de fiabilité, coupé à de nombreuses reprises par les crues du Rhône. Quand le pont fut abandonné au XVIIème siècle et même quand un pont suspendu fut construit sur ce bras de Rhône, le bac (devenu à traille) continua à desservir l’île de la Barthelasse. Ce n’est finalement que l’aménagement de la chute d’Avignon qui donna le coup de grâce de la traille en trop affaiblissant le  courant sur ce bras de Rhône; la navigation fluviale se faisant désormais sur le bras baignant la berge de Villeneuve-lès-Avignon. On était alors en 1973. Hier en quelque sorte ! L’automoteur du Rocher des Doms prit récemment la relève.

On retrouve dans la Barthelasse, en aval des campings, un chemin de la traille.

 C’est là qu’arrivait le bac en provenance de la ville. On en a gardé des traces iconographiques avec de nombreuses cartes postales.

Le décor n’a guère changé.

Le calvaire est toujours présent, la berge a été aménagée pour les loisirs sportifs. La traille et sa pile ont disparu.

Pile de traille cachée derrière les arbres dépourvus de feuilles:

Autre CPA de cette traille proche d’un vire-vire attrapant les poissons du Rhône, alors comestibles.

Sur l’autre berge, côté remparts, tout a également disparu…

…excepté le port.

On se doit d’ajouter que cette traille présente sur cette carte de 1891…

fut doublée à différents moments  par une seconde traille située plus en aval, vers l’actuel pont de l’Europe, comme en atteste la carte de marinier datant de 1930 environ.

On voit ce bac à traille à droite du point orange tandis que celui du Rocher des Doms est indiqué par un drapeau rouge.

A noter également que le 6ème Régiment du Génie construisait régulièrement des passages temporaires sur le Rhône pour entraîner ses hommes comme en attestent de nombreuses photos.

Quelques vues datant de la fin du XIXème siècle.

Pour être complet, il existait un autre bac sur l’autre bars du fleuve, entre la Barthelasse et le Gard, dont il ne reste aucune trace, ni physique, ni iconographique.

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 20/25 L’ÎLE de l’OISELET.

Après l’île du Colombier et l’île de la Piboulette au niveau de Caderousse, de grandes île se succèdent sur le Rhône: l’île de l’Oiselet en face de Sorgues-Sauveterre puis la plus grande île du fleuve: la Barthelasse au niveau d’Avignon reliée maintenant à l’île Piot.

L’aménagement de la chute d’Avignon par la CNR a fait disparaître cette île de l’Oiselet et il demeure quelques bras morts du Rhône comme on peut le voir sur cette vue aérienne que l’on doit à Google Maps.

L’Île de l’Oiselet était relié aux berges par 3 bacs à traille, un côté Gard en face de Sauveterre et 2 côté Vaucluse, le premier au niveau du château Dragonet et le second plus près de Sorgues…

…à peu près à l’emplacement de l’actuel pont-digue qui permet l’accès aux terres de l’Oiselet.

Voici ce bac tel qu’il apparaissait au début du XXème siècle.

Le photographe, Prévot d’Avignon, a pris sa photo depuis l’île de l’Oiselet et on aperçoit tout au fond le château de Châteauneuf-du-Pape.

Les habitants de l’île se regroupèrent dans les années 20 pour revendiquer qu’un pont soit construit sur le Rhône pour faciliter leurs déplacements et les échanges. Cela ne put se faire mais ils décidèrent de construire avec leurs propres deniers un pont suspendu qui prit le nom de Pont des Arméniers, du nom de la lône sur lequel il est jeté. Il fut mis en service en 1925 grâce donc aux riches propriétaires de domaine dans l’île. Tombé en désuétude après les aménagements de la CNR, il est aujourd’hui classé monument historique… en ruine !

La pile de côté Sorgues.

Le frêle tablier du pont suspendu

…fortement allégé par l’absence des poutres.

 

 

 

 

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 18/25 CADEROUSSE

Un peu au sud de Saint-Etienne-des-Sorts, le franchissement du Rhône au niveau de Caderousse- L’Ardoise se faisait non pas par un bac mais par deux. Pour cause, la présence de la grande île de la Piboulette. Il existait donc un bac entre Caderousse et l’île puis après la traversée de celle-ci, un second bac entre l’île et le site industriel de l’Ardoise sur la commune de Laudun. Ces 2 lieux de passage n’étaient pas directement reliés entre eux car ils servaient essentiellement à desservir le château de la Piboulette et à « exporter » ses productions. C’était d’ailleurs la propriétaire du domaine, Madame de Gramont qui était aussi gestionnaire des bacs.

La bac de Caderousse sur le Petit Rhône.
Suivant Henri Cogoluènhe, c’est surement le premier bac à traille installé en région PACA. On peut penser que François 1er qui dormit au port de Caderousse en août 1524 l’emprunta. Au XVIIème siècle, il fait parler de lui tout comme celui de Sorgues pour être un lieu de trafics dédiés à tromper le fisc.

On le retrouve au début du XXème siècle sur quelques cartes postales anciennes dont celle-ci:

On voit la barque au milieu du bras du Rhône avec en arrière-fond, la digue construite après la crue de 1856.

On dit que cette traille ferma en 1937, ce dont je doute fortement; mon père empruntant quotidiennement le bac pour porter le courrier dans l’île, postérieurement à cette date.

Le bac de L’Ardoise sur le Grand Rhône ou bac de Codolet;

Le premier bac attesté fait remonter son histoire à l’année 1216. On peut même penser que les Romains du Camp de César voisin franchirent le Rhône en cet endroit avec un bac ou un pont de barques.

On considère que le bac fonctionna plus ou moins régulièrement jusqu’après-guerre et la réouverture définitive du pont de Roquemaure en 1959. A l’époque, il servait surtout à amener des ouvriers vauclusiens à l’usine métallurgique de L’Ardoise.

Pas de document iconographique sinon le bac indiqué sur la carte de marinier des années 1930.

De nos jours, la rampe d’accès au fleuve est toujours visible encombrée par pierres et troncs d’arbres venus s’échouer ici.

Un temps, à la charnière des XIXème et XXème siècles, le bac fut doublé par un téléphérique amenant les betteraves vauclusiennes à la sucrerie gardoise.

Henri Cogoluènhe dans sa thèse en fait mention:

Au début de la Troisième République, au niveau d’Orange, plusieurs trailles sont implantées de part et d’autre de l’Île de la Piboulette, devant l’Ardoise où l’accompagne le transporteur aérien de la sucrerie (peut-être le premier téléphérique français), près de Caderousse et du Revestidou à Montfaucon.

Le transporteur et ses franchissements des 2 bras du Rhône.

Tentative de localisation du transporteur sur la carte actuelle du Rhône aménagé.

Aujourd’hui, on franchit le Rhône sur le barrage de retenue de Caderousse…

…puis l’usine hydroélectrique de Caderousse également.

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 17/25 SAINT-ETIENNE-DES-SORTS

S’il est une commune rhodanienne typique à montrer à un visiteur venu de Mars ou de Paris, c’est bien à Saint-Etienne-des-Sorts qu’on se doit d’aller faire un tour. A son niveau, le Rhône est majestueux pour cause de retenue du barrage de Caderousse. Une digue avec des anneaux d’amarrage, des maisons avec des pieds dans l’eau, les échelles de crue et les vannes pour fermer des bastardeu(s) en cas de montée des eaux complètent le décor.

Et puis les dernière traces du bac à traille.

Entre Saint-Etienne-des-Sorts et Mornas (et quelques îles avant les aménagements de la CNR) existèrent à certains moments de l’Histoire jusqu’à deux bacs à traille. Suivant Henri Cogoluènhe dans sa thèse sur les bacs du Rhône, la première traille fut pendulaire, ce qui est assez rare. A partir de 1869 fut installée une traille traversière au nord de la commune, passage qui fonctionna jusqu’en 1904.

Un second bac fut installé dans le village en 1887. On accédait à la barque en descendant au fleuve par cette pente encore visible et utilisée de nos jours par des pêcheurs ou randonneurs, au sud du village, en face de la cave coopérative.

Au bord de cette pente, cachée dans des herbes folles, on retrouve l’ancienne pile de traille en pin, renforcée,  articulée sur un poteau ancré au sol.

Une traille de rechange attend encore au-dessus que les pouvoirs publics remettent en route ce moyen écologique de traversée du fleuve !

Cette traille connut des problèmes quand elle fut détruite par les Allemands en déroute en 1944 puis quand un automoteur la rompit en 1951. Remise en service en 1953, elle officia jusque vers 1975, date à laquelle elle fut abandonnée de par son coût de fonctionnement trop important pour les finances de la commune et par la concurrence de la mise en service des passages routiers sur le Rhône sur le barrage et l’usine hydroélectrique de la chute de Caderousse.

Une carte postale moderne en couleur de la traille de Saint-Etienne-des-Sorts, photo prise depuis cette ville.

Sur la carte de marinier datant de 1930 environ, le bac de Saint-Etienne-des-Sorts est bien mentionné à l’emplacement où des vestiges subsistent.

Aucun vestige sur la rive gauche totalement réaménagée par les aménagements de la CNR et le tracé de la Ligne à Grande Vitesse.

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 16/25 VÉNÉJAN

Pas de documents iconographique sur l’ancien bac de Bourg-Saint-Andéol en Ardèche malgré qu’il ait encore fonctionné après la destruction du pont en 1944. A Pont-Saint-Esprit,  le pont très ancien, commencé en 1165 et ouvert à la circulation en 1309, rendit inutile la mise en place d’une traille.

C’est un peu plus en aval que se pose la question de la raison d’être de cette tour en bord de Rhône à Vénéjan: la Tour Saint-Georges.

Est-ce une ancienne pile de traille ou est-ce un ancien moulin ?

Sur la carte de marinier, un moulin existe bien mais il est manifestement sur la colline…

…alors que la Tour Saint-Georges est au plus près du fleuve dans le croisement des chemins.

Le sommet de cette tour ressemble beaucoup à un treuil de traille. A l’intérieur, un escalier mène jusqu’au sommet de la tour.

La tour a été électrifiée. Des poulies également en intérieur.

Manifestement la tour pourrait très bien être une pile de traille servent à traverser le Rhône pour aller les productions du domaine de la rive gauche et pour exporter celles de la rive droite.

Mais l’hypothèse d’un moulin servant à pomper l’eau du Rhône pour l’irrigation n’est pas à exclure… !

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 15/25 ROBINET

C’est à la sortie de ce défilé de Donzère appelé Robinet que la traille reliant Viviers à la Drôme fut implantée. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer ce nom de Robinet. Certains prétendent que le mistral s’accélère entre les falaises et souffle bien plus fort comme le fait l’eau sortant d’un robinet. Mais les robinets existaient-ils à l’époque où le nom apparut ? Autre hypothèse que retient Henri Cogoluènhe dans sa thèse sur les bacs du Rhône, il aurait existé une briqueterie dans ce lieu, construite par un certain Robinet. Effectivement, sur les cartes anciennes, le mot Robinet mentionne bien ce quartier. Alors ?

On pense qu’il existait un passage sur le Rhône en cet endroit dès l’époque romaine. Des textes de 877 puis 1147 permettent aussi de penser qu’il perdurait à ces époques sans qu’on en soit très certain. Car à la fin du XVIIIème siècle, les habitants de Donzère plaidaient pour qu’un bac soit installé sur le Rhône au niveau de leur commune, au quartier Robinet.

Ils furent écoutés quelques années après, au début du XIXème siècle. Les premiers plans d’un bac à traille furent dressés en 1804 et on est certain que le bac était en fonction en 1807. Pour cela, on construisit donc cette belle pile de traille sur la rive droite au quartier Touchelage de Viviers.

De l’autre côté, sur la rive droite, la traille était peut-être attachée à un anneau scellé dans la paroi de la falaise.
Mais quelques années après, les frères Seguin mettaient au point leur pont en fil de fer et une fois leur invention fiable, tous les élus voulurent leur pont suspendu. Ce fut le cas dans ce secteur de la vallée du Rhône moyen et dès 1833, les premières ébauches du pont de Robinet furent jetées. Il fallut attendre tout de même 13 ans pour que le pont soit livré au public et la traversée rendu possible moyennant le règlement d’un péage. Nous étions le 16 octobre 1847.

Ce n’est pas ce pont qui fut construit en premier car le mistral joua bien des tours à cette construction. Il fut totalement détruit le 20 mars 1854 et on envisagea la réouverture du bac à traille, fermé en 1851. Cela n’arriva pas. Une fois rendu aux usagers, le pont connut à nouveau de graves problèmes le 28 décembre 1864, le 10 février 1865, en 1896, le 17 janvier 1902. A chaque fois, à cause du mistral et ces destructions entraînaient des longues périodes de fermeture où la présence d’une traille aurait été la bienvenue.

De nos jours, le pont comme la pile de traille sont classées monuments historiques.

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 14/25 LAFARGE-VIVIERS

C’est le développement de la cimenterie Lafarge créée par la famille Pavin et implantée au nord de la commune de Viviers qui eut pour conséquence l’installation d’un bac entre cette usine et la commune de Chateauneuf-du-Rhône.

Une vue de a cimenterie fin 2016 prise depuis la rive droite du Rhône.

Il avait pour fonction de transporter le ciment vers Montélimar et Chateauneuf-du-Rhône et en retour d’amener la main d’oeuvre drômoise à l’usine ardéchoise. Il fonctionna jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale.

La carte postale montre un Rhône peut actif, certainement en période d’étiage. Il faut dire que suivant Henri Cogoluènhe, il arrivait souvent que les passagers se mouillent les pieds pour terminer la traversée côté drômois.

La vue ci-dessous a été prise à peu près à l’endroit où se trouvait le bac. Une île est apparue au milieu du Rhône…

…certainement créée par les sédiments amenés par le Roubion qui se jette dans le Rhône quelques hectomètres en aval. De plus des épis du type Girardin ont été bâtis dans ce secteur.

 Un second bac fut installé un kilomètre en aval sans qu’ici également, aucun trace n’en subsiste.

C’est dans ce secteur, sur la rive droite, que fut retrouvé le vire-vire Pradier qui, une fois restauré, a été placé sur une petite aire de repos à quelques hectomètres du pont de Viviers.

A noter que la carte postale ancienne montrant le bac Lafarge a été prêtée par Marc Durand pour une copie numérique ici présentée.

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 13/25 LE TEIL

Un bac à traille est attesté au XVIème siècle pour franchir le Rhône au niveau du Teil. C’est ce que nous apprend, entre autre, Henri Cogoluènhe dans sa thèse sur les bacs sur le Rhône. On peut aussi savoir qu’une autre traille existait en 1810 un peu en aval, au niveau de la confluence entre le Rhône et le Frayol.

C’est la création de ce premier pont suspendu qui interrompra le bac à traille. Commencé en 1838, il fut mis en service le 8 octobre 1843, après avoir connu bien des problèmes de fiabilité après les crues de 1840 et 1842 qui mirent à mal ses piles. Le bac cessa de fonctionner à ce moment.

Le premier pont suspendu devenu obsolète et dangereux pour ses usagers fut remplacé par un second pont, construit au même endroit et inauguré en 1931. C’est la guerre qui remit à la mode la traille avec la destruction du pont par les artificiers français en 1940 puis une seconde fois par un bombardement allié  en août 1944.

Le bac reprit donc du service en deux périodes, en face du port de Montélimar appelé souvent improprement port du Teil,  qui recevait les marchandises depuis le milieu du XIXème siècle. Emplacement différent de la traille d’avant 1843 qui était située plutôt en amont du pont.

Le bac fonctionna donc de juin 1940 à début 1943 puis de septembre 1944 à l’ouverture du pont actuel en 1950.

Une traille fut installée rapidement et dans la précipitation, finalisée en quelques semaines puisqu’ouverte le 21 juillet 1940 et ceci fut la cause de la catastrophe du 21 septembre 1940 qui vit la barque chavirer, entraînant la mort de  21 passagers.  Il y eut tout de même 24 rescapés. Une tragédie !

EMBARQUEMENT SUR LE BAC
LE BAC SUR LE RHONE

 Un billet de traversée du Rhône par le bac.

A noter que la carte du port du Teil nous vient de la collection Marc Durand qui nous l’a prêtée pour une copie numérique et que les 2 images du bac du Teil en 1940 ont été copiées sur le site:

http://www.leteilmemoireenimages.net/patrimoine/rhone/bacatraille/latragediedubacatraille.html

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 12/25 CRUAS-LA COUCOURDE

Le bac de Cruas a connu une existence jusqu’à la seconde guerre mondiale. En effet, il est indiqué sur la carte Michelin de la vallée du Rhône datée de 1937.

Etait-il encore à traille à cette époque ? On parle de vedettes de la CNR mais cela semble bizarre alors qu’ailleurs des trailles ont fonctionnes jusqu’aux années 1970.

Des documents iconographiques existent pour ce bac avec des vues prises autant du côté ardéchois que du côté drômois.

Deux cartes postales prêtées le temps d’une copie numérique par Marc Durand, le collectionneur de cartes postales de Montélimar et d’Espeluche. Pour en revenir au contenu de l’image, le départ du bac a été remplacé par un port de plaisance.

Une vue de La Coucourde prise depuis Cruas, à l’emplacement du départ de l’ancienne traille, au moment où passe une péniche sur le fleuve. Le coteau s’est bâti mais le décor général ‘a pas changé.

La visite de la berge côté drômois est plus intéressante car les lieux sont restés en l’état, l’aménagement de la CNR n’ayant pas touché cette rive.

Au début du XXème siècle, la traille arrivait quelques mètres en amont du confluent de la rivière Leyne avec la Rhône. La carrière Lafarge de l’usine nord de Cruas avait commencé à grignoter la montagne. Le décor n’a guère changé de nos jours…

… même si la blessure est plus conséquente, l’usine plus importante et le port de Cruas étant apparu dans le décor.

Une petite recherche au sol heureusement débroussaillé dans ce secteur font apparaître des traces de l’ancienne traille.

Le socle de ce qui pourrait être une pile de traille…

…l’ancien passage à niveau visible sur la carte Michelin de 1937 et…

… deux morceaux de traille baignant dans le fleuve et prouvant la présence humaine.

Pour remonter rapidement le temps (cela grâce à la lecture de la thèse d’Henri Cogoluènhe), on se doit de dire que la traille est attestée au XVIIème siècle et qu’au virage des XIXème et XXème siècles, les riverains de La Coucourde, Derbières, Lachamp souhaitèrent la construction d’un pont en fil de fer au niveau de leurs villages, que le projet alla jusqu’à la demande de financement public mais qu’il n’aboutit pas.

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