115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Gabriel RIEU.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt huitième de la liste: Gabriel Joseph Marius RIEU.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Après deux biographies peu évidentes, voici donc une recherche plus facile pour Gabriel Rieu autant du point de vue généalogique que de celui du parcours militaire déjà évoqué à plusieurs reprises !

Gabriel Rieu est né à Caderousse le 07 novembre 1884. Son père, également prénommé Gabriel est cultivateur, né au quartier du Gabin, propriétaire suivant l’Etat-civil. Gabriel Rieu père épouse Rose Thérèse Marie Menu le 27 avril 1881 à Caderousse. Gabriel comme Rose ne sont pas à proprement parler de jeunes époux puisque respectivement âgés de 38 et 36 ans le jour de leur union. Certainement  trop de travail pour Gabriel qui mène seul les terres de son père Jean, décédé en 1870. Les époux vont s’installer au Gabin.

Des enfants vont venir enrichir la famille de Gabriel et Rose. Gabriel fils est donc le premier enfant du couple, né trois ans après les noces, suivi en 1886 d’une fille prénommée… Gabrielle (Thérèse Jeanne) pour ne pas être trop original. Voici ce que raconte le recensement de 1886, quartier de Rabaisse, une autre appellation du Gabin certainement. Près du petit Rhône, il devait baigner souvent.

La mère de Gabriel père est toujours là. Les deux enfants Marius Gabriel et Thérèse Gabrielle -l’agent recenseur n’ayant pas osé écrire trois fois Gabriel- sont bien inscrits et deux jeunes hommes, Roche Louis et Gabriel aident le père dans le travail quotidien aux champs.

Quelques années plus tard, un petit Julien Louis Parfait vient compléter la fratrie, né en 1891. Petit dernier mais petit tout simplement, par la taille puisque l’Armée en 1901 le toisera à 1,55 mètre. Deux centimètres de moins que son « grand » frère Gabriel.

En 1896, l’agent recenseur se prend un peu les pieds dans le tapis en inventant une fille aînée Marie en lieu et place de Gabrielle et en inversant les âges. Un seul domestique aide le père dans son entreprise, un certain Paul Guissan qui gagne ainsi quelques sous en attendant d’être appelé sous les drapeaux.

Le 10 octobre 1905, Gabriel rejoint le 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon. Il y restera deux ans, libéré le 28 octobre 1907. Il est devenu Première Classe et a obtenu un Certificat de Bonne Conduite.

Il retourne à la grange, chemin d’Orange pour aider ses parents. On retrouve toute la famille en 1911, dernier recensement avant la guerre.

Une seule petite erreur dans l’année de naissance de Julien, 1892 au lieu de 1891 ! Pour le reste, tout va bien. Plus besoin de domestiques à la ferme puisque les enfants sont en âge de travailler. Par contre, la grand-mère Marie-Rose Bouschier a quitté ce monde. Ainsi va la vie…

Le 04 août 1914, Gabriel est rappelé sous les drapeaux. Il rejoint le régiment réserve du 58ème, le 258ème R.I. dont on a déjà tristement parlé. Oui, Gabriel va être le septième Caderoussien à perdre la vie dans la seconde quinzaine de septembre 1914 dans le secteur de Saint-Mihiel !

Après Louis Pécoul mort le 16 septembre, Paul Julien tué le 20, Justin Miaille le 26, Eugène Cambe disparu entre le 20 et le 27, c’est au tour de Gabriel Rieu de ne donner plus aucun signe de vie à partir du 27 septembre. Maurice Millet et Henri Lazard connaîtront le même sort, respectivement les 28 septembre et 04 octobre 1914 pour clore cette énumération funeste.

Le 27 septembre 1914, Gabriel Rieu était âgé de 29 ans et 11 mois. Son corps fut retrouvé par la suite et il repose désormais à la Nécropole Nationale « Vaux-Racine » de Saint-Mihiel.

Quant à son frère, un temps éloigné du front de part sa petite taille, il fut versé au 6ème Régiment d’Artillerie Lourde d’Orange pour y faire toutes les campagnes, de Verdun au Chemin des Dames et à Craonne, à la dernière offensive de Champagne en 1918. Mais lui eut la chance de retourner vivre auprès des siens, en 1919.

 

La fiche matricule de Gabriel Joseph Marius Rieu de Mémoire des Hommes.

Gabriel Joseph Marius Rieu, matricule 156 de la classe 1904, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Rieu est encore assez présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Gabriel Joseph Marius son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre… Antoine Ripert.

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EVOLUTION et PDUMBLING DICE chez Sylvain (vendredi 1er juin)

On avait déjà joué à EVOLUTION il y a quelque temps mais ce coup-ci, Sylvain nous sort l’extension CLIMAT récemment acquise.

Pour rappel, il s’agit de créer des races d’animaux dotés de quatre critères pour être les plus expansives et lutter contre les carnivores. Sauf qu’avec l’extension CLIMAT, il faut aussi lutter contre les canicules et les températures glaciales. Ça rend le jeu plus chaotique et encore plus interactif puisque ce sont les joueurs quand ils cotisent pour nourrir les espèces qui font évoluer le climat.

Je ne brille pas vraiment lors des deux parties surtout la seconde où des vagues de chaleur et de froid vont décimer les espèces.  Scores très bas pour la seconde.

Fin de soirée animée avec deux parties de TUMBLING DICE où notre doublette avec Sylvain bat par deux fois celle composée de Fred et Nicolas.

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La RETIRADA en CARTES POSTALES: COLLIOURE 18/18-fin

Dernière vue de la collection sur l’Exode Espagnol dans les Pyrénées Orientales. COLLIOURE- Chevaux de la Brigade Lister parqués au Terrain de Miradau (COLLIOURE- Ceballos de la Brigada Lister accoralados en el terreno de Miradau).

Nous n’avons pas encore visité Collioure qui accueillit aussi son lot de migrants mais sur le territoire de laquelle on n’installa pas de camp de concentration car la plage est très petite, la ville de Collioure étant coincé entre les Pyrénées et la mer Méditerranée. Collioure accueillit le poète espagnol Antonio Machado et sa mère qui y décédèrent quelques jours après leur arrivée et furent enterrés au cimetière du village où ils reposent toujours.

Ce ne sont pas les hommes qui furent mis en camp de concentration ici, mais les chevaux de la Brigade Lister. Ils sont parqués sur les hauteurs de la ville, dans un espace militaire qui entoure le fort Vauban, construit au moment du Traité des Pyrénées.

Une vue du fort Vauban dominant la ville de Collioure.

Le fort Vauban est de nos jours toujours propriété de l’armée qui y organise des stages pour les Commandos de Combat. Quant aux chevaux Lister, ils semblaient brouter sur l’espace aujourd’hui occupé par le parking et le terrain de rugby, à gauche du fort sur la photo ci-dessus.

La Brigade Lister était une unité de l’armée régulière espagnole commandée par Enrique Lister, militaire mais aussi membre éminent du Parti Communiste Espagnol. Militant orthodoxe formé en URSS, il combattit autant les forces franquistes que les expériences libertaires de Catalogne et d’Aragon (les Anarchistes). Retourné en URSS après la Retirada, il continua le combat militaire contre les Nazis puis le combat politique contre les Franquistes après le Seconde Guerre Mondiale.

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Paul REDON.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt septième de la liste: Paul Claudius REDON.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Encore une petite erreur dans le prénom du Poilu suivant, nommé Redon, inscrit sur le Monument aux Morts. Redon Achille peut-on lire ce qui est tout simplement le prénom de son père ! Le futur soldat a été enregistré à l’Etat-civil de la commune le 07 juillet 1892 (pour une naissance qui s’est passée la veille, le 06 juillet, rue Saint-Joseph) sous le nom de Claudius Paul Redon. Par contre, comme dans bien des cas, il semblerait que son prénom usuel soit le second… Paul.

Voici donc quelques lignes racontant le destin de Paul Redon, fils d’Achille Redon.

Son destin, dès les premiers jours de sa vie, sera marqué sous le sceau du drame. En effet, huit jours après sa naissance, le 14 juillet 1892, il perdait son père, Achille Léon Redon, seulement âgé de 42 ans ! Ce dernier était né au village en 1851, rue Chateauvieux, et s’était marié à Marie Louise Marquion, Caderoussienne venue au monde quartier du Brout, en 1864. Les noces avaient été célébrées le 20 août 1884. Un premier enfant, Louis Jean-Baptiste était rapidement arrivé, le 24 novembre 1885,  puis un second, Claudius Paul, notre Poilu, sept ans plus tard. Le père travaillait dans une fabrique de balais comme ouvrier.

Quatre ans après le décès de son mari, Marie Louise allait se remarier avec Joseph Soumille, originaire de Courthézon mais installé au village depuis longtemps, certainement un copain de son défunt mari puisque appartenant à la même classe 1871 que lui, et veuf lui aussi depuis le décès de sa femme Caroline Ayanne en 1894. Ces secondes noces furent célébrées le 18 mars 1896.

Paul et Louis, les enfants de Marie Louise allaient rejoindre les quatre enfants de Joseph Soumille, Paul, Joséphine, Magdeleine et Baptistin dans une ferme des Cabannes. Six enfants de 4 à 18 ans autour de la table familiale tous les soirs et bientôt trois nouveaux qui allaient s’y ajouter… trois garçons… Marcel Joseph né en 1897, Joseph Paul en 1898 et Gabriel Hippolyte en 1901. La famille Soumille-Marquion-Redon occupait presque une demi-page du registre du recensement de 1901 !

On parlerait aujourd’hui de famille recomposée… par des décès, pas par des séparations !

Aux deux parents et neuf enfants s’ajoutait un domestique, Florestan Martin, lui aussi inscrit sur le monument aux morts de la commune et dont on a raconté le destin tragique il y a quelques semaines, tué à l’ennemi le 21 septembre 1914 à Bauzée.

La famille n’allait pas s’agrandir après cette date et les enfants allaient peu à peu quitter le domicile familial. Pour Paul, ce sera pour rejoindre le 61ème Régiment d’Infanterie à Aix-en-Provence le 08 octobre 1913. Il sera donc sur place quand la guerre éclatera.

Le 04 juin 1915, il rejoignit le 24ème Régiment d’Infanterie qui combattait dans le secteur de Vimy, aux côtés des Canadiens en septembre 1915. Nous sommes à Neuville-Saint-Vaast, à mi-chemin de Lens et d’Arras dans le bassin minier du Pas-de-Calais. Les combats feront rages du 24 au 30 septembre, à l’initiative des Français pour des gains de terrain dérisoires.

Le 25 septembre 1915, le Journal de Marche du 24ème de Ligne raconte une attaque des hommes sur les tranchées ennemies dans le secteur du Bois de la Folie, le bien nommé.

Insuffisamment préparée, les assaillants sont accueillis par des tirs allemands meurtriers qui font des ravages chez les hommes sortant à découvert et qui tombent comme des mouches. Parmi eux, Paul Claudius Redon de Caderousse, tué à l’ennemi ce 25 septembre 1915 et disparu corps et âme. Il était âgé de 23 ans et 3 mois.

Son décès fut acté par le Tribunal d’Orange le 17 février 922 et transcrit sur l’Etat-civil de Caderousse le 21 février suivant.

Le 24ème R.I. perdit presque la moitié de son effectif pendant ces quelques jours d’attaques inconsidérées. Voici le bilan fourni par le Journal de Marche du régiment…

… 1 158 hommes mis hors de combat pour…

…1 769 hommes restant valides ! Considérable !

Une vue de tranchées conservées à Neuville, au milieu d’un bois, peut-être le bois de la Folie devenu Zone Rouge…

…et deux cimetières canadiens réutilisant un cratère de mine pour dernière demeure de combattants d’outre-Atlantique…

Le cimetière du Crater Zivy.

Le cimetière du Crater Lichfield.

La fiche matricule de Claudius Paul Redon de Mémoire des Hommes.

Claudius Paul Redon, matricule 766 de la classe 1912, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Redon est encore assez présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Claudius Paul son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre… Gabriel Rieu.

Quelques mots sur les frères de Claudius Paul…

Louis Redon son aîné (matricule 482 classe 1905-Avignon) a connu la captivité en Allemagne du 20 mars 1916 au 12 décembre 1918 après avoir été pris du côté de Malancourt. Rendu à la vie civile, il retrouvera son poste de gardien de la Paix à Marseille. Il avait été légèrement blessé avant sa captivité.

Marcel Soumille son demi-frère, boucher de profession (matricule 1 243 classe 1917-Avignon) servira dans les Zouaves du 22 janvier 1916 au 23 avril 1917 à Constantine, en Algérie, pour maintenir la présence militaire française dans cette colonie. De retour sur le front en 1917, il passera sans trop de dégât la Grande Guerre. 

Joseph Soumille, son autre demi-frère (matricule 795 classe 1918-Avignon) ne pourra servir dans l’Infanterie pour cause d’une légère infirmité de naissance, une tête penchée à droite. Alors l’armée en fera un artilleur. Lui aussi ne subira pas de blessure pendant sa guerre et retrouvera les terres familiales de Caderousse une fois le traité de Versailles conclu. 

 

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du 2 juin 1918

(JOUR 1400 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Voici donc René Fonck dont on a parlé hier dans J’ai vu. En compagnie de Roland Garros, il reçoit la Légion d’Honneur. Garros ne remportera que quatre victoires avant que son avion n’explose en vol le 5 octobre 1918 au-dessus des Ardennes. Pourtant, c’est lui que la postérité a retenu grâce au fait que son nom soit associé aux terrains de tennis du Racing Club de France à Paris, depuis 1928.

Un peu de colombophile pour louer le rôle important joué par les pigeons voyageurs dans les transmissions de renseignements. On a cru un moment que l’avion remplacerait les volatiles mais on est bien obligé de reconnaître qu’on a eu tort.

Deux pages pour expliquer le malaise des Irlandais face à la conscription instituée par l’Etat Britannique.

Prise de paroles, manifestation monstre… l’Irlande se déchire sur la raison de son engagement en Europe lors duquel près de 28 000 Irlandais perdront la vie.

Autres manifestations, mais aux Etats-Unis celles-ci pour rendre hommage aux soldats français à travers une délégations de chasseurs alpins… on en a parlé dans J’ai vu la semaine dernière.

Les diables bleus défilent à West-Point puis son accueillis à Wall Street. N’oublions pas que la raison de cette parade est la levé de fond pour l’emprunt de guerre.

En Italie, les troupes poussent et tirent un canon pour le monter dans les hauteurs surplombant le Piave. L’auteur des lignes du Miroir se moque un peu de leur archaïsme en disant que rien n’a changé depuis Marengo, 118 ans auparavant !

Ecole de camouflage aux Etats-Unis. Deux vues pas vraiment convaincantes !

L’efficacité de la DCA française.

Cet avion allemand a été abattu par des conons au sol. La défense contre les avions a beaucoup fait de progrès en quatre ans. Les avions également, il faut reconnaître ! Ces photostat été prises à Verberie dans l’Oise.

Les Français était fou de leurs 75 en début de guerre. Mais quatre ans après, ils en sont venus eux aussi aux grosses pièces d’artillerie montées sur rail. Ils fallu créer spécialement des voies de garage par rapport à la voie principale pour ces canons.

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Il y a 100 ans jour pour jour: J’AI VU du 1er juin 1918

(JOUR 1399 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

A la une, la promotion d’un roman-feuilleton qui commence dans ce numéro: « Le secret de Brandt l’espion » de Douglas Newton. Illustration angoissante…

Un piquet de chasseurs alpins s’est déplacé à New York pour défilé dans le cadre de la promotion du nouvel emprunt de guerre US. Les hommes sont acclamés par la foule et un masque à gaz d’un héros sera vendu 2 500 000 francs aux enchères. Pour quelle oeuvre ?

J’ai vu essaierait-il de faire un peu oublier la guerre ? Un article court mais illustré de photos raconte l’ouverture de la saison estivale au Parc des Princes des courses sur piste. Tout le monde aimerait tant que la Paix revienne !

Double page centrale:

Les femmes dans une usine d’armement fabriquant des obus. Nous sommes en Ecosse et les femmes qui ont remplacé les hommes non indispensables posent dans les entrepôts.

Double page aviation avec les héros des airs devant remplacer Guynemer dans le coeur de la population. Il s’agit de René Fonck qui survivra à la guerre avec 75 victoires homologuées et entrera ensuite en politique (c’est l’As des As en comptabilisant le plus de victoires françaises), Gabriel Guérin (homonyme de mon grand-père) qui totalisait 23 victoires quand il se tua lors d’un vol d’essai le 1er août 1918 et Hector Garaud originaire de Saint-Antoine(-l’Abbaye) qui remporta 13 victoires avant d’être gravement blessé. Il se tuera lors d’un vol d’essai le 02 avril 1940 à Montpellier.

Pour terminer…

petit hommage aux chiens d’aveugles qui ont perdu la vue lors de la Grande Guerre. Ils sont dressés dans le chenil de M. Hachet-Souplet au Plessis-Trévise.

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Louis RAYNAUD.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt sixième de la liste: Louis Eugène Auguste RAYNAUD.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Nous allons vous présenter la biographie de Louis Raynaud inscrit sur le monument aux morts de Caderousse en bas de la troisième face. Mais sans aucune certitude qu’il s’agisse de la personne que les édificateurs du monument voulaient honorer en 1937. Problème de taille pour ce Louis Raynaud: il est né à Mornas en 1874, il s’est marié à Mornas, ses deux enfants sont nés à Mornas et son acte de décès a été enregistré à Mornas en juin 1915. A aucun moment de sa vie, le destin de Louis Raynaud ne s’inscrit à Caderousse !

Mais voilà, aucun Raynaud ou Reynaud prénommé Louis à n’importe quelle position dans la liste des prénoms, né à Caderousse de 1867 à 1899 ne peut raisonnablement postuler à être inscrit sur le monument aux morts de la commune. En épluchant les registres matricules des Poilus vauclusiens des classes 1887 à 1919, aucun Louis Raynaud ou Reynaud mort pour la France pendant la Grande Guerre n’a de rapport avec Caderousse. Alors le doute demeure. parlons de Louis Raynaud… né à Mornas le 21 mai 1874 !

Ses parents sont des Mornassiens de souche, que ce soit Joseph Reynaud -oui Reynaud !-, son père, né en 1843, cultivateur, que sa mère Marie Hippolyte Priat, née en 1849, couturière. Ils se sont mariés au village le 05 juillet 1871. Louis est leur premier enfant ayant atteint l’âge adulte, né quartier du Pin, un premier fils arrivé quatorze mois après leur mariage étant décédé à l’âge de trois mois.

C’est l’Officier de l’Etat-civil de Mornas qui va commettre cette erreur dans l’écriture du patronyme de Louis en lui remplaçant le E de Reynaud en A pour Raynaud. Ce sera donc le seul d’une fratrie de sept enfants à s’appeler différemment de ses frères et soeur. Une fratrie née de deux lits différents puisque la mère de Louis va décéder au début de l’année 1882, le 29 janvier et le père va se remarier au mois d’octobre suivant, le 25 octobre avec Véronique Marie Galon. Une fratrie composée de six garçons dont quatre vivront et une seule fille, la petite dernière, étonnamment prénommée Dynorah Baptistine Angeline Reynaud.

Louis Raynaud va faire ses classes au 55ème Régiment d’Infanterie de Pont-Saint-Esprit, à la caserne Pépin, à partir du 18 novembre 1895.

Il y passera trois années (le privilège d’être l’aîné !) jusqu’au 17 septembre 1898.

Rendu à la vie civile, il va se marier quelques mois après sa libération, le 1er décembre 1900 à Mornas avec une fille du village, Louise Félicie Pécoult du même âge que lui. De cette union naîtront deux enfants, Augusta Louise Joséphine le 14 juin 1901 puis Amédée Louis Eugène le 10 janvier 1905. Le couple vit à Mornas dans la Grande Rue lors du recensement de 1911.

Quand sont-ils venus à Caderousse ? Après cette date, peut-être par le biais de la profession du père, ouvrier dans les balais…

Toujours est-il que trois ans plus tard, Louis Raynaud est rappelé par l’armée. C’est donc un « vieux » soldat de quarante ans quand la guerre éclate, de deux ans plus jeune que mon bisaïeul Adrien Guérin qu’il va côtoyer au sein du 118ème Régiment d’Infanterie Territoriale d’Avignon. Il va connaître le même sort que ce dernier au même endroit mais quelques mois plus tôt.

En effet, les Territoriaux d’Avignon sont envoyés en séjour à Nice au début du conflit pour défendre cette ville face aux Italiens, alors incertains de leurs alliances puis vers Dijon. Le régiment se retrouve dans l’est de la France au début de 1915 et en première ligne qui plus est, au fort de la Pompelle qui empêche l’accès à Reims. Non réellement pour combattre mais pour effectuer de travaux du Génie, du terrassement, du creusement de puits pour prévenir les travaux de sape éventuels de la part des Allemands. Mais les Territoriaux avignonnais sont aussi soumis aux bombardements allemands.

Un obus explosant près d’un puits que creusait des hommes va tuer le 31 mars 1915, trois soldats et en blesser 5 autres, certainement ensevelis sous la terre déplacée par l’explosion. On peut voir sur le plan ci-dessus extrait du Journal de Marche du 118ème RIT, la position des Territoriaux à l’avant des fortifications et la ferme d’Alger près de laquelle les soldats creusaient.

Le Journal de Marche a bien noté, en date du 31 mars 1915, les circonstances de cet incident et le nom de Louis Raynaud avec un petit 1 dans la colonne des tués. Il était âgé de 40 ans et 10 mois.

Il a été enterré  la Nécropole Nationale « Sillery » dans la Marne.

La fiche matricule de Louis Eugène Auguste Raynaud de Mémoire des Hommes.

Louis Eugène Auguste Raynaud, matricule 258 de la classe 1894, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Raynaud est encore bien présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Louis Eugène Auguste son ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre… Paul Redon.

 

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LA VIE AU GRAND AIR du 26 août 1900

Une ribambelle de plongeons effectués par des athlètes suédois à l’occasion de championnats du monde de natation en marge de l’Exposition Universelle de Paris de 1900. Les Suédois qui feront le spectacle comme on va le voir à l’intérieur de ce n°102 de La Vie au Grand Air du 26 août 1900.

Les compétitions se déroulent dans la Seine du côté d’Asnières. Ce sont en fait les épreuves de natation des Jeux Olympiques de Paris en 1900 auxquelles se sont ajoutées des compétitions plus folkloriques ou des disciplines pas encore olympiques comme le plongeon. Il y eut aussi des épreuves non olympiques ouvertes aux professionnels ou open. Ce qui est étonnant, c’est qu’à aucun moment La Vie au Grand Air ne parle de Jeux Olympiques alors que manifestement il s’agit de ceux-ci.

Voyons un peu le sportif et l’original à partir des photos.

Les nageurs prêts pour le départ de l’épreuve de 200 mètres.

Le Britannique Jarnis vainqueur du 4 000 mètres des Jeux.

 

Son compatriote Greasley vainqueur de l’épreuve des professionnels sur la même distance dans un temps supérieur de 10 minutes.

La course à obstacles (200 mètres) où il fallait franchir des bateaux par dessus et par dessous, épreuve olympique remportée par l’Australien Lane.

Le plongeon qui ne deviendra olympique qu’en 1908.

Des démonstrations de sauvetage.

Plus folklorique, l’épreuve de déshabillage dans l’eau !

Passons à un autre sport. Toujours dans le cadre de ‘Exposition Universelle se tenaient à Paris les Championnats du Monde de cyclisme sur piste, au Parc des Princes, du 12 au 18 août.

Quelques lauréats: en haut à gauche, le Belge Didier-Nauts, vainqueur de l’épreuve de vitesse, au centre, en haut, le Français Bastien vainqueur en demi-fond et en dessous, le Français Huret vainqueur de l’épreuve de fond en professionnel.

En pleine action, en haut à droite: une course pro-amateur sans grand intérêt nous dit la légende; en bas à gauche, la finale du handicap (amateurs) gagnée par Brusoni devant Spartaco et Taillandier; à droite: un passage devant les populaires des coureurs Bonhours et Taylor dans la course des 100km derrière derny.

 

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Quand l’ABBÉ MAGNAT d’ANCONE inventait la méthode PLAIN-CHANT…

Décidément un géo-trouve-tout, cet abbé Antonin Magnat qui officia à Ancone au XIXème siècle ! Non seulement inventeur d’une mixture médicinale miraculeuse, il avait commencé par créer une méthode pour faciliter l’apprentissage du chant par les enfants !!! Le solfège sans le solfège… avec presque du solfège !!!

Le hasard nous a permis de nous procurer cet ouvrage révolutionnaire…

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MÉTHODE ET EXERCICES NOUVEAUX À L’USAGE DES ENFANTS POUR LEUR RENDRE FACILE L’ÉTUDE DU

PLAIN-CHANT

PETIT ESSAI OFFERT AU CLERGÉ PAROISSIAL AINSI QU’AUX INSTITUTEURS PRIMAIRES POUR LEUR EN FACILITER L’ENSEIGNEMENT.

Le livre est bien signé par l’Abbé ANTONIN MAGNAT, Prêtre et publié chez Bajat fils , imprimeur à Lyon. Il est daté de 1857.

Le curé a écrit une triple introduction à son ouvrage à destination du lectorat.
Première introduction générale commencée  par cette question: Pourquoi cette méthode de plain-chant ? suivi de cette réponse pleine de bon sens: Je répondrai tout simplement: Parce qu’il n’y en a pas !

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Certes ! Il fallait l’oser !

Magnat se plaint que le chant profane bénéfice de méthodes facilitant son apprentissage alors que le chant religieux qui pourtant est indispensable à une bonne prière (Oui, le prêtre prie mieux, le fidèle aussi prie mieux dans une église où l’on chante bien.) n’a aucune aide d’où son invention… originale.
Seconde introduction destinée aux enfants…

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terminée par cette prière plutôt amusante…

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Charité bien ordonnée commence… par soi-même !

Puis troisième introduction destinée aux personnels qui se serviront du guide…

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les Ecclésiastiques et les Instituteurs chargés des leçons de chant… religieux.

Après cela, la méthode peut commencer en parlant d’abord de tons et de demi-tons…

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L’originalité, ce ne sont pas tellement les textes explicatifs mais les dessins les accompagnant qui méritent qu’on y regarde de plus près. On y découvre…

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…des escaliers ou des échelles…

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…des portées sur lesquelles les notes sont des carrés avec une lettre au centre … et quelquefois…

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…les deux.

Peut-être révolutionnaire mais finalement guère moins simple que de véritables partitions !

De plus, l’Abbé propose toute une série de chants accompagnés de textes inspirés des… fables de Jean de la Fontaine.

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Là, il fallait l’oser. Des plagiats de fables mises en musiques… pour être chantées par des enfants.

Réellement original cet Abbé Antonin Magnat ! Mais pédagogue… ???!!!

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COLLABORATION: un tract à la gloire de la RÉVOLUTION NATIONALE.

Un tract imprimé uniquement au recto à la gloire de la Révolution Nationale imprimé à Tunis et certainement distribué dans cette ancienne colonie (protectorat pardon) avant la Libération du pays par les Américains.

En haut l’abominable république et sa devise perverse Liberté-Egalité-fraternité et en dessous le monde rêvé par les Fascistes de Vichy, adepte de la Révolution Nationale et de sa devise Travail- Famille- Patrie.

La République asservie par les partis et le capitalisme étranger (bien sûr), la République horriblement égalitaire où la Fraternité n’est qu’un leurre puisque la lutte des classes mène à la haine et à la misère.

A l’opposé, la Révolution Nationale amènera du travail à tous (dans les usines d’armement du reich pour certains). la famille sera au centre de la société (un papa, une maman 70 ans avant les grenouilles de bénitiers de Boutin et consort) et la Patrie au dessus de tout, une patrie occupée, pillée ce qui ne dérange pas du tout les auteurs de ces lignes puisque c’est la faute de la Gueuse.

Vive la Gueuse.

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