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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… BERBIGUIER Joseph

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Neuvième nom de la liste: Berbiguier Joseph.

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Première face du Monument.

On a déjà parlé de la famille de Joseph Florent Berbiguier dans le chapitre précédent concernant Louis Berbiguier et de ce prénom Joseph que l’on se donnait de père en fils.

Joseph Florent Berbiguier est né le 13 octobre 1890. Au recensement de 1911, il vit encore chez ses parents Joseph Gabriel et Anne Louise Divol, cultivateurs au quartier Camp Blancard. Il s’apprête à rejoindre la caserne de Tarascon où a élu garnison le 11ème Régiment de Hussards. Dans un premier temps, il est classé dans le service auxiliaire pour « défaut de taille et hernie inguinale ». Il mesure pourtant 1 mètre 62 ce qui est peu en 2016 et l’était un peu moins au début du XXème siècle. L’armée devait avoir besoin de grands hussards. Il n’empêche que, malgré cette décision, on le retrouve toujours chez les Hussards le 29 août 1912 avant qu’il ne soit libéré des obligations militaires le 8 novembre 1913.

Pour peu de temps, bien évidemment !

Sept mois plus tard, c’est la déclaration de guerre et il retourne à Tarascon toujours dans un service auxiliaire avant d’être reconnu bon pour le service armé le 26 octobre 1914. L’armée est moins regardante quant à la taille des hommes après les pertes considérables des 2 premiers mois de guerre. Le 6 février, il passe au 40ème Régiment d’Infanterie de Nîmes et la caserne Montcalm à quelques pas des arènes antiques.

C’est à ce moment que commence véritablement sa Grande Guerre.

L’histoire ne dit pas à quel moment Joseph Berbiguier rejoindra le front du nord-est de la France, le régiment nîmois se trouvant dans le secteur de Mort-Homme, dans l’ouest de Verdun en février 1915.

Une autre grande aventure commencera pour ce régiment, à Toulouse, le 1er janvier 1917. En effet, le 40ème de Ligne doit rejoindre l’Armée d’Orient, le front des Balkans. Un voyage qui commence en train jusqu’au port de l’Estoque à Marseille où les troupes sont embarquées dans plusieurs transports partant à quelques jours d’intervalle les uns des autres, pour éviter qu’un sous-marin allemand les croisant groupés ne fasse un carnage. Si les voyages du « Colbert » et du « Paul Lecat » se passent sans encombre, l' »Amiral Magon » est torpillé le 25 janvier entre Italie et Grèce, entraînant la disparition de 209 hommes sur les 960 personnes embarqués, sans oublier les nombreux chevaux qui seront noyés dans les cales.  Des chevaux, autres grandes victimes de la Guerre. Manifestement, suivant les écrits, la 10ème Compagnie de Joseph Berbiguier est montée sur ce dernier transport. Le jeune Caderoussier figurera parmi les rescapés. Voici la narration de ce naufrage de l' »Amiral Magon » qui aura coulé en 9 minutes !

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Il en aurait eu à raconter à ses petits-enfants ou ses copains au café, s’il était revenu de cette campagne, Joseph Berbiguier !

Second moment où les hommes du 40ème R.I. vont tutoyer l’Histoire: les événements du Pirée et d’Athènes en juin 1917, au moment du retour au pouvoir de l’ancien premier ministre grec favorable à l’Entente Elefthérios Venizélos et l’abdication et l’exil du roi Constantin 1er, souverain pro-Germanique. Les troupes françaises sont là, dans la capitale, pour étouffer dans l’oeuf toutes velléités de début de guerre civile.

Plus tard, on va retrouver Joseph Berbiguier du côté de Monastir (aujourd’hui Bitola), à Dihovo, sur la ligne de front séparant les Français des Bulgares. On est dans le sud de la Macédoine. Joseph y est blessé (commotionné pour reprendre les termes militaires) le 12 mars 1918.

Voici ce qu’écrit l’instituteur-soldat ou clerc de notaire-soldat chargé de tenir le carnet de route de l’unité.

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Dans la marge, le bilan de cette canonnade: 2 tués et un blessé (commotionné), Joseph Berbiguier comme l’atteste le bilan des pertes en fin de registre:

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La citation reçue par Joseph confirme les faits: « très bon soldat, courageux et dévoué, fortement commotionné à son poste de guetteur par l’explosion d’un obus de gros calibre ».

La suite, ce sera de nouveaux combats dans cette région puis la cessation des hostilités sur le front d’Orient, le 28 septembre 1918, un mois et demi avant la fin de la guerre sur le front occidental, le 11 novembre 1918. Les Bulgares puis les Austro-Hongrois ont compris que la guerre était perdue et ont préféré négocier un armistice séparé.

Le 40ème Régiment d’Infanterie va donc se déplacer à partir de ce mois d’octobre 1918 pour rejoindre la Roumanie pour soutenir notre alliée, encore en guerre. Ce sera une longue marche à travers la Macédoine puis la Bulgarie en évitant de parader dans la capitale Sofia comme le stipulaient les conditions de l’Armistice puis enfin franchir le Danube pour rejoindre Bucarest où les troupes françaises défilent le 4 décembre 1918.

Joseph Berbiguier ne sera pas de ce défilé. Il décède ce jour-même, le 4 décembre 1918, à l’hôpital de Coltzéa en Roumanie. Suivant la fiche de Mémoire des Hommes  des « suites de blessures de guerre ». Mais suivant son registre matricule, « suite de maladie ». Difficile de se faire une idée ! Tout d’abord, il nous a été impossible de localiser cet hôpital en Roumaine, les noms des villes de ces régions ayant maintenant changé en fonction des nationalités récupérant leurs identités. D’autre part, le carnet de bord du 40ème R.I. n’indique rien de particulier pour ce mois de décembre. Les combats ont cessé depuis 1 mois et demi et après la blessure du 12 mars, le nom de Berbiguier n’apparaît plus. On ne parle pas non plus d’épidémie mais l’hypothèse d’une maladie est plus plausible que celle d’une blessure. A moins que le blessé de cet accident (de train ?) relaté en date du 10 novembre 1918 ne soit Joseph Berbiguier !

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Petites interrogations donc pour le lieu exact et la cause du décès de Joseph Berbiguier. Seule sa famille, s’il en reste,  pourrait nous éclairer !

La fiche de Joseph Berbiguier de Mémoire des Hommes.

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Joseph Berbiguier ou Joseph Florent Berbiguier, matricule 980 classe 1910, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Berbiguier étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant indirect reconnaît un membre se sa famille, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents.

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Parcours du 40ème R.I. dans les Balkans en 1918.

A suivre Bernard Fernand

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 8 avril 1917

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(JOUR 979 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

A la une de ce numéro du Miroir du 8 avril 1917, on voit un voilier s’enfonçant dans les eaux de l’Atlantique, détruit par les pirates allemands. Avec les U-Boat, ils causent beaucoup de mal aux transports, autant civils que militaires.

Sur la double page centrale, on voit la fin du cuirassé « Danton » touché par une torpille lancée par un sous-marin.

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Les photos ont été prises le 19 mars 1917 et le naufrage a lieu au large de la Sardaigne. Cette catastrophe fera 296 morts sur 1 101 personnes embarquées. Ce navire a été retrouvée par des océanographes néerlandais en 2007 et attesté par la Marine française en 2009.

Sur terre, des tranchées prises par les Britanniques aux Allemands.

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Toujours des paysages lunaires !

Ici, à Bapaume, dans les Pas-de-Calais, ce sont des ANZAC qui se reposent dans les ruines du village.

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Les ANZAC, les troupes australiennes et néo-zélandaises.

Autre destruction, celle du château de Ham, dans la Somme. Ce dynamitage a eu lieu également le 19 mars 1917.

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C’est dans ce château-prison que Louis-Napoléon Bonaparte y fut enfermé de 1840 à 1846. Il est de nos jours dans l’état que l’ont laissé les Allemands.

Sur la route de Ham, une énorme marmite créée par une mine allemande.

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Toujours cette lâche et abominable guerre des mines.

En Russie, la presse française découvre qu’il y avait des prisonniers au Goulag, en Sibérie. Des révolutionnaires de 1905.

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Notre ancien ami le tsar Nicolas II était moins propre qu’on nous l’a raconté depuis 3 ans !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 5 avril 1917

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(JOUR 976 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

A la une, un sous-secrétaire d’état à la Guerre et un général. Pourquoi cette vue dans cette revue ? Tout simplement car le civil (Monsieur Justin Godard) est originaire du Rhône (un député du Rhône), zone de diffusion de la Guerre Photographiée.

Quelques pages intéressantes, sans ligne directive.

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Des voiturettes sur rail à multi-usages: transport de munitions, transport de blessés, transport d’hommes.

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Des rails plus que chamboulés par un bombardement français sur un train de munitions allemands.

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Cet hiver certainement, des Alpins dans… les Vosges. Que de neige ! Y en a-t-il autant de nos jours  ou la cherche-t-on comme dans les Préalpes, les Alpes du sud, les Cévennes ?

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Des bombes américaines dédicacées pour les Allemands. Une tradition souvent renouvelée !

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Destruction à la cathédrale de Soissons par les Barbares… comme si les bombes français, anglaises, italiennes faisaient des « les frappes chirurgicales » comme on essaie de nous le faire croire en 2017 !

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… BERBIGUIER Louis

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Huitième nom de la liste: Berbiguier Louis.

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Première face du Monument.

Pas facile de se retrouver avec les Berbiguier de Caderousse au XIXème siècle et au début du XXème. Il y en a déjà 2 sur le monument aux morts de la commune Louis et Joseph inscrits dans cet ordre peu alphabétique. Mais quand on va chercher un peu sur les registres matricules, on s’aperçoit que l’ordre n’est pas si illogique puisque Louis Berbiguier semble être officiellement prénommé Joseph Etienne Louis (!) alors que Joseph Berbiguier serait Joseph Florent. Le E est bien avant le F, élémentaire mon cher Watson !

Quant au prénom Joseph, cela semblait être une obligation pour les garçons de ces 2 branches de Berbiguier !

Le père de Joseph Etienne Louis se prénomme Joseph Hippolyte (bien sûr couramment appelé Hippolyte) et son grand-père paternel Joseph Antoine comme on peut le lire sur cette tombe familiale au cimetière du village.

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Dans l’autre branche, le père de Joseph Florent se prénomme Joseph Gabriel et son aïeul Joseph Baptiste. Pas facile de s’y retrouver avec tous ces Joseph !

Mais revenons à Louis Berbiguier.

Né le 22 décembre (un autre !) 1887, il n’a que 26 ans à la déclaration de guerre. Il a quitté le foyer de ses parents Hippolyte Berbiguier et Caroline Rival au quartier des Cabannes où vivent encore en 1911 ses petites soeurs Augustine et Joséphine et son grand-père Joseph Antoine dont on a déjà parlé. Hippolyte exerce d’ailleurs le métier de passeur au bac à traille de L’Ardoise avec un de ses cousins. Louis, de son côté,  s’est mis au service d’un patron paysan, les Crégut, Louis et Thérèse, comme on peut le lire ci-dessous.

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C’est au retour de sa période militaire qu’il a donc choisi de voler de ses propres ailes. Une période qui l’avait mené dans un premier temps, le 03 décembre 1908 à… Montélimar au 52ème Régiment d’Infanterie. Comme il est bizarrement écrit sur son registre matricule, il fut muté par la suite au 11ème Régiment d’Infanterie de Montauban « pour convenances personnelles » un an plus tard, le 10 octobre 1909. Il retourna à la vie civile le 25 septembre 1910.

Moins de 4 ans plus tard, il était de retour dans une caserne, la caserne Chabran d’Avignon, comme presque tous les Vauclusiens rappelés le 3 août 1914. Il était alors dirigé sur Toulon et le 4ème Régiment d’Infanterie Coloniale. Ce régiment se retrouva vite sur le front face aux Allemands et participa à la bataille de la Marne. En 1915, c’est en Champagne et autour de la « Main de Massiges » que les coloniaux vont connaître de terribles moments. Une « main de Massiges » qu’on découvre toujours sur les vues aériennes de Google, de nos jours, où des bois ont tout de même poussé sur des terres devenues incultes et dessinent les doigts de cette « main ».

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Une « main » qui sera le tombeau de nombre de Coloniaux dont Louis Berbiguier. Deux batailles s’y déroulèrent, la première au mois de mars 1915, la seconde à partir du 25 septembre 1915. On estime que ces combats coûtèrent la vie à 25 000 soldats français tués, blessés ou disparus et à autant d’Allemands lors de ces 2 batailles. Des attaques françaises qui n’aboutirent à… rien, les Allemands seront chassés de la « main de Massiges »… en 1918.

L’attaque française du 25 septembre s’achèvera le 29 septembre pour Louis Berbiguier. Le jour de la fête patronale de son village du Vaucluse, il décédait dans une ambulance à Braux-Saint-Cohière, à 8 kilomètres du sud de Massiges où étaient emmenés les grands blessés.

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Louis Berbiguier avait 27 ans et 9 mois. Il repose dans la Nécropole Nationale de Sainte-Menehould (2km à l’est de Braux), tombe individuelle 542.

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Louis Berbiguier, alias Joseph Etienne Louis Berbiguier, matricule 357 classe 1907, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Berbigier étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant indirect reconnaît un membre se sa famille, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents.

A suivre: Joseph Berbiguier.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 1er avril 1917

 

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(JOUR 972 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

A la une, le futur tsar, le grand-duc Michel, qui se fait tirer son portrait par le sculpteur Soudbinine à Knebshouse, en Angleterre. Il espère devenir le successeur de Nicolas II. L’Histoire et le peuple en décideront autrement !

La version people de la Révolution Russe…

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telle que les dirigeants français et le Miroir qui est aux ordres, souhaiteraient qu’elle devienne. On change le tsar et on continue comme avant. Ce sera bien différent.

La version officielle de la Révolution de février avec le nouveau gouvernement menchevik.

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Le plus connu, le 3ème de la première rangée: Kerenski.

Les combats en Picardie ont, dit le magazine, permis de libérer quelques arpents de France.

A Roye, au sud du milieu d’une ligne Amiens-Saint Quentin:

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Cette libération date du 17 mars 1917.

Plus au sud, celle de Noyon qui a souffert des combats libérateurs…

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Des paysages bouleversés.

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Une marmotte de mine au milieu d’un boulevard (Mony) mais…

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…l’Hôtel-de-Ville intact.

La guerre ailleurs:

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A Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, des troupes embarquent pour la Métropole et ses tranchées. A bord du transport, des Néo-Calédoniens, des Tahitiens, des Kanaks (écrit d’une manière plus rustique) et des  Japonais installés dans l’île.

En Asie, les Britanniques et les Russes approchent de Mossoul après la chute de Bagdad.

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La prise de Mossoul ou l’éternel recommencement de l’Histoire !

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… BACCHINI Orfeo

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Septième nom de la liste: Bacchini Orfeo.

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Première face du Monument.

Premier cas délicat que pose ce Poilu Bacchini Orfeo, un nom d’origine italienne ainsi écrit sur le monument aux morts. Ce nom Bacchini n’apparaît pas dans le site officier Mémoire des Hommes sous cette écriture. Orthographié Bachini, une fiche apparaît correspondant à un soldat d’origine corse n’ayant aucune attache avec le Vaucluse. Ecrit Baccini, 4 fiches apparaissent sans qu’aucune ne soit satisfaisante, bien que 2 soient de hommes venus des Bouches-du-Rhône. Ecrit Bacini, aucune réponse n’est proposée. Nous avons dû aller ailleurs pour trouver une piste.

C’est ce recensement de 1906 qui va nous mettre sur la piste des Bachini à Caderousse.

Ils vivent quartier Vénasque dans le village. La famille compte 7 membres.

  • La mère, chef de famille Joséphine Gargani née en Italie à Bientina en 1874. Il s’agit d’un village situé sur une ligne Pise-Florence, à 25km à l’est de la première et à 40km à l’ouest de la capitale de la Toscane. Le père est absent, on verra pourquoi plus loin.
  • Flore, la fille aînée née également en Toscane en 1893.
  • Orphée l’aîné des garçons, né en 1895 à Noves (Bouches-du-Rhône, non loin d’Avignon). Indiscutablement, c’est le Poilu dont le prénom est écrit sur le monument avec sa forme italienne Orfeo.
  • Célina, née en 1897 à Noves.
  • Paul, né en 1899, né également à Noves
  • Bruna, née en 1901, née en Arles.
  • A ces membres, s’ajoute le père de la mère Joséphine, Pierre Gargani né en Italie bien entendu, en Toscane, en 1837 et donc âgé de 69 ans au moment où le liste est établie.

Au recensement de 1911, le dernier avant la Grande Guerre, les enfants les plus âgés ont trouvé du travail dans le village. Ainsi, on découvre qu’en page 8, les Bachini habitent dans une maison sur le….les-bachini-adresse

…cours de l’est, appelé ainsi avant qu’Aristide Briand ne joue un rôle important durant la Grande Guerre et voit son nom attribué à nombre de lieux publics. On peut lire…

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Laura née en 1893 a rejoint le foyer et travaille comme ouvrière des balais chez l’atelier Vivet. Est-ce une jumelle de Flore ? Célina est devenue Elisa, la petite Bruna a rajeuni d’un seul coup de 6 ans suite à une erreur de l’agent recenseur. Quant au grand-mère Pierre Gargani, il n’est plus là et certainement est décédé.

En page 4, on voit que Flore a quitté le foyer pour se mettre au service de patrons, comme domestique.

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C’est la bonne des Reynaud dont le chef de famille est Paul qui ne manquait pas une occasion de faire savoir qu’il n’avait rien à voir avec la grande figure politique de la Troisième République. Effet du hasard, il s’agissait là de la future belle-famille de Léonce Guérin, le frère de mon grand-père Gabriel. Second hasard, ce sont les voisins de la famille de ma grand-mère paternelle, les Boissel, dont on lit le nom de Philine  alors âgée de 7 ans. Pour le recensement, ils habitaient dans l’île (le secteur) du Cercle…

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…dont fait partie l’actuelle rue et place Jean Jaurès où est la maison de famille des Boissel tout comme la boucherie des Reynaud aujourd’hui tenue par Pierre Laufmoller.

Enfin, on découvre, en page 45 qu’Orphée Bachini, né bizarrement en 1897 alors qu’il était noté 1895 au recensement de 1906, s’est lui aussi mis aux services de patrons.

Il est domestique chez les Bernard dans une ferme des Cabanes.

Fort de ces renseignements, on peut maintenant aller chercher dans le registre matricule des conscrits de 1915 et 1917 aux Archives départementales en Avignon, la page de cet Bachini Orphée. Sans succés, ni en 1917, ni en 1916, ni en 1915, ni en 1918 ! Où était passé Orphée entre 1911 et 1917 ? Pour l’heure cela reste un problème.

Chez les Bachini de Caderousse, seul le dénommé Paul apparaît dans le registre matricule de 1919. Étant né en 1899, il fut effectivement mobilisé à 19 ans, en 1918 comme tous les jeunes hommes de la classe 19, comme on peut le lire sur sa fiche matricule aux Archives numérisées du Vaucluse.

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On découvre alors que le Paul Bachini du recensement de 1911 se prénomme plutôt Persco Alfred Valentini, né effectivement à Noves (Bouches-du-Rhône) le 07 septembre 1899, exerçant la profession de cultivateur. Il est bien le fils de Giuseppe (Josephine en français) Gargani et de feu Francisco Bacchini, décédé en 1918. Le père n’était pas recensé car il devrait être décédé entre 1902 et 1911.

Faute d’Orphée ou Orfeo pour l’heure, voyons donc le parcours de Perso Bachini.

Il est donc appelé sous les drapeaux le 29 avril 1918 et ne restera qu’une paire de mois à la caserne d’Avignon. Son état de santé ne permet pas qu’il soit considéré  comme « bon pour le service » par les autorités militaires. Il est provisoirement réformé pour « dénutrition, faiblesse générale » et renvoyé à Caderousse le 13 avril 1918. Ce grand jeune homme de 1 mètre 74 était misérablement nourri et considéré comme illettré par l’institution militaire !

Il sera à nouveau réformé temporairement pour les mêmes raisons par des commissions siégeant en Avignon le 19 septembre 1918, le 02 mai 1919 puis le 21 mai 1920 pour être définitivement rayé des listes le 28 juin 1921.

Mais dans ce dernier délibéré de cette commission, on apprend que…

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…l’armée propose à ce qu’il soit octroyé à Persco une pension d’invalidé permanente de 50% pour des problèmes pulmonaires. Il n’avait passé que 2 mois en caserne mais avait trouvé le moyen d’être contaminé (très certainement) par la tuberculose dont le nombre de cas avait explosé dans les troupes pendant la Grande Guerre. En reconnaissant cela, l’armée permettait à ce qu’il puisse être considéré comme mort des suites de la guerre. Il disparaîtra le 15 février 1923 à Orange.

Une bien triste et courte vie pour ce jeune franco-italien disparu à l’âge de 23 ans !

Reste à découvrir le parcours d’Orfeo (Orphée) Bachini !

Perso Alfred Valentini Bachini, matricule 1070 classe 1919, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Bachini étant toujours vivant dans les Bouches-du-Rhône et principalement à Noves, si un descendant indirect reconnaît son ancêtre et par là a entendu parler d’Orfeo Bachini, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents.

A suivre: Louis Berbiguier.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 29 mars 1917

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(JOUR 969 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La vie de château pour les Poilus de 17 suivant La Guerre Photographiée. Sérieux s’abstenir !

Par contre pour ceux dans les tranchées au redoux du printemps naissant, on bricole des solutions pour éviter de passer des journées avec de la boue jusqu’aux genoux !

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Une des dernières photos du comte Zeppelin, militaire et industriel allemand, inventeur de ses dirigeables portant son nom.

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Il vient de décéder à l’âge de 79 ans, le 7 mars dernier. Ses dirigeables continueront à se développer après-guerre à destination commerciale alors jusqu’à la catastrophe de l’Hindenburg le 06 mai 1937 aux Etats-Unis.

Des sapeurs travaillant sous terre et s’apprêtant à faire exploser une mine.

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agrémenté d’un horrible commentaire xénophobe: On procède aux derniers préparatifs avant d’amener la formidable charge d’explosifs qui débarrassera la terre de quelques dizaines de ces êtres malfaisants appelés « Boches ». Sans commentaire !

Double page centrale avec 6 vues des Vosges…

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et des chasseurs alpins. Mais des images de paix et de concorde !

Les troupes britanniques:

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mangeant dans un trou d’obus aux côtés de la tombe de l’un des leurs.

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des Canadiens peu importunés de passer leur vie les pieds dans une eau glaciale.

Du pinard d’Espagne pour les Poilus russes…

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mais pas un mot de la révolution de février 1917 et du départ du pouvoir des Romanov.

 Des prises de guerre aux Allemands.

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des obusiers.

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les lance-flammes.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… AUBERT Paul

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Sixième nom de la liste: Aubert Paul.

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Première face du Monument

Pas de lien de parenté proche entre ce Paul Aubert et les 2 précédents Julien Aubert et Augustin Aubert dont on a parlé il y a peu. Ni frère, ni cousin germain, peut-être des parents plus éloignés.

Paul Aubert est un soldat déjà âgé quand éclate la Grande Guerre. Né le 21 mars 1879 à Caderousse, il a 35 révolus quand il doit reprendre un paquetage. Sa première incorporation date en effet du 16 novembre 1901 et il retourna à la vie civile le 19 mars 1903, 11 ans avant la déclaration de guerre. Certes lors des périodes de réserve, il put devenir sergent, ce qui n’était pas particulièrement un avantage dans les tranchées.

Il sera donc rappelé le 03 août 1914 au 118ème Régiment d’Infanterie, un régiment territorial composé de soldats plus âgés. En principe, ces hommes n’avaient pas vocation à se retrouver en première ligne… sauf que les pertes très importantes du début de la guerre obligèrent l’Etat-Major à combler les vides des régiments décimés en puisant dans ce vivier.

Nous sommes dans la période que l’Histoire appellera la « Course à la mer ». La bataille de la Marne fit comprendre aux Allemands comme aux Français que la guerre sera longue. Les forces en présence s’équilibrent et il faut stabiliser le front.

Le 11 octobre 1914, Paul Aubert découvrit le front au 146ème Régiment d’Infanterie. Voici ce qu’écrit le scribe du régiment dans le carnet de route de l’unité, le 21 octobre:

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Les Compagnies Territorials sont encadrées par des Compagnies actives de manière à leur inspirer confiance; les Compagnies actives occupant les saillants et points d’attaque.

On va donc mélanger dans les compagnies des anciens et des plus jeunes.

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Paul Aubert arrive donc au régiment avec plusieurs dizaines de territoriaux le 11 octobre (1). La ligne de front passe dans la région de Sailly-au-Bois, Colincamps, Hébuterne. Les accrochages sont légions avec les Allemands même s’il est noté que le front est plutôt calme et, tous les jours, quelques hommes tombent ou sont blessés.

La troupe est relevée le 3 novembre, direction Doullens (2) pour prendre le train. A la gare, la pagaille est totale et la troupe va prendre du retard. Voyage vers le nord, vers la mer.

Descente du train à Steenwerck (3), à l’ouest de l’agglomération lilloise pour continuer le voyage vers la Belgique d’une manière originale que le Poilu caderoussier n’imaginait pas: en autobus de Londres. En effet les Français côtoient les Britanniques dans une autre pagaille sans nom. A cette concentration trop importante de soldats s’ajoute la pluie qui rend les chemins et routes dangereuses et glissantes.

Le voyage prend fin pour le 146ème R.I. de Paul Aubert dans le secteur belge d’Ypres. Le 06 et 07 novembre 1914, de durs combats vont se dérouler puis le front redeviendra relativement calme. Ce qui ne veut pas dire que ce sera de tout repos pour les hommes. Loin de là ! Le temps est exécrable, la pluie tombe sans arrêt et les tranchées sont inondées.

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L’eau est partout et la terre s’effondre régulièrement. De plus les 2 lignes de front sont très proches et le froid se met de la partie, il neige et il gèle. Au repos (les régiments passent 2 jours en première ligne puis 2 jours en seconde ligne puis 2 jours en réserve), on apprend aux hommes à se confectionner des chaussons de paille pour résister au froid et à l’eau des tranchées !

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En première ligne, le mouvements ne peuvent se faire que de nuit, les relèves comme la popote:

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Début décembre, la hiérarchie fait installer des braseros dans les tranchées et fournit de petits miroirs aux hommes pour éviter d’être tirés comme des lapins quand ils jettent un regard par dessus le parapet de la tranchée.

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Malgré la période plutôt calme, sans grande attaque, tous les jours, quelques hommes sont tués ou blessés, sans oublier ceux qui sont évacués avec les pieds gelés ou souffrant d’oedèmes.

Quand Paul Aubert fut-il grièvement blessé en novembre ou décembre 1914 ? Impossible de le savoir. Peut-être est-il l’un des 2 sous-officiers blessé ce 21 novembre ?

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Toujours est-il qu’il est évacué gravement blessé vers l’hôpital mixte de Laval en Mayenne où il décédera le 12 décembre 1914 suite à ses blessures de guerre.

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Paul  Aubert, matricule 687 classe 1899, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Aubert étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant direct ou indirect reconnaît son ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède d’autres photos ou documents ou plus de précision sur cet ancêtre.

A suivre: Orféo Bachini.

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GRANDE GUERRE: une CARTE d’Etat-Major allemande de VERDUN-SAINT-MIHIEL

En titre:

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pour cette carte d’Etat-Major d’ailleurs incomplète puisque coupé en 2, le bas de celle-ci étant absent. Dommage, les Vosges ne seront pas représentées. C’est la lecture de l’échelle du document qui tout de suite interpelle:

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Il s’agit d’une carte allemande, de l’armée allemande. Pas de date de publication puisque les dates sont habituellement en bas. Mais seconde surprise: un double trait ininterrompu, l’un bleu (en haut), l’autre rouge (en dessous et qui suit le précédent de partout) traverse la carte:

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Pas de doute, il s’agit de la ligne de front, une fois celle-ci stabilisée, de la fin 1914 jusqu’à la reprise de la guerre de mouvement, en septembre 1918. Comme malgré les attaques des uns et les contre-attaques des autres, le front ne se modifia guère, on ne peut mettre une date exacte sur ce document.

Petite remarque…

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l’écartement entre la ligne allemande (en bleue) et la ligne française (en rouge) va de 1 à 9 millimètres. Cela me paraît beaucoup quand on sait que les 2 lignes n’étaient séparées de quelques dizaines à quelques centaines de mètres !

Deux secteurs « intéressants » dans ce document, plus médiatiquement et historiquement connus que les autres:

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celui de Verdun où tous les forts défendant la ville sont notés en rouge avec un cercle rouge autour d’eux entourant une zone hachurée délimitant l’influence de la position. Quelle drôle d’idée eut donc l’Etat-Major du Kromprinz d’attaquer dans un secteur aussi bien défendu en février 1916 !

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celui de Saint-Mihiel et son fameux saillant, cette avancée teutonne dans le territoire français que nous n’arrivâmes pas à reconquérir, avant l’effondrement allemand de l’automne 1918.

Dernière remarque pour ce document. Un petit tour dans la région de Metz, par exemple,…

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nous dévoile que tous les noms de lieux sont germanisés après 45 ans d’annexion allemande !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 25 mars 1917

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(JOUR 965 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Le Tsar et le Tsarévitch à la une de ce numéro du Miroir du 25 mars 1917. Non ! Car le Tsar a abdiqué et a désigné le grand-duc Michel Alexandrovitch Romanov pour lui succéder. Cela s’est passé en février et au début du mois de mars. La Révolution est en marche et le Miroir est bien obligé de l’admettre.

Devant la difficulté du journal de montrer les « succès » de l’armée russe sur le front de l’est puisque les Russes sont en pleine déconfiture… le magazine va faire le tour du monde des fronts annexes…

En Irak, les Britanniques viennent de prendre Bagdad et cette victoire précipite le démantèlement de l’Empire Ottoman.

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Des vues de Bagdad reprise le 11 mars dernier. Pour une fois les nouvelles n’ont que 2 semaines de retard dans le Miroir !

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Ce sont les troupes commandées par le général Frédérick Stanley Maude qui ont réussi à faire ce que les Britanniques avaient jusque là échoué. Maude décèdera en novembre 1917 de la malaria comme une grande partie du Corps Expéditionnaire Britannique.

Après l’Asie, l’Afrique et comme la semaine dernière, les défaites allemandes dans leurs colonies africaines.

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Ce sont les Belges qui ici se distingue, partis de leur proche Congo.

Plus près de chez nous, l’Italie et cette photographie prise sur une place de Rome montrant les immenses apples au peuple à souscrire à l’emprunt national pour financer l’effort de guerre.

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C’est au dernier de l’emprunt que cette photo a été prise et il est annoncé que cette souscription a reçu un bon accueil des épargnants.

Au Royaume-Uni maintenant avec 2 pages et 6 photos pour montrer le travail des femmes dans les ateliers et usines d’armement pour remplacer les hommes partis au front.

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Au travail dans les usines…

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et sur les lieux de repos de celles-ci.

Une dernière image du front d’Orient d’un numéro qui a oublié le front occidental: une course de tortues lors d’un moment de repos sur le front d’Orient en Macédoine.

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Sans conteste, du déjà vu !

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