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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Lucien CONSTANCE.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-sixième nom de la liste: Constance Lucien Henri.

La seconde face du monument.

Deux Constance, Lucien Henri et Paul Auguste sont inscrits sur le Monument aux Morts de Caderousse. Une petite recherche nous a fait découvrir qu’ils ne sont pas frères, ni cousins germains, ni cousins au second degré. Pourtant quelques similitudes sont notables dans leurs généalogies. Le père de Lucien se prénomme Auguste Jean, né le 16 juin 1848 tandis que celui de Paul est un Jean Auguste, né le 1er mais 1849. Tous deux sont originaires de Caderousse et cultivateurs. Du côté des mères, elles se prénomment aussi toutes les deux Marie-Louise ! Marie-Louise Millet de Mornas, née en 1854 pour Lucien et Marie-Louise Paschal pour Paul, née également en 1854.

Si l’on remonte l’arbre des pères de Lucien et de Paul, les grands-parents des deux futurs Poilus sont différents. Si parenté il y a, il faudrait remonter plus loin, au XVIIIème siècle.

Lucien Constance est donc venu au monde le 10 septembre 1888 à Caderousse dans la ferme du quartier des Près, non loin de la limite du territoire de Caderousse avec celui d’Orange.

A la lecture du premier recensement effectué après la naissance de Lucien, celui de 1881, la famille vit toujours dans ce secteur, chemin de Pérussier. Lucien (ou plutôt Henri comme on semble l’appeler dans sa famille) est le second enfant du couple formé par Auguste Jean et Marie-Louise. Isidore-Gratien, un grand frère pour Lucien, est né en 1881 et est alors âgé de 10 ans en 1891.

La famille ne connaît guère de bouleversements par la suite. En novembre 1902, Isidore est appelé sous les drapeaux, pas très loin des Près, à Orange, au 15ème Régiment du Train. Il sera libéré dix mois plus tard, par anticipation, en septembre 1903, étant devenu entre temps soutien de famille car papa d’un petit Justin, né en 1902, fruit de l’union entre Isidore et Augustine Vivet, une Caderoussienne de sa classe. Un second enfant, Raoul, suivra en 1906.

Les Constance de Pérussier en 1911.

Lucien-Henri est appelé sous les drapeaux à son tour quelques années plus tard, en 1909. La Révolte des Vignerons de l’Hérault étant passée par là, c’est plus loin que son frère ne l’avait fait qu’il effectuera sa période militaire, à Digne,  du 07 septembre 1909 au 24 septembre 1911, au 3ème Régiment d’Infanterie.

Moins de trois ans après, l’Armée fera de nouveau appel à lui. Dès la Mobilisation Générale, Lucien rejoint son unité, à Digne, à Marseille ou à Cuers où sont regroupés les hommes. Le 07 août, le chemin de fer emmène le 3ème Régiment vers la frontière du nord-est de la France.

Le Journal de Marche du 3ème R.I. nous trace ce  voyage entre Marseille et Xirocourt, au sud de Nancy où va coucher la 6ème Compagnie du 2ème Bataillon à laquelle appartient Lucien Constance. A partir de là, sans trop de repos, le régiment va marcher à la rencontre des Allemands, c’est-à-dire jusqu’à la frontière qui était alors située à l’est de Nancy, à la limite du département de Meurthe-et-Moselle.

Terrible journée que celle du 10 août où les hommes vont parcourir vingt-cinq kilomètres entre Clerey et Saint-Nicolas-du-Port,  avec vingt à vint-cinq kilogrammes de barda sur les épaules, sous un soleil de plomb et une température caniculaire suffisamment exceptionnelle pour que le rédacteur du Journal de Marche le signale.

La rencontre avec les Allemands va se passer à Coincourt à quelques hectomètres de la frontière. On retrouve alors les deux stratégies militaires antagonistes: celle des Allemands attentistes et celle des Français attaquant la fleur au fusil. Nous sommes alors le 14 août. Pourtant, le 12 août à Drouville, vingt kilomètres à l’arrière de Coincourt, les hommes avaient dû creuser des tranchées pour attendre le choc prévue pour le lendemain avant que la stratégie de l’Etat-Major français ne change et ne les fasse progresser le 13.

A travers les mots du rédacteur du Journal de Marche, on voit que cela a chagriné les soldats. Plus tard, le 14 août on lit aussi que la surprise est totale pour tous, hommes, chefs et Etat-Major,  face au déluge de feu qui va s’abattre sur les compagnies se risquant à avancer du côté du Bois du Haut de la Croix à Coincourt. Il faut dire que les Allemands ont bien caché leur jeu en laissant avancer le 3ème Régiment et en reculant pour laisser le terrain libre.

C’est alors que la fusillade éclate.

Tout est dit dans ces quelques lignes: les Allemands ont bien préparé ce piège et les pauvres hommes du 2ème bataillon n’ont d’autre solution que de s’allonger sur la ventre et à se servir de leur sac comme protection, bien légère face à la puissance des armes. Vous l’avez compris, Lucien fait partie de ceux-ci. Le bilan de la journée est terrible:


24 tués mais surtout 712 blessés ou disparus. Un chiffre astronomique pour un affrontement de quelques minutes. Le corps de Lucien Henri Constance n’a pas été retrouvé et il a été reconnu officiellement mort par un jugement du tribunal de Nîmes du 14 juin 1920. Toutefois, son père avait déjà reçu la somme de 150 francs le 16 mars 1916 comme dédommagement pour les soldats célibataires décédés. Une somme bien dérisoire pour un enfant !

Le 14 août 1914, Lucien Constance allait avoir 26 ans. Il était le second mort de la Grande Guerre de Caderousse, après Augustin Aubert disparu non loin de Coincourt, le 11 août, dans des circonstances assez semblables.

La fiche de Lucien Henri Constance de Mémoire des Hommes

Lucien Henri Constance, matricule 320 classe 1908, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Constance est encore présent à Caderousse et dans le Vaucluse. Si un descendant forcément indirect de ce Poilu reconnait cet arrière-grand-oncle, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

Quant à son frère Isidore, on peut consulter sa fiche matricule 298, classe 1901, bureau de recrutement d’Avignon.

A suivre: Paul Constance.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Henri COLOMBIER.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-quatrième nom de la liste: Colombier Henri Félicien qui lui aussi, n’apparaît pas sur le monument aux morts de Caderousse. Les destins d’Henri Colombier et d’Augustin Clarisse font montre de bien des similitudes. La première est évidemment l’année de naissance, 1879 pour tous les deux, le 1er avril pour Henri.

La seconde est le fait que l’un comme l’autre ne résidèrent que peu de temps à Caderousse après leur naissance. Comme pour Augustin, la famille Colombier n’apparaît pas sur la liste du recensement de 1881. N’apparaît pas et non n’apparaît plus car, en fait, les Colombier ne sont pas encore arrivés à Caderousse, au quartier du Revestidou lors du précédent recensement, en 1876. Leur séjour caderoussien ne sera donc que de quelques années, quelques mois peut-être, le temps de l’arrivée au monde du petit Henri Félicien. La famille vient de Sorgues d’où elle était originaire le père. Henri naquit dans une ferme au bord du Rhône, du côté du Revestidou, cette rodée du Rhône célèbre chez les mariniers pour sa dangerosité… jusqu’à ce que la canalisation du Rhône lors de l’aménagement de Caderousse vers la fin des années 1970 ne la gomme totalement.

Henri André Colombier et Marie-Louise Gayte s’étaient mariés à Sorgues le 7 septembre 1870, trois jours après l’instauration de la Troisième République. Le père alors âgé de 29 ans était garde dans un des riches domaines de l’île de l’Oiselay. La mère, sa cadette de onze ans était originaire de Privas, préfecture de l’Ardèche.

Il est difficile de suivre la trace de cette famille dans les Archives communales et départementales. On ne peut que proposer quelques flashs et émettre quelques hypothèses.

Deux premiers enfants naquirent avant Henri Félicien. Henri Marius tout d’abord, né le 25 août 1871 dans l’île de l’Oiselay, surnommé Sigeon, très petit, 1 mètre 53 à l’âge adulte que l’armée n’envoya pas au front et laissa travailler ses terres pour l’agriculture, soldat détaché à la production nationale, comme il en eut beaucoup.

Second enfant, Rose-Marie, Sorguaise elle-aussi, née le 14 août 1874. Puis vint donc Henri Félicien pendant la courte période caderoussienne des Colombier, au Revestidou, de 1877 à 1880 environ. Y eut-il d’autres enfants au foyer des Colombier après 1880… ?

On retrouve Henri Félicien Colombier au 2ème Régiment du Génie à partir du 16 novembre 1900, pour son service militaire. Ces classes vont l’emmener bien loin du Vaucluse, au Maghreb, en Tunisie, Bizerte et Tunis.  Le 26/2, le 26ème bataillon du 2ème régiment a été installé en Tunisie après la conquête initiée par le gouvernement de Jules Ferry en 1881. C’est le côté sombre du personnage dont on a surtout retenu la face éclairée, celle de la création de l’école laïque, gratuite et obligatoire en oubliant les aventures coloniales en Indochine, à Madagascar et ici en Tunisie. Le registre matricule attribue à Henri Félicien une campagne de Tunisie du 25 septembre 1901 au 18 septembre 1903, deux années pendant lesquelles les troupes françaises durent à lutter contre des rebellions d’un pays conquis, occupé mais insoumis. Une première campagne militaire, une douzaine d’années avant la seconde, bien plus terrible celle de la guerre contre l’Allemagne.

Entre temps, Henri Félicien s’est marié à Sorgues le 23 juin 1906. Il a pris pour épouse Marie-Pauline Establet. On peut penser, sans risque de trop de tromper, qu’ils furent rapidement parents de petits de la génération suivante.

C’est en tant que sapeur mineur au 4ème Régiment du Génie de Grenoble qu’Henri Félicien participa à la Grande Guerre. Une taupe ! Une de celle qui passaient leurs journées à remuer de la terre pour creuser des boyaux ou pour construire des galeries dans le but de poser des explosifs au-dessous des tranchées ennemis. La terrible guerre des mines, celle de Vauquois ou de Berry-au-Bac. Une guerre terrible pour les nerfs des hommes qui risquaient à tout moment de disparaître ensevelis sous la terre, sans espoir d’être secourus. Henri Félicien ne résista pas à ce stress. Il dut être interné dans un de ces hôpitaux psychiatriques dans lesquels étaient mis les soldats traumatisés psychiques de la guerre qu’on appela les « mutilés du cerveau ». Des films récents ont raconté ces histoires et ont médiatisés ces blessés de guerre un peu particuliers.

Henri Félicien Colombier, Sorguais natif de Caderousse mourut le 10 septembre 1918, deux mois avant l’Armistice, à l’Asile d’aliénés de Maréville de folie, indiquent ses papiers officiels. Il approchait de la quarantaine.

Vue aérienne du quartier de Laxou (banlieue ouest de Nancy) dans lequel était implanté l’Asile d’Aliénés de Maréville dans lequel mourut Henri Félicien Colombier. On voit en haut à droite le porche sous lequel passaient les internés avant d’entrée dans cette structure fermée. Si une structure psychologique existe encore dans un bâtiment, les autres locaux sont devenus des espaces collectifs et des logements particuliers.

La fiche d’Henri Félicien Colombier de Mémoire des Hommes

Henri Félicien Colombier, matricule 1 384 classe 1899, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Colombier existe encore en Vaucluse, à Sorgues, Sarrians, L’Isle-sur-la-Sorgue, peut-être des  descendants direct ou indirect de Henri Félicien. S’ils rencontrent ces lignes est qu’ils reconnaissent leur ancêtre, qu’ils n’hésitent pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Léon Combe.

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109 POILUS de CADEROUSSE, 109 DESTINS… Augustin CLARISSE.

109 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 109 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-troisième nom de la liste: Clarisse Augustin Basile, mais pas de trace de ce nom sur le monument aux morts construit en 1937. Non, Augustin Clarisse a été oublié ! Les hommes de cette époque ont quelques circonstances atténuantes, la famille avait quitté le village depuis bien longtemps quand ce décès survint du côté de Notre-Dame de Lorette, en 1915. Seule la logique implacable des ordinateurs actuels l’a fait réapparaître sur le site de Mémoire des Hommes.

Les parents d’Augustin, Auguste Clarisse et Armand « Florinde » dit Fleurie Marie-Rose sont venus s’installer à Caderousse entre 1873 et 1875. Le père, originaire de Roaix, près de Rasteau et Vaison-la-Romaine, était cultivateur maître valet, valet de ferme en somme. Il allait donc de ferme en ferme louer ses bras avec femme et enfants. On retrouve donc la famille au quartier des Prés sur la liste nominative du recensement de 1876.

Cinq années plus tard, lors du recensement suivant, plus de traces de Clarisse à Caderousse ! Ils sont partis ailleurs se mettre à disposition d’un autre patron. Pas très loin d’ailleurs, à Orange, au quartier des Graves. C’est là que naîtra un second garçon, Eugène Victor le 13 décembre 1884.

Entre temps, trois enfants sont venus au monde tenir compagnie à la soeur aînée Fleurie (ou Florinde, à la guise de l’Officier de l’Etat-Civil) née en 1870. Ce sont donc deux filles et un garçon Clarisse qui ont vu le jour à Caderousse:

  • Adèle Marie née le 20 août 1875,
  • Rose Victorine née le 1er juillet 1877 et
  • Augustin, né le 06 décembre 1879, premier garçon qui prend donc à la terminaison près, le prénom du père.

Augustin va être appelé sous les drapeaux pour sa période de trois ans en 1900. Du 21 novembre de cette année au 21 septembre 1903, il va connaître la douceur du climat de la Corse, à Bastia, au 163ème Régiment d’Infanterie mais aussi la rudesse des montagnes lors des pénibles exercices d’entraînement. Il sera réserviste à Avignon, au 58ème puis 118 ème R.I. chez qui il effectuera des périodes de mise à niveau en 1906 puis comme par un mauvais hasard à partir du 29 juillet 1914 ! Pas besoin d’entendre le tocsin de Roaix, il était sur place lors de la déclaration de guerre !

Car, à son retour de l’armée, Augustin avait pris épouse à Roaix, le pays d’origine des Clarisse. Il s’était marié le 20 avril 1907 avec Paule Rose Ladie Morel. Il eut le temps de faire des enfants, à n’en pas douter.

Le 19 septembre 1914, il fut muté au 21ème Régiment d’Infanterie. En mars 1915, ce régiment combattait dans le secteur de Notre-Dame-de-Lorette, dans le Pas-de-Calais. Ce n’était pas l’endroit rêvé pour essayer de survivre à la guerre. Entre octobre 1914 et septembre 1915, cette butte dominant le bassin minier du Pas-de-Calais fut le lieu de combats incessants entre Français et Allemands. 188 000 hommes y furent tués dont 100 000 Français environ… et parmi eux, Augustin Clarisse le natif de Caderousse.

Pourtant, ce 1er avril 1915, la situation était plus calme qu’à l’accoutumée. Des échanges d’artillerie avaient eu lieu nous dit le Journal de Marche du 21ème R.I., échanges initiés par les Français. Il y eut un tué, par malchance Augustin Clarisse et un blessé, ce jour-là…

Augustin avait alors 35 ans et 5 mois. Sa dépouille allait être enterré à la Nécropole Nationale de Notre-Dame-de-Lorette à Albain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais) dans la tombe individuelle 13 128 du carré 65, rang 7, au milieu de quelques 45 000 soldats français qui furent enterrés là après guerre.

Quant à son petit frère Eugène Victor, lui aussi connut la Grande Guerre. Terriblement effrayé par ce qu’il vit et traumatisé par la mort de son frère, il ne se présenta plus à son régiment le 18 juillet 1917 et fut considéré comme déserteur… jusqu’à la loi d’amnistie du 14 juillet 1925, le même jour où la Nécropole de Notre-Dame-de-Lorette était inaugurée, date à laquelle il put aller se présenter à la gendarmerie sans crainte d’être poursuivi.

 

La fiche d’Augustin Basile Clarisse de Mémoire des Hommes

Augustin Basile Clarisse, matricule 567 classe 1899, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Clarisse semble encore exister en Vaucluse. Si un descendant direct ou indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Henri Colombier.

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108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… Ernest CHIROT.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-deuxième nom de la liste: Chirot Ernest Marius Joseph.

Seconde face du Monument.

Premier nom de la seconde face du monument, la face sud.

Le tragique destin d’Ernest Chirot va nous emmener sur le champ de bataille le plus connu de la Grande Guerre pour le grand public, Verdun, au coeur de cette année 1916. En effet, Ernest Chirot appartenant au 2ème et 3ème Régiments de Marche des Zouaves, des régiments d’Afrique dont il ne foulera jamais le sol puisque les métropolitains étaient regroupés en France, se retrouva au coeur de la tourmente.

Né le 18 février 1896 à Caderousse, il fut donc appelé sous les drapeaux par anticipation, en 1915, le 10 avril. Après sa période de formation militaire, il fut versé au 3ème Zouaves le 29 novembre de la même année. Le régiment était alors au repos à l’arrière des troupes britanniques et belges dans le nord de la France, du côté de Petite Synthe, non loin de Dunkerque. Ce repos était bien mérité pour les hommes de ce régiment qui avaient subi des pertes importantes lors de la seconde bataille de Champagne du 25 septembre au 6 octobre 1915. Le régiment avait été cité à l’ordre de l’armée par le général Gouraud pour des faits d’arme pendant cette bataille. Cela Ernest ne l’avait pas connu.

Couverture du livret racontant l’historique du 2ème R.M. Zouaves.

L’attaque allemande sur Verdun du 21 février 1916 allait rapidement emmener ce régiment dans ce secteur, au milieu du déluge de feu. Cela Ernest allait le connaître et il allait y laisser sa vie. Dès le 24 février, les hommes étaient au front à la cote du Poivre, un secteur particulièrement visé par les bombardements des troupes allemandes. Le 25, le 3ème Zouaves brisait une attaque des fantassins allemands, défense qui allait sauver Verdun d’une prise allemande suivant l’avis de la hiérarchie française.

Du 10 avril au 1er juillet 1916, le 3ème Zouaves tint le secteur du bois Carré d’Avocourt, à l’ouest de Verdun. Sous les bombardements incessants, dans la boue due à un printemps particulièrement pluvieux, Ernest et ses frères d’infortune souffrirent beaucoup.

Le 23 juin 1916, le 2ème Régiment de Zouaves ayant été décimé toujours sur le front de Verdun, des éléments du 3ème Zouaves furent prélevés pour renforcer cette unité. Il faut dire que la préoccupation de l’Etat-Major était la future bataille de la Somme et que les régiments à Verdun devaient se débrouiller seuls pour compléter leurs effectifs. Ernest retrouva donc le 2ème Zouaves quelques mois après l’avoir quitté.

On est alors à un moment charnière de la bataille de Verdun. Les Allemands n’ont pas réussi à percer et les Français commencent leurs mouvements de reconquête du terrain perdu. Le 15 juillet, les Zouaves attaquent sur les crêtes de Thiaumont à Fleury et brisent la résistance allemande.

Extrait de l’Historique du 2ème R.M. Zouaves.

Ernest fait partie de ces hommes intrépides. Puis, le 19, ce sera la prise de la poudrerie de Fleury où les Zouaves firent plus de prisonniers allemands qu’ils n’étaient eux-mêmes. Ernest est tué le 26 juillet suivant lors de combats de renforcement de positions quelques heures avant que le 2ème Zouaves ne soit relevé momentanément de ce secteur. Cela Ernest ne le connaîtra pas.

Il avait 20 ans et 177 jours. Il n’avait pas connu grand chose de la vie.

Il était le premier enfant du couple Joseph Elie Chirot- Victorine Jeanne Millet qui s’était uni à Caderousse le 1er mai 1895.  A cette date, son père était un jeune homme de 24 ans originaire de Roquemaure qui avait monté une entreprise de fabrication de balais en Vaucluse. Son épouse, sa cadette de 2 ans, était originaire de Caderousse. Ernest naquit donc quelques mois après cette union. La famille  habitait dans la petite rue Pied-Gaillard. Un petit frère Olivier allait naître en 1902 dans le foyer. Il aura la chance d’éviter la Grande Guerre, ce qui dut soulager les siens. Il semble que le corps d’Ernest ait été ramené à Caderousse après guerre, bien qu’il n’en reste aucune trace dans le cimetière du village.

La famille Chirot lors du recensement de 1906 à Caderousse.

D’un bon niveau scolaire, Ernest était conducteur d’auto quand l’armée eut besoin de ses services… et de sa vie.

Il semble que son corps ait été ramené à Caderousse après guerre, bien qu’il n’en reste aucune trace dans le cimetière du village.

 

La fiche d’Ernest Marius Joseph Chirot de Mémoire des Hommes

Ernest Marius Joseph Chirot , matricule 1036 classe 1916, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Bien que ce patronyme Chirot ne soit plus présent dans la région, les plus près étant dans l’Ain et le Gers, si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Augustin Clarisse.

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108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… Emile CHAUME

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trentième nom de la liste: Chaume Emile Lucien.

Seconde face du Monument.

L’ordre alphabétique implacable du calculateur mathématique d’un ordinateur moderne a replacé Emile Chaume avant Marius Chicornard contrairement à ce qu’avait fait le graveur dans les années 30. Voilà pourquoi on en est à la seconde face du monument aux morts, tout en bas,  alors que la première n’est pas terminée.
Noël Marie Joseph (une crèche à lui tout seul) Chaume né en 1866 avait pris pour épouse Augustine Lucie Goudet, de neuf ans sa cadette, le 17 novembre 1896 à Orange. Le couple s’était installé à Caderousse rue Saint-Michel, non loin de l’église, où le père était patron boulanger. il avait d’ailleurs des ouvriers à son service. Les recensements successifs ont retenu François Dardun en 1901 et Louis Ivon de Saint-Sauveur en 1911.

Emile fut le premier enfant du couple, né le 20 octobre 1897, 11 mois après les noces. Un petit frère allait le suivre en 1903. Emile n’avait que 16 ans à la déclaration de guerre, le 3 août 1914 mais moins de deux ans plus tard, l’armée allait l’appeler en anticipation en 1916. De la même classe que Séraphin Guérin, il allait connaître un sort plus cruel.

Le foyer de Noël et Augustine Chaume en 1911.

Bien que cuisinier, c’est dans une unité combattante qu’il allait se retrouver, le 22 ème régiment d’infanterie coloniale. Il n’eut pas la chance de faire un petit tour de l’autre côté de la Méditerranée pour ses classes puisque, pour les métropolitains, la caserne de regroupement était à Marseille. Il y arriva le 9 août 1916.

On ne sait pas trop de chose de sa période au front, à quel moment il le rejoignit (certainement au premier semestre 1917) mais un peu plus en ce qui concerne sa mort qu’il rencontra au moment charnière de la guerre, celui où le sort de la Première Guerre Mondiale bascula du côté des forces de l’Entente.

Les troupes coloniales occupaient un secteur du front dans le secteur de Reims. Au mois de juillet 1918 eut lieu la seconde bataille de la Marne, la première s’étant déroulée en septembre 1914. L’Etat-Major allemand, dans l’énergie du désespoir, avait programmé une grande attaque le 15 juillet 1918 dans ce secteur. Elle était attendue par les forces françaises grâce aux confidences de prisonniers allemands. L’attaque fut brisée et le 18 juillet les Français contre-attaquèrent et repoussèrent les Allemands qui, symbole de leur échec, se retirèrent au delà de la Vesle.

Mais les combats continuaient, très violents. On peut penser qu’Emile Chaume fut blessé dans la nuit du 30 au 31 juillet 1918. Le Journal de Marche de l’unité ne décrit pas les combats mais donne des bilans humains particulièrement lourds.

Comme on peut le lire ci-dessus, le 22ème R.I.C. subit des pertes importantes: 19 tués, 10 blessés et 70 intoxiqués. Les Allemands continuaient à envoyer des obus chimiques. Toujours est-il qu’Emile Chaume fut évacué à l’Ambulance 5/22 (pour le site Mémoire des Hommes) ou 5/11 (pour le registre matricule complet consultable aux Archives du Vaucluse) à Louvois où il rendit l’âme. La mention « Blessures de guerre » laisse penser qu’il fut blessé et non gazé.

Inhumé une première fois dans cette commune située à 15 kilomètres au sud de Reims, il sera ramené ultérieurement à Caderousse.

Au moment de son décès, il était âgé de 20 ans et 284 jours.

 

La fiche d’Emile Lucien Chaume de Mémoire des Hommes

Emile Lucien Chaume, matricule 1190 classe 1917, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Chaume reste vivant à Orange (1 réponse)  et dans le Vaucluse. Si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Marius Chicornard.

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Un tour au CIMETIÈRE ancien de VIVIERS.

C’est Jeannot Tschanz qui me conseilla d’aller faire un tour à Viviers avec le déplacement du monument aux morts, chose assez compliquée à réaliser. A Montélimar, Thierry Cornillet s’y cassa les dents au moment où il essayait de développer son projet des Allées Provençales dans les années 90.

En effet, à Viviers, la municipalité de François Louvet a réussi à déplacer en 2014 le monument aux morts de la ville, certainement au prix de litres de salive et quelques volumineux dossiers. mais en aucun cas ce n’était le monument situé tout en haut de l’ancien cimetière qui fut descendu en bas… mais le premier monument qui était déjà dans la ville, élevé en 1921 grâce à une forte aide du maire de l’époque le comte Joseph Pavin de Lafarge qui en paya les 3/4 de ses deniers personnels.

Quelques vues de ce monument, maintenant dans la cour de mairie, en bordure de la RN86.

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Si ce monument vaut pour la statue que l’on doit au sculpteur Maxime Real del Sarte, c’est l’autre mémorial tout en haut du cimetière ancien, qui mérite le détour, pour peu qu’on soit un tantinet sportif ! Quelle grimpette !

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Première constatation, ce n’est pas un monument classique mais un tombeau car manifestement, il contient les restes de 24 Poilus dont les corps ont été ramenés du front. C’est ce qui écrit sur la plaque du haut.

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Etait-ce une volonté collective de rassembler les morts au même endroit ? Très certainement.

De part et d’autres de l’édifice central, neutre religieusement, deux plaques contenant les noms de ceux qui n’ont pu être inhumés dans ce caveau. Les disparus, ceux enterrés dans des cimetières militaires proches des champs de bataille ou ceux inhumés dans les caveaux familiaux, volonté de leurs familles.

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Ici figurent 117 noms ce qui fait en tout 141 MPLF pour ce gros bourg de Viviers dont le recensement de 1911 nous apprend qu’il comptait 3 459 habitants (4% de la population). Le même nombre que sur le Monument de la ville.

A côté du monument, des reliques de plaques de tombes disparues, abandonnées, faute de descendants pour le s entretenir.

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On y distingue quelques noms de gars de la liste: Paul Faure, Gasquet Léon (mort à 45 ans, un vétéran), Rouchet Léon, Trichet Marius, les frères Chausson Gustave et Paulin, Serret Clément. 5 plaques sont totalement illisibles.

Et puis à gauche du monument, une série de 9 croix blanches avec seulement marqué sur chacune d’elles, nom, prénom et grade. Une rapide recherche sur le site Mémoires des Hommes nous donne la solution de l’énigme.

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A Viviers étaient installés deux hôpitaux, l’hôpital complémentaire n°79  certainement dans le séminaire et l’hôpital bénévole n°125 dans des bâtiments appartenant à Lafarge, où furent soignés, semble-t-il des Poilus atteints de maladies pulmonaires. Décédés à Viviers, ils y furent enterrés et on les y laissa. De qui s’agit-il ? Malgré quelques erreurs d’orthographe, les voici en détail…

Jean Veyrier (1894-1917) né à Tunis, 15ème section d’Infanterie Militaire (abréviation bizarre) mort de pneumonie + méningite.

Michel Paramelle (1896-1919) né dans le Lot, 54ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais, mort d’hémoptysie (certainement tuberculose).

Marius Derobert (1889-1918) né en Haute-Savoie, 55ème Régiment d’Infanterie, mort de maladie (sans plus).

Pierre Hersant (1878-1918) né en Ille-en-Vilaine, 41ème Régiment d’Infanterie, mort de maladie (sans plus).

Dinh Van Lieu (1885-1918) né au Tonkin (Van Lang), 1er Bataillon Indochinois, mort de maladie (sans plus).

Joseph Simon (1893-1915) né dans le Cher, 29ème Régiment d’Infanterie, mort de tuberculose.

Pierre Le Chaffotec (1885-1917) né dans les Côtes du Nord (actuellement Côtes d’Armor, 35ème Régiment d’Infanterie Coloniale, mort de tuberculose.

Alexandre Nehlig (1876-1917) né dans le Morbihan, 111ème Régiment d’Artillerie Lourde, mort de maladie (sans plus).

Jules Giardina (1889-1919) né en Aveyron, 4ème Groupe d’Artillerie d’Afrique, mort de brocho-pneumonie virale.

Il fallait le dire.

Non loin de ce Mémorial, se trouve cette tombe remarquable qu’on penserait trouver plutôt au Père Lachaise…

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108 POILUS de Caderousse, 108 DESTINS… CAMBE Auguste.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingt-quatrième nom de la liste: Cambe Auguste Marius., inscrit sur la seconde face du monument… quelques problèmes de classement orthographique pour le graveur en 1937 !

Seconde face du Monument.

Trois Cambe sont morts pendant la Grande Guerre et sont tous trois inscrits sur le Monument aux Morts: Cambe Eugène, Cambe Marius et plus loin dans la liste Cambe Auguste Marius. Nous allons rétablir l’ordre alphabétique à l’occasion de cette publication.
Il ne semble pas que ces trois hommes aient une proche parenté. En remontant jusqu’à leurs arrières-grands-pères Cambe, pas d’origine commune. Peut-être en remontant plus loin…?

Né le 18 août 1887, Auguste fait partie des hommes rappelés lors de la déclaration de guerre d’août 1914 après avoir fait une première période militaire à l’âge de 21 ans. Mais auparavant, voyons sa jeunesse au bord du Petit Rhône. La lecture des recensements est très intéressante surtout que le hasard de domicile fait qu’il ne faudra guère tourner de pages… virtuelles.

1891, la première page sur laquelle apparaît Auguste qui n’a alors que trois ans. Sa famille habite Grande Rue, côté gauche… facile à repérer, à condition de savoir de quel côté on commence ! La Grande Rue est devenue rue du Docteur Guérin, bienfaiteur de la ville. Le père, officiellement prénommé Louis Vincent André, apparaît sous le prénom d’Adrien. Mauvaise transcription de l’agent recenseur. Il est né le 15 avril 1857, au même endroit. Il s’est marié avec une fille d’Orange: Marie Joséphine Elisa Farjon, de sept dans sa cadette. Il est cultivateur « propriétaire ». Auguste est le second enfant du couple. Un Paul Louis Victor Edmond Cambe l’a précédé au foyer Cambe-Farjon, en 1885.

1896. André, le père, a retrouvé sa vraie identité. Un petit Gaëtan est arrivé dans le foyer en 1892, un troisième garçon pour les Cambe-Farjon ! En bas de la liste des membres de la maisonnée apparaît Victorine Breton, mère de Mme Farjon. Le décès du père de Marie Joséphine Farjon a eu pour conséquence ce regroupement familial. Agée de 60 ans, ce serait une jeune grand-mère à notre époque. Rentière donc relativement aisée.

1901, tout le monde a pris 5 ans mais pas de changement notable dans le foyer d’André et Joséphine Farjon. Les enfants n’ont pas encore choisi leur avenir professionnel. Ce sera pour très bientôt pour les deux plus grands !

1906. Le fils aîné Paul travaille maintenant comme commis de banque en Avignon, à  l’établissement Gaïdan. Est-ce l’ancêtre de la banque Arnaud-Gaidan de Nîmes ? Pour peu de temps encore car il s’apprête à partir remplir ses obligations militaires. Ce sera pour le seconde semestre de l’année 1906 et l’Armée se servira de ses compétences professionnelles pour l’incorporer à la 15ème section de Secrétaire d’Etat-Major et de Recrutement de Marseille. Il continuera donc sous l’uniforme à travailler dans les bureaux, jusqu’en 1908. Ces secrétaires militaires furent d’une extraordinaire efficacité organisationnelle. Pensez qu’avec seulement leurs plumes et leurs papiers, ils permirent à la France de rappeler en quelques heures trois millions de réservistes lors de la mobilisation générale du 2 août 1914. Sans téléphone, sans portables, sans internet, SMS ou réseaux sociaux… !

1911. Une bonne nouvelle pour la famille et une mauvaise. Commençons par cette dernière ! La mère de Marie Joséphine Elisa Cambe (à noter que dans les recensements précédents, Mme Cambe s’est fait appeler par tous ces prénoms) n’est plus là et est  décédée. Elle aurait eu 76 ans en 1911. Par contre, bonne nouvelle, Paul de retour de l’armée a pu se rapprocher des siens et travaille maintenant comme comptable à Orange chez Martin. Auguste, lui aussi, a accompli son service militaire. Il ne s’est pas arrêté ni en Avignon, ni à Marseille mais a rejoint Nice et le 141ème Régiment d’Infanterie le 07 octobre 1911. Première classe le 5 décembre 1912, il a été renvoyé dans ses foyers le 25 septembre 1910 avec un Certificat de Bonne Conduite en poche. Deux années sur la Côte d’Azur avant de reprendre place auprès de son père pour le seconder dans les champs. Le recensement doit avoir été fait en début d’année 1911 car Auguste est encore célibataire quand le registre a été rempli. Pourtant le 08 août 1911, il s’est marié avec Rose Henriette de Valois (ou Devalois) de Sarrians. Leur lune de miel s’achèvera brutalement 3 ans et 25 jours plus tard !

Rappelé le 2 août 1914, il retrouve Nice mais le 163ème Régiment d’Infanterie, une unité dont on déjà parlé quand on a évoqué le souvenir d’un autre Caderoussier, Norbert Brichet, décédé le 15 août 1915 près de Saint-Mihiel. Le parcours d’Auguste Cambe sera bien plus bref. C’est seulement les 15 et 16 août 1914 que les bataillons embarqueront à destination de Belfort. Baptême du feu le 19 août à Tagolsheim (35 km à l’est de Belfort, entre Mulhouse et Altkirch donc en territoire ennemi conquis en 1914), le régiment perdra en un violent affrontement contre les Allemands 8 officiers et 210 hommes de troupe (36 tués, 131 blessés et 51 disparus tous grades confondus). Le régiment cruellement éprouvé est relevé et est envoyé à nouveau par train un peu plus au nord, à Saint-Dié dans les Vosges.

La troupe débarque à 5 heures du matin et va devoir, en marche forcée, avec un barda de 25 kilogrammes sur le dos, se porter au devant des Allemands dans la vallée voisine d’Autrey- Saint-Benoît-Bru. Le rédacteur du Journal de Marche du 163ème de Ligne emploie l’expression « étape longue et pénible ». Sur Google Maps, on peut évaluer cela à 28 kilomètres le chemin pour atteinte de Saint-Dié, le bois d’ Anglemont sous un soleil de plomb et sans savoir quel accueil sera fait à ce petit monde à l’arrivée.

Violents combats dans ce bois puis affrontement un peu plus au sud rue Larifontaine à Bru. C’est là qu’Auguste Cambe sera blessé peut-être le 02 septembre 1914, peut-être un ou deux jours auparavant. Il fut atteint par des billes d’un shrapnel allemand (obus qui en explosant projette de nombreuses billes de plomb) au visage avec « plaie à la face, au cuir chevelu et à l’aisselle ». S’il avait survécu, il aurait été un de ces blessés aux visages qu’on a surnommé « les Gueules Cassées ». Après-guerre, on leur dédia une tranche de la Loterie Nationale pour leur venir en aide.

Cela ne se produisit pas. Auguste Cambe décéda à l’ambulance, un peu en arrière, à Autrey, le 02 septembre 1914, 31 jours après le début de la guerre. Il fut inhumé à la Nécropole Nationale de Saint-Benoît-de-Chipotte, tombe individuelle 330.  Ce cimetière est situé au coeur de la forêt vosgienne, près du col de la Chipotte.

La fiche d’Auguste Cambe de Mémoire des Hommes

Auguste Marius Cambe, matricule 323 classe 1907, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Cambe étant toujours vivant à Caderousse et dans la région, si un descendant indirect reconnaît un membre se sa famille, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents. 

A suivre: Cambe Eugène.

Post-scriptum.

On a parlé dans l’article de Paul et Gaëtan Cambe, quels furent leurs parcours pendant la Grande Guerre ?

Paul Cambe (matricule 407, classe 1905 d’Avignon).

Après sa période comme secrétaire lors de son incorporation, il fut envoyé pendant la guerre dans une unité du Train, au 20ème régiment du Train de Versailles et au 4ème du Train de Chartres. Il était donc dans le ravitaillement et on peut comprendre qu’on avait besoin, là, d’hommes capables de transcrire des ordres, d’être rigoureux et organisés. Il sortit sans dommage de la guerre et on sait qu’il fut secrétaire de Mairie à Caderousse à partir de 1924.

Gaëtan Cambe (matricule 721, classe 1912 d’Avignon).

Moins de chance pour le petit frère d’Auguste. Incorporé le 14 octobre 1913 au 173ème Régiment d’Infanterie de Corté en Corse, il se retrouva bien vite sur le front. Quelques jours après le décès de son frère (l’avait-il su ?), il fut pris par les Allemands à Montfaucon d’Argonne le 30 septembre 1914. Il connut donc le même sort que son compatriote Marius François Bruguier pris à quelques kilomètres de là, au bois de Malancourt, dans l’anéantissement du 258ème RI le 20 mars 1916. Mais il eut plus de chance que lui. Il fut envoyé en camp de prisonniers de Dülmen (au nord de Dortmund près de la frontière néerlandaise) mais il en revint vivant, certes très longtemps après, le 28 décembre 1918. 51 mois de captivité !  En 1921, il quitta Caderousse pour Rochegude dans la Drôme.

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107 POILUS de CADEROUSSE, 107 DESTINS… BRESSET Joseph.

107 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 107 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Dix-huitième nom de la liste: Bresset Joseph Marius.

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Première face du Monument.

Joseph Bresset était le petit dernier d’une famille de Caderousse; son père Joseph Bresset comme sa mère Augustine Fusat étaient nés au village au milieu du XIXème siècle. Son père était fabricant de balais, semble-t-il à son compte et sa mère aidait son mari dans l’entreprise. D’ailleurs, son grand frère Julien (Adrien de son premier nom officiel) travailla même dans la fabrique une fois terminée sa scolarité. Quant à sa soeur Augusta, elle n’eut guère de chance quand elle quitta la maison.

En 1896, Joseph n’a que 3 ans. Il est né 09 décembre 1892 au domicile familial, rue Saint-Michel à Caderousse. Julien et Augusta, ses aînés, sont déjà des adolescents, nés respectivement en 1881 et 1883.

Cinq ans plus tard, en 1901, la situation n’a guère changé.

Julien travaille dans l’entreprise familiale, Augusta fait de la couture pour préparer sa vie de future épouse, Joseph continue sa scolarité de laquelle il sortira avec un niveau d’instruction très correct.

Le 03 septembre 1902, Augusta se marie avec Fernand Mathon. Ce mariage ne durera pas bien longtemps, le mari décédant rapidement. Si bien qu’au recensement de 1906, la situation familiale n’a pas changé. Rue Saint-Michel, la famille est toujours au complet.

Le 21 avril 1906, Augusta se remarie avec Louis Florent Chassenet. De cette union naîtra une petite Blanche, en 1907. C’est l’année où le grand frère Julien se marie à son tour, à Nice avec Pauline Bonnety. Ils déménageront à Nevers le 27 janvier 1908, rue de la Porte du Croux. Il est fort possible que Julien ait été employé aux chemins de fer du PLM.
Tous ses changements font que les parents Bresset sont alors seuls à vivre rue Saint-Michel en 1911.

Clin d’oeil humoristique, des parents ont rajeuni d’un an entre 1906 et 1911. Marqués comme étant nés en 1855 et 1857 en 1906, cela devient 1856 et 1858 en 1911. Renseignements pris de sources sûres, c’est l’agent recenseur de 1906 qui était le plus sérieux.

Si Julien est loin de Caderousse à cette date, Joseph, âgé de 19 ans, a accompagné sa soeur et est devenu ouvrier boulanger à la Boulangerie Chassanet !

Mais une petite abréviation Vve à la dernière case ci-dessus, nous apprend qu’Augusta est à nouveau veuve. C’est elle qui tient toute seul la boutique, avec l’aide de son frère. Vraiment, pas de chance avec ses maris !

Une boulangerie située à 2 maisons de celle des Boissel, la famille de ma grand-mère paternelle, dans la rue (maintenant) Jean-Jaurés appelée par l’éditeur de cartes postales Prévost d’Avignon, route d’Orange. 

 En agrandissant les lieux,…

on voit bien la devanture d’un magasin, à l’emplacement actuel de la pharmacie Mouton. Finalement, quand ils s’installèrent juste en face, les Testud qui tiennent l’actuelle boulangerie sur l’autre trottoir, ne firent que réinventer un commerce qui existait un siècle auparavant.

Qu’allait devenir cette boulangerie quand le 31 mars 1913, Joseph était incorporé au 55ème Régiment d’Artillerie de Campagne, à Orange ? Surtout que le petit avait des envies de changer de vie puisqu’il signa immédiatement à la mairie d’Orange un engagement de 3 ans.

Quand la guerre éclata, le 3 août 1914, Joseph était sur place et c’est lui qui accueillait les réservistes, des hommes rassemblés dans les villages voisins, Jonquières, Camaret, Courthézon. Ici, le parcours du canonnier Joseph ressemble beaucoup à celui du fantassin Auguste Aubert, du 58ème R.I. d’Avignon. Dès le 7, les batteries sont embarquées sur le PLM à Orange et sont presque à pied d’oeuvre à Vézelise, terminus des trains pour les unités appelés à s’opposer aux Allemands sur la frontière lorraine créée après la défaite de 1871. C’est lors d’un combat d’artillerie en terre lorraine ennemie que Joseph Bresset fut gravement blessé le 19 août 1914 près de Lindre-Haute, à 50 kilomètres à l’est de Nancy. C’était un peu plus à l’ouest de Lagarde où succomba Auguste Aubert le 11 août 1914. Il faut dire que les artilleurs allemands étaient d’une redoutable précision. Ils étaient sur leurs terrains de manoeuvre depuis longtemps et des taubes tournant dans les airs les renseignaient efficacement. L’Allemagne avait préparé la guerre en détail, elle !

L’avancée rapide des Allemands empêcha que le blessé Joseph soit emmené vers l’arrière. Il fut donc fait prisonnier et évacué vers l’est, à Schwäbisch-Gmünd, à 50 kilomètres à l’est de Stuttgart. Son état de santé ne supporta certainement pas ce voyage terriblement long pour un grand blessé et il décéda  le  25 août 1914, en Bade-Wurtemberg.

Comme on peut le voir sur cette saisie d’écran de Google Maps, il fut inhumé primitivement par les Allemands sur son lieu de décès puis, après la guerre, transporté dans le Nécropole Nationale des Prisonniers de Guerre de Sarrebourg, en Moselle, où il repose dans la tombe individuelle 11 213.

Le jour de son décès, il n’avait pas encore 22 ans !

La fiche de Joseph Marius Bresset de Mémoire des Hommes.

Joseph Marius Bresset, matricule 717 classe 1912, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Même si ce patronyme Bresset n’apparaît guère dans le Sud-Est de la France, si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents.

Et pour (Adrien) Julien Bresset, le grand frère de Joseph, né en 1881, donc potentiellement mobilisable en août 1914, comment se passa sa Grande Guerre ? Pas très bien, pour lui aussi ! Il avait fait une longue période militaire du 16 novembre 1902 au 23 septembre 1905 au 40ème Régiment d’Infanterie d’Allais (aujourd’hui Alès au pied des Cévennes). Il en était sorti sergent. Nivernais quand éclata la guerre, l’Armée le dispensa d’un long voyage vers le sud pour aller combattre dans le nord et il se contenta de rejoindre le 13ème R.I. de Nevers. Aux Armées (c’est-à-dire au front) le 09 février 1915 seulement, il fut assez gravement blessé par un shrapnel (obus rempli de billes qui en explosant, les projette tout autour) le 19 mars 1916, à Fresnes-sur-Woëvre, à l’est de Verdun, au moment de la grande offensive allemande. Il fut blessé au niveau du genou de la jambe gauche et le service des réformes constata une impotence fonctionnelle de la jambe gauche, raideur et extension de la jambe. Il fut donc renvoyé dans son foyer, rue Saint-Augustin à Nice, le 03 février 1917. Il décéda le 03 novembre 1924 à Ville-sur-Illon dans les Vosges. Il avait 43 ans.

A suivre: Norbert Brichet.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… BERNARD Fernand

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Dixième nom de la liste: Bernard Fernand Pierre.

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Première face du Monument.

Un C.O.A. en jargon militaire du début du XXème siècle, savez-vous de quoi il s’agit ?

Personnellement, je l’ai découvert en étudiant le cas de Fernand Marius Bernard, né à Caderousse le 23 octobre 1886. Ses parents Henri Casimir Bernard et Françoise Aubert vivaient dans le village au début du cours de l’Est, futur cours Aristide-Briand. Sur le recensement de 1911, on découvre…

recensement-1911qu’ils étaient voisins des Bachini, ces migrants italiens venant de Noves et dont on a parlé lors de la biographie de « Orfeo » Bacchini. Mais ce qui va permettre d’envisager une réponse à l’interrogation des C.O.A., c’est la profession de Fernand: boulanger. Celui-ci n’avait pas choisi de travailler comme ouvrier dans les balais comme son père (et nombre de Caderoussiers) mais d’épouser une profession qui intéressait beaucoup plus l’Armée.

En effet, les Commis & Ouvriers militaires d’Administration étaient des soldats dispensés de tâches militaires mais qui occupaient des fonctions administratives et bureaucratiques (pour les commis), de l’intendance et du ravitaillement (pour les ouvriers). On comprend que Fernand allait fabriquer le pain de la caserne où il était appelé lors de ses classes, dans la 15ème section des C.O.A. de Marseille, du 7 octobre 1907 au 25 septembre 1909 puis lors de son rappel sous les drapeaux du 2 août 1914 au 14 avril 1916.

Pendant la Grande Guerre par exemple, on avait besoin de boulangers à l’arrière des unités combattants mais aussi, dans les gares de rassemblements telles Nimes, Orange et Avignon dans le sud-est lors de la Mobilisation Générale, mais également dans les gares où s’arrêtaient les convois militaires lors des déplacements: Orange, Avignon, Remoulins ou Le Teil. Des ouvriers d’Administration travaillaient dans la boulange mais aussi dans la boucherie, dans la garde des troupeaux attendant de monter aux abattoirs et dans l’approvisionnement en eau et vin des troupes. Toute une filière alimentaire !

Pourquoi donc l’Armée décida-t-elle d’envoyer Fernand dans une unité combattante, le 14 avril 1916 ?

Toujours est-il qu’il  se retrouva au 24ème Régiment d’Infanterie dans un premier temps, à Bernay dans l’Eure pour sa formation militaire puis au 28ème Régiment d’Infanterie d’Evreux, au front (aux Armées), à partir du 1er septembre 1916.

Le front, c’était un secteur au sud de Verdun, du côté d’Haudainville, où ça cognait fort depuis le 23 février.

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Les lieux en question d’après Google Maps.

C’est par cette journée relativement calme du 12 janvier 1917 comme on peut le lire dans le journal de route de l’unité…

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que Fernand sera grièvement blessé, aux abords du fort de Bézonvaux. Dans le journal de marche du régiment, il est noté sur la liste des blessés de la journée du 13 janvier, comme on le voit ci-dessous:

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Il n’a pas pu être blessé le 13 puisque son unité avait été relevée de son secteur pour prendre une pause à l’arrière.

Fernand Marius Bernard décéda le 13 janvier 1913 à l’ambulance 15/1 installée à Dugny-sur-Meuse, à l’arrière mais relativement proche de la ligne de front. Il repose depuis à la Nécropole Nationale de Dugny (Meuse), tombe individuelle 411.

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Vue aérienne de la Nécropole Nationale de Dugny suivant Google Maps.

Fernand Marius Bernard (le patronyme étant le dernier mot), matricule 334 classe 1906, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Bernard étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant indirect reconnaît un membre se sa famille, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents.

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A suivre: Marius Bernard.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… ALLAN Abel Marius.

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Commençons par la premier de la liste… dans l’ordre alphabétique : ALLAN Abel Marius.

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Il naquit le 02 février 1889 à Caderousse. Son père Pierre Ferdinand Allan était relativement âgé à sa naissance puisqu’il avait 52 ans. Il exerçait la profession de maçon. Sa mère, Marie Antoinette Lucie Vallon était bien plus jeune, âgée de 35 ans. On notera sa profession de fruitière sur l’acte de naissance d’Abel. Un emploi saisonnier certainement. Le père n’était plus là quand Abel fut appelé sous les drapeaux en 1910. Sa situation de soutien de famille lui permit tout de même d’échapper à 2 mois de classe, certainement pour pouvoir rentrer les blés, étant lui même devenu cultivateur… comme nombre de jeunes caderoussiers au début du XXème siècle.

Abel Marius, de la classe 1909 fut donc appelé le 05 octobre 1910, à l’âge de 21 ans comme c’était la loi à cette époque, avant que l’âge ne soit abaissé à 20 ans peu de temps après puis à 19 ans après la grande saignée de l’été 1914. Il fit ses classes au 19ème Régiment d’Artillerie de Campagne à Nîmes avant de revenir à Orange au 55ème R.A.C. le 1er novembre 1911. Pas de longs voyages pour ce jeune Caderoussier qui était cantonné à Camaret ou Jonquières ou Courthézon suivant le groupe auquel il appartenait. Il exerçait la fonction de Maître Pointeur dans sa batterie, fonction importante pour la justesse e l’efficacité des tirs.

Libéré le 25 septembre 1912 avec en poche un Certificat de Bonne Conduite, il se maria peu de temps après, le 23 juin 1913 avec une jeune fille de Montfaucon, Henriette Louise Capeau. Ils s’installèrent alors dans le Gard, sur la rive droite du Rhône, juste en face de Caderousse, en février 1914. Abel n’eut pas trop le temps de s’habituer à cette nouvelle vie puisqu’il dut rejoindre son unité d’artillerie le 3 août 1914. Un enfant était-il né entre temps ? Les Archives du Gard ayant oublié de prendre le tournant numérique celles du reste de la France, on n’a pas pu vérifier cela. Toujours est-il que, si un enfant était né de cette union, c’était certainement une fille car le patronyme Allan a disparu de Montfaucon de nos jours.

Le 55ème R.A.C. participa à la guerre en Lorraine puis à la bataille de la Marne avant de se retrouver sur le front de Verdun quand celui-ci fut stabilisé. Il était encore sur un secteur à l’ouest de Verdun quand la grande offensive allemande fut déclenchée, le 21 février 1916. Les artilleurs étaient les plus sollicités pour répondre au déluge de feu allemand et Abel et ses compagnons ne chaumèrent guère de février à avril 1916, date à laquelle l’unité fut relevée pour prendre quelques semaines de repos du côté de Nieuport, coin du front plus calme puisque les belligérants étaient séparés là-bas par des grandes zones inondées empêchant tout espoir de franchissement. Sur les plages de la mer du Nord, c’étaient presque des vacances pour les artilleurs.

Cela ne dura que quelque temps puisque le 55ème R.A.C. s’en retourna à nouveau près de Verdun en juin 1916. Le 1er juillet 1916, Abel Marius Allan était tué d’un éclat d’obus lors d’un duel d’artillerie sur le territoire de la commune de Fromereville (-les-Vallons de nos jours) située à 5 km à l’ouest de Verdun. L’offensive allemande avait été brisée et les Français commençaient la longue et sanglante reconquête des quelques kilomètres perdus.

La transcription du décès a été notée à Montfaucon et non à Caderousse. Abel Allan repose dans la Nécropole Nationale « Glorieux » de Verdun, tombe individuelle 112.

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Le cercle rouge représente le secteur de Verdun; le front noir est celui de décembre 1915… le trait rouge montre la ligne extrême de l’avancée allemande et la flèche rouge indique la commune de Fromereville où Abel Allan perdit la vie.

Abel Marius Allan matricule 413 classe 1909, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Bien que le patronyme Allan n’apparaisse plus à Caderousse ni à Montfaucon, si un descendant direct ou indirect reconnaît son ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède et veut faire partager d’autres photos ou documents.

A suivre: Julien Arnoux.

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