Archives de Tag: Première Guerre Mondiale

110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Léon FERRAGUT.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-sixième nom de la liste: Léon Paul Victor Ferragut.

La seconde face du monument.

Deux Ferragut sur la seconde face du monument aux morts de Caderousse mais contrairement aux Dardun et aux Doux, ce ne sont pas des frères. Le premier nominativement, Léon Paul Victor Ferragut est né à Caderousse le 08 février 1890. Ses parents se sont mariés treize mois plus tôt, le 08 janvier 1889 au village. Léon Marius est ouvrier baletier et son épouse Marie Antoinette Perrin s’occupe du foyer. Le couple est installé rue de la Masse, à l’intérieur des digues. De cette union naîtra un second garçon en 1898, Gabriel Prosper.

La famille au grand complet lors du recensement  de 1911.

Cette même année 1911, peu de temps après le recensement, Léon va rejoindre le 3ème Régiment d’Infanterie de Digne pour y effectuer sa période militaire. Il va y rester deux ans, du 11 octobre 1911 au 08 novembre 1913.

Habituellement, les jeunes hommes de retour de leur service militaire prennent femme. Léon n’en aura pas le temps puisqu’il est rappelé le 01 août 1914 lors de la mobilisation générale. Il rejoint donc le 05 août la préfecture des Basses-Alpes. A peine le temps de ramasser son barda, d’enfiler son pantalon rouge et sa vareuse bleu que la troupe s’ébranle pour le nord-est de la France.

Des arrêts en Avignon, à Lyon-Vaisse et à Dijon et le régiment est débarqué à Diarville le 06 août 1911. Peut-être avez-vous le sentiment d’avoir déjà lu cela. En effet, Léon était dans le même régiment qu’un autre « pays », Lucien Constance.

https://unmondedepapiers.com/2017/12/05/110-poilus-de-caderousse-110-destins-lucien-constance/

Marches forcées pour aller rencontrer les Allemands au plus vite sur les frontières de la France d’alors. Lucien Constance sera tué le 14 août à Coincourt, le jour du baptême du feu du Régiment qui perdra dans cet affrontement ce jour-là, 24 hommes tués mais surtout 712 blessés ou disparus. Lucien Constance faisait partie de la dernière catégorie de cette première hécatombe !

Le second affrontement aura lieu six jours plus tard, en Lorraine Allemande, à Dieuze. Les Allemands ont laissé avancer imprudemment les Français qui se sont laissés aspirer dans ce piège. Le 3ème R.I. est en couverture de régiments qui sont allés plus à l’est. Les hommes ont creusé des tranchées pour se défendre mais la journée commence mal.

Phrase délicieuse du rédacteur du Journal de Marche du 3ème R.I.: Ça a tout l’air d’une retraite… pour parler des 111ème, 112ème et 141ème R.I. fuyant le déluge de feu allemand savamment préparé et franchissant les défenses du 3ème R.I. Devant la menace d’être contourné par la droite par l’avancée allemande, l’Etat-Major fait replier le régiment, manoeuvre qui se prendra la journée entière du 20. Bilan de cette retraite…

…une seconde saignée qui met hors de combat 6 tués mais surtout 524 blessés ou disparus. Vous l’avez deviné, Léon Ferragut fait partie de cette dernière catégorie et il ne réapparaîtra plus. Il sera considéré comme mort par un jugement du 17 avril 1920. Avant cette date, comme son sort ne laissait que peu de place au doute, l’Etat octroya les 150 francs de dédommagement à son père.

Ayant perdu plus de 1 300 hommes en deux journées de combat, le 3ème R.I. fut réorganisé et passa de trois à deux bataillons. Quelques jours plus tard, de la chair fraîche arrivait, une cohorte de 1 000 hommes prise dans les réservistes. Léon Ferragut ne réapparut pas, certainement enterré par les Allemands dans une fosse commune jamais retrouvée.

La fiche de Léon Paul Victor Ferragut de Mémoire des Hommes.

Léon Paul Victor Ferragut, matricule 944 classe 1910, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Ferragut est très répandu en Vaucluse et à Orange. Si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant indirect forcément puisque mort sans descendance,  qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Louis Ferragut.

 

Triste sort que celui de Gabriel Prosper, le petit frère de Léon. Né le 17 janvier 1898, il n’évitera pas la Grande Guerre. Il va servir dans le Génie, le 7ème d’Avignon puis le 10ème de Bouchemaine, au sud d’Angers. Il en reviendra malade, paludisme (!) ou tuberculose. Puis il épousera Andrea Anaïs Barre le 23 novembre 1921. Ce mariage ne durera malheureusement pas longtemps car, moins de deux ans plus tard, Gabriel décèdera de la tuberculose le  27 octobre 1923.

Poster un commentaire

Classé dans CADEROUSSE

110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Henri DURAND.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-Cinquième nom de la liste: Henri Célestin Durand.

La seconde face du monument.

Henri Célestin Duand est l’un des morts les plus âgés pour la France de Caderousse et du Vaucluse. Certes il était un tout petit peu plus jeune que mon arrière-grand-père mais il n’était plus un gamin depuis longtemps quand la guerre éclata.

Célestin plutôt qu’Henri sur les listes nominatives de la commune, est né le 30 avril 1873. C’était le septième enfant du couple Henri Durand- Françoise Bernard. Ces derniers s’étaient unis au village le 30 septembre 1857. Lui venait de Langogne en Lozère et était descendu de sa montagne dans la riche vallée du Rhône qui offrait plus de travail que sa terre natale pour les familles nombreuses des paysans cévenols. A Caderousse, il vendait des fruits et légumes; « revendeur » pour l’agent recenseur.

Françoise Bernard était la fille d’un vannier et d’une demoiselle Berbiguier. Elle avait deux ans de moins que son époux et allait passer sa vie de femme à enfanter des gamins. Entre 1857 date de leur mariage et 1887, date du décès prématuré de Françoise, le couple allait avoir neuf enfants.

La famille presque au complet sur ce recensement de 1876.

Comme on le voit ci-dessus, seuls six enfants allaient survivre: Françoise née en 1858 et Jeanne Rose en 1860 avaient déjà quitté la maison en 1876. Rose née en 1860, Anselme l’aîné des garçons né en 1867, Thérèse en 1870 et Henri Célestin en petit dernier complètent la fratrie. Une première Thérèse n’avait vécu que 14 mois en 1865-66 et deux petits frères de Célestin: David Auguste et Alfred Etienne n’avaient vivre respectivement que six et vingt-un mois en 1876 et 1877-79. Terrible mortalité infantile !

La famille vivait derrière les digues qu’elle avait vu construire, rue Juteriez (plutôt Juiverie) au moment du recensement de 1876 mais avait déménagé auparavant dans le village de nombreuses fois: rue Monsieur puis rue Vénasque puis  grande rue puis  impasse Pied-Gaillard et enfin rue Juterie… comme on peut la suivre au gré des actes des recensements et des naissances.

Anselme avait fait sa période militaire de trois ans à Nice de 1888 à 1891. Henri allait s’arrêter un peu plus près, à Marseille, de 1894 à 1895, au 3ème Régiment d’Infanterie. L’armée l’avait envoyé en stage au 15ème Escadron du Train des Equipages pendant 40 jours. Dommage que cette expérience n’ait pas été concluante pour Henri car son destin aurait pu être modifié.

De retour de l’armée, Henri loue ses bras en devenant homme à tout faire, domestique, chez un patron, ici en 1901, chez François Bastides, un paysan.

Le recensement de 1901.

A l’âge de 29 ans, Henri va prendre pour épouse une jeune fille de Blauvac*, Erminie Louise Caritoux**, de huit ans sa cadette. Le mariage sera célébré à Caderousse le 28 juin 1902. Quelques mois plus tard, une petite Rose éclora le 30 janvier 1904 suivie d’un petit Gabriel un an plus tard, le 29 juillet. Ce seront les deux seuls enfants du couple.

Ces enfants voient partir leur père le 03 août 1914 pour la guerre. Il a alors un peu plus de 40 ans et eux 10 ans. Ce sera un épisode qu’ils n’oublieront pas. Comme pour mon arrière-grand-père, dans un premier temps, c’est en Territoriale qu’on retrouve Henri, ce qui signifie qu’il est éloigné du front momentanément. Mais la grande saignée du début du guerre oblige la hiérarchie militaire d’envoyer de « vieux » soldat dans les tranchées de première ligne. En octobre 1915, ça cogne fort dans la Marne, du côté de Suippes. Le Journal de Marche du 118ème R.I. raconte sur quelques pages les terribles journées endurées par ses hommes. N’oublions pas que nous sommes ici non loin de Tahure, village rasé lors de ces combats qui ne sera jamais reconstruit et aujourd’hui… « Mort pour la France » comme une dizaine d’autres dans le nord et nord-est de la France.

Dès le début, les pertes sont sérieuses… Les hommes vivent comme des rats, constamment terrés dans des trous le jour et ne bougeant que la nuit pour réaménager leurs caches. Les Allemands sont solidement positionnés.

Même pour attaquer, pour éviter des hécatombes, on ruse et on se sert de la nuit. Cela marche quelquefois comme on le lit dans l’épisode narré ci-dessus.

 

Dans la journée du 07 octobre, les Allemands attaquent avec des armes chimiques et on parle pudiquement de « pertes sensibles » dans les rangs français; autrement dit, il y a beaucoup de victimes.

Après plus d’une semaine dans cet enfer, les hommes sont à bout. Ils seront relevés le 09 au soir, du moins pour les survivants. Henri ne fait plus partie de ceux-ci. Il a été grièvement blessé pendant cette période sans qu’on puisse dire exactement à quel moment précis, et emmené vers un hôpital de campagne, à l’arrière, à Ludes, où il va décéder suite à ses blessures le 19 octobre 1915.

Il avait alors 42 ans et demi. Rose et Gabriel, ses enfants, allaient être adopté comme Pupille de la Nation par un jugement du Tribunal d’Orange le 19 juillet 1919. Cette décision ne ferait pas revenir leur père mais allait leur permettre d’être aidés matériellement par l’Etat. C’était beaucoup mieux que les 150 francs octroyés aux parents de soldats célibataires décédés.

Le 118ème R.I. retiré au camp Bonnefoy allait recevoir un renfort de 930 hommes venus de Vendée et de l’ouest de la France… et même d’éclopés du 63ème R.I…. c’est dire l’importance des pertes enregistrée pendant cette semaine sanglante d’octobre 15 en Champagne pouilleuse.

On retrouve une trace de Célestin Durand sur une tombe du premier cimetière de Caderousse, tombe ancienne à l’inscription difficilement lisible, en belle pierre de Provence sculptée. Les parties lisibles correspondent à ce que l’on connaît. Le corps de Célestin doit bien avoir été amené au pays, certainement après-guerre.

                
c

La fiche d’Henri Célestin Durand de Mémoire des Hommes.

 

Henri Célestin Durand, matricule 1061 classe 1893, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Durand est très répandu en région même s’il n’est plus présent à Caderousse. On le retrouve à Montfaucon, Orange… Si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Léon Ferragut.

*Blauvac, village du Vaucluse, à l’est de Carpentras, proche de Ville-sur-Auzon.

**Caritoux, près de Carpentras, serait-ce une ascendante indirecte du champion cycliste des années 80, Eric Caritoux ?

Poster un commentaire

Classé dans CADEROUSSE

Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du 06 janvier 1918

(JOUR 1252 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Le Président Machado quitte le Portugal, chassé qu’il est par les Révolutionnaires militaires favorables au désengagement militaire du pays de la guerre. Le président déchu va aller trouver refuge à Madrid.

Au Maroc, les troupes françaises, des Territoriaux nous dit-on, luttent contre une rébellion « fomentée » par des espions allemands. Ils tirent au canon sur les positions rebelles. Soit ! Mais il faut ajouter que la guerre avait commencé en 1911 et qu’elle allait durer jusqu’en 1937.Cette guerre de trente ans allait faire officiellement environ 9 000 morts du côté français auxquels il faut ajouter 15 000 blessés, sans oublier 12 000 supplétifs indigènes tués. En face, on estime à 100 000 le nombre de rebelles tués sans oublier les souffrances des populations civiles.

La Révolution Russe.

Une photo des dirigeants bolcheviks. Avec le numéro 1 marqué par la revue, on reconnaît Trotsky. Pour le Miroir, ces hommes, achetés par les Allemands, ont oeuvré à désorganiser l’armée russe. Un peu loin de la réalité.

Par contre, dans les grandes viles, la population s’habitue à faire la queue pour tout.

De gauche à droite et de bas en haut: pour des jeux de cartes (!), du sucre, de cigarettes, du lait, du pétrole et de la farine. Et ce n’est pas prêt de cesser !

En Italie, chassé-croisé des Italiens quittant le front…

…remplacés par les Français dont les généraux inspectent les lieux, dans les tranchées le long du Piave…

… la ligne infranchissable comme l’a décidé l’Etat-Major.

On découvre dans ce secteur, la présence de Peppino Garibaldi petit-fils de Guiseppe Garibaldi, l’apôtre du Risagiomento italien.

Il a combattu déjà dans les tranchées françaises avant la déclaration de guerre de son pays et il est normal qu’on le retrouve sur le Piave alors que « la Patrie est en danger ».

A Cambrai, les soldats canadiens votent…

…pour une consultation électorale comme le reste des sujets de ce Dominion, au Canada.

Les troupes britanniques de D’Allendy entrent à Jérusalem d’où ont été chassés les Turcs.

Un avion survole les Lieux Saints. Quelques Français sont de la fête dont un Caderoussier,  Marius Isidore Bernard, mort à Ludd (ou Lod) huit mois plus tard, le 27 août 1918.

Une photo exceptionnelle à l’époque, devenue beaucoup plus banale de nos jours…

…le survol des Alpes par un avion volant à 5 000 mètres d’altitude. Il devait falloir être très attentif dans le secteur du Mont-Blanc ! Mais que de progrès par l’aviation après quatre années de guerre !

Original mais bien réel, des Chinois en France.

Ce sont de formidables travailleurs dit la légende de la photo, surtout des coolies pour décharger les bateaux.

Pour terminer, les récentes fêtes du Nouvel An et le réveillon.

Ici des civils d’Epernay ont fêté la nouvelle année dans un abri souterrain semble-t-il glacial, pour éviter les bombes allemandes. Un drôle de feu d’artifice !

 

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: J’AI VU du 05 janvier 1918

(JOUR 1251 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

A la une de ce premier magazine de 1918, cinquième année de guerre, le visage du Général Guillaumat nommé commandant en chef des troupes françaises sur le front d’orient en remplacement du général Sarrail.

Dans l’Aisne, un paysage bouleversé avec des arbres coupés et enchevêtrés suite à un bombardement français sur une tranchée allemande qui a été évacué. Avant qu’elle ne soit occupée par les Français…

…des nettoyeurs essaient de débusquer d’éventuels ennemis cachés dans les souterrain avec des gaz ou des fumées.

En Russie, la Révolution Bolchévique, Maximaliste dit-on à cette époque, continue à progresser.

Ici, des gardes rouges s’apprêtent à écouter un discours de Lénine. On verra plus loin dans ce mois de janvier que la Russie est dépouillée après ces mouvements insurrectionnels. Voici d’ailleurs les plénipotentiaires participant aux discussions à Brest-Litowsk en vue d’une paix sur le front oriental.

En marge de la guerre, à Paris, la coupe de Noël a bien eu lieu sur la Seine comme les autres années.

C’est Gérard Meister qui l’a emporté en 2 minutes et 33 secondes pour joindre une berge à l’autre dans une eau à… 1°C !

Chronique nécrologie: le décès du champion cycliste Lucien Petit-Breton, double vainqueur des Tours de France 1907 et 1908.

Mobilisé, il a été victime d’un accident d’automobile près du front au niveau de Troyes. Il servait dans un Escadron du Train.

En quatrième de couverture, on voit un vieil homme, un vieux paysan déracinant des piquets soutenant les fils de fer barbelés dans le but de cultiver à nouveau sa terre reconquise aux Allemands.

Quand on sait qu’un siècle plus tard de nombreux terrains sur lesquels s’est déroulée la guerre ne sont toujours pas cultivables pour longtemps encore, on comprend qu’il s’agit d’une image de propagande, pleine de symboles mais surtout de mensonges.

 

2 Commentaires

Classé dans Revues

110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… les frères Marius et Paul DOUX.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-troisième et quarante-quatrième noms de la liste: Doux Clair Marius et Doux Paul Victor.

La seconde face du monument.

Cruel destin que celui de la fratrie des enfants issus du mariage de Jean Victor Doux et Marthe Elisabeth Arnaud. Quand ils s’unirent pour le meilleur et pour le pire le 22 juillet 1880 à Caderousse, ils n’imaginaient pas qu’ils allaient avoir cinq enfants et qu’aucun d’eux ne connaîtrait l’après-guerre. Cela pour deux raisons: la mortalité infantile très importante dans les campagnes à cette époque et la Grande Guerre dévoreuse d’hommes ! Le drame ne s’arrêta pas d’ailleurs là puisque Marthe Elisabeth, la mère, décéda quelques jours après avoir mis au monde son cinquième enfant, le 15 septembre 1888.

Cinq enfants donc, quatre garçons et une fille. C’est Paul Victor, l’aîné de la fratrie, né le 30 juin 1881, rue Pied Gaillard donc voisin de mes ancêtres Guérin, à deux pas de l’hospice devenu de nos jours EHPAD. Puis naquit la fille, Claire Marguerite en 1883 qui ne vécut qu’une semaine. Le 04 mars 1885 vint ensuite Clair Marius, prénommé ainsi pour  rendre hommage à la fille très tôt disparue. Les deux derniers garçons moururent très jeune; Pierre Elisée né en 1887 à l’âge de 14 mois et Emile Gabriel né en 1888 à l’âge de 17 mois.

Lors du recensement de 1886, le père et la mère et les deux futurs Poilus alors enfants.

Cinq ans plus tard, en 1891, c’est la grand-mère paternelle, Marguerite Clair, veuve elle-aussi, qui vient aider son fils pour élever ses enfants, rue Pied Gaillard. 

Après la disparition de sa femme puis de sa mère, Jean Victor Doux ne restera pas seul et ira chercher une autre femme. Pas très loin de chez lui, une voisine comme on le voit dans la page élargie du recensement de 1886….

…la fille de la bouchère, elle-même bouchère, Célestine Dortindeguey, de presque 20 ans sa cadette. L’union se fera le 11 avril 1894, le même jour que  Félicie, la soeur de Célestine, épousera Adrien Roche. Rapidement naîtra une petite Marie Marguerite, demi-soeur des Paul et Marius, qui, elle aura la chance de vivre une existence normale, tout comme son petit frère Etienne Théophile venu au monde en 1899.

La nouvelle famille en 1896, les deux frères et la petite Marguerite.

En 1901, Paul Victor a quitté le foyer, remplacé par le petit Théophile. La famille habite alors à la campagne, quartier Fazende appelé aussi Bayard.

Comme on l’a dit ci-dessus, l’aîné Paul Victor loue ses bras en travaillant dans des fermes. On le retrouve domestique chez Roche Théophile en 1901…

… puis chez, certainement, un oncle, Benoni Doux et son épouse Elisa Bouchet.

Recensement de 1906.

Il faut dire que Paul Victor ne va pas quitter le village pendant deux ou trois ans autour de ses 21 ans, comme la plupart des jeunes gens de son âge, puisque l’Armée n’en voudra pas, malheureusement pour lui momentanément, à cause d’un problème assez invalidant aux testicules.

Son cadet Marius, lui, va s’éloigner de Caderousse quelque temps, du 07 octobre 1907 au 04 août 1909 pour la grande ville et Marseille, son 141ème Régiment d’Infanterie. Il reviendra à Caderousse muni d’un Certificat de Bonne Conduite qui s’avèrera bien inutile face à la mitraille allemande après le 03 août 1914.

De retour de son armée, Marius se marie avec Noémie Françoise Aubert en 1909 et un petit Gabriel Doux naît l’année suivante comme en atteste la liste nominative de 1911.

Recensement de 1911.

Le jeune couple vit à la campagne, non loin de la ferme de son père, sa belle-mère et ses deux demi-frère et soeur.

Recensement de 1911.

Le tocsin de la déclaration de guerre n’a pas fini de sonner le 03 août 1914 que Marius se retrouve en pantalon rouge et veste bleu, le lendemain, au 258ème Régiment d’Infanterie en Avignon, une unité de réserve dont on a déjà parlé. Ce sera l’embarquement à Pont d’Avignon, la Lorraine, la bataille de Lagarde fatale à un autre Caderoussier. On retrouve le régiment 80 kilomètres plus au nord-ouest, le 25 août 1914, à Buzy-Darmont, à mi-chemin entre Verdun et Metz.

Malgré l’hécatombe, la stratégie de l’Etat-Major français n’a pas changé d’un iota… on attaque !

A la sortie du village, les fantassins français se retrouvent en face d’un déluge de feu venant des tranchées allemandes. Les Allemands, eux, ont pensé de se mettre à l’abri !

Le rédacteur du Journal de Marche du 258ème n’hésite pas à pointer du doigt l’insuffisance de la préparation d’artillerie pour expliquer la violence de la réaction allemande. La suite le met encore plus dans l’embarras pour expliquer ce qui va se passer.

C’est une véritable panique qui s’empare des survivants qui se précipitent en désordre vers l’arrière, se bousculent pour franchir un pont et se mettre à l’abri du feu meurtrier adverse. Pendant ce temps, les gradés de l’Etat-Major continuent de demander aux chefs d’unités encore en vie d’y retourner… chose totalement impossible tant la pagaille est grande. Pour Marius, ces préoccupations ne le concernent plus. Il a été fauché par une balle allemande et est décédé ce 25 août 1914 à l’âge de 29 ans et demi, laissant un jeune orphelin de guerre de 4 ans.

Pour Paul Victor, le chemin est un peu différent. Déclaré inapte pour le service en 1901, il n’est pas concerné par la mobilisation du 03 août. Par contre, il est toujours dans les radars de l’armée et après la saignée du début de la guerre, son cas est reconsidéré différemment et il devient par miracle un soldat tout à fait capable pour la chose militaire en décembre 14, après une réunion de la commission de réforme d’Orange. Il se retrouve donc au 140ème R. I. de Grenoble en février 1915 puis au 359ème R.I. le 20 juillet suivant.

La bataille de Champagne, grande dévoreuse de vies, est commencée depuis quelques jours. Des hommes frais viennent renforcer des régiments décimés pour que l’Etat-Major puisse continuer à programmer de nouvelles attaques plus irréalistes les unes que les autres. C’est vers Soudain, au Bois Raquette, que le 359ème se voit confier la réalisation de la percée prétendument décisive. Le Journal de Marche raconte cette  journée qui commence par le bombardement des lignes allemandes.

La 27ème compagnie dans laquelle sert Marius, est arrêtée sur des barbelés que les obus n’ont pas ouvert. De plus, les Allemands ripostent par des tirs d’armes chimiques.

Des hommes parviennent à prendre la tranchée mais des grenades jetées par les Allemands tuent un grand nombre d’entre eux au point que « les morts sont si nombreux que la tranchée en est remplie ». Les positions conquises sont intenables et les survivants doivent se replier sur la ligne de départ.

Le rédacteur du Journal de Marche va alors remplir consciencieusement l’état des troupes en consignant les noms de tous les hommes mis hors de combat. Il va écrire pas moins de 25 pages semblables à celles-ci, soit environ 1 000 noms.

Au milieu de cette liste apparaît celui de Victor Doux…

…disparu le 06 octobre 1915 à Bois Raquette. Il avait 34 ans et 3 mois.

La fiche de Paul Victor Doux de Mémoire des Hommes

…et celle de Clair Marius Doux.

Paul Victor Doux, matricule 260 classe 1901, bureau de recrutement d’Avignon, et Clair Marius Doux, matricule 420 classe 1905, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter leurs fiches matricules sur le site des Archives du Vaucluse. Il semble que le patronyme Doux soit encore très présent à Caderousse et dans les environs. Si une personne reconnaît en ces Poilus, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger ces deux petites biographies rassemblées.

A suivre: Célestin Henri Durand.

Poster un commentaire

Classé dans CADEROUSSE

Une CARTE de CHEMINOT ANCIEN COMBATTANT de la GRANDE GUERRE

Il s’agit d’une carte des Cheminots Anciens Combattants de la Grande Guerre. l’adhérent, Lucien M… était facteur en écriture sur le réseau PLM mais, bien qu’il adhère à la section d’Avignon,  il exerçait son travail à Tarascon.

Un grand nombre d’hommes participèrent au premier conflit mondial (on parle de 8 millions de Français plus ou moins jeunes). Les grands mouvements de défense sociale et morale de ces anciens combattants virent le jour dès la fin du conflit, un peu dans tous les domaines de la société. ces associations devinrent très puissantes et influèrent sur le cours de l’histoire jusqu’après la Seconde Guerre Mondiale. L’exemple le plus parlant est celui de Pétain qui s’appuya sur la Légion, émanation des associations d’A.C.

Pour Lucien M…, il ne semble pas avoir longtemps adhéré à ce groupe puisqu’au dos de la carte, un seul timbre est collé, celui du troisième trimestre 1921.

Déception, lassitude ou désaccord politique ?

Poster un commentaire

Classé dans Vieux papiers

Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du 30 décembre 1917

(JOUR 1245 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

C’est vraiment un événement important pour la presse occidentale que la fin de la guerre sur le front de l’est et le retrait des Russes, devenus des traitres. En couverture, deux gardes rouges montent la garde devant la porte de Lenine qualifié de traître, à Petrograd.

A l’intérieur de la revue, de nombreuses photos sur la situation en Russie:

La queue devant une boutique pour se ravitailler à la soupe populaire. Le Miroir y voit un subterfuge des Bolcheviks pour s’attirer les faveurs du peuple.

Des meetings en plein air, au coeur de Petrograd où les leaders s’adressent au peuple.

Les gardes rouges en armes dans les rues et…

…une ambiance de guerre civile. L’instauration d’un régie socialiste en Russie est un événement considérable qui importera la vie politique de tous les pays du monde pour le reste du XXème siècle.

Une autre vue aérienne tout autant spectaculaire:

le bombardement de Reims avec la cathédrale vue des airs.

Le front d’Italie avec la ligne de défense fixée par l’état-major sur le Piave…

…où dans un secteur, de grosses pièces de marine ont été installées.

Sur un autre fleuve de Vénitie, l’Astico, des troupes françaises qui ont connu leurs premières victimes, montent au front.

En Palestine, les Anglais ont repoussé les Turcs.

De nombreux canons ont été repris à l’ennemi, des prisonniers ont été faits et des Anglais ont été blessés. La guerre en un mot !

Aux Etats-Unis, la machine de guerre tourne à plein régime.

On fabrique des casques par milliers…

…et des paires de bottes dans les mêmes quantités pour les Sammies.

Enfin fin de ce tour du monde, au Portugal,…

…le militaires ont renversé le pouvoir civil de Costa et exilé le président Machado. Dans la mouvance de la Révolution russe, les militaires portugais sont plutôt hostiles à la guerre et, sans se désengager totalement, n’enverront plus de renforts aux troupes déjà en France.

Ci-dessus le nouveau chef de l’état, le commandant Sidonio Paès, à cheval.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Il y a 100 ans jour pour jour: J’AI VU du 29 décembre 1917

(JOUR 1244 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

A la une de J’ai vu, les révolutionnaires Lénine et Trotsky, pas bravement sous leur meilleur profil. On croirait avoir affaire à des bandits de grands chemins. Mais les Bolcheviks sont de lâches pacifistes qui s’apprêtent à signer un armistice avec les Allemands. Celui-ci a d’ailleurs été signé le 15 décembre entre la Russie et les Austro-Hongroise et Allemands, armistice qui prendra effet du 17 décembre au 4 janvier.

Pour en revenir à l’image, Trotsky est à gauche et Lénine à droite. On aurait dit l’inverse tant cela est mal fait !

L’offensive britannique en Cambrésis et cette vieille femme aveugle secourue par les Tommies.

La double page centrale est ce dessin…

…commenté ainsi:

UNE SCÈNE QUE L’ITALIE NE VERRA PLUS: L’EXODE DES POPULATIONS DEVANT LA RUÉE AUSTRO-HONGROISE.

Une phrase bien compliquée pour dire que l’intervention française va arrêter l’avance allemande !

Un bombardement aérien vu des airs:

Que de progrès en 3 ans dans les domaines de l’aviation, de la guerre aérienne et la photographie.

Une page à la J’ai vu des troupes françaises en route pour Jérusalem…

…peu nombreuses, sous les ordres d’Allenby et laissées de côté par les Britanniques.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Alphonse DORTINDEGUEY.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-deuxième nom de la liste: Dortindeguey Alphonse Clément.

La seconde face du monument.

Le parcours des Dortindeguey à Caderousse est assez facile à suivre. Vers 1886, Pierre Paul Dortindeguey né en 1857   Caderousse prend pour épouse Marie-Louise Arnoux née en 1865. C’est une fille de Piolenc ou d’Orange suivant des écrits officiels, renseignements démentis par l’Etat-Civil de ces communes où elle n’apparaît nulle part. Ce sera donc le point d’interrogation de ce volet généalogique.

Le couple s’installe chez le mari, c’est-à-dire au domicile des parents de Pierre: Adrien Dortindeguey et Marie-Thérèse Point, au quartier Fazende ou de l’îlon Blanc. C’était souvent le cas à l’époque où toutes les générations vivaient sous le même toit.

Le recensement de 1886 avec le couple des anciens et celui des modernes.

 

C’est seulement après la disparition de la mère en 1900 que le père va s’installer chez une de ses filles et que les parents d’Alphonse pourront se retrouver chez eux, avec leurs enfants. Car, entre temps, quatre enfants sont arrivés dans le foyer.

La famille d’Adrien Dortindeguey lors du recensement de 1901.

Marie Rose Adrienne en 1887, Paul Louis François en 1990, Alphonse le Poilu né le 26 mars 1894 et Rosé (écrit ainsi) Adrien en 1900. Une fille et trois garçons. On constate sur toutes les listes nominatives la présence d’un domestique travaillant pour le compte des Dortindeguey. Ils devaient donc mener une ferme assez importante quartier de Fazende à Caderousse !

A la déclaration de guerre du 03 août 1914, Alphonse n’a pas encore connu le monde militaire et semble protégé pour quelque temps encore. Il n’aurait dû rejoindre la troupe qu’en 1915 mais les pertes considérables du premier mois de guerre entraîna la modification de la loi de l’âge d’appel des nouvelles classes, ce qui envoya Alphonse sous les drapeaux le 16 septembre 1914. Bien loin de Caderousse puisqu’il doit rejoindre le 3ème Régiment de Marche de Tirailleurs Algériens… en Algérie, à Bône. Il arrive au corps le 19 septembre.

Après la formation militaire, c’est le retour en métropole et bien sûr, le front sur le nord-est de la France. Le 3ème R.T.A. se retrouve dans l’Oise, au nord-est-est de Compiègne au mois de juin 1915. Le 07, le front est relativement calme. Le matin, les Allemands ont offert un lever précoce aux tirailleurs par des tirs d’infanterie sans attaque. Quelques échanges d’artillerie dans la journée, rien de bien méchant. A 21 heures, les Allemands attaquent sans conviction le bois Saint-Maud à Tracy-le-Val.

Ils sont rapidement mis en déroute mais cette attaque fait un tué dans les rang français. Vous l’avez compris, il s’agit d’Alphonse Dortindeguey ! Il était âgé de 21 ans et presque 3 mois. Son père Adrien reçut les 150 francs de dédommagement des soldats célibataires quelques mois plus tard.
Il est inhumé à la Nécropole Nationale de Tracy-le-Mont dans l’Oise, tombe individuelle 1396.

La fiche d’Alphonse Clément Dortindeguey de Mémoire des Hommes

Alphonse Clément Dortindeguey, matricule 386 classe 1914, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Il semble que le patronyme Dortindeguey soit encore très présent en Vaucluse, Gard et Bouches-du-Rhône. Si une personne reconnaît en  ce Poilu, un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: les frères Clair et Paul Doux.

 

Quelques mots sur le parcours de Paul, le grand frère d’Alphonse pendant la Grande Guerre.

Paul Victor François Dortindeguey fit ses classes en 1911-12. Il est rappelé dès le 03 août 1914 et est blessé très rapidement, le 19 août à Dieuze, à la main gauche par un éclat d’obus. Il en gardera quelques séquelles (difficulté de préhension) et bénéficiera d’une pension. Il est fait prisonnier au moment de cette blessure et fera le reste de la guerre dans un camp en Allemagne, à Konigsbrück, bien loin de Caderousse, dans l’est de l’Allemagne, près de Dresde. Il sera libéré par anticipation, le 23 octobre 1918. Mais l’Armée ne le libérera que quelques mois après.

Poster un commentaire

Classé dans CADEROUSSE

Un NOËL à la maison pour ce Poilu Castrais malade.

Un vieux papier daté du 24 décembre 1917. Nous sommes à Castres, dans le Tarn. Dans cette ville est implanté un hôpital militaire complémentaire, le n°16 pour le service sanitaire des Armées. On y soigne les Poilus blessés et malades qui ont pu être transportés là. C’est un peu le cas dans toutes les villes qui le peuvent. Tant le besoin de lits est important depuis août 1914, le moindre dortoir devient hôpital complémentaire, provisoire.

Ici, sur ce vieux papier, Emile Léorat du 15ème Régiment d’Infanterie est autorisé par le médecin-chef à la signature illisible à aller passer la nuit et la journée de Noël chez lui, certainement dans les environs de la préfecture du Tarn. On comprend aussi qu’Emile est hospitalisé pour soigner une maladie contracté au front et non une blessure reçue au combat.

Voici donc cette permission qui mit certainement un peu de baume au coeur de ce militaire en souffrance.

Connaissant l’origine de ce vieux papier, j’ai pu rechercher et trouver le registre matricule d’Emile Léorat.

Il était originaire d’Annonay et fut bien soldat au 15ème R.I.

Né le 30 avril 1883, il avait été exempté de service militaire en 1904 car il était le fils unique d’une veuve. Par contre, il n’échappa pas à l’appel du 3 août 1914 mais fut maintenu un temps à la tannerie dans laquelle il travaillait.
Mais effectivement, sa santé n’était guère billante. On peut lire sur son registre matricule les maux dont il souffrait: une « bronchite chronique du somment droit avec lésion organique au coeur », une « ankylose permanente de l’auriculaire droit et d’un panari ancien de l’index qui avait nécessité l’extraction d’une partie de la phalangette » et pour couronner le tout de « tachycardie » !

Le bottin médical à lui tout seul !

Il fut trimballé de commission de réforme, en hôpital et à nouveau commission de réforme pour aboutir à être renvoyé dans ses foyers… à la fin de la guerre !

Emile devait avoir des parents ou amis dans le Tarn pour obtenir cette permission sans devoir rentrer en Ardèche.

 

Poster un commentaire

Classé dans Vieux papiers