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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… BERBIGUIER Louis

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Huitième nom de la liste: Berbiguier Louis.

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Première face du Monument.

Pas facile de se retrouver avec les Berbiguier de Caderousse au XIXème siècle et au début du XXème. Il y en a déjà 2 sur le monument aux morts de la commune Louis et Joseph inscrits dans cet ordre peu alphabétique. Mais quand on va chercher un peu sur les registres matricules, on s’aperçoit que l’ordre n’est pas si illogique puisque Louis Berbiguier semble être officiellement prénommé Joseph Etienne Louis (!) alors que Joseph Berbiguier serait Joseph Florent. Le E est bien avant le F, élémentaire mon cher Watson !

Quant au prénom Joseph, cela semblait être une obligation pour les garçons de ces 2 branches de Berbiguier !

Le père de Joseph Etienne Louis se prénomme Joseph Hippolyte (bien sûr couramment appelé Hippolyte) et son grand-père paternel Joseph Antoine comme on peut le lire sur cette tombe familiale au cimetière du village.

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Dans l’autre branche, le père de Joseph Florent se prénomme Joseph Gabriel et son aïeul Joseph Baptiste. Pas facile de s’y retrouver avec tous ces Joseph !

Mais revenons à Louis Berbiguier.

Né le 22 décembre (un autre !) 1887, il n’a que 26 ans à la déclaration de guerre. Il a quitté le foyer de ses parents Hippolyte Berbiguier et Caroline Rival au quartier des Cabannes où vivent encore en 1911 ses petites soeurs Augustine et Joséphine et son grand-père Joseph Antoine dont on a déjà parlé. Hippolyte exerce d’ailleurs le métier de passeur au bac à traille de L’Ardoise avec un de ses cousins. Louis, de son côté,  s’est mis au service d’un patron paysan, les Crégut, Louis et Thérèse, comme on peut le lire ci-dessous.

recensement-1911-domestique

C’est au retour de sa période militaire qu’il a donc choisi de voler de ses propres ailes. Une période qui l’avait mené dans un premier temps, le 03 décembre 1908 à… Montélimar au 52ème Régiment d’Infanterie. Comme il est bizarrement écrit sur son registre matricule, il fut muté par la suite au 11ème Régiment d’Infanterie de Montauban « pour convenances personnelles » un an plus tard, le 10 octobre 1909. Il retourna à la vie civile le 25 septembre 1910.

Moins de 4 ans plus tard, il était de retour dans une caserne, la caserne Chabran d’Avignon, comme presque tous les Vauclusiens rappelés le 3 août 1914. Il était alors dirigé sur Toulon et le 4ème Régiment d’Infanterie Coloniale. Ce régiment se retrouva vite sur le front face aux Allemands et participa à la bataille de la Marne. En 1915, c’est en Champagne et autour de la « Main de Massiges » que les coloniaux vont connaître de terribles moments. Une « main de Massiges » qu’on découvre toujours sur les vues aériennes de Google, de nos jours, où des bois ont tout de même poussé sur des terres devenues incultes et dessinent les doigts de cette « main ».

la-main-de-massiges

Une « main » qui sera le tombeau de nombre de Coloniaux dont Louis Berbiguier. Deux batailles s’y déroulèrent, la première au mois de mars 1915, la seconde à partir du 25 septembre 1915. On estime que ces combats coûtèrent la vie à 25 000 soldats français tués, blessés ou disparus et à autant d’Allemands lors de ces 2 batailles. Des attaques françaises qui n’aboutirent à… rien, les Allemands seront chassés de la « main de Massiges »… en 1918.

L’attaque française du 25 septembre s’achèvera le 29 septembre pour Louis Berbiguier. Le jour de la fête patronale de son village du Vaucluse, il décédait dans une ambulance à Braux-Saint-Cohière, à 8 kilomètres du sud de Massiges où étaient emmenés les grands blessés.

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Louis Berbiguier avait 27 ans et 9 mois. Il repose dans la Nécropole Nationale de Sainte-Menehould (2km à l’est de Braux), tombe individuelle 542.

berbiguier-louis-joseph-louis

Louis Berbiguier, alias Joseph Etienne Louis Berbiguier, matricule 357 classe 1907, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Berbigier étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant indirect reconnaît un membre se sa famille, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents.

A suivre: Joseph Berbiguier.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… BACCHINI Orfeo

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Septième nom de la liste: Bacchini Orfeo.

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Première face du Monument.

Premier cas délicat que pose ce Poilu Bacchini Orfeo, un nom d’origine italienne ainsi écrit sur le monument aux morts. Ce nom Bacchini n’apparaît pas dans le site officier Mémoire des Hommes sous cette écriture. Orthographié Bachini, une fiche apparaît correspondant à un soldat d’origine corse n’ayant aucune attache avec le Vaucluse. Ecrit Baccini, 4 fiches apparaissent sans qu’aucune ne soit satisfaisante, bien que 2 soient de hommes venus des Bouches-du-Rhône. Ecrit Bacini, aucune réponse n’est proposée. Nous avons dû aller ailleurs pour trouver une piste.

C’est ce recensement de 1906 qui va nous mettre sur la piste des Bachini à Caderousse.

Ils vivent quartier Vénasque dans le village. La famille compte 7 membres.

  • La mère, chef de famille Joséphine Gargani née en Italie à Bientina en 1874. Il s’agit d’un village situé sur une ligne Pise-Florence, à 25km à l’est de la première et à 40km à l’ouest de la capitale de la Toscane. Le père est absent, on verra pourquoi plus loin.
  • Flore, la fille aînée née également en Toscane en 1893.
  • Orphée l’aîné des garçons, né en 1895 à Noves (Bouches-du-Rhône, non loin d’Avignon). Indiscutablement, c’est le Poilu dont le prénom est écrit sur le monument avec sa forme italienne Orfeo.
  • Célina, née en 1897 à Noves.
  • Paul, né en 1899, né également à Noves
  • Bruna, née en 1901, née en Arles.
  • A ces membres, s’ajoute le père de la mère Joséphine, Pierre Gargani né en Italie bien entendu, en Toscane, en 1837 et donc âgé de 69 ans au moment où le liste est établie.

Au recensement de 1911, le dernier avant la Grande Guerre, les enfants les plus âgés ont trouvé du travail dans le village. Ainsi, on découvre qu’en page 8, les Bachini habitent dans une maison sur le….les-bachini-adresse

…cours de l’est, appelé ainsi avant qu’Aristide Briand ne joue un rôle important durant la Grande Guerre et voit son nom attribué à nombre de lieux publics. On peut lire…

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Laura née en 1893 a rejoint le foyer et travaille comme ouvrière des balais chez l’atelier Vivet. Est-ce une jumelle de Flore ? Célina est devenue Elisa, la petite Bruna a rajeuni d’un seul coup de 6 ans suite à une erreur de l’agent recenseur. Quant au grand-mère Pierre Gargani, il n’est plus là et certainement est décédé.

En page 4, on voit que Flore a quitté le foyer pour se mettre au service de patrons, comme domestique.

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C’est la bonne des Reynaud dont le chef de famille est Paul qui ne manquait pas une occasion de faire savoir qu’il n’avait rien à voir avec la grande figure politique de la Troisième République. Effet du hasard, il s’agissait là de la future belle-famille de Léonce Guérin, le frère de mon grand-père Gabriel. Second hasard, ce sont les voisins de la famille de ma grand-mère paternelle, les Boissel, dont on lit le nom de Philine  alors âgée de 7 ans. Pour le recensement, ils habitaient dans l’île (le secteur) du Cercle…

reynaud-boissel-adresse

…dont fait partie l’actuelle rue et place Jean Jaurès où est la maison de famille des Boissel tout comme la boucherie des Reynaud aujourd’hui tenue par Pierre Laufmoller.

Enfin, on découvre, en page 45 qu’Orphée Bachini, né bizarrement en 1897 alors qu’il était noté 1895 au recensement de 1906, s’est lui aussi mis aux services de patrons.

Il est domestique chez les Bernard dans une ferme des Cabanes.

Fort de ces renseignements, on peut maintenant aller chercher dans le registre matricule des conscrits de 1915 et 1917 aux Archives départementales en Avignon, la page de cet Bachini Orphée. Sans succés, ni en 1917, ni en 1916, ni en 1915, ni en 1918 ! Où était passé Orphée entre 1911 et 1917 ? Pour l’heure cela reste un problème.

Chez les Bachini de Caderousse, seul le dénommé Paul apparaît dans le registre matricule de 1919. Étant né en 1899, il fut effectivement mobilisé à 19 ans, en 1918 comme tous les jeunes hommes de la classe 19, comme on peut le lire sur sa fiche matricule aux Archives numérisées du Vaucluse.

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On découvre alors que le Paul Bachini du recensement de 1911 se prénomme plutôt Persco Alfred Valentini, né effectivement à Noves (Bouches-du-Rhône) le 07 septembre 1899, exerçant la profession de cultivateur. Il est bien le fils de Giuseppe (Josephine en français) Gargani et de feu Francisco Bacchini, décédé en 1918. Le père n’était pas recensé car il devrait être décédé entre 1902 et 1911.

Faute d’Orphée ou Orfeo pour l’heure, voyons donc le parcours de Perso Bachini.

Il est donc appelé sous les drapeaux le 29 avril 1918 et ne restera qu’une paire de mois à la caserne d’Avignon. Son état de santé ne permet pas qu’il soit considéré  comme « bon pour le service » par les autorités militaires. Il est provisoirement réformé pour « dénutrition, faiblesse générale » et renvoyé à Caderousse le 13 avril 1918. Ce grand jeune homme de 1 mètre 74 était misérablement nourri et considéré comme illettré par l’institution militaire !

Il sera à nouveau réformé temporairement pour les mêmes raisons par des commissions siégeant en Avignon le 19 septembre 1918, le 02 mai 1919 puis le 21 mai 1920 pour être définitivement rayé des listes le 28 juin 1921.

Mais dans ce dernier délibéré de cette commission, on apprend que…

matricule-pension-proposee

…l’armée propose à ce qu’il soit octroyé à Persco une pension d’invalidé permanente de 50% pour des problèmes pulmonaires. Il n’avait passé que 2 mois en caserne mais avait trouvé le moyen d’être contaminé (très certainement) par la tuberculose dont le nombre de cas avait explosé dans les troupes pendant la Grande Guerre. En reconnaissant cela, l’armée permettait à ce qu’il puisse être considéré comme mort des suites de la guerre. Il disparaîtra le 15 février 1923 à Orange.

Une bien triste et courte vie pour ce jeune franco-italien disparu à l’âge de 23 ans !

Reste à découvrir le parcours d’Orfeo (Orphée) Bachini !

Perso Alfred Valentini Bachini, matricule 1070 classe 1919, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Bachini étant toujours vivant dans les Bouches-du-Rhône et principalement à Noves, si un descendant indirect reconnaît son ancêtre et par là a entendu parler d’Orfeo Bachini, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents.

A suivre: Louis Berbiguier.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… AUBERT Paul

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Sixième nom de la liste: Aubert Paul.

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Première face du Monument

Pas de lien de parenté proche entre ce Paul Aubert et les 2 précédents Julien Aubert et Augustin Aubert dont on a parlé il y a peu. Ni frère, ni cousin germain, peut-être des parents plus éloignés.

Paul Aubert est un soldat déjà âgé quand éclate la Grande Guerre. Né le 21 mars 1879 à Caderousse, il a 35 révolus quand il doit reprendre un paquetage. Sa première incorporation date en effet du 16 novembre 1901 et il retourna à la vie civile le 19 mars 1903, 11 ans avant la déclaration de guerre. Certes lors des périodes de réserve, il put devenir sergent, ce qui n’était pas particulièrement un avantage dans les tranchées.

Il sera donc rappelé le 03 août 1914 au 118ème Régiment d’Infanterie, un régiment territorial composé de soldats plus âgés. En principe, ces hommes n’avaient pas vocation à se retrouver en première ligne… sauf que les pertes très importantes du début de la guerre obligèrent l’Etat-Major à combler les vides des régiments décimés en puisant dans ce vivier.

Nous sommes dans la période que l’Histoire appellera la « Course à la mer ». La bataille de la Marne fit comprendre aux Allemands comme aux Français que la guerre sera longue. Les forces en présence s’équilibrent et il faut stabiliser le front.

Le 11 octobre 1914, Paul Aubert découvrit le front au 146ème Régiment d’Infanterie. Voici ce qu’écrit le scribe du régiment dans le carnet de route de l’unité, le 21 octobre:

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Les Compagnies Territorials sont encadrées par des Compagnies actives de manière à leur inspirer confiance; les Compagnies actives occupant les saillants et points d’attaque.

On va donc mélanger dans les compagnies des anciens et des plus jeunes.

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Paul Aubert arrive donc au régiment avec plusieurs dizaines de territoriaux le 11 octobre (1). La ligne de front passe dans la région de Sailly-au-Bois, Colincamps, Hébuterne. Les accrochages sont légions avec les Allemands même s’il est noté que le front est plutôt calme et, tous les jours, quelques hommes tombent ou sont blessés.

La troupe est relevée le 3 novembre, direction Doullens (2) pour prendre le train. A la gare, la pagaille est totale et la troupe va prendre du retard. Voyage vers le nord, vers la mer.

Descente du train à Steenwerck (3), à l’ouest de l’agglomération lilloise pour continuer le voyage vers la Belgique d’une manière originale que le Poilu caderoussier n’imaginait pas: en autobus de Londres. En effet les Français côtoient les Britanniques dans une autre pagaille sans nom. A cette concentration trop importante de soldats s’ajoute la pluie qui rend les chemins et routes dangereuses et glissantes.

Le voyage prend fin pour le 146ème R.I. de Paul Aubert dans le secteur belge d’Ypres. Le 06 et 07 novembre 1914, de durs combats vont se dérouler puis le front redeviendra relativement calme. Ce qui ne veut pas dire que ce sera de tout repos pour les hommes. Loin de là ! Le temps est exécrable, la pluie tombe sans arrêt et les tranchées sont inondées.

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L’eau est partout et la terre s’effondre régulièrement. De plus les 2 lignes de front sont très proches et le froid se met de la partie, il neige et il gèle. Au repos (les régiments passent 2 jours en première ligne puis 2 jours en seconde ligne puis 2 jours en réserve), on apprend aux hommes à se confectionner des chaussons de paille pour résister au froid et à l’eau des tranchées !

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En première ligne, le mouvements ne peuvent se faire que de nuit, les relèves comme la popote:

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Début décembre, la hiérarchie fait installer des braseros dans les tranchées et fournit de petits miroirs aux hommes pour éviter d’être tirés comme des lapins quand ils jettent un regard par dessus le parapet de la tranchée.

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Malgré la période plutôt calme, sans grande attaque, tous les jours, quelques hommes sont tués ou blessés, sans oublier ceux qui sont évacués avec les pieds gelés ou souffrant d’oedèmes.

Quand Paul Aubert fut-il grièvement blessé en novembre ou décembre 1914 ? Impossible de le savoir. Peut-être est-il l’un des 2 sous-officiers blessé ce 21 novembre ?

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Toujours est-il qu’il est évacué gravement blessé vers l’hôpital mixte de Laval en Mayenne où il décédera le 12 décembre 1914 suite à ses blessures de guerre.

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Paul  Aubert, matricule 687 classe 1899, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Aubert étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant direct ou indirect reconnaît son ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède d’autres photos ou documents ou plus de précision sur cet ancêtre.

A suivre: Orféo Bachini.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… AUBERT Julien

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquième nom de la liste: Aubert Julien.

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Première face du Monument

Pas de lien de parenté proche entre ce Julien Aubert et Augustin Aubert dont on a parlé il y a peu. Ni frère, ni cousin germain, peut-être des parents plus éloignés.

Décidément, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Tel est une maxime bien connue et mainte fois répétée. L’Armée fait donc partie des institutions intelligentes. Né le 25 juin 1885, Julien aurait dû faire ses classes à partir de 1906. Il se présenta bien à la caserne du 58ème R.I. d’Avignon mais, après être passé devant les médecins, il fut déclaré inapte pour diverses raisons et rayé des cadres le 18 avril 1907. Il cumulait les restes « d’une pleurésie ancienne » ayant entraîné « une rétractation de la poitrine du côté droit » et « une déviation de la colonne vertébrale ».

La guerre commencé par le bain de sang d’août-septembre 1914, un besoin urgent d’hommes nouveaux se fit sentir. Alors, l’Armée racla les fonds de tiroirs et alla rechercher tous ceux qui étaient passés plus ou moins justement entre les mailles du filet, avant-guerre. Inapte en 1907, Julien Aubert devint un soldat tout à fait convenable en 1915. Cette pratique eut souvent des conséquences catastrophiques, surtout quand on mélangea au milieu d’hommes sains, d’autres atteints de la tuberculose ! On le verra plus tard.

Julien Aubert rejoignit donc le 97ème Régiment d’Infanterie à Chambéry le 22 février 1915. Un régiment parfois appelé 97ème R.I.A. puisque comprenant une division alpine. De bronchiteux et handicapé, Julien devint un soldat tout à fait exemplaire et fut cité à l’ordre de la division le 15 octobre 1915 pour ces faits d’armes.

citation

« Fait preuve du plus grand courage et d’énergie en se portant à l’assaut d’une tranchée et les chefs tombés, en allant spontanément se placer sous le commandement d’autres chefs pour poursuivre la lutte avec eux. »

Début septembre 1916, le 97ème R.I. était dans la Somme, dans le secteur de Barleux pour une nouvelle attaque programmée par l’Etat-Major, certainement dans le but de soulager le secteur de Verdun.

carte-front-francais-vers-1915

La lecture du compte-rendu de l’attaque des hommes de ce régiment chambérien sur le site Mémoire des hommes est édifiante. Les fantassins s’enfoncent relativement facilement dans les lignes ennemies qui ont plus ou moins été abandonnées. Le rédacteur ose un L’objectif final semble devoir être rapidement atteint. Puis les certitudes deviennent des doutes puis des craintes pour les compagnies les plus engagées. La 10ème (la compagnie à laquelle appartient Julien Aubert) qui, par dessus les deux lignes allemandes avait pénétré dans Barleux, n’avait donné aucune nouvelle. 

Les Allemands reviennent en masse et essaient de s’infiltrer entre le 97ème qui a trop avancé et le 93ème à sa droite plus en recul ! Si bien que le résultat de cette journée du 04 septembre n’est guère glorieux.

A 20 heures, tous les éléments ayant participé à l’attaque et qui n’avaient pas été tués ni n’avaient disparu, avaient rejoint nos positions de départ. Celles-ci dès le déclenchement de l’attaque, étaient tenues par des éléments des compagnies de soutien non engagées et par deux compagnies du bataillon Laroque. Ces compagnies eurent, elles aussi, beaucoup à souffrir de violents tirs de barrage qu’elles essuyèrent à partir de 16 heures.

Ceux qui n’étaient ni morts et disparus étaient revenus au point de départ du matin ! Julien faisait partie de ceux qui n’étaient pas de retour. On le retrouve dans la liste des décédés, répertoriés par compagnies:

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Entre le 1er et le 7 septembre, les pertes ont considérables. Au 97ème R.I.:

  • pour les officiers: 3 tués, 4 blessés et 10 disparus.
  • pour les hommes du rang: 90 tués, 351 blessés et 424 disparus !!!

Tout cela pour revenir à son point de départ comme l’a raconté le narrateur officiel de cette attaque !

Julien Antoine Aubert avait donc un peu plus de 31 ans, disparu le jour où cette République avait 46 ans.

aubert-julien

Julien Antoine Aubert, matricule 444 classe 1905, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Aubert étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant direct ou indirect reconnaît son ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède d’autres photos ou documents.

Pour lire le récit complet de la journée du 4 septembre:

04-09-1916-feuille-1

04-09-1916-feuille-2

04-09-1916-feuille-3

A suivre: Paul Aubert.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… AUBERT Augustin

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatrième nom de la liste: Aubert Augustin.

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Première face du Monument

La Grande Guerre d’Augustin Ambroise Aubert ne dura en tout et pour tout que 8 jours. Mobilisé comme bon nombre de réservistes le 03 août 1914, il rejoignit immédiatement son unité, le 58ème Régiment d’Infanterie en Avignon où il avait fait sa formation militaire et qu’il avait quitté, muni d’un Certificat de Bonne Conduite le 08 novembre 1913, moins de 9 mois auparavant.

Le temps de retrouver son paquetage et les 3 bataillons partaient la fleur au fusil prendre le train en traversant la ville sous les vivats des Avignonnais à la gare de Pont d’Avignon, qu’on appellerait Villeneuve-lès-Avignon de nos jours. On était alors le 5 août, plutôt le 6 pour le bataillon d’Augustin de Caderousse. Direction le nord-est de la France. Les trains déversèrent leurs flots de soldats du Midi  à Vézelise, à une trentaine de kilomètres au sud de Nancy (1)le 7 ou le 8 août. Pourquoi en cet endroit ?

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La carte de la région où se déroulèrent les premiers drames de la guerre.

N’oublions pas que la frontière entre la République et le Reich allemand n’était qu’à quelques dizaines de kilomètres à l’est (2), la Lorraine étant alors allemande depuis 1871. Les Vauclusiens avaient vocation à défendre cette frontière à l’est du département de la Moselle, tels étaient les ordres stricts de l’Etat-Major de la 2ème Armée commandée  par le général de Castelnau. Il fallait attendre que toutes les unités soient là pour tenter quoi que ce soit.

Les hommes du 58ème R.I. se retrouvèrent le 10 à quelques hectomètres du Reich, à Xures quand le général Lescot, commandant le secteur décida de son propre chef de traverser la frontière pour prendre le proche village de Lagarde (3), à 4 km à l’est de Xures. Les Allemands présents à Lagarde se replièrent après quelques coups de feu.

Le 11 août au matin, tout allait changer et c’est une division entière de Bavarois qui allaient contrattaquer et encercler le village de Lagarde tenu par un millier et demi de soldats français parmi lesquels se trouvait Augustin Aubert. De très durs combats allaient se dérouler toute la journée et Lagarde était repris le soir par les Allemands. Les pertes étaient très lourdes des 2 côtés.

Le bilan de cette journée est apocalyptique: on a dénombré 550 morts du côté français et 360 du côté allemand. D’autres sources estiment que les Français perdirent en quelques heures 969 hommes, tués, blessés ou faits prisonniers. Augustin Aubert était l’un de ceux-ci. Porté disparu un premier temps, il fut déclaré mort en juillet 1920. En même temps, son corps fut certainement retrouvé puisqu’il repose depuis à la Nécropole Nationale de Lagarde, sépulture individuelle 41, comme on peut le lire sur le site « Mémoire des Hommes »:

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/client/mdh/sepultures_guerre/detail_fiche.php?ref=2254890&debut=0

Quant au triste général Lescot, auteur de cette initiative criminelle, on lui retira tout commandement. Rare moment de lucidité de l’institution militaire !

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Fiche matricule de « Mémoire des Hommes ».

Augustin Ambroise Aubert, né le 10 mars 1890, était alors âgé de 24 ans 5 mois et 1 jour. Qu’advint-il de la ferme familiale située au quartier de la Fazendre (?) à Caderousse ? Son père Léon Adam était décédé et Augustin était seul à aider sa mère Marie-Rose née Charrier aux champs, ayant été reconnu un moment « soutien indispensable de famille » par le Conseil Départemental du Vaucluse avant que l’Armée ne le récupère au moment où les bruits de bottes se faisaient plus inquiétants aux frontières.

Augustin Ambroise Aubert, matricule 952 classe 1910, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Aubert étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant direct ou indirect reconnaît son ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède d’autres photos ou documents.

A suivre Julien Aubert.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… ARNOUX Julien André Bertin.

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Second nom de la liste: Arnoux Julien.

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Première face du Monument

Julien Arnoux fait partie des malchanceux qui furent tués au moment où le sort de la guerre était réglé et où la victoire n’était plus qu’une question de jours.

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En effet, le front allemand rompait de partout, de la Mer du Nord au sud des Vosges et les plénipotentiaires allemands essayaient par tous les moyens d’arracher une fin des hostilités la moins défavorable possible pour le Reich. Wilson avait été contacté mais les pays de l’Entente et en premier lieu la France ne souhaitaient pas d’une victoire tronquée au regard des sacrifices des 4 dernières années. Ils voulaient une victoire totale et la guerre allait durer jusqu’au 11 novembre 1918. Julien Arnoux allait décéder moins un mois avant cette date, le 20 octobre 1918.

Il appartenait au 159ème Régiment d’Infanterie (Alpine même si le nom n’est pas cité sur les registres matricules) de Briançon. Ce régiment était engagé sur le front belge, non loin de la côte. Il venait de libérer Roulers le 16 octobre et allait franchir la Lys entre Courtrai et Gand et libérer la ville le 22 octobre. Gravement blessé dans la plat pays, Julien Arnoux allait décéder à l’Hôpital d’évacuation 16/2, proche du front, un de ces lieux terribles de tri des blessés qu’on a pu découvrir récemment à travers le cinéma de fiction capable de montrer en quelques scènes les horreurs de ce conflit.

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1-16/10/1918 libération de Roulers.

2-22/10/1918 franchissement de la Lys.

3-Cimetière Militaire Français d’Haringe où Julien Arnoux fut initialement inhumé.

C’est en Belgique, au cimetière militaire français d’Haringe (Poperinge) que fut mis en terre le Caderoussier avant d’être rapatrié au bord du Rhône.

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Comme on peut le lire, Julien Arnoux était âgé de 32 ans en 1918. Né le 05 septembre 1886, Julien était le fils de 2 enfants du pays, Ambroise Arnoux et Perrin Eulalie, de jeunes gens de, respectivement, 27 et 24 ans à cette date, vivant dans une grange au quartier du Moulin. Lui aussi allait devenir cultivateur une fois entré dans la vie active. Pour les militaires, les paysans étaient de la chair à canon sauf en période de moissons pendant lesquelles quelques uns étaient libérés par participer à l’approvisionnement du pays.

C’est bien entendu dans l’Infanterie que Julien Arnoux allait faire ses classes du 07 octobre 1907 au 25 septembre 1909, au 97ème R.I. à Chambéry.

Rappelé à la déclaration de guerre, le 04 août 1914  au 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon, il allait participer à toute la guerre. Il passa en juin 1915 au 170ème de ligne pour connaître l’enfer de Verdun puis, en août 1917 au 40ème R.I. de Nîmes pour aller faire un tour à Salonique, sur le front d’Orient. De retour, il intégra finalement le 158 ème R.I.A. le 07 août 1918 pour connaître le sort tragique dont on a parlé ci-dessus.

Ce régiment accueillit dans ses rangs l’écrivain provençal Jean Giono que Julien croisa peut-être. Lui revint mais profondément affecté par ce qu’il y vécut. Il écrivit en 1917 ces lignes: « Nous avons fait les Eparges, Verdun, la prise de Noyon, le siège de Saint-Quentin, la Somme avec les Anglais, c’est-à-dire sans les Anglais, et la boucherie en plein soleil des attaques de Nivelle et du Chemin des Dames. J’ai 22 ans et j’ai peur » à travers lesquelles on comprend son pacifisme convaincu.

L’armée, elle, écrivit aussi quelques lignes pour honorer la mémoire de Julien Arnoux, dans cette citation numéro 3439 du 02 juillet 1919: « Excellent soldat sous tous les rapports, ponctuel, consciencieux, dévoué, conduite admirable au front. A été blessé mortellement comme agent de liaison en portant un ordre sous un feu violent des mitrailleuses. » Elle lui avait accordé la Croix de Guerre, étoile de bronze, à titre posthume.

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Julien André Bertin Arnoux, matricule 315 classe 1906, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Arnoux étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant direct ou indirect reconnaît son ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède d’autres photos ou documents.

A suivre: Marius Aubépart.

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A ANCONE, jadis, le RHÔNE amenait des bois, des graviers, des alluvions… mais pas que !

Le Rhône a toujours été un fleuve charriant énormément de sédiments ou de bois arrachés aux berges, aux montagnes. Pour preuve, le problème des toueurs, obligés la nuit d’être garés sur leur port d’attache sous peine de voir le cable recouvert et inutilisable. Pour preuve également, ce long procès qui opposa sur la fin dans les années 1860-70, un propriétaire autoproclamé d’un morceau de lône avec la commune, qui vit l’avocat Emile Loubet défendre la ville… sans succès, on en parlera un jour. Non, nous allons voir d’un autre sujet, bien moins gai (quoique le procès n’ait pas amusé ni élus ni population d’Ancone) suite à une recherche sur les avis de décès entre 1855 et 1924.

En effet, sur cette période, pas moins de 4 fois le Rhône déposa sur la berge proche du village, non loin du pont de Rochemaure, des corps de noyés, bien souvent inconnus. Et ces décès constatés sur la commune sont forcément inscrits (et décrits) sur les pièces officielles de l’Etat-Civil.

Car ici, comme il s’agit d’inconnus, l’officier rédacteur des registres, le Maire du village, se doit de décrire les victimes avec le plus précisément possible en vue d’une éventuelle identification du disparu.

Ainsi, le 27 mai 1857, c’est un jeune agriculteur de 15 ans, Eugène Olivier…

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qui fit cette macabre découverte à la plage d’Ancone située au quartier du Clos. Il s’agissait d’un homme défiguré par un long séjour dans l’eau, ne portant qu’un tricot de laine pour tout vêtement. Le décès fut reconnu par l’appariteur de police Venante Siretas qui constata que la victime n’avait pas subi de sévices et le malheureux fut immédiatement inhumé dans le cimetière du village. L’acte avait été rédigé par le Maire Félicien Coste.

Un peu plus de 20 ans après, le 18 août 1879, sous la mandature d’un autre Félicien, Durand, l’Officier d’Etat-Civil recueillait les témoignages du vieux garde champêtre Louis Gras (60 ans) et du jeune instituteur François Régis Faucher (27 ans) qui avaient constaté la mort par noyade d’un autre inconnu.

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Là aussi, pour les témoins, le corps semblait avoir séjourné quelques semaines dans les eaux du Rhône avant d’être déposé en amont du pont de Rochemaure, tout près du village. Ce malheureux paraissait être âgé d’un cinquantaine d’année.

A la veille de la Grande Guerre, le 21 mars 1913, troisième drame survenu sur la berge du Rhône au niveau du pont de Rochemaure. C’est Raymond Tournigand le Maire en activité qui décrit avec nombres détails le signalement de l’individu que la Rhône a déposé sur le berge près du village.

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On apprend même que le disparu portait deux pantalons et la présence d’un ticket de tramway lyonnais permet de déduire qu’il devait être tombé à l’eau dans le Rhône ou la Saône dans la capitale des Gaules. Il paraissait être âgé de cinquante à soixante ans. Un âge respectable !

Le médecin Francou a rédigé un rapport joint à l’acte de décès que vous pouvez lire ci-dessous.

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Mais c’est indiscutablement l’acte établi par le même Raymond Tournigand, le 23 avril 1919 qui est le plus émouvant. Dans l’île de la Conférence, en aval du pont de Rochemaure, une lavandière Marie Bouvier fut guidée par son chien auprès du cadavre d’un jeune garçon d’une douzaine d’année dont le corps semblait avoir longtemps séjourné dans l’eau. Le garde champêtre Paul Brunel vint constater le décès.

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Des tristes épisodes qui ébranlaient à chaque fois la vie du village.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… ALLAN Abel Marius.

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Commençons par la premier de la liste… dans l’ordre alphabétique : ALLAN Abel Marius.

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Il naquit le 02 février 1889 à Caderousse. Son père Pierre Ferdinand Allan était relativement âgé à sa naissance puisqu’il avait 52 ans. Il exerçait la profession de maçon. Sa mère, Marie Antoinette Lucie Vallon était bien plus jeune, âgée de 35 ans. On notera sa profession de fruitière sur l’acte de naissance d’Abel. Un emploi saisonnier certainement. Le père n’était plus là quand Abel fut appelé sous les drapeaux en 1910. Sa situation de soutien de famille lui permit tout de même d’échapper à 2 mois de classe, certainement pour pouvoir rentrer les blés, étant lui même devenu cultivateur… comme nombre de jeunes caderoussiers au début du XXème siècle.

Abel Marius, de la classe 1909 fut donc appelé le 05 octobre 1910, à l’âge de 21 ans comme c’était la loi à cette époque, avant que l’âge ne soit abaissé à 20 ans peu de temps après puis à 19 ans après la grande saignée de l’été 1914. Il fit ses classes au 19ème Régiment d’Artillerie de Campagne à Nîmes avant de revenir à Orange au 55ème R.A.C. le 1er novembre 1911. Pas de longs voyages pour ce jeune Caderoussier qui était cantonné à Camaret ou Jonquières ou Courthézon suivant le groupe auquel il appartenait. Il exerçait la fonction de Maître Pointeur dans sa batterie, fonction importante pour la justesse e l’efficacité des tirs.

Libéré le 25 septembre 1912 avec en poche un Certificat de Bonne Conduite, il se maria peu de temps après, le 23 juin 1913 avec une jeune fille de Montfaucon, Henriette Louise Capeau. Ils s’installèrent alors dans le Gard, sur la rive droite du Rhône, juste en face de Caderousse, en février 1914. Abel n’eut pas trop le temps de s’habituer à cette nouvelle vie puisqu’il dut rejoindre son unité d’artillerie le 3 août 1914. Un enfant était-il né entre temps ? Les Archives du Gard ayant oublié de prendre le tournant numérique celles du reste de la France, on n’a pas pu vérifier cela. Toujours est-il que, si un enfant était né de cette union, c’était certainement une fille car le patronyme Allan a disparu de Montfaucon de nos jours.

Le 55ème R.A.C. participa à la guerre en Lorraine puis à la bataille de la Marne avant de se retrouver sur le front de Verdun quand celui-ci fut stabilisé. Il était encore sur un secteur à l’ouest de Verdun quand la grande offensive allemande fut déclenchée, le 21 février 1916. Les artilleurs étaient les plus sollicités pour répondre au déluge de feu allemand et Abel et ses compagnons ne chaumèrent guère de février à avril 1916, date à laquelle l’unité fut relevée pour prendre quelques semaines de repos du côté de Nieuport, coin du front plus calme puisque les belligérants étaient séparés là-bas par des grandes zones inondées empêchant tout espoir de franchissement. Sur les plages de la mer du Nord, c’étaient presque des vacances pour les artilleurs.

Cela ne dura que quelque temps puisque le 55ème R.A.C. s’en retourna à nouveau près de Verdun en juin 1916. Le 1er juillet 1916, Abel Marius Allan était tué d’un éclat d’obus lors d’un duel d’artillerie sur le territoire de la commune de Fromereville (-les-Vallons de nos jours) située à 5 km à l’ouest de Verdun. L’offensive allemande avait été brisée et les Français commençaient la longue et sanglante reconquête des quelques kilomètres perdus.

La transcription du décès a été notée à Montfaucon et non à Caderousse. Abel Allan repose dans la Nécropole Nationale « Glorieux » de Verdun, tombe individuelle 112.

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Le cercle rouge représente le secteur de Verdun; le front noir est celui de décembre 1915… le trait rouge montre la ligne extrême de l’avancée allemande et la flèche rouge indique la commune de Fromereville où Abel Allan perdit la vie.

Abel Marius Allan matricule 413 classe 1909, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Bien que le patronyme Allan n’apparaisse plus à Caderousse ni à Montfaucon, si un descendant direct ou indirect reconnaît son ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède et veut faire partager d’autres photos ou documents.

A suivre: Julien Arnoux.

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Ce dramatique 14 juillet 1902 à Ancone (Drôme).

Article écrit pour le blog anconecultureetpatrimoineleblog.wordpress.com après des recherches sur l’Etat-civil de la commune mis en ligne par les Archives départementales de la Drôme et cette découverte fortuite qui a marqué la vie de notre commune rhodanienne.

C’est en consultant l’Etat-civil d’Ancone et plus particulièrement le registre des décès que nous découvrîmes cette dramatique après-midi du 14 juillet 1902, en bord de Lône. Férié depuis 1880, le 52ème Régiment d’Infanterie devait avoir donné quartier libre à ses hommes à l’occasion de la Fête Nationale après la prise d’armes en matinée. Un petit groupe de trois copains décida, par la chaleur qui faisait, de venir prendre le frais au bord de la Lône, du côté d’Ancone où les épis de roches posés dans ce bras secondaire du Rhône faisaient de petits bassins propices à la baignade.

 Le groupe de jeunes hommes arriva en début d’après-midi. Il n’y avait pas grand monde à l’endroit où le groupe décida de se baigner. Les jeunes gens se languissaient de se mettre à l’aise et de se débarrasser de la chaude tenue militaire dont ce pantalon rouge et cette vareuse bleue qui collaient à la peau après la route, parcourue à pied sous un soleil de plomb, sans un brin d’ombre, pour arriver jusqu’à la Lône d’Ancone. C’est Augustin Pellat, le plus jeune des trois qui plongea le premier dans les eaux de la Lône. Ce fut le drame !

Augustin venait du Trièves voisin, ce pays blotti au pied oriental du Vercors, non loin du Mont Aiguille. Il était arrivé récemment au 52ème et avait fini ses classes. C’était l’une de ses premières sorties, un moment de liberté. Né à Mens le 28 février 1883, il n’avait connu que la ferme de ses parents, Augustin et Désirée, au Monestier-du-Peray. Puis c’avait été le conseil de révision, à Grenoble et ce voyage en train, jusqu’à Montélimar et la vallée du Rhône, une aventure ! Un grand fleuve, il ne connaissait pas trop et nager encore moins. Mais entre copains, on devient téméraire, surtout quand quelques verres avalées pour célébrer la Fête Nationale finissent de vous désinhiber. Et puis, à 19 ans, on n’a pas le temps de réfléchir.

Augustin Pellat plongea dans l’eau de la Lône et coula à pic.

Comprenant ce qui se passait, Hyppolite Cyrus Louis Moullet se jeta à l’eau à son tour. Ce n’était pas la première fois qu’il venait à Ancone, à la Lône d’Ancone. Si Augustin commençait sa période de 3 ans, lui, Hyppolite était sur le point d’être rendu à la vie civile. Il était montilien d’adoption à la caserne Saint-Martin depuis le 16 novembre 1900, caporal depuis peu. C’était son second été en Drôme provençale et en bord de Lône, sans compter toutes les fois où il était passé sur le pont de Rochemaure lors de manoeuvres. Il venait lui aussi des Préalpes, mais, un peu plus au sud, d’un petit village perché dominant la vallée de la Durance au nord de Sisteron, Ventavon. Son père Cyrus tenait la ferme seul, Marie sa mère n’étant plus de ce monde. Lui savait nager, il avait appris dans la Durance, sans compter les cours -très théoriques- reçus pendant sa période d’instruction militaire.

Ce fut le second drame ! Hyppolite s’enfonça dans les eaux et ne réapparut plus !

Le troisième soldat, totalement impuissant devant le drame qui venait de se jouer sous ses yeux, partit à toute allure au village pour aller chercher de l’aide. Quelques villageois rencontrés à la terrasse du café de la place du platane se précipitèrent sur les lieux, pleins de bonne volonté mais aussi démunis que le jeune homme face à cette situation. Lequel jeune avait poursuivi son chemin pour donner l’alerte à la caserne.

Un groupe de militaires se rendit rapidement sur les lieux et un excellent nageur de l’équipe plongea et réussit à remonter les corps sans vie des deux copains.

Ainsi, le soir même, Louis Salomon, le maire d’Ancone en 1902, officier d’état-civil, pouvait conclure ce drame en laisser une trace pour la postérité sur le registre des décès de la commune, en écrivant ces quelques mots: mort à trois heures du soir d’asphyxie survenue au cours d’un bain qu’il prenait dans la Lône du Rhône, située à huit cents mètres environ au nord-est du pont de Rochemaure. On peut penser qu’Augustin et Hyppolite furent frappés l’un comme l’autre d’hydrocution au contact d’une eau bien plus fraîche que l’air ambiant. Deux des témoins du drame, Jean Pons, le garde-champêtre et Félicien Marion attestèrent pour la Loi les décès des deux pioupious.


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L’armée ramena leurs corps sans vie à la caserne et informa les familles de ses disparitions. Les maires du Monestier-du-Peray et de Ventavon durent, chacun de leur côté,  se rendre à la ferme familiale pour avertir des parents et proches qu’ils ne reverraient plus leur enfant. Les obsèques furent célébrées le lendemain. On barra d’un double trait les pages d’Augustin Pellat et Hyppolite Moullet, dans les registres matricules, à Grenoble et à Gap, avec la mention DÉCÉDÉ.

A Ancone, ce fut certainement un sujet de discussion dans les cafés et les commerces, le soir et les jours qui suivirent… Le Journal de Montélimar, ancêtre de la Tribune en parla lors de la parution le samedi suivant, le 19 juillet de son numéro. C’est cette narration qui nous a permis d’écrire ces quelques lignes. Puis la vie reprit, les baignades dans la Lône aussi. On construisit même quelques années plus tard, une petite base de loisirs sur ce bras mort du fleuve. Comme pour les montagnards, les riverains du Rhône savaient bien, hier plus qu’aujourd’hui, que le fleuve peut aussi se montrer redoutable et qu’il y a toujours quelques risques au bord de l’eau.

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Gabriel Marius DAVID, un autre soldat d’Ancone dans l’aventure coloniale de la France à MADAGASCAR.

Article écrit pour le blog anconecultureetpatrimoineleblog.wordpress.com après des recherches sur l’Etat-civil de la commune mis en ligne par les Archives départementales de la Drôme et cette découverte fortuite qui a marqué la vie de notre commune rhodanienne.

Emmanuel Mallet et Gabriel Marius David étaient des copains de classe  à l’école d’Ancone avec François Régis Faucher comme maître au début de leur scolarité, jusqu’en 1881, puis sous l’autorité de Charles Louis Arnaud en fin de scolarité. De jeunes enseignants tous deux qui allaient connaître l’arrivée de l’école à Jules Ferry. Par contre, ni Emmanuel, ni Gabriel n’allaient fréquenter la nouvelle école du village inaugurée l’année où ils cessèrent leurs études, en 1886. Emmanuel et Gabriel étaient aussi des copains de la Classe au sens militaire du terme, la Classe 92 puisque nés tous deux en 72. Emmanuel en juillet, Gabriel, le plus jeune, était venu au monde le 30 novembre 1872.

Gabriel avait vu le jour du côté de Châteauneuf-du-Rhône où son père était fermier. Ses parents s’étaient mariés quelques années avant, à Ancone le 21 août 1866. Son père Raimond Auguste David était cultivateur, né à Savasse en 1835. Sa mère, Marie Brun, était une fille d’Ancone où son père, bien connu,  exerçait la profession de maçon. Des enquêtes disent qu’elle était repasseuse, d’autres, femme au foyer. Elle était bien plus jeune que son mari puisque seulement âgée de 19 ans le jour des noces. Elle eut rapidement un premier enfant, Auguste André Gabriel né le 30 mai 1867 qui décéda un mois 1/2 plus tard, mi-juillet comme 5 autres bébés anconnais entre le 30 décembre 1866 et juillet 1867. Terrible année ! Epidémie ou malnutrition ? Puis vint une fille Augustine Gabriel deux ans plus tard qui ne vécut que 5 mois. Gabriel eut plus de chance, en 1872 et fut le premier enfant du couple David à vivre jusqu’à l’âge adulte. Dure époque !

Très rapidement, Gabriel vint vivre chez ses grands-parents maternels à Ancone, le temps que ses parents puissent acheter quelques terres dans la commune ou à Savasse. Puis toute la famille se reforma avant 1880 pour s’installer sous le toit d’une maison de la rue Bachasserie quelquefois appelée rue du Milieu, de son nom moderne. Grands-parents Brun, les parents David, enfants et même la tante Françoise, une soeur de la mère, couturière de son état, vivaient à la même porte. Il était courant à l’époque que les générations coexistent ainsi sous le même toit: les anciens élevaient les plus jeunes et les jeunes s’occupaient des anciens quand ils devenaient trop âgés. Autre époque!

Comme son copain Emmanuel, Gabriel ou Marius comme on l’appelait aussi (une autre chose courante alors que celle d’appeler les gens du second ou de troisième prénom pour rendre bien souvent hommage à un aîné disparu- question de poser quelques problèmes aux généalogistes actuels lors de leurs recherches…)  Emmanuel et Gabriel-Marius, donc, furent tirés au sort pour effectuer leurs 3 ans de service militaire, Gabriel avec le n°90 encore une fois juste derrière Emmanuel et son n°86 ! Il fut donc incorporé le 14 novembre 1893. C’est là que les parcours des 2 copains divergèrent légèrement avant de reprendre des destins parallèles !

En gare de Montélimar, si Emmanuel s’était arrêté sur le premier quai pour monter dans le PLM pour le sud, Avignon et les pontonniers, Gabriel dut se rendre sur le quai d’en face pour prendre le PLM en direction du nord,  Valence et les artilleurs. Dans la préfecture de la Drôme, tout le monde connaît le quartier du Polygone et la caserne Latour-Dubourg. Polygone d’artillerie, bien entendu, où le 6ème Régiment d’artillerie faisaient ses manoeuvres et les réglages des tirs. C’était donc le 14 novembre 1893 que  Gabriel Marius David y débarqua. De 2ème Canonnier à son arrivée, il passa 2ème Servant à cheval le 30 mars 1894 puis 2ème Bourrelier le 20 juin 1894 et enfin 1er Bourrelier le 21 décembre 1894. Pas de véritables promotions mais la reconnaissance de ses connaissances antérieures par l’armée pour l’employer où il était le plus compétant… comme bourrelier. Il fallait fabriquer et réparer sans arrêt les lanières  des attelages et c’est le métier qu’il avait appris chez un voisin dans la rue Bachasserie à Ancone.

Le 1er mars 1895, il fut muté au 38ème Régiment d’Artillerie à Nîmes en conservant le grade qu’il avait à Valence. Deux batteries de ce régiment étaient sur le qui-vive depuis que le gouvernement avait décidé d’intervenir militairement en territoire extérieur: à Madagascar. Et un bourrelier qualifié manquait pour l’une d’elle.

Il est bon ici de faire une parenthèse pour expliquer le pourquoi de cette destination originale. On sait que Jules Ferry et nombre de Républicains étaient d’ardents défenseurs de l’agrandissement de l’Empire. Pour faire oublier aux Français les pertes de l’Alsace et de la Lorraine en 1871, ces dirigeants de la Troisième République avaient décidé de se lancer dans ces expéditions coloniales, véritables aventures pour les militaires qu’ils envoyaient: en Indochine où partit Emmanuel Mallet et à Madagascar où ira Gabriel David. A la différence de l’Indochine, c’est vraiment la Troisième République qui initia cette conquête de Madagascar, un territoire aussi grand que la France, une grande île au milieu de l’Océan Indien. Une première expédition pour établir un protectorat avait eut lieu  de 1881 à 1883, un protectorat instauré mais pas vraiment appliqué par les Français ni respecté par les autochtones, un royaume dirigé par des reines. Mais des Français étaient allés s’installer là-bas, attirés par l’appât du gain, de l’or qu’on disait être en abondance, par l’inconnu et la nouveauté. Mais quand les massacres d’Européens initiés par les Hovas, une peuplade plus belliqueuse, furent trop importants, une seconde expédition militaire devint obligatoire en 1895 dans le but de « pacifier » une seconde fois le territoire. On y envoya un Corps Expéditionnaire de 15 500 hommes accompagnés de 7 000 convoyeurs, des Kabyles peu respectueux de leurs bêtes de somme. On y trouvait des Chasseurs à pied, des Tirailleurs algériens, un bataillon de marche de la Légion étrangère, des Marsouins, des troupes coloniales, supplétifs Malgaches, Soudanais et Réunionnais, des unités du train, 4 batteries de l’artillerie alpine et 2 batteries montées, celles de Gabriel David et du 38ème R.A. de Nîmes. Pour transporter le matériel à travers le pays, on avait fait construire 5 000 voitures Lefebvre tirées par autant de mulets…. en oubliant un peu vite que sur ce territoire, il n’y avait pas le moindre kilomètre de route ou de chemin ! Que des pistes muletières ! Tracer des routes fut le principal travail des unités du train qui se tuèrent à la tâche, au sens premier du terme !

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Les Français débarquèrent donc à Mayunga, sur la côte ouest de l’île, le 23 avril 1895 après un beau voyage où ils  franchirent le flambant neuf canal de Suez. Quelle aventure pour l’Anconnais Gabriel David qui figurait parmi eux ! L’objectif des Français: la prise de Tananarive, la capitale du Royaume, au milieu de l’île, distante de 450 kilomètres environ de Mayunga. Ils y parvinrent le 30 septembre 1895 mais à quel prix !!!

On connaît bien les détails quotidiens de cette expédition coloniale grâce aux écrits qu’en fit un soldat, l’Alsacien Léon Silberman engagé dans la Légion étrangère. N’oublions pas que l’Alsace ne faisait plus partie du territoire national en 1895. Ce témoignage est édifiant et consultable dans son intégralité sur la toile. C’est une narration sans complaisance et d’une redoutable précision sur l’impréparation et l’amateurisme de cette expédition, sur l’immense gâchis humain que furent ces 5 mois dans l’Océan Indien. Les chiffres officiels connus de nos jours en attestent: les combats contre les troupes locales, les Hovas, coûtèrent 25 morts au Corps Expéditionnaire Français, presque anecdotique 20 ans avant les hécatombes de la Grande Guerre ! Pourtant celui-ci fut décimé et on dénombra 5 756 morts causées par les maladies tropicales qui assaillirent les hommes. Malgré le dévouement des services de santé, les hommes mourraient par centaines chaque jour, dans les ambulances et les hôpitaux de campagne. Comble d’incompétence, la quinine, indispensable au traitement du paludisme se trouvait au plus bas dans les cales des bateaux, dans des voitures qui ne sortirent qu’à la fin du débarquement et ne parvinrent aux avant-postes de secours que plusieurs mois après le début de l’opération !

Une phrase du récit de Léon Silbermann m’a interpelé. Le légionnaire raconte sa visite faite à une ambulance, un poste de secours avancé.  Je regardais un artilleur qui venait de recevoir les derniers sacrements; l’énergie était présente sur sa physionomie; il sursauta à quelques reprises, comme s’il voulait se défendre contre la mort. Etait-ce les derniers instants de Gabriel David ? On apprend en effet sur sa fiche matricule comme sur l’acte de décès recopié par Louis Salomon, le maire d’Ancone sur le registre de l’Etat-civil que « Marius » décéda le 11 août 1895, à l’ambulance de Beritzoka, un piton rocheux à mi-chemin entre Mayunga et Tananarive,  d’une cachexie paludéenne, un affaiblissement général dû à la malaria. Il disparaissait donc 2 mois après son copain Emmanuel, victime comme lui d’une maladie tropicale, victime surtout des aventures coloniales des hommes de la Troisième République.

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Pour faire un peu de généalogie, notons que Gabriel David et Paul Brun ont un arrière-grand-père commun, Alexandre Brun, né vers la fin du XVIIIème siècle. Paul Brun est l’un des 23 MPLF inscrit sur le Monument aux Morts d’Ancone, disparu le 31 mai 1917 à Berry-le-Bac.

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