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111 POILUS de CADEROUSSE, 111 DESTINS… Louis LASSIAT.

111 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 111 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquante-quatrième nom de la liste: Lois Paul LASSIAT.

Louis Paul Lassiat a été oublié sur la monument aux morts. Pourtant, il est bien né à Caderousse le 21 février 1879 dans une ferme du quartier de la Vicheronne (?). Son père Pierre est fermier âgé de 38 ans au moment de la naissance de Louis et sa mère Marie Blanc est plus jeune de 11 ans que son mari. L’un et l’autre ne semblent pas être du village et n’y sont pas restés très longtemps. En 1876, ils n’apparaissent pas dans la liste du recensement et en 1881, deux ans après la naissance de Louis, ils sont déjà partis. Pas des étoiles filantes mais plutôt des fermiers qui offrent leurs bras aux plus offrants.

Il semble que la famille se soit fixée un peu après sur Orange, à la campagne, sans grande certitude. C’est en tout cas le Tribunal d’Orange qui va condamner Louis en 1896, alors qu’il est âgé de 17 ans pour une partie de pêche par un mode prohibé ! Pas une grosse sanction, 3 francs seulement d’amende seulement, mais une inscription de la bêtise dans son registre matricule.

Le 16 novembre 1900, Louis va partir à l’armée au 24ème Bataillon de Chasseurs à Pied, ancêtre des Chasseurs Alpins. Il va y rester deux ans et demi pour être libéré le 15 mai 1903. Cette unité est en caserne à Villefranche-sur-Mer, près de Nice. Un séjour plus agréable qu’à Sedan, certes mais des entraînements sur des terrains escarpés. Il devient fanfariste du Bataillon le 21 septembre 1901.

De retour de l’armée, Louis Lassiat  va vivre à Orange au quartier des Princes, c’est-à-dire assez près de Caderousse, certainement aussi dans sa famille. Quelques années plus tard, le 15 juillet 1911, il se marie à Cairanne avec une drômoise de Rochegude, Mathilde Marie Germaine Palavesin, de quatre ans sa cadette.

Son parcours militaire reprend quelques mois plus tard, au moment de la déclaration de guerre. Rappelé chez les Chasseurs à pied, il va faire un petit tour au 27ème bataillon au début d’octobre 1914 puis revient au 24ème BCP. Les Chasseurs sont envoyés dans les Vosges. Ils sont au Reichakerkopf en mars 1915 où se déroulent des combats sporadiques, des attaques inutiles mal préparées.

Le 23 mars, il est clairement noté sur le Journal de Marche de l’unité que la préparation d’artillerie de l’attaque menée par le 24 BCP a été lamentable. Pourquoi attaquer tout de même après cette préparation insuffisante ? Toujours est-il que ce jour-là, 8 hommes sont tués et 37 blessés. Parmi les décédés, Louis Lassiat, l’oublié de Caderousse.

Six mois plus tard, le 26 septembre, un autre Caderoussier dont on a déjà parlé, Auguste Léon Bruguier du 6ème BCP était tué sur ce même Reichakerkopf.

La fiche matricule de Louis Paul Lassiat de Mémoire des Hommes.

Louis Paul Lassiat, matricule 679 de la classe 1899, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Lassiat semble être très présent en Vaucluse, dans la région d’Orange, même si le T a disparu. Si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Henri Lazard.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Paul JULIEN.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquante-troisième nom de la liste: Paul Louis JULIEN.

La seconde face du monument.

La partie la plus abracadabrante du parcours de Paul Julien aura été celle qui suivi sa disparition le 20 septembre 1914 sur un champ de bataille dans le secteur de Saint-Mihiel, plus précisément sur le territoire de la commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel.

Le 258ème Régiment d’Infanterie était parti le 8 août d’Avignon. 37 officiers, 130 sous-officiers, 1 647 caporaux et soldats, 150 chevaux et mulets et 15 voitures avaient embarqué à Pont d’Avignon et avaient subi le baptême du feu le 25 août 1914 à Buzy dans la Meuse. De marches forcées en accrochages meurtriers, le 258ème RI se trouvait à l’est de Saint-Mihiel à la mi-septembre 14, dans des tranchées creusées pour essayer de contenir l’avancée des troupes allemandes. Lors d’une violente attaque, Paul Julien fut porté disparu, le 20 septembre 1914. Il avait alors 32 ans et 9 mois.

Dans le Journal de Marche du 258ème, l’attaque allemande du 20 septembre 1914.

C’est à ce moment que Clochemerle s’invite à la destinée posthume de Paul Julien et surtout à celle des siens. Clochemerle ou plutôt un certain Voltaire Henry Litot, un Caderoussier de cinq ans son cadet. Le registre matricule de ce dernier est long comme un jour sans fin tant ce Voltaire, bien peu philosophe, a été condamné une infinité de fois par les tribunaux de la région, que ce soit celui d’Orange, celui de Nîmes, celui d’Uzès et j’en passe… Des faits mineurs comme toutes ses condamnations pour braconnage,  chasse en dehors des périodes légales… mais aussi des faits plus graves vol, d’agression, évasion de la prison… Même s’il bénéficia en plusieurs occasions d’amnisties présidentielles, il n’en demeure pas moins que ce Voltaire était un sacré  personnage qu’il ne valait mieux pas croiser.

Et son rapport avec Paul Julien et les ennuis posthumes de ce dernier ? Voltaire devait avoir eu vent de la disparition de son compatriote et usurpa tout simplement son identité, question de se refaire une virginité relative. Si bien que quand Paul-Voltaire fut arrêté par la Gendarmerie le 17 juin 1920, le statut de Paul passa d’officiellement décédé comme l’avait prononcé le tribunal d’Orange en 1918, à celui de déserteur puisqu’on venait miraculeusement de le retrouver. Bien entendu, le prisonnier Paul-Voltaire s’évada de la prison militaire du 58ème RI d’Avignon le 04 juillet 1920. Vous l’avez compris, on n’avait pas affaire à Paul Julien mais à son alias Voltaire Litot.

Quand l’autorité militaire s’aperçut de la supercherie et de son erreur, elle réhabilita Paul Julien le 11 janvier 1922 dans son statut de disparu, ce que confirma le tribunal d’Orange le 02 mars 1924 en officialisant à nouveau son décès.

Incroyable ! Quid de la pension que percevait sa veuve entre juin 1906 et mars 1924 ?

Car Paul Julien s’était mariée à Caderousse le 10 novembre 1906. Il avait épousé une fille descendue des Hautes-Alpes pour la vallée du Rhône, Marie Marguerite Faraud, née à Sainte-Marie le 09 octobre 1887. Chose rare, il semblerait qu’ils n’aient pas eu d’enfant.

A cette époque, Paul exerçait la profession de cochet, ayant en quelque sorte pris la succession de son père, Jean Eugène Julien qui était charretier. Jean Eugène et son épouse, Marie Marguerite Chicornard s’étaient mariés en 1872 et avait eu cinq enfants. A la maison de la rue Neuve, derrière les digues, aux côtés des parents, vivaient donc…

Extrait du recensement de 1896. A cette époque, Jullien prenait 2 L.

Eugène l’aîné né en 1873, Marie-Laure née en 1875 mais qui décéda à l’âge de 13 mois, Marie Eugénie née en 1878, Paul Henri le futur Poilu né le 21 décembre 1881 et Marie Marguerite venue au monde en 1885.

Pour terminer cette biographie inversée, on peut ajouter que Paul fit son service militaire au 40ème Régiment d’Infanterie d’Alès dans le Gard de novembre 1902 à septembre 1905. Trois ans sous les drapeaux. Son second séjour militaire en 1914 fut beaucoup plus court.

La fiche matricule de Paul Louis Julien de Mémoire des Hommes.

Paul Louis Julien, matricule 326 de la classe 1901, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Julien semble être très présent en Vaucluse, si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Louis Lassiat.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Marius HERSEN.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquante-deuxième nom de la liste: Marius Augustin HERSEN.

La seconde face du monument.

Marius Augustin Hersen est né à Caderousse le 27 juin 1893. Il est le fils de Joseph Hersen, cultivateur au Pont d’Adam, une ferme au nord-ouest du centre-bourg. Né en 1868, il a épousé le 12 octobre 1892 Marie-Rose Roche de trois ans sa cadette. Dix mois plus tard nait leur premier enfant, Marius. Une petite soeur va compléter la fratrie, venue au monde en  1897. Rose Joséphine Augustine Hersen se mariera après-guerre avec un certain Abel Roche et vivra jusqu’en 1988.

Au recensement de 1896, Marius n’a que 30 mois.

En 1911, la famille est au complet.

Le 05 novembre 1913, Marius est appelé par l’armée pour satisfaire ses obligations militaires. Il a pris le PLM à Orange pour rejoindre le 52ème Régiment d’Infanterie cantonné à la caserne Saint-Martin de Montélimar, dans la Drôme. Avant d’arriver dans les murs de celle-ci, il a fait un détour par la Mairie de la ville pour signer un engagement de trois ans. C’est donc en militaire de carrière qu’il aborde le premier conflit mondial.

Le soldat Marius Hersen photographié au studio Lang.

En avril 1916, le 52ème R.I. est du côté de Verdun, l’enfer de Verdun face à la grande attaque allemande. Il est grièvement blessé devant Verdun le 28 avril 1916. Cela lui vaudra un repos bien mérité et une citation vantant son courage et son esprit de discipline.

Remis sur pied, il rejoint le 99ème Régiment d’Infanterie le 31 mai 1917, un régiment cruellement amoindri après la bataille du Chemin des Dames. Marius allait connaître la bataille de la Malmaison juste avant la Toussaint 1917. Puis direction, l’Alsace pour trois mois de combat de position autour de Belfort. Mi-avril 1917, le régiment part pour un grand voyage en train de trois jours, une diagonale pour rejoindre Bergues, dans le Nord où le régiment doit soutenir les Britanniques en Belgique pour la bataille des Flandres. Le 1er mai, nouveau voyage en train, dans l’autre sens à partir de Bergues pour rejoindre Coolus, une banlieue de Châlons-en-Champagne. C’est là que l’histoire s’accélère puisque les Allemands préparent une attaque du côté de Reims. Les hommes du 99ème RI sont sollicités pour aller renforcer ce front ce qui signifie qu’ils devront faire de 60 à 70 km à pied en deux jours pour se retrouver du côté de Reims, aux pieds des Monts de Champagne, à Vrigny.

Le 31 mai les Allemands préparent l’attaque du lendemain par une violente préparation d’artillerie. C’est durant celle-ci que le caporal Marius Hersen disparaîtra corps et âme. C’est ce qui était écrit sur une tombe au cimetière de Caderousse.

La photo a été prise en 2014. Quatre ans plus tard, la tombe est introuvable et la plaque mémorielle a totalement disparu. Bizarre et très dommage en ces périodes de célébration du Centenaire de la Grande Guerre !

La fiche matricule de Marius Augustin Hersen de Mémoire des Hommes.

Marius Augustin Hersen, matricule 1160 classe 1913, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Bien que le patronyme Hersen ne soit plus guère présent dans la région, si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Paul Julien.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Adrien GUÉRIN.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquante-unième nom de la liste: Adrien GUÉRIN.

La seconde face du monument.

Voici la biographie qui ne m’a pas demandé le plus de temps pour boucler la recherche. Juste quelques bricoles pour  affiner quelques points biographiques. Pour le reste, j’en avais écrit l’essentiel au tout début du blog, vers le début des célébrations du Centenaire de la Grande Guerre.

En effet, Adrien Gabriel Guérin est mon arrière-grand-père paternel, mon père lui doit son premier prénom et moi, mon second. Il était né le 05 mars 1872, exactement 17 jours avant Joseph Victor Gromelle qui était jusque là, pour notre petite étude, le Caderoussier le plus ancien mort pour la France. Ce dernier reste toutefois pour l’instant le plus vieux Caderoussier mort pendant la Grande Guerre puisque mon bi-aïeul est décédé deux ans avant lui.

Adrien était le fils d’Auguste Casimir Guérin et Philomène Marguerite Raymond qui s’étaient mariés à Caderousse en juillet 1869. Ils s’étaient installés dans une maison de la rue Pied Gaillard non loin de la Maison de Retraite, dont le portail d’entrée présente un renfoncement en biais, sur le côté droit de la vue ci-dessous.

C’était un couple de cultivateurs comme on disait à l’époque dans les documents officiels, tous deux originaires du village. Relativement âgés au moment de leur union, ils n’avaient eu que deux enfants, Auguste Joseph l’aîné né en août 1870 qui ne vécut que 25 jours et donc Adrien Gabriel, deux ans plus tard, quasiment un enfant unique par la force des choses.

Le petit Adrien apprit donc le métier de la terre auprès de son père et de quelques propriétaires pour lesquels il travailla de temps à autre. A l’école, il apprit sommairement le français comme bien d’autres enfants du pays pour lequel c’était presque une langue étrangère. Il fut appelé par l’armée le 16 novembre 1893 au 163ème Régiment d’Infanterie à Nice. 23 ans plus tard, quand son fils aîné Séraphin fut appelé sous les drapeaux, il prit le même chemin même s’il ne s’agissait pas de la même unité. Il fut libéré trois ans plus tard le 22 septembre 1896 muni d’un certificat de bonne conduite et avec l’honneur d’être soldat de première classe.

De retour de l’armée, Adrien se maria avec Léonie Marguerite Antoinette Radellet née en 1875 à Caderousse. L’union fut célébrée le 24 février 1897 et, ne perdant pas de temps, un petit Séraphin naissait en 1897. Puis vinrent mon grand-père Gabriel en  1901 et le petit dernier Léonce en 1906, trois garçons ce qui n’allait pas être de trop pour travailler les terres quand le père ne reviendra pas de la guerre.

Extrait du recensement de 1911.

Voici donc la fratrie rassemblée au recensement de 1911. Séraphin s’apprête à quitter le toit familial pour faire des études supérieures au Petit Séminaire de la rue d’Annanelle en Avignon. Mais la guerre va venir bouleverser tout cela avec le rappel d’Adrien sous les drapeaux le 25 septembre 1914, au 118ème R.I.T., T. comme Territoriale, une unité de vieux soldats qui pensaient ne pas se retrouver en première ligne.

 

Pas vraiment inquiets les gars du 118ème RIT en août 14, non loin de Dijon. A noter que tous, sans exception, portent la moustache, de belles bacchantes. Adrien est le 3ème à partir de la gauche.

Mais les pertes considérables des deux premiers mois de guerre allaient changer la donne. Le régiment avait vite se retourner en première ligne du côté de Reims, près du fort de la Pompelle.

Les Territoriaux étaient aussi employés à des tâches d’entretien, de manutention… pour remuer de la terre entr’autre. Et il fallut le faire du côté de ce fort de la Pompelle, après l’explosion d’une mine géante allemande le 30 décembre 1914. Alors, les hommes du 118ème RIT durent creuser des puits destinés à protéger l’enceinte militaire de la guerre des mines, des puits d’une profondeur de 18 à 20 mètres. Voilà les hommes et Adrien bien entendu devenus des taupes aux côtés des soldats du Génie.

Une vue de la tranchée d’Avignon, appelée ainsi car creusée par le 118ème RIT

…c’est écrit sur le panneau… pour les touristes après guerre.

On connaît assez bien ce qui se passa pour les hommes du 118ème RIT à la Pompelle grâce à la correspondance d’un certain Emile Sauvage, Poilu de Caderousse dont on reparlera quand la lettre S arrivera, qui connut le même sort qu’Adrien le même jour à la même heure et dont la correspondance envoyée à son épouse Clairette a été éditée sous le titre Lettres du Front en mars 2008 chez l’Editeur d’Orange Elan Sud.

Le 19 puis le 20 octobre 1915, les tranchées tenues par les Français furent attaquées lors d’un violent bombardement d’artillerie. Parmi les explosifs envoyés, des obus chimiques avec des gaz chlorés. Pour se protéger de ces terribles armes qui furent employées il y a peu de temps encore en Syrie, les hommes portaient des tampons d’ouate sur lequel le chef de secteur déversait quelques gouttes d’un produit sensé protéger des gaz. Une fois l’opération faite, les tampons devaient être maintenus devant les voies respiratoires tout le temps de l’alerte. Les masques à gaz n’apparurent que bien plus tard.

Photo de groupe du 118ème RIT prise à la Pompelle de 30 décembre 1914.

Le temps de l’insouciance, des photos entre copains d’infortune était fini. La vraie guerre était là ! Tous les hommes de la 5ème compagnie  furent intoxiqués à des degrés divers mais pour Adrien, le mal était irréversible. Evacué vers l’arrière, il décédait le lendemain, le 21 octobre 1915 au village de Damery. Il était âgé alors de 43 ans et 8 mois et laissait une veuve éplorée et trois garçons en jeune âge. Enterré un premier temps sur place, ses restes furent ensuite rapatriés à Caderousse.

Epitaphe sur le caveau de famille au cimetière de Caderousse.

Le Petit Provençal annonçait le décès d’Adrien et précisait qu’il était alors le Vauclusien le plus âgé mort à la guerre.

La fiche matricule de Adrien Gabriel Guérin de Mémoire des Hommes.

Adrien Gabriel Guérin, matricule 953 classe 1892, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse.

A suivre: Marius Hersen.

Pour reconnaître peut être un descendant sur la photo de groupe à La Pompelle:

Numérotation des Poilus et

…liste nominative.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Jean GUEILEN.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquantième nom de la liste: Jean Adrien GUEILEN.

La seconde face du monument.

Voici une biographie plus que partielle de Jean Gueilen. Bizarrement, alors que certains jeunes qui ont fait toute leur enfance et jeunesse au village avant de le quitter ont été oubliés au moment de l’édification du Monument aux Morts, Jean Gueilen arrivé lui à Caderousse peu avant le début de la Grande Guerre a bien été inscrit sur ce dit-monument. Car Jean Gueilen est le premier Poilu raconté dans les biographies sur Un Monde de Papiers à n’être pas né au village.

Jean Adrien Gueilen est donc venu au monde à Rochefort-du-Gard le 24 juin 1879. Au moment de son recensement militaire, au début du XXème siècle, il vit chez ses parents à Chateauneuf-du-Pape comme l’indique cet extrait de la liste nominative.

Extrait du recensement de 1901 de Chateauneuf-du-Pape.

Ses parents Jacques Simon Gueilen et Justine Trinquier sont fermiers chez Pascal du côté de la Tour de l’hera, écrit curieusement l’Airs. Jean Adrien les aide à la ferme et un berger René Simon complète le personnel du foyer.

Jean Adrien va faire sa période militaire du 16 janvier 1901 au 19 septembre 1903 au 55ème Régiment d’Infanterie, du côté d’Aix-en-Provence.

Au son retour de l’armée, il va travailler à Orange comme employé agricole chez Latour, quartier de Meyne. Il se marie peu de temps après avec Philomène Brigitte Talagrand du même âge que lui. On retrouve quelques années après ce jeune couple à Caderousse, au quartier du Panier. C’est là que naîtra leur fille Simone Marie Louise le lendemain du Jour de l’An 1912.

Jean Adrien est rappelé par l’Armée lors de la mobilisation générale du 1er août 1914. Il rejoint son unité d’affectation puis passe au 57 R.I. à Auxonne en octobre 14 et enfin au 227ème R.I. en novembre de la même année.

On le retrouve sur le front des Vosges à l’automne 1916. Le 227me R.I. tient un somment, la cote 607, à Lusse. Nous sommes là à une douzaine de kilomètres à l’est de Saint-Dié.

C’est la guerre de positions dans toute son horreur. On se bombarde réciproquement. On s’envoie même des choses inconnues.

Les tranchées françaises reçoivent quotidiennement un millier d’obus et il doit en être de même pour les tranchées allemandes. Les Minerwerfen pleuvent sur les lignes françaises.

Le 6 octobre, ce sont plutôt des grenades à ailettes. Par malchance quelquefois, le projectile fait mouche et tue un malheureux placé au mauvais endroit au mauvais moment. C’est le cas de Jean Adrien Gueilen, ce jour-là. Il apparaît dans le décompte officiel du Journal de Marche du régiment…

…gu côté d’un certain Marc Octave Lelu, sergent, tué le même jour. Il avait alors 37 ans et 3 mois. Il repose à la Nécropole Nationale de Bertrimoutier dans les Vosges.

La fiche matricule de Jean Adrien Gueilen de Mémoire des Hommes.

Jean Adrien Gueilen, matricule 685 classe 1899, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Bien que le patronyme Gueilen ne soit plus guère présent dans la région, si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Adrien Guérin.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Joseph GROMELLE.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-neuvième nom de la liste: Louis Victor GROMELLE.

La seconde face du monument.

Voici donc avec Joseph Victor Gromelle le Poilu de Caderousse pour l’instant le plus âgé des 49 biographies que nous vous avons présentées depuis mars 2017. En effet Joseph Victor est né le 22 mars 1872 à Caderousse, c’est-à-dire qu’il avait 42 ans et 5 mois à la déclaration de guerre et presque 45 ans le jour de son décès.

Joseph était donc le troisième enfant et seul garçon du couple Antoine Patrice Gromelle né en 1828 à Caderousse et Françoise Marie Echevin d’Orange née le 10 février 1832. Ils s’étaient mariés à Orange 09 février 1856, quelques mois avant la Grande Crue du Rhône dont les hommes ont conservé la trace tout au long de la vallée. De cette union étaient donc nées deux filles, Marie Julie en 1857 et Rose en 1860. Douze années plus tard donc, Joseph était venu les rejoindre.

Extrait du recensement de 1872.

Voici donc la famille au grand complet avec Joseph âgé seulement d’un mois quand l’agent recenseur est passé à la grange de ses parents, quartier Saint-Martin. Les deux grands-mères des enfants sont à la charge du couple d’Antoine et Françoise après la disparition de leurs époux. A cette époque également, les hommes avaient une espérance de vie inférieure à celle des femmes.

On retrouvera une situation quasi identique presque 40 ans plus tard, en 1911.

Extrait du recensement de 1911.

Joseph s’est installée dans la même grange du Pont d’Adam avec Baptistine Rose Martin de 10 ans sa cadette, qu’il a épousé le 24 février 1906. Deux enfants sont nés de cette union, Lucienne en 1907 et Marius en 1908. Un second garçon prénommé Gaston viendra les rejoindre en 1911, après le recensement. Le couple Joseph-Baptistine accueille la mère et la soeur cadette de Joseph. Le travail ne doit manquer au foyer puisque on y trouve également un domestique, Auguste Ponsson  et ses trois jeunes enfants. On peut imaginer qu’une belle tablée se retrouvait tous les soirs autour de la table.

C’est dire les difficultés que rencontreront les femmes quand les hommes seront appelés à la guerre !

Joseph avait fait sa période de formation militaire au 24ème Bataillon de Chasseurs à Pied de Villefranche-sur-Mer du 14 janvier 1894 au 28 décembre 1896. Une incorporation à laquelle il avait failli ne pas pouvoir répondre, en janvier 1894 car il aurait pu être sous les verrous à cette date si le tribunal d’Orange lui avait infligé une peine plus longue que les deux mois de prison dont il avait écopé pour coups et blessures, outrage et rébellion, le 07 octobre 1893. Car ce devait être un impulsif, ce Joseph Victor ! Quelques années après, il récidivait et prenait 20 jours de prison et 300 francs d’amende pour coups et blessures volontaires, peine prononcée à Orange le 26 septembre 1903.

Après la déclaration de guerre, Joseph allait se retrouver dans des régiments de l’ouest de la France. Cohabitation certainement pas facile pour ce Provençal qui parlait difficilement français immergé dans un régiment de Bretons pour qui le Français était encore plus une langue étrangère ! Joseph servit donc au 46ème R.I.T. de Guingamp puis passa au 50ème Régiment d’Artillerie de Campagne de Rennes. Malade, il essaya par deux fois d’être réformé mais la commission de réforme de Saint-Brieuc ne l’entendit pas de cette oreille. Il souffrait de surdité, de bourdonnement… L’Armée n’équipait pas encore ses hommes de filtres acoustiques !

C’est une pleuro-pneumonie qui emporta Joseph Victor Gromelle le 15 janvier 1917, à l’hôpital complémentaire de Rennes. Les petits Marius et Gaston étaient un peu jeune alors pour reprendre la ferme familiale.

La fiche matricule de Joseph Victor Gromelle de Mémoire des Hommes.

Joseph Victor Gromelle, matricule 917 classe 1992, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Gromelle est toujours vivant à Caderousse et près d’Orange. Si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Jean Gueilen.

Il semble qu’un tombeau ait gardé le souvenir de Joseph Victor Gromelle dans le premier cimetière communal.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Jean GROMELLE.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-huitième nom de la liste: Jean Constantin GROMELLE.

La seconde face du monument.

Deux Ferragut inscrits sur le monument aux morts de Caderousse sans lien de parenté proche, deux Gromelle à la suite qui ne sont pas parents eux-aussi. Jean Constantin Gromelle est le premier de la liste et le plus jeune. Il est né le 21 mai 1884 à Caderousse où ses parents viennent de s’installer peu de temps auparavant après avoir vécu à Orange. Son père François est d’ailleurs originaire du chef-lieu du canton où son nom est orthographié Groumelle. C’est en arrivant à Caderousse qu’il perdra son U. Il a pris pour épouse une fille de Caderousse, Rose Anaïs Barre de quatre ans sa cadette. Ils se sont mariés à Orange le 27 novembre 1867 alors qu’ils étaient majeurs et âgés respectivement de 27 et 23 ans.

François et Anaïs, çar c’est ce prénom qui semble désigner la mère de Jean Constantin, sont un couple de paysans vivant quartier de Meyne à Orange. Quatre enfants vont naître, quatre filles… Rose Françoise en 1870, Léonine Rose en 1872, Marie Marthe en 1875 et Marie Antoinette en 1879, toutes des Orangeoises. C’est donc l’air de Caderousse et plus particulièrement celui du quartier du Brout qui offrira un héritier mâle au couple de François et Anaïs: Jean Constantin que la France leur prendra trente ans plus tard.

Jean Constantin va faire son service militaire au 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon du 10 octobre 1905 au 22 septembre 1907. Il vit toujours chez ses parents à cette époque comme en atteste le recensement de 1906.

Extrait du recensement de 1906.

Au retour de l’armée, il va se marier avec une fille de Caderousse, Marie Valentine Bouchet, une couturière née en 1890. Le jour des noces, le 22 janvier 1910, Valentine n’a pas encore 20 ans.

Extrait du recensement de 1911.

Le couple s’installe tout près des parents de Jean, quartier du Brout. Auront-ils des enfants ? Peut-être en 1913 ou début 1914 ? Car dès le 3 août 1914, l’armée va le rappeler. En juin 1915, il va compléter les effectifs du 55ème Régiment d’Infanterie décimé par les combats. La troupe va prendre position du côté de Berry-au-Bac, à Pontavert, près de Craonne qui deviendra célèbre deux ans plus tard. Nous sommes en septembre 1915. Le régiment doit renforcer le système défensif français dans le secteur du Bois de Beau Marais, mis à mal par les bombardements et les mines. Le travail ne peut se faire que de nuit pour échapper aux tireurs allemands et aux bombardements incessants des deux camps. Sur le Journal de Marche de l’unité…

on peut lire que la situation est relativement calme. Cela n’empêche pas les hommes de tomber quand la malchance leur tombe dessus. C’est le cas de Jean Constantin Gromelle, tué à l’ennemi le 23 septembre 1915 au Bois de Beau Marais à Pontavert.

Il avait 31 ans et 4 mois. Il repose depuis dans la Nécropole Nationale de Pontavert dans l’Aisne, tombe individuelle 3928.

 

Le rédacteur du Journal de Marche du 55ème R.I. a agrémenté son propos de photos qu’il devait prendre et developper sur place. En voici une prise dans ce secteur quelques jours avant le 23 septembre. Paysage dévasté.

La fiche matricule de Jean Constantin Gromelle de Mémoire des Hommes.

Jean Constantin Gromelle, matricule 184 classe 1904, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Gromelle est toujours vivant à Caderousse et près d’Orange. Si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Joseph Gromelle.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Louis FERRAGUT.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-septième nom de la liste: Louis Ferragut.

La seconde face du monument.

Louis Ferragut n’était pas de la même génération que son homonyme Léon Ferragut puisque né treize ans avant lui. Quand la guerre arriva, c’était déjà un « vieux » soldat ce qui ne l’empêcha pas de se trouver au coeur de la bataille et d’être tué à l’ennemi pour reprendre la formule officielle.

Louis Barbe Ferragut était donc né le 04 décembre 1877, ce qui explique son original second prénom, masculinisé pour l’occasion. Il était le cinquième enfant d’une fratrie de six, quatre garçons et deux filles. Leurs parents, Joseph Ferragut né en 1837 et Marie-Thérèse Roche née en 1841 étaient tout deux du village et avaient unis leurs destins le 03 février 1864. C’était un couple d’agriculteurs qui menaient une ferme dans le quartier des Négades, des terres basses facilement inondables donc pas très riches. Voici donc la fratrie au complet sur ce document de 1881.

Extrait du recensement de 1881.

Marie Thérèse Roche mettait au monde un enfant tous les trois ans. Joseph, l’aîné arriva en 1865, Isidore le cadet en 1868, Marie Louise l’aînée des filles en 1871, Joséphine en 1874, Louis en 1877 et enfin Hippolyte en 1880. Tous ces enfants atteignirent l’âge adulte. En 1896, la liste nominative montre que seuls les quatre garçons demeurent à la ferme.

Extrait du recensement de 1896.

Les deux filles se sont mariées en 1895, Marie-Louise le 16 février avec Pierre Paul Simon (patronyme Simon) et Joséphine le 06 juillet avec François Adrien Charrier. Puis ce sera au tour des aînés des garçons de quitter le foyer, si bien qu’en 1911, seuls Louis et Hippolyte demeurent à Campblancard avec leurs parents.

Extrait du recensement de 1911.

Entre temps, Louis a répondu à ses obligations militaires du 16 novembre 1899 au 21 septembre 1901, au 40ème Régiment d’Infanterie de Nîmes. A la veille de la guerre, il se marie et prend pour épouse Louise Léonie Millet, le 31 août 1912 à Caderousse. Il a alors trente-quatre ans.

Moins de trois ans après, l’armée le rappelle lors de la mobilisation générale du 1er août 1914. Il rejoint alors le 118ème R.I.Territoriale d’Avignon comme bon nombre de Vauclusiens. En septembre de la même année, il passe au 21ème Régiment d’Infanterie puis la réserve de celui-ci, le 221ème R.I.

Début mars 1917, il gèle à pierre fendre sur le front de Champagne. La neige est encore là mais cette ambiance plutôt fraîche ne ralentit pas les ardeurs de l’Etat-Major français. Il faut attaquer, encore attaquer et c’est le 221ème R.I. qui est sollicité le 12 mars au matin.

Après un travail préparatoire d’artillerie, la troupe se lance courageusement à l’assaut d’un bourg appelé « Maisons-de-Champagne » dans le Journal de Marche de l’unité. Cela doit se situer dans la Marne, à la limite de ce département avec la Meuse. Le rédacteur raconte en détail cette attaque, la défense allemande, la contre-attaque allemande à la grenade une fois que la tranchée est tombée.

Bilan de ces quelques hectomètres gagnés, une citation pour le régiment et pas moins de 155 prisonniers ennemis: 3 officiers, 7 sous-officiers, 6 caporaux et 139 hommes du rang pour qui la guerre est finie. Du côté français, le rédacteur du Journal de Marche a rédigé la longue liste des victimes de cette journée du 12 mars 1917: 67 tués, 250 blessés, 23 disparus et 17 intoxiqués car les allemands ont riposté avec des armes chimiques. 357 hommes mis hors de combat pour un gain territorial modeste, cela en valait-il la peine ?

Pour Louis Barbe Ferragut, de la 19ème Compagnie du 221ème R.I., son nom apparaît sur la fin de cette liste macabre.

Il était âgé de 39 ans et 3 mois.

La narration de la bataille du 12 mars 1917 en Champagne:

 

 

La fiche de Louis Barbe Ferragut de Mémoire des Hommes.

Louis Barbe Ferragut, matricule 799 classe 1897, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Ferragut est très répandu en Vaucluse et à Orange. Si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Jean Gromelle.

 

Si les deux frères aînés de Louis évitèrent la Grande Guerre, ce ne fut pas le cas d’Hippolyte, né en 1880 et donc rappelé en 1914. Il combattra dans les rangs du 24ème Bataillon de Chasseurs à Pied et  sera blessé deux fois: une première en Belgique d’une balle dans le pied gauche le 18 novembre 1914 et une seconde à Cléry d’un éclat d’obus dans la fesse gauche. Ces blessures ajoutées à la disparition de son frère eurent pour conséquence de voir l’armée le retirer des premières lignes pour lui donner une attribution au 8ème Escadron du Train, le 15 août 1917. Il allait recevoir la médaille militaire pour les faits d’arme mentionnés.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Léon FERRAGUT.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-sixième nom de la liste: Léon Paul Victor Ferragut.

La seconde face du monument.

Deux Ferragut sur la seconde face du monument aux morts de Caderousse mais contrairement aux Dardun et aux Doux, ce ne sont pas des frères. Le premier nominativement, Léon Paul Victor Ferragut est né à Caderousse le 08 février 1890. Ses parents se sont mariés treize mois plus tôt, le 08 janvier 1889 au village. Léon Marius est ouvrier baletier et son épouse Marie Antoinette Perrin s’occupe du foyer. Le couple est installé rue de la Masse, à l’intérieur des digues. De cette union naîtra un second garçon en 1898, Gabriel Prosper.

La famille au grand complet lors du recensement  de 1911.

Cette même année 1911, peu de temps après le recensement, Léon va rejoindre le 3ème Régiment d’Infanterie de Digne pour y effectuer sa période militaire. Il va y rester deux ans, du 11 octobre 1911 au 08 novembre 1913.

Habituellement, les jeunes hommes de retour de leur service militaire prennent femme. Léon n’en aura pas le temps puisqu’il est rappelé le 01 août 1914 lors de la mobilisation générale. Il rejoint donc le 05 août la préfecture des Basses-Alpes. A peine le temps de ramasser son barda, d’enfiler son pantalon rouge et sa vareuse bleu que la troupe s’ébranle pour le nord-est de la France.

Des arrêts en Avignon, à Lyon-Vaisse et à Dijon et le régiment est débarqué à Diarville le 06 août 1911. Peut-être avez-vous le sentiment d’avoir déjà lu cela. En effet, Léon était dans le même régiment qu’un autre « pays », Lucien Constance.

https://unmondedepapiers.com/2017/12/05/110-poilus-de-caderousse-110-destins-lucien-constance/

Marches forcées pour aller rencontrer les Allemands au plus vite sur les frontières de la France d’alors. Lucien Constance sera tué le 14 août à Coincourt, le jour du baptême du feu du Régiment qui perdra dans cet affrontement ce jour-là, 24 hommes tués mais surtout 712 blessés ou disparus. Lucien Constance faisait partie de la dernière catégorie de cette première hécatombe !

Le second affrontement aura lieu six jours plus tard, en Lorraine Allemande, à Dieuze. Les Allemands ont laissé avancer imprudemment les Français qui se sont laissés aspirer dans ce piège. Le 3ème R.I. est en couverture de régiments qui sont allés plus à l’est. Les hommes ont creusé des tranchées pour se défendre mais la journée commence mal.

Phrase délicieuse du rédacteur du Journal de Marche du 3ème R.I.: Ça a tout l’air d’une retraite… pour parler des 111ème, 112ème et 141ème R.I. fuyant le déluge de feu allemand savamment préparé et franchissant les défenses du 3ème R.I. Devant la menace d’être contourné par la droite par l’avancée allemande, l’Etat-Major fait replier le régiment, manoeuvre qui se prendra la journée entière du 20. Bilan de cette retraite…

…une seconde saignée qui met hors de combat 6 tués mais surtout 524 blessés ou disparus. Vous l’avez deviné, Léon Ferragut fait partie de cette dernière catégorie et il ne réapparaîtra plus. Il sera considéré comme mort par un jugement du 17 avril 1920. Avant cette date, comme son sort ne laissait que peu de place au doute, l’Etat octroya les 150 francs de dédommagement à son père.

Ayant perdu plus de 1 300 hommes en deux journées de combat, le 3ème R.I. fut réorganisé et passa de trois à deux bataillons. Quelques jours plus tard, de la chair fraîche arrivait, une cohorte de 1 000 hommes prise dans les réservistes. Léon Ferragut ne réapparut pas, certainement enterré par les Allemands dans une fosse commune jamais retrouvée.

La fiche de Léon Paul Victor Ferragut de Mémoire des Hommes.

Léon Paul Victor Ferragut, matricule 944 classe 1910, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Ferragut est très répandu en Vaucluse et à Orange. Si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant indirect forcément puisque mort sans descendance,  qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Louis Ferragut.

 

Triste sort que celui de Gabriel Prosper, le petit frère de Léon. Né le 17 janvier 1898, il n’évitera pas la Grande Guerre. Il va servir dans le Génie, le 7ème d’Avignon puis le 10ème de Bouchemaine, au sud d’Angers. Il en reviendra malade, paludisme (!) ou tuberculose. Puis il épousera Andrea Anaïs Barre le 23 novembre 1921. Ce mariage ne durera malheureusement pas longtemps car, moins de deux ans plus tard, Gabriel décèdera de la tuberculose le  27 octobre 1923.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Henri DURAND.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-Cinquième nom de la liste: Henri Célestin Durand.

La seconde face du monument.

Henri Célestin Duand est l’un des morts les plus âgés pour la France de Caderousse et du Vaucluse. Certes il était un tout petit peu plus jeune que mon arrière-grand-père mais il n’était plus un gamin depuis longtemps quand la guerre éclata.

Célestin plutôt qu’Henri sur les listes nominatives de la commune, est né le 30 avril 1873. C’était le septième enfant du couple Henri Durand- Françoise Bernard. Ces derniers s’étaient unis au village le 30 septembre 1857. Lui venait de Langogne en Lozère et était descendu de sa montagne dans la riche vallée du Rhône qui offrait plus de travail que sa terre natale pour les familles nombreuses des paysans cévenols. A Caderousse, il vendait des fruits et légumes; « revendeur » pour l’agent recenseur.

Françoise Bernard était la fille d’un vannier et d’une demoiselle Berbiguier. Elle avait deux ans de moins que son époux et allait passer sa vie de femme à enfanter des gamins. Entre 1857 date de leur mariage et 1887, date du décès prématuré de Françoise, le couple allait avoir neuf enfants.

La famille presque au complet sur ce recensement de 1876.

Comme on le voit ci-dessus, seuls six enfants allaient survivre: Françoise née en 1858 et Jeanne Rose en 1860 avaient déjà quitté la maison en 1876. Rose née en 1860, Anselme l’aîné des garçons né en 1867, Thérèse en 1870 et Henri Célestin en petit dernier complètent la fratrie. Une première Thérèse n’avait vécu que 14 mois en 1865-66 et deux petits frères de Célestin: David Auguste et Alfred Etienne n’avaient vivre respectivement que six et vingt-un mois en 1876 et 1877-79. Terrible mortalité infantile !

La famille vivait derrière les digues qu’elle avait vu construire, rue Juteriez (plutôt Juiverie) au moment du recensement de 1876 mais avait déménagé auparavant dans le village de nombreuses fois: rue Monsieur puis rue Vénasque puis  grande rue puis  impasse Pied-Gaillard et enfin rue Juterie… comme on peut la suivre au gré des actes des recensements et des naissances.

Anselme avait fait sa période militaire de trois ans à Nice de 1888 à 1891. Henri allait s’arrêter un peu plus près, à Marseille, de 1894 à 1895, au 3ème Régiment d’Infanterie. L’armée l’avait envoyé en stage au 15ème Escadron du Train des Equipages pendant 40 jours. Dommage que cette expérience n’ait pas été concluante pour Henri car son destin aurait pu être modifié.

De retour de l’armée, Henri loue ses bras en devenant homme à tout faire, domestique, chez un patron, ici en 1901, chez François Bastides, un paysan.

Le recensement de 1901.

A l’âge de 29 ans, Henri va prendre pour épouse une jeune fille de Blauvac*, Erminie Louise Caritoux**, de huit ans sa cadette. Le mariage sera célébré à Caderousse le 28 juin 1902. Quelques mois plus tard, une petite Rose éclora le 30 janvier 1904 suivie d’un petit Gabriel un an plus tard, le 29 juillet. Ce seront les deux seuls enfants du couple.

Ces enfants voient partir leur père le 03 août 1914 pour la guerre. Il a alors un peu plus de 40 ans et eux 10 ans. Ce sera un épisode qu’ils n’oublieront pas. Comme pour mon arrière-grand-père, dans un premier temps, c’est en Territoriale qu’on retrouve Henri, ce qui signifie qu’il est éloigné du front momentanément. Mais la grande saignée du début du guerre oblige la hiérarchie militaire d’envoyer de « vieux » soldat dans les tranchées de première ligne. En octobre 1915, ça cogne fort dans la Marne, du côté de Suippes. Le Journal de Marche du 118ème R.I. raconte sur quelques pages les terribles journées endurées par ses hommes. N’oublions pas que nous sommes ici non loin de Tahure, village rasé lors de ces combats qui ne sera jamais reconstruit et aujourd’hui… « Mort pour la France » comme une dizaine d’autres dans le nord et nord-est de la France.

Dès le début, les pertes sont sérieuses… Les hommes vivent comme des rats, constamment terrés dans des trous le jour et ne bougeant que la nuit pour réaménager leurs caches. Les Allemands sont solidement positionnés.

Même pour attaquer, pour éviter des hécatombes, on ruse et on se sert de la nuit. Cela marche quelquefois comme on le lit dans l’épisode narré ci-dessus.

 

Dans la journée du 07 octobre, les Allemands attaquent avec des armes chimiques et on parle pudiquement de « pertes sensibles » dans les rangs français; autrement dit, il y a beaucoup de victimes.

Après plus d’une semaine dans cet enfer, les hommes sont à bout. Ils seront relevés le 09 au soir, du moins pour les survivants. Henri ne fait plus partie de ceux-ci. Il a été grièvement blessé pendant cette période sans qu’on puisse dire exactement à quel moment précis, et emmené vers un hôpital de campagne, à l’arrière, à Ludes, où il va décéder suite à ses blessures le 19 octobre 1915.

Il avait alors 42 ans et demi. Rose et Gabriel, ses enfants, allaient être adopté comme Pupille de la Nation par un jugement du Tribunal d’Orange le 19 juillet 1919. Cette décision ne ferait pas revenir leur père mais allait leur permettre d’être aidés matériellement par l’Etat. C’était beaucoup mieux que les 150 francs octroyés aux parents de soldats célibataires décédés.

Le 118ème R.I. retiré au camp Bonnefoy allait recevoir un renfort de 930 hommes venus de Vendée et de l’ouest de la France… et même d’éclopés du 63ème R.I…. c’est dire l’importance des pertes enregistrée pendant cette semaine sanglante d’octobre 15 en Champagne pouilleuse.

On retrouve une trace de Célestin Durand sur une tombe du premier cimetière de Caderousse, tombe ancienne à l’inscription difficilement lisible, en belle pierre de Provence sculptée. Les parties lisibles correspondent à ce que l’on connaît. Le corps de Célestin doit bien avoir été amené au pays, certainement après-guerre.

                
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La fiche d’Henri Célestin Durand de Mémoire des Hommes.

 

Henri Célestin Durand, matricule 1061 classe 1893, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Durand est très répandu en région même s’il n’est plus présent à Caderousse. On le retrouve à Montfaucon, Orange… Si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Léon Ferragut.

*Blauvac, village du Vaucluse, à l’est de Carpentras, proche de Ville-sur-Auzon.

**Caritoux, près de Carpentras, serait-ce une ascendante indirecte du champion cycliste des années 80, Eric Caritoux ?

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